Poursuivre des études supérieures à l’étranger est souvent associé aux États-Unis, au Canada ou à l’Europe. Pourtant, une autre destination attire de plus en plus d’étudiants internationaux, notamment dans les domaines de la santé, des sciences sociales et des langues : Cuba. Avec un système universitaire entièrement public, une tradition d’excellence en médecine et un coût de la vie inférieur à celui de nombreuses grandes villes occidentales, Cuba propose une expérience académique et humaine radicalement différente.
Cet article détaille les aspects essentiels pour étudier à Cuba : la structure du système universitaire, les universités principales, les coûts réels de la vie étudiante, les conditions de vie quotidienne, le système de santé, les démarches pour obtenir un visa étudiant, et les spécificités des filières de santé et de médecine.
Un système d’enseignement supérieur public et très structuré
L’enseignement supérieur cubain est entièrement public et placé sous la tutelle du Ministère de l’Enseignement Supérieur (MES). Il n’existe pas d’universités privées : les 46 établissements recensés dans le pays sont des institutions publiques à but non lucratif. Pour les citoyens cubains, les études sont gratuites. Pour les étudiants internationaux, des frais de scolarité existent, mais restent en général nettement inférieurs à ceux pratiqués en Amérique du Nord ou en Europe, surtout dans le domaine médical où les bourses sont fréquentes.
Au total, le pays propose environ 637 programmes d’études universitaires, dont 319 licences, 268 masters et 50 programmes de doctorat. Les programmes sont dispensés principalement en espagnol, même si certains cursus médicaux destinés aux étudiants étrangers existent aussi en anglais.
Une offre large de masters disciplinaires
Cuba compte 26 universités offrant des masters, pour un total de 268 programmes. La durée standard varie d’un à deux ans à temps plein. Le coût moyen d’un master tourne autour de 2 817 dollars américains, avec des variations selon les disciplines et les villes.
Aperçu des principaux domaines d’études en Master et de leurs frais moyens de scolarité.
Frais moyens : entre 5 000 € et 10 000 € par an. Inclut les domaines comme l’ingénierie, l’informatique et les mathématiques appliquées.
Frais moyens : entre 8 000 € et 25 000 € par an. Comprend les Masters en Management, Finance et Marketing.
Frais moyens : entre 3 000 € et 8 000 € par an. Inclut le droit international, les relations publiques et les sciences administratives.
Frais moyens : entre 2 000 € et 7 000 € par an. Comprend les lettres, l’histoire, la philosophie et les arts visuels.
Frais moyens : entre 4 000 € et 12 000 € par an. Inclut la santé publique, la pharmacologie et les biotechnologies médicales.
Frais moyens : entre 3 000 € et 9 000 € par an. Comprend la sociologie, la psychologie, l’économie et la communication.
| Discipline de master | Nombre d’universités | Frais moyens (USD) |
|---|---|---|
| Informatique / IT | 17 | ~2 867 |
| Éducation et enseignement | 17 | ~2 866 |
| Sciences appliquées et professions | 16 | ~2 831 |
| Génie (ingénierie) | 15 | ~2 827 |
| Économie | 14 | ~2 834 |
| Agriculture | 13 | ~2 952 |
| Éducation physique | 12 | ~2 837 |
| Humanités | 10 | ~3 044 |
| Management | 9 | ~2 651 |
| Chimie | 9 | ~2 834 |
| Mathématiques | 9 | ~2 606 |
| Santé (hors médecine clinique) | 7 | ~2 891 |
| Technologie | 7 | ~3 174 |
| Sociologie | 7 | ~2 528 |
| Comptabilité | 7 | ~2 503 |
| Médecine (masters santé / biomédical) | 6 | ~2 814 |
| Business | 6 | ~2 811 |
| Arts | 6 | ~2 903 |
| Finance et banque | 6 | ~2 754 |
| Droit et jurisprudence | 5 | ~2 378 |
| Biologie | 5 | ~2 895 |
| Tourisme | 5 | ~2 383 |
| Sports | 4 | ~2 373 |
| Administration | 4 | ~2 236 |
Le niveau d’exigence académique reste élevé, avec une forte intégration de la recherche et des problématiques de développement social dans les programmes, notamment en santé publique, éducation, économie et sciences sociales.
