Créer son entreprise à l’étranger à Oman : le guide complet pour expatriés

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer à Oman avec un projet entrepreneurial n’a plus rien d’une aventure réservée à quelques initiés. Le pays a profondément modernisé ses lois, ouvert la majorité des secteurs à la propriété étrangère à 100 %, et déployé une stratégie claire avec Oman Vision 2040 pour attirer les investisseurs. Pour un expatrié, le combo “cadre juridique clair, fiscalité modérée, infrastructures modernes et stabilité politique” en fait aujourd’hui l’une des destinations les plus intéressantes du Golfe.

Bon à savoir :

Ce guide opérationnel aborde les aspects clés pour les expatriés : choix de la structure juridique, démarches de création, fiscalité, ouverture de compte bancaire, obtention des visas investisseurs, obligations sociales, ainsi que les réalités culturelles et les opportunités sectorielles spécifiques au marché omanais.

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Un environnement pro-business en pleine transformation

Le paysage des affaires à Oman a beaucoup changé en quelques années. Longtemps, la règle était simple : sans associé omanais majoritaire, impossible de créer une société. Ce schéma a été entièrement revu avec la nouvelle loi sur l’investissement étranger (Foreign Capital Investment Law, décret royal 50/2019) entrée en vigueur en 2020.

Astuce :

Oman a inversé son principe d’investissement : la propriété étrangère à 100 % est désormais autorisée dans la plupart des secteurs, à l’exception d’une liste négative d’activités restreintes. Cette réforme a été accompagnée d’une refonte de la loi sur les sociétés commerciales (Commercial Companies Law, décret 18/2019), qui introduit des outils modernes comme la société à associé unique et supprime les exigences rigides de capital minimum pour de nombreuses structures d’entreprise.

Ce mouvement s’inscrit dans Oman Vision 2040, la feuille de route nationale qui vise à diversifier l’économie au‑delà du pétrole et du gaz. Les priorités clairement affichées sont la logistique, le tourisme, l’industrie manufacturière, les énergies renouvelables, le numérique, l’agriculture et les services à forte valeur ajoutée.

Le pays affiche par ailleurs des scores élevés sur la facilité de faire des affaires : le démarrage d’entreprise, le paiement des impôts et le commerce transfrontalier sont classés à des niveaux compétitifs au regard des standards internationaux. Pour un entrepreneur expatrié, cela se traduit par des procédures plus digitalisées, des délais mieux encadrés et une administration qui a clairement reçu la consigne de faciliter l’investissement.

Comprendre le cadre juridique : ce qu’un expatrié doit savoir

Oman fonctionne sur un système de droit civil codifié, dominé par les décrets royaux et complété par des décisions ministérielles. Le droit commercial est avant tout contractuel : les tribunaux cherchent à donner effet à l’intention des parties, dans le respect de la bonne foi. La loi civile (Civil Transactions Law, décret 29/2013) joue un rôle subsidiaire lorsqu’aucune règle spéciale ne s’applique.

Pour un entrepreneur étranger, les textes structurants sont les suivants :

Cadre juridique des affaires en Oman

Principaux textes législatifs et réglementaires régissant l’investissement, la création d’entreprise et l’activité économique dans le Sultanat d’Oman.

Investissement étranger

Encadre l’accès aux secteurs économiques et définit les droits des investisseurs internationaux.

Sociétés commerciales

Définit les formes juridiques disponibles : LLC, SAOC, SAOG, SPC, partenariats, succursales et bureaux de représentation.

Droit du travail

Réglemente les relations employeur-salarié, notamment via le décret royal 53/2023.

TVA et fiscalité

Établit le régime de la Taxe sur la Valeur Ajoutée, régi par le décret royal 121/2020.

Zones économiques spéciales

Textes régissant les zones franches, consolidés dans une nouvelle loi spécifique prévue pour 2025.

Protection des données

Assure la protection des données personnelles conformément au décret royal 6/2022.

Concurrence et ententes

Régule les pratiques commerciales et lutte contre les ententes via le décret royal 67/2014.

