Les quartiers les plus prisés par les expatriés à Cuba

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer à long terme à Cuba, ce n’est pas seulement choisir un pays : c’est aussi trancher entre des ambiances de vie très différentes d’un quartier à l’autre. Pour une île d’environ 11 millions d’habitants, le nombre d’expatriés reste limité par rapport à d’autres pays d’Amérique latine, mais la demande se concentre fortement sur quelques zones précises. Ces quartiers cumulent accès aux services, relative stabilité des infrastructures, vie culturelle intense ou proximité de la mer, autant de critères décisifs pour ceux qui vivent sur place toute l’année.

Bon à savoir :

La vie d’expatrié à Cuba se concentre principalement à La Havane, capitale politique, économique et culturelle, offrant des opportunités professionnelles et un cadre urbain. Les quartiers emblématiques de Vedado, Miramar, Playa, Habana Vieja et Centro Habana en sont le cœur, ainsi que des zones plus résidentielles comme 10 de Octubre ou les plages à l’est de la capitale. En dehors de la Havane, certaines villes balnéaires et historiques comme Varadero, Trinidad ou Santiago de Cuba attirent également les expatriés, souvent liés au secteur touristique.

Havana, épicentre de la vie expatriée à Cuba

Havana est à la fois la plus grande ville de Cuba et la plus grande agglomération des Caraïbes, avec un peu plus de deux millions d’habitants. Située sur la côte nord, à moins de 100 milles de la Floride, elle concentre les institutions politiques, les ministères, les universités, les principaux hôpitaux ainsi qu’une grande partie de la vie économique naissante du secteur privé. Pour un expatrié, cette densité de services a un prix : il faut composer avec une infrastructure parfois fragile, une bureaucratie lourde, un système bancaire compliqué par l’embargo américain et une connexion internet lente et inégale.

1000

Un expatrié a besoin d’au moins 1 000 dollars par mois pour vivre à La Havane, alors que le salaire mensuel moyen dans le secteur public est d’environ 30 dollars.

Le tableau ci‑dessous donne un aperçu comparatif – à partir des données disponibles – des types de quartiers plébiscités à Havana et ailleurs à Cuba.

Zone / villeType de lieuProfil dominant d’expatriésAtouts principaux
Vedado (Havana)Quartier central et culturelÉtudiants, profs, nomades digitaux, ONGVie culturelle, cafés, sécurité relative, bonne localisation
Miramar (Havana)Quartier diplomatique et résidentiel haut de gammeDiplomates, dirigeants, familles expatriéesAmbassades, écoles internationales, grandes villas, calme
Playa (Havana)Municipalité résidentielle ouestExpatriés aisés, famillesPlages urbaines, ambiance détendue, loyers variés
Habana ViejaCentre historiqueExpats branchés, travailleurs du tourismePatrimoine colonial, vie touristique, musées
Centro HabanaQuartier populaire centralExpatriés à budget serré, profils “aventuriers”Authenticité, prix bas, proximité du Malecón
10 de OctubreMunicipalité résidentielleFamilles, expatriés à la recherche de calmeMaisons cossues, ambiance de quartier, loyers modestes
Playas del Este / GuanaboBande balnéaire à l’est de HavanaExpats en quête de plage, retraitésPlages, atmosphère de village, loyers plus abordables
VaraderoStation balnéaireProfessionnels du tourisme, retraités hivernantsPlages de carte postale, services touristiques développés
TrinidadVille coloniale touristiqueEntreprenants du tourisme, guides, retraitésPatrimoine UNESCO, ambiance pittoresque
Santiago de CubaGrande ville historiqueExpats liés à la culture ou à l’enseignementScène musicale, caractère caribéen prononcé

Ce cadre posé, il est temps d’entrer dans le détail des quartiers qui reviennent le plus souvent dans les discussions d’expatriés installés à Cuba.

Vedado : cœur moderne et culturel de Havana

Vedado occupe une place à part dans l’imaginaire des étrangers qui s’installent, même temporairement, à Cuba. Situé dans la municipalité de Plaza de la Révolution, bordé par le Malecón au nord et par la rivière Almendares à l’ouest, il forme le cœur moderne de la capitale. Développé surtout dans la première moitié du XXᵉ siècle, il arbore de larges avenues ombragées, des trottoirs généreux, des immeubles Art déco et néoclassiques, ainsi que de hautes barres résidentielles des années 50.

