Cuba est souvent citée pour son système éducatif public solide, son taux d’alphabétisation proche de 100 % et la place centrale donnée à l’école dans les politiques publiques. Dans ce paysage où l’État garde le monopole de l’éducation, les écoles privées sont quasi inexistantes depuis la nationalisation massive des établissements après 1959. Pourtant, au cœur de La Havane, trois établissements font figure d’exception : des écoles internationales destinées avant tout aux enfants de diplomates, d’expatriés et de certains foyers disposant de devises étrangères.
Trois écoles (International School of Havana, Centro Educativo Español de La Havane et Lycée Français Alejo Carpentier) forment un microcosme éducatif distinct, aligné sur les standards pédagogiques européens et internationaux. Essentielles pour les familles étrangères en mission à Cuba, elles sont aussi au cœur des débats sur les inégalités d’accès et les privilèges dans un pays officiellement égalitaire.
Un système éducatif national performant… et ultra centralisé
Avant d’entrer dans le détail des meilleures écoles internationales à Cuba, il est indispensable de comprendre le cadre dans lequel elles évoluent. L’île reste l’un des derniers pays communistes au monde, et l’éducation y est un pilier politique et idéologique.
L’école est obligatoire et entièrement gratuite de 6 à 15 ans en France, de la primaire à l’université.
Quelques données-clés sur l’éducation publique cubaine
| Indicateur | Valeur / Situation |
|---|---|
| Part de l’éducation dans la dépense publique (2019) | 14,2 % |
| Scolarisation nette pré‑scolaire (2019) | 97 % |
| Scolarisation nette primaire (2019) | 99 % |
| Scolarisation nette secondaire (2019) | 83 % |
| Taux brut d’inscription dans le supérieur (2019) | 44 % |
| Taux d’alphabétisation (UNESCO) | ~ 99,8 % |
| Gratuité de l’enseignement | Oui, à tous les niveaux pour les citoyens cubains |
Dans ce contexte, les écoles internationales ne sont pas un simple choix pédagogique parmi d’autres : ce sont des exceptions négociées au plus haut niveau, principalement au bénéfice des communautés diplomatiques et expatriées. La réglementation la plus récente a d’ailleurs confirmé l’interdiction des entreprises privées d’éducation, réaffirmant le monopole de l’État. Autrement dit, les trois établissements internationaux autorisés à La Havane évoluent dans un cadre hautement contrôlé, tout en s’alignant sur des référentiels étrangers.
Trois écoles internationales, trois univers pédagogiques
Les meilleures écoles internationales à Cuba se concentrent dans la capitale et se répartissent selon trois grandes sphères d’influence : anglophone, hispanophone et francophone. Chacune porte un projet éducatif complet, de la maternelle au lycée, avec un ancrage fort dans le système de son pays de référence.
Panorama rapide des trois écoles internationales
| École | Langue principale | Curriculum de référence | Tranche d’âge desservie | Quartier à La Havane |
|---|---|---|---|---|
| International School of Havana (ISH) | Anglais | IPC, National Curriculum anglais, IGCSE, IB Diploma | 2,5 / 3 – 18 ans | Miramar |
| Centro Educativo Español de La Habana (CEEH) | Espagnol | Programme officiel d’Espagne, Bachillerato | 2 – 18 ans | Siboney (et autre campus) |
| Lycée Français de la Havane Alejo Carpentier | Français | Programme national français, Baccalauréat | Maternelle – terminale | Miramar |
Au-delà de cette vue d’ensemble, chaque établissement a sa propre histoire, ses forces et son positionnement.
International School of Havana : le poids lourd anglophone
L’International School of Havana (ISH) est de loin l’école internationale la plus structurée à Cuba sur le segment anglophone. Fondée en 1965 par une enseignante britannique, Phyllis Powers, elle est née sous le nom de Hillside School, dans une modeste maison havanaise, pour scolariser quelques enfants d’expatriés anglophones. En 1974, plusieurs ambassades et organisations internationales se mobilisent pour faire reconnaître officiellement l’établissement comme école destinée aux enfants de diplomates. L’État cubain accepte, et un comité d’ambassades en prend la gouvernance. Dans les années 1980, l’école adopte son nom actuel, International School of Havana, et s’installe en 1988 dans des locaux plus vastes à Miramar.
