Les sports populaires à pratiquer à Cuba

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Le voyageur qui arrive à Cuba se rend vite compte que l’île vit au rythme du sport. Dans les rues de La Havane, sur les plages de Varadero, dans les écoles comme dans les vieux stades à la peinture écaillée, on court, on frappe dans une balle, on saute, on nage, on boxe. Le sport est partout, parce qu’il est à la fois loisir, outil politique, ascenseur social et fierté nationale. Pour un visiteur, cela signifie surtout une chose : les occasions de pratiquer sont innombrables.

Bon à savoir :

Cuba propose une offre sportive double : des sports d’élite de renommée internationale (baseball, boxe, volleyball, athlétisme) et des activités accessibles aux voyageurs (sports nautiques, running, plongée, activités de plage à Varadero), incluant aussi des expériences insolites comme le *juego de maní* ou des stages de boxe à La Havane.

Une île qui a fait du sport un droit

À Cuba, le sport n’est pas seulement une question de divertissement. Depuis la Révolution, l’État le présente comme un droit fondamental. L’Institut national des sports, de l’éducation physique et des loisirs (INDER), créé en 1961, encadre l’ensemble des disciplines, des écoles primaires aux équipes nationales. La Constitution de 1976 va jusqu’à consacrer explicitement le droit à l’éducation physique, au sport et à la récréation.

Exemple :

À Cuba, la politique sportive nationale implique que cinq disciplines (athlétisme, basketball, baseball, gymnastique et volleyball) sont obligatoires à l’école secondaire. Cela a pour conséquences que la majorité des Cubains sont familiarisés avec plusieurs sports dès l’enfance et que le niveau moyen, y compris en sports de combat et collectifs, est étonnamment élevé. Pour un voyageur, s’entraîner ou jouer de façon informelle avec des locaux devient ainsi une expérience à la fois sportive, culturelle et sociale.

Le pays a aussi misé sur un système de détection et de formation très structuré : les écoles EIDE (Escuelas de Iniciación Deportiva) repèrent les jeunes talentueux et les orientent vers des établissements spécialisés. Sur l’Île de la Jeunesse, au sud de l’archipel, plus de 27 écoles de ce type accueillent chacune près de 600 élèves. Cette machine à produire des champions explique en grande partie pourquoi une petite nation a accumulé plus de 200 médailles aux Jeux olympiques, notamment en boxe, athlétisme, lutte et volleyball.

Exemple :

L’écosystème sportif cubain se manifeste par des infrastructures omniprésentes (stades, gymnases, piscines) et une pratique populaire spontanée. On observe des enfants jouant au baseball artisanal, des matchs de basketball improvisés sur terrains dégradés, des coureurs le long du Malecón à l’aube, et des familles pratiquant des activités nautiques comme le kayak ou le pédalo à la plage.

Varadero, vitrine des sports nautiques cubains

Pour comprendre ce que Cuba offre en matière de sports à pratiquer, il suffit de regarder du côté de Varadero. Posée sur la péninsule de Hicacos, cette station balnéaire aligne 20 kilomètres de plage de sable blanc bordés d’eaux turquoise, avec plus de 50 resorts « tout compris ». C’est l’un des plus grands complexes balnéaires des Caraïbes, et une véritable usine à activités sportives.

Sports de plage et nautiques à Varadero

Dans la plupart des hôtels, les sports nautiques non motorisés – kayak, stand up paddle, planche à voile, catamaran léger type Hobie Cat, pédalos, bodyboard – sont inclus dans le forfait. Les activités motorisées – jet-ski, ski nautique, parachute ascensionnel – sont généralement payantes, mais faciles à réserver depuis la plage ou une marina.

Attention :

Varadero offre des sites exceptionnels pour la plongée et le snorkeling, comme Coral Beach, la grotte Saturno et le récif de Bacunayagua. Le parc sous-marin de Cayo Piedra, près de la Marina Gaviota, propose un terrain de jeu spectaculaire avec tunnels, cavités, récifs coralliens et épaves de navires et d’avions.