On le décrit souvent comme la partie la plus “aisée” de la ville : beaucoup d’ambassades, de ministères et d’institutions nationales y ont leur siège, ce qui attire une classe moyenne locale et une partie de l’élite intellectuelle. Pour un expatrié, Vedado coche plusieurs cases essentielles : sécurité ressentie comme supérieure à la moyenne, meilleure régularité de l’eau et de l’électricité que dans de nombreux autres quartiers, accès aisé aux transports et à une offre variée de restaurants, bars et cafés.

Institutions, universités et vie estudiantine

Vedado concentre un nombre impressionnant d’institutions clés. On y trouve notamment le ministère cubain des Relations extérieures, l’Institut des relations internationales, plusieurs ministères sectoriels (Travail, Santé, Sucre), la Chambre de commerce, l’Union des artistes et écrivains, ainsi que le siège de la télévision nationale et de l’institut du cinéma. Cette densité institutionnelle attire missions étrangères, chercheurs et experts qui viennent en coopération.

Exemple :

La présence de l’Université de Havana, prestigieuse institution, attire de nombreux étudiants cubains et étrangers ainsi que des professeurs invités. Beaucoup d’entre eux logent dans des casas particulares à Vedado, des hébergements chez l’habitant déclarés et licenciés par l’État, offrant ainsi une immersion culturelle alliée à un certain confort.

Tableau de quelques institutions majeures situées à Vedado :

Type d’institutionExemples implantés à Vedado
Universités et centres de rechercheUniversité de Havana, Casa de las Américas
Ministères et organismes publicsMinistère de la Santé, du Travail, des Relations extérieures, etc.
Culture et artsInstitut cubain du cinéma, Union des artistes et écrivains (UNEAC)
DiplomatieAmbassade des États‑Unis, autres représentations étrangères
MédiasInstitut de la Radio et Télévision, centre national de télévision

Pour un expatrié, vivre à proximité de ces institutions signifie des trajets quotidiens raccourcis, des possibilités de réseautage et une offre culturelle dense à portée de main.

Cafés, culture et vie nocturne

Vedado est réputé comme épicentre culturel de la capitale. Le long de l’avenue 23, surnommée “La Rampa”, se concentrent cinémas, galeries, cafés, librairies et points Wi‑Fi publics. Des lieux comme le cinéma Yara, la Coppelia (immense glacier à ciel ouvert) ou la Fábrica de Arte Cubano (centre hybride qui combine galerie, club et salle de spectacle) sont devenus des repères incontournables aussi bien pour les locaux que pour les étrangers.

Bon à savoir :

La vie culturelle est rythmée par des festivals internationaux (cinéma, théâtre, jazz). Depuis les années 2010, un secteur privé élargi a permis le développement de paladares (restaurants), cafés avec Wi-Fi et clubs intimistes. Bien que chers pour les locaux, ces lieux sont accessibles aux expatriés avec un budget international.

Vedado joue aussi un rôle central dans la vie LGBTQ+ de Cuba. La scène gay se concentre notamment autour d’un tronçon de la 23, entre le cinéma Yara, Coppelia et le Malecón. L’institution publique CENESEX, active dans la défense des droits LGBT, y contribue à une atmosphère plus ouverte que dans le reste du pays. Pour des expatriés LGBTQ+, ce micro‑climat est souvent un critère décisif dans le choix de s’installer à Vedado plutôt qu’ailleurs.

Logement et coût de la vie à Vedado

En matière d’hébergement, Vedado propose un éventail large : chambres en casas particulares, appartements dans des immeubles des années 50, maisons anciennes partagées, hôtels de standing comme le Nacional, le Riviera ou le Meliá Cohiba, ainsi que de petits hôtels‑boutiques récemment rénovés. Les loyers restent théoriquement moins élevés que dans les grandes métropoles occidentales, mais ils sont élevés en valeur absolue pour le contexte cubain.

Astuce :

En pratique, les appartements pour expatriés débutent autour de 400 $ par mois. Les prix augmentent selon la localisation, la taille et la présence d’équipements rares comme une climatisation efficace, un générateur, un réservoir d’eau ou un accès internet stable. Les locations passent souvent par des plateformes locales (ex: Revolico) ou le bouche-à-oreille. Bien que des baux écrits existent, de nombreux accords restent informels et payés en espèces, ce qui nécessite de la prudence.

