Les différences culturelles à connaître avant de s’expatrier à Oman

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’expatrier à Oman, ce n’est pas seulement changer de pays : c’est entrer dans un univers social, religieux et professionnel très codifié, où la politesse, la discrétion et la relation humaine priment sur la rapidité et l’efficacité « à l’occidentale ». Pour beaucoup d’expatriés, le Sultanat est perçu comme l’État le plus accueillant du Golfe, parfois surnommé la « Suisse du Golfe » pour sa stabilité et sa neutralité. Mais cette réputation ne doit pas faire oublier que la société reste profondément conservatrice, tribale et islamique, avec des règles non négociables.

Bon à savoir :

Se renseigner sur les usages locaux à l’avance permet d’éviter les maladresses et de mieux apprécier le séjour dans un pays réputé pour son accueil chaleureux, sa sécurité et son authenticité.

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Comprendre le contexte omanais : société, religion et valeurs

Oman est situé à l’extrême sud-est de la péninsule Arabique, entre le Yémen, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. Le pays compte environ 4,5 à 4,6 millions d’habitants, dont 40 % d’étrangers environ. La capitale, Mascate, concentre l’essentiel de la vie économique et une grande partie des expatriés, même si des villes comme Salalah, Sohar ou Nizwa attirent aussi des cadres, ingénieurs et enseignants.

Exemple :

La société d’Oman est profondément marquée par l’islam ibadite, une branche distincte du sunnisme et du chiisme. Cette influence se traduit par des valeurs de sobriété, de modération et de paix sociale. Le pays est conservateur mais, comparé à certains de ses voisins régionaux, il est considéré comme plus tolérant et ouvert. Dans la vie quotidienne, l’importance de la famille, le respect des aînés et un fort sentiment d’appartenance communautaire sont des piliers essentiels de la culture.

L’importance de la famille, de la tribu et des liens personnels

La famille est le cœur de la société omanaise. Les familles sont souvent nombreuses, et il est fréquent que plusieurs générations vivent à proximité, voire sous le même toit. La structure reste largement patriarcale : les hommes occupent traditionnellement le rôle de chef de famille et principaux pourvoyeurs, tandis que les femmes assurent une part centrale dans l’éducation des enfants et la gestion domestique, même si elles sont de plus en plus présentes dans l’éducation supérieure, l’emploi et l’entrepreneuriat.

Astuce :

Les structures sociales et politiques restent influencées par des racines tribales, bien que cette influence décline. Un concept clé à saisir est celui de la *wasta* : un réseau d’influence et de recommandations fondé sur la confiance, la réputation et les liens familiaux ou amicaux. Pour un expatrié, il est essentiel de comprendre que de nombreuses démarches et accords passent davantage par la relation personnelle et la confiance établie que par le cadre formel d’un contrat.

Des valeurs clés : hospitalité, respect, patience et « sauvegarde de la face »

Les Omanais sont réputés pour leur hospitalité et leur générosité. Il n’est pas rare qu’un inconnu engage la conversation, propose un café ou même invite chez lui. Mais cette chaleur s’accompagne de règles implicites : retenue, politesse, absence de confrontation directe. L’honneur personnel, la réputation et la « face » comptent énormément. On évite donc les critiques publiques, le ton agressif ou les remarques humiliantes, même au travail.

Le souci de préserver la dignité de chacun conduit à un style de communication où le « non » est souvent implicite. Une réponse très polie peut signifier « peut-être » ou « non » sans que le mot soit prononcé. La patience devient donc une qualité indispensable, aussi bien dans les relations sociales que dans les démarches administratives ou professionnelles.

La communication à Oman : implicite, respectueuse et très relationnelle

Pour un expatrié, l’un des plus grands changements concerne la manière de communiquer. Oman est typiquement une culture « à haut contexte » : beaucoup de choses sont sous-entendues, passent par le ton, le non-verbal ou la situation plutôt que par les mots eux-mêmes.

