Gérer le mal du pays à Cuba : guide pratique pour rester bien dans sa peau loin de chez soi

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Voyager à Cuba fait rêver : vieilles voitures américaines, salsa dans les rues, maisons coloniales colorées, mojitos sur le Malecón… Pourtant, même dans ce décor de carte postale, le mal du pays peut frapper de plein fouet. Isolement numérique, pénuries, rythme de vie différent, coupures d’électricité, langue, distance avec les proches : tout cela peut transformer un séjour idyllique en véritable montagne russe émotionnelle.

Bon à savoir :

Cet article offre un guide pratique pour surmonter la nostalgie lors d’un séjour à Cuba. Il s’appuie sur une compréhension du phénomène, la réalité locale et les ressources disponibles sur place, sans idéaliser ni noircir la situation. L’objectif est de vous fournir des outils concrets pour profiter pleinement de votre voyage.

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Comprendre le mal du pays… dans un contexte cubain très particulier

Le mal du pays est d’abord une expérience universelle. On estime que 50 à 75 % des personnes y sont confrontées au moins une fois dans leur vie. Il ne touche pas que les enfants en colonie ou les étudiants en échange universitaire : adultes, professionnels en mission, voyageurs au long cours, expatriés… personne n’y échappe vraiment.

À Cuba, plusieurs facteurs classiques du mal du pays se combinent à des contraintes très spécifiques du pays. Avant de chercher des solutions, il est utile de bien comprendre ce qui se joue.

Ce qui se passe psychologiquement quand on a le mal du pays

Les spécialistes décrivent le mal du pays comme une forme de détresse liée à la séparation de tout ce qui est familier : proches, lieux, routines, langue, habitudes les plus banales. Derrière la simple « nostalgie », il y a un sentiment de perte qui touche l’identité, la sécurité, le sentiment de contrôle sur sa vie.

Les manifestations sont multiples :

Exemple :

Le mal du pays se manifeste à plusieurs niveaux. Sur le plan émotionnel, il peut provoquer de la tristesse, de l’anxiété, de l’irritabilité, un sentiment de solitude, des larmes sans raison apparente et un besoin intense de rentrer. Cognitivement, il se caractérise par des pensées envahissantes tournées vers « chez soi », des difficultés de concentration et une tendance à idéaliser ce qu’on a quitté tout en dénigrant ce qu’on découvre. Physiquement, il peut entraîner des troubles du sommeil, de la fatigue, des maux de ventre, une baisse d’appétit ou des grignotages, des maux de tête et une plus grande sensibilité aux infections. Sur le plan comportemental, on observe souvent un repli social, un refus de sortir et des appels ou messages compulsifs aux proches au lieu de créer des liens sur place.

À cela s’ajoute souvent la « courbe du choc culturel » : au début, une phase d’euphorie et d’excitation, rapidement suivie par un plongeon vers le doute, la frustration puis, avec le temps, une adaptation plus sereine. Le chercheur Steven Rhinesmith résume cela en plusieurs étapes, du « tout est génial » au « je veux rentrer », avant une forme d’acceptation du pays d’accueil.

Cuba se prête particulièrement bien à ce schéma : la première balade dans les rues de La Havane, la musique qui sort de chaque fenêtre, les voitures de collection… tout est fascinant. Puis les premières coupures d’eau, l’absence de connexion internet, la difficulté à se faire comprendre ou à acheter une simple bouteille de shampoing peuvent déclencher la chute.

Pourquoi Cuba accentue facilement le mal du pays

La nostalgie de chez soi est plus forte quand le « choc » entre le quotidien d’origine et le pays visité est important. Or, Cuba cumule plusieurs écarts majeurs avec ce à quoi sont habitués les voyageurs issus d’Amérique du Nord ou d’Europe.

Une économie en crise qui pèse sur le moral

Le pays fait face à de graves pénuries : nourriture, eau en bouteille, médicaments, carburant, produits d’hygiène, même le pain rationné. Les coupures d’électricité (blackouts) sont fréquentes, parfois plusieurs heures par jour, y compris dans les villes. Les bus sont rares, le carburant manque, les files d’attente sont longues pour tout. Le salaire moyen tourne autour de 24 à 50 dollars par mois, les retraites peuvent descendre à l’équivalent de quelques euros.

