S’installer à Oman : atouts, limites et réalités de l’expatriation

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’expatrier à Oman attire de plus en plus de profils très différents : ingénieurs du pétrole, enseignants, soignants, cadres de la finance, familles en quête d’un cadre de vie apaisé, voire retraités disposant de revenus confortables. Le sultanat cultive une image de pays accueillant, sûr, relativement libéral à l’échelle du Golfe et financièrement attractif grâce à l’absence d’impôt sur le revenu. Mais cette carte postale masque aussi des contraintes réelles : climat extrême, système de parrainage pour les visas, politique d’« Omanisation » du marché du travail, coût élevé des écoles internationales ou encore dépendance quasi totale à la voiture.

Bon à savoir :

Cet article analyse les avantages et inconvénients concrets de la vie d’expatrié à Oman, en s’appuyant sur des données économiques, sociales, environnementales et juridiques disponibles pour offrir une vue d’ensemble complète.

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Un pays sûr, stable et étonnamment accueillant

Oman est souvent présenté comme le pays le plus chaleureux du Golfe pour les étrangers. Cette réputation ne tient pas seulement au discours officiel : les enquêtes internationales, les indices de sécurité et les témoignages d’expatriés convergent.

Le sultanat figure régulièrement parmi les États les plus sûrs au monde, avec un niveau de criminalité très bas. Un classement de 2025 le situe ainsi dans le top 5 mondial en matière de sécurité, avec un score supérieur à 80/100. Dans les grandes villes comme Mascate, Salalah ou Sohar, se promener le soir est généralement perçu comme peu risqué, y compris pour les femmes.

Attention :

La sécurité et la stabilité du Sultanat d’Oman reposent sur deux fondements : un État fort et une culture sociale valorisant l’honneur et la cohésion. Cette stabilité est illustrée par la transition héréditaire pacifique du pouvoir en 2020 après le décès du Sultan Qaboos, renforçant l’image d’institutions solides et prévisibles.

Pour un expatrié, cette stabilité se traduit par un climat d’affaires relativement serein, un environnement urbain sans tensions apparentes et une absence de violences politiques ou de criminalité de droit commun comparables à celles de nombreuses grandes métropoles occidentales.

Une société conservatrice, mais globalement tolérante

Sur le plan culturel, Oman reste profondément marqué par l’islam ibadite, une branche distincte du sunnisme et du chiisme, souvent présentée comme prônant la modération et la tolérance. Concrètement, cela donne un mélange assez singulier de conservatisme (codes vestimentaires, pudeur, importance de la religion dans la vie publique) et d’ouverture relative envers les étrangers.

Exemple :

Les expatriés soulignent que les Omanais sont généralement courtois, calmes et hospitaliers, offrant souvent un café (kahwa) et des dattes en signe de bienvenue. L’anglais est largement compris dans les grandes villes, facilitant les échanges. Cependant, connaître quelques mots d’arabe est très apprécié et peut s’avérer utile, particulièrement dans les zones rurales pour débloquer certaines situations.

La contrepartie, c’est l’obligation de respecter des normes sociales strictes : tenue modeste (épaules et genoux couverts pour les femmes en public, pas de débardeurs ni de shorts très courts pour les hommes hors zones touristiques ou privées), discrétion absolue sur l’alcool hors des lieux licenciés, aucune démonstration d’affection dans la rue, respect scrupuleux des règles pendant le Ramadan (ne pas manger, boire ou fumer en public le jour).

Pour les expatriés venant de sociétés très libérales, cette adaptation peut représenter un vrai choc culturel, d’autant que certains sujets – religion, sexualité, critique de l’autorité – ne sont pas discutables publiquement sans risques juridiques.

Un cadre de vie entre modernité, nature et rythme apaisé

L’un des grands atouts d’Oman pour les expatriés est la combinaison peu fréquente entre infrastructures modernes, coût de la vie raisonnable (à l’échelle du Golfe), environnement naturel spectaculaire et rythme de vie plus lent qu’à Dubaï ou Doha.

Les grandes villes disposent de centres commerciaux, cinémas, cafés, salles de sport, hôpitaux privés ultra modernes et bonnes connexions internet (fibre, 5G). Mais à quelques dizaines de minutes de route, on bascule dans un tout autre décor : montagnes escarpées du Hajar, wadis encaissés et rafraîchissants, dunes du désert, criques désertes, plages quasi vierges et îles aux récifs coralliens.