Aujourd’hui, ISH se présente comme une communauté internationale d’apprentissage au cœur de Cuba, avec un slogan explicite : « LEARNING TO MAKE A DIFFERENCE ». Elle affirme sa singularité en tant que seule école accréditée entièrement anglophone pour les enfants d’expatriés à La Havane, et plus largement, comme la seule véritable école internationale en anglais de tout le pays.
Localisation, campus et environnement
L’International School of Havana est implantée dans le quartier résidentiel de Miramar, un secteur prisé par les ambassades et les organisations internationales. L’école fonctionne sur deux campus distants de quelques rues, l’un dédié au primaire et au collège, l’autre au lycée. Le cadre est décrit comme suburbain, avec des bâtiments spécifiquement construits pour l’enseignement, mais aussi des maisons d’époque réaménagées en salles de classe.
On y trouve des espaces de jeu pour les plus jeunes, des laboratoires informatiques, une bibliothèque (voire deux selon les sources), une division scientifique, des réfectoires intérieurs et extérieurs, ainsi qu’une salle polyvalente. Les grands équipements sportifs (terrains, piscines) sont situés hors campus mais utilisés régulièrement, notamment grâce à des partenariats et un système de transport organisé par l’école.
Une communauté étudiante extrêmement internationale
Pour une ville où l’immense majorité des enfants sont scolarisés dans le public cubain, la diversité de l’International School of Havana est frappante. Selon les données les plus récentes disponibles, l’établissement compte autour de 260 à 300 élèves, pour une soixantaine de membres du corps enseignant, dont environ un tiers d’expatriés. Les élèves viennent de plusieurs dizaines de pays – les chiffres oscillent entre 47 et 55 nationalités représentées, signe d’une communauté très mouvante, au gré des affectations diplomatiques.
L’école affiche une taille de classe moyenne de 14 élèves, et un ratio élèves‑enseignant d’environ 6 pour 1. Cette configuration contraste avec les classes souvent plus chargées des écoles publiques cubaines, où la pénurie de matériel et la sur‑fréquentation sont régulièrement dénoncées. Dans le contexte havanais, ISH propose ainsi un encadrement exceptionnellement individualisé.
Origine et profil du corps enseignant
La politique de recrutement du personnel pédagogique mêle enseignants locaux et internationaux. Environ 35 % viennent de pays comme le Canada, le Royaume‑Uni (Angleterre et Pays de Galles), les Pays‑Bas, l’Allemagne, l’Inde ou l’Australie. Les recrutements locaux doivent, eux, s’aligner sur des standards internationaux : tous les enseignants cubains sont tenus de suivre et valider le « CIE Diploma for Teachers and Trainers », une certification Cambridge, accompagnée d’un programme de formation continue soutenu par l’école.
L’équipe de direction comprend un Head of School (Christopher ou Chris Lynn), une direction de lycée (Crystal Barnes) et un conseiller d’orientation universitaire (Osmery Martinez) chargée d’accompagner les élèves vers des universités aux quatre coins du monde.
Équipe de direction internationalisée
Une gouvernance pilotée par le corps diplomatique
L’International School of Havana est administrée par un conseil d’administration de 12 membres, organe suprême de gouvernance. Particularité notable : la présidence doit obligatoirement être assurée par un chef de mission diplomatique, et au moins quatre ambassadeurs doivent siéger au conseil à tout moment. Le reste des sièges revient à des représentants de la communauté expatriée, diplomatique ou non. Ce mode de gouvernance assure une forte implication des chancelleries étrangères et ancre l’école dans le réseau des institutions internationales présentes à La Havane.
