Les démarches administratives pour vivre à Monaco

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer à Monaco ne se résume pas à trouver un appartement avec vue sur le port ou à ouvrir un compte dans une banque prestigieuse. Derrière l’image de carte postale, la Principauté fonctionne avec des règles très précises, une administration structurée et des exigences élevées en matière de logement, de ressources financières, de sécurité et d’assurance santé. Comprendre ces démarches avant de se lancer évite les mauvaises surprises… et les dossiers refusés.

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Comprendre le cadre général pour résider à Monaco

Monaco est un État souverain de deux kilomètres carrés, posé sur la Côte d’Azur, en union douanière avec la France mais hors Union européenne. Le pays applique le droit civil de tradition française, parle officiellement français, utilise l’euro et s’appuie sur un appareil administratif compact mais très exigeant.

Toute personne étrangère âgée d’au moins 16 ans qui souhaite vivre plus de trois mois par an à Monaco doit obligatoirement demander une carte de séjour. En dessous de 16 ans, il n’y a pas de carte de séjour, mais un document de voyage spécifique pour mineur étranger peut être délivré.

Bon à savoir :

La carte de séjour monégasque (Monaco Residence Permit) est délivrée par la Section des Résidents de la Direction de la Sûreté Publique. Elle officialise le droit de résidence au-delà du tourisme et permet d’accéder à de nombreux avantages, en particulier fiscaux.

Dès le départ, trois piliers structurent le dossier : un logement à Monaco, des ressources financières suffisantes, et un casier judiciaire vierge ou équivalent. À cela s’ajoute une exigence transversale : disposer d’une couverture santé valable sur le territoire.

Les principaux types de cartes de séjour

Le parcours de résidence se fait par étapes, avec plusieurs catégories de cartes :

Type de carte de séjourDurée de validitéMoment d’obtention typique
Carte de séjour temporaire1 anPremière installation, renouvelable chaque année
Carte de séjour ordinaire3 ansAprès plusieurs années avec carte temporaire (env. 3 ans)
Carte de séjour privilégié10 ansAprès une dizaine d’années de résidence continue
Carte de conjoint de national monégasque5 ansPour l’époux/épouse d’un Monegasque, après au moins 1 an de résidence

Les frais de délivrance sont eux aussi gradués. À titre indicatif, l’émission d’une première carte temporaire est facturée 80 €, tandis qu’une première carte privilégiée atteint 160 €. Un retard de renouvellement déclenche une pénalité supplémentaire.

Nationalité, visas et droit au séjour : qui doit faire quoi ?

Monaco n’étant pas membre de l’UE, mais associé à l’espace Schengen via la France, les règles varient fortement selon la nationalité du demandeur.

Ressortissants de l’EEE et de la Suisse

Les citoyens de l’Espace économique européen (États de l’UE, Islande, Liechtenstein, Norvège) ainsi que ceux de la Suisse, d’Andorre, de Saint-Marin, du Vatican ou encore de Gibraltar n’ont pas besoin de visa pour venir à Monaco et n’ont pas à demander de visa long séjour français.

Ils doivent toutefois solliciter une carte de séjour s’ils veulent vivre plus de trois mois par an dans la Principauté. Leur dossier repose surtout sur les trois blocs classiques : logement, ressources, bonne moralité, plus les documents d’état civil attendus.

Ressortissants de pays tiers (hors EEE / Suisse)

Pour les ressortissants de pays hors EEE et hors Suisse – y compris les Britanniques depuis le 1er janvier 2021 – la démarche est plus lourde. Avant même de songer à déposer un dossier à Monaco, il faut obtenir un visa long séjour (visa D) pour Monaco auprès du consulat ou de l’ambassade de France compétent pour le pays de résidence.

Attention :

Pour les ressortissants hors UE, l’obtention d’un visa est une condition absolue avant d’entamer toute demande de carte de séjour monégasque. Une dérogation très encadrée existe pour certains étrangers déjà résidant à Monaco avec un logement : ils peuvent demander une autorisation spéciale au Ministère de l’Intérieur pour déposer leur demande de visa auprès de l’Ambassade de France à Monaco.

