Archipel de contrastes posé entre Caraïbes, golfe du Mexique et Atlantique, le pays Cuba est à la fois la plus grande île de la région et un laboratoire à ciel ouvert où se croisent climat tropical, reliefs montagneux, plaines agricoles, mangroves, récifs coralliens et villes très denses. Son territoire, souvent comparé à la silhouette d’un crocodile lorsqu’on l’observe sur une carte, concentre en un espace relativement restreint une variété de paysages et de milieux qui en font un cas à part dans la Caraïbe.
Une position stratégique au carrefour des Amériques
Situé à la jonction du golfe du Mexique, de la mer des Caraïbes et de l’Atlantique, le pays Cuba occupe une position charnière dans le nord de la Caraïbe. Son cœur géographique se situe autour de 21–22° de latitude nord et 80° de longitude ouest, juste au sud du tropique du Cancer. Géologiquement rattaché au continent nord-américain, il fait partie de l’ensemble insulaire des Grandes Antilles.
Autour de l’île principale gravite un chapelet de terres qui composent un archipel de plus de 4 000 îles, îlots et cayes. Quatre grands ensembles dominent cette mosaïque :
– l’archipel des Colorados au nord-ouest
– l’archipel Sabana‑Camagüey au nord-centre, qui comprend la zone touristique de Jardines del Rey
– les Jardines de la Reina le long du centre-sud
– l’archipel des Canarreos au sud-ouest, auquel appartient l’Isla de la Juventud, seconde île du pays
Cuba est située à seulement 150 km de la Floride à travers le détroit de Floride.
Dimensions, étendue et littoraux
Avec une superficie d’environ 110 000 km², le pays Cuba est de la taille d’un grand État américain comme la Pennsylvanie et constitue, de loin, le plus vaste territoire insulaire des Caraïbes. L’île principale, longue d’environ 1 250 km, présente une forme étirée est‑ouest, mais sa largeur varie fortement : elle atteint près de 190 km à son maximum et se rétrécit jusqu’à une trentaine de kilomètres dans ses sections les plus étroites.
Le littoral de Cuba s’étend sur environ 5 700 km et présente un tracé très découpé. Il compte plus de 200 baies et près de 300 plages, souvent caractérisées par leur sable clair et la présence de récifs coralliens. Les eaux côtières sont structurées par plusieurs golfes et baies majeurs, notamment le golfe de Batabanó (sud-ouest), le golfe de Guacanayabo (sud-est), la baie de La Havane, la baie de Cárdenas et la baie des Cochons, cette dernière étant adjacente à la vaste péninsule marécageuse de Zapata.
Le pays revendique une mer territoriale de 12 milles nautiques et une zone économique exclusive d’environ 350 000 km², qui ouvre un espace maritime bien plus vaste que sa surface terrestre et englobe de larges zones de pêche, de récifs et de possibles gisements d’hydrocarbures offshore.
Pour mieux visualiser le poids relatif de l’île principale dans l’archipel, on peut résumer les principales surfaces insulaires :
| Élément de l’archipel | Superficie approximative (km²) | Particularité géographique |
|---|---|---|
| Île principale (Cuba) | ~104 300 à 105 000 | 17ᵉ plus grande île du monde |
| Isla de la Juventud | ~2 200 à 3 000 | 2ᵉ île du pays, au sud-ouest |
| Ensemble des autres îles/cayes | ~3 500 à 4 000 | Archipels : Colorados, Sabana‑Camagüey, etc. |
| Superficie totale du pays | ~110 860 | Plus grand État insulaire des Caraïbes |
Relief : un pays de plaines ceinturé de montagnes
Vu du ciel, le pays Cuba se présente comme un vaste plateau faiblement ondulé, ponctué de massifs montagneux, surtout au sud et à l’est. Environ deux tiers de la surface sont constitués de plaines basses ou de collines douces, avec une altitude médiane modérée autour de 90 mètres. Mais un quart de l’île principale est occupé par des reliefs beaucoup plus marqués.
Les grandes chaînes montagneuses
La Sierra Maestra forme l’épine dorsale montagneuse du sud-est. C’est là que culmine le pays au Pico Turquino, point le plus élevé, autour de 1 974 mètres d’altitude. Ce massif escarpé, aux pentes raides et aux vallées encaissées, joue un rôle essentiel dans la circulation atmosphérique et la répartition des pluies, tout en abritant des forêts tropicales denses.