Pour un voyageur, cela signifie : la découverte de nouveaux horizons, l’immersion dans d’autres cultures, et l’enrichissement personnel à travers des expériences uniques.

imprévisibilité : restaurants fermés faute de courant, transports annulés faute de carburant.

inconfort : chaleur sans climatisation, pas d’eau au robinet, frigo inutilisable pendant les coupures.

– culpabilité parfois : manger au restaurant alors que beaucoup font la queue pour acheter de l’huile ou du lait en poudre.

Ce contraste avec le confort de la maison est un carburant parfait pour la nostalgie.

Un environnement numérique limité

Cuba est l’un des pays les moins connectés au monde. L’internet y est lent, cher, instable et très encadré par l’État. Pour se connecter, il faut :

acheter une carte Wi-Fi NAUTA (prépayée) ou

utiliser une eSIM / SIM touristique (CubacelTur) ou

profiter du Wi-Fi d’un hôtel, d’un café ou d’une casa particular.

Attention :

Même en cas de connexion, la bande passante est faible avec des coupures fréquentes. Certains sites et applications (services bancaires, plateformes américaines, réseaux sociaux, YouTube) sont inaccessibles et des pannes générales ne sont pas rares. Il est donc impossible d’utiliser intensivement des services comme FaceTime ou Netflix.

Pour quelqu’un déjà en manque de sa famille, cette distance forcée peut faire très mal.

La barrière de la langue et la culture de la conversation

Le cubain moyen est chaleureux, bavard, tactile, très porté sur les relations directes. Mais il parle majoritairement espagnol, avec un accent rapide et des expressions propres au pays. Si vous ne maitrisez pas un minimum la langue, vous risquez de rester en grande partie à l’écart de ces échanges, même si les gens sont bienveillants.

Pour quelqu’un d’introverti, fatigué ou anxieux, l’énergie débordante, l’humour permanent et les discussions à voix haute peuvent être épuisants. Lorsque l’on se sent déjà décalé, cela peut renforcer l’impression d’être « à côté de la plaque ».

Un quotidien très différent

Les multi-générations vivant sous le même toit, les salutations avec bise même entre quasi-inconnus, les offres de nourriture insistantes comme preuve de soin, les adieux interminables, la débrouille permanente (« resolver », « inventar », « luchar »)… Tout cela est fascinant à observer mais peut donner l’impression de ne plus avoir de repères.

Quand on a mal au pays, on rêve de retrouver précisément ses repères : une douche à l’heure qu’on veut, un supermarché rempli, un café anonyme où personne ne vous parle, son canapé, sa série préférée. Cuba, à l’inverse, vous oblige à vous adapter en permanence.

Se préparer avant le départ : limiter la casse

Le mal du pays ne commence pas toujours une fois arrivé. Il peut s’installer avant. Se préparer sérieusement avant de poser le pied à Cuba permet de réduire l’intensité du choc sur place.

Anticiper plutôt que minimiser

Dire « ça ira » ou « je ne suis pas du genre à avoir le mal du pays » est rarement une bonne stratégie. Les études sur les étudiants internationaux montrent que ceux qui prennent au sérieux la possibilité d’être mal se portent mieux ensuite : ils reconnaissent plus vite le problème et activent plus facilement des solutions.

Pour Cuba, cela passe par plusieurs niveaux de préparation.

Organiser sa bulle de sécurité psychologique

Avant de partir, prenez le temps de réfléchir à :

ce qui vous apaise chez vous (rituels, objets, sons, odeurs, activités).

les moments où vous avez déjà vécu du mal du pays ou une grosse nostalgie : qu’est-ce qui vous avait aidé à tenir ?

les personnes avec qui vous voulez garder un contact régulier (et réaliste) pendant le voyage.

Ensuite, préparez concrètement votre kit de confort :

ÉlémentExemple pratique pour Cuba
Objets personnelsPhotos imprimées, petit carnet, livre fétiche, foulard, doudou…
Confort physiqueOreiller compressible, masque de nuit, bouchons d’oreille
Ancrages sensorielsTisane préférée, petit flacon d’huile essentielle, musique offline
Routine de baseCarnet pour journal de bord, appli de méditation en mode offline

L’objectif n’est pas de recréer votre salon, mais d’avoir quelques repères portables que vous pourrez retrouver même en pleine panne de courant à Viñales.