Le visa long séjour apposé sur le passeport est ensuite présenté à la Section des Résidents au moment de l’instruction de la carte de séjour.

Focus sur le statut des ressortissants britanniques

Depuis la sortie du Royaume-Uni de l’UE, les Britanniques sont juridiquement traités comme ressortissants de pays tiers. Ils doivent donc passer par le schéma complet : visa D long séjour français, puis demande de carte de séjour monégasque.

Astuce :

Il n’existe aucun régime dérogatoire pour les parents ou beaux-parents d’un Britannique déjà titulaire d’une carte de séjour à Monaco. Ils doivent suivre la procédure classique de demande de visa de long séjour, sans bénéficier d’un passe-droit familial.

Logement : la clé de voûte de la résidence monégasque

Vivre à Monaco commence par une question très concrète : où habiter ? Le logement est un pilier juridique et financier du dossier de résidence. Sans preuve de logement approprié, aucune carte de séjour n’est délivrée.

Les formes de preuve de logement acceptées

Les autorités acceptent plusieurs types de justificatifs, à condition que le logement soit situé à Monaco et adapté à la taille du foyer :

Situation de logementJustificatifs typiques
Propriétaire directActe de propriété notarié
Propriétaire via une sociétéStatuts de la société, justificatif de parts, attestation
LocataireBail de location enregistré à Monaco (durée min. 12 mois)
Hébergé gratuitement par un proche, conjoint, partenaireAttestation d’hébergement gratuite signée + bail ou titre de propriété de l’hébergeur

Le bail doit généralement couvrir au moins douze mois pour être recevable dans un dossier de première carte de séjour. Il doit par ailleurs être enregistré auprès de l’Administration fiscale de la Principauté, ce qui déclenche le paiement d’un droit d’enregistrement équivalant à 1 % du loyer annuel charges comprises.

Le marché locatif et ses particularités administratives

Le marché locatif monégasque est réputé à la fois ultra-tendu et très réglementé. Plusieurs « secteurs » de logements coexistent, régis par des textes différents :

Secteur d’habitationPublic visé / régimeBase juridique principale
Secteur libre (non réglementé)Marché ouvert, tous profils, bâtiments postérieurs à 1947Code civil + Loi n° 1.329 du 8 janvier 2007
Secteur domanial (État)Logements appartenant à l’État, réservés aux nationaux, attribution sur pointsRèglements internes + décisions gouvernementales
Secteur réglementé (immeubles avant 1947)Locataires « protégés » ou libéralisésLois n° 1.235 (2000) et n° 887 (1970)
Biens de la Caisse Autonome des Retraites (CAR)Patrimoine spécifique lié à la retraiteRégime particulier, avec droit de préemption de l’État

Pour une installation en tant qu’étranger, c’est le secteur libre qui est déterminant. Les baux y sont négociés de gré à gré avec les propriétaires, la durée est souvent de un à trois ans et reconductible tacitement. Une résiliation impose généralement un préavis de trois mois avant l’échéance, sous peine de se retrouver reparti pour une année supplémentaire.

Les coûts initiaux liés à la location

Avant même de parler de résidence, il faut mesurer le « ticket d’entrée » locatif. Les principales dépenses à prévoir, en dehors du loyer, sont structurées comme suit :

Poste de dépense avant emménagementMontant indicatif / règle générale
Dépôt de garantieEn pratique 3 mois de loyer + charges (parfois jusqu’à 4 mois)
Loyer payé d’avanceSouvent par trimestre d’avance
Frais d’agence10 % du loyer annuel + 20 % de TVA (soit 12 % TTC, payés la 1re année)
Droit d’enregistrement du bail (Services Fiscaux)1 % du loyer annuel charges comprises
Frais d’état des lieux (huissier ou expert indépendant)Environ 500 € à plus de 2 000 € selon la surface
Petits frais administratifs et timbres fiscauxEnviron 20 €
Provisions mensuelles pour charges de copropriétéEn général 5 à 10 % du loyer (quelques centaines à quelques milliers d’euros)

En parallèle, le locataire doit souscrire ses contrats d’électricité (obligatoirement auprès de la SMEG), d’eau (Société Monégasque des Eaux) et d’internet/téléphonie (Monaco Telecom). Ces contrats, notamment celui de la SMEG, serviront ensuite de justificatifs de domicile dans le dossier de carte de séjour.

