S’installer à Oman, c’est entrer dans un pays paisible, chaleureux et profondément marqué par l’hospitalité. Pour un expatrié, la meilleure porte d’entrée dans cette culture reste la table : cafés parfumés à la cardamome, grands plats de riz partagés au sol, poissons grillés à la braise, dattes servies à toute heure… À Oman, la cuisine n’est jamais seulement de la nourriture, c’est un langage social, un héritage historique et un art de recevoir.
Ce guide détaille la gastronomie locale omanaise, en particulier à Muscat et dans les grandes villes. Il fournit des repères concrets pour comprendre les plats, choisir les restaurants, connaître les bons usages et profiter pleinement de la cuisine au quotidien en tant qu’expatrié.
Comprendre la cuisine omanaise : un carrefour de saveurs
La cuisine omanaise fait partie de la grande famille des cuisines du Golfe (khaleeji), mais elle a une personnalité bien à elle. Historiquement, le sultanat a été un empire maritime influent, relié à l’Inde, l’Iran, l’Afrique de l’Est (notamment Zanzibar), voire jusqu’à la Méditerranée. Ces routes commerciales ont façonné les assiettes.
On y retrouve naturellement les bases arabes (riz, agneau, poulet, dattes), mais aussi les épices indiennes, les parfums persans, l’usage du lait de coco hérité de Zanzibar ou encore des touches africaines dans certaines préparations de poisson. Cette histoire explique pourquoi un repas omanais peut évoquer à la fois le nord de l’Inde, l’Afrique de l’Est et le Levant, tout en restant très distinct des pays voisins.
Dans cette région, la cuisine se distingue par son usage modéré du piment brûlant, privilégiant un mélange d’épices aromatiques comme la cannelle et la cardamome, et une touche de sucré apportée par des dattes. Les plats, souvent à base de riz ou de pains plats, accompagnent des viandes (poulet, agneau, chameau) et des poissons, abondants grâce au littoral de plus de 3 000 km, et sont généralement servis à température modérée.
Les ingrédients qui reviennent partout
Pour commencer à “lire” un menu omanais, quelques ingrédients-clés suffisent à mettre en contexte ce que vous goûtez :
| Catégorie | Ingrédients fréquents | Rôle culinaire principal |
|---|---|---|
| Épices | Cardamome, safran, curcuma, cumin, coriandre, clou de girofle, cannelle | Aromatiser riz, viandes, cafés, desserts |
| Herbes | Coriandre fraîche, menthe, persil | Finition des soupes, salades, ragoûts |
| Corps gras | Ghee (beurre clarifié), huile végétale | Cuisson lente, rôtis, desserts |
| Acidité / parfum | Citrons frais, citrons séchés (loomi), tamarin, eau de rose | Donner du relief aux riz, poissons, halwa |
| Produits de base | Riz basmati, blé, dattes, lait de coco (côtes), yaourt, poisson, agneau | Base de la majorité des repas |
| Boissons | Qahwa (café omanais), karak chai, laban, jus de fruits | Accompagnement de chaque moment de la journée |
À cela s’ajoute un ingrédient quasi omniprésent dans la culture : la datte, pilier de l’agriculture du pays et véritable symbole de sécurité alimentaire. On en compte plus de 200 variétés à Oman, dont certaines très réputées comme Khalas ou Fardh.
Plats incontournables à connaître (et à commander)
Pour un expatrié fraîchement arrivé, les noms peuvent paraître intimidants. En réalité, beaucoup de plats reposent sur un même schéma : un grand plat de riz parfumé, une viande ou un poisson longuement mijotés, et quelques sauces ou accompagnements. Voici les grands classiques à repérer en priorité.
Shuwa : la star des grandes occasions
Le shuwa est souvent présenté comme LE plat national. Il s’agit de viande (agneau, chèvre, parfois bœuf ou chameau) marinée dans un mélange d’épices et, très souvent, d’une pâte de dattes. La viande est ensuite enveloppée dans des feuilles (palme, bananier…) puis enfouie dans un four creusé dans le sable et scellé. Elle cuit lentement durant 8 à 48 heures, selon les traditions.