Plus au nord et à l’est, d’autres ensembles complètent ce relief accidenté :
L’île de Cuba est structurée par plusieurs chaînes montagneuses distinctes. À l’est, la Sierra Cristal prolonge la Sierra Maestra, tandis que les monts Nipe‑Sagua‑Baracoa définissent l’extrémité orientale autour de Baracoa. Au centre, les monts de l’Escambray (massif de Guamuhaya) dominent la région de Trinidad et Cienfuegos. À l’ouest, la cordillère de Guaniguanico, dans la province de Pinar del Río, rassemble la Sierra de los Órganos et la Sierra del Rosario.
Dans cette dernière, les célèbres mogotes – collines calcaires abruptes aux flancs couverts de végétation – dessinent des paysages karstiques spectaculaires, notamment autour de Viñales.
Dans son ensemble, le système montagneux couvre près de 1,96 million d’hectares, soit environ 18 % de la superficie de l’archipel, ce qui reste modeste mais suffisant pour engendrer des contrastes climatiques marqués entre versants et plaines.
Plaines, marais et karsts
En dehors de ces massifs, la majorité du territoire est faite de plaines plus ou moins ondulées, souvent dédiées à l’agriculture. Certaines de ces plaines côtières sont très basses et mal drainées, ce qui favorise la présence d’importants marécages.
Avec plus de 4 500 km², la Ciénaga de Zapata, située au sud de la province de Matanzas à Cuba, est le plus vaste milieu humide des Caraïbes. Cet ensemble de marais, lagunes, mangroves et forêts humides constitue une éponge écologique cruciale, mais il est également exposé à la menace de la montée du niveau de la mer.
Le sous-sol de grandes portions de l’île est constitué de calcaires, propices aux paysages karstiques : dolines, grottes, cavités souterraines et réseaux hydrologiques invisibles en surface y sont très répandus. Cette géologie accentue la sensibilité des nappes phréatiques à l’intrusion saline sur les littoraux et complique parfois la gestion de l’eau douce.
Réseau hydrographique modeste mais crucial
Contrairement à certains grands fleuves d’Amérique latine, les cours d’eau du pays Cuba sont courts, peu profonds et généralement peu puissants. L’île principale est sillonnée de centaines de rivières et ruisseaux, mais aucun cours d’eau ne traverse de longues distances comparables aux fleuves continentaux.
Le plus long est le río Cauto, dans le sud-est, qui parcourt un peu plus de 300 km depuis la Sierra Maestra avant de se jeter dans le golfe de Guacanayabo. Son débit reste toutefois limité, et seule une partie de son cours est navigable.
Deux grands plans d’eau se détachent dans ce paysage fluvial discret :
La Laguna de Leche, le plus vaste lac naturel de Cuba, couvre une superficie d’environ 67 km².
Les surfaces d’eau intérieures demeurent, dans l’absolu, peu étendues par rapport au territoire. L’eau douce provient donc principalement des pluies, ce qui rend le pays très dépendant des caprices de la saison humide.
Les contrastes régionaux sont forts : le nord-est de l’île, exposé aux alizés humides, peut recevoir jusqu’à 3 000 mm de pluie par an, alors qu’autour de la baie de Guantánamo, le relief crée une ombre pluviométrique qui limite les précipitations annuelles à 500–700 mm seulement. Dans ce contexte, les réservoirs artificiels, les puits et les systèmes d’irrigation jouent un rôle vital pour l’agriculture, en particulier dans les zones sèches et dans les provinces centrales.
Un climat tropical nuancé par les reliefs et les alizés
Officiellement, le climat du pays Cuba est de type tropical, avec deux grandes saisons : une saison sèche et une saison des pluies. Dans la pratique, les nuances sont nombreuses selon l’altitude, l’exposition aux vents dominants et la configuration côtière.
Saisons, températures et humidité
La saison dite « sèche » s’étend globalement de novembre à avril. Les pluies se font alors plus rares, l’air légèrement plus frais, surtout dans l’ouest et le nord-ouest soumis à des intrusions d’air frais venues de l’Amérique du Nord. La saison humide se concentre de mai à octobre, avec des averses fréquentes, souvent orageuses en fin de journée, et une chaleur lourde.
