La vie nocturne à Cuba : où sortir le soir

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Impossible de comprendre l’âme du pays sans sortir le soir. Entre bars mythiques, rooftops chics, clubs de salsa brûlants et cabarets géants à ciel ouvert, la vie nocturne à Cuba est un spectacle permanent. La musique déborde des portes, les mojitos se servent à la chaîne, les vieilles américaines font la navette entre quartiers, et les toits se transforment en terrasses panoramiques.

Bon à savoir :

La vie nocturne cubaine est vibrante, de La Havane aux stations balnéaires comme Varadero en passant par les villes coloniales comme Trinidad. Elle se caractérise partout par trois éléments incontournables : la danse, le rhum et une énergie particulièrement contagieuse.

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Comprendre la nuit cubaine avant de sortir

La vie nocturne à Cuba ne ressemble pas forcément à celle d’autres capitales d’Amérique latine. Les informations en ligne sont souvent incomplètes ou dépassées, les horaires fluctuants, et beaucoup d’adresses se transmettent encore de bouche-à-oreille.

La Havane concentre l’essentiel de l’offre : jazz, salsa, reggaeton, clubs électro, rooftops d’hôtels de luxe, petits bars d’angle avec deux musiciens… Mais les stations balnéaires comme Varadero ou les villes coloniales comme Trinidad ont elles aussi leur propre scène.

Bon à savoir :

La soirée démarre généralement tard, avec une animation qui commence vers 22h. Les horaires de fermeture varient selon les villes : à La Havane, les bars de la Vieille Ville peuvent se calmer avant minuit, tandis que les clubs de Vedado ou Miramar ferment entre 2h et 3h du matin. À Varadero, la vie nocturne s’organise autour des bars d’hôtels et de quelques clubs ouverts jusqu’à 3h. À Trinidad, l’ambiance est plus concentrée dans quelques rues du centre historique.

L’argent liquide reste incontournable. Les cartes étrangères, surtout américaines, fonctionnent mal ou pas du tout. Beaucoup de bars affichent des prix en pesos cubains (CUP), certains acceptent aussi les dollars ou les euros. Entre taux officiel et taux informel, la valeur réelle de vos billets peut beaucoup varier, mais un cocktail reste souvent très bon marché par rapport à l’Europe.

La Havane, capitale insomnieuse

La Havane de nuit est un patchwork : cabarets historiques, bars d’écrivains, galeries transformées en clubs, terrasses de grands hôtels, ruelles où résonnent son, rumba et reggaeton. Chaque quartier a sa couleur.

Les bars historiques : sur les traces d’Hemingway

Certains noms sont devenus des légendes en eux‑mêmes. Ils attirent un mélange de curieux, de passionnés d’histoire et de chasseurs de selfies.

El Floridita, le royaume du daiquiri

Au bout de la rue Obispo, face au parc ombragé de l’hôtel Iberostar Parque Central, un bâtiment rose attire immédiatement le regard : El Floridita. C’est ici qu’est né le daiquiri, perfectionné par le barman Constante Ribalaigua Vert.

Le bar a plus de 200 ans. À l’origine, il s’appelait « La Piña de Plata » et servait surtout de dépôt de boissons. Avec l’arrivée massive de clients américains après l’indépendance de Cuba et pendant la Prohibition aux États‑Unis, le lieu se transforme en véritable bar à cocktails.

À l’intérieur, le décor reste figé dans les années 1930 : boiseries, zinc chargé de bouteilles, photos anciennes… Une statue en bronze grandeur nature d’Ernest Hemingway rappelle que l’écrivain en avait fait son repaire. L’endroit est presque toujours bondé, surtout en journée, et un point Wi‑Fi public juste devant attire en plus les Cubains connectés.

Daiquiris et autres cocktails tournent autour de quelques dollars. Le bar accepte les files d’attente et le brouhaha comme partie intégrante de son identité : ce n’est ni intime, ni discret, mais c’est une icône.

La Bodeguita del Medio, le mythe du mojito

Un peu plus loin, dans la rue Empedrado, une façade bleue saturée de touristes cache un autre monument : La Bodeguita del Medio. Au départ, c’était une petite épicerie de quartier. Dans les années 1940, l’endroit commence à servir à boire et à manger, avant de devenir un bar‑restaurant culte.

