Des plages bordées par la mer Rouge, un désert de sel digne d’un décor de science-fiction, des montagnes verdoyantes perchées au-dessus des plaines arides… Dans ce décor ultra-contrasté, les sports à pratiquer à Djibouti ne se limitent pas à quelques ballons et à une piste d’athlétisme poussiéreuse. Du football omniprésent jusqu’au kitesurf dans des baies ventées, en passant par le trail dans les montagnes du nord, la course dans le désert du Grand Bara ou le beach-volley à Carre Beach, le pays offre un terrain de jeu étonnamment varié.
Le paysage sportif à Djibouti est marqué par la popularité des sports de plage, des sports d’endurance et des activités nautiques. De nouvelles formes d’encadrement sportif transforment également progressivement les pratiques locales.
Football, cœur battant du sport à Djibouti
Difficile de parler de sport à Djibouti sans commencer par le football. C’est le sport roi, celui qui structure les week-ends, les cours d’école, les projets d’infrastructures et une grande partie de la politique sportive nationale.
La discipline est encadrée par la Fédération Djiboutienne de Football (FDF), créée en 1979 et affiliée à la FIFA depuis 1994. Elle dépend aussi de la CAF (Confédération africaine de football) et de l’Union des associations arabes de football. C’est cette fédération qui pilote le championnat national, les coupes, les équipes de jeunes et la sélection surnommée les « Requins de la Mer Rouge ».
Le championnat de première division, souvent appelé Premier League djiboutienne ou Championnat National de 1ère Division, réunit habituellement dix clubs. Un système de montée-descente relie cette élite à la Division 2 (elle aussi autour de dix clubs) et à une Division 3 structurée en deux groupes de huit équipes. La lutte pour le maintien et pour l’accession en D1 alimente une rivalité sportive intense.
Parmi les clubs marquants, on retrouve l’ASAS Djibouti Télécom (le plus titré), l’AS Arta/Solar7 et la Garde Républicaine (GR / SIAF). Ces clubs, liés à des institutions publiques, des forces de sécurité, des entreprises ou des quartiers, sont essentiels à la fois pour la compétition et pour la formation de jeunes talents, offrant ainsi un cadre de pratique à des milliers de jeunes.
Une sélection nationale en quête d’existence
Sur la scène internationale, l’équipe nationale de Djibouti n’a pas encore réussi à se qualifier pour la phase finale d’une Coupe d’Afrique des Nations ni d’un Mondial. Pourtant, les Requins de la Mer Rouge enchaînent les campagnes de qualifications, participent régulièrement au tournoi régional de la CECAFA et se frottent à des adversaires de calibre bien supérieur. Leur première victoire dans un match reconnu par la FIFA remonte à 2007, face à la Somalie (1-0) lors des éliminatoires du Mondial 2010.
Les résultats restent souvent sévères face à des sélections plus puissantes, mais l’enjeu dépasse les seuls scores : il s’agit d’installer une culture de la compétition, de pousser les jeunes à rêver d’un parcours professionnel, de faire du football un vecteur de cohésion nationale. Et sur ce plan, l’investissement est loin d’être symbolique.
L’académie de Douda : usine à talents et vitrine moderne
La pièce maîtresse de cette stratégie est la FIFA Talent Academy de Douda, présentée comme un centre d’excellence unique en Afrique de l’Est. Cette structure dispose de deux terrains en synthétique, de dortoirs séparés pour filles et garçons, d’une salle de sport, de classes et d’espaces de restauration. L’académie peut accueillir jusqu’à 80 garçons et 40 filles, avec une première cohorte d’une quarantaine de jeunes (dont 20 filles) intégrant à la fois un cursus scolaire et un programme de football intensif.
Nombre d’enfants touchés par un réseau de six centres de développement régionaux encadrés par onze entraîneurs.
Ce type d’infrastructure change aussi les pratiques au quotidien : il normalise l’entraînement régulier, l’accès à un suivi physique, la présence d’entraîneurs formés, et ouvre davantage les portes aux filles, longtemps marginalisées dans le football.
Un football pour tous, jusque dans les écoles
Le projet ne s’arrête pas aux futurs professionnels. Avec le programme Football for Schools, soutenu par la FIFA et l’UNESCO, le ballon rond entre officiellement dans les établissements scolaires. Des ateliers de formation d’enseignants, des dotations en matériel et des séances pédagogiques mêlant éducation et sport visent à faire de la pratique sportive un réflexe dès l’enfance.