Les températures restent relativement stables sur l’année. La moyenne annuelle tourne autour de 25 °C. En hiver, les maximales diurnes atteignent généralement 26 °C à La Havane et jusqu’à 28 °C sur la côte sud. Les nuits peuvent être fraîches lors d’épisodes de fronts froids, en particulier dans l’ouest : les minimales peuvent alors brièvement descendre aux alentours de 10 °C, voire un peu plus bas lors d’événements exceptionnels.
Température moyenne en degrés Celsius durant les mois les plus chauds (juillet et août) à Cuba.
Pluviométrie : pays de contrastes
Les totaux annuels de précipitations se situent généralement entre 1 000 et 1 500 mm sur une large part du territoire, avec une moyenne nationale d’environ 1 400 mm. Les deux tiers des pluies se concentrent sur la saison humide, entre mai et octobre, avec un pic marqué en juin. Mars, février, décembre et avril figurent parmi les mois les plus secs.
La répartition spatiale est très inégale. Le nord-est, exposé de plein fouet aux alizés, enregistre les plus fortes hauteurs d’eau, dépassant parfois 3 000 mm. À l’inverse, la région de Guantánamo, à l’extrême sud-est, se trouve dans une zone d’ombre pluviométrique, protégée des flux humides par les reliefs voisins : elle ne reçoit que 500 à 700 mm d’eau par an, ce qui lui vaut un climat semi-aride rare dans la Caraïbe.
La topographie génère des contrastes prononcés entre les versants. Dans les chaînes méridionales, les pentes exposées au nord reçoivent des précipitations abondantes, tandis que les pentes sud, abritées, sont beaucoup plus sèches. De plus, dans certaines zones du sud, on observe une relative accalmie pluviométrique au cœur de l’été, avec une diminution temporaire des averses au mois de juillet.
Ouragans, tempêtes et coups de froid
Inscrit en plein cœur de la zone des ouragans de l’Atlantique, le pays Cuba est régulièrement exposé aux cyclones tropicaux entre juin et novembre, avec un maximum de fréquence d’août à octobre. En moyenne, le territoire est concerné par environ un ouragan par an, avec des dégâts parfois considérables lorsque les trajectoires croisent directement l’île.
Outre les vents violents, ces systèmes apportent des pluies diluviennes, responsables d’inondations et de glissements de terrain, en particulier dans les régions montagneuses et les plaines côtières basses. Plusieurs événements historiques – comme les grands ouragans du XXᵉ siècle et du début du XXIᵉ – ont laissé des traces durables dans les paysages et les infrastructures.
Record de température minimale enregistré en dessous de 1 °C à l’intérieur des terres cubaines lors d’un épisode historique.
Un climat sous pression : ENSO et changement climatique
Les oscillations climatiques globales, notamment l’ENSO (El Niño – Oscillation Australe), influencent température et pluviométrie à l’échelle du pays. Les années El Niño peuvent par exemple se traduire par des anomalies de pluie et des tensions accrues sur les ressources hydriques.
Le changement climatique ajoute une couche de complexité supplémentaire. Les projections font état d’une hausse des températures, d’une modification des schémas de précipitations, d’une possible baisse globale de la pluviométrie et d’une élévation du niveau de la mer. Pour un pays dont de vastes zones côtières sont basses, humides et densément peuplées, l’intrusion saline dans les nappes phréatiques, l’érosion des plages ou encore la submersion des marais et des mangroves constituent des enjeux majeurs.
Sols, forêts et usages des terres : une île façonnée par l’agriculture
Le pays Cuba possède des sols globalement très fertiles, souvent de type terra rossa (rouges riches en oxydes de fer) ou vertisols (sols noirs argileux). Au fil des siècles, cette richesse a attiré plantations, cultures de rente puis agriculture mécanisée, au prix d’une transformation radicale du couvert végétal.
De l’île forestière à la mosaïque agricole
Avant la colonisation, les forêts recouvraient l’essentiel du territoire. Les grands défrichements pour la canne à sucre, le tabac, puis pour l’élevage et les cultures vivrières ont profondément modifié ce paysage. Au milieu du XXᵉ siècle, la surface forestière avait chuté autour de 14 % du territoire. Des campagnes de reboisement menées plus tard ont permis de remonter ce taux aux environs de 25–28 % selon les estimations officielles récentes.