Droit pénal des affaires

Inclut les dispositions sur la corruption, la protection des fonds publics et autres infractions économiques.

L’ensemble de ces lois est publié en arabe, ce qui rend quasi indispensable le recours à un conseil local — cabinet d’avocats ou société de conseil en implantation — pour sécuriser les contrats, les statuts et le respect des formalités.

Choisir la bonne forme juridique : les options pour expatriés

Le choix de la structure conditionne à la fois le type de licence que vous pourrez obtenir, votre responsabilité, votre fiscalité et votre capacité à faire entrer des investisseurs. À Oman, plusieurs options s’offrent aux étrangers.

La Limited Liability Company (LLC), le format “standard”

C’est la forme la plus courante pour les investisseurs étrangers. Elle combine flexibilité, responsabilité limitée et image professionnelle.

Une LLC (Limited Liability Company) est une structure juridique qui offre une protection limitée aux propriétaires, appelés membres. Cela signifie que, en cas de dettes ou de poursuites, les biens personnels des membres sont généralement protégés. Cette forme d’entreprise combine les avantages des sociétés par actions et des sociétés de personnes.

peut être détenue à 100 % par des non‑Omanis dans la plupart des secteurs non restreints,

– peut compter de 2 à 50 associés (et existe aussi en version à associé unique, la Single Person Company),

– est gérée par un ou plusieurs gérants, dotés de larges pouvoirs de gestion inscrits dans le registre du commerce,

– expose les associés uniquement à hauteur de leurs apports.

Sur le capital, les pratiques ont évolué. Là où l’on parlait autrefois de 150 000 OMR pour une LLC totalement étrangère, plusieurs sources indiquent désormais l’absence de capital minimum légal pour un grand nombre de cas, même si :

– certains conseillent un capital “confort” d’au moins 5 000 OMR pour la crédibilité bancaire,

– certains projets d’investissement plus importants restent associés à des niveaux de capital plus élevés (par exemple 20 000 OMR pour certains dossiers 100 % étrangers).

Attention :

Pour les petites structures ou les activités de services, un capital social modéré et non nécessairement libéré intégralement dès l’enregistrement est souvent accepté, mais il est crucial de vérifier cette condition au cas par cas.

La Single Person Company (SPC), pour entreprendre seul

Introduite en 2019, la Single Person Company est une LLC à associé unique. Elle permet à un individu ou à une personne morale de porter seul un projet avec responsabilité limitée.

Les règles sont alignées sur celles de la LLC, ce qui en fait un véhicule intéressant pour un entrepreneur solo qui souhaite garder un contrôle intégral tout en bénéficiant d’une structure de société.

La Joint Stock Company (SAOC / SAOG), pour les projets d’envergure

La société par actions (JSC) existe en deux versions :

la SAOC (Closed Joint Stock Company), non cotée,

la SAOG (Public Joint Stock Company), cotée en bourse et régulée par l’autorité de marché.

Elles sont adaptées aux projets qui visent à lever d’importants capitaux ou à faire appel au public. Le ticket d’entrée est cependant plus élevé :

Type de société par actionsCapital minimumNb d’actionnairesCotationPoints clés
SAOC (fermée)500 000 OMR≥ 3NonSurveillance accrue, gouvernance structurée
SAOG (publique)2 000 000 OMR≥ 10OuiObligations d’information, possibilité d’appel public à l’épargne

Les JSC doivent constituer une réserve légale (10 % des profits annuels jusqu’à un tiers du capital). Elles sont plus réglementées, mais ouvrent la porte à des financements plus sophistiqués (introduction en bourse, émissions d’obligations, etc.).

Succursale ou bureau de représentation : prolonger une société existante

Une succursale est l’extension d’une société étrangère déjà existante, sans personnalité juridique distincte. Elle :

n’a pas de capital propre,

est détenue à 100 % par la maison mère,

doit exercer des activités en continuité avec celles de la société mère,

engage la responsabilité illimitée de la maison mère, qui garantit ses engagements par lettre d’engagement.