Pour un expatrié, Vedado est donc un compromis : plus cher que les zones résidentielles périphériques, mais nettement plus pratique au quotidien, avec un environnement social et culturel particulièrement attractif.

Miramar : le quartier diplomatique et résidentiel haut de gamme

Si Vedado parle aux artistes, aux étudiants et aux nomades digitaux, Miramar est, lui, synonyme de vie diplomatique, d’affaires et de résidences de luxe. Situé dans la municipalité de Playa, à l’ouest de Vedado, ce quartier s’étend à partir de la mythique Quinta Avenida (5ᵉ Avenue), large boulevard arboré qui longe la mer et aligne ambassades, villas et sièges d’entreprises.

Historiquement, Miramar est né dans l’entre‑deux‑guerres comme banlieue résidentielle aisée, reliée au centre par un pont sur la rivière Almendares. Son plan s’inspire du mouvement “City Beautiful” nord‑américain : boulevards paysagers, grandes parcelles, styles architecturaux variés (Art nouveau, Art déco, modernisme des années 50). Après la Révolution, une partie des villas fut réaffectée à des usages officiels : “maisons de protocole”, logements pour cadres du Parti, ministères, ambassades.

Diplomates, entreprises et expatriés aisés

Depuis les années 1990, avec l’ouverture progressive à l’investissement étranger, Miramar s’est positionné comme principal pôle d’affaires de Havana. Le Miramar Trade Center, un vaste complexe de bureaux et commerces développé en partenariat entre une société cubaine et un investisseur étranger, illustre cette stratégie : plusieurs bâtiments de bureaux modernes, parkings, espaces commerciaux, qui accueillent environ 150 entreprises, notamment des coentreprises et représentations de sociétés étrangères.

Attention :

Les quartiers de Vedado et Miramar à La Havane concentrent une importante population expatriée, incluant diplomates, cadres de multinationales et responsables d’organisations internationales. De nombreuses ambassades, comme celle des États‑Unis pour certains services consulaires, y sont installées, et leurs personnels y résident pour des raisons de proximité et de sécurité.

Écoles internationales et services médicaux

Pour les familles expatriées, la présence d’écoles internationales est un argument de poids. Miramar et plus largement la municipalité de Playa abritent plusieurs établissements : l’International School of Havana (enseignant en anglais), une école française (Lycée Français de La Havane Alejo Carpentier) ainsi qu’un centre éducatif espagnol. Ce sont des établissements privés coûteux : les frais de scolarité peuvent dépasser 9 000 à 12 000 dollars par an pour les classes supérieures, ce qui les réserve de fait aux familles bénéficiant d’aides de leur employeur ou d’un revenu élevé.

Bon à savoir :

Le quartier accueille des cliniques internationales, dont la Clínica Central Cira García à Miramar, qui est l’hôpital de référence pour de nombreux expatriés et touristes. Ces établissements fonctionnent sur un modèle payant en devises étrangères (euros, dollars canadiens…) et exigent souvent un règlement anticipé des soins. Il est donc crucial pour les expatriés de disposer d’une couverture santé internationale solide et reconnue par les institutions cubaines.

Immobilier de prestige et “inmobiliarias”

Miramar est également l’un des principaux terrains de jeu du marché immobilier haut de gamme à Cuba. Légalement, seuls les citoyens cubains et les résidents permanents peuvent acheter un logement, à quelques exceptions près liées à des projets touristiques ou à certains ensembles conçus dès l’origine pour des acheteurs étrangers, appelés inmobiliarias. Dans ces immeubles, toutes les unités peuvent être détenues par des étrangers ou des sociétés étrangères, souvent sous forme de baux de longue durée.

Exemple :

Un exemple emblématique est l’immeuble Habana Palace, situé à Miramar. Cette copropriété de standing propose des appartements de deux chambres avec deux salles de bains, balcon privé, garage, sécurité 24h/24, piscine sur le toit et un système de production d’électricité propre. Elle cible une clientèle internationale, diplomatique ou d’affaires. Parallèlement, certaines propriétés individuelles, comme de grandes villas de style colonial rénovées, atteignent des prix très élevés sur le marché cubain, dépassant 400 000 dollars pour des surfaces de plus de 600 m², alors que le prix moyen national d’une maison est d’environ 36 000 dollars.

