S’installer ou séjourner à Cuba ne ressemble à aucun autre marché immobilier au monde. Entre l’omniprésence de l’État, l’essor des casas particulares, la dualité des monnaies et une offre en forte demande dans les zones touristiques, trouver le bon logement peut vite devenir un casse-tête pour un voyageur ou un expatrié. Pourtant, avec quelques repères chiffrés, une bonne compréhension des règles locales et des réflexes pour éviter les mauvaises surprises, il est possible de louer à la fois confortablement et à un prix raisonnable.
Cet article offre un guide pratique et complet pour la recherche de logement à Cuba, en se concentrant particulièrement sur La Havane, qui est présentée comme le centre économique, culturel et touristique du pays.
Comprendre le contexte : économie, coût de la vie et monnaie
Avant même de chercher un appartement, il faut saisir le contexte économique dans lequel fonctionnent les loyers à Cuba. L’État reste propriétaire de la grande majorité du parc résidentiel, les salaires locaux sont bas, l’inflation est forte et la question des devises est centrale.
Le coût de la vie reste, en apparence, plus bas que dans de nombreuses grandes villes occidentales, mais tout dépend de la manière dont on dépense son argent, et surtout de la monnaie utilisée. Les voyageurs et expatriés paient très souvent en dollars ou en euros, sur des prix largement déconnectés des revenus cubains.
Le coût de vie mensuel estimé pour une famille de quatre personnes à Cuba, logement compris.
Ces montants contrastent brutalement avec le revenu local : le salaire moyen net à Cuba tourne autour de 299 dollars, mais certaines sources situent le salaire mensuel moyen autour de 34–35 dollars, et le salaire minimum à 33 dollars. Autrement dit, le coût réel de la vie dans les zones touristiques est plusieurs fois supérieur aux revenus cubains, ce qui explique pourquoi la location aux étrangers joue un rôle économique vital pour de nombreux foyers.
Le casse-tête des taux de change
Depuis l’unification monétaire de 2021, le peso cubain (CUP) est la seule monnaie officielle, mais dans la pratique, l’économie reste largement dollarisée, et surtout fragmentée par une multitude de taux de change.
Les chiffres relevés montrent que, dans la pratique, quatre références distinctes coexistent.
| Type de taux de change | Taux approximatif pour 1 USD |
|---|---|
| Taux officiel | 25 CUP |
| Conversion forcée dans certains hôtels | 100–125 CUP |
| Taux bancaire courant | 125 CUP |
| Taux « de rue » (marché informel) | ≈ 250 CUP |
Pour un étranger, l’enjeu est double. D’abord, éviter les retraits aux distributeurs automatiques, souvent désavantageux et incertains. Ensuite, comprendre que les prix réels ressentis dépendent de la capacité à échanger ses devises au meilleur taux, souvent via le marché informel, très répandu. Le dollar américain reste la devise reine ; l’euro et la livre sterling sont en position défavorable, et les pièces de monnaie sont particulièrement difficiles à écouler.
Avoir du cash en dollars permet donc d’obtenir un meilleur pouvoir d’achat, que ce soit pour la nourriture, les transports… ou le logement.
Panorama du marché locatif cubain
Le marché locatif cubain mêle propriété d’État, autorisations spécifiques pour la location privée et une offre touristique en plein essor depuis la légalisation des casas particulares dans les années 1990. Ce système a été renforcé avec les lois de 2011 autorisant davantage de transactions immobilières entre particuliers.
Concrètement, on trouve aujourd’hui plusieurs grands types de logement pour un étranger :
– des chambres ou appartements en casas particulares (équivalent des chambres d’hôtes) ;
– des appartements et maisons indépendants loués à moyen ou long terme ;
– des maisons de vacances, surtout dans les zones balnéaires.
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Typologie des logements disponibles
Les formes de location rencontrées le plus souvent sont : la location à long terme, la location à court terme, la location saisonnière, la location fermière, et la location d’objets.
– chambres privées chez l’habitant (avec ou sans salle de bain privative) ;
– appartements indépendants (studios, T1, T2, T3…) ;
– maisons entières ou villas, parfois avec piscine et jardin ;
– logements en bord de mer dans les Playas del Este proches de La Havane (Santa María, Boca Ciega, Guanabo, Brisas del Mar).