Résultat : une chair d’une tendreté impressionnante, qui s’effiloche d’un simple coup de main, servie sur un lit de riz parfumé. Traditionnellement, le shuwa se prépare de façon collective, au niveau du village ou de la famille, notamment pour l’Eid ou les grandes fêtes.
À Muscat, plusieurs restaurants permettent d’y goûter sans attendre une invitation à un mariage : Rozna, Ubhar ou Bait Al Luban sont réputés pour leurs interprétations du shuwa. Certains lieux plus modernes, comme Mohsin Burger, vont jusqu’à décliner le shuwa en… burger.
Majboos, Kabsa, Machboos : la grande famille des riz épicés
Sous ces noms légèrement différents (majboos, machboos, kabsa, parfois makbous), on trouve une même logique : un grand plat de riz basmati cuit dans le bouillon d’une viande et parfumé aux épices (cardamome, clous de girofle, cannelle, laurier, safran). Ce riz est ensuite servi avec du poulet, de l’agneau, du bœuf, du chameau ou même du poisson.
Les plats traditionnels omanais, omniprésents de la restauration populaire (comme Bin Ateeq) aux établissements gastronomiques (comme Al Angham), sont une excellente introduction pour les nouveaux palais. Très parfumés mais peu pimentés, ils sont nourrissants, conviviaux et toujours servis en très grande quantité.
Harees et Arsia : les “confort foods” omanaises
Le harees est un des plats les plus anciens de la région, mentionné dès le Xe siècle dans des manuscrits de cuisine. Il associe blé et viande (poulet ou agneau) longuement cuits jusqu’à obtenir une texture de bouillie épaisse. On y ajoute du ghee juste avant de servir. On le mange surtout lors du Ramadan, des mariages ou de grandes réunions familiales.
L’arsia (ou arsiya) ressemble un peu au harees, mais avec du riz à la place du blé, battu avec l’agneau jusqu’à obtenir une préparation très lisse, presque comme une purée de viande et de riz. Servie avec du ghee ou parfois une sauce plus acide, c’est un plat très apprécié pour son côté rassasiant.
Pour découvrir ces spécialités, Bait Al Luban est souvent cité pour le harees, tandis que des restaurants de quartier comme FOODIES ou Kabsa & Madbhi servent des versions populaires et généreuses.
Mashuai et cuisine de la mer
Avec plus de 3 000 km de côtes, le poisson est un pilier de la table omanaise. L’un des plats les plus emblématiques est le mashuai : un grand poisson (souvent du kingfish) grillé entier, servi avec un riz au citron. Simple en apparence, mais extrêmement satisfaisant quand il est bien cuit.
On trouve aussi des déclinaisons de riz au poisson (machboos samak), des ragoûts à base de thon, de crevettes au lait de coco (saloonat rubyan), des soupes comme le paplou (soupe de poisson au curcuma et citron) ou des préparations de poisson salé/fermenté (maleh) utilisé pour parfumer des ragoûts.
Le meilleur endroit pour sentir ce lien à la mer reste les marchés aux poissons : celui de Mutrah à Muscat, très spectaculaire, ou celui de Seeb, moderne et bien organisé. Des restaurants comme Bait Al Bahr, The Beach Restaurant au Chedi ou encore Fish Village à Muscat déclinent ensuite ces produits dans des assiettes plus ou moins sophistiquées.
Mishkak, kebabs et shawarma : la vie de rue
Dès la nuit tombée, la nourriture de rue devient l’un des grands plaisirs de la vie omanaise – et un des meilleurs plans pour manger bon marché en tant qu’expatrié.
Le mishkak est probablement le street food omanais par excellence. Il s’agit de brochettes de viande (poulet, mouton, bœuf, parfois calmar ou autres fruits de mer) marinées puis grillées au charbon, souvent servies avec une sauce au tamarin légèrement acidulée. On les trouve sur les promenades de bord de mer, notamment à Seeb ou dans certains quartiers de Muscat, pour quelques dizaines de baïzas la brochette.