Un continuum pédagogique de 2,5 à 18 ans
ISH propose une scolarité complète, du pré‑scolaire (2,5 ans) à la terminale (grade 12). L’établissement est structuré en deux grandes divisions : Lower School (de l’early years à la 5e année, soit grade 5) et Secondary School (grades 6 à 12). On peut également distinguer, à l’intérieur de ce schéma, une école primaire, un middle school et un high school, à l’anglo‑saxonne.
Le parcours scolaire s’organise en plusieurs grandes étapes curriculaires.
En primaire : International Primary Curriculum et standards britanniques
Au niveau élémentaire (de la maternelle au grade 5), l’ISH combine plusieurs cadres de référence. Le socle est l’International Primary Curriculum (IPC), un programme très répandu dans les écoles internationales, structuré autour d’unités thématiques appelées « Units of Enquiry ». Ces unités permettent de travailler les disciplines via des projets transversaux, en intégrant sciences, histoire, géographie, arts, compétences sociales et communication.
Les enseignements de base – anglais, mathématiques, espagnol – sont calés sur des standards largement inspirés du National Curriculum d’Angleterre et du Pays de Galles, ainsi que du curriculum de l’Ontario (Canada) pour certaines composantes. L’école utilise notamment le programme « Improving Primary Mathematics », issu d’un développement dans le borough londonien de Barking and Dagenham à partir d’un concept suisse. L’idée est de proposer un enseignement des mathématiques structuré, progressif et adapté à un public très international.
L’espagnol est enseigné selon plusieurs niveaux (débutant, intermédiaire, langue maternelle), ce qui permet d’intégrer à la fois des enfants hispanophones et des élèves nouvellement arrivés ne maîtrisant pas la langue. Dès la 5e année de primaire, les élèves peuvent choisir entre l’espagnol et le français, ce qui ouvre une deuxième langue étrangère pour certains ou un renforcement linguistique pour d’autres.
Le programme scolaire intègre des disciplines artistiques, physiques et technologiques (musique, arts plastiques, théâtre, éducation physique, technologie de l’information) pour former un tronc commun visant à développer l’enfant dans sa globalité, sur les plans académique, social, émotionnel et physique.
Au collège et au début du secondaire : Checkpoint Cambridge
Du grade 6 au grade 8, la section secondaire prépare les élèves aux examens « Checkpoint » de Cambridge International Examinations (CIE), en anglais, mathématiques et sciences. Ces évaluations standardisées en fin de 8e année permettent de situer les acquis des élèves par rapport à un référentiel mondial, et d’ajuster les parcours à l’entrée du cycle IGCSE.
L’organisation du middle school est décrite comme « de style américain », avec des blocs disciplinaires (sciences, humanities, arts, sports) et des activités périscolaires nombreuses.
En 9e et 10e années : le tremplin IGCSE
Les grades 9 et 10 sont consacrés au programme IGCSE (International General Certificate of Secondary Education), référence quasi incontournable dans le réseau Cambridge. Les élèves passent des examens externes en fin de grade 10 dans une sélection de matières qui prépare à la fois au baccalauréat international et aux admissions dans de multiples systèmes nationaux.
Les IGCSE couvrent généralement un large éventail de disciplines : langues, mathématiques, sciences, humanités, arts, selon les combinaisons choisies par l’élève et validées par le conseil pédagogique.
En 11e et 12e années : l’IB Diploma Programme et le diplôme ISH
Les deux dernières années du cursus (grades 11 et 12) sont organisées autour de l’International Baccalaureate Diploma Programme (IBDP), enseigné depuis août 2006 à l’ISH, en parallèle d’un diplôme maison, le ISH Graduation Diploma. L’école est pleinement autorisée par l’Organisation du Baccalauréat International (IBO) et fait partie de la région Afrique–Europe–Moyen‑Orient de l’IB, sous le code 002823.