Les biens peuvent être meublés (cas le plus fréquent pour les étrangers) ou non meublés, plutôt destinés aux résidents de long terme. Dans les zones touristiques ou centrales, la location meublée avec équipements essentiels (climatisation, cuisine équipée, literie, parfois Wi-Fi) est la norme pour les étrangers.
Où se loger à La Havane : quartiers et ambiances
Pour un séjour à Cuba, La Havane fait figure de passage obligé. La ville concentre la plupart des universités, institutions, restaurants, bars, et bien sûr, attractions historiques. Mais tous les quartiers ne se ressemblent pas, et votre choix aura un impact direct sur le prix du loyer, la qualité de vie et la sécurité.
Parmi les zones les plus citées, on retrouve :
– Habana Vieja (Vieille Havane) : centre historique classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, avec ses places coloniales (Plaza de la Catedral, Plaza Vieja), ses ruelles pleines de vie, ses musées (Musée de la Révolution, Musée des Beaux-Arts), et de nombreux bars et restaurants. C’est un secteur extrêmement touristique, avec une forte concentration de casas particulares et de petits appartements.
Quartier populaire et dense situé entre la Vieille Havane et Vedado. Comprend des rues animées comme Dragones, Colón, Cayo Hueso, le Chinatown et des artères proches du Malecon. Offre l’un des meilleurs rapports qualité/prix pour un séjour central. À noter : les immeubles sont souvent anciens et l’état des parties communes peut être variable.
– Vedado : grand quartier résidentiel et commercial, relativement sûr et calme, avec de nombreuses ambassades, musées, galeries, hôtels de luxe et restaurants. C’est aussi une zone appréciée des expatriés. On y trouve des appartements modernes, des maisons de style années 40–50 et une partie du front de mer (Vedado–Malecón).
Les quartiers de Miramar, Siboney et Santa Fé, situés à l’ouest de la ville, sont des zones résidentielles et aisées caractérisées par de grandes villas, souvent proches de la mer. Miramar se distingue par ses imposantes maisons coloniales, ses centres d’affaires et ses ambassades. Siboney et Santa Fé sont quant à eux recherchés pour leur calme et, dans certains cas, leur accès direct à la mer.
– Boyeros, La Lisa, Playas del Este : quartiers plus éloignés du centre. Boyeros accueille notamment des villas près de l’aéroport ; La Lisa abrite de nombreuses maisons individuelles ; les Playas del Este (Santa María, Boca Ciega, Guanabo, Brisas del Mar) sont plutôt des stations balnéaires pour qui privilégie la plage.
Quelques exemples de localisations précises
Les listes de logements mentionnent des adresses comme Consulado 19 et Ánimas 572 à Centro Habana, Obrapía 509 et Lamparilla 62 à Habana Vieja, ou encore Avenida 5ta F à Miramar. Ces exemples illustrent bien la répartition : petites unités en plein centre historique et grandes maisons plus à l’ouest.
Au-delà des noms de rues, l’essentiel est de définir vos priorités : proximité des universités (près de Colón, par exemple, à un bloc de l’Université de La Havane), calme résidentiel (Vedado, Miramar, Santa Fé), ou immersion populaire (Centro Habana, Cayo Hueso, Chinatown).
Combien coûte un logement à Cuba ?
Les loyers à Cuba varient énormément selon le quartier, le standing et la durée du séjour. On peut néanmoins dégager des fourchettes moyennes à partir des données disponibles.
Loyers mensuels à La Havane et dans le reste du pays
Les chiffres suivants donnent une idée des prix moyens en ville pour des locations de type appartement :
| Type d’appartement | Localisation | Loyer moyen mensuel (Cuba, global) | Loyer moyen mensuel (La Havane) |
|---|---|---|---|
| 1 chambre (40–45 m²) | Centre-ville | ≈ 337 CUC / mois | ≈ 251 CUC / mois |
| 1 chambre | Hors centre | ≈ 499 CUC / mois | ≈ 323 CUC / mois |
| 3 chambres (80–85 m²) | Centre-ville | ≈ 904 CUC / mois | ≈ 1 022 CUC / mois |
| 3 chambres | Hors centre | ≈ 614 CUC / mois | ≈ 556 CUC / mois |
Ces montants restent indicatifs, les fourchettes étant très larges en pratique. Par exemple, à La Havane :
– un 1 chambre en centre peut se louer entre 180 et 700 CUC ;
– un 3 chambres en centre, entre 500 et 2 500 CUC.