Pour donner un aperçu synthétique des activités aquatiques proposées à Varadero et dans d’autres régions de Cuba, le tableau suivant permet de s’y retrouver facilement.

Activité nautique / aquatiqueOù la pratiquer principalementParticularités pour les voyageurs
Plongée sous-marineVaradero (Coral Beach, Cueva Saturno, Bacunayagua), Baie des Cochons, Trinidad, GuajimicoNombreux clubs, spots de tombants, épaves, cours d’initiation disponibles
SnorkelingPlaya Coral près de Varadero, Cayo BlancoPlus de 300 espèces de poissons à Playa Coral, accès depuis la côte ou en excursion
Catamaran (Seafari, croisières)Depuis Marina Chapelin et Marina Gaviota vers Cayo BlancoJournées avec bar ouvert, repas (souvent langouste, poisson, crevettes), musique cubaine, arrêt snorkeling
Kayak / Stand up paddlePlages de Varadero, Cayo Coco, GuardalavacaNon motorisés souvent inclus dans les forfaits « all inclusive »
Planche à voile / voile légèreVaradero, Cayo Coco, GuardalavacaVent régulier, idéal pour l’initiation
KitesurfVaradero (écoles locales), certains cayosCours possibles via écoles spécialisées
Jet-ski / ski nautiqueVaradero, grandes stations balnéairesActivités payantes, à réserver sur place
Bateau à fond de verreVaradero (Varasub), semi-submersible NautilusSorties d’environ 90 minutes avec boissons incluses, observation des fonds sans se mouiller
Pêche sportive (hauturière et côtière)Côtes nord de Varadero, péninsule de ZapataMarlins, thons, voiliers au large ; snappers, mérous, barracudas près des côtes

Ces activités se pratiquent idéalement pendant la saison sèche, de novembre à avril, quand la mer est généralement plus calme et la météo plus clémente pour les sorties en mer.

Au-delà de la plage : exploration et nature

Varadero ne se résume pas aux sports de plage. À quelques kilomètres, la grotte Saturno, un cenote aux eaux fraîches (environ 20–22 °C) entouré de stalactites, permet de nager et de plonger dans un décor minéral spectaculaire. D’autres grottes, comme la Cueva de Ambrosio et la Cueva de Musulmanes dans la réserve écologique de Varahicacos, combinent randonnée, observation de la faune, peintures rupestres et fossiles aborigènes.

Astuce :

Pour une pause douce, visitez le parc Josone à Varadero, une oasis verte avec jardins, lac et restaurants, où vous pourrez louer de petites embarcations. Pour plus d’aventure, optez pour une excursion en jeep au sud, vers la vallée de Yumurí ou la péninsule de Zapata. Ces sorties combinent conduite tout-terrain, balade en bateau dans les mangroves, visite de fermes à crocodiles et parfois plongée dans des cenotes.

Pour ceux qui veulent mêler tourisme et interaction avec les animaux, le Varadero Delfinario ou le delphinarium en mer ouvert de Rancho Cangrejo proposent des rencontres encadrées avec des dauphins. Ces activités sont très prisées, même si elles suscitent également des débats éthiques croissants.

Enfin, la vie nocturne de Varadero prend un tour sportif à sa manière : danser jusqu’au bout de la nuit dans des clubs comme le Tropicana, la Casa de la Musica ou Mango’s Disco est une activité physique à part entière, qui prolonge dans la nuit l’énergie dépensée dans l’eau la journée.

Baseball : jouer le sport national au plus près des Cubains

On ne peut pas parler des sports populaires à pratiquer à Cuba sans commencer par le baseball. C’est officiellement le sport national, et on estime qu’environ 62 % de la population y joue, ne serait-ce qu’occasionnellement. Introduit dans les années 1860 par des marins américains et des étudiants cubains revenus des États-Unis, il a rapidement pris une dimension politique. Banni par les autorités coloniales espagnoles en 1869, il est devenu symbole de liberté et d’égalité, en opposition à la tauromachie perçue comme un spectacle de l’occupant.