Répartition géographique des masters
Sans surprise, la capitale concentre l’offre la plus riche, mais d’autres villes jouent un rôle important. La localisation influe aussi sur les coûts.
| Ville | Universités offrant des masters | Frais moyens (USD) |
|---|---|---|
| La Havane | 11 | ~2 988 |
| Santa Clara | 3 | ~2 862 |
| Pinar del Río | 1 | ~5 000 |
| Morón | 1 | ~2 888 |
| Holguín | 1 | ~1 000 |
| Matanzas | 1 | ~2 695 |
| Camagüey | 1 | ~2 500 |
| San José de las Lajas | 1 | ~2 860 |
| Las Tunas | 1 | ~2 860 |
| Guantánamo | 1 | ~2 778 |
| Cienfuegos | 1 | ~2 750 |
| Sancti Spíritus | 1 | ~2 640 |
| Bayamo | 1 | ~2 668 |
Cette diversité permet de choisir entre la vie dans une métropole très dynamique comme La Havane, ou des villes plus petites comme Holguín ou Cienfuegos, souvent moins chères et plus calmes.
Des universités cubaines de plus en plus visibles à l’international
Même si les institutions cubaines n’occupent pas le haut des grands classements mondiaux, elles y apparaissent de plus en plus souvent, notamment dans les domaines de la médecine, de la santé et des sciences.
Plusieurs systèmes de classement (QS, Times Higher Education, Scimago Institutions Rankings, Webometrics, Nature Index, AD Scientific Index) recensent désormais une partie importante des établissements du pays. Au total, 15 des 20 principales universités cubaines figurent dans au moins un classement international.
L’Université de La Havane, pilier historique
Fondée en 1728, l’Université de La Havane est l’une des plus anciennes d’Amérique latine. C’est un établissement public, à but non lucratif, accrédité par le ministère cubain de l’Enseignement supérieur depuis 1976. Installée dans le quartier de Vedado, au cœur de la capitale, elle accueille environ 15 000 à 19 999 étudiants, dont plus de 600 internationaux, avec une majorité de femmes dans la population étudiante.
L’université se distingue par la diversité de ses facultés : Arts et Lettres, Biologie, Communication, Comptabilité et Finance, Économie, Pharmacie et Alimentation, Philosophie-Histoire-Sociologie, Physique, Géographie, Langues étrangères, Mathématiques et Informatique, Psychologie, Tourisme, ainsi qu’une Faculté de espagnol pour non hispanophones (FENHI). La langue d’enseignement est l’espagnol, mais des parcours de langue (espagnol et anglais) pour étrangers sont bien développés.
Les classements internationaux situent l’Université de La Havane dans la tranche 600–700 du classement QS, et autour de la 1501e place dans le classement Times Higher Education général. Elle apparaît aussi dans les classements par thématiques (par exemple en business & economics) et dans des classements d’impact et de durabilité (QS Sustainability). Son niveau de satisfaction déclaré par les étudiants est élevé (4,6/5 sur près de 200 avis).
Les universités de sciences médicales : une force d’attraction majeure
Cuba est mondialement connue pour son système de santé et sa formation médicale. Les 13 universités de sciences médicales du pays forment non seulement les médecins cubains, mais aussi des milliers d’étudiants étrangers issus de plus de 50 pays.
Capacité d’accueil de l’Université des Sciences Médicales de La Havane, qui compte déjà plus de 1000 étudiants étrangers.