En pratique, c’est une solution utilisée par des groupes qui décrochent des contrats importants à Oman ou souhaitent tester le marché tout en gardant une structure centralisée.

Le bureau de représentation, lui, est cantonné à la prospection, à la promotion et aux études de marché : aucune facturation, aucun chiffre d’affaires. C’est un outil de présence légère, à vocation marketing et informationnelle.

Joint venture contractuelle et partenariats

Oman connaît également des joint ventures contractuelles (Contractual Joint Ventures), souvent utilisées pour répondre à un appel d’offres ou mener un projet spécifique à plusieurs. Non inscrites au registre du commerce, elles n’ont pas de personnalité morale et reposent sur un contrat entre les parties. Elles offrent une grande souplesse mais exposent les partenaires à une responsabilité étendue, surtout si l’existence de la JV est révélée à des tiers.

Bon à savoir :

Foreign investors should be aware that while partnerships (general or limited) are available legal structures in France, they are not commonly chosen. This is primarily due to the principle of unlimited liability for managing partners, which can pose a significant financial risk.

Sociétés de zones franches et zones économiques spéciales

Pour des activités industrielles, logistiques, d’export ou d’IT, de nombreux expatriés optent pour une implantation en zone franche ou zone économique spéciale :

Sohar Free Zone,

Salalah Free Zone,

Duqm Special Economic Zone (SEZ),

Al Mazunah Free Zone,

Knowledge Oasis Muscat (orientation tech).

Les atouts typiques sont :

100 % de propriété étrangère,

exonération d’impôt sur les sociétés de 25 à 30 ans selon les zones,

exonération de droits de douane sur les importations et exportations,

liberté totale de rapatrier les bénéfices,

procédures d’installation allégées.

La contrepartie : ces sociétés ne peuvent pas exercer librement des activités commerciales sur le “mainland” omanais. Pour vendre sur le marché intérieur, il faut travailler avec un distributeur local ou une entité enregistrée sur le territoire hors zone.

La nouvelle loi sur les zones franches (décret 38/2025) prévoit par ailleurs une exonération d’impôt sur les bénéfices de 10 ans pour les entreprises éligibles, renouvelable deux fois pour certains projets à caractère spécial.

Étapes de création : du nom de société à la licence commerciale

La création d’une société à Oman passe par un enchaînement de démarches assez standardisées, aujourd’hui largement digitalisées via la plateforme Oman Business Platform (ex‑Invest Easy).

Définir l’activité… et vérifier qu’elle est ouverte à 100 % étranger

Tout commence par la définition précise des activités envisagées. Chaque activité correspond à un code d’activité MOCIIP. Ce code conditionne :

le type de licence (commerciale, professionnelle, industrielle, e‑commerce, etc.),

la possibilité ou non de propriété étrangère à 100 % (hors liste négative),

l’éventuelle nécessité d’un agrément sectoriel supplémentaire (santé, éducation, tourisme, environnement…),

les obligations d’Omanisation (quota de salariés omanais).

La “liste négative” publiée par le ministère recense les activités interdites ou limitées à des participations omanaises minimales (30 %, 35 %, voire plus). Y figurent notamment certains services de recrutement de main-d’œuvre, des activités de réparation automobile, de traduction/interprétation, ou encore des professions réglementées comme l’ingénierie, soumise par ailleurs à des exigences d’expérience et parfois de capital.

Réserver le nom commercial et créer l’identité de l’entreprise

Le nom doit être unique, non trompeur, conforme aux bonnes mœurs et ne pas imiter celui d’une institution publique ou organisation internationale. La réservation se fait en ligne via la plateforme du MOCIIP, avec généralement plusieurs propositions examinées en parallèle.

À cette étape, on définit également :

la forme juridique (LLC, SPC, succursale, etc.),

la répartition du capital entre associés,

le siège social (adresse commerciale ou bureau virtuel agréé),

la liste des gérants ou signataires autorisés.