Saluer, prendre des nouvelles, installer le lien

Les salutations sont un passage obligé. On commence par un « As-salamu alaykum », auquel on répond « Wa alaykum as-salam ». D’autres formules comme « Sabah al-kheir » le matin ou « Masaa al-kheir » le soir sont très appréciées. Il est courant de demander « Kaif halak ? » (Comment allez-vous ?), et de répondre « Alhamdulillah » (Grâce à Dieu).

Attention :

Une rencontre commence souvent par plusieurs minutes de salutations et de questions sur la santé, la famille ou le travail. Ce préambule n’est pas un bavardage inutile : il permet de vérifier que le climat est cordial et la relation respectueuse. Passer directement au concret peut être perçu comme précipité, voire impoli.

L’usage des titres est aussi capital. On appelle volontiers un interlocuteur « Docteur », « Sheikh », « Sayyid » ou « Hajj » lorsqu’il en a le statut. Cela vaut dans les entreprises, les administrations et les relations sociales classiques.

Indirect, mais pas flou : lire entre les lignes

Face à une mauvaise nouvelle, un refus ou un désaccord, la plupart des Omanais vont privilégier une réponse atténuée ou nuancée. Dire « oui » peut simplement signifier « j’ai entendu » ou « je prends note », pas forcément « j’accepte ». De même, un silence prolongé pendant une réunion ne veut pas dire indifférence : cela peut exprimer le désaccord, la réflexion ou la volonté d’éviter une confrontation directe.

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Plus de la moitié des candidats expatriés ont perdu une offre d’emploi à Oman en 2023 à cause d’une mauvaise interprétation des signaux sociaux.

Le rôle du non-verbal et de la distance physique

La communication non verbale a un poids considérable. Le contact visuel doit être présent – signe d’attention et de respect – mais jamais insistant. Les gestes doivent rester mesurés ; les mouvements brusques ou théâtraux peuvent être mal vus. Montrer quelqu’un du doigt, croiser les jambes en dirigeant la plante du pied vers autrui, ou utiliser la main gauche pour tendre quelque chose sont à éviter.

La distance interpersonnelle est souvent plus réduite qu’en Europe, surtout entre personnes du même sexe. Un Omanais peut se tenir plus près en conversation que ne le ferait un interlocuteur occidental, sans aucune connotation agressive ou intrusive de son point de vue. Inversement, la distance physique entre hommes et femmes reste bien plus marquée, notamment en contexte traditionnel.

Religion et vie quotidienne : l’islam comme cadre de référence

Oman est un État islamique, et l’islam structure largement l’agenda, les lois, les fêtes et les comportements. Pour un expatrié, ce n’est pas seulement un élément religieux, mais un cadre social à intégrer au quotidien.

Prière, vendredi et jours fériés

Les cinq prières rythment la journée, et il est fréquent que des réunions ou des rendez-vous soient interrompus pour permettre à l’un des participants d’aller prier. Le vendredi est le grand jour de prière, avec un sermon à la mosquée à la mi-journée. Beaucoup de services ferment ou réduisent leurs horaires ce jour-là.

Fêtes et jours fériés au Maroc

Le calendrier officiel marocain intègre à la fois les fêtes religieuses islamiques et les célébrations nationales, rythmant la vie sociale et économique du pays.

Aïd al-Fitr

Marque la fin du mois sacré du Ramadan. Cette célébration entraîne plusieurs jours fériés, l’arrêt de nombreuses activités et d’importants rassemblements familiaux.

Aïd al-Adha

Également appelée la fête du sacrifice, c’est l’une des grandes célébrations islamiques. Elle est marquée par des jours fériés, une pause des activités et des rassemblements familiaux massifs.

Ramadan : un mois qui transforme la vie sociale et professionnelle

Le mois de Ramadan représente une période clé, qui bouleverse les rythmes. Du lever au coucher du soleil, les musulmans pratiquants s’abstiennent de manger, boire, fumer ou avoir des relations sexuelles. Pour les non-musulmans, il est strictement interdit de manger, boire ou fumer en public pendant la journée ; le Code pénal prévoit des sanctions pour ceux qui ne respecteraient pas cette règle.