Son organisation illustre le modèle cubain : forte articulation entre formation, pratique clinique et recherche, avec des hôpitaux universitaires et dispensaires communautaires intégrés au dispositif. Les facultés portent souvent le nom de personnalités historiques (Raúl González Sánchez pour la stomatologie, Miguel Enríquez, Victoria de Girón pour les sciences précliniques, etc.) et combinent enseignement, recherche et actions communautaires.
Les données de recherche (citations, publications, projets) mettent ces institutions en bonne place dans les classements spécialisés de type Scimago ou Nature Index, notamment dans les domaines de la médecine clinique, des maladies infectieuses, de la santé publique et des sciences biomédicales.
Un pôle d’excellence pour les études de santé
Pour les étudiants étrangers intéressés par la médecine, les sciences infirmières, la stomatologie ou la santé publique, Cuba offre une gamme impressionnante de formations de troisième cycle, mêlant spécialités cliniques, masters et doctorats.
Spécialités médicales, dentaires, infirmières : une offre très structurée
Le pays propose plus de 50 spécialités médicales, 5 spécialités de stomatologie (dentaire) et plusieurs spécialisations en soins infirmiers. Ces programmes sont destinés aux diplômés en médecine, odontologie ou sciences infirmières et sont ouverts aux étudiants étrangers sur une base autofinancée, via l’organisme Comercializadora de Servicios Médicos Cubanos S.A. (CSMC) et des partenaires comme CubaHeal.
Les spécialités sont regroupées en quatre catégories tarifaires, selon la technicité et les ressources nécessaires.
| Groupe de spécialités médicales | Exemples de disciplines incluses | Frais/an (USD) |
|---|---|---|
| Groupe I | Anatomie humaine, Médecine générale intégrale, Gériatrie, Épidémiologie | 12 000 |
| Groupe II | Pédiatrie, Médecine interne, Psychiatrie, Réanimation infirmière | 14 000 |
| Groupe III | Cardiologie, Chirurgie générale, Gynécologie-Obstétrique, Neurologie | 17 000 |
| Groupe IV | Dermatologie, Chirurgie plastique, Imagerie | 23 000 |
Les spécialités de stomatologie (chirurgie maxillo-faciale, orthodontie, parodontologie, prothèse, stomatologie générale) se situent dans la fourchette de 17 000 USD par an. Les spécialités de soins infirmiers (communautaire, réanimation, gynéco-obstétrique, néonatologie-pédiatrie) oscillent entre 12 000 et 14 000 USD par an selon le groupe.
Des frais d’inscription de 1 000 USD sont exigibles au moins 15 jours avant l’arrivée. Les paiements se font en devises internationales (euro, livre sterling, dollar canadien, etc.), mais pas en dollar américain pour les virements bancaires. Ils sont généralement échelonnés (début d’année, fin de semestre, avant l’examen final). Un paiement intégral avant le début de l’année académique peut bénéficier d’une remise allant jusqu’à 3 %.
Masters et doctorats en sciences de la santé
Outre les spécialités cliniques, Cuba développe une offre importante de masters et de doctorats en santé. Plusieurs programmes de master en épidémiologie, santé publique, économie de la santé, psychologie de la santé, entomologie médicale ou promotion de la santé sont accrédités au plus haut niveau (“Excellence”, “Certifié”, “Autorisé”).
Les masters “Excellence” en santé sont tarifés à 10 000 USD (frais d’inscription inclus), et les masters “Certifiés” ou “Autorisés” à 8 000 USD. Le paiement se fait en deux tranches égales, la première avant le début du programme, la seconde avant la deuxième année.
| Catégorie de master en santé | Exemples de programmes | Prix total (USD) |
|---|---|---|
| Excellence | Épidémiologie, Bactériologie-Mycologie, Économie de la santé, Psychologie de la santé | 10 000 |
| Certifié | Maladies infectieuses et tropicales, Éducation médicale, Odontopédiatrie, Nursing | 8 000 |
| Autorisé | Chirurgie à accès minimal, Santé environnementale, Cardiologie interventionnelle | 8 000 |
Les doctorats en sciences de la santé aboutissent à des titres de Docteur en Sciences Médicales, Docteur en Sciences Stomatologiques, Docteur en Sciences de la Santé, Docteur en Éducation Médicale ou Docteur en Sciences Infirmières. Le coût total annoncé pour un doctorat est de 12 000 USD, ventilé en droits d’inscription, examens de compétences (langue étrangère, problèmes sociaux de la science), pré-soutenance, soutenance et tutorat. La durée standard est de quatre ans, avec une exigence de présence minimale sur place d’un an, modulable selon la production scientifique du doctorant.