À côté, vous verrez shawarmas (viande rôtie à la verticale puis tranchée finement dans du pain), kebabs, samoussas, falafels, le tout souvent vendu très bon marché. Fayrooz Café, Baba Salem, Arax Falafel ou encore d’innombrables petites échoppes sans nom dans Ruwi ou Mutrah alimentent ce paysage.
Pains, petits-déjeuners et en-cas
Le pain très fin typique d’Oman s’appelle khubz ragag (ou rakhal, rukhal). On pourrait le comparer à une crêpe ultra-fine et croustillante. On le mange nature ou garni de fromage, miel, œuf, pommes de terre, voire de Chips Oman (les chips locales très populaires) pour un en-cas totalement omanais.
Des établissements comme Tea House ou HOOODHOOD proposent des pains garnis à prix très bas. On y trouve également une variété de snacks issus de la communauté sud-asiatique, tels que des parathas, chapatis, mandazi (beignets) et kachoris, souvent situés à proximité du ragag.
Pour un brunch plus “expat-friendly”, Mani’s à Al Mouj, Darcy’s Kitchen, Mint and Coco ou Ray’s Bagels proposent des cartes qui mélangent standards occidentaux (bagels, œufs, pancakes) et touches moyen-orientales.
Douceurs : halwa, dattes et bien plus
Impossible d’échapper à l’halwa omanaise. Cette confiserie très sucrée est préparée à partir de sucre, amidon, ghee, eau de rose, cardamome, safran et fruits secs (noix, amandes…). Elle a une texture gélifiée, presque tremblotante, et se sert en petits morceaux avec le café. C’est le dessert de l’hospitalité par excellence, offert aux invités et aux grandes occasions.
Les meilleures adresses pour en acheter à Muscat ou dans l’intérieur du pays : Al Diwaniya Omani Sweets, Al Gatheeb Oman Sweets à Nizwa, ou encore des fabriques artisanales comme Yaqoob Saleh Mohammed Al Obedani à Nakhal. Le prix se calcule souvent au kilo et peut varier selon la qualité des ingrédients (safran, noix…).
Les dattes, quant à elles, accompagnent quasiment tous les moments sociaux. On les sert dès l’arrivée d’un invité avec le qahwa, on les retrouve dans des pains (khubz mardhouf), des bouillies (sakhana), des pâtisseries, des sirops. Dans les souqs de Mutrah ou Nizwa, ainsi que dans les hypermarchés type Lulu, vous trouverez des dizaines de variétés, souvent proposées à la dégustation.
Boissons : du qahwa au karak chai
À Oman, on boit chaud même par 40 degrés. L’essentiel n’est pas tant de se rafraîchir que de partager un moment social.
Le rituel du qahwa et des dattes
Le qahwa (ou kahwa) omanais est bien plus qu’un café : c’est un rituel à part entière, inscrit au patrimoine immatériel de l’UNESCO. Le café est légèrement torréfié, parfumé à la carte cardamome (parfois au safran ou à l’eau de rose), et servi dans de toutes petites tasses sans anse, jamais remplies à ras bord.
Lorsque vous êtes invité dans un majlis (salon d’accueil), le rituel d’accueil est codifié. Après les salutations, on vous dit ‘tafaddal’ pour vous inviter à vous installer. Un plateau de dattes est présenté : il convient d’en prendre une ou trois (un nombre impair) avec la main droite, jamais une poignée. Ensuite, le café est servi, souvent depuis une dallah (cafetière traditionnelle) ou un thermos. Il est de coutume de vous resservir jusqu’à ce que vous secouiez légèrement votre tasse de droite à gauche pour signaler que vous n’en voulez plus.
Refuser café, dattes ou fruits est considéré comme impoli : dans le doute, acceptez au moins une petite portion, même si vous avez déjà mangé.
Karak chai, thé et autres boissons du quotidien
Si le café est le symbole officiel de l’hospitalité, la boisson officieuse du quotidien, c’est le karak chai. Ce thé très fort, cuit longuement avec du lait, du sucre et des épices (cardamome, gingembre, parfois cannelle ou clous de girofle), se vend à tous les coins de rue : petits kiosques, échoppes près des stations-service, cafés comme Karak Gholam ou Tea House.