Les murs intérieurs sont intégralement couverts de graffitis, signatures et dédicaces de clients célèbres ou anonymes. On y lit les noms de Fidel Castro, Nat King Cole et d’innombrables voyageurs de passage.

La maison revendique la paternité du mojito. Vérité historique ou coup marketing, peu importe : le cocktail est partout et se vend autour de 100 à 150 CUP. En soirée, une petite formation joue des classiques cubains presque sans interruption.

Tableau – Deux bars mythiques de La Havane

BarSpécialité / RéputationParticularités notablesGamme de prix boissons*
El FloriditaBerceau du daiquiriDécor années 1930, statue d’Hemingway, très fréquentéDaiquiri env. 6 CUC (ancienne référence)
La Bodeguita del MedioLieu emblématique du mojitoMurs couverts de graffitis, signatures célèbresMojito env. 100–150 CUP

Les valeurs monétaires indiquées sont issues de témoignages et peuvent varier avec l’inflation et les taux de change.

Rooftops et hôtels de charme : la Havane vue d’en haut

Les toits d’hôtels sont devenus de véritables lieux de sortie. Entre coucher de soleil sur le Malecón, vue sur le Capitole ou sur les toits de la Vieille Ville, ils cumulent panorama, musique live et cocktails.

Exemple :

Situé à l’angle des rues Obispo et Mercaderes à La Havane, l’hôtel Ambos Mundos possède un bar sur le toit offrant une vue sur les toits en tuiles et les coupoles de la ville. Ce lieu mêle vue panoramique, musique et histoire, l’écrivain Ernest Hemingway y ayant vécu dans les années 1930. Des groupes de jazz s’y produisent régulièrement, tandis que les clients dégustent traditionnellement un rhum.

Juste en face d’El Floridita, l’Iberostar Parque Central aligne son bar panoramique. Depuis les chaises hautes, on domine le Capitole national et la place arborée. Les cocktails démarrent autour de 150 CUP et l’hôtel vend aussi des pass journée pour profiter de sa piscine et de son solarium.

Plus haut de gamme encore, le Gran Hotel Manzana Kempinski a lui aussi son rooftop, avec piscine à débordement et bar très spacieux. De nuit, la ville illuminée s’ouvre à 360°. Un pass piscine coûte dans les 80 USD, souvent avec crédit repas inclus.

Tableau – Quelques rooftops havanais et ce qu’ils offrent

LieuType d’établissementAtouts principauxOrdre de prix / accès
Hotel Ambos Mundos (rooftop)Hôtel historiqueVue sur Vieille Havane, jazz live, histoire littéraireConsommations payantes
Iberostar Parque Central (rooftop)Hôtel 5*Vue directe sur le Capitole, bar piscineCocktails dès 150 CUP
Gran Hotel Manzana KempinskiHôtel de luxeVue de nuit spectaculaire, grand espace de barDay pass piscine env. 80 USD

D’autres terrasses plus intimistes méritent le détour. La Guarida, paladar installée dans un immeuble du début du XXe siècle, est à la fois restaurant gastronomique et rooftop bar. Le lieu a servi de décor au film « Fresa y Chocolate » en 1993 et a accueilli Rihanna ou Beyoncé. On y dine pour une quarantaine de dollars, avec classiques cubains revisités (ropa vieja, poissons frais), avant de grimper siroter des cocktails très corsés sur le toit, sans paille en plastique.

La Moneda Cubana, petite paladar de la Vieille Havane, dispose aussi d’une terrasse minuscule accessible par des escaliers étroits. La vue déborde sur les toits du centre historique et sur la forteresse de La Cabaña de l’autre côté de la baie.

FAC, El Cocinero et la scène arty de Vedado/Miramar

Pour comprendre la Havane créative d’aujourd’hui, il faut s’éloigner un peu du centre historique et gagner les quartiers de Vedado et Miramar. Industrialisation, arts visuels et nuits blanches s’y mélangent.

Fábrica de Arte Cubano : laboratoire géant de la nuit

Installée dans une ancienne usine d’huile, la Fábrica de Arte Cubano (FAC) est à la fois galerie, salle de concert, bar, club et centre culturel. L’endroit figure même sur la liste des « World’s Greatest Places » du magazine TIME.