Aujourd’hui, la répartition des couvertures terrestres peut se décrire ainsi :
| Type d’occupation du sol | Part approximative de la surface du pays |
|---|---|
| Terres cultivées / mosaïques cultures‑végétation naturelle | ~44 % |
| Arbustes, savanes, prairies | ~24 % |
| Forêts (productives, de protection, de conservation) | ~23 % |
| Zones humides (marais, mangroves, marécages) | ~9 % |
Au sein de cette structure, l’agriculture garde un poids majeur : environ un tiers à un peu plus de 40 % de la surface totale est considérée comme arable ou exploitée pour la production, même si une fraction importante des terres reste en jachère ou sous-utilisée.
Cultures emblématiques et organisation de l’espace rural
Historiquement, la canne à sucre a dominé les paysages. À certaines périodes, elle recouvrait jusqu’à 60 % des terres cultivées. La chute des échanges privilégiés avec l’ex‑URSS après les années 1990 a entraîné un recul spectaculaire de cette culture, avec un abandon de vastes surfaces et la reconversion d’environ 3 millions d’acres vers d’autres productions.
Parallèlement, d’autres cultures structurent la géographie agricole :
– le tabac, surtout dans la province de Pinar del Río et dans quelques zones du centre de l’île, avec des terroirs réputés comme la vallée de Vuelta Abajo
– le riz, surtout le long de l’ouest et dans des systèmes irrigués, avec parfois deux récoltes annuelles
– les agrumes, en particulier autour de Jagüey Grande, à l’est de La Havane, où des vergers modernes ont attiré les premiers investissements étrangers dans l’agriculture nationale
– le café, concentré dans les montagnes de l’est, notamment dans la région de Guantánamo
– les tubercules (pomme de terre, manioc), les bananes et plantains, le maïs et une grande variété de fruits tropicaux (mangue, papaye, ananas, avocat, agrumes, etc.)
L’élevage de bovins, porcs et volailles occupe de vastes surfaces en pâturages et savanes. La taille du cheptel bovin varie significativement en fonction des crises économiques, des politiques agricoles et des conditions climatiques.
Un modèle agricole en recomposition permanente
La géographie rurale du pays résulte aussi des réformes foncières successives. Après 1959, les grandes plantations privées et étrangères ont été expropriées et divisées, une première loi agraire imposant un plafond de surface par propriétaire. Une partie des terres a été redistribuée à des centaines de milliers de petits agriculteurs, le reste étant structuré en fermes d’État et en coopératives.
Suite à la disparition des aides soviétiques et aux pénuries d’intrants dans les années 1990, le modèle agricole cubain a évolué d’une agriculture intensive et mécanisée vers des structures plus petites, familiales et coopératives. Cette transition a favorisé l’adoption de méthodes agroécologiques et le développement des jardins urbains (organopónicos), devenus essentiels pour la sécurité alimentaire du pays.
Aujourd’hui, une part croissante des denrées est produite par des exploitants privés ou des coopératives non directement étatiques. Ces producteurs, qui ne détiennent parfois qu’un quart des surfaces, assurent plus de la moitié – et même autour des deux tiers – de la production alimentaire. Malgré cela, le pays reste fortement dépendant des importations pour nourrir sa population, ce qui souligne les limites et les tensions de ce système.
Enjeux environnementaux des usages du sol
Les décennies de monoculture et de recours massif à la mécanisation ont laissé des traces. Sur environ 6,6 millions d’hectares de terres agricoles, une majorité présente des signes de dégradation :
– plus de 4 millions d’hectares souffrent d’érosion
– près de 3 millions sont affectés par un mauvais drainage
– plus de 1,5 million présentent une compaction importante des sols
– plus d’un million d’hectares sont acidifiés
– plusieurs centaines de milliers d’hectares sont touchés par la salinisation
Ces altérations fragilisent la productivité des terres et obligent à repenser les pratiques, notamment dans un contexte de changement climatique où les épisodes de sécheresse risquent de devenir plus fréquents et prononcés.
Littoraux, mangroves et récifs : un patrimoine côtier sous pression
Avec plus de 5 700 km de côtes, le pays Cuba est avant tout un territoire littoral. Cette façade maritime abrite une diversité exceptionnelle d’écosystèmes : plages sableuses, falaises calcaires, mangroves, marais salés, lagunes, seagrass et récifs coralliens.