Bon à savoir :

Pendant le Ramadan, les horaires de travail sont réduits à environ 5 heures par jour dans le secteur public et 6 heures dans de nombreuses entreprises privées pour les salariés musulmans. De nombreux restaurants (hors hôtels) ferment en journée ou installent des paravents. Le rythme général ralentit, particulièrement en début d’après-midi, et l’activité reprend le soir après l’iftar, le repas de rupture du jeûne.

Pour un expatrié, c’est une période à la fois contraignante (adaptation des horaires, services ralentis) et fascinante : les souks restent ouverts tard, les familles se réunissent massivement, les cafés et corniches s’animent dans une atmosphère très conviviale. Participer à un iftar – dans un hôtel ou chez une famille – est souvent l’une des expériences les plus marquantes pour les nouveaux arrivants.

Codes sociaux, étiquette et vie privée

Vivre à Oman impose de respecter un ensemble de règles sociales très précises, parfois éloignées des standards occidentaux.

La modestie dans la tenue vestimentaire

La règle fondamentale est simple : en public, on couvre les épaules et les genoux, quel que soit le sexe. Les vêtements moulants, transparents, très décolletés ou laissant apparaître l’abdomen sont proscrits dans la rue, les centres commerciaux, les administrations, les écoles, et de manière générale partout hors zones touristiques fermées.

Les hommes étrangers porteront volontiers un pantalon long en ville, avec chemise ou polo à manches, tandis que les shorts au-dessus du genou sont à réserver à certains contextes informels. Les femmes expatriées choisissent souvent des pantalons amples, des jupes ou robes longues, associé à un haut couvrant les épaules et le décolleté. Le foulard n’est obligatoire que pour l’entrée dans une mosquée ou certains lieux religieux, mais le porter dans un environnement très traditionnel est perçu comme un signe de respect.

Pour visualiser rapidement les niveaux d’exigence selon les lieux, on peut résumer les attentes ainsi : les niveaux d’exigence.

ContexteHommes (expats)Femmes (expats)Particularités
Rue, centre commercial, soukPantalon ou bermuda long, manches courtes acceptéesÉpaules et genoux couverts, vêtements amplesÉviter slogans provocants et vêtements troués
Bureaux, rendez-vous proPantalon, chemise, parfois costumeTailleur, robe ou jupe sous le genou, manches au moins courtesCouleurs sobres dans les entreprises traditionnelles
Mosquées et sites religieuxPantalon long, manches longuesBras, jambes et cheveux couverts, vêtements non moulantsChaussures retirées à l’entrée
Plages publiques, wadisShort long et t-shirt pour se baignerMaillot couvert (short + t-shirt ou burkini)Bikini réservé aux resorts privés
Hôtels & resorts internationauxTenue occidentale plus libreMaillots classiques acceptés dans les espaces privésModestie de rigueur dans les espaces communs

Cette base simple évite la plupart des problèmes. Si un vigile, un collègue ou un passant fait gentiment remarquer qu’une tenue n’est pas adaptée, la meilleure réponse consiste à s’excuser, remercier et ajuster ou couvrir.

Comportement en public : discrétion obligatoire

Les démonstrations d’affection en public sont très mal vues. Se tenir la main est déjà limite pour un couple hétérosexuel, et les baisers ou étreintes peuvent entraîner un rappel à l’ordre, voire des ennuis avec la police dans les cas extrêmes. L’homosexualité est illégale, et les couples non mariés n’ont officiellement pas le droit de vivre ensemble ni de partager une chambre d’hôtel.

Attention :

La consommation d’alcool est réservée aux établissements licenciés et l’ivresse sur la voie publique est sévèrement punie. Les jurons, gestes obscènes (y compris en conduisant) et les contenus en ligne jugés indécents sont également répréhensibles par la loi.

En résumé, on attend des résidents – surtout étrangers – qu’ils fassent preuve de retenue : ni éclats de voix, ni comportement agressif, ni critique ouverte de la religion, du pays ou de ses dirigeants.