Pour des logements plus haut de gamme (vues mer, penthouses, villas avec piscine, quartiers très recherchés comme Miramar ou Vedado – Malecón), il n’est pas rare de voir des loyers mensuels entre 1 500 et 3 000 dollars.
Pour les locations partagées, il est courant de payer entre 200 et 400 dollars par personne et par mois pour une chambre dans un logement commun à La Havane.
Coût par nuit : casas particulares et locations de vacances
Pour les séjours de courte durée, la logique est plutôt celle du tarif à la nuitée. Sur ce segment, les casas particulares dominent.
Il s’agit du prix minimum en dollars par nuit pour une chambre à louer à Cuba, en dehors des pôles très touristiques comme La Havane et Varadero.
Un échantillon de logements montre la diversité des prix et des prestations : une guesthouse à 40 dollars la nuit avec petit déjeuner, des villas avec piscine autour de 200 dollars la nuit.
Dépôt de garantie et frais annexes
Les locations au mois impliquent presque toujours un dépôt de garantie équivalant à un à trois mois de loyer, selon le type de bien. Ce dépôt est destiné à couvrir les impayés ou dégradations. Il doit théoriquement être restitué à la fin du contrat, sous réserve d’un état des lieux satisfaisant, dans un délai mentionné au bail (quelques semaines en général).
Il est conseillé de :
– exiger que le contrat précise clairement les conditions de restitution du dépôt ;
– faire un inventaire et un état des lieux très détaillés à l’entrée et à la sortie ;
– conserver une trace écrite (photos, messages) de tout désaccord éventuel.
Au-delà du dépôt, certains propriétaires facturent des frais de ménage final ou exigent le paiement anticipé d’un ou plusieurs mois de loyer.
Les casas particulares : la solution la plus typiquement cubaine
Difficile de parler de logement à Cuba sans évoquer les casas particulares. Apparues officiellement en 1997 avec la délivrance de licences par l’État, elles constituent aujourd’hui un pilier de l’hébergement touristique.
Une casa particular est une maison ou un appartement appartenant à un particulier, qui loue une ou plusieurs chambres, voire l’intégralité du logement, à des voyageurs. Elle se distingue d’un hôtel d’État ou d’une chaîne internationale par son caractère familial et privé.
Comment reconnaître une casa particular légale ?
Les logements légalement autorisés à accueillir des étrangers doivent obtenir une licence et payer un forfait mensuel. Ils affichent à l’entrée un symbole très reconnaissable : deux triangles bleus sur fond blanc, rappelant la forme de toits ou d’une ancre. Lorsqu’il est rouge, le panneau signale que la location est réservée aux Cubains.
Cette signalétique garantit que le propriétaire est déclaré, paie ses taxes et déclare vos informations auprès de l’immigration, ce qui est une obligation stricte. À votre arrivée, votre passeport vous sera demandé pour enregistrer officiellement votre séjour.
Prix et services proposés
Les prix varient fortement selon le quartier, la saison et le niveau de confort, mais quelques constantes se dégagent :
– chambres basiques : 10–25 dollars ;
– chambre confortable en ville touristique : 25–60 dollars ;
– hébergements premium ou villas : parfois plus de 100 dollars la nuit.
La plupart des casas proposent, en supplément :
– le petit-déjeuner, pour 3–5 dollars par personne ;
– le dîner, souvent entre 5 et 15 dollars selon le menu (le homard valant plus qu’un plat de poulet) ;
– une lessive, en général 5–10 dollars ;
– l’organisation de transferts (aéroport, bus), d’excursions (Viñales, plages, visites de la ville), ou de taxis collectifs entre villes.
De nombreux logements sont équipés de climatisation, d’eau chaude, d’un mini-frigo et parfois d’un Wi-Fi (qui peut être instable), ainsi que d’une terrasse ou d’un balcon. Certains offrent des prestations supplémentaires comme une piscine, un générateur électrique de secours, des panneaux solaires, des services de conciergerie ou la réservation de restaurants.
Réserver une casa particular
Plusieurs options coexistent :
– plateformes en ligne internationales, comme Airbnb ou d’autres sites spécialisés dans Cuba ;
– sites dédiés ou agences locales, qui réservent des casas pour leurs clients ;
– réseaux informels entre propriétaires : votre hôte à La Havane peut vous recommander un logement à Trinidad ou Viñales, et se charger de la réservation ;
– recherche sur place, à l’ancienne, en repérant les panneaux bleus et en sonnant aux portes.