L’installation de mini-terrains FIFA Arena dans des écoles de quartiers populaires, comme à Palmeraie ou Dogley, vise à rapprocher le football des enfants. L’objectif international est de créer au moins 1 000 de ces terrains d’ici 2031, et Djibouti est l’un des premiers pays africains engagés dans cette dynamique.
Football et égalité femmes-hommes
L’un des aspects les plus remarquables du renouveau du football à Djibouti est l’attention portée aux filles. Un vaste programme de développement du football féminin de base a été lancé, réunissant 200 jeunes filles réparties entre les régions de Tadjourah, Obock, Ali Sabieh et Dikhil. Encadrées par des entraîneures spécialement recrutées, ces joueuses bénéficient d’un suivi de long terme.
Dans un contexte où certaines mentalités freinent encore l’accès des femmes au sport, ce type d’initiative, soutenu au plus haut niveau de l’État, envoie un signal clair : le football n’est plus réservé aux hommes, et les pelouses djiboutiennes devront désormais compter avec une nouvelle génération de filles crampons aux pieds.
Course à pied et marathons : la tradition de l’endurance
Si le football domine en nombre de pratiquants, la course à pied occupe une place considérable dans l’imaginaire collectif. Djibouti a produit des marathoniens et des demi-fondeurs de niveau mondial, dont les exploits ont marqué durablement le pays.
Dans les années 1980, Ahmed Salah s’impose comme une figure emblématique, remportant notamment le premier titre de champion du monde de marathon en 1985 avec un chrono flirtant avec les meilleurs standards de l’époque (2h07’07″). À ses côtés, des coureurs comme Ahmed Saleh Houssein (médaillé de bronze sur marathon aux JO de Séoul en 1988), Robleh Djama, Mohamed Abdi ou Abdillahi Charmarké installent Djibouti sur la carte mondiale de l’endurance.
Plus récemment, Ayanleh Souleiman a pris le relais sur des distances plus courtes, devenant champion du monde en salle sur 1500 m en 2014 et recordman du monde en salle sur 1000 m en 2016. En 2018, il signe encore la meilleure performance mondiale de l’année sur 1500 m indoor.
La tradition d’excellence de l’athlétisme à Djibouti repose sur un entraînement dans un environnement rude et formateur. Les coureurs s’exercent sur une zone vallonnée surnommée Tora Bora, à la périphérie de Djibouti-ville. Ce terrain présente un sol poussiéreux, des pierres coupantes, des épines et des températures pouvant atteindre 43 à 46 °C. Un parcours classique pour les séances difficiles est le trajet Tora Bora–aéroport, d’environ 4 km. C’est dans ces conditions extrêmes que se forgent les athlètes qui brillent ensuite sur la scène internationale.
Le Grand Bara : courir sur un lac de terre craquelée
S’il existe un événement qui traduit parfaitement la rencontre entre le décor naturel djiboutien et le goût de l’effort, c’est bien la traversée du Grand Bara. Chaque année, une course de 15 km se déroule sur cette immense plaine d’argile blanche, parfaitement plate, dure et fissurée, utilisée autrefois comme site d’atterrissage de secours pour une navette spatiale.
La traversée du Grand Bara rassemble plusieurs milliers de participants, civils et militaires, venus de Djibouti et d’ailleurs. Des forces armées françaises, américaines, japonaises, la Garde Républicaine, des clubs civils comme Life Club ou Al-Rahma, se côtoient sur la ligne de départ. Dans une édition récente, environ 1 700 hommes et 100 femmes ont pris le départ, parmi lesquelles quelques participantes étrangères.
Les performances sont impressionnantes : un coureur de la Garde Républicaine, Moussa Omar Wais, a bouclé les 15 km en un peu plus de 45 minutes. Mais l’événement se veut accessible à tous, peu importe le niveau, avec une forte dimension conviviale. Un sponsor comme BMMI Djibouti y distribue fruits secs et barres de céréales, et organise musique et animations à l’arrivée.
Semi-marathon international de Djibouti
Autre rendez-vous majeur : le semi-marathon international de Djibouti, qui en est déjà à plus de 25 éditions. L’épreuve attire des coureurs de différents pays africains (Éthiopie, Somalie, Kenya, Burundi, Angola, Zambie, Sud-Soudan…), soutenus par la Fédération djiboutienne d’athlétisme et des partenaires comme Djibouti Télécom.
En marge de la course principale, des épreuves adaptées permettent aux plus jeunes de participer à l’événement.