Les élèves choisissent généralement six matières, réparties entre niveau supérieur (HL) et niveau moyen (SL), dans les grands groupes disciplinaires IB (langue A, langue B, individus et sociétés, sciences, mathématiques, arts). À l’International School of Havana, l’offre de cours IB inclut notamment :
– English A Language & Literature
– Spanish A Literature
– Spanish B, Spanish ab initio
– French B
– Mathematics (Analysis & Approaches ; Applications & Interpretation)
– Biology, Chemistry, Physics
– Environmental Systems and Societies
– Economics, History, Psychology
– Visual Arts
– Theory of Knowledge (composante centrale du tronc commun IB)
L’IB Diploma repose sur une notation de 1 à 7 par matière, et les élèves doivent obtenir au moins 24 points sur 45 pour décrocher le diplôme, en remplissant aussi les exigences du tronc commun (Théorie de la connaissance, Mémoire – Extended Essay – et programme CAS, Creativité, Activité, Service). Les statistiques récentes de l’ISH montrent un taux de réussite élevé, avec des moyennes de diplômes situées, selon les années, au-dessus de la moyenne mondiale, ce qui en fait un atout de taille pour l’accès à l’enseignement supérieur.
En parallèle, pour obtenir le ISH Diploma, les élèves doivent cumuler un certain nombre de crédits sur les quatre années de high school, maintenir un taux de présence d’au moins 90 % et valider les objectifs CAS.
Accréditations et réseau international
Une des grandes forces de l’International School of Havana est son éventail d’accréditations, qui garantissent sa reconnaissance par les universités et instances éducatives au niveau mondial.
| Type d’accréditation / affiliation | Organisme |
|---|---|
| Accréditation internationale | Council of International Schools (CIS) |
| Accréditation nord‑américaine | New England Association of Schools and Colleges (NEASC) |
| Programme IB Diploma | International Baccalaureate Organization (IBO) |
| Programmes Cambridge (IGCSE, Checkpoint) | Cambridge International Examinations (CIE) |
| Statut particulier | Cambridge International Fellowship Centre (depuis 2004) |
| Réseaux régionaux | AASSA, Tri‑Association, Common Ground Collaborative |
L’accréditation CIS, en particulier, repose sur un cadre exigeant autour de la mission de l’école, de la qualité de l’enseignement, de la protection et du bien‑être des élèves, de la gouvernance et de la démarche d’amélioration continue. Obtenir et maintenir cette reconnaissance implique des audits réguliers, des auto‑évaluations et un contrôle externe par des pairs internationaux. Combinée à la validation NEASC et IB, elle renforce considérablement la crédibilité de l’ISH auprès des universités en Amérique du Nord, en Europe et ailleurs.
Résultats et poursuite d’études
L’ISH revendique un taux de diplomation de 98 % et un classement national numéro 1, ce qui, dans le paysage très restreint des écoles internationales de Cuba, confirme sa position dominante. Les élèves diplômés poursuivent leurs études dans des universités diverses, allant du Canada à l’Europe, des Amériques à l’Asie. Des établissements comme l’Université de Toronto, Sciences Po, l’Université d’Édimbourg ou New York University apparaissent parmi les destinations récurrentes, signe que le profil « IB + IGCSE + environnement international » reste très valorisé.
Vie scolaire, sports et activités
Sur le plan extrascolaire, l’International School of Havana propose un éventail d’activités sportives, culturelles et artistiques à l’image des grandes écoles internationales. Football, basket‑ball, tennis, natation et athlétisme sont au programme, avec des compétitions organisées contre les deux autres grandes écoles internationales de la ville – l’école espagnole et le lycée français. L’équipe de football de l’ISH a par exemple atteint la finale d’un tournoi international en 2017, finalement perdue contre l’école espagnole.
L’établissement anime la vie étudiante par des événements sportifs annuels comme un festival d’athlétisme, un triathlon et des compétitions de natation inter-écoles. Il a également adopté un système de maisons (Dolphins, Sharks et Rays) pour structurer la vie communautaire et les événements internes, s’inspirant de la tradition des écoles anglo-saxonnes.