Hospitalité, invitations et cadeaux

Être invité chez un Omanais est un honneur. Dans ce cas, on enlève ses chaussures à l’entrée, on accepte le café, le thé, les dattes et les douceurs proposés. Refuser systématiquement nourriture ou boisson peut être interprété comme un rejet de la générosité de l’hôte. La coutume veut même que l’on boive au moins une petite tasse de café (qahwa) avant de pouvoir décliner les suivantes en agitant doucement la tasse.

Bon à savoir :

Il est bienvenu d’offrir un petit cadeau comme des chocolats, des gâteaux, des produits typiques de votre pays, des dattes de qualité ou du halwa omanais. Il faut en revanche absolument éviter tout cadeau lié à l’alcool ou au porc, les présents trop personnels, les objets à connotation érotique ou les œuvres représentant des femmes de manière suggestive.

Photographie et vie privée

Il est impératif de demander la permission avant de photographier des personnes, surtout des femmes et des enfants. Photographier des installations militaires, des bâtiments gouvernementaux, des checkpoints ou certains aéroports est prohibé et peut conduire à des contrôles, voire des arrestations. Poster ensuite ces photos sensibles sur les réseaux sociaux aggrave encore la situation.

Culture d’entreprise : hiérarchie, prudence et importance du lien

Venir travailler à Oman exige souvent une refonte de ses réflexes managériaux et de sa façon de négocier.

Une hiérarchie claire et un management paternaliste

Les entreprises omanaises, en particulier locales et familiales, fonctionnent sur un modèle hiérarchique affirmé. Les décisions stratégiques sont généralement prises par les échelons supérieurs, souvent par une ou deux personnes clés, tandis que l’exécution descend ensuite les niveaux.

Les managers sont perçus comme des figures d’autorité bienveillantes : ils sont censés protéger et soutenir leurs équipes, mais aussi attendre loyauté, respect et obéissance. Les subordonnés, eux, posent rarement des questions directes ou ne contestent pas une décision en public. Ils attendent plutôt les instructions.

Dans la pratique, un manager expatrié qui se veut trop informel, trop horizontal ou trop frontal risque de perdre en crédibilité. À l’inverse, un style combinant fermeté calme, écoute, souci de ne jamais humilier quelqu’un devant les autres et capacité à construire la confiance personnelle sera bien perçu.

Décision, consultation et aversion au risque

La culture omanaise est globalement prudente face au risque. Les initiatives nouvelles sont passées au crible : on cherche à identifier toutes les conséquences possibles pour l’individu comme pour le groupe. L’échec peut avoir un impact lourd sur la réputation, et chacun préfère éviter les décisions perçues comme hasardeuses.

En pratique, il faut s’attendre à des process de décision plus lents, jalonnés de multiples réunions et consultations informelles. Le principe de shura (concertation) a d’ailleurs une forte valeur symbolique : même si la décision finale revient au sommet, l’avis des différents acteurs est recueilli.

Principe de shura (concertation)

Un exemple typique : là où un chef de projet européen s’attendrait à clore un sujet après un ou deux meetings, il sera fréquent à Oman de multiplier les rencontres, parfois en grand comité, où les échanges semblent repartir de zéro. Ce n’est pas nécessairement un manque d’efficacité : c’est souvent le moyen d’aligner tout le monde sans froisser personne.

Politesse, « bonnes manières » et authenticité

Dans le monde professionnel, les qualités comportementales pèsent très lourd. Un sondage cité dans la presse économique régionale indiquait que près des trois quarts des recruteurs locaux valorisent davantage les « bonnes manières » (adab) que les seules compétences techniques. Un candidat très qualifié mais jugé arrogant, impatient ou condescendant aura donc peu de chances de convaincre.

Bon à savoir :

Dans le contexte professionnel omanais, deux valeurs sont fondamentales : l’asala (authenticité) et l’amanah (confiance/fiabilité). Être perçu comme une personne sincère, intègre et respectueuse de sa parole est aussi important, voire plus, que les diplômes ou la maîtrise technique.