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C’est le prix en CUC d’une bière ou d’un mojito dans certains bars de ce lieu.

La FAC fonctionne sur plusieurs niveaux, avec quatre salles de concert qui peuvent proposer des ambiances différentes : jazz, électro, rock, musiques traditionnelles, jam sessions. Des installations d’art contemporain bordent les couloirs, des films ou performances se déroulent dans d’autres espaces. Les soirées battent leur plein après 22 h et attirent une foule mixte de jeunes Cubains, artistes, touristes, expats.

Le lieu est un peu excentré ; un taxi depuis la Vieille Havane coûte généralement l’équivalent de 15 USD si on paie au noir, ou 300–400 CUP en taxi local. Les Havanais le citent comme une des adresses incontournables du week‑end.

El Cocinero, Madrigal et Pazillo : la constellation voisine

Juste à côté de la FAC, El Cocinero occupe une ancienne usine d’huile de cuisson au bord de la rivière Almendares. C’est un restaurant à plusieurs niveaux, avec d’élégantes terrasses, dont une sur le toit très prisée. On vient d’abord dîner, puis on prolonge au bar avec vue sur les cheminées industrielles restaurées.

Un peu plus loin, Madrigal Bar Café occupe une maison coloniale restée dans son jus : carrelages d’époque, meubles originaux, œuvres d’art cubaines au mur. On y sert tapas, cocktails abordables et on y écoute régulièrement du jazz live. Un balcon donne sur la rue, et l’atmosphère est plus bohème que clinquante.

À un coin de rue de là, Pazillo ressemble à une grande maison avec jardin. L’ambiance évoque une fête privée : burgers, ceviche, salades au menu, cocktails qui coulent à flot et concerts de jazz gratuits le samedi soir, souvent prolongés par du reggaeton ou de la pop.

Ces lieux, plus éloignés de la Vieille Havane, sont facilement accessibles en taxi. Un détail à garder en tête : les taxis d’État sont réputés chers, mieux vaut négocier le prix avant de monter.

Salsa, reggaeton, jazz : où danser à La Havane

La Havane est un laboratoire musical permanent. Selon le quartier, on bascule d’un club de reggaeton à un temple du jazz, d’une ruelle de rumba à un cabaret géant.

Attention :

Le quartier de Vedado concentre plusieurs clubs notables de La Havane, dont des caves à jazz comme La Zorra y el Cuervo, des lieux avec vue sur le Malecón comme le Jazz Café, des ambiances intimistes comme El Gato Tuerto, et des clubs en hauteur dans les hôtels comme le Turquino et le Pico Blanco.

Miramar, plus résidentiel et plus chic, abrite les grandes discothèques et les salles de salsa, notamment la Casa de la Música de Miramar, Don Cangrejo au bord de la mer avec sa piscine immense, ou le mythique Tropicana.

Tropicana, le cabaret à ciel ouvert

Ouvert en 1939 dans un jardin tropical de six acres, Tropicana s’est imposé comme un symbole absolu de la nuit cubaine. Surnommé « Un paradis sous les étoiles », ce cabaret en plein air aligne des dizaines de danseurs, chanteurs, musiciens, acrobates sur une scène installée entre arbres géants et palmiers.

Le spectacle revisite les grands genres musicaux cubains : bolero, rumba, mambo, salsa, danzón, guaguancó. Le show actuel, « Tropicana, Oh La Habana », mobilise une distribution impressionnante : une douzaine de chanteurs, 60 danseurs de ballet, une quarantaine de musiciens d’orchestre, un chœur, des acrobates. La soirée se termine souvent par un final façon carnaval, où public et artistes se mélangent sur une rumba endiablée.

Les billets sont segmentés en plusieurs catégories, avec ou sans dîner, selon l’emplacement des sièges (zone frontale, centrale ou arrière). Les fourchettes usuelles vont de 75 à 120 USD environ pour le spectacle, de 95 à 125 USD avec dîner. Certaines offres comprennent un quart de bouteille de rhum, des cocktails et des snacks.

Une tenue soignée est obligatoire : pantalon long et chaussures fermées pour les hommes, tenue habillée pour les femmes. Les shorts sont refusés. Pour les grandes soirées de fin d’année, notamment la nuit du 31 décembre, une formule gala avoisine les 300 USD avec dîner et cadeaux.