Mangroves et zones humides côtières
Les mangroves couvrent environ 5 % de la surface terrestre et représentent une part importante des forêts restantes. Présentes sur de nombreux secteurs du littoral, notamment le long de la côte sud et dans les marais de Zapata, elles jouent un rôle de protection naturelle contre la houle, l’érosion, les tempêtes et l’élévation du niveau de la mer. Elles constituent aussi des nurseries pour les poissons et une barrière contre l’intrusion saline dans les nappes côtières.
Les grandes zones humides de Cuba, notamment au sud-ouest et au sud-est, sont très exposées aux impacts du changement climatique, tels que la submersion, la salinisation, le déplacement des habitats et les menaces pour les communautés côtières.
Récifs coralliens et mer des cayes
Les quelque 3 000 km² de récifs coralliens qui entourent l’archipel constituent le deuxième plus vaste ensemble récifal des Caraïbes. La plupart sont encore dans un état de conservation meilleur que dans beaucoup d’autres pays de la région, même si près de la moitié sont considérés comme menacés par la pollution, la surpêche, le tourisme et le réchauffement de l’océan.
Souvent qualifié de « Galápagos des Caraïbes », ce vaste labyrinthe de plus de 600 îles et cayes est protégé par un statut de réserve marine stricte, où la pêche est interdite. Les récifs y abritent une faune abondante et illustrent ce que pourraient être des écosystèmes coralliens relativement préservés à l’échelle régionale.
Archipel des Jardines de la Reina
Défis du littoral : urbanisation et montée des eaux
Le littoral concentre également la majorité des grandes villes, une bonne partie des infrastructures économiques (ports, zones touristiques, sites industriels) et des terres agricoles. Cette concentration rend la frange côtière particulièrement vulnérable aux aléas : ouragans, ondes de tempête, érosion, mais aussi submersion progressive liée à la montée du niveau de la mer.
Les projections identifient plus d’une centaine de localités côtières exposées aux impacts du changement climatique, dont plusieurs pourraient disparaître à l’horizon de la fin du siècle si les tendances actuelles se prolongent. Cette perspective pose d’ores et déjà des questions de relocalisation, de protection des infrastructures et de gestion des zones de repli.
Ressources naturelles : métaux, énergie et biodiversité
Sous ses paysages de canne, de savane et de forêts tropicales, le pays Cuba recèle un sous-sol particulièrement riche. Ses ressources minérales, énergétiques et biologiques structurent aussi sa géographie économique.
Nickel, cobalt et autres minerais
Le pays se classe parmi les tout premiers détenteurs de réserves de nickel à l’échelle mondiale, juste derrière la Russie. Les principaux gisements se trouvent dans le nord-est, notamment dans la province de Holguín, près de la ville industrielle de Moa, où des complexes miniers et industriels exploitent ces minerais. Le nickel y est souvent associé au cobalt, autre ressource stratégique dans le contexte des technologies de batteries et de la transition énergétique globale.
Outre le nickel et le cobalt, le sol cubain renferme du minerai de fer, du cuivre, du chrome, du manganèse, du magnétite, mais aussi de l’or, de l’argent et du tungstène en quantités moindres. Sur l’Isla de la Juventud, on trouve par ailleurs d’importants gisements de roches industrielles comme le calcaire, le gypse, le sel gemme, le kaolin ou le marbre.
Hydrocarbures et énergies
En matière d’hydrocarbures, le pays dispose de réserves prouvées modestes – de l’ordre de 0,1 milliard de barils de pétrole et quelques milliers de milliards de pieds cubes de gaz naturel – mais les explorations offshore laissent entrevoir des ressources potentielles bien plus importantes, notamment au nord de l’île et dans le golfe du Mexique. La production nationale ne couvre cependant qu’une partie des besoins intérieurs, ce qui oblige à importer une part significative du pétrole, en particulier de pays alliés.
L’ensoleillement moyen quotidien en heures, favorisant le potentiel élevé de l’énergie solaire.
Forêts, faune et flore
Même si la couverture forestière a nettement reculé depuis la période précoloniale, les forêts actuelles restent remarquablement diverses. On y trouve des pins, des cèdres, des acajous, des essences d’ébène tropical, des forêts de montagne, des pinèdes, des forêts sèches et des forêts humides. Plusieurs grandes zones forestières sont protégées au sein de réserves de biosphère ou de parcs nationaux, comme le parc Alejandro de Humboldt, au nord-est, ou la réserve de Baconao, près de Santiago de Cuba.