Le tableau suivant illustre l’écart entre les niveaux de prix moyens par zone, selon les données disponibles :

Zone ou type de bienFourchette indicative de prix (USD)
Appartement 3 ch. / 2 sdb à Vedado ou PlayaEnviron 60 000
Maison individuelle à Vedado ou PlayaÀ partir de 100 000 et plus
Vieille ville / Habana Vieja (appartements)De 25 000 à 100 000 et plus
Grandes villas à Siboney (ouest de Havana)De 150 000 à plus de 500 000
Prix moyen national d’une maison (estimation)Environ 36 000
Prix/m² à Havana (général)Environ 1 500 à 3 000
Prix/m² à VaraderoEnviron 1 000 à 2 500
Autres villes / zones ruralesEnviron 800 à 1 500

Même si nombre d’expatriés ne peuvent ni ne souhaitent acheter en raison des contraintes légales, cette flambée immobilière a un effet direct sur les loyers à Miramar : les logements les mieux situés, dotés de jardin, piscine, générateur et connexion internet raisonnable, se louent à des tarifs que peu de Cubains peuvent payer, mais qui restent comparables aux loyers de métropoles intermédiaires ailleurs dans le monde. Les familles d’expatriés, surtout celles avec enfants scolarisés dans les écoles internationales, se concentrent donc dans ces poches de haut standing.

Playa, Guanabo et les “Playas del Este” : vivre entre ville et mer

La municipalité de Playa englobe Miramar mais aussi d’autres zones plus calmes ou plus populaires. C’est un territoire vaste, en grande partie résidentiel, qui combine secteurs très aisés et quartiers de niveau de vie moyen. Pour de nombreux expatriés, Playa offre un compromis intéressant : moins dense que Vedado, plus verdoyant, proche de la mer, tout en restant raisonnablement connecté au centre.

Plus loin, au‑delà des limites administratives de la ville, la bande côtière baptisée Playas del Este s’étire sur une quinzaine de kilomètres, de Bacuranao jusqu’à Guanabo. Ces plages forment la station balnéaire de proximité de Havana. L’endroit est très fréquenté le week‑end par les habitants, mais plusieurs secteurs plus calmes attirent aussi quelques expatriés en quête de vie balnéaire sans couper totalement les ponts avec la capitale.

Guanabo, village balnéaire à portée de main

À une vingtaine de minutes de route de Centro Habana, Guanabo se distingue comme un bourg de plage à l’ambiance de village, avec des petites rues, des maisons basses et une multitude de casas particulares familiales. Les plages de Guanabo ou de Boca Ciega, plus tranquille, séduisent ceux qui rêvent de se réveiller face à la mer et de vivre dans une atmosphère détendue. Par rapport à Miramar, les loyers y sont souvent plus abordables, mais les services sont aussi plus rudimentaires : moins d’hôpitaux de référence, connexion internet plus fragile, offre commerciale plus réduite.

Ce type de choix convient surtout à des retraités ou des travailleurs à distance prêts à accepter une part d’isolement, ou encore à des expatriés qui partagent leur temps entre un logement principal à Havana et un pied‑à‑terre balnéaire.

Habana Vieja : le charme colonial et ses limites

Le centre historique de Havana, Habana Vieja, est l’image carte postale de Cuba : rues pavées, immeubles coloniaux aux couleurs passées, places baroques, forteresses et églises. Classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, cette zone de seulement 4 km² concentre près de 900 bâtiments d’intérêt historique et culturel, et environ 100 000 habitants. C’est aussi le premier pôle touristique du pays.

Bon à savoir :

Pour un expatrié, résider au cœur du centre historique de La Havane offre un cadre de vie unique, à proximité immédiate des sites emblématiques comme la Plaza de la Catedral. Le quartier, très animé, concentre de nombreux musées, hôtels, bars et restaurants privés. Il présente également l’avantage d’une meilleure continuité des services d’eau et d’électricité que d’autres zones, en faisant un choix privilégié pour les professionnels du tourisme, de la culture ou des ONG patrimoniales.

Mais le revers de la médaille est tout aussi net : bruit permanent, forte densité, afflux massif de touristes, bâtiments souvent très dégradés. Beaucoup d’immeubles exigeraient des rénovations lourdes, même si certains îlots bénéficient de projets de réhabilitation pilotés par l’Office de l’Historien de la ville. Les logements de qualité sont rares et chers, et la cohabitation avec des voisins vivant dans des conditions très précaires peut être un choc pour des expatriés peu préparés à ces contrastes.