Old Havana, Centro, Vedado, Miramar : choisir son quartier

La nuit havanaise se vit différemment selon où l’on pose ses valises.

La Vieille Havane concentre bars historiques, petites adresses à cocktails et concerts de son traditionnel. On y trouve autant de classiques comme Sloppy Joe’s que de spots tendance comme O’Reilly 304, El del Frente, El Dandy ou Yarini.

– Centro Habana est plus populaire et résidentiel, mais la corniche du Malecón attire la jeunesse le soir. On y trouve aussi des rooftops comme Malecón 663 ou La Guarida.

– Vedado, avec ses avenues larges et ses maisons coloniales, est le cœur de la nuit « moderne » : clubs, bars branchés, lieux alternatifs, scènes jazz ou électro.

– Miramar et Playa rassemblent les discothèques les plus chics, les cabarets grand format, les clubs en plein air en bord de mer.

Tableau – Grandes zones de nuit à La Havane

QuartierAmbiance nocturne dominanteExemples de lieux phares
Vieille HavaneBars historiques, cocktails, petites scènes liveEl Floridita, La Bodeguita, O’Reilly 304, El del Frente
Centro HabanaPlus résidentiel, Malecón animé, rooftops secretsLa Guarida, Malecón 663
VedadoClubs, jazz, cabarets d’hôtels, lieux alternatifsLa Zorra y el Cuervo, Jazz Café, Sarao’s, FAC
Miramar / PlayaDiscos, grandes salles de salsa, cabarets, open airTropicana, Casa de la Música Miramar, Don Cangrejo

Varadero : stations balnéaires, clubs et bars à ciel ouvert

Varadero est surtout connue pour ses longues plages et ses resorts tout inclus, mais sa vie nocturne ne se limite pas aux spectacles d’hôtels. Un front de mer animé et plusieurs clubs ouverts à tous complètent l’offre.

Resorts « tout compris » : soirées encadrées et clubs intégrés

La plupart des hôtels de Varadero – Iberostar, Meliá, Barcelo, Royalton et autres – proposent une formule où repas, boissons et animations du soir sont compris dans le prix. Les spectacles se tiennent souvent dans un théâtre ou sur une scène extérieure, avec des numéros proches de ce qu’on voit sur les croisières : danses, chansons, sketches, revues. Beaucoup de ces shows se terminent assez tôt, parfois autour de 21 h.

Les complexes les plus orientés « fête » comme certains établissements axés musique et DJ organisent des pool parties, des soirées à thème et des sets électro toute la journée. La majorité des hôtels disposent en plus de leur propre discothèque ou bar de nuit, généralement ouverte jusqu’à 1 h 30 ou 3 h du matin, le plus souvent gratuite pour les clients (parfois avec open bar).

Astuce :

Pour une expérience plus authentique et un contact avec la population locale, il est recommandé de quitter le resort le soir et de découvrir la vie nocturne en ville, plutôt que de rester confiné dans l’établissement.

Bars et restos de Varadero : manger, boire, écouter de la musique

Le centre de Varadero aligne un nombre surprenant de bars et de restaurants indépendants. On y trouve du très simple comme du très élaboré.

Varadero 60 propose une carte centrée sur fruits de mer, pâtes et grillades, avec des plats signature comme le surf & turf (steak et langouste) ou le plateau de fruits de mer. Décor vintage, musique live, addition autour de 25 à 30 USD par personne.

Salsa Suárez mélange cuisine cubaine, internationale, pizzas, pâtes et petits déjeuners copieux. Les cocktails sont soignés : mojitos et daiquiris aux fruits de la passion, desserts maison, et même vente de cigares cubains. L’addition moyenne se situe entre 8 et 12 USD.

Atlántida joue la carte bistro : tapas, poulpe, burgers, tostones, pâtes, bières, vins, mojitos. Il est ouvert presque en continu, de 7 h à 5 h du matin, ce qui en fait un point de chute tardif pratique.

La journée, on y mange surtout des sandwiches simples, mais dès la tombée de la nuit, la rue se transforme en piste de danse à ciel ouvert avec groupes live, percussions et danseurs.