Une qualité de vie qui séduit de nombreux expatriés

De nombreux étrangers expliquent être restés bien plus longtemps que prévu, attirés par ce cadre de vie jugé « paisible » et « peu stressant », notamment par rapport à d’autres capitales régionales plus trépidantes. La densité de population relativement faible, la faible pression sécuritaire au quotidien (peu de délinquance visible, pas de militarisation ostentatoire des rues), la nature omniprésente et la facilité de pratiquer des activités de plein air (randonnée, plongée, camping, sports nautiques) contribuent à ce ressenti.

Astuce :

Les familles apprécient particulièrement l’environnement jugé sûr pour les enfants. Cela inclut des quartiers résidentiels à dimension humaine, peu de nuisances nocturnes, une circulation globalement bien organisée et des espaces extérieurs facilement accessibles le matin ou en fin de journée lorsque la chaleur le permet.

Un coût de la vie modéré à l’échelle du Golfe

Comparé à ses voisins du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Oman est considéré comme le pays où la vie quotidienne est la plus abordable. Plusieurs sources cadrent les dépenses de base à des niveaux plus faibles que ceux observés à Dubaï, Doha ou Riyad, notamment pour la location d’un logement standard, l’alimentation locale et le carburant.

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Le tableau présente un ordre de grandeur des dépenses typiques d’un expatrié à Mascate.

Profil de foyerBudget mensuel estimatif (incluant loyer)Détails indicatifs
Personne seule, mode de vie économique500–600 OMRColocation ou studio modeste, consommation locale, peu de sorties payantes
Personne seule, confort standard600–850 OMR1 chambre en zone moyenne, restos occasionnels, voiture d’occasion
Couple sans enfant800–1 500 OMR1–2 chambres, sorties régulières, véhicule, santé privée de base
Famille avec 2 enfants (sans école internationale)~1 200–1 500 OMR2–3 chambres, frais de santé et loisirs, alimentation mixte locale/importée
Famille avec 2 enfants (école internationale)1 500–1 800+ OMRIdem ci-dessus + scolarité privée, variable selon l’établissement

Les salaires d’expatriés – souvent compris entre 1 000 et 2 500 OMR par mois, accompagnés d’indemnités logement – rendent ces niveaux de dépenses gérables, voire confortables, en particulier en l’absence d’impôt sur le revenu. Le différentiel entre revenu net et coût de la vie permet à beaucoup d’épargner ou de rembourser plus vite leurs crédits dans leur pays d’origine.

Avantages financiers : salaire net, monnaie forte et packages attractifs

Sur le plan financier, le sultanat coche plusieurs cases séduisantes pour qui envisage une expatriation de quelques années.

Aucun impôt sur le revenu, monnaie stable

Premier argument, puissant : les salaires sont versés sans impôt sur le revenu. Il n’existe pas de barème d’imposition sur les particuliers, ce qui signifie que la rémunération affichée dans le contrat correspond à ce qui sera réellement perçu chaque mois, hors déductions éventuelles de type cotisations locales limitées ou mutuelle.

La monnaie locale, le rial omanais (OMR), est arrimée au dollar américain, ce qui limite fortement les risques de dévaluation brutale et facilite la projection budgétaire pour les expatriés rémunérés en OMR mais ayant des engagements financiers en dollars ou en euros. Un OMR vaut environ 2,4 euros, ce qui traduit la vigueur de la devise.

Bon à savoir :

Une TVA de 5 % s’applique sur la majorité des biens et services. Bien que ce taux soit inférieur à celui de nombreux pays européens, son impact est compensé par l’absence de fiscalité sur les revenus.

Des salaires compétitifs dans certains secteurs

L’économie omanaise reste très dépendante des hydrocarbures, qui génèrent encore une majorité des recettes d’exportation et une large part du PIB. Il n’est donc pas surprenant que les rémunérations les plus élevées concernent les professions liées au pétrole et au gaz, ainsi que certains postes techniques ou de direction dans l’ingénierie, l’IT, la finance ou la santé.