Bon à savoir :

Le quartier de La Havane Vieille attire principalement des étrangers en séjour prolongé, des propriétaires de petites structures touristiques (comme des casas particulares) et des expatriés engagés dans la préservation du patrimoine. En revanche, les personnes recherchant une vie plus stable, notamment les familles avec enfants ou celles ayant besoin de travailler à distance, lui préfèrent généralement les quartiers de Vedado ou Miramar.

Centro Habana : immersion “authentique” à petit budget

Coincé entre Habana Vieja et Vedado, Centro Habana est un district très dense, à dominante populaire. Longé au nord par le Malecón, il aligne une succession de rues encombrées, de façades défraîchies, de marchés de quartier et de petites échoppes. Sur le plan esthétique, il apparaît souvent plus dégradé que le centre historique, les ressources de rénovation ayant d’abord été concentrées sur Habana Vieja.

Astuce :

Pour les expatriés au budget limité ou recherchant une immersion réaliste, Centro Habana est un quartier apprécié. Les loyers y sont généralement plus bas que dans les quartiers plus prisés. On y trouve davantage de petites chambres et de *casas particulares* bon marché à louer. Le quartier est très central : Habana Vieja est accessible à pied pour le travail, Vedado est à quelques minutes en bus ou en taxi collectif, et le Malecón est proche pour les promenades du soir.

Des lieux emblématiques comme le restaurant La Guarida, installé dans un vieil immeuble en ruine chic, témoignent d’une certaine créativité urbaine. Toutefois, Centro Habana reste une zone où les infra­structures sont fragiles : coupures d’eau, effondrements ponctuels de bâtiments, manque d’espaces verts. Pour un expatrié, c’est un pari : acceptation de l’inconfort contre une immersion quotidienne dans la réalité sociale cubaine.

10 de Octubre, Cerro et les quartiers résidentiels au sud

Pour ceux qui ne veulent ni du tumulte touristique de Habana Vieja ni du côté “enclave” de Miramar, plusieurs municipalités plus au sud, comme 10 de Octubre ou Cerro, offrent une alternative plus discrète. Ces zones sont composées en grande partie de rues résidentielles, de maisons individuelles parfois cossues, de petits commerces de proximité et d’une vie de quartier très marquée.

Bon à savoir :

Les micro-quartiers comme Santo Suárez ou La Víbora offrent un environnement tranquille et local, avec des habitations de bonne qualité. Peu fréquentés par les touristes, ils sont appréciés par certains expatriés. Les loyers y sont généralement inférieurs à ceux de Vedado ou Miramar, mais plus élevés que dans les périphéries modestes.

Cerro, l’un des plus anciens districts de Havana, offre une atmosphère de banlieue intérieure, avec des marchés, des rues mixtes habitat/commerces et moins de circulation qu’au centre. Là encore, le principal atout pour un expatrié est la qualité de vie quotidienne : rapport loyer/espace avantageux, voisinage stable, perception d’une plus grande normalité au quotidien.

L’inconvénient majeur de ces municipalités résidentielles est l’éloignement relatif des grandes institutions, des écoles internationales et des cliniques pour étrangers, ce qui impose des trajets plus longs et une organisation plus complexe, surtout pour les familles.

Siboney, Jaimanitas, Cojímar : les poches exclusives et les enclaves pittoresques

À l’extrême ouest de Havana, dans la continuité de Playa, Siboney est l’un des quartiers les plus exclusifs de l’île : un tissu de villas spacieuses, souvent entourées de hauts murs, occupées par des dirigeants cubains, des représentants étrangers de haut rang et quelques expatriés fortunés. Les prix d’achat des villas, quand elles sont disponibles, peuvent dépasser 500 000 dollars, et les loyers suivent cette logique de niche. Pour un expatrié disposant d’un budget très confortable, Siboney offre un niveau de confort rare à Cuba : grands jardins, piscines, générateurs, personnel de maison, sécurité renforcée.