Un système de ligues unique

Après l’abolition de la ligue professionnelle d’avant-révolution en 1961, la Série nationale de baseball (SNB) a été instaurée comme principale compétition interne. Elle compte aujourd’hui 16 équipes, chacune associée à une province ou région (plus La Havane). La saison régulière s’étend actuellement sur environ 75 matchs de mars à juillet, suivie de séries éliminatoires.

26

Nombre de titres de Coupe du monde remportés par la sélection nationale cubaine de baseball.

Une ligue d’élite plus récente, la Liga Elite de Beisbol, rassemble les meilleures équipes issues de la Série nationale pour un championnat plus court, dont le vainqueur représente Cuba à la Série des Caraïbes.

Où et comment pratiquer le baseball en tant que voyageur

Pour un touriste, il existe plusieurs façons d’entrer dans l’univers du baseball cubain :

Exemple :

Pour vivre le baseball cubain, on peut assister à un match dans un grand stade comme l’Estadio Latinoamericano à La Havane, le Guillermón Moncada à Santiago ou le Victoria de Girón à Matanzas, où l’ambiance est électrique et festive. Une autre option est de rejoindre un « pickup game » informel dans un quartier, où les enfants improvisent des parties avec du matériel de fortune ; il suffit souvent de proposer de jouer pour être intégré. Enfin, des circuits spécialisés organisés par des voyagistes étrangers proposent des visites de stades, des rencontres avec des entraîneurs ou d’anciens joueurs, et parfois des sessions d’entraînement encadrées.

Le baseball étant le sport-roi, discuter avec les Cubains de leurs équipes locales, des rivalités historiques (par exemple entre Industriales et Santiago de Cuba), des joueurs emblématiques (de Martín Dihigo à José Abreu) est un excellent moyen de briser la glace. Sur le plan de la pratique, même un débutant est souvent chaleureusement accueilli : le plaisir du jeu prime sur le niveau.

Boxe : s’entraîner dans un berceau de champions

Si le baseball est le sport le plus pratiqué, la boxe est sans doute le plus prestigieux aux yeux du monde. Cuba a décroché 37 titres olympiques (73 médailles au total) en boxe, ce qui la place juste derrière les États-Unis dans l’histoire olympique. Deux boxeurs, Teófilo Stevenson et Félix Savón, ont chacun remporté trois titres olympiques, un cas unique.

Une école de boxe structurée et omniprésente

La boxe a été introduite à la fin du XIXᵉ siècle et structurée dès 1910 avec la création du premier club à La Havane. Après la Révolution, le régime a interdit le professionnalisme mais a massivement investi dans l’amateurisme. Des écoles de boxe ont été ouvertes dans tout le pays, intégrées au système scolaire. La formation suit un modèle inspiré de l’école soviétique, avec un programme standardisé et progressif.

19000

Nombre de boxeurs parmi les athlètes cubains, formant le cœur d’un système reconnu pour son style technique et tactique.

Le Rafael Trejo Boxing Gym, une adresse culte

Pour ceux qui souhaitent découvrir cette culture de l’intérieur, le gymnase Rafael Trejo, dans la Vieille Havane, est devenu une sorte de lieu de pèlerinage. Niché entre des immeubles décrépits du quartier populaire de San Isidro, il se présente comme une cour ouverte avec un vieux ring et des installations rudimentaires. C’est pourtant l’un des plus anciens et plus célèbres clubs de Cuba, qui a formé de nombreux champions.

Bon à savoir :

Récemment rénové, ce gymnase sert de porte d’entrée pour les boxeurs étrangers. Des entraîneurs renommés, comme l’ancien quintuple champion national Nardo Mestre Flores, encadrent à la fois les jeunes espoirs cubains et les visiteurs. Des organisations proposent des camps de boxe complets incluant hébergement en casa particular, transferts, entraînements quotidiens et possibilité de sparring avec des boxeurs locaux.