Préparer sa connexion… en acceptant qu’elle sera limitée

À Cuba, on ne « vit pas en ligne » comme ailleurs. S’y préparer évite de vivre chaque coupure comme une catastrophe.

Astuce :

Avant le départ, il est recommandé de télécharger au maximum les cartes, itinéraires, billets et autres contenus nécessaires pour les rendre accessibles sans connexion internet.

télécharger des cartes hors ligne (Maps.me, Google Maps offline).

enregistrer un dictionnaire espagnol hors ligne (Google Translate).

télécharger playlists, podcasts, séries, films, livres numériques.

installer et tester un VPN sur tous vos appareils (avant d’arriver : de nombreux sites de VPN sont bloqués sur place).

configurer WhatsApp comme canal principal avec vos proches.

Planifiez avec eux un rythme réaliste : par exemple, un appel vidéo par semaine et quelques messages vocaux quand vous trouverez du Wi-Fi. Expliquer à l’avance que la connexion sera aléatoire limite la pression et la culpabilité ensuite.

Anticiper les aspects pratiques pour réduire le stress

Le stress logistique accentue le mal du pays. Plus vous réduisez les mauvaises surprises, plus vous gardez d’énergie pour gérer vos émotions.

Pour Cuba, cela veut dire notamment : l’importance de la coopération internationale, le soutien à l’économie locale, et le maintien des relations diplomatiques avec d’autres nations.

venir avec tout ce dont vous aurez besoin en médicaments (ordonnance + basiques : antidiarrhéique, antalgique, antihistaminique, désinfectant, crème antibactérienne). Les pénuries sur place sont sévères, y compris pour les pharmacies internationales.

– prévoir vos produits d’hygiène et de protection solaire (crème solaire et anti-moustiques sont rares et très chers).

– emporter de quoi faire face aux coupures : lampe frontale, batterie externe, éventuellement petit chargeur solaire, gourde filtrante.

– apporter des snacks non périssables : barres de céréales, fruits secs, crackers… Ils vous rassureront les jours où vous n’aurez pas l’énergie de trouver un restaurant.

préparer de l’argent liquide en euros ou dollars en billets impeccables, pour toute la durée du séjour. Les cartes étrangères fonctionnent mal et les cartes américaines pas du tout.

Diminuer les sources de tracas concrets, c’est aussi diminuer le terrain sur lequel le mal du pays prolifère.

Recréer un « chez soi » à Cuba : apprivoiser sa casa particular

L’un des meilleurs antidotes au mal du pays, c’est de se sentir vraiment installé quelque part. Or, à Cuba, la forme d’hébergement qui s’y prête le mieux est la casa particular, ces chambres ou appartements chez l’habitant.

Faire de sa chambre un cocon

En arrivant dans une nouvelle casa, la tentation est de laisser sa valise fermée, « au cas où ». C’est précisément ce qui entretient l’impression de transiter en permanence. Prenez le temps, même si vous ne restez que trois nuits :

de vider au moins une partie de votre valise.

de poser quelques objets personnels bien en vue : photos, livre, carnet, foulard.

d’aménager un coin dédié (bureau, table de nuit, chaise) où vous garderez vos petites routines.

Bon à savoir :

Pour vous sentir bien chez vous, vous pouvez créer un rituel à votre arrivée : préparer un thé avec vos sachets préférés, allumer une bougie en toute sécurité, ou écouter une musique associée au confort. Ces petits gestes aident votre cerveau à associer cet endroit au bien-être.

Créer une routine quotidienne, même basique

La routine est l’un des outils les plus puissants contre la nostalgie. Elle redonne un sentiment de contrôle alors que tout autour est nouveau. À Cuba, où le rythme est lent et les imprévus nombreux, une routine souple vaut mieux qu’un planning millimétré.

Par exemple :

matin : petit-déjeuner dans votre casa, quelques minutes d’écriture dans votre journal, un peu d’exercices ou d’étirements.

journée : une visite (« activité du jour »), un temps de pause en début d’après-midi (chaleur + coupures d’électricité fréquentes), puis promenade.

soir : repas dans un paladar ou chez votre hôte, temps off avec livre, film téléchargé ou audio.

L’idée n’est pas de tout figer, mais d’avoir des repères : un moment pour le corps, un moment pour l’esprit, un moment pour la découverte, chaque jour.