Avec la généralisation d’Internet et l’usage de WhatsApp, de nombreux propriétaires ou intermédiaires communiquent rapidement, en particulier sur le marché havanais. Cependant, la connexion reste aléatoire et les plateformes internationales rencontrent parfois des difficultés de paiement vers Cuba. D’où l’intérêt de toujours prévoir un plan B (adresse alternative, numéros de téléphone, cash).
Le cadre légal : un marché très régulé
La location à Cuba fonctionne dans un carcan légal strict qui vise à protéger les locataires, tout en assurant à l’État une forte emprise sur le secteur.
Historiquement, la loi générale du logement de 1988 a permis à des particuliers de louer jusqu’à deux chambres sans payer d’impôts, mais sans préciser la question des étrangers. La montée en puissance des locations privées a ensuite conduit à une régulation plus serrée à partir de 1997, puis à la légalisation d’un véritable marché immobilier entre particuliers en 2011 (décret-loi 288).
Les textes clefs prévoient notamment :
À Cuba, louer un bien immobilier implique l’obligation d’obtenir une licence (arrendador) via l’Institut national du logement et les services fiscaux, soumise à inspection. Le régime fiscal impose des taxes lourdes sur les revenus locatifs, souvent en dollars, avec un forfait mensuel élevé. Les sanctions pour non-déclaration, location à des étrangers sans licence ou manquement aux déclarations d’immigration sont sévères : amendes de plusieurs centaines à plusieurs milliers de pesos ou dollars, et possibilité de confiscation du logement en cas de récidive.
Pour le locataire étranger, l’enjeu est de s’assurer que le propriétaire respecte ces règles. Louer un logement non déclaré peut exposer l’hôte à de graves problèmes, et vous mettre dans une situation délicate en cas de contrôle.
Contrat de location : ce qu’il faut absolument vérifier
À Cuba, les baux sont généralement plus courts que dans d’autres pays : la norme se situe entre 6 mois et 1 an, voire 2 ans pour certains cas. Les prolongations se font souvent de manière tacite, mais restent, en théorie, soumises à l’approbation des autorités.
Même si certains accords restent verbaux, surtout pour des séjours courts, il est fortement conseillé d’obtenir un contrat écrit, que ce soit pour une location longue durée ou un logement indépendant.
Un bail cubain bien construit doit aborder, au minimum : les droits et obligations des parties, la durée du bail, le montant du loyer, les modalités de paiement, les responsabilités en matière d’entretien, et les conditions de résiliation.
Un contrat de location doit impérativement préciser : la durée exacte du contrat (dates de début et de fin) ; le montant du loyer, sa devise (CUP, dollar) et le mode de paiement (espèces, virement, etc.) ; la date de paiement et les pénalités en cas de retard ; le montant, les conditions de conservation et de restitution du dépôt de garantie ; la répartition des charges (électricité, eau, gaz, internet, déchets) ; les responsabilités de chacun pour l’entretien et les réparations ; les conditions de résiliation anticipée (préavis, indemnités, motifs légitimes) ; ainsi que les règles concernant les invités, les animaux de compagnie et l’usage du logement (ex. : interdiction de sous-location).
Les clauses plus spécifiques peuvent porter sur la prise en charge de certaines factures, la possibilité d’effectuer des travaux d’amélioration, ou encore la manière de gérer les coupures d’électricité ou d’eau, fréquentes dans certaines zones.
Pour le locataire, quelques réflexes sont cruciaux : lire attentivement le bail avant signature, vérifier l’état des lieux d’entrée, déclarer tout sinistre à son assurance dans les délais, et communiquer par écrit avec le propriétaire ou l’agence pour conserver une trace des échanges.
– demander la copie de la licence de location ou d’un document prouvant la propriété et le droit de louer ;
– vérifier que le contrat respecte les règles locales (via un avocat ou un conseiller ayant l’habitude du marché cubain) ;
– conserver toutes les versions signées, ainsi que les échanges principaux avec le propriétaire (WhatsApp, e-mails) ;
– s’assurer que le dépôt de garantie est bien mentionné et que les motifs de retenue sont clairement définis.