Bon à savoir :

Jaimanitas, un secteur de Playa, est célèbre pour le projet d’art urbain Fusterlandia. Initié par un artiste local, il a métamorphosé un ancien quartier de pêcheurs en musée à ciel ouvert. Cette ambiance artistique unique attire une communauté d’expatriés en recherche de créativité, bien que l’offre de logements structurés y soit limitée.

Plus à l’est, au‑delà de la baie, Cojímar est un petit bourg côtier associé à Ernest Hemingway, qui y venait pêcher. Quelques expatriés amateurs d’histoire littéraire ou de cadre marin y trouvent un compromis entre charme et tranquillité, mais avec des services bien moindres qu’en ville.

Au‑delà de Havana : Varadero, Trinidad, Santiago de Cuba et Viñales

Même si la très grande majorité des expatriés longue durée choisit Havana, plusieurs villes et régions attirent aussi des étrangers, souvent liés au tourisme ou à la culture.

Bon à savoir :

Varadero est la principale station balnéaire de Cuba, offrant des kilomètres de plages de sable blanc et un dense réseau hôtelier. Pour les expatriés, des opportunités existent dans l’hôtellerie, les coentreprises touristiques ou le secteur médical (cliniques internationales). La qualité de vie y est balnéaire avec des services relativement bien assurés. Le marché immobilier, orienté vers la clientèle de vacances, présente des prix au mètre carré inférieurs à ceux de La Havane mais supérieurs au reste de l’île.

Trinidad, ville coloniale située près de la mer des Caraïbes et classée avec la vallée de los Ingenios au patrimoine mondial, attire une petite communauté d’expatriés engagés dans des projets touristiques (casas particulares, restaurants, agences d’excursions). Son charme pavé et ses façades colorées ont un prix : la vie quotidienne y est fortement structurée autour du flux touristique, avec moins de services spécialisés pour étrangers qu’à Havana.

Bon à savoir :

Santiago de Cuba, la deuxième ville du pays, attire des expatriés liés à l’université, à la culture ou à des projets de coopération grâce à sa forte identité caribéenne, sa riche scène musicale et son patrimoine historique distinct, offrant une atmosphère très différente de La Havane. Il est important de noter que les infrastructures dédiées aux étrangers, comme les écoles internationales ou les cliniques spécialisées, y sont plus limitées.

Enfin, des zones rurales comme la vallée de Viñales, célèbre pour ses paysages de mogotes et ses plantations de tabac, développent une offre croissante de locations de longue durée pour étrangers. Ces séjours au vert, souvent dans des maisons de campagne ou des bungalows éco‑conçus, reposent presque exclusivement sur le système des casas particulares. Ils conviennent surtout aux expatriés mobiles, artistes, écrivains ou retraités à la recherche d’un environnement naturel.

Vivre dans les quartiers prisés : contraintes et réalités

Quel que soit le quartier choisi, la vie d’expatrié à Cuba implique de composer avec des réalités structurelles. L’électricité est sujette à des coupures fréquentes, les réseaux de télécommunication restent fragiles malgré des progrès notables et l’accès à internet, même amélioré depuis l’arrivée de la 3G puis de la 4G et de câbles sous‑marins, est cher et limité. Il faut acheter des cartes prépayées NAUTA pour se connecter aux points Wi‑Fi publics ou souscrire à des forfaits mobiles onéreux par rapport aux revenus locaux.

Bon à savoir :

Les expatriés privilégiant les quartiers recherchés recherchent des logements équipés de générateurs, de réserves d’eau, parfois de panneaux solaires et d’une connexion internet stabilisée (ex: via répéteurs). Ces équipements augmentent significativement le coût des loyers, même dans des zones habituellement moins chères.

Le tableau suivant synthétise, par grand type de quartier prisé, les principaux avantages et limites du point de vue d’un expatrié.

Type de quartierAvantages majeursLimites principales
VedadoCulture, sécurité relative, institutions, cafés & Wi‑FiBruit, hausse récente des prix, logements parfois vieillissants
Miramar / SiboneyCalme, villas, ambassades, écoles internationales, hôpital pour étrangersLoyers très élevés, sentiment d’entre‑soi, éloignement du centre
Playa (hors Miramar)Ambiance résidentielle, plages urbaines, loyers variésServices inégaux selon les secteurs, transport parfois moins direct
Habana ViejaPatrimoine, animation, flux touristique, services culturelsBruit, sur‑tourisme, bâtiments dégradés, peu d’espaces verts
Centro HabanaCoût plus bas, immersion locale, proximité du centreÉtat du bâti, coupures, environnement parfois rude
10 de Octubre / CerroCalme relatif, maisons spacieuses, loyers plus douxMoins de services pour étrangers, trajets plus longs
Playas del Este / GuanaboPlages, ambiance de village, loyers accessiblesInfrastructures limitées, dépendance à Havana pour les services