Snack Bar Calle 62

Un peu plus loin, Beatles Bar rend hommage au groupe de Liverpool à coups de reprises rock. Les concerts commencent vers 21 h 30, l’entrée est gratuite et l’endroit est vite plein. Le bar Mirador, installé sur le toit de la villa Xanadu (ancien manoir Dupont), offre quant à lui un bar panoramique ouvert 24 h sur 24, avec vue sur l’océan contre un droit d’entrée modeste.

Clubs et discothèques : la nuit jusqu’à 3 h du matin

Varadero possède plusieurs clubs indépendants des hôtels, souvent en plein air, où se retrouvent touristes et Cubains. Ils sont en général payants (en dollars), avec parfois formules open bar.

Tableau – Quelques grandes discothèques et cabarets de Varadero

LieuType de lieuHoraires indicatifsEntrée (références)Particularités
Discoteca La SalsaClub au sein d’un hôtel23 h 30 – 4 hMusique latine, ambiance locale
Casa de la Musica VaraderoSalle de concerts / club17 h – 21 h et 22 h 30 – 3 h≈ 10 USDGroupes cubains live, salsa, timba
Cueva del PirataCabaret/disco dans une grotte21 h – 2 h≈ 10 USD (boissons incluses)Show pirate, décor naturel
Discoteca Havana ClubGrande disco22 h 30 – 3 h≈ 10 USD (open bar)Entrée gratuite pour certains hôtels
La ComparsitaClub open airSelon les jours, jusqu’à 3 h≈ 5 USDSalsa, karaoke, humour en plein air
Palacio de la RumbaDisco orientée danse22 h – 3 h≈ 10 USD (boissons incluses)Musiques latines, ambiance festive

D’autres lieux complètent la scène, comme Mambo Club, qui mise sur les sons des années 1950 et propose parfois des cours de mambo, ou encore Havana Café, club au style années 1930 avec orchestres et shows.

La plupart de ces adresses se situent le long de l’avenue Playa ou de l’avenue 1re, accessibles en taxi depuis la majorité des hôtels. Les prix d’entrée annoncés incluent souvent plusieurs boissons.

Trinidad : petite ville, grande ambiance

Sur la côte sud, Trinidad offre une version plus intime de la nuit cubaine. Son centre historique pavé, classé au patrimoine mondial, se transforme le soir en un théâtre à ciel ouvert où musique live et cocktails coulent à flots.

Casa de la Música : escalier, fanfares et salsa

Au sommet d’un large escalier de pierre, juste à côté de l’église de la Plaza Mayor, la Casa de la Música est l’épicentre nocturne de Trinidad. La cour en plein air, bordée de tables et de chaises, se remplit progressivement dès la tombée de la nuit, mais les concerts commencent vraiment vers 22 h.

Au programme, des groupes qui enchaînent salsa, timba, son et rythmes afro‑cubains. Les spectateurs, Cubains comme visiteurs, se lèvent rapidement pour danser sur les marches. Une petite contribution est généralement demandée à l’entrée le soir, et les cocktails restent très abordables, notamment ceux à base de jus de canne frais.

Arriver avant 22 h permet de choisir sa table et de profiter du coucher de soleil sur les toits rougis de la ville.

Taberna La Canchánchara : le cocktail des mambis

À quelques rues de là, sur la calle Real del Jigüe, une vieille demeure coloniale reconvertie en bar sert la boisson emblématique de Trinidad : la canchánchara. Ce mélange d’aguardiente, de miel, de citron, d’eau et de glace aurait été créé par les combattants indépendantistes, les mambis, pour se réchauffer et se donner du courage.

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Le prix en dollars du cocktail servi dans de petites tasses en terre cuite.

Danser dans une grotte : Disco Ayala

L’un des clubs les plus étonnants du pays se cache dans une cavité naturelle au‑dessus de la ville : Disco Ayala, également surnommée Las Cuevas. On y accède en montant une colline derrière un hôtel, puis en descendant un long escalier sous terre. À une bonne trentaine de mètres sous la surface, des salles creusées, des stalactites, un vaste dancefloor et des lasers colorés composent un décor surréaliste.

Ambiance nocturne à Cuba

Découvrez les caractéristiques des soirées dansantes cubaines, un mélange éclectique où locaux et voyageurs se retrouvent pour danser jusqu’au petit matin.