Évaluer un logement : inspection et état des lieux
Le système cubain ne prévoit pas systématiquement de rapport de condition standardisé (informe técnico) pour les locations privées. La responsabilité de l’inspection initiale incombe donc largement au locataire.
Avant de signer ou de verser un dépôt significatif, il est fortement recommandé de visiter le logement et de le passer au peigne fin : murs, sols, plafonds, installations électriques, plomberie, portes et fenêtres, électroménager.
La pratique la plus sûre consiste à : respecter les consignes de sécurité et effectuer des vérifications régulières.
Avant de louer un logement à La Havane, notamment dans les quartiers anciens comme Centro Habana ou Habana Vieja, procédez à ces vérifications minutieuses : inspectez les murs et plafonds pour déceler infiltrations et fissures importantes ; testez toutes les prises électriques et repérez traces de brûlure ou odeurs suspectes ; vérifiez le bon fonctionnement et l’étanchéité des portes et fenêtres, ainsi que l’état des moustiquaires ; contrôlez la pression et la température de l’eau ainsi que l’évacuation dans la douche et les éviers ; testez la chasse d’eau des toilettes pour détecter les fuites ou odeurs ; faites fonctionner tous les équipements (climatisation, électroménager, cuisinière) ; et inspectez les placards et recoins pour repérer toute trace d’humidité, de moisissure, d’insectes ou de rongeurs.
Prendre des photos et noter les défauts permet de se protéger à la sortie, lorsque viendra le moment de récupérer le dépôt. En cas de longue durée, prévoir un point d’étape au milieu du bail peut aussi aider à clarifier les responsabilités pour l’entretien.
Coût des charges : électricité, eau, internet, téléphone
Les charges additionnelles sont un élément souvent sous-estimé au moment de choisir un logement. Or, à Cuba, leurs tarifs peuvent peser lourd sur un budget étranger, surtout pour l’Internet.
Les chiffres indicatifs pour La Havane montrent :
| Poste de dépense | Montant mensuel moyen (La Havane) |
|---|---|
| Électricité, eau, chauffage, déchets (≈ 85 m²) | ≈ 34,40 USD |
| Facture « utilités » pour une personne | ≈ 21,70 USD |
| Facture « utilités » pour une famille | ≈ 33,40 USD |
| Internet fixe haut débit (≈ 60 Mbps) | ≈ 75 USD |
| Forfait mobile (appels + ≥10 Go data) | ≈ 40 USD |
À l’échelle du pays, les services de base restent un peu plus chers en moyenne, surtout l’internet, qui peut atteindre plus de 200 dollars par mois pour certains forfaits haut débit. Ce coût très élevé explique pourquoi beaucoup de logements n’offrent pas de Wi-Fi illimité, ou l’incluent en supplément.
Il faut distinguer :
Deux formules principales existent : les locations « tout compris », souvent destinées à une clientèle étrangère en séjour court ou moyen, et les baux classiques où, bien que les compteurs soient au nom du propriétaire, la consommation d’énergie vous est refacturée.
La consommation électrique est en outre facturée selon un barème progressif : les premiers kilowattheures coûtent peu, mais au-delà d’un certain seuil, le prix du kWh augmente fortement. Autrement dit, la climatisation poussée en continu peut faire exploser la facture.
Pour les séjours longs, il est utile de clarifier dès le départ :
– si l’Internet est inclus, limité (nombre d’heures, de gigas) ou à votre charge ;
– si l’électricité est plafonnée (par ex. jusqu’à tant de CUP par mois inclus dans le loyer) ;
– comment seront gérées les surconsommations (présentation de factures, paiement forfaitaire, etc.).
Transports et emplacement : penser au quotidien
La Havane dispose d’un réseau de bus, de taxis classiques, de taxis collectifs (almendrones), et bien sûr de voitures américaines anciennes transformées en « collectivos ». Les tarifs locaux restent faibles pour les Cubains (quelques centimes de dollar le bus, moins d’un dollar un taxi partagé), mais les étrangères et étrangers paient souvent plus cher, surtout pour les taxis touristiques.
Les données recueillies donnent les repères suivants :
C’est le prix en dollars d’un ticket de transport local à La Havane.
Lors du choix du quartier, il est donc judicieux de calculer non seulement le loyer mais aussi le temps et le budget de transport : habiter loin du centre peut réduire le loyer, mais faire grimper les coûts de déplacement si vous devez régulièrement rejoindre Habana Vieja ou Vedado.