Découvrez la faune et la flore uniques de Cuba, abritant des espèces rares et emblématiques que l’on ne trouve nulle part ailleurs dans le monde.
Le plus petit oiseau du monde, un endémisme remarquable de l’île.
L’oiseau national de Cuba, reconnaissable à ses couleurs vives.
Une espèce de crocodile rare et endémique de l’île.
Insectivore nocturne aux allures préhistoriques, unique à Cuba.
Escargot terrestre multicolore, célèbre pour sa coquille aux couleurs vives.
Le palmier royal, arbre national, et la fleur de mariposa, emblèmes de la flore cubaine.
Les grands ensembles écologiques terrestres se déclinent en six grandes écorégions : forêts humides, forêts sèches, forêts de pins, zones humides intérieures, fourrés xériques à cactus, et mangroves des Grandes Antilles. Sur le plan de l’intégrité des paysages forestiers, des analyses satellitaires confèrent au pays un score intermédiaire, témoignant à la fois de la pression exercée sur les milieux et des efforts de protection.
Villes, population et organisation administrative : une géographie humaine très littorale
Avec un peu plus de 11 millions d’habitants, le pays Cuba est l’État le plus peuplé de la Caraïbe insulaire. La population se concentre très majoritairement dans les villes et dans les plains côtières, particulièrement le long de l’axe est‑ouest qui suit l’ossature de l’île.
Une urbanisation marquée
Plus des trois quarts des habitants vivent en milieu urbain. La capitale, La Havane, rassemble à elle seule plus de deux millions de personnes dans une agglomération dense, installée sur la côte nord-ouest. Ville portuaire, centre politique et économique, elle est également la plus grande ville de tout l’archipel caribéen.
D’autres centres urbains structurent le territoire :
Les villes cubaines, réparties sur l’île, jouent un rôle clé en tant que capitales provinciales et centres économiques ou touristiques.
Deuxième ville du pays, située sur la côte sud-est et adossée à une baie profonde.
Située au centre de l’île, c’est un important carrefour intérieur.
Dans le nord-est, à proximité de zones touristiques littorales.
Santa Clara, Cienfuegos, Matanzas, Pinar del Río, Guantánamo, Las Tunas, Bayamo, Ciego de Ávila, entre autres.
La distribution urbaine suit de près le tracé des grands axes routiers et ferroviaires, ainsi que les plaines agricoles les plus productives. Les régions montagneuses et les marais intérieurs restent, à l’inverse, faiblement peuplés.
Provinces, municipalités et capitales
Administrativement, le pays est divisé en 15 provinces et une municipalité spéciale (Isla de la Juventud). Chaque province dispose d’une capitale qui est souvent la principale ville de la région. La liste suivante résume les divisions principales :
| Province / entité spéciale | Capitale | Situation géographique dominante |
|---|---|---|
| Pinar del Río | Pinar del Río | Extrême ouest, zones tabacoles et mogotes |
| Artemisa | Artemisa | Ouest, proche de La Havane |
| La Habana | La Havane | Côte nord-ouest, capitale nationale |
| Mayabeque | San José de las Lajas | Sud de La Havane |
| Matanzas | Matanzas | Nord, baie de Matanzas, Varadero à proximité |
| Cienfuegos | Cienfuegos | Côte sud, grande baie |
| Villa Clara | Santa Clara | Centre-nord, carrefour routier et ferroviaire |
| Sancti Spíritus | Sancti Spíritus | Centre, proche des monts de l’Escambray |
| Ciego de Ávila | Ciego de Ávila | Centre-est, accès à Jardines del Rey |
| Camagüey | Camagüey | Plaines centrales |
| Las Tunas | Las Tunas | Centre-est, intérieur |
| Granma | Bayamo | Sud-est, plaines et contreforts de la Sierra |
| Holguín | Holguín | Nord-est |
| Santiago de Cuba | Santiago de Cuba | Sud-est, deuxième ville du pays |
| Guantánamo | Guantánamo | Extrême sud-est |
| Isla de la Juventud* | Nueva Gerona | Municipalité spéciale au sud-ouest |
Municipalité spéciale hors système provincial classique.