Le tableau suivant résume quelques niveaux de salaire mensuel constatés pour des postes qualifiés (valeurs indicatives, hors avantages) :

Secteur / FonctionSalaire mensuel typique (OMR)
Pétrole & gaz – ingénieur pétrolier4 500–5 500
Pétrole & gaz – directeur de projet7 000–10 000+
Direction IT~3 500 et plus
Médecin spécialiste4 000–5 000+
Médecin généraliste~2 500
Ingénieur (moyenne)~3 500
Analyste financier~3 000
Directeur d’hôtel~2 000
Enseignant international900–1 500 (hors allocation logement éventuelle)

À ces salaires s’ajoutent fréquemment des « packages expatriés » comprenant logement fourni ou allocation logement, prise en charge partielle de l’école des enfants, assurance santé privée, billets d’avion annuels pour rentrer au pays, voire voiture de fonction selon le niveau de responsabilité.

Un coût de la vie globalement maîtrisable

L’un des grands atouts d’Oman est que, malgré ces salaires attractifs, le coût de la vie reste raisonnable, surtout si l’on accepte de consommer local (produits omanais, cuisine indienne ou asiatique, marchés traditionnels) et d’éviter les marques importées les plus chères ou un mode de vie très « occidental ».

Comparaison des postes de dépenses

Une analyse synthétique illustrant l’équilibre budgétaire entre les différentes catégories de dépenses.

Dépenses fixes

Les charges récurrentes et prévisibles, telles que le loyer, les assurances et les abonnements.

Dépenses variables

Les coûts fluctuants comme l’alimentation, les transports et les loisirs, ajustables selon les besoins.

Dépenses d’investissement

Les allocations pour l’épargne, les projets futurs ou les imprévus, essentielles à la sécurité financière.

Dépenses discrétionnaires

Les postes non essentiels liés au confort et aux plaisirs, permettant une gestion flexible du budget.

Poste de dépenseNiveau de coût moyen à OmanCommentaire pour un expatrié
LogementModéré, bien inférieur à Dubaï/Doha, mais élevé dans les quartiers premium de MascatePoste le plus important du budget
Alimentation localeRelativement abordable (marchés, produits nationaux, restos asiatiques)Forte hausse si l’on privilégie les produits importés occidentaux
TransportCarburant très peu cher, voitures abordables, location raisonnableNécessité quasi incontournable d’avoir une voiture
SantéPublic subventionné mais peu accessible aux étrangers, privé de très bonne qualité mais coûteux sans assuranceAssurance santé fortement recommandée, voire obligatoire
ÉducationPublic gratuit pour les Omanais, mais écoles internationales très chèresPoste souvent décisif pour les familles
LoisirsNature gratuite, activités de plein air peu coûteuses, sorties dans les hôtels/bars plus onéreusesCoût modulable selon les habitudes

En résumé, pour un salarié qualifié bénéficiant d’un package correctement négocié, Oman peut permettre un niveau de vie élevé et une capacité d’épargne importante. Pour des travailleurs moins qualifiés, surtout sans avantages annexes, la donne est moins favorable : les écarts de salaire entre nationaux et expatriés, ainsi qu’entre cadres et ouvriers, restent marqués.

Conditions de travail, visas et « Omanisation » : les coulisses moins séduisantes

La réalité de l’expatriation à Oman ne se résume pas au montant du salaire ou à la beauté des paysages. Le cadre légal de l’emploi et de la résidence repose sur un système de parrainage (sponsorship) et une politique active d’« Omanisation » du marché du travail.

Un système de parrainage qui lie l’expatrié à son employeur

Pour travailler et résider à Oman, la grande majorité des étrangers doivent être sponsorisés par un employeur local. Concrètement, c’est l’entreprise omanaise (ou implantée à Oman) qui obtient les autorisations de travail auprès du ministère du Travail, délivre l’offre d’emploi, initie la demande de visa et permet in fine la délivrance de la carte de résident.

Ce schéma a plusieurs conséquences :

Attention :

Pour les expatriés, le droit au séjour est conditionné par l’emploi : sa perte entraîne généralement celle du titre de séjour. Changer d’employeur, bien que possible, est un processus complexe nécessitant des autorisations administratives. Cette dépendance peut créer un sentiment de captivité vis-à-vis du sponsor, notamment en cas de conflits professionnels.

Le cadre légal évolue toutefois : un nouveau droit du travail permet davantage de mobilité entre employeurs, y compris des dispositions encadrant le télétravail, mais le rapport de force reste très favorable au sponsor omanais.