Conseil pour un équilibre quotidien

Tisser un lien avec ses hôtes

Les Cubains qui tiennent une casa particular sont souvent d’anciens ingénieurs, médecins, pharmaciens reconvertis dans le tourisme pour mieux vivre. Ils connaissent intimement les contraintes du pays et le vécu des voyageurs.

Prendre le temps de discuter avec eux est doublement bénéfique :

– côté émotion : cela rompt la solitude, vous donne un ancrage humain, une « famille d’accueil » même temporaire.

– côté pratique : ils vous guident pour changer de l’argent au bon taux, trouver une pharmacie susceptible d’avoir encore un médicament, connaître les heures de coupure d’électricité, choisir des taxis fiables.

Vous pouvez, si vous le souhaitez, partager simplement que vous avez un peu le mal du pays. Dans une société où la famille est centrale et où, paradoxalement, 38 % des foyers ont des proches à l’étranger, cette émotion est largement comprise.

Se connecter à Cuba plutôt qu’à son manque

Le réflexe le plus répandu face au mal du pays est de se réfugier entièrement dans sa bulle d’origine : réseaux sociaux, séries en streaming, appels vidéo tous les soirs. À Cuba, les limitations techniques empêchent de le faire… ce qui peut devenir, bien géré, une réelle opportunité d’immersion.

Structurer les contacts avec la maison

Plutôt que d’essayer d’être constamment joignable (et de vivre chaque absence de Wi-Fi comme un drame), mieux vaut définir un cadre réaliste :

choisir un ou deux créneaux par semaine pour des appels vidéo (par exemple depuis un hôtel avec Wi-Fi correct à La Havane ou dans un café connecté).

convenir avec vos proches que l’absence de réponse immédiate ne signifie pas problème.

– utiliser davantage les messages vocaux ou les textes courts, que vous pouvez enregistrer hors ligne et envoyer dès que vous captez une connexion.

Bon à savoir :

Planifier et structurer les moments d’échange permet de les transformer en rencontres positives et attendues, plutôt qu’en des moments de stress perçus comme des secours de dernière minute.

Profiter de la « déconnexion forcée »

L’absence relative d’internet est l’une des raisons pour lesquelles tant de voyageurs décrivent Cuba comme « hors du temps ». Pour le mal du pays, cela peut devenir un outil si vous l’utilisez consciemment.

Vous pouvez par exemple :

instaurer des moments 100 % offline pour explorer un quartier, écouter les musiciens de rue, regarder une partie de domino sur un trottoir.

tenir un journal de bord papier où vous notez chaque jour trois choses pour lesquelles vous êtes reconnaissant (un sourire, un repas, une chanson, un paysage).

– utiliser des exercices simples de pleine conscience : porter attention aux sons (salsa, klaxons de vieilles voitures, cris des vendeurs de rue), aux odeurs (café, mer, tabac), à ce que vous ressentez physiquement.

Recentrer votre attention sur ce qui se passe à Cuba, ici et maintenant, réduit la place mentale occupée par ce qui manque.

Construire un réseau local

L’isolement nourrit le mal du pays ; les liens, même superficiels au départ, l’apaisent. À Cuba, les occasions de contact humain ne manquent pas si vous osez faire le premier pas, même avec un espagnol approximatif.

Quelques pistes, compatibles avec la réalité du pays :

participer à un cours de salsa, de percussion, de cuisine ou d’afro-cuban dance avec des professeurs locaux.

– faire une visite guidée à pied de La Havane, Trinidad ou Viñales avec un guide privé : c’est souvent une longue conversation autant qu’un tour.

– accompagner des pêcheurs sur le Malecón au coucher du soleil, simplement pour discuter.

– fréquenter les mêmes paladares plusieurs fois : on vous reconnaitra, les échanges se feront plus faciles.

– visiter une ferme privée à Viñales pour comprendre la culture du tabac et de l’agriculture biologique.

Ces interactions ne remplaceront pas vos proches mais elles peuvent créer une toile de fond sociale qui rend le quotidien plus chaleureux.

S’ancrer dans la culture plutôt que la regarder de loin

L’un des meilleurs antidotes au mal du pays, c’est de cesser d’être seulement « spectateur occidental » et de devenir, au moins temporairement, un peu partie prenante de la vie locale.