Souvent, les séances pour étrangers se déroulent le matin sur le Malecón ou sur des plages proches de La Havane, comme Santa Maria del Mar. L’accent est mis sur le travail technique, le jeu de jambes, la répétition de gestes simples, parfois à travers des jeux d’esquive proches du « chat » plutôt que du combat frontal. L’expérience est exigeante physiquement, mais accessible même à des pratiquants amateurs, pour peu qu’ils soient motivés.

Pour avoir un ordre d’idée des moyens déployés en boxe par rapport aux autres sports, le tableau suivant regroupe quelques chiffres-clés évoqués dans les rapports.

IndicateurBoxe à Cuba (ordre de grandeur)Commentaire
Nombre de boxeursEnviron 19 000Sur 99 000 athlètes recensés
Entraîneurs de boxeEnviron 494Formation sur 7 ans pour les coachs
InstallationsEnviron 185 salles et ringsRépartis sur tout le territoire
Médailles olympiques37 or / 73 au total2 boxeurs triples champions olympiques

Outre Rafael Trejo, d’autres salles comme le Kid Chocolate Sports Hall, face au Capitole, ou le Ponce Carrasco Gymnasium à Centro Habana, donnent un aperçu du rôle central de la boxe dans la vie quotidienne. Même sans s’entraîner, assister à une séance, voir des enfants de 12 ans travailler leur jeu de jambes avec une discipline quasi militaire est en soi une activité marquante.

Volleyball : du haut niveau aux matchs improvisés sur le sable

Le volleyball arrive en deuxième ou troisième position des sports d’équipe les plus populaires, derrière le baseball et souvent à égalité avec le basketball. Introduit au début du XXᵉ siècle, il a bénéficié du même système d’écoles sportives que les autres disciplines prioritaires.

Des équipes nationales au palmarès impressionnant

La sélection féminine a marqué l’histoire du volleyball mondial entre la fin des années 1970 et le début des années 2000. Surnommées les « Spectaculaires Caribéennes », les Cubaines ont mis fin à la domination de l’URSS et du Japon en remportant le Mondial 1978, puis ont aligné trois titres olympiques consécutifs (1992, 1996, 2000), assortis de plusieurs Coupes du monde, Grands Prix et Coupes des grands champions.

Bon à savoir :

Le tableau fourni résume les principaux résultats des équipes nationales de volleyball, permettant d’évaluer l’importance culturelle de ce sport à Cuba.

ÉquipeCompétitions majeures remportéesPériode phare
Équipe féminine3 or olympiques, 3 titres mondiaux, plusieurs Coupes du monde et Grands Prix1978–2000
Équipe masculine1 bronze olympique, médailles aux Mondiaux (argent, bronze), titres en Ligue mondiale, Coupe du monde, NORCECA1970–2000, puis renouveau récent

Ce palmarès a des répercussions jusque sur la plage. Sur les rivages de Varadero, de Cayo Coco ou de Guardalavaca, les filets de beach-volley sont omniprésents. Les resorts organisent fréquemment des tournois ouverts aux vacanciers, avec animateurs qui mêlent Cubains et touristes dans la même équipe. Le niveau est extrêmement variable, mais les bases techniques sont souvent solides chez les locaux, passés par le système scolaire.

Cuba est également présente dans les compétitions de beach-volley de haut niveau. Des paires masculines comme Noslen Díaz – Jorge Luis Alayo ont récemment remporté des médailles d’or et d’argent sur des circuits internationaux, confirmant que la culture du volley se décline sur toutes les surfaces.

Basketball : du bronze olympique aux terrains de quartier

Le basketball occupe une place particulière dans le paysage sportif cubain. Officiellement, il est un peu moins populaire que le baseball et la boxe, mais dans les villes, surtout chez les jeunes, il rivalise clairement avec ces disciplines. On le retrouve au programme obligatoire des lycées, et la Fédération cubaine de basketball gère un championnat national (Liga Superior de Baloncesto) chez les hommes et les femmes.