Une politique d’« Omanisation » qui limite certaines opportunités

Depuis la fin des années 1980, le gouvernement poursuit une stratégie d’« Omanisation » visant à réduire la dépendance à la main-d’œuvre étrangère et à augmenter la part de nationaux dans l’emploi, secteur privé compris. Concrètement, cela se traduit par :

des quotas maximum de travailleurs étrangers dans certaines entreprises ou secteurs ;

des professions intégralement réservées aux Omanais (par exemple, certains postes administratifs, de vente, de front office) ;

– des exigences pour les employeurs : justifier qu’aucun candidat local ne peut occuper le poste avant de recruter à l’international.

Cette politique a des effets ambivalents pour les expatriés. D’un côté, elle restreint les opportunités dans les métiers de milieu ou bas de gamme, où les étrangers sont de plus en plus évincés au profit des nationaux. De l’autre, elle tend à concentrer l’appel à l’expatriation sur les postes les plus qualifiés, pour lesquels un transfert de compétences est recherché.

Les chiffres montrent aussi une forte présence étrangère : environ 1,8 à 2,3 millions d’expatriés vivent et travaillent dans le pays, soit près de 40 à 45 % de la population. Dans certains secteurs, ils représentent encore la majorité de la main-d’œuvre. La politique d’« Omanisation » vise justement à réduire ces proportions sans déstabiliser l’économie.

Santé, assurance et risques climatiques : des enjeux à anticiper

Le système de santé et les conditions climatiques sont deux dimensions souvent sous-estimées par les candidats à l’expatriation, alors qu’elles jouent un rôle central dans l’expérience de vie sur place.

Un système de santé performant, mais payant pour les étrangers

En quelques décennies, Oman est passé de quelques hôpitaux rudimentaires à un maillage dense de structures médicales : près de 70 hôpitaux, environ 900 centres de santé et cliniques, et au moins un centre de soins dans un rayon de 5 km quel que soit l’endroit du pays. L’Organisation mondiale de la santé a d’ailleurs classé le pays dans le top 10 mondial au début des années 2000 pour la qualité de son système de soins.

Cette montée en gamme profite aujourd’hui aux expatriés, qui trouvent à Mascate et dans les grandes villes des hôpitaux privés bien équipés, des médecins formés à l’étranger, des services d’urgence, des pharmacies ouvertes 24h/24 et un arsenal de médicaments largement comparable à celui des pays occidentaux.

Bon à savoir :

Les étrangers ne bénéficient pas de la gratuité ou quasi-gratuité des soins réservée aux citoyens omanais. L’accès au système public est payant, sauf exceptions pour certains fonctionnaires ou en cas d’urgence vitale. Les soins dans le privé peuvent être très coûteux, avec des tarifs d’hospitalisation proches de ceux de cliniques haut de gamme.

C’est pourquoi une réforme d’assurance santé, baptisée « Dhamani », a été lancée : elle impose aux employeurs du secteur privé de fournir une couverture de base à leurs salariés expatriés, avec un plafond annuel, incluant consultations, médicaments, hospitalisation et urgences. Toutefois, ce socle est souvent insuffisant pour couvrir de gros accidents, des traitements lourds ou certaines spécialités (maternité, dentaire, optique), d’où la recommandation fréquente de souscrire une assurance internationale complémentaire.

La vigilance est aussi de mise sur la question des paiements : des factures hospitalières impayées peuvent bloquer une sortie du territoire jusqu’à régularisation, dans un contexte où le non-paiement de dettes fait l’objet de sanctions pénales.

Chaleur extrême, cyclones et stress hydrique grandissant

Le climat constitue l’un des principaux inconvénients de la vie à Oman. Le pays est majoritairement aride, avec des été pouvant dépasser 45 à 50 °C dans certaines régions. Sur les côtes, à Mascate notamment, la chaleur s’accompagne d’un taux d’humidité très élevé qui accentue la sensation d’étouffement. Les nouveaux arrivants sont particulièrement exposés aux coups de chaleur, à la déshydratation et à l’épuisement.

Au-delà de cette réalité climatique, Oman est également en première ligne du changement climatique.