Assurance habitation et obligations du locataire

Une assurance multirisque habitation est obligatoire, de même qu’une responsabilité civile couvrant les dommages causés à des tiers. Cette couverture doit être active au plus tard le jour de l’état des lieux d’entrée. Le locataire est tenu d’entretenir correctement le logement et de prendre en charge les réparations courantes, hors vétusté normale.

Bon à savoir :

La grande majorité des logements en location sont non meublés. Bien que des appartements meublés et des résidences étudiantes équipées existent, cette distinction influence le type de bail et les documents annexes à fournir.

Ressources financières : démontrer sa capacité à vivre à Monaco

Monaco n’a pas de « programme de résidence par investissement » au sens strict, mais la logique est proche : la Principauté veut s’assurer que les nouveaux résidents disposent de moyens financiers solides, stables et d’origine licite.

Les formes de ressources acceptées

Plusieurs sources de revenus ou de capital peuvent être présentées pour prouver sa capacité à vivre à Monaco :

Preuves de ressources pour une demande de carte de résident

Pour obtenir une carte de résident à Monaco, vous devez justifier de ressources stables et suffisantes. Voici les principales catégories de preuves acceptées.

Salaire d’un employeur monégasque

Salaire versé par un employeur établi à Monaco, avec un contrat de travail et l’autorisation préalable de l’Office de l’Emploi.

Revenus professionnels indépendants

Revenus provenant d’une activité professionnelle indépendante ou des bénéfices d’une société dont vous êtes associé.

Pension de retraite

Justificatif d’une pension de retraite, qu’elle soit d’origine privée ou publique.

Épargne bancaire significative

Présentation d’une épargne importante et stable déposée sur un compte dans une banque monégasque.

Prise en charge financière

Prise en charge par un conjoint, partenaire ou parent, matérialisée par une lettre d’engagement officielle et les preuves de ses propres ressources.

Le document-clé souvent exigé est une attestation bancaire émise par un établissement monégasque. Ce document, daté de moins d’un mois, confirme auprès de l’administration le niveau de ressources ou de fonds disponibles.

Dans la pratique, pour les personnes sans contrat de travail à Monaco, la barre informalement admise est élevée. Plusieurs sources mentionnent un dépôt minimal de 500 000 € par personne, certains établissements privés évoquant plutôt des seuils d’1 à 2 millions d’euros pour des profils de banque privée. Cette attestation bancaire sera demandée dès la première demande de carte de séjour et pourra être à nouveau réclamée en cas de renouvellement.

Coût de la vie et cohérence du budget

Les autorités ne publient pas de budget mensuel officiel, mais le niveau du coût de la vie sert de toile de fond à l’appréciation des ressources. Les estimations usuelles placent les dépenses d’un célibataire à plusieurs milliers d’euros par mois, et celles d’une famille de quatre à un niveau encore nettement supérieur. Salaire moyen net, loyers parmi les plus chers du monde, frais de santé et de scolarité privés élevés : tous ces éléments justifient la vigilance des services lors de l’examen des moyens financiers.

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Taux d’imposition sur le revenu, la fortune et les plus-values pour la quasi-totalité des résidents bénéficiant de ce régime fiscal.

Casier judiciaire, moralité et documents d’état civil

L’autre pilier fondamental du dossier concerne la moralité de l’intéressé. Monaco, qui affiche l’un des taux de criminalité les plus faibles au monde, investit massivement dans la sécurité et applique une politique de tolérance quasi nulle en matière de délinquance.