Une distance de 10 kilomètres est proposée pour les garçons, offrant une compétition accessible et stimulante.
Une course de 5 kilomètres est organisée pour les filles, encourageant leur participation à l’événement sportif.
Les forces de sécurité (Garde Républicaine, armée, gendarmerie) courent aux côtés des participants civils.
Les meilleurs soldats figurent régulièrement parmi les vainqueurs et montent sur les podiums de ces courses.
Quand l’endurance rejoint la santé publique
Au-delà des performances, les pouvoirs publics ont bien compris que la course à pied pouvait servir de levier de santé. Le pays fait face à un taux de sédentarité alarmant, notamment chez les adolescents, et à une mortalité élevée liée aux maladies cardiovasculaires (plus de 1 300 décès par an).
Pour y répondre, une « Semaine du sport et de la santé » a été instaurée dans les écoles. Pendant sept jours, les établissements de tout le pays deviennent des mini-centres de remise en forme, mêlant bilans de santé, ateliers d’éducation et activités physiques. L’ambition est de faire de la pratique régulière (deux à trois fois par semaine) un réflexe pour les élèves, puis pour l’ensemble de la population.
Les sports de plage : beach-volley, baignade, snorkeling
Avec ses côtes sur le golfe de Tadjoura et la mer Rouge, Djibouti est naturellement tourné vers la mer. Pourtant, le développement de sports de plage structurés est encore récent. Le beach-volley, lui, s’installe peu à peu sur le sable, et certains spots sont devenus des lieux de rendez-vous incontournables pour les joueurs.
Carre Beach (Tritton Beach) : le rendez-vous officieux du beach-volley
Carre Beach, aussi connue sous le nom de Tritton Beach, est l’un des lieux emblématiques pour pratiquer le beach-volley à Djibouti. Située en zone côtière (référencée par le code J545+C27 sur les cartes locales), cette plage s’est dotée d’une véritable culture locale du volley de plage.
On n’y trouve pas forcément une structure lourde, mais l’esprit est simple : il suffit souvent d’apporter son propre ballon pour se greffer à une partie avec des habitants ou d’autres visiteurs. Les terrains se créent et disparaissent au rythme des marées et des regroupements.
L’environnement immédiat renforce l’attrait du site pour une journée sportive. À quelques centaines de mètres, on trouve des restaurants (cuisine indienne à Singh’s, libanaise à Mont Liban, djiboutienne au Lac Abbé Restaurant), des hôtels (Alia Hôtel, Auberge le Héron, Atlantic Hotel, Hotel Rayan Djibouti, CITY GUEST) et plusieurs parcs urbains (Serpent Park, Jardin Public, Q Cinq Park, Stade Park, Makka Al Moukarama Park) qui offrent des espaces de détente avant ou après le jeu.
La proximité d’un centre commercial (Bawadi Mall), de commerces (épiceries, magasins de vêtements, boutiques d’électronique) et d’établissements comme le Casino Aden Bay, des lounges et bistrots donne à Carre Beach un rôle de véritable pôle de loisirs.
Pour les visiteurs venant de l’intérieur du pays, l’accès reste plutôt simple : depuis Ali Sabieh, il faut parcourir environ 60 km vers la capitale par la route principale, puis suivre la signalisation menant à la zone repérée J545+C27. Les transports collectifs (bus ou taxis partagés) entre Ali Sabieh et Djibouti-ville sont abordables, de l’ordre de 200 francs djiboutiens, auxquels s’ajoute le trajet final en taxi ou bus vers la plage (300 à 500 francs).
En plus du volley, la plage de Carre Beach est un point de départ pratique pour la pratique du snorkeling, pour des balades le long du littoral ou simplement pour se baigner.
Green Tire Beach et Ras Bir : plage, volley et grand air
Green Tire Beach représente une autre option pour le beach-volley. La plage, longue et recouverte de sable doré, se prête aux parties improvisées. On peut s’y baigner, marcher le long de la côte, bronzer, ramasser coquillages et pratiquer le snorkeling. Le stationnement est possible à proximité, parfois gratuit, parfois payant selon les zones, et le stationnement dans la rue près de l’entrée reste une option.
La plage de Ras Bir, à Obock, offre un cadre préservé et paisible avec un long ruban de sable doré et une eau claire aux vagues douces, idéale pour la baignade. De nombreuses activités y sont possibles : volley, camping, pêche, randonnée, plongée, snorkeling, jet-ski, voile et planche à voile. Le parking est généralement gratuit, mais il n’y a pas de sanitaires sur place.