Les activités artistiques (théâtre, arts visuels, musique), les clubs disciplinaires, les projets de service communautaire et les programmes de leadership complètent l’offre. L’école met en avant la prise en charge des élèves dont l’anglais n’est pas la langue maternelle, ainsi que le soutien aux enfants présentant des besoins éducatifs légers, afin de rester fidèle à son projet de « community of learners » inclusive.
Coûts et modèle économique
L’accès à l’International School of Havana a un prix, qui la place clairement hors de portée de la plupart des familles cubaines. Les frais de scolarité sont libellés et payables en dollars américains. Pour l’année scolaire 2020‑2021, la grille tarifaire était la suivante :
| Niveau (2020‑2021) | Frais de scolarité annuels (USD) |
|---|---|
| Early Years – K1 | 5 195 |
| K2 – Grade 5 | 12 195 |
| Grades 6 – 8 | 12 345 |
| Grades 9 – 10 | 13 975 |
| Grades 11 – 12 | 14 385 |
| Frais d’inscription unique | 4 000 (tous élèves) |
| Redevance de développement | 400 / an |
Le paiement peut s’effectuer au semestre ou via des modalités mensuelles spéciales. Pour un cursus complet, le coût cumulé se chiffre donc en dizaines de milliers de dollars, ce qui la réserve de fait aux enfants de diplomates, de cadres d’entreprises étrangères ou de familles disposant largement de devises. À l’échelle cubaine, il s’agit d’une somme considérable, dans un pays où les salaires en monnaie nationale restent très bas et où l’accès à la devise est extrêmement limité.
Centro Educativo Español de La Habana : la référence espagnole
Le Centro Educativo Español de La Habana (CEEH), ou Centre Éducatif Espagnol de La Havane, occupe une place équivalente pour la communauté hispanophone, et plus particulièrement espagnole. Il s’agit d’un établissement coéducatif de jour, qui suit fidèlement le programme officiel d’Espagne, de l’éducation infantile jusqu’au Bachillerato.
Public visé et profil de l’école
Le CEEH accueille en priorité les enfants de citoyens espagnols résidant à Cuba, ainsi que ceux de diplomates et hommes d’affaires hispanophones. L’école admet des élèves de 2 à 18 ans, avec une structure en quatre niveaux : Infantil, Primaria, Secundaria et Bachillerato. Son projet est clairement celui d’un « morceau d’Espagne » à La Havane, offrant une continuité totale avec le système éducatif ibérique.
L’établissement dispose de deux sites distincts pour le primaire et le secondaire, distants de moins de trois kilomètres.
Situé au 5e avenue B entre les rues 68 et 70, dans la municipalité de Playa. Il comprend des salles de classe rénovées, des ateliers d’arts et de musique, des laboratoires et des espaces sportifs.
Une autre adresse souvent associée à l’école, située à Siboney. Ce campus dispose également d’installations modernisées, incluant des laboratoires de sciences et d’informatique.
Curriculum : une école espagnole à l’étranger
Tout l’enseignement se fait en espagnol, sur la base stricte du currículo nacional d’Espagne. Les élèves préparent le Bachillerato, diplôme de fin d’études secondaires qui ouvre l’accès aux universités espagnoles et, plus largement, européennes. Les matières obligatoires en primaire incluent la connaissance de l’environnement naturel, social et culturel, l’éducation artistique, l’éducation physique, la langue espagnole et la littérature, la première langue étrangère (généralement l’anglais) et les mathématiques. Parmi les options figurent une deuxième langue étrangère (souvent le français) et l’enseignement religieux catholique.