Le prix dérisoire d’un verre de thé, en OMR, qui permet de goûter à la culture locale.
Autres boissons courantes : le laban (boisson salée à base de yaourt et de babeurre, parfois avec cardamome et pistaches), les jus de fruits frais (mangue, pastèque, citron-menthe…) et les smoothies vendus dans des chaînes comme Juice World. L’alcool, lui, est strictement encadré : réservé aux établissements licenciés (surtout les hôtels internationaux), avec des prix nettement plus élevés que pour le reste de la restauration.
Où manger à Muscat : du souq aux hôtels de luxe
Muscat est immense, étalée et difficilement praticable à pied. Pour un expatrié, comprendre la géographie de la ville aide à organiser ses explorations culinaires. Quelques zones ressortent particulièrement pour découvrir la gastronomie locale et les influences étrangères.
Mutrah, Ruwi, Seeb : l’âme populaire
Mutrah concentre un souq historique sous charpente en bois, un fish market spectaculaire et une corniche animée. On y trouve des stands de shawarma très bon marché, des cafés vendant du rose milk (lait parfumé à la rose), des échoppes indiennes comme Al-Raha Fast Food (samoussas, pakoras) et des restaurants omanais comme Bait Al Luban, face au marché aux poissons.
Ruwi, de son côté, est le quartier “petits commerces” et communauté sud-asiatique. C’est là que vous trouverez des pav bhaji, biryanis, parathas, thalis et autres plats indiens ou pakistanais pour des prix très raisonnables, chez Mumbai Tadka, Mumbai Corner, Foodlands Oman ou encore Al Haikal Bakery (célèbre pour ses parathas farcis).
Un front de mer animé pour une expérience culinaire locale authentique
Dégustez des brochettes grillées (mishkak) depuis les stands permanents installés en bord de mer le soir.
Découvrez un marché aux poissons vivant et animé, capturant l’essence de la vie côtière omanaise.
Profitez de nombreux snacks omanais et indiens pour un dîner décontracté les pieds dans le sable.
Qurum, Shatti, Al Mouj : les quartiers “expat”
Qurum et Shatti Al Qurum combinent plage, centres commerciaux et restaurants modernes. Sur la plage de Shatti, des adresses comme Twins Turkish, Slider Station ou Le Makan Café proposent un mélange de cuisine turque, internationale et shisha avec vue sur mer. Dans le quartier, des cafés comme Fauchon (pâtisserie française) côtoient Karak Gholam (pour le thé épicé) et Arabica (chaîne de café de spécialité).
Al Mouj, la marina moderne au nord de Muscat, attire beaucoup d’expatriés : on y trouve Mani’s pour le brunch, Huqqa pour les petits déjeuners turcs à partager, Azura pour le café de spécialité, Novikov Café pour une cuisine méditerranéenne-asiatique haut de gamme, sans oublier d’autres adresses occidentales et moyen-orientales.
Adresses omanaises de référence à Muscat
Pour goûter une cuisine vraiment omanaise, quelques noms reviennent régulièrement dans les recommandations locales :
| Restaurant | Spécialités omanaises mises en avant | Ambiance et particularités |
|---|---|---|
| Rozna | Shuwa, riz traditionnels, grands plats à partager | Décor de fort omanais, très immersif |
| Bait Al Luban | Shuwa, harees, plats de poisson, qahwa et halwa | Dans une ancienne auberge, vue sur le port de Mutrah |
| Ubhar | Plats omanais revisités, parfois chameau, desserts locaux | Proche de l’Opéra royal, touche contemporaine |
| Dukanah | Petit-déjeuner omanais, pains, plats du terroir | Maison décorée comme un vieux Muscat, près de la mosquée Sultan Qaboos |
| Mama Halima’s Kitchen | Cuisine familiale omanaise “comme à la maison” | Atmosphère simple et conviviale |
| Bin Ateeq | Majboos, machboos, repas à même le sol | Très traditionnel, coin salons au sol |
| Ramssa | Cuisines omanaises de terroir (qeliah, etc.) | Ambiance cosy, cuisine de grand-mère |
Pour les poissons et fruits de mer omanais cuisinés “à l’ancienne”, Fisher’s Grilled ou des adresses plus simples près des marchés (Fish and Seafood Grills Mutrah, par exemple) sont des options abordables.