Oman

– les températures moyennes ont déjà augmenté d’environ 1,2 à 1,7 °C selon les régions ;

– les modèles climatiques projettent une hausse de 2 à 4 °C d’ici 2050, et potentiellement jusqu’à +4 °C à l’horizon 2100 en cas de fortes émissions mondiales ;

– les épisodes de sécheresse se prolongent, tandis que les pluies, plus rares, tendent à se concentrer sous forme d’événements intenses, entraînant des crues éclair dévastatrices ;

– le niveau de la mer s’élève (2 à 3 mm par an constatés ces dernières décennies), ce qui favorise l’érosion côtière et l’intrusion d’eau salée dans les nappes phréatiques.

Attention :

Le pays est classé cinquième au monde pour le stress hydrique, avec une disponibilité en eau douce très limitée et des nappes souterraines surexploitées. Les investissements dans le dessalement et la gestion intégrée de l’eau sont massifs, mais la fragilité persiste, particulièrement pour l’agriculture et les zones rurales.

À cela s’ajoute une exposition croissante aux phénomènes extrêmes : cyclones tropicaux tournant dans la mer d’Oman, pluies diluviennes, inondations soudaines. Des événements récents – comme le cyclone Shaheen en 2021, ou des crues qui ont fait des victimes et déplacé des centaines de personnes en 2024 – illustrent ce nouveau risque.

Pour l’expatrié, ces réalités signifient : l’adaptation à un nouvel environnement, la nécessité de s’intégrer dans une culture différente, et souvent, la gestion des défis liés à la séparation de la famille et des amis.

adapter ses habitudes de vie à la chaleur (sorties tôt le matin ou en soirée, hydratation constante, climatiseurs omniprésents, ce qui augmente la facture d’électricité en été) ;

suivre les consignes de sécurité en cas d’alerte météo, éviter les wadis en période de pluie et se tenir à distance des côtes en cas de cyclone annoncé ;

– intégrer, à plus long terme, que le pays devra continuer à investir massivement dans des mesures d’adaptation, ce qui pourrait influencer certains secteurs économiques.

Logement, transports, école : les vrais coûts du quotidien

S’expatrier à Oman suppose d’anticiper des choix structurants : où se loger, comment se déplacer, où scolariser ses enfants. Ces décisions pèsent lourdement sur le budget et sur la qualité de vie.

Marché du logement : loyers raisonnables, mais avances importantes

Le logement constitue le principal poste de dépense pour la plupart des expatriés. Mascate concentre la majorité de l’offre, avec des zones résidentielles spécifiques très appréciées des étrangers comme Al Qurum, Al Mouj ou Al Seeb.

Dans l’ensemble, les loyers restent plus bas qu’à Dubaï ou Doha, mais peuvent varier fortement selon l’emplacement, la proximité de la mer, des écoles internationales ou des quartiers d’affaires.

Le tableau ci-après résume quelques fourchettes courantes :

Type de bien à MascateLoyer mensuel typique (OMR)
Studio/1 chambre hors centre100–220
Studio/1 chambre quartier central ou recherché200–335
Appartement 3 chambres hors centre160–380
Appartement 3 chambres centre-ville250–600
Logement meublé 85 m² en zone chère~460
Logement meublé 85 m² en zone « normale »~290

Les pratiques locales imposent souvent un paiement trimestriel, voire annuel, des loyers, parfois exigé d’un seul tenant au début du bail. Cette particularité peut constituer une barrière d’entrée importante pour un nouvel arrivant si l’employeur ne prend pas en charge le logement ou ne fournit pas une avance.

Bon à savoir :

Les contrats de location sont généralement rédigés en arabe, avec parfois une version anglaise en annexe. Il est recommandé de les enregistrer auprès de la municipalité pour assurer leur validité juridique. Une caution d’un mois de loyer est courante, et une rupture anticipée du contrat entraîne le plus souvent des pénalités.

L’achat de biens immobiliers par des étrangers est strictement encadré : il est en principe limité à des ensembles touristiques intégrés (Integrated Tourism Complexes, ITC) comme Al Mouj Muscat ou Jebel Sifah. Ces programmes associent souvent logement, commerces, marina et infrastructures de loisirs, et peuvent ouvrir droit à des visas de résidence spécifiques pour les propriétaires.

Se déplacer : une voiture presque obligatoire

La faiblesse structurelle des transports publics constitue l’un des points noirs les plus cités par les expatriés. Une société publique, Mwasalat, exploite bien des lignes de bus urbains et interurbains, mais la couverture reste partielle et peu adaptée aux besoins d’un actif ou d’une famille avec enfants.