Le CEEH applique des stratégies pédagogiques modernes, notamment l’apprentissage par projets (ABP) et la personnalisation des parcours. Il met en œuvre des projets transversaux comme le programme « Ecoescuela » pour l’éducation à l’environnement et des dispositifs spécifiques pour renforcer les compétences en anglais. L’école se conforme également aux critères du CIDEAD, le Centre pour l’éducation réglementée à distance du ministère espagnol de l’Éducation, facilitant ainsi la gestion des dossiers des élèves en mobilité.
Rôle d’examen et rayonnement linguistique
Le Centro Educativo Español de La Habana est également centre d’examen de l’Institut Cervantes, ce qui lui permet de délivrer des certifications officielles de langue espagnole comme langue étrangère. Il propose des cours d’Espagnol langue étrangère (ELE) pour non‑natifs, ce qui renforce son attractivité au‑delà du seul public espagnol.
Comme dans les autres écoles internationales, la taille des classes reste limitée (moins de 15 élèves par salle), offrant un encadrement rapproché. L’établissement organise des échanges internationaux avec d’autres lycées espagnols, et met en avant une pédagogie « à l’européenne », soutenue par des droits de scolarité élevés, libellés en devises.
Dans le contexte cubain, le CEEH est souvent perçu comme un symbole de privilège : il accueille des enfants issus de milieux ayant accès aux monnaies étrangères, qu’il s’agisse de fonctionnaires internationaux, de familles de l’élite locale ou de résidents étrangers disposant de revenus importants. Les témoignages en ligne soulignent ce contraste avec les écoles publiques, parfois marquées par des bâtiments délabrés, du mobilier cassé et des infiltrations d’eau.
Lycée Français de la Havane Alejo Carpentier : la vitrine francophone
Le troisième pilier des meilleures écoles internationales à Cuba est le Lycée Français de la Havane Alejo Carpentier. Comme son nom l’indique, il s’agit d’un établissement francophone homologué par l’AEFE (Agence pour l’enseignement français à l’étranger), structure qui supervise le réseau des écoles françaises dans le monde.
Positionnement et structure
Le lycée français propose une scolarité continue de la maternelle à la terminale, et suit strictement les programmes du ministère français de l’Éducation nationale. Les élèves préparent donc le baccalauréat français, examen très reconnu internationalement, tant pour les poursuites d’études en France que pour l’admission dans des universités étrangères.
L’établissement se compose de deux campus, situés à Miramar. Les cycles d’enseignement vont de la petite section de maternelle au lycée (avec une « sixième form » dans le vocabulaire utilisé), et comprennent les différentes étapes : école maternelle, élémentaire, collège et lycée.
Articulation avec l’enseignement à distance
Pour le cycle terminal (lycée supérieur), le Lycée Français de la Havane s’appuie sur le CNED (Centre national d’enseignement à distance) pour la partie en ligne du programme, ce qui permet de maintenir une parfaite conformité avec le système français, même dans un contexte logistique complexe comme celui de Cuba. Les élèves suivent ainsi les cours et évaluations du CNED, encadrés localement par des enseignants et surveillés dans leurs travaux et examens.
L’inscription au réseau AEFE garantit des programmes, des qualifications enseignantes et une gouvernance exigeants, avec des contrôles réguliers. Cette homologation, comme l’ISH et le CEEH, facilite l’admission dans les universités étrangères.
Public accueilli et langues
Le Lycée Français accueille un public très international, mais avec un cœur de cible traditionnel : les enfants de familles françaises en poste à Cuba, ceux de binationaux franco‑cubains et de diplomates ou expatriés francophones. La langue d’enseignement principale est le français, mais, comme dans tous les lycées français à l’étranger, des parcours bilingues et une forte présence de l’anglais et de l’espagnol sont proposés selon les sections.
L’école fonctionne en journée uniquement (pas d’internat) et se conforme aux mêmes contraintes de sécurité, de transport et de gestion des devises que ses homologues espagnols et anglophones.