Comment chercher concrètement un logement à Cuba ?
Sur le terrain, la recherche se fait par une combinaison de méthodes modernes et traditionnelles.
Plateformes en ligne et réseaux sociaux
Des plateformes comme Airbnb proposent des milliers de logements à La Havane et dans les principales villes. Elles permettent de filtrer par quartier, budget, type de bien, équipements (Wi-Fi, cuisine, climatisation, piscine, parking, etc.), et de parcourir les avis (plus de 143 000 pour les seuls appartements havanais, d’après certaines données).
Des sites spécialisés se sont développés autour des casas particulares et de la location de maisons. Certains offrent une section « long terme », proposent aussi des services de taxi privé, de location de voiture ou de circuits avec hébergement chez l’habitant.
Une étudiante étrangère à Cuba a trouvé successivement cinq appartements en utilisant des groupes Facebook dédiés à sa ville et le site Revolico. Ces plateformes lui permettaient de filtrer les annonces par quartier et budget, puis de contacter directement les propriétaires via WhatsApp.
L’usage de ces canaux implique toutefois quelques précautions : toutes les annonces ne sont pas à jour, certaines doublonnent, d’autres peuvent être frauduleuses. Il est utile de :
– recouper les informations d’un logement vu sur plusieurs sites ;
– vérifier la date de mise à jour de l’annonce ;
– demander des photos ou vidéos supplémentaires ;
– éviter de verser de l’argent sans avoir vu le bien ou sans passer par une plateforme disposant de mécanismes de protection.
Réseau local, bouche-à-oreille et visites sur place
À Cuba, le bouche-à-oreille reste roi. Beaucoup de propriétaires louent sans jamais poster d’annonce en ligne, en se reposant sur des recommandations d’anciens locataires, de voisins, ou de membres de leur famille.
Un système courant à Cuba est le « réseau de casas » : votre hôte dans une ville (ex: La Havane) peut vous recommander une casa particulière dans la ville suivante de votre itinéraire (ex: Viñales ou Trinidad). Bien que pratique pour éviter des recherches, cette méthode limite vos possibilités de comparaison. Notez également que ces recommandations peuvent parfois donner lieu au versement d’une commission à la personne qui vous a orienté.
Sur place, beaucoup de voyageurs continuent à chercher « à l’ancienne », en repérant les panneaux bleus des casas particulares et en frappant à la porte. Cela fonctionne particulièrement bien en basse saison et dans les zones de forte densité de casas comme Trinidad ou Viñales.
Négocier et sécuriser sa location : astuces pratiques
Les prix affichés aux étrangers ne sont pas gravés dans le marbre. La négociation est une pratique courante, surtout pour des séjours longs.
Quelques leviers efficaces :
– proposer un engagement de longue durée (par exemple un bail d’un an) en échange d’un loyer mensuel plus bas ;
– accepter de payer plusieurs mois d’avance, tout en gardant à l’esprit le risque (préferez un échelonnement raisonnable) ;
– demander des « extras » inclus plutôt qu’une baisse de prix si le propriétaire est inflexible (Wi-Fi, ménage hebdomadaire, prise en charge partielle de l’électricité, etc.).
Dans tous les cas, il est important de :
Pour négocier efficacement un logement à Buenos Aires, renseignez-vous d’abord sur les prix moyens du quartier afin d’éviter les loyers excessifs. Lors des visites et de la négociation, il est recommandé de se faire accompagner par un ami local ou une personne maîtrisant bien l’espagnol. Si vous avez des difficultés à suivre une conversation téléphonique rapide, privilégiez les échanges écrits, par exemple via WhatsApp, pour clarifier les termes et conditions.
Se protéger des arnaques
Comme partout, la pression sur le logement et la méconnaissance du marché par les étrangers attirent les escrocs. Les méthodes les plus courantes sont classiques : proposer un bien à un prix anormalement bas, exiger un paiement immédiat par virement ou via une application peu traçable, refuser d’organiser une visite avant paiement, se montrer évasif sur l’adresse exacte.
Pour minimiser les risques, il est essentiel d’adopter une approche proactive et structurée. Cela implique d’identifier, d’évaluer et de prioriser les menaces potentielles, puis de mettre en œuvre des mesures préventives et des plans d’atténuation adaptés. Une surveillance continue et une révision régulière des procédures permettent de s’adapter aux nouvelles vulnérabilités et de maintenir un niveau de sécurité optimal.