Hôtels et gastronomie haut de gamme
Les grands hôtels de Muscat jouent un rôle important dans la vie culinaire, notamment pour les brunchs du vendredi et les buffets de Ramadan. The Chedi propose un brunch réputé, avec différentes formules (sans alcool, avec prosecco/cocktails ou champagne). L’Al Bustan Palace (Ritz-Carlton) juxtapose cuisine omanaise et internationale via des restaurants comme Al Khiran Kitchen ou The Pavilion (orienté fruits de mer).
Des établissements comme le W Muscat proposent des restaurants haut de gamme (ex. : Ba Ban pour la cuisine chinoise avec des poissons omanais, ou Siddharta Lounge aux inspirations méditerranéennes et asiatiques). Pour les expatriés, ces lieux offrent une introduction accessible à la diversité culinaire d’Oman et respectent généralement les standards internationaux en matière d’hygiène, de service et de disponibilité des boissons alcoolisées.
Au-delà de Muscat : Nizwa, Salalah, Sur…
Si vous vivez à Oman, sortir de la capitale est indispensable pour comprendre comment la cuisine varie d’une région à l’autre.
Nizwa, ancienne capitale intérieure, est célèbre pour sa forteresse, ses palmeraies et son souq. Dans les étals, on trouve du pain omanais, de l’halwa, des dattes, des épices et des fromages locaux. Des lieux comme Al Aqur Restaurant ou Nizwa Fort Coffee Shop permettent de goûter des préparations traditionnelles après la visite du fort. Nizwa est aussi un bon spot pour observer la vente de bétail le vendredi matin, moment central de la vie rurale, avant de voir ces animaux finir dans des plats comme shuwa ou majboos.
Salalah, dans la région du Dhofar, possède une cuisine distincte, influencée par son climat vert et la mousson. Les spécialités incluent le zurbian (riz et viande), les poissons très épicés, ainsi que des produits locaux comme la noix de coco, la banane et des herbes. On y trouve également le meilleur encens (luban) du pays, parfois utilisé en cuisine ou en infusion. Pour goûter cette cuisine typiquement dhofarie, rendez-vous dans des restaurants comme Sakalan ou Souly Lodge, ou dans de petites échoppes à Taqah, comme Om Ayman.
Sur, vieille cité maritime, présente une forte tradition de pêche et de construction de boutres (dhows). Le Sur Fish Festival met en avant poissons et crustacés locaux, tandis que des restaurants comme Al Hawash servent des plateaux de fruits de mer gratinés aux épices omanaises.
Comment vivre la gastronomie omanaise quand on est expatrié
Découvrir la cuisine locale, ce n’est pas seulement accumuler les restaurants “instagrammables”. À Oman, l’essentiel se joue dans la façon de participer aux rituels, de se comporter à table et d’accepter l’hospitalité offerte.
Adopter les codes de la table
Dans un contexte traditionnel (maison omanaise, certains restaurants), les repas se prennent au sol, autour d’un grand plat commun posé sur une nappe ou un tapis. On retire ses chaussures avant d’entrer, on s’assoit en tailleur ou sur les genoux, et on évite de montrer la plante de ses pieds aux autres convives.
On mange avec la main droite seulement : la gauche est considérée comme impure dans la culture locale. Pour le riz, il existe une technique : rassembler une petite quantité, la presser entre les doigts pour former une bouchée compacte, puis la pousser dans la bouche avec le pouce. Si vous n’êtes pas à l’aise, il est admis de demander une cuillère ou une fourchette, mais essayer au moins un peu avec la main droite montre un vrai respect pour la culture.