La langue, passage obligé : espagnol intensif et test de niveau
L’ensemble de ces formations est dispensé en espagnol. Les étudiants non hispanophones doivent donc suivre un cours préparatoire de langue ou passer un examen de niveau.
Les universités de sciences médicales proposent un cours intensif d’espagnol de 20 semaines, d’un coût d’environ 3 000 USD. À l’issue de cette formation, un examen de compétence orale et écrite est requis, facturé 100 USD. Pour intégrer certains programmes (masters, doctorats, spécialisations), ce module est obligatoire, sauf si l’étudiant atteste d’un niveau suffisant via un test interne de l’université ou un certificat externe reconnu, tel que le DELE.
Dans le cas plus général de l’Université de La Havane, la Faculté de langues étrangères (FLEX) et la faculté FENHI proposent plusieurs formats de cours d’espagnol pour étrangers, d’une durée de deux semaines à six mois, avec test de placement et délivrance de certificats mensuels. L’offre a évolué récemment vers des cours semestriels plus longs (six mois), qui remplacent les anciens modules très courts.
Étudier à Cuba : combien ça coûte vraiment ?
L’une des grandes forces de Cuba comme destination d’études reste le coût relativement modeste de la vie quotidienne, comparé aux standards nord-américains ou européens. Néanmoins, la situation économique actuelle – forte inflation, pénuries et multiplicité des taux de change – oblige à planifier avec soin.
Coût de la vie : un pays moins cher, mais avec des nuances
Les estimations disponibles indiquent que le coût de la vie pour un étudiant à La Havane est environ 37,6 % inférieur à celui des États-Unis. La capitale serait 61 % moins chère que New York si l’on exclut le loyer, et ce loyer moyen est lui-même 89 % plus bas.
Pour un étudiant seul, le coût de la vie à La Havane (logement inclus) est estimé à environ 918 USD par mois, tandis qu’une famille de quatre personnes aurait besoin d’environ 2 272 USD par mois. Il faut garder à l’esprit que ces chiffres agrègent des dépenses locales en pesos cubains et en devises fortes, dans un contexte de forte inflation et de salaires locaux très faibles (le salaire moyen net après impôts tourne autour de 299 USD pour l’ensemble du pays, avec un minimum légal proche de 33 USD par mois).
Logement : entre casa particular, colocation et résidences
Pour les étudiants étrangers, plusieurs options sont possibles : résidences universitaires (souvent réservées aux échanges institutionnels ou à certaines bourses), casas particulares (chambres chez l’habitant), appartements partagés.
Les informations accessibles permettent d’estimer les échelles et les proportions générales d’un phénomène ou d’un ensemble, sans fournir une précision exacte. Par exemple, des données sur la consommation énergétique d’un pays peuvent indiquer qu’elle se situe autour de 100 TWh par an, ce qui donne un aperçu de son ampleur relative par rapport à d’autres nations, sans détailler la répartition par secteur ou les variations mensuelles.
| Type de logement à La Havane | Prix moyen |
|---|---|
| Appartement 1 chambre centre-ville | ~251 USD / mois |
| Appartement 1 chambre hors centre | ~323 USD / mois |
| Appartement 3 chambres centre-ville | ~1 022 USD / mois |
| Appartement 3 chambres hors centre | ~556 USD / mois |
| Chambre en colocation (partage d’appartement) | 200–400 USD / mois |
| Casa particular (nuit en chambre privée) | 20–60 USD / nuit |
| Logement “luxe” | 1 500–3 000 USD / mois |
Dans le cadre de certains programmes structurés (par exemple un semestre d’échange avec des universités nord-américaines via CASA-Cuba), les étudiants logent en famille d’accueil dans le quartier de Vedado, avec petit-déjeuner et dîner inclus et parfois lessive, pour des frais de logement autour de 5 200 USD par semestre.