Programmation musicale internationale

Un mix éclectique de reggaeton, de hits des années 1990, de reggaeton latino et parfois un peu de musique caribéenne.

Conditions d’entrée

L’entrée coûte quelques dollars ou 500 CUP, et inclut souvent une boisson.

Public et horaires

Les locaux et les voyageurs s’y retrouvent vers 23h pour danser jusqu’à 3-4h du matin.

Ambiance générale

Une atmosphère de grande discothèque pour danser dans une ambiance animée.

Bars intimistes, rooftops et recoins insolites

Trinidad a aussi sa collection de petites adresses plus discrètes.

Bar Frio, installé dans une maison du XIXe siècle derrière l’hôtel Iberostar Grand, est un bar privé au style néon, éclairage au blacklight et climatisation appréciable. Sa carte de cocktails est travaillée, avec par exemple un « Trinidad colonial » (rhum blanc, grenadine, jus d’orange), et des tapas comme tostones ou petites pizzas. Capacité limitée (moins de 50 personnes), ce qui garantit une ambiance intimiste.

Floridita Trinidad, hommage assumé à son homologue havanais, sert mojitos et daiquiris dans un décor rétro orné de photos d’Hemingway. La Casa de la Cerveza, installée dans les ruines d’un ancien théâtre, attire les amateurs de bières (y compris non cubaines) et propose concerts et soirées thématiques.

Pour admirer la ville de haut, la terrasse du restaurant El Criollo offre un beau point de vue sur les toits rouges, les montagnes et le célèbre clocher jaune du couvent de San Francisco, surtout au moment du coucher de soleil, souvent accompagné de musique live.

Salsa, festivals et écoles de danse

La nuit cubaine est indissociable de la salsa, appelée casino dans sa version locale. À La Havane comme en province, cette musique est partout : dans la rue, sur les places, dans les Casas de la Música, dans les petites Casas de la Trova.

Ritmo Cuba et les grandes rencontres de danse

Chaque année, La Havane accueille Ritmo Cuba, grand rassemblement international consacré à la danse. Durant une semaine, plus de soixante professeurs venus de Cuba et d’ailleurs enchaînent plus de cent heures de cours répartis dans trois salles. Au programme : salsa cubaine, rueda de casino, reggaeton, cha‑cha‑cha, bachata, hip‑hop, kizomba, rumba, danses folkloriques…

Les soirées du festival se déroulent dans les clubs de salsa les plus populaires de la capitale, notamment Casa de la Música Miramar ou Café Cantante Mi Habana, sous l’hôtel Nacional. C’est l’occasion de danser avec des Cubains de tous niveaux, accompagné de groupes live qui jouent timba, son ou cubaton jusqu’au bout de la nuit.

Où danser en dehors des festivals

En dehors de ces grands événements, la danse fait partie du quotidien nocturne. Les Casas de la Música de Miramar, de Centro Habana et de nombreuses villes (Trinidad, Viñales, Santiago, Cienfuegos) programmment des orchestres l’après‑midi et le soir. Les Casas de la Trova de Santiago, Camagüey ou Trinidad sont plus tournées vers le son traditionnel et la trova.

Bon à savoir :

Situé sous le Théâtre national à Vedado, le café propose des concerts en deux sessions : de 16h à 19h, puis de 22h à 3h. Il programme des artistes tels que David Blanco ou Moneda Dura. Une soirée gay avec drag show, nommée « Divino », a lieu le samedi.

Salon Rosado de la Tropical Benny Moré, à La Havane, reste l’un des hauts lieux de la salsa live en plein air, particulièrement le samedi soir.

Comment s’habiller et se déplacer pour profiter de la nuit

La tenue vestimentaire fait partie du code social cubain. S’habiller correctement, c’est montrer du respect pour soi‑même et pour les autres. Les Cubains aiment se mettre sur leur trente‑et‑un pour sortir, même dans des lieux modestes.

Pour la plupart des bars et clubs, un style décontracté mais soigné suffit : robe légère ou jupe et top pour les femmes, chemise en coton ou guayabera et pantalon léger ou jean pour les hommes. En revanche, les tongs, débardeurs et shorts de plage passent mal dans certains clubs chics, hôtels ou cabarets comme Tropicana, où un dress code strict impose pantalon long et chaussures fermées pour les hommes.