– méfiez-vous des offres « trop belles pour être vraies », surtout lorsqu’elles sont très en dessous du marché ;
– ne payez jamais de dépôt ni de loyer sans avoir au moins vu le logement ou envoyé un tiers de confiance ;
– privilégiez les plateformes reconnues qui ne versent l’argent au propriétaire qu’après votre arrivée ;
– vérifiez l’identité du propriétaire, son droit à louer (licence de casa particular ou documents de propriété), et cherchez des avis ou des traces en ligne ;
– évitez d’envoyer des scans complets de vos documents avec toutes les informations sensibles visibles (vous pouvez en masquer certaines pour limiter les risques d’usurpation).
Vivre au quotidien : budget global et arbitrages
Une fois le logement trouvé, l’enjeu est de boucler un budget réaliste. Outre le loyer et les charges, il faut intégrer la nourriture, les transports, la communication et quelques frais de loisirs.
Les données de coût de la vie suggèrent :
– un repas dans un restaurant bon marché à La Havane tourne autour de 3,80 dollars ;
– un repas pour deux dans un restaurant de gamme moyenne coûte environ 27,50 dollars ;
– les courses mensuelles pour un étudiant, selon une estimation, se situent autour de 1 600 CUP (montant qui doit être mis en perspective avec les multiples par rapport aux salaires locaux et aux taux de change).
La Havane est environ 61 % moins chère que New York pour un étranger avec un revenu extérieur, hors loyer.
La majorité des expatriés et étudiants rapportent qu’avec un budget logement bien négocié (par exemple 200–400 dollars pour une chambre ou un petit appartement en dehors des zones les plus luxueuses), et un mode de vie plutôt local (marchés, petites cantines, transports publics ou taxis partagés), on peut vivre confortablement à Cuba, malgré la cherté de certains produits importés (électronique, cosmétique, etc.).
Conseils finaux pour bien trouver son logement à Cuba
Trouver un logement à Cuba, et particulièrement à La Havane, suppose d’accepter une certaine complexité administrative, des infrastructures parfois fragiles (coupures d’électricité, d’eau, internet instable), et un marché locatif fortement influencé par la demande touristique et les devises étrangères.
Pour autant, en gardant en tête quelques principes simples, l’expérience peut se révéler très positive :
Pour un séjour réussi à Cuba, il est crucial de bien se préparer. Renseignez-vous sérieusement en amont sur les quartiers, les prix et les modes de transport. Déterminez clairement vos priorités (proximité du centre, calme, budget, accès à la plage, Wi-Fi…). Privilégiez les *casas particulares* et les logements licenciés, surtout pour un premier séjour. Visitez et inspectez toujours le logement avant de vous engager sur le long terme. Formalisez l’accord par un contrat clair, incluant le dépôt de garantie, les charges et les règles de résiliation. Ayez du cash en dollars pour bénéficier de meilleurs taux de change et réduire la dépendance aux systèmes bancaires locaux. Enfin, gardez une part de souplesse : à Cuba, beaucoup de choses se règlent par le contact humain, la débrouille et le bouche-à-oreille.
Avec ces repères, chercher un logement à Cuba devient moins intimidant et davantage ce qu’il devrait être : une étape excitante de la découverte d’un pays à la fois complexe, exigeant et fascinant.
Cas pratique : un investisseur français qui diversifie à Cuba
Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine financier déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel à Cuba pour chercher du rendement locatif et une exposition au peso cubain convertible via le dollar. Budget alloué : 400 000 à 600 000 dollars, sans recours au crédit.
Après analyse de plusieurs zones (La Havane, Varadero, région de Trinidad), la stratégie retenue a consisté à cibler une maison individuelle ou un petit immeuble touristique dans un quartier en développement de La Havane, combinant rendement locatif brut cible de 10 % – « plus le rendement est grand, plus le risque est important » – et potentiel de valorisation à moyen terme, avec un ticket global (acquisition + frais + travaux légers) d’environ 500 000 dollars. La mission a inclus : sélection du marché et du quartier, mise en relation avec un réseau local (juriste spécialisé, conseiller fiscal, gestionnaire), choix de la structure d’investissement la plus adaptée au cadre cubain et définition d’un plan de diversification dans le temps, afin de maîtriser les risques juridiques, fiscaux et locatifs.
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