Le temps, les délais et les réunions

Les horaires de travail classiques dans de nombreuses entreprises locales sont segmentés : matinée de 8 h à 13 h, puis reprise de 15 h 30 à 18 h 30 environ. D’autres structures, surtout internationales, fonctionnent plutôt en journée continue, par exemple 7 h–16 h. Le week-end officiel est fixé au vendredi et au samedi, le dimanche étant un jour ouvré.

En termes de ponctualité, la situation est paradoxale. Arriver à l’heure à un rendez-vous marque votre sérieux. Mais il ne faut pas se vexer si la réunion démarre en retard, se voit interrompue par des appels téléphoniques ou des visites, ou dérive sur des échanges personnels. De même, les délais sont souvent vécus comme des repères flexibles. La relation et l’évènement (la rencontre, la visite, la signature) passent parfois avant l’exact respect du calendrier.

L’expérience montre qu’insister constamment, de manière pressante, sur les délais peut être contre-productif. Mieux vaut rappeler calmement les échéances convenues, expliquer les contraintes, mais accepter l’idée que les process dureront parfois plus que prévu. La patience, encore une fois, est une vertu cardinale.

Astuce :

Pour se repérer efficacement, il est conseillé de garder en tête une grille simple. Cette méthode permet d’organiser mentalement l’espace ou les informations, facilitant ainsi l’orientation et la mémorisation.

Aspect du tempsPerception courante à OmanImplications pour un expatrié
Ponctualité aux rendez-vousSouhaitable, marque de professionnalismeArriver à l’heure, mais prévoir marge pour les retards
Lancement de la réunionSouvent retardé, surtout si les participants se connaissentNe pas montrer d’agacement, profiter du small talk
Durée des décisionsAssez longue, après multiples consultationsAnticiper un temps de décision plus étendu
Respect strict des dead­linesSecondaire par rapport à la relationClarifier l’importance des échéances, relancer avec tact
Gestion des imprévusFlexible, adaptation fréquente des plansRester souple, ne pas dramatiser les changements de planning

Négocier à Oman : relation, patience et jeu sur les marges

Les Omanais ont la réputation d’être de bons négociateurs. Le marchandage est une sorte de sport intellectuel, surtout dans les souks ou certains secteurs d’affaires. Dans les discussions commerciales, le schéma peut ressembler à un « win/lose », mais le lien personnel reste prédominant : on préfère conclure avec quelqu’un en qui on a confiance, quitte à ne pas obtenir les toutes meilleures conditions financières.

Il est recommandé d’arriver avec une marge de négociation raisonnable : un prix de départ pas trop éloigné de ce que vous êtes prêt à accepter, pour éviter de perdre la face lorsque vous consentez à une baisse trop brutale. Les offres trop agressives, les ultimatums, les discours très « commerciaux » peuvent être très mal vécus.

Les premières rencontres servent souvent surtout à « faire connaissance » : on prend le café, on parle de la famille, du parcours, du pays, sans entrer immédiatement dans le dur de la discussion. Vouloir tout conclure en une seule séance risque de passer pour de l’impatience, voire du mépris. Le bon rythme consiste à accepter plusieurs rendez-vous, à faire évoluer progressivement les propositions, et à accepter que la décision finale soit prise en votre absence par une autorité supérieure.

Place des femmes, genre et interactions professionnelles

Sur le plan juridique, Oman s’est doté dès les années 1990 d’un cadre interdisant la discrimination de genre, permettant aux femmes de voter et d’être élues. Dans la pratique, les avancées sont réelles mais inégales.

Femmes et éducation, femmes et emploi

L’essor de l’éducation féminine est spectaculaire : les femmes représentent aujourd’hui plus de la moitié des étudiants à l’université, et un peu plus de la moitié des inscriptions dans l’enseignement supérieur. Elles sont majoritaires dans des domaines comme la santé, l’éducation ou certains services, et représentent une part importante du secteur public. De plus en plus de femmes dirigent leur propre entreprise ou occupent des postes de cadre.