Ces deux plages partagent toutefois un point commun important pour la pratique sportive : elles ne sont pas aménagées pour l’accessibilité des personnes à mobilité réduite, un enjeu encore largement absent de la plupart des infrastructures de plein air du pays.
Le beach-volley dans l’écosystème sportif djiboutien
La pratique du volley-ball, en salle comme sur sable, gagne en popularité à Djibouti. Une fédération organise même un championnat national de beach-volley, preuve que ce sport ne se limite plus aux jeux informels sur le sable. Cependant, du point de vue des infrastructures, les terrains de plage restent souvent temporaires et peu standardisés.
Pour se faire une idée de ce que pourrait devenir un site de beach-volley pleinement développé, il faut regarder ailleurs : par exemple, une plage équipée de trois terrains aux dimensions homologuées, recouverts de sable de silice ultra-fin, utilisée pour des championnats nationaux, ouverte gratuitement au public toute l’année avec des horaires étendus. Ce type de modèle montre la direction possible pour les plages djiboutiennes, si des investissements dédiés étaient engagés à moyen terme.
Sports nautiques : plongée, snorkeling, kitesurf, pêche sportive
La mer Rouge, le golfe de Tadjoura et la baie du Ghoubbet composent un terrain de jeu nautique exceptionnel. Les eaux chaudes (autour de 25–29 °C), la visibilité sous-marine pouvant atteindre 20 à 30 mètres, la richesse en coraux et poissons tropicaux justifient que la plongée et le snorkeling fassent partie des activités phares pour les sportifs de passage comme pour les passionnés locaux.
Plongée et snorkeling : des fonds spectaculaires
Autour des îles Moucha et Maskali, dans le golfe de Tadjoura et surtout dans la fameuse baie du Ghoubbet (surnommée parfois « Trou aux requins »), les plongeurs évoluent parmi plus de 200 espèces de coraux et plus de mille espèces de poissons. Poissons-perroquets, poissons-clowns, poissons-papillons, murènes, raies, tortues, dauphins, voire requins de récif sont régulièrement observés. La présence saisonnière de requins-baleines entre octobre et février transforme Djibouti en « spot » mondial pour la plongée avec ces géants placides.
Des centres de plongée locaux, comme l’Aqua Club Diving Center, reconnu par des organismes internationaux de formation, proposent des sorties à la journée ou des croisières-plongée, incluant le matériel, l’encadrement et la formation. Pour les débutants, le snorkeling près des récifs permet déjà d’observer un spectacle sous-marin coloré.
La saison la plus favorable va de novembre à mars, où les conditions de mer sont plus clémentes. Les mois de juillet et août peuvent être plus délicats pour plonger, en raison de conditions marines plus exigeantes.
Kitesurf et planche à voile : le vent comme moteur
Les mêmes vents qui rafraîchissent légèrement le littoral rendent le pays particulièrement propice aux sports de glisse tractée. Le kitesurf connaît un essor dans des baies comme le Ghoubbet, où les rafales peuvent atteindre 35 nœuds près de 300 jours par an. La combinaison de paysages spectaculaires, de soleil quasi permanent et de plans d’eau adaptés attire une communauté de pratiquants exigeants, même si le coût du matériel et la technicité du sport restent des freins à une diffusion massive.
La planche à voile, plus ancienne, reste également pratiquée, tout comme la voile légère. Kayak, stand-up paddle, jet-ski, ski nautique, wakeboard, bouées tractées, parasailing complètent progressivement l’offre, notamment au départ de Djibouti-ville et de certaines plages accessibles en bateau.
Pêche sportive : barracudas, thons et requins
La pêche sportive fait partie des activités fortement mises en avant auprès des visiteurs. Autour du Ghoubbet, entre Arta et la passe, ou au large de certaines côtes, les passionnés viennent traquer barracudas, thons jaunes, espadons, mérous, carangues, lutjans, liches, requins, etc., souvent au lever ou au coucher du soleil.
Les techniques vont de la pêche aux leurres de surface au surfcasting depuis la côte, ou encore à l’utilisation de « poppers » et poissons nageurs comblant les amateurs de sensations fortes lorsqu’un prédateur puissant vient mordre à l’hameçon. Les opérateurs locaux rappellent toutefois que le Ghoubbet est une zone complexe, avec des courants puissants et une faune potentiellement dangereuse, qui exige un encadrement sérieux.