Alimentation et sorties : relativement abordables
Manger au restaurant reste relativement accessible pour un étudiant étranger, surtout dans les établissements locaux. Un repas simple dans un restaurant bon marché coûte environ 3,80 à 6 USD, tandis qu’un dîner complet pour deux dans un restaurant de gamme moyenne tourne autour de 25–27,50 USD. Une bière locale pression se situe aux alentours de 2 USD, un cappuccino entre 1 et 1,60 USD et une petite bouteille d’eau minérale entre 1,15 et 1,40 USD.
Au supermarché ou sur les marchés, les produits de base comme le pain, le poulet, les œufs ou certains légumes restent abordables, même si l’on fait face à des pénuries et à des variations de prix. Sur un mois, un budget alimentation raisonnable pour une personne seule oscille autour de 150 à 300 USD, selon le mode de vie et la proportion de repas pris à l’extérieur.
Transports, internet, autres dépenses
Les transports publics demeurent très bon marché, même si le réseau est vieillissant et parfois peu fiable. Un ticket de bus local coûte en moyenne entre 0,20 et 1,25 USD, et un abonnement mensuel peut revenir à 22–25 USD. Les taxis partagés (maquinas, almendrones) permettent de traverser la ville pour moins d’un dollar, alors qu’un trajet individuel vers l’aéroport peut coûter une douzaine de dollars si l’on ne négocie pas.
Le coût mensuel moyen en USD d’un forfait mobile avec données (10 Go et plus) à Cuba, expliquant pourquoi les étudiants optent souvent pour des alternatives prépayées.
Pour les loisirs, l’entrée au cinéma coûte à peine 1 à 4 USD, un abonnement à une salle de sport environ 30–38 USD par mois, mais certains biens de consommation importés (jeans de marque, baskets de sport, électronique) sont nettement plus chers que dans la plupart des pays voisins.
Vie étudiante : une immersion totale dans la société cubaine
La vie quotidienne à Cuba est très différente de celle des grandes métropoles occidentales très numérisées. La Havane est une ville côtière tropicale, chaude et humide, animée jour et nuit, où l’essentiel de la vie sociale se déroule dans l’espace public : parcs, trottoirs, front de mer du Malecón.
La Havane et le quartier de Vedado : le cœur étudiant
La capitale, avec plus de deux millions d’habitants, concentre la majorité des grandes institutions culturelles, politiques et universitaires. Le quartier de Vedado, où se situent l’Université de La Havane et de nombreuses facultés, est considéré comme le cœur contemporain de la ville. Il abrite des théâtres, des cinémas (dont ceux du Festival du nouveau cinéma latino-américain), des ambassades, des ministères et des centres culturels. Il borde le Malecón, promenade emblématique où les jeunes se retrouvent le soir.
Les étudiants de programmes comme CASA-Cuba ou IFSA sont généralement logés en familles d’accueil dans le quartier de Vedado. L’hébergement, situé à 5-10 minutes à pied du centre de cours et à environ 20 minutes de l’Université de La Havane, comprend le petit-déjeuner et le dîner. Cette formule favorise une immersion linguistique et culturelle complète, permettant de vivre au rythme d’une famille cubaine, de partager ses repas et ses habitudes, et de bénéficier de conseils pratiques pour la vie quotidienne (courses, transports, démarches administratives).