1972

Année où l’équipe masculine de basket de Porto Rico a remporté sa seule médaille olympique, un bronze à Munich.

Pour le voyageur, la manière la plus directe de toucher cette culture, c’est de se rendre sur un terrain public. À La Havane, le terrain de 23 y B, dans le quartier du Vedado, réunit chaque jour des joueurs de tous niveaux. Le béton y est usé, les panneaux parfois rafistolés, mais l’intensité des matchs compense largement. Près de l’Université de La Havane, un vieux gymnase aux lattes de bois fatiguées accueille aussi des parties acharnées.

La plupart des matchs se jouent à 3 contre 3 ou 5 contre 5, en points courts (souvent jusqu’à 7, en paniers valant 1 ou 2 points). Les discussions – parfois très animées – sur les fautes ou les sorties de balle font partie du spectacle et sont presque une forme de théâtre de rue. Les joueurs n’ont pas toujours du matériel récent : beaucoup portent des maillots NBA d’occasion, parfois très anciens, hérités de la famille ou offerts par des touristes.

Un étranger peut être invité à entrer dans la rotation s’il attend au bord du terrain et propose ses services. La barrière de la langue s’estompe vite : un bon écran, un rebond difficile ou un tir réussi parlent d’eux-mêmes.

Athlétisme et course à pied : découvrir les villes en courant

L’athlétisme compte parmi les sports prioritaires du système cubain, et le pays a produit des légendes comme Javier Sotomayor, détenteur du record du monde du saut en hauteur. Dans la vie quotidienne, cette culture se décline en deux volets : la compétition d’élite et la course comme pratique populaire.

Exemple :

La Havane accueille le marathon Marabana, qui attire des coureurs locaux et étrangers. La promenade du Malecón, longue de huit kilomètres le long de la baie, est l’un des rares axes dégagés pour les courses de fond dans la ville, dont les rues sont souvent étroites et encombrées. Courir à l’aube sur cette digue, en croisant pêcheurs, couples et groupes de jeunes, constitue une expérience marquante pour les coureurs.

Des plateformes spécialisées recensent d’ailleurs des itinéraires de running à travers l’île, avec descriptions du relief, de la difficulté, du temps estimé et du dénivelé. On trouve ainsi des parcours urbains dans La Havane, mais aussi des boucles plus nature dans des parcs nationaux ou des vallées comme Viñales.

Pour un visiteur qui souhaite intégrer la course à son séjour, quelques précautions s’imposent : chaleur tropicale, hydratation, attention au trafic dans les rues étroites et aux revêtements parfois dégradés. Mais une fois ces contraintes acceptées, courir devient un moyen privilégié d’explorer la ville en immersion.

Sports de combat et arts martiaux : de la lutte au jeu de maní

En dehors de la boxe, Cuba se distingue également en judo, en lutte gréco-romaine et libre, et, plus récemment, en arts martiaux mixtes inspirés des disciplines olympiques.

Lutte, judo, judokickbox

La lutte gréco-romaine cubaine est considérée comme l’une des plus fortes du monde, au moins dans l’hémisphère occidental. L’équipe nationale accumule les titres par équipes aux championnats continentaux et régionaux, et des athlètes comme Mijaín López ont conquis plusieurs titres olympiques.

Bon à savoir :

Le judo, sport d’État à Cuba, a inspiré la création du Judokickbox (JKB), considéré comme la première forme de MMA cubaine. Fondé par deux entraîneurs, il combine judo cubain et kickboxing selon une philosophie de « réaction en chaîne » intégrant frappes, blocages, projections et soumissions. Des championnats nationaux annuels rassemblent des centaines de clubs.

Même si ces événements restent tournés vers le public local, un pratiquant étranger peut parfois assister à des compétitions ou organiser, via des contacts sur place, une séance d’initiation avec des coachs impliqués dans le mouvement.