Bon à savoir :

Privilégiez des matières respirantes comme le coton ou le lin. Bien que les soirées puissent être plus fraîches, notamment en hiver ou près de la mer, un manteau est rarement nécessaire ; un châle ou une veste légère suffit. Prévoyez également une couverture pour les intérieurs souvent très climatisés.

Les chaussures méritent une attention particulière. Entre pavés irréguliers de Trinidad, trottoirs troués de La Havane et longues marches nocturnes, les talons aiguilles sont vite un cauchemar. Mieux vaut des chaussures fermées confortables, sneakers propres, sandales stables ou petits talons carrés pour les soirées dansantes.

Côté transport, les taxis restent le moyen le plus simple pour circuler de nuit entre quartiers. Les tarifs ne sont pas encadrés, il faut donc toujours négocier avant de monter. Compter par exemple une quinzaine de dollars entre la Vieille Havane et Vedado, un peu plus pour Miramar. Des applications locales existent, mais requièrent souvent une carte SIM cubaine.

Sécurité et conseils pratiques pour sortir le soir

Cuba jouit d’une réputation de pays relativement sûr, y compris la nuit. Les crimes violents contre les touristes restent rares, la police est très présente dans les zones touristiques, et la détention d’armes à feu est exceptionnelle. Pour autant, quelques précautions simples permettent d’éviter la plupart des problèmes.

Les risques principaux concernent les petits vols (pickpockets, sacs arrachés), surtout dans les foules (Malecón, grandes soirées, discothèques), et les arnaques classiques (notes gonflées, faux taxis, faux cigares, « amis » insistant pour emmener dans un bar où l’addition explose). Mieux vaut donc :

Astuce :

Pour assurer votre sécurité lors d’une soirée, il est conseillé de ne garder sur vous que l’argent nécessaire, réparti dans plusieurs poches. Limitez l’exposition de vos objets de valeur comme les bijoux, montres et téléphones. Surveillez toujours vos verres pour prévenir toute tentative de drogue dans vos boissons. Pour vos déplacements, privilégiez les taxis officiels ou ceux recommandés par votre hébergement. Enfin, restez dans les rues animées et bien éclairées, particulièrement lorsque vous rentrez tard.

Les voyageuses seules se heurtent parfois au machisme ambiant : compliments insistants, interpellations, propositions à répétition. Un refus ferme mais poli suffit souvent à mettre fin à l’échange.

Enfin, l’accès à Internet est loin d’être garanti partout. Mieux vaut télécharger cartes et plans hors ligne, et avoir toujours l’adresse de son hébergement sur soi, écrite sur un papier, pour la montrer au chauffeur.

Au‑delà de La Havane : autres villes et expériences nocturnes

Si La Havane, Varadero et Trinidad concentrent l’essentiel de l’offre décrite ici, d’autres villes proposent aussi des nuits marquantes. Santiago de Cuba, berceau du son et haut lieu de la rumba, anime ses Casas de la Trova et ses rues pendant les festivals d’été. Cienfuegos possède son Club Benny Moré, Camagüey et Holguín ont leurs propres scènes locales.

Dans les stations balnéaires plus calmes ou les cayos ultra balnéaires, la nuit se vit davantage au sein des hôtels : shows, bars de lobby, petites discothèques de complexe. Ceux qui souhaitent retrouver l’électricité des grandes villes devront parfois prévoir une excursion à la journée (ou à la nuit) vers La Havane ou Santiago.

Sortir le soir à Cuba, c’est accepter une part d’imprévu. Un club annoncé peut être fermé « pour rénovation », un groupe célèbre peut être remplacé par un autre, la meilleure soirée de votre voyage peut finalement être ce groupe de vieux musiciens rencontrés par hasard dans une ruelle de la Vieille Havane. En combinant quelques adresses phares – FAC, Tropicana, Casa de la Música, bars mythiques d’Hemingway, discothèques de Varadero, grotte de Trinidad – et une bonne dose d’improvisation, la nuit cubaine révèle ce qu’elle a de plus précieux : une envie de fête qui résiste à toutes les crises, portée par la musique, la danse et un verre de rhum à la main.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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