Contrôle du casier judiciaire

Le demandeur doit produire un extrait de casier judiciaire – ou équivalent – pour chaque pays où il a résidé au cours des cinq années précédant sa demande. Ce document doit dater de moins de trois mois. Selon les pays, il prend des appellations différentes : « Certificato penale » et « Certificato dei carichi pendenti » en Italie, « Führungszeugnis » en Allemagne, « Copy of Police Records » au Royaume-Uni, « FBI Background Check » aux États‑Unis, etc.

Bon à savoir :

En cas de situation complexe ou de difficulté à obtenir un document officiel, la Section des Résidents peut analyser au cas par cas des justificatifs alternatifs. Cependant, cette souplesse reste limitée.

Autres documents d’état civil

Le dossier type pour une première carte de séjour inclut notamment :

Exemple :

Pour constituer un dossier de première demande de titre de séjour en France, il faut notamment fournir : un passeport en cours de validité avec le visa long séjour le cas échéant, un extrait d’acte de naissance de moins de trois mois, et les documents relatifs à la situation familiale (acte de mariage, jugement de divorce, pièces d’identité des enfants avec les décisions de garde ou d’adoption). S’y ajoutent, le cas échéant, une preuve du statut d’étudiant, deux photographies d’identité au format réglementaire et une attestation sur l’honneur signée, téléchargeable, attestant de l’exactitude des informations fournies.

Tout document établi dans une langue autre que le français, l’anglais ou l’italien doit être accompagné d’une traduction réalisée par un traducteur assermenté.

Dossier, dépôt et entretien : le parcours administratif

Une fois le logement sécurisé, les ressources prouvées, les extraits de casier judiciaire obtenus et les documents d’état civil rassemblés, vient le temps de l’assemblage du dossier.

Dépôt de la demande

Monaco a développé un téléservice pour initier en ligne une première demande de carte de séjour. Le demandeur doit alors :

Remplir un formulaire dédié (type 322-0024 pour une première demande papier).

Scanner l’ensemble des pièces justificatives.

Joindre l’attestation sur l’honneur signée.

Une aide à la prise en main de ces services numériques est possible à la Maison du numérique, située Jardins d’Apolline, 1 promenade Honoré II. Sur rendez-vous, les agents peuvent accompagner les futurs résidents dans l’envoi dématérialisé de leur dossier.

Il reste possible de suivre une voie plus traditionnelle : télécharger le formulaire, le compléter, joindre les copies des pièces et envoyer le tout par courrier ou le déposer à la Section des Résidents, 9 rue Suffren-Reymond, 98000 Monaco.

Dans tous les cas, un principe domine : aucun entretien n’est fixé tant que le dossier n’est pas complet. C’est donc à cette étape que les lenteurs apparaissent le plus souvent, liées aux traductions, apostilles, orignaux d’actes d’état civil ou attestations bancaires manquantes.

Convocation et entretien

Une fois le dossier jugé recevable, le demandeur reçoit une notification l’invitant à prendre rendez-vous via une plateforme en ligne. L’entretien se déroule individuellement dans les locaux de la Section des Résidents.

Le jour J, il faut présenter l’intégralité des documents originaux. L’entretien permet aux autorités de vérifier l’identité, de éclaircir les éventuelles zones d’ombre (origine des fonds, projet de vie à Monaco, situation familiale et professionnelle), et de s’assurer que le projet de résidence est réel et stable.

Bon à savoir :

Après l’entretien, le dossier est instruit. Le délai entre l’entretien et la mise à disposition de la carte est généralement de 6 à 8 semaines, mais peut être plus long. Au total, prévoyez 2 à 5 mois entre les premières démarches et la réception effective de la carte, voire davantage pour certains ressortissants non européens.

Remise de la carte et identité numérique

Lorsque la carte est prête, la Section des Résidents convoque le demandeur pour une seconde visite. C’est à ce moment-là que sont réglés les frais de délivrance, que la carte est remise, et que l’on peut activer – ou activer ultérieurement – la fonction d’identité numérique intégrée.

Les cartes de séjour de nouvelle génération embarquent en effet un certificat électronique qui permet de s’authentifier en ligne et de signer numériquement certains actes sur les services dématérialisés de l’administration monégasque. Un lecteur de carte USB et un logiciel dédié sont fournis pour permettre l’usage depuis un ordinateur personnel.