Manger et cuisiner « chez l’habitant »

La cuisine cubaine, simple et nourrissante (riz, haricots, porc, plantain, yuca), peut devenir une source de réconfort si vous la transformez en expérience humaine plutôt qu’en simple consommation.

Vous pouvez :

prendre les petits-déjeuners et dîners dans votre casa particular : c’est souvent le moment où les conversations s’installent.

– demander à votre hôte de vous apprendre une recette de base (par exemple le « congrí », riz et haricots).

– explorer les paladares familiaux plutôt que les grandes enseignes d’État pour sentir l’ambiance d’un salon transformé en restaurant.

Exemple :

Préparer un plat simple de son pays d’origine, comme des pâtes, une omelette ou un gâteau, et le partager avec ses hôtes lors d’un voyage. Cette pratique permet d’apaiser le mal du pays en intégrant un élément familier à la nouvelle expérience, créant ainsi un lien entre le foyer et la réalité locale.

Se laisser traverser par la musique et la danse

Salsa, son, rumba, cha-cha-cha, mambo : la musique irrigue littéralement les rues. Même sans savoir danser, vous pouvez en faire un pilier de votre adaptation :

en assistant à des concerts privés ou à des jams improvisées dans les bars de La Havane ou Santiago.

en prenant un ou deux cours de salsa très basiques : l’objectif n’est pas la performance, mais le corps en mouvement, le rire, le contact humain.

– en vous autorisant simplement à écouter, sans forcément participer, les soirs où l’énergie manque.

La musique est un langage universel, particulièrement à Cuba. Elle permet de se sentir un peu moins étranger.

La musique à Cuba

Découvrir le pays au rythme cubain

Le rythme lent, parfois frustrant, de Cuba peut devenir une ressource si vous cessez de lutter contre lui. Plutôt que d’enchainer dix visites par jour, acceptez de :

passer une demi-journée à observer la vie sur une place de Trinidad.

patienter dans une file d’attente en discutant avec vos voisins plutôt qu’en pestant contre le manque d’efficacité.

– adapter vos activités aux coupures de courant annoncées (musées et lieux climatisés le matin, promenades ou lectures pendant les blackouts).

Ce glissement d’une logique « d’optimisation » (tout voir, tout faire) à une logique « d’habitation » (être vraiment là où l’on est) fait souvent diminuer le mal du pays : on se sent moins en transit, plus inscrit dans un quotidien, même temporaire.

Protéger sa santé mentale dans un environnement sous pression

Cuba ne manque pas seulement de nourriture et de carburant : l’accès aux soins psychiques est très limité, aucune hotline d’écoute n’existe, les structures spécialisées sont rares. Cela rend d’autant plus crucial le fait de prendre soin de vous par anticipation et au jour le jour.

Reconnaître les signaux d’alerte

Le mal du pays « normal » finit par s’atténuer avec le temps, surtout si vous êtes actif et entouré. Mais certains signes doivent vous alerter :

insomnie persistante ou au contraire sommeil excessif.

perte ou prise de poids marquée.

– isolement quasi total, refus systématique des sorties.

– perte d’intérêt pour tout, même pour des choses que vous aimiez.

– idées noires récurrentes, impression que rien ne s’améliorera.

Attention :

Le mal du pays peut évoluer vers un état anxieux ou dépressif. À Cuba, il est difficile de trouver un professionnel de santé sur place pour une prise en charge, ce qui souligne l’importance cruciale de prévoir des solutions de soutien à distance.

Mettre en place son « plan de soutien » à distance

Même avec une connexion limitée, vous pouvez :

identifier à l’avance un thérapeute ou une plateforme de thérapie en ligne avec qui vous pourrez prendre un rendez-vous en visio ou téléphone quand vous aurez du Wi-Fi.

– réfléchir avec une personne de confiance (ami, partenaire, membre de la famille) à un plan : ils sauront que, si vous envoyez tel mot ou tel symbole, c’est que ça ne va vraiment pas et qu’ils doivent vous appeler, même si ce n’est pas prévu.

– stocker sur votre téléphone, en mode offline, des exercices audio de respiration, de relaxation musculaire progressive ou de méditation guidée.

Même si tout ne sera pas disponible en permanence, le simple fait de savoir que des relais existent suffit souvent à diminuer l’angoisse.