Des structures comme Aden Fishing, fortes de plusieurs décennies d’expérience, proposent des sorties organisées. Pour les sportifs, une journée de pêche relève autant de la performance physique (manier le matériel, lutter contre les prises, supporter la chaleur) que de l’expérience contemplative.
Sport et désert : char à voile, sandboard, randonnée
Djibouti n’est pas qu’un pays de mer. Les plaines du Grand Bara et du Petit Bara, immenses étendues d’argile blanche ponctuées de dunes, offrent un décor à la fois lunaire et parfaitement adapté à certains sports peu communs en Afrique de l’Est.
Char à voile sur le Grand Bara
Le Grand Bara est un désert plat de plusieurs dizaines de kilomètres, large et dégagé, sans obstacles majeurs. Autant de qualités idéales pour le char à voile. Profitant de vents réguliers, des opérateurs proposent le week-end, selon la demande, des initiations et sorties à la demi-journée ou à la journée. L’apprentissage des bases du pilotage est réputé rapide, en une dizaine de minutes pour les plus débrouillards.
Le site du Grand Bara en Éthiopie n’est pas uniquement un vaste terrain de glisse. Il accueille également le célèbre marathon du Grand Bara et sert de cadre à diverses activités touristiques. Celles-ci incluent des balades en 4×4, des bivouacs et même des vols en montgolfière, offrant une vue aérienne permettant d’admirer la géométrie parfaite de cette immense plaine de sel.
Sandboard et bivouac nocturne
Les dunes des secteurs voisins (Grand Bara, Petit Bara) sont aussi un terrain idéal pour le sandboard. L’activité peut même se pratiquer de nuit pour les plus téméraires, lorsque la chaleur retombe et que le ciel sans pollution lumineuse révèle des milliers d’étoiles. Les descentes, les remontées à pied, la fatigue progressive et la nuit en campement ajoutent une dimension sportive et contemplative.
Trekking entre lacs salés et montagnes
Le pays se prête également à des treks de plusieurs jours, notamment autour du lac Assal (point le plus bas d’Afrique) et du lac Abbé, célèbre pour ses cheminées de calcaire fumantes. Accompagnés de nomades Afars, certains itinéraires suivent d’anciennes routes caravanières du sel, à dos de dromadaire ou à pied, sur deux à dix jours, parfois avec des 4×4 d’assistance.
Ces itinéraires combinent une aventure sportive, la découverte de phénomènes géologiques (volcans, failles du rift, sources chaudes) et une immersion culturelle au sein des communautés locales.
Randonnée et trail : les montagnes vertes de Djibouti
Contrairement à l’image purement désertique que l’on s’en fait, Djibouti abrite des zones de moyenne montagne verdoyantes, particulièrement recherchées par les randonneurs en quête de fraîcheur.
Les monts Goda et la Forêt du Day
Au nord-ouest de la capitale, les monts Goda s’élèvent jusqu’à environ 1 750 m d’altitude. Là-haut, le climat se rafraîchit, l’humidité augmente, et la Forêt du Day, seule véritable forêt de Djibouti, s’accroche aux pentes.
Les sentiers serpentent entre genévriers anciens, oliviers sauvages, acacias, figuiers, jujubiers et d’autres essences, abritant une faune variée : gazelles, phacochères, babouins, singes verts, hyènes, voire léopard pour les plus chanceux (ou les plus prudents). Du côté des oiseaux, la star locale est le francolin de Djibouti, espèce rarissime et endémique, accompagnée de souimangas, bulbuls, vautours égyptiens, etc.
Distance en kilomètres d’une boucle de randonnée de difficulté modérée dans la région.
Mont Moussa Ali et hauts plateaux
Point culminant du pays, le mont Moussa Ali dépasse les 2 000 m, à la jonction des frontières avec l’Éthiopie et l’Érythrée. Volcan ancien, caldera, dômes et coulées de lave témoignent de l’intense activité tectonique de la région. S’y rendre constitue une expédition en soi, réservée aux randonneurs expérimentés et bien encadrés, tant les infrastructures sont limitées.
Plus au sud, dans la région d’Ali Sabieh, le massif d’Arrey culmine autour de 1 300 m, avec un climat frais (autour de 15 °C) et des brouillards fréquents en saison fraîche. C’est un terrain prisé pour des randonnées engagées, loin des circuits touristiques classiques.
Arta, Djalelo et Godoria : d’autres terrains de jeu
À proximité de Djibouti-ville, la région d’Arta propose de belles randonnées, notamment à partir de la zone repérée comme « Randonnée pédestre d’Arta » le long de la route RN4. C’est un compromis idéal pour ceux qui veulent s’essayer au trek sans partir plusieurs jours.