Pourquoi ces écoles sont stratégiques pour les familles expatriées
Dans un pays où l’enseignement supérieur est gratuit mais essentiellement en espagnol, et où l’État conserve une forte dimension idéologique dans le contenu des programmes, les familles étrangères recherchent un environnement scolaire qui :
– assure la continuité avec le système éducatif de leur pays d’origine ;
– offre un enseignement multilingue adapté à un retour ou à une mobilité internationale ;
– évite, pour certains, une exposition trop intense à la propagande politique locale ;
– garantit des conditions matérielles et pédagogiques alignées sur des standards occidentaux.
Les meilleures écoles internationales à Cuba répondent précisément à ces attentes.
Continuité de cursus et reconnaissance internationale
Les trois établissements permettent aux élèves de passer des diplômes pleinement reconnus :
Trois établissements offrant des diplômes reconnus mondialement, facilitant l’accès à l’enseignement supérieur à l’international.
Propose les programmes IGCSE et IB Diploma, considérés comme des « passeports » pour les universités nord‑américaines, européennes, asiatiques ou latino‑américaines.
Délivre le Bachillerato espagnol, offrant un accès direct aux universités d’Espagne et d’Europe, avec possibilité d’intégration dans d’autres systèmes.
Prépare au baccalauréat français, prisé dans les grandes écoles et universités francophones et reconnu internationalement comme une garantie de solide formation générale.
Dans un contexte de forte mobilité des personnels diplomatiques et des cadres d’entreprises multinationales, la possibilité de transférer un enfant d’un lycée français ou d’une école espagnole d’un pays à un autre sans rupture de curriculum est particulièrement précieuse.
Approche multilingue et environnement cosmopolite
Chacune de ces écoles combine au minimum trois langues dans son offre : langue principale (anglais, espagnol ou français), espagnol (le pays d’accueil) et anglais (langue de communication internationale) – avec parfois l’ajout d’une quatrième langue (français à l’ISH, deuxième langue étrangère au CEEH). Les élèves baignent donc dans un environnement multilingue, au sein de classes peu nombreuses, au contact de camarades venus de dizaines de pays. C’est un atout majeur pour le développement de compétences interculturelles et linguistiques difficiles à égaler dans le système public cubain.
Encadrement, pédagogies actives et ressources
Les conditions matérielles de ces écoles – salles spécialisées, laboratoires, bibliothèques bien garnies, technologie plus à jour – contrastent avec les difficultés récurrentes des écoles publiques (manque de mobilier, infrastructures vieillissantes, pénuries de matériel). L’usage de pédagogies actives, le travail par projets, l’intégration systématique des arts, du sport et des activités extrascolaires viennent encore creuser l’écart.
À Cuba, les écoles internationales, financées par des frais en devises, creusent un fossé social avec les écoles publiques souvent délabrées. De plus, elles se distinguent par une absence relative de propagande politique, contrairement aux établissements d’État où slogans et images sont omniprésents.
Une offre restreinte, très sélective et coûteuse
Malgré leur excellence académique, ces écoles restent ultraminoritaires : trois établissements pour tout un pays, dans une seule ville, La Havane, et avec des frais de scolarité chiffrés en milliers, voire en dizaines de milliers de dollars par an. Les capacités d’accueil sont limitées, souvent autour de quelques centaines d’élèves, et les profils recherchés prioritaires sont clairs : enfants de diplomates, de personnels d’organisations internationales ou d’entreprises étrangères, et, dans certains cas, enfants de familles cubaines ayant accès aux devises ou disposant de connexions particulières.
Les écoles internationales de La Havane, comme l’International School of Havana, le CEEH et le Lycée Français, sont financées principalement par des acteurs étrangers. Leurs budgets proviennent des ambassades, des multinationales, des familles expatriées ou de réseaux éducatifs publics étrangers (tels que l’AEFE pour la France), et non du marché local cubain. Les frais de scolarité sont généralement fixés en dollars américains et impliquent des contributions financières importantes.
Comment choisir entre les meilleures écoles internationales à Cuba ?
Pour une famille étrangère en mission à Cuba, le choix entre ces trois écoles dépendra d’abord de la langue du foyer, du pays d’origine, puis du projet de poursuite d’études.