Le juego de maní, un art martial afro-cubain méconnu

Au croisement de la danse, du combat et du rituel, le juego de maní – ou simplement maní – constitue l’une des expressions martiales les plus fascinantes de l’île. Né dans les communautés esclaves africaines, probablement liées aux traditions congolaises, il se pratique dans un cercle sur fond de percussions issues du culte Palo Monte.

Exemple :

À l’origine, le combat de mani était réel, parfois mortel, et les maîtres d’esclaves pariaient sur les combattants. Aujourd’hui, la pratique s’est folklorisée et survit principalement dans des ensembles artistiques comme le Conjunto Folklórico Nacional ou la troupe Raíces Profundas. Les démonstrations actuelles mêlent chants, danse guerrière et séquences de combat codifiées incluant coups de pied bas, balayages, coups de poing, projections, roulades et parfois l’usage d’armes comme des bâtons ou des machettes.

Pour un voyageur, il serait illusoire de prétendre « apprendre » le maní en quelques jours, d’autant que les maîtres authentiques sont rares et jaloux de leur savoir. En revanche, assister à une représentation ou à un atelier d’initiation organisé par une troupe folklorique offre un éclairage précieux sur la manière dont le sport, la danse et la spiritualité se mêlent dans la culture afro-cubaine.

Jeux d’échecs, salsa, trekking : d’autres formes de pratique

Si l’on élargit la définition du sport à des activités intellectuelles ou des exercices physiques non compétitifs, Cuba réserve d’autres surprises.

Les échecs, par exemple, font partie du programme scolaire dès le primaire. L’île a donné au monde José Raúl Capablanca, troisième champion du monde de l’histoire, ce qui explique la popularité durable du jeu. On trouve facilement des joueurs dans les parcs, autour de tables pliantes, prêts à affronter un inconnu. Pour un amateur, jouer quelques parties en plein air est une expérience aussi cubaine qu’un match de baseball.

Astuce :

Bien que la salsa ne soit pas une discipline sportive officielle, sa pratique régulière dans la vie quotidienne en fait un véritable exercice physique. De nombreuses écoles et clubs proposent des cours, souvent complétés par des sorties en soirée. Pour un touriste, apprendre quelques pas de salsa permet de s’immerger dans un autre aspect de la culture locale : l’art de la fête, considéré comme une activité nationale.

Enfin, la randonnée (trekking) est mentionnée parmi les activités populaires. Le pays compte plusieurs parcs nationaux, dont le parc Alejandro de Humboldt ou Topes de Collantes, ainsi que des réserves comme la Ciénaga de Zapata. Des excursions guidées permettent de combiner marche, observation de la faune (oiseaux, reptiles), baignade en rivière ou dans des piscines naturelles. Ces randonnées peuvent être physiques, surtout par forte chaleur, et constituent une bonne alternative pour ceux qui préfèrent la nature aux arènes sportives.

Varadero et ailleurs : comment organiser son séjour sportif

Que l’on parte d’un resort de Varadero, d’une casa particular à La Havane ou d’un village de l’intérieur, la question qui se pose est toujours la même : comment se greffer sur l’écosystème sportif local ?

Quelques principes se dégagent des informations disponibles :

Astuce :

Pour pratiquer une activité sportive à Cuba, plusieurs approches sont recommandées. Profitez des infrastructures incluses dans les hôtels tout inclus, comme le kayak ou le paddle, souvent sans surcoût. N’hésitez pas à vous joindre à des parties sur les terrains publics (basket, football) où les Cubains sont généralement accueillants. Pour des disciplines plus structurées (boxe, plongée, baseball), privilégiez les circuits spécialisés via des agences ou clubs locaux bien implantés. Enfin, respectez toujours le contexte local : adoptez de l’humilité face à des équipements parfois vétustes, un engagement sportif très élevé et des conditions (chaleur, horaires) qui requièrent de la flexibilité.