Assurance maladie et système de santé : une obligation centrale

La santé n’est pas un détail dans un dossier de résidence à Monaco : c’est une obligation réglementaire. Toute personne qui souhaite devenir résident légal doit justifier d’une couverture santé valide sur le territoire, qu’elle soit publique, privée ou mixte.

Le rôle des Caisses Sociales de Monaco

Le système public monégasque s’articule autour des Caisses Sociales de Monaco (CSM), qui gèrent plusieurs régimes :

Organisme / régimePublic concernéPrestations principales
Caisse de Compensation des Services Sociaux (CCSS / SSCF)Salariés du secteur privéMaladie, maternité, invalidité, décès
Caisse d’Assurance Maladie, Accident et Maternité des Travailleurs IndépendantsTravailleurs indépendantsMaladie, accident, maternité
Service des Prestations Médicales de l’ÉtatFonctionnaires et agents de l’État ou de la CommuneAssurance maladie et allocations familiales

Les cotisations sociales sont financées conjointement par employeurs et salariés, sur la base d’un pourcentage du salaire brut. En moyenne, la part globale des contributions représente environ 15 % des rémunérations, intégrant la couverture maladie.

80

Taux de remboursement standard des frais de santé par le système français, pouvant atteindre 100% dans certains cas.

Accès au système public et rôle de l’assurance privée

L’accès au régime public suppose d’être employé ou indépendant à Monaco (ou, dans certains cas, de justifier de cotisations en France ou en Italie). Les ayants droit – conjoint, enfants – peuvent être rattachés à l’assuré principal.

Pour les nouveaux résidents sans activité professionnelle dans la Principauté, la voie privilégiée reste la souscription d’une assurance santé privée, souvent de type internationale. Ces contrats peuvent fonctionner en couverture primaire complète, ou en complément du régime public (mutuelle).

200-600

Fourchette de coût mensuel fréquent en euros pour une couverture d’assurance santé solide, pouvant être plus élevée pour des garanties haut de gamme.

Lien entre santé et carte de séjour

La preuve d’une couverture santé est explicitement demandée dans les démarches de carte de séjour. Pour un travailleur, elle est en général couverte par l’affiliation automatique à la CSM via l’employeur ; pour un inactif, une attestation d’assurance privée doit être jointe au dossier.

Les autorités sont particulièrement attentives à ce point, compte tenu du niveau élevé des coûts médicaux locaux : une journée d’hospitalisation peut se chiffrer entre 1 000 et 2 500 €, un accouchement entre 5 000 et 10 000 €, une consultation de généraliste entre 50 et 100 €. Dans un État où la prise en charge des situations d’urgence est assurée même sans assurance, l’existence d’une couverture pérenne limite le risque de défaut de paiement et de contentieux.

Travailler à Monaco : lien entre permis de travail et résidence

Vivre à Monaco ne signifie pas nécessairement y travailler, mais les deux dimensions sont souvent liées. Le permis de travail et la carte de séjour obéissent à des logiques différentes, mais interdépendantes pour les salariés étrangers.

Permis de travail : une autorisation liée à l’employeur

Tout étranger souhaitant occuper un emploi salarié à Monaco doit obtenir une autorisation de travail. Cette autorisation :

Attention :

Cette autorisation est liée à un poste et un employeur précis. L’employeur doit d’abord déclarer l’offre à l’Office de l’Emploi. Celui-ci dispose ensuite de quatre jours pour proposer des candidats prioritaires (Monegasques, conjoints de Monegasques, résidents, etc.). L’autorisation ne peut être délivrée que si aucun de ces candidats prioritaires n’est jugé adéquat pour le poste.

L’employeur remplit un formulaire d’engagement et de demande d’autorisation de travail, et le futur salarié doit passer une visite médicale auprès du Service de Médecine du Travail.

Pour les ressortissants de pays tiers, ce processus est intimement lié à l’obtention du visa long séjour et de la carte de séjour : la séquence logique est alors visa D, autorisation de travail, installation, carte de séjour.