Constituer le dossier et déposer la demande

Les documents classiques demandés comprennent :

copies de passeport des associés, gérants, représentants,

visa de résidence si déjà obtenu, ou au minimum copies de passeports valides,

– pour une personne morale actionnaire, extraits de registre, statuts, résolution du conseil autorisant l’investissement,

– projet de statuts ou de contrat constitutif (en arabe ou avec traduction officielle),

– bail commercial ou contrat de location/accord de bureau dans un centre d’affaires,

– éventuellement business plan, surtout pour un projet 100 % étranger ambitieux,

– formulaire de demande de licence signé,

– signature specimen des mandataires,

– traduction en arabe et légalisation/apostille de tous les documents étrangers.

Bon à savoir :

Une fois les pièces réunies, la demande d’enregistrement et de licence commerciale se fait en ligne via Oman Business Platform ou le portail de la zone franche choisie. Pour certaines formes juridiques (LLC, SAOC), un passage chez le notaire pour authentifier le contrat constitutif peut être nécessaire.

Obtenir l’enregistrement commercial, les licences et les enregistrements connexes

Si le dossier est complet, le certificat d’enregistrement commercial (Commercial Registration, CR) peut être délivré en quelques jours. Plusieurs sources mentionnent un délai de 3 à 7 jours ouvrés pour la partie purement légale, le passage en situation “opérationnelle” complète prenant plutôt 4 à 6 semaines en intégrant :

l’affiliation à la Chambre de commerce et d’industrie (OCCI),

– la licence municipale (basée sur le bail et la conformité des locaux),

– l’enregistrement auprès de l’Autorité fiscale pour obtenir un numéro d’identification fiscale,

– l’ouverture du dossier travail auprès du ministère du Travail (labour file),

– l’inscription à la sécurité sociale pour les salariés omanais.

Dans certains secteurs (santé, éducation, tourisme, industrie lourde, environnement sensible), des agréments complémentaires peuvent allonger le calendrier d’une ou deux semaines.

Ouvrir un compte bancaire professionnel : un passage obligé

À Oman, l’ouverture d’un compte bancaire professionnel local est indispensable pour :

finaliser l’enregistrement de la société,

encaisser et effectuer des paiements commerciaux,

gérer la paie via le système de protection des salaires,

accéder au crédit, aux solutions de change et au financement du commerce international.

Les banques locales et internationales sont nombreuses : Bank Muscat, National Bank of Oman, Oman Arab Bank, Bank Dhofar, Sohar International, mais aussi HSBC Oman ou First Abu Dhabi Bank.

Les prérequis habituels pour ouvrir un compte d’entreprise sont : l’identification de l’entreprise, un justificatif de domicile, les statuts de l’entreprise, et un numéro SIRET.

Exemple :

Pour ouvrir un compte bancaire professionnel, une entreprise doit généralement fournir plusieurs documents, dont le certificat d’enregistrement commercial (CR), une licence commerciale valide, les statuts ou mémorandum d’association, ainsi qu’une résolution des associés autorisant l’ouverture du compte et désignant les signataires. Il faut également joindre les copies de passeport et cartes de résident des signataires, un justificatif d’adresse du siège (comme un bail ou une facture), et parfois un business plan ainsi que des références bancaires.

Les banques appliquent des procédures KYC et lutte anti‑blanchiment strictes, ce qui peut générer des demandes d’informations complémentaires. Les délais de traitement vont de 5 à 15 jours ouvrables pour la plupart des dossiers standard, mais certaines situations simples (filiale d’une société déjà connue, par exemple depuis les Émirats) peuvent être traitées très rapidement.

Certaines institutions exigent un dépôt minimum ou un solde mensuel minimum, par exemple :

Banque / Compte (exemple)Solde minimum quotidienDevise possible
Corporate Current Account200 OMROMR, USD, EUR, GBP, AED, etc.
Najahi Current Account (TPE/PME)500 OMRMulti‑devises selon la banque

Des frais de tenue de compte s’appliquent si le solde passe en dessous du seuil. Une inactivité prolongée peut conduire au classement du compte en “dormant”, avec des frais associés.