Activités culturelles, bénévolat, stages
L’offre culturelle est foisonnante : concerts, expositions, conférences, festivals, théâtre, cinéma. Des plateformes comme “La Papeleta”, “Aguacero” ou “Cartelera Culturelle OnCuba” recensent les événements en cours. Les programmes d’échange structurés intègrent souvent des ateliers, des visites de terrain (fermes urbaines, projets communautaires, sites historiques), voire des opportunités de volontariat ou de stages de recherche.
Les étudiants en santé publique à Cuba peuvent s’impliquer dans des projets pratiques au sein de polycliniques de quartier, participer à des campagnes de prévention (contre la dengue, le VIH, ou pour la santé maternelle), ou mener des recherches sous l’égide d’instituts nationaux comme l’Institut de Médecine Tropicale Pedro Kourí ou l’École nationale de santé publique. Parallèlement, des opportunités de bénévolat existent dans d’autres secteurs, tels que l’enseignement de l’anglais, la protection de l’environnement ou des initiatives artistiques communautaires.
Un quotidien à la fois simple et exigeant
Vivre à Cuba signifie aussi composer avec certains défis matériels : pénuries périodiques de produits alimentaires, médicaments et carburant, coupures de courant récurrentes, internet lent et surveillé, bureaucratie parfois opaque. Les déplacements et la gestion du quotidien prennent plus de temps que dans un pays doté d’infrastructures plus modernes, ce qui exige de la patience, de la flexibilité et une bonne dose d’autonomie.
La recommandation qui revient souvent dans les programmes d’échange est de se laisser quelques semaines d’adaptation avant de s’engager dans trop d’activités parallèles. Le climat tropical, la barrière de la langue et la complexité du système économique (multiplicité des taux de change, importance de la monnaie étrangère, impossibilité d’utiliser des cartes bancaires américaines) imposent un temps d’apprivoisement.
Santé, sécurité et système de soins : un environnement singulier
Choisir Cuba comme destination d’études, c’est aussi entrer dans un pays dont le système de santé est à la fois admiré pour ses résultats et confronté à de réelles pénuries matérielles.
Un système de santé universel et performant… mais sous contrainte
Depuis la Révolution de 1959, la santé est érigée en droit fondamental. Le service est gratuit pour les citoyens. Le système est organisé en trois niveaux : soins primaires de proximité (consultorios, polycliniques communautaires), hôpitaux provinciaux (soins secondaires) et grands centres nationaux de référence (soins tertiaires). Cette structuration, associée à un fort accent sur la prévention, a permis au pays d’atteindre des indicateurs remarquables : espérance de vie autour de 78–80 ans, mortalité infantile parmi les plus basses d’Amérique latine, éradication de la transmission mère-enfant du VIH et de la syphilis, ratio médecins/habitants parmi les plus élevés au monde.
Le système de santé public cubain, autrefois exemplaire, connaît des difficultés chroniques (hôpitaux vétustes, manque d’équipements et de médicaments, longues attentes). Cependant, des cliniques internationales spécifiques (comme la Clínica Central Cira García à La Havane, le CIMEQ ou certains centres à Varadero) sont mieux approvisionnées, proposent des services en plusieurs langues et sont accessibles moyennant paiement ou assurance santé.
Assurance, vaccination et préparation médicale
Pour entrer dans le pays, une assurance santé valide à Cuba est obligatoire. Les compagnies aériennes au départ des États-Unis incluent souvent une police locale (ASISTUR) dans le prix du billet pour les 30 premiers jours ; au-delà, il faut prolonger la couverture. De nombreux programmes d’études, comme CASA-Cuba, imposent une double couche de protection : assurance de l’université d’origine, plus couverture locale cubaine permettant l’accès aux cliniques internationales.
Les autorités sanitaires internationales (CDC, par exemple) recommandent d’être à jour des vaccinations classiques (rougeole-oreillons-rubéole, diphtérie-tétanos-coqueluche, varicelle, polio, grippe saisonnière) et d’envisager des vaccins supplémentaires comme la typhoïde, l’hépatite A et B, selon la durée et le type de séjour. Les maladies vectorielles comme la dengue, le chikungunya, le Zika ou l’Oropouche sont présentes : il n’existe pas (ou très peu) de vaccins pour certaines d’entre elles, ce qui rend indispensable la protection anti-moustiques (répulsifs, vêtements couvrants, moustiquaires).