Prendre soin de son corps pour soulager l’esprit

Dans un environnement où l’eau du robinet n’est pas potable, où les moustiques transmettent la dengue ou le chikungunya, où la chaleur est intense et l’alimentation parfois déséquilibrée, prendre soin de son corps demande un effort supplémentaire. Mais c’est un investissement direct dans votre stabilité émotionnelle.

Essayez de :

boire suffisamment (avec eau en bouteille ou gourde filtrante).

manger régulièrement, même si les repas ne ressemblent pas à vos habitudes.

– limiter l’alcool, surtout en soirée où la tentation des cocktails est forte : l’alcool accentue l’anxiété et fragilise le sommeil.

– maintenir un minimum d’activité physique : marche, quelques exercices au sol dans votre chambre, nage en mer.

– respecter des horaires de sommeil aussi stables que possible, malgré les nuits chaudes ou les coupures d’électricité.

Les études sur le mal du pays montrent que l’épuisement physique et la malnutrition aggravent nettement la détresse émotionnelle. À Cuba, où l’environnement est exigeant, c’est particulièrement vrai.

Ajuster ses attentes et son récit intérieur

Ce qui rend le mal du pays si douloureux, c’est souvent la dissonance entre l’image qu’on se faisait de soi en voyage et la réalité. On se croyait aventurier, indépendant, « au-dessus de ça », et on se retrouve à pleurer en manquant son canapé.

Normaliser l’expérience

Rappeler régulièrement certains faits aide à dégonfler la honte :

Idée reçueRéalité plus juste
« Avoir le mal du pays, c’est être faible »C’est un signe de liens affectifs solides et d’attachement à son environnement.
« Ça ne devrait pas m’arriver à mon âge »Toutes les tranches d’âge sont concernées, y compris les adultes expérimentés.
« Si j’ai le mal du pays, c’est que je n’aime pas Cuba »On peut aimer un endroit et souffrir de la séparation en même temps.
« Je gâche mon voyage »Un voyage est fait d’émotions variées, pas seulement de bonheur instagrammable.

Plutôt que de lutter contre la nostalgie, vous pouvez lui réserver un espace : par exemple, décider de vous accorder 20 minutes en fin de journée pour écrire à quel point vos proches vous manquent, regarder quelques photos, pleurer si besoin… puis refermer le carnet et passer à autre chose.

Revenir à vos raisons profondes d’être là

Dans les moments de blues, refaire le chemin à l’envers aide beaucoup : pourquoi êtes-vous venu à Cuba au départ ?

Pourquoi partir à Cuba ?

Découvrez les principales motivations pour entreprendre un voyage à Cuba, au-delà des clichés touristiques.

Apprendre l’espagnol

Une immersion totale pour pratiquer et perfectionner votre espagnol dans un environnement authentique.

Comprendre une société unique

Approfondir la connaissance d’une société marquée par plus de cinquante ans d’isolement économique et politique.

Rencontrer et soutenir

Aller à la rencontre des habitants, soutenir les petites entreprises locales et sortir de votre zone de confort.

Projet d’études ou de volontariat

Donner un sens à votre séjour grâce à un projet structuré d’études, de recherche ou d’engagement volontaire.

Vous pouvez écrire noir sur blanc ces motivations et les garder dans votre carnet. Les jours où tout semble difficile, les relire rappelle que ce que vous vivez fait partie du « prix » normal d’une telle aventure.

Accepter la part de paradoxe

On peut se sentir à la fois fasciné par la chaleur humaine cubaine et profondément dérouté par les pénuries. On peut s’émouvoir de la musique dans les rues et, le même jour, rêver d’un supermarché climatisé. On peut se sentir plus vivant que jamais et, en même temps, plus fragile.

Il est souvent apaisant de se dire simplement : « c’est normal que ce soit compliqué, ici la vie est réellement plus dure que chez moi, pour les Cubains comme pour moi. Je ne suis pas en train d’échouer, je suis en train d’apprendre. »

Réflexion d’un expatrié ou visiteur à Cuba

Quand le mal du pays devient trop lourd : savoir réagir

Même avec toutes ces stratégies, il arrive que la nostalgie se transforme en souffrance durable. À Cuba, où l’accès local à la santé mentale est très limité, mieux vaut avoir quelques repères clairs.