Il est d’usage d’attendre que la personne la plus âgée ou l’hôte commence à manger avant de commencer soi-même. Évitez de vous servir systématiquement des meilleurs morceaux sous le regard des autres convives et prenez la nourriture dans la portion du plat commun qui se trouve devant vous. Refuser catégoriquement de goûter un plat, de boire le café ou d’accepter une datte peut être perçu comme une impolitesse : il est préférable d’accepter une petite portion, même symbolique.
Gérer les invitations et l’hospitalité
Les Omanais sont décrits comme incroyablement chaleureux et généreux. Il n’est pas rare, surtout en dehors des zones très touristiques, d’être invité à prendre un café, des dattes ou même un repas complet après un simple échange. Pour un expatrié, ces moments sont probablement les expériences culturelles les plus marquantes.
Quelques repères :
Lorsque vous êtes invité, il est apprécié d’apporter un petit cadeau comme une boîte de chocolats, des sucreries, des fleurs ou des dattes de qualité. Habillez-vous de manière appropriée : couvrez épaules et genoux, évitez les vêtements trop moulants (surtout pour les femmes), et privilégiez un pantalon avec une chemise ou un polo pour les hommes. Acceptez toujours le café (qahwa) et au moins une datte. Prenez le temps de discuter, posez des questions sur les plats, les recettes ou la région, car l’échange est central. Enfin, si l’hôte propose de l’encens pour parfumer vos vêtements et cheveux à la fin du repas, acceptez ce geste de respect.
Horaires, budgets et vie quotidienne
Les repas principaux se prennent généralement à midi (ou début d’après-midi) et après 19 h pour le dîner. Beaucoup de restaurants ferment entre 15 h et 18 h, il faut donc anticiper. Pendant le Ramadan, l’offre change complètement : la journée est calme, puis les restaurants et buffets d’iftar (repas de rupture du jeûne) s’animent au coucher du soleil.
En termes de budget, Oman est globalement cher, mais la nourriture offre un spectre assez large :
| Type de repas | Fourchette de prix typique (par personne) | Exemple de situation |
|---|---|---|
| Street food / snack simple | 0,2 – 1 OMR | Shawarma, mishkak, pain garni, karak chai |
| Petit resto local | 1 – 3 OMR | Majboos dans un café de quartier, thali indien |
| Restaurant moyen de gamme | 4 – 8 OMR | Plat principal dans une enseigne connue, boisson |
| Restaurant haut de gamme | 8 – 12+ OMR | Cuisine omanaise gastronomique, restaurants d’hôtel |
| Brunch d’hôtel de luxe | 29 – 49 OMR | Brunch du vendredi au Chedi, selon formule (avec alcool ou non) |
Un budget quotidien raisonnable pour un expatrié qui mélange street food, restos locaux et quelques sorties plus chic tourne autour de 8 à 15 OMR par jour côté nourriture, hors alcool.
Cours de cuisine, food tours et expériences immersives
Pour ceux qui aiment passer derrière les fourneaux, Oman offre de plus en plus d’expériences culinaires structurées : cours de cuisine, tours de marché + atelier, dîners privés chez l’habitant, etc. Ces activités, listées sur des plateformes comme Cozymeal, Tripadvisor ou Viator, sont une excellente manière de s’approprier les recettes pour les refaire chez soi.
Certaines expériences mettent en avant des plats emblématiques comme le shuwa (version « domestiquée » au four), le machboos au safran, le halwa ou encore des plats de poisson. D’autres proposent de commencer par une visite de souq (Mutrah, Nizwa…) pour apprendre à choisir dattes, épices, riz et poisson avant de cuisiner.
Ces offres s’adressent autant aux débutants qu’aux cuisiniers confirmés, en solo, en couple ou en famille. Elles permettent aussi d’échanger longuement avec des Omanais sur leurs habitudes alimentaires, leurs fêtes, leurs souvenirs d’enfance liés à tel ou tel plat. Pour un expatrié, ce type d’expérience gagne souvent en valeur à moyen terme : vous repartez avec des recettes, mais aussi avec des contacts et une meilleure compréhension des codes culturels.