Résidence et droit au travail

Pour les ressortissants de l’EEE ou de la Suisse, le droit au travail est simplifié, mais la carte de séjour reste obligatoire au-delà de trois mois. Pour les ressortissants de pays tiers, la carte de séjour est souvent adossée à une activité professionnelle locale (ou à une situation de rentier).

Bon à savoir :

Un changement d’employeur nécessite systématiquement une nouvelle demande d’autorisation de travail. La carte de séjour n’est pas automatiquement annulée, mais les autorités peuvent réévaluer la cohérence du projet de résidence si le contrat monégasque était la principale source de revenus.

Banque, dépôt et lien avec la résidence

Si l’ouverture d’un compte bancaire n’est pas officiellement posée comme condition de résidence pour tous, elle devient quasi incontournable dans la pratique. Les banques monégasques jouent un rôle central dans la démonstration de la capacité financière du demandeur.

500000

Le seuil minimum de dépôt pour accéder à la banque privée est souvent de 500 000 euros, selon le profil du client.

Pour la résidence, l’État lui-même demande, dans la majorité des cas, une attestation d’une banque monégasque confirmant la détention d’au moins 500 000 € de dépôts, voire davantage. Cette exigence a été formalisée par les autorités et fait partie des éléments que les intermédiaires spécialisés rappellent systématiquement à leurs clients.

Durée de présence, renouvellement et perte de la résidence

Une fois la première carte en poche, le travail administratif n’est pas terminé. Maintenir son statut impose quelques réflexes et contraintes.

Durée de présence minimale

La loi ne fixe pas noir sur blanc un nombre de jours à passer sur le territoire, mais les autorités exigent la preuve d’une présence réelle. En pratique, plusieurs seuils circulent :

Autour de 90 jours par an pour pouvoir démontrer une résidence effective.

Proche de 183 jours par an pour revendiquer, par ailleurs, un statut de résident fiscal au sens international.

Des justificatifs comme les factures d’électricité, les relevés de dépenses locales, les quittances de loyer ou l’utilisation des services de santé servent à étayer cette présence en cas de doute.

Attention :

Une absence de plusieurs années, notamment deux années consécutives hors de la Principauté, peut conduire à un refus de renouvellement de la carte de séjour, voire à sa perte.

Renouvellement et progression des cartes

Le renouvellement suit la structure de base du système :

– La carte temporaire est renouvelée annuellement, avec contrôle du maintien du logement et des ressources.

– Après plusieurs renouvellements successifs (en général trois années complètes), on peut solliciter la carte ordinaire de trois ans.

– Après une décennie de résidence continue, la carte privilégiée de dix ans devient accessible.

La procédure de renouvellement ressemble à celle de la première demande, mais simplifiée : l’administration connaît le résident, les documents à produire sont moins nombreux, mais la cohérence globale (présence effective, ressources, bonne conduite) reste examinée.

Famille, conjoint, enfants : comment les intégrer au projet

La Principauté autorise l’inclusion des membres proches de la famille dans un projet de résidence, sous réserve de justifier de ressources et de logement adaptés.

Le conjoint ou partenaire et les enfants à charge peuvent demander leur propre carte de séjour, en s’appuyant sur le dossier du demandeur principal. Il faudra alors fournir :

Documents requis pour une demande de regroupement familial

Pour constituer un dossier complet, vous devez fournir les documents suivants pour chaque membre de la famille concerné.

Actes d’état civil

Les actes de naissance et de mariage des membres de la famille.

Preuves de lien familial

Les preuves de filiation ou de garde légale.

Attestations de scolarité

Les attestations de scolarité pour les enfants étudiant à l’étranger.

Couverture santé

Les preuves de couverture santé pour chacun des membres de la famille.

Chacun des membres obtient sa carte à part entière, avec une durée de validité alignée sur celle du demandeur principal ou adaptée à son statut. À noter que la carte de séjour d’un conjoint ou de l’enfant ne confère pas automatiquement un droit au travail : un permis de travail distinct peut être nécessaire.