On peut aussi approcher l’offre sportive cubaine par grandes familles, pour mieux choisir en fonction de ses envies. Le tableau ci-dessous propose une typologie simplifiée des sports à pratiquer en tant que voyageur.

Type de pratiqueExemples de sports à CubaProfil de voyageur concerné
Sports de plage & merKayak, paddle, plongée, snorkeling, beach-volley, planche à voile, kitesurf, pêche sportiveVacanciers balnéaires, débutants à intermédiaires
Sports collectifs de rueBaseball, basketball, football, volley sur terrain urbainVoyageurs curieux, prêts à aller vers les locaux
Sports de combatBoxe, judo, lutte, judokickbox (en observation ou initiation encadrée)Pratiquants motivés, amateurs d’arts martiaux
Endurance & runningCourse sur le Malecón, marathons (Marabana), randonnées en montagneCoureurs et randonneurs réguliers
Culture & intellectÉchecs en parc, juego de maní (observé), salsaVoyageurs intéressés par culture et sport au sens large

Un sport profondément politique… mais intensément vécu

Derrière cette profusion d’activités se cache un fait essentiel : à Cuba, le sport est intimement lié au projet politique. Dès 1959, les dirigeants révolutionnaires ont misé sur les victoires sportives pour démontrer la supériorité de leur système. L’INDER a été conçu comme une machine à former des champions, mais aussi comme un outil de cohésion sociale : tous les enfants, quelles que soient leurs origines, passent par le même creuset sportif.

120

Cuba investit environ 120 millions de dollars par an dans le sport, avec une priorité aux disciplines olympiques.

Pour le visiteur, cet arrière-plan se ressent dans la manière dont les Cubains parlent de sport. Une médaile olympique n’est pas seulement la réussite d’un individu, mais la preuve – du moins dans le discours officiel – de l’efficacité d’un système collectif. Les sportifs de haut niveau sont souvent employés par l’État, perçus comme des travailleurs au service de la nation, même si beaucoup cherchent aujourd’hui des opportunités à l’étranger, au prix parfois d’une rupture douloureuse avec leur pays.

Exemple :

Sur le terrain, dans des lieux improvisés comme une salle de boxe ou autour d’un terrain de baseball, ce sont les rires, la passion du jeu et l’envie de se dépasser qui dominent. Le discours sur « le droit du peuple au sport » prend tout son sens lorsqu’on observe des enfants s’entraîner des heures sur un panier de basket branlant ou des adolescents répéter inlassablement des pas de danse ou des enchaînements de boxe.

Conclusion : pratiquer le sport pour comprendre Cuba de l’intérieur

Explorer Cuba par le prisme du sport, c’est découvrir une facette essentielle de l’île. Que l’on passe ses journées à Varadero entre snorkeling et catamaran, que l’on s’inscrive à un stage de boxe à La Havane, que l’on improvise un match de basket au Vedado ou que l’on coure au petit matin sur le Malecón, chaque activité sportive devient un prétexte à la rencontre.

Dans un pays où le baseball est une quasi-religion, où la boxe a produit certains des plus grands champions de l’histoire, où le volleyball féminin a régné sur le monde pendant une décennie, le simple fait de partager un ballon, un ring ou un bout de piste avec des Cubains ouvre des portes que ne franchissent jamais ceux qui restent cantonnés aux circuits purement touristiques.

Contexte sportif cubain

Les sports populaires à pratiquer à Cuba ne se résument donc pas à une liste de disciplines. Ils forment un langage commun, un moyen d’entrer en conversation avec une société complexe, fière de ses réussites sportives et attachée à l’idée que chacun, du plus modeste écolier au champion olympique, a quelque chose à vivre et à apprendre sur un terrain de jeu.

Pour le voyageur, accepter cette invitation à bouger, à transpirer, à jouer avec les Cubains, c’est peut-être la meilleure façon de comprendre ce que signifie réellement, ici, l’expression « sport pour tous ».

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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