Souqs, épices, dattes : faire son marché comme un local
Même si vous ne cuisinez pas beaucoup, flâner dans les souqs fait partie intégrante de la découverte gastronomique. À Mutrah Souq, Les odeurs de luban (encens), de cardamome, de safran et de café se mêlent à celles des parfums et des tissus. À Nizwa, les étals d’halwa colorée côtoient les pyramides de dattes et les jarres en poterie.
Pour les expatriés qui veulent ramener des saveurs locales à la maison ou envoyer des cadeaux, quelques produits se prêtent particulièrement bien :
Découvrez une sélection de spécialités et d’articles traditionnels omanais, parfaits pour rapporter un souvenir authentique de votre voyage.
Les baharat, mélanges pour machboos ou shuwa, pour parfumer vos plats.
Variétés Khalas ou Fardh, parfois fourrées ou glacées, un délice naturel.
Déjà parfumé à la cardamome, pour une pause traditionnelle.
Une confiserie traditionnelle, disponible en boîtes hermétiques pour le transport.
Un miel omanais aux parfums intenses et caractéristiques.
Eau de rose pour pâtisserie et encens (luban) avec son brûle-encens.
Des entreprises locales comme Shahi Foods & Spices ou des grossistes tels que Blueline Worldwide fournissent les épices, mais en pratique, un expatrié trouvera ce dont il a besoin dans les souqs, les boutiques spécialisées et les hypermarchés.
Un dernier élément important pour la vie quotidienne d’un expatrié : comprendre que la scène culinaire d’Oman ne se limite pas à la cuisine omanaise. Muscat, en particulier, est profondément cosmopolite : forte présence indienne, pakistanaise, bangladaise, mais aussi visibilité croissante des cuisines turque, coréenne, mexicaine, française, américaine, etc.
La scène gastronomique omanaise offre une incroyable variété, permettant de passer d’un iftar traditionnel à des spécialités britanniques, coréennes, mexicaines ou encore à un curry de chameau en une seule semaine. Cette diversité est un confort pour retrouver des saveurs familières, mais il est recommandé d’en profiter pour explorer au-delà des chaînes internationales et découvrir la richesse des restaurants locaux pendant votre séjour.
Le bon équilibre, pour la plupart des expatriés, consiste à s’appuyer sur l’offre internationale pour le quotidien pressé, tout en se fixant un rendez-vous régulier avec la cuisine omanaise : un vendredi par mois dédié à un nouveau restaurant traditionnel, un passage au marché aux poissons à l’aube, un cours de cuisine par trimestre, un iftar pendant le Ramadan, un week-end à Nizwa ou Sur centré sur les spécialités locales…
En guise de conclusion : faire de la cuisine un langage commun
Découvrir la gastronomie d’Oman quand on est expatrié, ce n’est pas cocher une liste de plats exotiques, mais apprivoiser un autre rythme, une autre façon de recevoir et d’être reçu. Le shuwa cuit dans le sable, le qahwa versé dans une minuscule tasse, le mishkak partagé au bord de la mer, la datte tendue dès que vous passez la porte d’un majlis : autant de gestes qui, mis bout à bout, finissent par former un langage.
Ce langage-là est à la fois gourmand et profondément social. Plus vous le parlez — en acceptant une troisième tasse de café, en mangeant avec les doigts sur un tapis, en posant des questions sur les épices d’un plat, en proposant à votre tour de cuisiner pour vos hôtes — plus vous entrez, réellement, dans la vie du pays.
Langage culinaire et social
À Oman, la gastronomie locale est trop bonne pour être ignorée. Pour un expatrié, elle est surtout une chance : celle de tisser des liens, de comprendre un peu mieux d’où viennent les gens qui vous entourent, et de faire de chaque repas, même le plus simple, une occasion de rencontre.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Oman, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler Oman pour son absence d’impôt sur le revenu des particuliers, fiscalité patrimoniale limitée, stabilité politique et coût de vie nettement inférieur à celui de Paris (Mascate), avec un environnement sécurisant et en forte croissance. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention d’un titre de séjour via achat immobilier ou visa investisseur, détachement CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre des intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local bilingue (avocat, immigration, banque privée) et intégration patrimoniale (analyse et restructuration si nécessaire).
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