Les taxis et les applications de réservation (OTaxi intégré à Yango, Hala Taxi, etc.) complètent l’offre, mais ne suffisent pas à compenser l’absence de métro ou de réseau ferré. De fait, la quasi-totalité des résidents de la classe moyenne et supérieure possèdent une voiture, voire deux par foyer.

0.24-0.27

Le prix du litre de carburant à Oman est très bon marché, se situant autour de 0,24 à 0,27 OMR.

Mais cette facilité d’accès à l’automobile a un revers : un taux d’accidents de la route élevé, malgré une amélioration récente (baisse de 9 % du nombre d’accidents en un an mais encore près de 600 morts annuelles recensées). Les comportements à risque – excès de vitesse, usage du téléphone au volant, dépassements serrés – sont fréquemment pointés du doigt. Des lois strictes (amendes élevées, peines de prison possibles, obligation du port de la ceinture, interdiction du téléphone) cherchent à enrayer cette tendance.

Pour un expatrié, cela impose prudence et vigilance accrues, particulièrement en dehors des zones urbaines, la nuit, ou lors d’épisodes de pluie où des inondations soudaines peuvent couper les axes.

Écoles internationales : un investissement majeur pour les familles

Pour les familles expatriées, la question de la scolarisation est cruciale. Le système public, gratuit, est pensé avant tout pour les citoyens omanais. Bien que des enfants étrangers puissent parfois y être inscrits, la barrière de la langue (enseignement en arabe) et la différence de programme conduisent la plupart des expatriés à se tourner vers les écoles privées et internationales.

Bon à savoir :

Mascate propose un large choix d’écoles internationales : britanniques, américaines, françaises, indiennes (CBSE), pakistanaises et des programmes comme l’International Baccalaureate (IB). Des établissements réputés, tels que la British School Muscat, l’ABA Oman International School, The American International School of Muscat et le Lycée Français de Mascate, offrent des infrastructures modernes avec laboratoires, théâtres, complexes sportifs et bibliothèques.

En revanche, ces écoles ont un prix très élevé :

– pour le primaire et le collège, les frais de scolarité annuels dans les établissements internationaux les plus connus se situent fréquemment entre 1 500 et 7 000 OMR, certains atteignant voire dépassant 9 000 OMR par an au lycée ;

– les écoles indiennes ou d’autres systèmes asiatiques sont nettement plus abordables, mais restent un poste majeur pour un budget moyen.

Un tableau de synthèse permet de situer ces coûts :

Type d’établissementFourchette annuelle de frais de scolarité (OMR)
École maternelle privée (mois)50–200 OMR (soit 600–2 400 OMR/an)
École internationale « milieu de gamme »1 400–4 000 OMR
École internationale haut de gamme5 000–9 000+ OMR
Université privée pour étrangers (semestre)4 000–8 000 OMR

Dans ces conditions, beaucoup de familles négocient en amont une prise en charge partielle ou totale des frais de scolarité par l’employeur. Sans cette aide, un couple avec deux enfants en écoles internationales haut de gamme peut consacrer une part substantielle de son salaire à l’éducation, ce qui réduit significativement sa capacité d’épargne.

Santé, sécurité et droits : protections solides, mais lois strictes

Au-delà de la qualité des soins, Oman se distingue par une combinaison de sécurité quotidienne élevée et de lois très rigoureuses sur certains sujets.

Une sécurité quotidienne rare, y compris pour les femmes et les familles

Le sentiment de sûreté est l’un des principaux arguments en faveur d’Oman. De nombreuses études internationales de qualité de vie ciblant les expatriés classent régulièrement Mascate dans le haut du panier pour la sécurité personnelle. Les agressions, cambriolages, vols à main armée ou crimes violents visant des étrangers sont rares. Les familles apprécient de pouvoir laisser les enfants jouer dehors ou se déplacer en ville, dans des conditions jugées plus rassurantes que dans bien des capitales occidentales.

Bon à savoir :

Les femmes étrangères, quel que soit leur statut, indiquent généralement se sentir plus en sécurité à Oman que dans d’autres pays. Cette sécurité est conditionnée au respect des codes vestimentaires locaux et à l’évitement de certains comportements (consommation visible d’alcool, fréquentation de lieux inappropriés). Bien que des cas de harcèlement existent, comme ailleurs, ils sont relativement peu signalés.