Fiscalité : un régime compétitif mais structuré

L’un des atouts majeurs pour un expatrié entrepreneur à Oman est l’absence d’impôt sur le revenu des personnes physiques. Les salaires, dividendes individuels, loyers et plus-values de particuliers ne sont pas taxés à ce jour.

Pour les entreprises, le tableau est plus nuancé.

Impôt sur les sociétés et PME

Le taux standard de l’impôt sur les sociétés est de 15 % sur le bénéfice imposable. Cependant, les petites entreprises peuvent bénéficier d’un taux réduit de 3 % si elles respectent certains critères de taille (niveau du capital, chiffre d’affaires annuel, effectif limité).

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Durée maximale, en années, de l’exonération fiscale dont bénéficient les entreprises dans les zones économiques spéciales.

TVA et douanes

La TVA à 5 % s’applique depuis 2021 sur la plupart des biens et services. L’enregistrement à la TVA est obligatoire à partir d’un chiffre d’affaires taxable annuel de 38 500 OMR, avec une option de registre volontaire à partir de 19 250 OMR. Les exportations et certains biens essentiels (denrées de base, médicaments) sont exonérés ou à taux zéro.

Les droits de douane sont harmonisés au niveau du CCG, avec un taux courant de 5 % sur les importations hors CCG, et des droits plus élevés sur certains produits sensibles (tabac, alcool, boissons énergétiques, etc.).

Retenue à la source et conventions fiscales

Une retenue à la source de 10 % frappe certains paiements effectués à des non‑résidents sans établissement stable à Oman (redevances, honoraires de management, certains services techniques). Toutefois, la retenue sur dividendes et intérêts versés aux non‑résidents a été suspendue par directive royale.

Astuce :

Avec une trentaine de conventions signées (France, Royaume-Uni, Inde, Allemagne, Singapour, etc.), il est souvent possible d’éviter une double imposition sur les flux transfrontaliers, sous réserve de structurer correctement l’investissement.

Perspectives d’impôt sur le revenu

Un cadre d’impôt sur le revenu personnel ciblant les très hauts revenus a été adopté pour une entrée en vigueur ultérieure, avec un taux envisagé de 5 % au‑delà d’un niveau de revenu élevé (plus de 42 000 OMR annuels). Selon les projections, plus de 99 % de la population n’y serait pas assujettie. Pour un expatrié investisseur, l’intérêt de la localisation à Oman reste donc largement intact.

Omanisation et droit du travail : intégrer les exigences locales

La politique d’Omanisation est un élément structurant à intégrer dès la conception de votre projet. Elle impose à toutes les entreprises, y compris à capitaux 100 % étrangers, d’employer un quota de ressortissants omanais, variable selon le secteur et la taille de l’entreprise.

Une règle clé prévoit qu’à partir d’une certaine échéance, toute entreprise étrangère doit employer au moins un salarié omanais dans sa première année d’activité. Au‑delà, des pourcentages d’Omanisation croissants s’appliquent par branche (construction, commerce, finance, etc.).

Attention :

Le non-respect des objectifs réglementaires peut entraîner des mesures administratives, pouvant aller jusqu’à la suspension du droit de modifier l’enregistrement commercial. À l’inverse, des dispositifs d’incitation, comme le programme In-Country Value, visent à intégrer les PME locales dans les chaînes de valeur des grands groupes.

Le droit du travail impose :

un contrat écrit en arabe (avec traduction si nécessaire),

un encadrement précis des horaires, des congés et des motifs de licenciement,

– l’affiliation des salariés omanais à la sécurité sociale (avec contributions patronales significatives, autour de 13,5 % du salaire, auxquelles s’ajoutent des contributions pour accidents du travail),

– le versement d’une indemnité de fin de service pour les expatriés non couverts par la sécurité sociale omanaise.

Pour recruter des expatriés, l’entreprise doit obtenir des autorisations de main‑d’œuvre (labour clearances), puis des visas de travail et cartes de résidence, via un processus piloté par le Ministère du Travail et la Royal Oman Police.