Il est fortement conseillé d’apporter tous ses médicaments sur ordonnance pour toute la durée du séjour, dans leurs boîtes d’origine, avec une lettre du médecin et une ordonnance générique. Les médicaments en vente libre sont souvent introuvables ou très chers. Une préparation minutieuse est cruciale en cas de maladie chronique ou de trouble de santé mentale, les services de psychiatrie pour étrangers étant limités sur place.
Sécurité : un pays relativement sûr avec quelques précautions
Cuba affiche des taux de criminalité violente généralement inférieurs à ceux de nombreux pays de la région. La circulation d’armes à feu est strictement contrôlée, les cartels et grandes organisations criminelles sont absents et la présence policière est très visible. Pour autant, les autorités étrangères recommandent une vigilance accrue, notamment dans les zones touristiques et sur les transports publics, où pickpockets, arnaques et vols à l’arraché existent.
Les rues peuvent être mal éclairées en soirée en raison des coupures d’électricité, ce qui impose de la prudence la nuit. Les étudiants sont invités à éviter les taxis non officiels, à ne pas exhiber d’objets de valeur (bijoux, smartphones récents), à rester groupés la nuit et à utiliser des taxis autorisés ou le réseau de voitures partagées connu (maquinas, colectivos) lorsqu’ils sont clairement identifiés.
Démarches administratives : visas, langues et équivalences
Partir étudier à Cuba implique de respecter un ensemble de règles migratoires et administratives assez strictes.
Visa étudiant (D-2) et autres statuts
Les études de longue durée (licence, master, doctorat, spécialité médicale) nécessitent l’obtention d’un visa académique de type D-2. Ce visa est généralement délivré sur la base d’une lettre officielle d’acceptation de l’université cubaine, d’une preuve de paiement ou de financement des frais de scolarité, d’une assurance médicale et d’une preuve de moyens financiers suffisants pour vivre durant la période d’études.
Le dossier doit généralement inclure : formulaire de demande, passeport valable 6 mois après le séjour, photos, copie de carte d’identité, casier judiciaire récent, certificat médical (avec test VIH pour certains), extrait de naissance, ainsi que diplômes et relevés de notes légalisés par l’ambassade de Cuba et le ministère des Affaires étrangères du pays d’origine, puis traduits officiellement en espagnol si nécessaire. Il est crucial de contacter l’ambassade ou le consulat cubain plusieurs mois à l’avance, car les délais de traitement varient de 5 à 20 jours ouvrables, parfois plus.
Pour des séjours plus courts (cours de langue de quelques semaines, stages, écoles d’été), un visa studieux de courte durée ou même une simple carte touristique peuvent suffire, avec une conversion ultérieure en visa étudiant sur place via l’université. Cependant, les règles peuvent changer, et le plus sûr reste de suivre les indications de l’établissement d’accueil.
Langue : niveau requis et formation sur place
L’espagnol est la clé de la réussite académique à Cuba. Pour intégrer une licence ou un master enseigné en espagnol, les universités attendent un niveau équivalent au moins à B2 du Cadre européen (capacité à suivre sans difficulté majeure des cours universitaires, à lire des textes spécialisés, à rédiger des travaux). La preuve peut être apportée par un certificat (type DELE), un test interne ou un cursus antérieur dans un établissement hispanophone.
Pour les étudiants avec un niveau d’espagnol faible, un cours préparatoire intensif (FLEX, FENHI ou proposé par les universités médicales) est indispensable. Bien que payant et représentant un investissement conséquent, il permet d’éviter l’échec dû à la barrière linguistique.
Pourquoi choisir Cuba comme destination d’études supérieures ?