Une famille francophone avec un probable retour en France ou en Europe aura naturellement tendance à privilégier le Lycée Français, qui garantit le baccalauréat et une parfaite continuité avec le système hexagonal. Une famille espagnole ou latino‑américaine hispanophone visant les universités d’Espagne trouvera dans le CEEH une filière idéale, avec un ancrage solide dans le réseau éducatif espagnol.
Cette école est le choix adapté pour les familles anglophones ou désirant une scolarité internationale ouverte, avec les programmes IGCSE et IB. Le profil IB est particulièrement reconnu par les universités mondiales. Sa communauté très cosmopolite reproduit l’environnement des grandes écoles internationales des autres capitales.
Au‑delà de ces critères évidents, d’autres paramètres entrent en jeu : la taille de l’école, la structure des classes, la place donnée au sport ou aux arts, la manière dont l’établissement accompagne les besoins éducatifs spécifiques, ou encore le type de réseau d’anciens élèves qu’il permet de développer.
Un miroir des contradictions cubaines
Les meilleures écoles internationales à Cuba sont, à bien des égards, des vitrines de haut niveau pédagogique dans un pays obsédé par l’éducation. Elles s’appuient sur des taux de scolarisation nationaux déjà très élevés, sur une population largement alphabétisée, et sur une culture qui valorise l’école comme vecteur d’ascension sociale. Pourtant, elles exposent aussi les tensions d’un système où la gratuité et l’égalité d’accès sont des principes fondateurs, alors que la réalité économique fragilise la qualité des infrastructures publiques et creuse les inégalités entre ceux qui ont accès aux devises et les autres.
Ces établissements sont indispensables pour permettre aux enfants des familles expatriées, diplomatiques ou dirigeantes de poursuivre un parcours scolaire international cohérent durant une mission à Cuba. Pour une partie de la population cubaine, ils illustrent également les possibilités en matière d’encadrement, de ressources et de pédagogies lorsque les contraintes financières sont différentes, tout en restant un horizon difficile d’accès.
Dans un pays où l’État réaffirme périodiquement son monopole sur l’éducation et interdit l’essor de structures privées classiques, les écoles internationales de La Havane constituent un compromis fragile entre souveraineté éducative et nécessité d’accueillir une communauté internationale. Ce compromis, s’il reste marginal en nombre, est sans doute appelé à continuer de jouer un rôle clé, tant que Cuba restera une destination diplomatique, culturelle et stratégique sur la scène mondiale.
Les meilleures écoles internationales à Cuba offrent des diplômes prestigieux (IB, Bachillerato, bac français) et constituent également des observatoires des dynamiques politiques, économiques et sociales du pays. L’éducation y est une fierté nationale, un outil idéologique et un terrain de négociation avec le monde.
Un futur retraité de 62 ans, disposant de plus d’un million d’euros de patrimoine financier bien structuré en Europe, souhaite transférer sa résidence fiscale à Cuba pour alléger sa fiscalité, diversifier ses investissements et conserver un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 € pour un accompagnement complet (conseil fiscal international, formalités migratoires, organisation pratique de l’installation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs européens.
Après étude de plusieurs destinations (Portugal, République dominicaine, Mexique, Panama), la stratégie retenue vise Cuba pour son coût de vie très inférieur à la France, son régime d’imposition favorable aux revenus perçus de l’étranger et ses opportunités immobilières et touristiques en plein développement. La mission comprend : audit fiscal pré‑départ (exit tax, conventions de non‑double imposition), obtention du statut de résident de longue durée, structuration des flux bancaires France–Cuba, plan de rupture maîtrisée des liens fiscaux français (séjour >183 jours à Cuba, centre d’intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local bilingue (avocat, fiscaliste, spécialiste immigration) et restructuration patrimoniale internationale pour optimiser retraite, investissements et transmission tout en limitant risques de contrôle et de double imposition.
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