Pourtant, leur taux de participation au marché du travail reste inférieur à celui des hommes et à celui d’autres pays du Golfe. De fortes normes sociales continuent de pousser à prioriser le mariage et la maternité, surtout hors des grandes villes. Les contraintes légales liées au droit de la famille (mariage, divorce, garde des enfants, transmission de la nationalité) restent aussi un frein.

Dans l’entreprise : respect, mais codes à connaître

Pour une expatriée, travailler à Oman est tout à fait possible, et dans de nombreux environnements, elle sera respectée pour ses compétences. La clé consiste à appliquer les mêmes principes de modestie vestimentaire, de respect des codes religieux et de retenue dans la communication.

Bon à savoir :

Entre collègues, les interactions entre hommes et femmes sont plus formelles qu’en Europe. Une poignée de main ne sera proposée à une femme que si elle tend la main en premier. Il est important d’éviter les plaisanteries trop personnelles, ainsi que tout commentaire sur l’apparence ou la vie privée.

Pour un expatrié masculin, être extrêmement prudent est indispensable : aucun contact physique non sollicité, aucune remarque ambiguë, aucune invitation trop personnelle sans connaître très bien les codes et les personnes. Non seulement ces comportements sont inappropriés, mais ils peuvent aussi avoir des conséquences juridiques.

Vie quotidienne d’expatrié : loisirs, déplacements, voisinage

Au-delà du travail, la manière de se divertir, de se déplacer et de vivre au quotidien sera façonnée par les normes omanaises.

Loisirs et vie sociale

Mascate offre une vie culturelle et de loisirs plus limitée que les grandes métropoles mondiales, mais elle se développe : opéra, cinémas, centres commerciaux, cafés et restaurants, festivals comme le Muscat Festival. L’essentiel des sorties festives avec alcool se concentre dans les bars et clubs d’hôtels internationaux.

En revanche, la nature représente un terrain de jeu majeur : randonnées dans les montagnes du Hajar, exploration de wadis, plongée, observation des dauphins, camping dans le désert. Ces activités, très populaires parmi les expatriés, nécessitent de respecter les consignes de sécurité et l’environnement, mais aussi les sensibilités locales (par exemple, tenue correcte dans les villages traversés).

Bon à savoir :

Les expatriés trouvent souvent un réseau social dans des clubs, associations ou groupes informels. Les communautés étrangères (britannique, indienne, philippine, etc.) sont très actives et facilitent l’installation. Cependant, il est important de ne pas rester confiné dans cette « bulle » expatriée, car établir des relations avec les Omanais est essentiel pour une compréhension approfondie de la société locale.

Transport, conduite et codes sur la route

La voiture est quasiment indispensable, la plupart des quartiers étant conçus pour l’automobile plus que pour les piétons. Les routes sont généralement de bonne qualité, mais le taux d’accidents est élevé, avec des comportements parfois imprévisibles. La ceinture est obligatoire, l’usage du téléphone au volant interdit, et les amendes peuvent être très élevées.

Bon à savoir :

Le code de la route s’applique, mais soyez vigilant face aux changements de file brusques et aux dépassements fréquents. En zone rurale, des animaux peuvent traverser la chaussée et des crues soudaines peuvent survenir dans les wadis après de fortes pluies. En cas d’accident grave, les autorités recommandent de rester sur place et d’appeler les services d’urgence.

En ville, des taxis et des applications locales de type VTC existent. Les bus publics couvrent surtout quelques grands axes.

Voisinage et intégration locale

Dans les quartiers résidentiels mêlant Omanais et expatriés, un comportement discret, respectueux et non intrusif est attendu. On évite par exemple d’organiser des fêtes bruyantes, surtout avec alcool, visibles depuis la rue ou le voisinage. À l’inverse, saluer ses voisins, se montrer disponible pour de petits services, accepter une invitation ponctuelle, sont de bons moyens de s’intégrer.

S’installer dans une Integrated Tourism Complex (ITC) peut offrir un cadre plus international, avec des règles de copropriété assez proches de l’Europe, mais cela limite logiquement le contact direct avec la population locale.