De la résidence à la nationalité : un chemin très sélectif

Obtenir un passeport monégasque n’est ni automatique ni garanti, même après de longues années de résidence. La naturalisation est accordée par Ordonnance souveraine du Prince et reste une faveur exceptionnelle plus qu’un droit opposable.

Pour prétendre y accéder, plusieurs conditions se cumulent généralement :

Exemple :

Pour prétendre à la nationalité monégasque par naturalisation, plusieurs conditions strictes doivent être réunies. Le requérant doit justifier d’au moins dix ans de résidence légale et continue à Monaco après l’âge de 18 ans. Son intégration réelle dans la société monégasque est évaluée, et il doit démontrer une bonne maîtrise de la langue française, généralement au niveau B2 du Cadre européen commun de référence. Un casier judiciaire vierge et une conduite irréprochable sont exigés. Enfin, la personne doit prouver une situation financière stable et disposer d’un logement pérenne sur le territoire.

Monaco ne reconnaît en principe pas la double nationalité : une naturalisation impose en pratique la renonciation à la nationalité d’origine, sauf cas particuliers, notamment pour certains conjoints de nationaux.

Ce que change concrètement le statut de résident

Au-delà des contraintes administratives, vivre à Monaco avec une carte de séjour en règle emporte des conséquences très concrètes.

Sur le plan fiscal, les résidents – sauf cas particuliers des ressortissants français soumis à l’accord bilatéral de 1963 – ne paient pas d’impôt sur le revenu, pas de taxe sur la fortune et pas d’impôt sur les plus-values sur les opérations privées. Les droits de succession sont nuls entre époux et en ligne directe. La TVA, en revanche, s’applique à 20 % comme en France sur la plupart des biens et services.

Bon à savoir :

La carte de séjour permet aux ressortissants de pays tiers de circuler sans visa de court séjour dans l’espace Schengen. Il est impératif de respecter la règle de durée de séjour autorisée, fixée à 90 jours maximum sur toute période de 180 jours.

Sur le plan du quotidien, enfin, elle donne accès à un environnement très sécurisé, à un système de santé performant – public et privé –, à des établissements scolaires internationaux et à une administration compacte mais plutôt accessible, où les services clés sont regroupés et où les contacts sont identifiés.

Préparer son installation : une démarche à envisager comme un projet à long terme

S’installer à Monaco ne s’improvise pas. Entre le visa long séjour pour les ressortissants de pays tiers, la chasse à l’appartement dans un marché tendu, l’ouverture d’un compte bancaire avec dépôt significatif, la constitution du dossier de carte de séjour, la souscription d’une assurance santé et les contraintes de présence annuelle, le chemin est exigeant.

Bon à savoir :

Pour obtenir le statut de résident monégasque, une préparation minutieuse est essentielle. Il faut comprendre la logique des autorités, anticiper la collecte des documents requis, intégrer dès le départ les aspects liés à la santé et évaluer précisément les implications financières. Cette démarche bien menée permet d’accéder à un environnement de vie parmi les plus sûrs et fiscalement avantageux au monde.

L’essentiel, au fond, est de considérer ces démarches administratives non comme une série d’obstacles indépendants, mais comme les pièces d’un même puzzle : logement, ressources, moralité, santé, présence effective. C’est leur cohérence d’ensemble qui convaincra, au final, la Section des Résidents de vous délivrer – et de vous renouveler – le précieux titre de séjour monégasque.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros, bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour s’installer à Monaco, optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal international, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Monaco, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler Monaco pour l’absence d’impôt sur le revenu des personnes physiques pour les non‑Français, l’absence d’impôt sur la fortune, un environnement bancaire sophistiqué et une très forte sécurité juridique. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, conventions franco‑monégasques), préparation du dossier de carte de résident monégasque avec location de logement, transfert de la résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors de France, centre des intérêts économiques à Monaco), mise en relation avec un réseau local (avocats, banques privées, family office) et intégration patrimoniale globale pour réduire durablement la fiscalité, sécuriser la transmission et diversifier l’exposition géographique des actifs.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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