Au-delà des chiffres, trois dimensions rendent Cuba particulièrement intéressante pour des études supérieures à l’étranger.
La première est académique : dans des domaines comme la médecine, la santé publique, les sciences sociales, l’éducation ou les langues, le pays propose une formation exigeante, très ancrée dans le réel. Les étudiants en médecine, par exemple, sont au contact des patients dès la première année, dans le cadre d’une médecine de communauté fortement développée. Les cursus de santé intègrent systématiquement la prévention, l’épidémiologie, l’éducation sanitaire, ce qui forme des professionnels capables de travailler dans des contextes de ressources limitées.
Les frais de scolarité pour les étrangers, bien que significatifs, sont souvent inférieurs à ceux des pays concurrents, notamment en raison de la durée des études et du volume de pratique clinique ou terrain. Le coût de la vie reste plus bas que dans la plupart des capitales occidentales, malgré l’inflation, à condition d’anticiper les besoins en espèces et les aléas de l’économie locale.
La troisième est humaine et politique : étudier à Cuba donne accès à une expérience de société singulière, marquée par un haut niveau d’éducation (taux d’alphabétisation de 99,8 %), un système de santé universel, une forte politisation des enjeux sociaux, mais aussi des contraintes réelles en matière de libertés publiques, d’accès à l’information numérique ou de consommation. C’est une immersion dans un pays qui a fait de l’éducation et de la santé des piliers de son projet national, tout en étant confronté à de nombreuses limites matérielles.
Pour un étudiant prêt à apprendre dans un environnement différent, à développer sa capacité d’adaptation et à vivre une vie quotidienne moins confortable mais plus engageante, Cuba peut ainsi représenter beaucoup plus qu’une simple “destination exotique” : un véritable laboratoire vivant où l’on étudie, mais aussi où l’on réfléchit au rôle des savoirs, des services publics et de la solidarité dans la société contemporaine.
Pour un étudiant prêt à apprendre
Un futur retraité de 62 ans, disposant de plus d’un million d’euros de patrimoine financier bien structuré en Europe, souhaite s’expatrier à Cuba pour alléger sa fiscalité, diversifier ses investissements internationaux et garder un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 € pour un accompagnement global (conseil fiscal international, formalités migratoires, structuration patrimoniale, logistique de délocalisation), sans vente forcée d’actifs existants.
Après étude de plusieurs destinations (Grèce, Chypre, Maurice, Caraïbes), la stratégie retenue vise Cuba pour son coût de vie très inférieur à la France, ses opportunités immobilières et touristiques en développement, ainsi que la possibilité de combiner résidence sur place et investissements via structures étrangères sécurisées. La mission comprend : audit fiscal pré‑départ (exit tax, conventions fiscales), obtention et renouvellement du statut de résident, structuration bancaire entre Europe et Caraïbes, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an, centre d’intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local (avocat, immigration, comptable bilingue) et intégration patrimoniale internationale (analyse et éventuelle restructuration via holdings ou contrats d’assurance‑vie étrangers).
Vous souhaitez vous expatrier à l'étranger : contactez-nous pour des offres sur mesure.
Décharge de responsabilité : Les informations fournies sur ce site web sont présentées à titre informatif uniquement et ne constituent en aucun cas des conseils financiers, juridiques ou professionnels. Nous vous encourageons à consulter des experts qualifiés avant de prendre des décisions d'investissement, immobilières ou d'expatriation. Bien que nous nous efforcions de maintenir des informations à jour et précises, nous ne garantissons pas l'exhaustivité, l'exactitude ou l'actualité des contenus proposés. L'investissement et l'expatriation comportant des risques, nous déclinons toute responsabilité pour les pertes ou dommages éventuels découlant de l'utilisation de ce site. Votre utilisation de ce site confirme votre acceptation de ces conditions et votre compréhension des risques associés.
Découvrez mes dernières interventions dans la presse écrite, où j'aborde divers sujets.