Visas investisseurs et résidence par l’investissement

Créer une entreprise à Oman peut être un levier direct pour obtenir une résidence de long terme. Le pays a lancé un Investor Residency Programme (IRP) structuré en deux grands paliers :

une résidence de 5 ans pour un investissement minimal de 250 000 OMR,

une résidence de 10 ans pour un investissement minimal de 500 000 OMR.

L’investissement peut prendre plusieurs formes :

Investissements éligibles pour la résidence en Oman

Plusieurs voies d’investissement permettent d’obtenir un titre de séjour de longue durée en Oman. Voici les principales catégories approuvées par les autorités.

Société omanaise

Constitution ou acquisition d’une société commerciale enregistrée en Oman.

Obligations d’État

Détention d’obligations souveraines émises par le Sultanat d’Oman.

Immobilier touristique

Acquisition de biens immobiliers dans des complexes touristiques intégrés (ex : Al Mouj, Muscat Bay, Muscat Hills, Sifah).

Participation et emploi local

Détention d’une participation significative dans une société employant au moins 50 citoyens omanais.

Les bénéficiaires peuvent en général parrainer leur conjoint et leurs enfants (souvent jusqu’à 25 ans). Des options spécifiques existent pour les retraités justifiant d’un revenu mensuel significatif (par exemple 4 000 OMR).

Les coûts administratifs se situent, à titre indicatif, dans les ordres de grandeur suivants :

Type de visa investisseur (exemples)DuréeNiveau d’investissement indicatifFrais d’émission approximatifs*
Visa investisseur “classique”2–5 ansÀ partir de 20 000 OMR600–800 OMR
Visa résidence 5 ans (IRP Tier 2)5 ans250 000 OMRenv. 2 000 OMR
Visa résidence 10 ans (IRP Tier 1)10 ans500 000 OMRenv. 3 000 OMR

Les montants précis varient selon les textes et les mises à jour, et s’ajoutent des frais par membre de famille.

Les conditions d’éligibilité incluent un casier judiciaire vierge, des examens médicaux et la preuve de la licéité des fonds. Le maintien du niveau d’investissement est une condition de renouvellement de la résidence.

Opportunités sectorielles : où un expatrié a intérêt à se positionner

La stratégie Vision 2040 ne se contente pas de mots : elle s’accompagne de projets titanesques et de montants d’investissement massifs, qui ouvrent des angles d’attaque très concrets pour des entrepreneurs étrangers.

Plusieurs domaines se détachent nettement.

Logistique, zones portuaires et supply chain

Avec ses ports de Sohar, Duqm et Salalah, Oman se positionne comme hub logistique entre Asie, Afrique et Europe. La logistique figure parmi les piliers appelés à peser 14 milliards d’OMR dans l’économie à l’horizon 2040.

Pour un expatrié, des niches nombreuses existent :

entrepôts modernes et gestion de stock,

logistique du e‑commerce (fulfilment centers, dernier kilomètre),

services de freight forwarding et de douane,

solutions numériques pour la chaîne logistique (tracking, optimisation de routes, analyse de données).

Les zones franches offrent un cadre idéal pour ce type d’activités, avec exonérations fiscales et facilités douanières.

Tourisme et hospitalité

L’objectif gouvernemental est d’amener le tourisme à 10 % du PIB et plus de 11 millions de visiteurs annuels à moyen–long terme. Des projets spectaculaires illustrent cette ambition :

Projets d’aménagement à Oman

Découvrez les principaux projets de développement urbain et touristique en cours à Oman, illustrant la croissance et la diversification du sultanat.

Madinat Al Irfan

Nouveau quartier urbain de 624 hectares, conçu pour accueillir 280 000 habitants et générer 90 000 emplois.

Projet Yiti

Développement touristique intégré sur une superficie de 11 millions de mètres carrés.

Grands Resorts

Inclut des complexes majeurs tels que le Club Med Musandam et Bandar Al Khairan.

Pour les entrepreneurs, les opportunités vont bien au‑delà des grands hôtels :

éco‑lodges, campements haut de gamme, circuits d’aventure,

agences de tourisme culturel, nature, plongée, montagne,

services annexes (transferts, conciergerie, expériences culinaires, événements),

plateformes de réservation spécialisées sur Oman.