Langue : naviguer entre arabe et anglais

L’arabe est la langue officielle, avec un dialecte omanais spécifique. Mais l’anglais est très largement utilisé, surtout à Mascate, dans les secteurs business, le tourisme, les grandes entreprises et les universités. Les expatriés peuvent donc vivre et travailler sans maîtriser l’arabe, même si sortir des grandes villes devient plus compliqué sans quelques notions de base.

Dans les services, on entend aussi d’autres langues : hindi, ourdou, baloutchi, swahili, tagalog, reflétant la diversité des communautés expatriées, notamment d’Asie du Sud et d’Afrique de l’Est.

Pour gagner en crédibilité et en sympathie, il est cependant utile d’apprendre quelques phrases d’arabe, surtout les salutations et formules de politesse. Les cartes de visite sont idéalement bilingues (arabe/anglais), présentées avec les deux mains et brièvement examinées avant d’être rangées.

Entre droit et culture : ce qu’il faut absolument éviter

La législation omanaise protège l’ordre public, la morale islamique et la réputation du pays de manière stricte. Certaines pratiques qui passeraient pour de simples écarts ailleurs prennent ici une autre dimension.

L’étranger doit donc garder à l’esprit :

Attention :

Il est strictement interdit de critiquer l’islam, le Sultan ou le gouvernement en public ou sur les réseaux sociaux. La consommation d’alcool est limitée aux lieux autorisés et la conduite en état d’ivresse est illégale. La détention ou consommation de drogues, y compris dites « douces », est sévèrement punie, le trafic pouvant mener à la peine capitale. Plusieurs produits sont prohibés : e‑cigarettes, contenu pornographique, drones sans autorisation. Enfin, tout comportement jugé obscène ou insultant, même un simple geste, peut faire l’objet d’une plainte.

La meilleure manière d’éviter les problèmes consiste à adopter une posture de respect absolu : éviter les sujets sensibles, surveiller son langage en public et en ligne, et se souvenir qu’en cas de litige, c’est le droit local qui s’applique.

Se préparer à l’expatriation : adapter ses réflexes

S’installer à Oman offre un cadre de vie sûr, stable, plutôt détendu, avec un coût de la vie modéré par rapport à d’autres capitales du Golfe. Mais réussir son expatriation suppose d’accepter un changement profond de référentiel.

Cela passe par une série de réflexes à intégrer :

Astuce :

Pour réussir son intégration dans le contexte local, il est essentiel d’accepter que la relation et le respect mutuel priment sur le résultat immédiat, que ce soit en affaires ou dans la vie quotidienne. Cela implique de cultiver la patience, notamment face à la lenteur apparente des décisions, aux retards ou aux délais administratifs. Une communication diplomate, polie et mesurée, évitant la confrontation directe, est à privilégier. Sur le plan vestimentaire, adoptez une tenue sobre et respectueuse, surtout en dehors des zones touristiques et pendant le Ramadan. Intégrez également les contraintes liées à la religion (heures de prière, Ramadan, fêtes islamiques) dans l’organisation de votre travail et de votre vie personnelle. Enfin, comprenez que certaines libertés considérées comme acquises en Europe ou en Amérique du Nord (concernant l’alcool, la sexualité et l’expression publique) peuvent y être limitées ou contrôlées.

En retour, le pays offre un environnement sécurisant, une hospitalité exceptionnelle et un rare sentiment d’authenticité. Pour beaucoup d’expatriés, c’est ce mélange entre modernité mesurée et tradition assumée qui fait le charme d’un séjour à Oman. Apprendre à naviguer dans ces différences culturelles n’est pas seulement une question de prudence : c’est aussi la clé pour tirer le meilleur d’une expérience de vie au Sultanat.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Oman, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler Oman pour son environnement sans impôt sur le revenu des personnes physiques, l’absence d’impôt sur la fortune, une fiscalité stable et un coût de vie compétitif par rapport aux grandes capitales européennes. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention d’un visa de résidence longue durée avec location ou achat de résidence principale, organisation de la couverture santé internationale, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques…), mise en relation avec un réseau local (avocat, immigration, conseillers francophones) et intégration patrimoniale (analyse et restructuration si nécessaire).

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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