C’est le nombre de municipalités qui composent les provinces concernées, formant un maillage administratif dense.
Répartition spatiale et dynamiques démographiques
La distribution de la population met en évidence plusieurs phénomènes :
– une forte concentration sur la frange nord-ouest (La Havane, Matanzas) et sur certains pôles du centre et de l’est
– un important maillage urbain secondaire le long des grands axes (Carretera Central, voies ferrées principales)
– des densités plus faibles dans les zones de marais, de montagnes et dans certaines régions semi-arides comme autour de Guantánamo
Les tendances démographiques récentes montrent un ralentissement de la croissance, voire un début de déclin, avec un vieillissement notable de la population. Cela pose des questions quant à la main-d’œuvre nécessaire pour entretenir les infrastructures, développer l’agriculture ou soutenir le secteur des transports.
Réseaux de transport : une géographie maillée par routes et rails
L’étirement est‑ouest de l’île principale a naturellement conduit au développement de grands axes longitudinaux. Le pays possède aujourd’hui un réseau routier et ferroviaire dense au regard de sa taille, même si une partie nécessite modernisation et entretien.
Les routes : de la Carretera Central aux autoroutes
Dès le début du XXᵉ siècle, la Carretera Central a relié Pinar del Río à Santiago de Cuba sur environ 1 150 km. Cette route historique, à deux voies, a longtemps constitué la colonne vertébrale du transport routier. Elle est toujours en service, même si certains tronçons souffrent de dégradation.
Plus récemment, des autoroutes ont été construites, notamment :
– l’Autopista Nacional, qui relie La Havane à Santa Clara puis Sancti Spíritus, avec des sections isolées plus à l’est
– l’Autopista Este‑Oeste (A4), qui joint La Havane à Pinar del Río
– diverses autoroutes régionales connectant la capitale à Mariel, San Antonio de los Baños, Melena del Sur, ou encore aux principaux pôles de banlieue
Le réseau routier du pays dépasse 60 000 km, dont près de la moitié est revêtue.
La qualité des chaussées reste néanmoins très contrastée. Une partie des grandes voies est bien entretenue, tandis que de nombreux segments, particulièrement en zone rurale, présentent des nids-de-poule, une signalisation déficiente et des couches de roulement fatiguées. Des plans de modernisation et d’entretien ciblé des axes prioritaires sont régulièrement discutés afin de réduire les coûts de transport et d’assurer la sécurité.
Le rail : héritage colonial et modernisations ponctuelles
Le pays se distingue dans l’histoire ferroviaire : il a construit le premier chemin de fer de tout l’empire espagnol, avant même la péninsule ibérique. Le réseau s’est progressivement étendu pour couvrir l’ensemble des provinces, combinant des lignes à voie normale et, autrefois, de nombreuses voies étroites liées aux plantations sucrières.
Aujourd’hui, le réseau ferroviaire compte plus de 8 000 km de voies, presque entièrement à écartement standard, avec une petite portion électrifiée. Une ligne principale relie La Havane à Santiago de Cuba, desservant les principales villes de l’intérieur. Des efforts récents ont visé à améliorer la fiabilité de cette liaison, avec l’acquisition de nouvelles locomotives et voitures, notamment auprès de constructeurs chinois.
Le rail est essentiel pour le transport de marchandises lourdes (sucre, minerais, vrac) et complémentaire pour les passagers sur longues distances. Sa performance dépend de l’état des infrastructures, des matériels roulants et de la gestion des horaires.
Ports, aéroports et maillage multimodal
Plusieurs ports de commerce ponctuent les côtes. La Havane, sur la côte nord, occupe une place centrale pour les importations de carburants, de céréales et de divers produits manufacturés. Cienfuegos est un débouché majeur pour les produits pétroliers et certaines exportations, tandis que Santiago de Cuba, Matanzas, Mariel, Nuevitas ou Manzanillo complètent ce réseau. Le port de Mariel, à l’ouest de la capitale, a été conçu comme un hub moderne capable d’accueillir de grands porte-conteneurs et d’ancrer une zone de développement spécial (ZED Mariel).
L’aviation civile s’appuie sur plus d’une centaine d’aérodromes, dont une soixantaine avec pistes revêtues. Plusieurs aéroports internationaux – à La Havane, Varadero, Santiago de Cuba, Holguín, Cayo Coco, Cayo Largo, entre autres – relient le pays au reste du monde, en particulier pour le tourisme.