À cela s’ajoutent les contraintes juridiques : impossibilité pour la plupart des étrangers d’acheter un logement, nécessité de visas spécifiques pour résider plus longtemps que les 90 jours d’un visa touristique (prolongeable une fois), conditions particulières pour les citoyens américains soumis à des restrictions de l’OFAC, et obligation pour tous de disposer d’une assurance santé reconnue par les autorités cubaines pendant toute la durée du séjour.

Comment choisir son quartier quand on s’expatrie à Cuba ?

Choisir parmi les quartiers les plus prisés par les expatriés à Cuba revient souvent à arbitrer entre deux logiques : s’intégrer dans une bulle relativement protégée, bien dotée en services mais déconnectée d’une partie de la réalité cubaine, ou accepter davantage de contraintes matérielles en échange d’une immersion plus profonde. Vedado, Miramar et certains secteurs de Playa représentent la première option ; Centro Habana, 10 de Octubre ou certains bourgs des Playas del Este incarnent davantage la seconde.

Exemple :

Le profil personnel et professionnel de l’expatrié influence directement le choix du quartier de résidence à Cuba. Une famille avec enfants privilégiera Miramar ou Playa pour la proximité des écoles internationales et de la clinique Cira García. Un étudiant ou un chercheur optera plutôt pour Vedado, près de l’université et des lieux culturels. Un couple de retraités pourra choisir une maison à Guanabo en bord de mer ou une demeure rénovée dans un quartier tranquille de 10 de Octubre. Enfin, un entrepreneur du tourisme cherchera un pied-à-terre à Habana Vieja, Trinidad ou Varadero, au cœur des zones touristiques.

Il faut aussi tenir compte du budget réel, une fois intégrés les coûts cachés : générateur ou pas, accès internet stabilisé, proximité des transports, frais de scolarité, assurance santé internationale, réserves de cash en devises étant donné la difficulté d’utiliser des cartes bancaires étrangères (surtout américaines). Dans un pays où l’inflation de la monnaie locale a atteint des niveaux extrêmes et où l’accès aux devises est crucial, habiter un quartier prisé revient à payer chaque jour la prime d’un confort relatif.

Au final, les quartiers les plus prisés par les expatriés à Cuba dessinent une géographie très nette : un arc urbain à Havana allant de Habana Vieja à Siboney, avec Vedado et Miramar comme pôles majeurs, complété par quelques enclaves balnéaires et villes historiques. À l’intérieur de cet arc, chaque micro‑quartier propose une manière différente de négocier le compromis entre vie cubaine et besoins propres à une vie d’expatrié. C’est en visitant ces lieux, en discutant avec ceux qui y vivent déjà et en mesurant concrètement les contraintes quotidiennes que chacun peut trouver, ou non, son coin de Cuba.

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Un futur retraité de 62 ans, disposant de plus d’un million d’euros de patrimoine financier diversifié en Europe, souhaitait transférer sa résidence fiscale à l’étranger pour réduire sa fiscalité, diversifier ses investissements et conserver un lien structuré avec la France. Budget dédié : 10 000 € pour un accompagnement global (conseil fiscal international, formalités de résidence, organisation de la délocalisation et structuration patrimoniale), sans liquidation forcée de ses actifs existants.

Après étude de plusieurs destinations (Portugal, Espagne, Panama, Uruguay), la stratégie retenue a consisté à cibler Cuba, combinant coût de vie nettement inférieur à la France, possibilité de structurer des revenus en devises fortes (euro, dollar) via des placements hors Cuba, et opportunités immobilières et touristiques en développement. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, conventions fiscales applicables), obtention d’un statut de résidence à Cuba, détachement et organisation de la couverture santé, transfert et adaptation des relations bancaires, plan de rupture maîtrisée des liens fiscaux français (temps de présence, centre des intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local (avocat, immigration, comptable bilingue) et intégration patrimoniale de cette expatriation dans sa stratégie globale de retraite et de transmission.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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