Les étrangers peuvent, via les ITC, investir directement dans l’immobilier touristique et y créer des structures d’hospitalité.

Énergies renouvelables et hydrogène vert

Oman vise 30 % d’énergies renouvelables dans son mix énergétique d’ici 2030 et affiche clairement son ambition de devenir un champion de l’hydrogène vert au Moyen‑Orient, avec un objectif d’un million de tonnes d’hydrogène renouvelable produites à cet horizon.

Au‑delà des mégaprojets industriels, un pan de marché s’ouvre pour :

Nos services en énergie renouvelable

Découvrez notre gamme complète de services pour accompagner votre transition vers une énergie plus propre et plus efficace.

Conseil en transition énergétique

Accompagnement personnalisé pour définir et mettre en œuvre votre stratégie de transition énergétique.

Installation de panneaux solaires

Solutions photovoltaïques clés en main pour les entreprises et les particuliers.

Ingénierie & maintenance

Services d’ingénierie et de maintenance pour vos infrastructures d’énergie renouvelable.

Solutions avancées

Stockage d’énergie, micro-réseaux et optimisation de l’efficacité énergétique.

Les financements “verts” se développent, avec par exemple un cadre de finance durable qui permet l’émission d’obligations vertes et des décotes de taux pour des bâtiments certifiés (les green buildings peuvent bénéficier de loyers et rendements supérieurs).

Numérique, e‑commerce et services technologiques

Le marché du e‑commerce omanais est estimé à plus de 600 millions de dollars et devrait dépasser les 4 milliards à horizon 2030, avec une croissance annuelle très dynamique. La transformation digitale du secteur public comme du privé alimente une demande forte en :

développement logiciel et intégration de systèmes,

cybersécurité, protection des données, conformité,

plateformes e‑commerce spécialisées (mode, alimentaire, B2B),

marketing digital et services de contenu,

fintech et solutions de paiement.

Les zones technologiques comme Knowledge Oasis Muscat et les incubateurs publics ou privés offrent des environnements adaptés aux startups tech, avec des incitations financières et des dispositifs d’accompagnement.

Industrie, agroalimentaire et sécurité alimentaire

Le secteur industriel a connu une croissance sensible, notamment dans la fabrication, et les autorités misent sur l’agroalimentaire pour améliorer l’autosuffisance du pays. Des pôles comme Duqm ou certains clusters agricoles (Najd, par exemple) offrent :

Bon à savoir :

Les PME industrielles peuvent bénéficier de terrains en usufruit à un coût réduit, d’exonérations de redevances pendant les premières années, et de facilités logistiques pour l’exportation.

Pour un expatrié ayant une expertise dans la transformation alimentaire, les technologies agricoles (hydroponie, agriculture verticale, IoT agricole) ou l’industrie légère (textile, assemblage, emballage), Oman peut être une base de production à vocation régionale.

Santé, éducation et services professionnels

La hausse du niveau de vie, le besoin de diversifier l’offre de soins et de formation, ainsi que la volonté de développer le capital humain, créent une demande pour :

cliniques spécialisées, centres de diagnostic, télé‑médecine,

centres de formation professionnelle, écoles internationales privées, plateformes EdTech,

bureaux de conseil en ingénierie, finance, droit, RH, conformité, ESG.

Beaucoup de ces activités exigent des agréments sectoriels et, parfois, un partenaire omanais ou des conditions particulières de qualification, mais elles restent ouvertes à l’investissement étranger et bénéficient souvent de régimes d’incitation ciblés.

Réseaux, culture d’affaires et intégration de l’expatrié entrepreneur

Le succès d’un projet entrepreneurial à Oman ne repose pas uniquement sur le droit et la fiscalité. La dimension relationnelle est centrale. La culture d’affaires omanaise mêle modernité et tradition, avec un accent fort mis sur la confiance personnelle, la loyauté et la réputation.