Il faut cependant mentionner une zone sensible : les affaires de violences sexuelles ou d’infractions liées à la morale peuvent se retourner contre la victime si celle-ci ne parvient pas à prouver l’absence de consentement. Les relations sexuelles hors mariage étant illégales, une plainte mal instruite peut entraîner des poursuites à la fois contre l’agresseur présumé et contre la victime. De même, la cohabitation de couples non mariés ou les relations homosexuelles peuvent théoriquement donner lieu à des sanctions.

Un environnement légal peu tolérant envers certains comportements

Dans un État conservateur, l’arsenal juridique est particulièrement strict sur plusieurs points :

Attention :

La détention, consommation ou trafic de drogues est sévèrement punie (longues peines de prison, amendes, peine capitale possible). Les dettes impayées, chèques sans provision et fraudes financières peuvent entraîner détention, gels d’avoirs et interdiction de quitter le pays. La consommation d’alcool est strictement encadrée pour les non-musulmans (lieux licenciés ou domicile avec permis) ; l’ivresse publique et la conduite en état d’ébriété sont sévèrement réprimées. Toute critique publique du sultan, des autorités ou des symboles nationaux (y compris sur les réseaux sociaux) est passible de poursuites pénales.

Pour l’expatrié, l’essentiel est de comprendre que la marge de manœuvre est plus étroite qu’en Europe ou en Amérique du Nord sur certains comportements considérés comme mineurs ailleurs, mais pris très au sérieux à Oman.

Environnement, climat et stratégie de long terme : un pays en transition

L’expatriation ne se décide pas pour un an ou deux seulement, et beaucoup de familles envisagent des horizons plus longs. Comprendre la trajectoire du pays en matière de développement durable et de transition énergétique devient alors pertinent.

Une économie encore pétrolière, mais en diversification

Oman reste fortement tributaire des hydrocarbures, qui assurent près de 70 % du PIB et environ 60 % des recettes d’exportation. Mais les autorités ont affiché une volonté claire de diversification via la Vision 2040, un plan stratégique qui vise à :

Stratégies de diversification économique

Piliers de la transformation économique visant à réduire la dépendance au pétrole et à construire une économie durable et compétitive.

Diversification sectorielle

Réduction progressive de la part du pétrole en développant les services, l’industrie manufacturière, la logistique, le tourisme, les pêches et les mines.

Attractivité des investissements

Création d’un environnement réglementaire favorable : propriété étrangère à 100% dans la plupart des secteurs, fiscalité des entreprises plafonnée à 15% (environ 3% pour les petites entités).

Développement des secteurs d’avenir

Investissement dans l’hydrogène vert, les énergies renouvelables (20% d’électricité verte d’ici 2030) et les carburants d’aviation durables.

L’établissement en 2022 de Hydrogen Oman (Hydrom), une entité publique chargée de coordonner les projets d’hydrogène vert sur plus de 50 000 km² de terrains identifiés, illustre cette ambition. Le sultanat vise une production supérieure à 1 million de tonnes d’hydrogène vert dès 2030, et jusqu’à 8 millions à l’horizon 2050, avec l’ambition de figurer parmi les dix plus grands exportateurs mondiaux.

Pour les expatriés, ces orientations dessinent des perspectives professionnelles dans des domaines variés : ingénierie des énergies propres, logistique portuaire, tourisme durable, agriculture sous contrainte hydrique, services financiers liés à la finance verte, etc.

Un pays qui se prépare au choc climatique

Les autorités ont élaboré une Stratégie nationale d’adaptation et d’atténuation du changement climatique, articulée avec Vision 2040 et assortie d’un engagement de neutralité carbone à l’horizon 2050. Oman a soumis une contribution déterminée au niveau national (NDC) prévoyant une réduction de 21 % des émissions par rapport à un scénario tendanciel d’ici 2030.

Au-delà des grands chiffres, plusieurs chantiers sont en cours ou déjà engagés :

renforcement des protections côtières face à la montée des eaux et aux cyclones ;

modernisation de la gestion des ressources en eau, avec un recours massif au dessalement et à la réutilisation des eaux usées traitées ;

– restauration d’écosystèmes naturels, par exemple par le replantage de mangroves (plus de 800 000 arbres transplantés et plus de 3 millions de graines plantées depuis le début des années 2000), afin de stabiliser les littoraux et de stocker du carbone ;

– amélioration de l’efficacité énergétique (objectif de doublement de l’intensité énergétique d’ici 2030, puis d’augmentation supplémentaire en 2040).