La vallée de Djalelo, située à environ une heure de route de la capitale, est un sanctuaire pour la faune, notamment pour des antilopes comme le gérénuk. Des balades encadrées y sont organisées, permettant de combiner l’observation des animaux avec une marche sportive.
Enfin, la mangrove de Godoria, au nord, offre un décor totalement différent : tunnels de racines, chenaux labyrinthiques, oiseaux marins et eau peu profonde. On y accède généralement en bateau, pour des excursions mêlant marche sur les bancs de sable, baignade, observation naturaliste et effort physique modéré.
Pour toutes ces randonnées, la période la plus agréable s’étend d’octobre/novembre à mars, lorsque les températures retombent. L’accès aux points de départ exige souvent un 4×4, et l’accompagnement par un guide local, Afar ou Issa, est vivement recommandé.
Pétanque, arts martiaux et sports « à la française »
Héritage de la période coloniale, la pétanque connaît une popularité surprenante à Djibouti. En fin de journée, sur les fronts de mer (comme à Tadjourah) ou le long des routes proches de la capitale, on voit se rassembler des groupes pour des parties enflammées à la lueur des lampadaires. Des militaires, notamment français, se mêlent aux joueurs locaux, et des compétitions structurées existent, chapeautées par la Fédération djiboutienne de sports boules, membre de la fédération internationale depuis 1983.
Outre la pétanque, Djibouti accueille plusieurs sports importés comme le tennis, le golf et des arts martiaux (karaté, judo, taekwondo). Un art martial local, le Dakaïto Ryu, fondé par un maître djiboutien, possède sa propre fédération.
Pour beaucoup d’habitants, ces disciplines offrent un équilibre entre activité physique, sociabilité et préservation d’une certaine identité culturelle, que ce soit par l’héritage français ou par des créations locales.
Sports traditionnels : courses de chameaux, lutte, tir à l’arc
Les grandes fêtes nationales, en particulier la fête de l’Indépendance, sont l’occasion de remettre à l’honneur des sports profondément enracinés dans les traditions régionales : courses de chameaux, courses de chevaux, luttes et jeux de force. Ces compétitions sont à la fois spectacle, affirmation culturelle et rendez-vous sportifs exigeants pour ceux qui y participent.
Le chameau, compagnon des routes caravanières, devient monture de course ; la lutte, dans ses formes traditionnelles, se pratique devant un public nombreux ; le tir à l’arc et d’autres jeux plus ou moins structurés complètent ce tableau d’un sport qui reste aussi un vecteur de transmission de valeurs et de savoir-faire.
Le sport traditionnel
Quand l’État fait du sport une politique de santé
L’ensemble de ce paysage sportif – du football à la randonnée, du kitesurf à la pétanque – s’inscrit dans une politique plus globale. Avec le programme « Sport et santé pour tous les citoyens djiboutiens », piloté conjointement par le ministère de la Santé et le ministère de la Jeunesse et des Sports, l’objectif est clair : lutter contre la sédentarité, qui touche plus de quatre adolescents sur cinq, et réduire le fardeau des maladies cardiovasculaires.
Les écoles organisent une semaine annuelle dédiée au sport et à la santé, intégrée au calendrier scolaire. Cette initiative vise à promouvoir l’activité physique régulière, une bonne hygiène de vie et la diversité des activités, positionnant le sport comme un levier essentiel de santé publique et non plus comme un simple loisir.
Djibouti, terrain de jeu discret mais singulier
Les sports populaires à pratiquer à Djibouti reflètent la géographie et l’histoire singulières du pays. Ici, un marathon se court sur un ancien lac d’argile craquelée. Là, un match de beach-volley se joue face à des eaux habitées par des coraux et des requins-baleines. Plus haut, des randonneurs croisent des gazelles et un oiseau endémique presque disparu. En ville, des collégiens apprennent à dribbler sur un mini-terrain flambant neuf pendant que des joueuses de football, encore rarement vues il y a quelques années, peaufinent leur technique à l’académie.
Pour qui veut pratiquer un sport à Djibouti – qu’il s’agisse de volley sur le sable, de course en pleine chaleur, de plongée sous-marine, de randonnée dans les monts Goda ou de pétanque au coucher du soleil – le pays offre un laboratoire à ciel ouvert. Un terrain exigeant, parfois rude, mais qui récompense largement ceux qui acceptent de jouer le jeu.
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