Les réunions commencent rarement immédiatement par les sujets techniques : on parle d’abord de famille, de santé, de voyages. Un style de négociation agressif est mal perçu ; la patience et le respect sont plus payants.

Bon à savoir :

Pour un expatrié, s’appuyer sur les nombreux réseaux disponibles constitue un accélérateur précieux d’intégration et de développement dans le pays d’accueil.

organisations professionnelles comme la Chambre de commerce, l’Oman Business Forum, l’Oman American Business Council,

clubs d’entrepreneurs (EO Oman), réseaux de réseautage (BNI Oman, Oman Entrepreneurs’ Network),

– centres d’affaires et coworkings qui organisent ateliers et événements de networking,

– incubateurs et hubs d’innovation soutenus par l’État ou des grands groupes (Riyada, Oman Technology Fund, Sas Center…),

– communautés d’expatriés très actives (InterNations, associations nationales, clubs sportifs, etc.).

Ces réseaux permettent de trouver des associés, des clients, des fournisseurs, mais aussi de décoder des détails informels : quel partenaire est fiable, quelles banques sont les plus souples, quel notaire est le plus efficace.

Coûts, contraintes et écueils à anticiper

Créer une entreprise à Oman n’est ni gratuit ni instantané. Il faut intégrer :

13

Les charges sociales pour les employés omanais représentent plus de 13 % de leur salaire à la charge de l’employeur.

Les principaux pièges rencontrés par les étrangers tiennent souvent à :

une classification inadaptée de l’activité (qui déclenche des exigences ou des restrictions inattendues),

des documents incomplets ou mal traduits, cause fréquente de retard,

– une sous‑estimation de l’Omanisation et de ses impacts sur la structure des coûts,

– une méconnaissance des enjeux de protection des données, de concurrence ou d’IP lorsqu’on évolue dans des secteurs régulés.

Le recours à des consultants locaux spécialisés (sociétés de “business setup” comme celles qui se positionnent spécifiquement sur Oman) permet souvent de gagner plusieurs semaines, voire d’éviter de coûteux aller‑retours avec l’administration.

Conclusion : une destination stratégique pour l’expatrié entrepreneur

À Oman, un expatrié peut aujourd’hui :

Bon à savoir :

Dubaï offre un environnement très favorable aux investisseurs étrangers, permettant de détenir 100% d’une entreprise dans de nombreux secteurs. Le régime fiscal est avantageux avec un impôt sur les sociétés modéré, une TVA basse et pas d’impôt sur le revenu individuel. Les infrastructures portuaires, routières et numériques sont de haut niveau. Le marché local est solvable et la position géographique sert de base régionale vers le Golfe, l’Afrique de l’Est et l’Asie. Un investissement permet d’obtenir un titre de séjour à moyen ou long terme, dans une culture d’affaires ouverte, tolérante et respectueuse des engagements.

La contrepartie, c’est l’exigence de se professionnaliser rapidement : comprendre le droit local, intégrer l’Omanisation, structurer sa gouvernance, sécuriser sa fiscalité, soigner ses relations avec les autorités de régulation et ses partenaires locaux.

Pour un expatrié prêt à jouer le jeu du long terme, Oman offre un terrain particulièrement fertile pour créer, développer et internationaliser une entreprise, dans un environnement à la fois stable, en croissance, et aligné sur les standards internationaux de conformité et de transparence.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour s’installer à Oman, optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en gardant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal international, formalités de résidence, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Oman, Émirats, Qatar, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler Oman pour l’absence d’impôt sur le revenu des personnes physiques, l’absence d’impôt sur la fortune, la stabilité politique et un coût de vie inférieur à celui de la France, tout en offrant un environnement sécurisé et anglophone. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention d’un visa de long séjour / résidence via achat ou location de logement, détachement CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques), coordination avec un réseau local (avocat, immigration, comptable bilingue) et intégration patrimoniale internationale. Ce dispositif permet des économies fiscales majeures sur retraites, placements, et une meilleure préparation de la transmission, tout en maîtrisant les risques (contrôle fiscal français, double imposition via convention FR-OM, adaptation culturelle et religieuse).

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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