Se demander honnêtement : est-ce que ça s’améliore un peu ?

Un mal du pays « classique » oscille : certains jours sont plus lourds, d’autres plus légers. Vous découvrez un nouveau quartier, une conversation sympa, un coucher de soleil sur le Malecón : vous vous sentez mieux. Puis une coupure d’eau et une nuit sans sommeil ramènent la tristesse. Mais la tendance générale est à l’adaptation.

Si, au contraire, vous constatez que :

Attention :

Il est important de reconnaître certains signes pouvant indiquer une souffrance psychologique, comme une perte de plaisir, une tendance à l’isolement, des ruminations négatives et un sentiment d’impasse.

alors il est temps de considérer des mesures plus fortes.

Mobiliser votre entourage… même à distance

Même à travers une connexion fragile, il est possible de : établir des liens, partager des idées, et communiquer efficacement.

dire explicitement à un proche que vous ne gérez plus, que ce n’est pas « juste un petit coup de mou ».

– lui demander de vous appeler plus souvent pendant quelques jours, si vous en avez besoin.

– envisager ensemble des options : raccourcir le séjour, changer de ville pour un environnement plus calme (par exemple passer de La Havane à Viñales ou Trinidad, ou au contraire l’inverse si la campagne vous isole trop).

Bon à savoir :

Raccourcir un séjour à Cuba n’est pas un aveu d’échec. L’île restera identique et il sera possible d’y revenir ultérieurement dans de meilleures conditions.

Chercher du soutien professionnel à distance

Il existe des plateformes de psychothérapie en ligne et des annuaires de thérapeutes habitués à travailler avec des expatriés et voyageurs. Même une ou deux séances peuvent aider à faire le tri dans vos émotions et à éviter que la situation ne se chronicise.

Selon votre pays d’origine, des lignes de crise nationales existent (comme le 988 aux États-Unis) accessibles via WhatsApp ou certains services VoIP. Il faut toutefois garder en tête la limitation d’internet à Cuba : mieux vaut stocker avant le départ dans votre téléphone, en notes hors ligne, les contacts importants (thérapeute, ligne d’aide, médecin traitant, proches-clés).

En guise de fil conducteur : transformer le mal du pays en expérience

Le mal du pays ne rend pas un voyage moins intéressant ; il le rend plus vrai. À Cuba, où la population vit au quotidien ce que beaucoup de voyageurs n’affrontent que ponctuellement – pénuries, incertitudes, décalage avec le reste du monde –, votre propre vulnérabilité peut devenir un puissant outil de compréhension et d’empathie.

En apprenant à :

reconnaître vos limites,

vous doter de routines et de repères,

tisser des liens humains sur place,

accepter la lenteur et l’imprévu,

demander de l’aide si nécessaire,

Bon à savoir :

Les périodes difficiles ne sont pas seulement à endurer ; elles permettent d’acquérir des compétences précieuses, comme la résilience et l’adaptabilité, qui seront utiles pour de futurs voyages, déménagements ou toute autre période de changement.

Cuba, avec ses contrastes extrêmes – chaleur humaine et pénurie matérielle, musique omniprésente et coupures d’électricité, paysages magnifiques et bâtiments en ruine – est un terrain exigeant pour apprivoiser la distance avec « chez soi ». Mais c’est aussi un endroit où l’on découvre, parfois au détour d’un repas partagé ou d’une partie de domino, que l’on peut se sentir un peu chez soi bien plus loin qu’on ne l’imaginait.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour s’installer à Cuba, optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal international, formalités administratives, relocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Portugal, Uruguay, République dominicaine, Cuba), la stratégie retenue a consisté à cibler Cuba pour son coût de vie nettement inférieur à la France, la possibilité de structurer ses flux de revenus en devises étrangères via des comptes hors de Cuba, un cadre sécurisant pour les retraités et une fiscalité optimisable grâce à la convention fiscale FR-CU. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, report d’imposition), obtention du statut de résident à Cuba, coordination protection sociale privée, transfert de résidence bancaire à l’international, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre des intérêts économiques…) et mise en relation avec un réseau local bilingue (avocat, immigration, immobilier) pour intégrer cette mobilité dans une stratégie patrimoniale globale de diversification et transmission optimisée.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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