Ce maillage, combiné aux routes et au rail, structure une géographie des flux où les marchandises et les voyageurs se concentrent sur quelques couloirs économiques majeurs, desservant les grandes villes, les zones industrielles et les pôles touristiques.
Régions, paysages et enjeux contemporains
Pour appréhender la complexité géographique du pays, il est utile de le penser en grandes régions fonctionnelles, chacune ayant ses caractéristiques physiques, économiques et humaines.
Une présentation des caractéristiques géographiques, économiques et touristiques distinctes de l’Ouest, du Centre et de l’Est de l’île.
Comprend Pinar del Río, Artemisa, La Havane, Mayabeque, Matanzas et l’Isla de la Juventud. Caractérisée par ses plaines tabacoles, ses paysages karstiques, la métropole havanaise et les grands pôles portuaires et touristiques comme Varadero et Mariel.
Regroupe Villa Clara, Cienfuegos, Sancti Spíritus, Ciego de Ávila et Camagüey. Allie plantations, élevage, les monts de l’Escambray et des archipels coralliens transformés en destinations balnéaires majeures (Jardines del Rey, Cayo Coco, Cayo Guillermo).
Inclut Las Tunas, Holguín, Granma, Santiago de Cuba et Guantánamo. Associe reliefs marqués, forêts tropicales denses, zones minières de nickel, plaines agricoles, littoraux semi-arides et de grandes villes portuaires.
Chacune de ces régions se trouve confrontée à des défis spécifiques : érosion et intrusion saline sur les littoraux bas, gestion durable des sols agricoles, maintien des corridors écologiques, adaptation des infrastructures au climat futur, préservation de la biodiversité, équilibre entre développement touristico-industriel et conservation des milieux.
Un territoire en première ligne face au changement global
La géographie du pays Cuba ne se résume pas à une carte statique de reliefs, de plaines et de villes. Elle est en mouvement, soumise à des dynamiques climatiques, économiques et démographiques rapides.
L’élévation du niveau de la mer menace directement les marais de Zapata, les mangroves littorales, les zones basses urbanisées et de nombreux villages côtiers. La modification des régimes de précipitations questionne la sécurité hydrique de régions déjà sèches comme le sud-est. La hausse attendue des températures et la multiplication possible d’épisodes de pluies extrêmes lors des ouragans pèsent sur les cultures, sur les sols et sur les infrastructures.
Cet archipel présente une forte vulnérabilité due à sa dépendance aux importations alimentaires, à la concentration urbaine côtière et à l’importance économique du tourisme littoral. Pour y répondre, des politiques stratégiques sont mises en œuvre, incluant le reboisement, la protection des mangroves, le développement de l’agroécologie, la diversification énergétique et le renforcement des infrastructures de transport, faisant de l’espace géographique un enjeu central.
Vue dans son ensemble, la géographie du pays Cuba apparaît donc comme un équilibre délicat entre mer et terre, montagnes et marais, villes denses et campagnes fertiles, ressources convoitées et écosystèmes fragiles. Cet équilibre, longtemps façonné par l’histoire coloniale puis par les choix politiques et économiques, est désormais confronté à l’épreuve du changement climatique global, qui pousse l’archipel à réinventer sa manière d’habiter ce « crocodile » posé au milieu des eaux caraïbes.
Un futur retraité de 62 ans, disposant d’un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaite transférer sa résidence fiscale à Cuba pour alléger sa fiscalité et diversifier ses investissements tout en gardant un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 € pour un accompagnement complet (conseil fiscal international, formalités migratoires, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après étude de plusieurs destinations (Portugal, République dominicaine, Mexique, Panama), la stratégie retenue consiste à cibler Cuba pour son coût de vie nettement inférieur à la France, la possibilité de résidence de longue durée, une fiscalité attractive sur certains revenus de source étrangère et un marché immobilier spécifique (via structures locales et joint-ventures). La mission comprend : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, conventions fiscales applicables), obtention du statut de résident et visas, organisation de la protection sociale (couverture privée internationale), transfert de la résidence bancaire et plan de rupture des liens fiscaux français (séjour principal à Cuba, centre des intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local (avocat, fiscaliste, conseil immobilier) et intégration patrimoniale adaptée au contexte cubain.
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