Les coûts d’adaptation estimés – de l’ordre de 400 à 500 milliards de dollars sur plusieurs décennies – donnent une idée de l’ampleur des transformations à venir. Ces investissements offriront des opportunités dans les métiers du génie civil, de la planification urbaine, de l’hydrologie, de l’environnement ou de la recherche, mais témoignent aussi des vulnérabilités structurelles du pays.

Bilan : pour qui l’expatriation à Oman est-elle une bonne idée ?

L’expatriation à Oman offre de nombreux avantages, mais elle n’est pas adaptée à toutes les situations ni à tous les profils.

Les grands avantages à mettre au crédit d’Oman

Sécurité exceptionnelle pour les personnes et les biens, environnement très stable politiquement, climat social apaisé.

Fiscalité personnelle quasi inexistante, salaires nets d’impôt et monnaie forte arrimée au dollar, facilitant l’épargne.

Coût de la vie modéré à l’échelle de la région, notamment pour le logement et les dépenses courantes si l’on consomme local.

Cadre de vie agréable, entre infrastructures modernes, paysages spectaculaire et rythme plus détendu que dans d’autres métropoles du Golfe.

Système de santé de bon niveau, réseau d’écoles internationales performant, large communauté expatriée déjà installée.

Opportunités professionnelles réelles dans les secteurs de pointe (huile & gaz, ingénierie, santé, IT, finance, énergies renouvelables, éducation), souvent assorties de packages attractifs.

Les principaux inconvénients ou points de vigilance

Climat extrêmement chaud et aride, avec des étés éprouvants, une humidité élevée sur la côte et des risques accrus liés au changement climatique (cyclones, inondations, stress hydrique).

Système migratoire fondé sur le parrainage, qui lie étroitement l’étranger à son employeur et rend les mobilités professionnelles plus complexes.

Politique d’« Omanisation », limitant certains débouchés et rendant la concurrence forte sur les postes ouverts aux expatriés.

Écoles internationales coûteuses, qui peuvent absorber une grande partie du budget familial si elles ne sont pas prises en charge par l’employeur.

Dépendance quasi totale à la voiture, faible développement des transports en commun et accidentologie routière importante.

Cadre légal et moral strict, notamment sur les questions de mœurs, de dettes, de consommation de substances, imposant une discipline personnelle importante.

Astuce :

Pour un couple ou une famille avec enfants visant un projet de moyen terme, l’expatriation à Oman peut être très positive sous certaines conditions : disposer d’un contrat de travail solide dans un secteur porteur, bénéficier d’un package incluant le logement et/ou la scolarité, faire preuve d’une bonne capacité d’adaptation culturelle, avoir une tolérance à la chaleur et effectuer une préparation rigoureuse en matière de santé et d’assurance.

Pour un travailleur peu qualifié, sans avantages négociés et sans marge de manœuvre, le tableau est plus contrasté : salaires plus bas, coûts non pris en charge (santé, logement, transports), forte dépendance au sponsor et exposition accrue aux risques liés à la précarité juridique et économique.

Bon à savoir :

Pour bien préparer son départ, il faut aller au-delà de l’image idyllique du pays et comprendre ses réalités structurelles : une économie en transition mais encore pétrodépendante, un environnement fragile face au réchauffement climatique, une société conservatrice bien qu’accueillante, et un État protecteur doté d’une législation rigoureuse. Intégrer ces paramètres permet de vivre une expatriation à la fois enrichissante, sécurisante et financièrement intéressante, à condition d’aborder le projet en toute lucidité.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en gardant un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal international, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Oman, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler Oman pour sa fiscalité personnelle très avantageuse (absence d’impôt sur le revenu des personnes physiques), l’absence d’impôt sur la fortune et un environnement économique stable dans le Golfe. Le coût de la vie à Mascate reste compétitif par rapport à Paris, avec une qualité de vie élevée et une bonne connectivité internationale. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, report d’imposition), obtention d’un titre de résidence via investissement immobilier ou programme de résidence longue durée, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français, mise en relation avec un réseau local (avocat, immigration, banque islamique/conventionnelle) et intégration patrimoniale globale. Ce type d’accompagnement permet de réaliser des économies fiscales majeures tout en maîtrisant les risques (conventions fiscales, contrôles français, adaptation culturelle).

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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