Les avantages et inconvénients de l’expatriation à Cuba

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer à Cuba fait rêver beaucoup d’étrangers : images de voitures américaines rutilantes, musique dans les rues de La Havane, plages de carte postale, système de santé réputé, sentiment de sécurité rarement égalé dans la région. Mais derrière la carte postale, la réalité quotidienne est complexe, parfois rude – pour les Cubains comme pour les expatriés.

Bon à savoir :

Vivre à Cuba offre une expérience enrichissante mais présente des contraintes concrètes. Il est essentiel d’évaluer des aspects comme le coût de la vie, le logement, le système de santé, la sécurité, la qualité d’internet, les droits au séjour, les opportunités d’emploi et la vie sociale avant de s’installer.

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Un cadre de vie unique mais un contexte économique fragile

S’installer à Cuba, c’est d’abord choisir un environnement très particulier : une île de 11 millions d’habitants, la plus grande des Caraïbes, organisée comme une république socialiste à parti unique, avec une économie largement planifiée. La capitale, La Havane, regroupe un peu plus de deux millions de résidents et concentre la majorité des services utiles aux expatriés.

Le pays affiche des indicateurs mixtes. L’espérance de vie avoisine 78 ans, avec un système de santé universel qui a valu à Cuba d’être régulièrement cité en exemple par l’Organisation mondiale de la santé. Le niveau d’éducation est élevé, le taux d’alphabétisation frôle les 100 %, et l’on recense 60 universités, dont l’Université de La Havane.

En revanche, l’économie reste fragile. Le PIB par habitant tourne autour de 9 600 dollars, le pays dépend massivement des importations alimentaires et du tourisme, et une inflation élevée a sérieusement amputé le pouvoir d’achat. Des réformes ont été engagées, notamment la légalisation et l’essor d’un secteur privé (petites et moyennes entreprises, travail indépendant), mais la transition est chaotique.

Coût de la vie : abordable… si l’on gagne à l’étranger

L’un des paradoxes majeurs de Cuba tient à son coût de la vie. Pour un Cubain payé en monnaie locale, la vie est extrêmement difficile. Pour un expatrié disposant de revenus en devises, le tableau change.

3000

Une personne seule expatriée à Cuba aurait besoin d’un budget mensuel estimé à environ 3 000 CUC pour un niveau de confort occidental.

Globalement, le coût de la vie à Cuba est évalué à un niveau légèrement supérieur à la moyenne mondiale (1,07 fois), ce qui place le pays au 60ᵉ rang sur 197 pour le coût de la vie, mais seulement au 101ᵉ rang des pays où il fait « bon vivre ».

Attention :

Le salaire net moyen cubain est d’environ 299 dollars, mais la plupart des fonctionnaires ne perçoivent que 20 à 30 dollars par mois. Dans un pays où le coût de la vie est 4,1 fois supérieur à ce revenu, cela crée une différence extrême avec les étrangers disposant de revenus extérieurs.

La monnaie et l’inflation : un environnement instable

Longtemps, le système monétaire cubain a été construit sur deux monnaies : le peso cubain (CUP) et le peso convertible (CUC). Depuis 2021, une unification a été engagée et le CUP est redevenu la monnaie officielle. L’échange officiel tourne autour de 120 CUP pour 1 dollar, mais les taux informels sont souvent plus avantageux pour les détenteurs de devises étrangères, au point de structurer un véritable « marché parallèle » de change.

Ce double paysage – taux officiels et marché informel – complique énormément la vie économique. L’inflation a déjà fortement renchéri les prix et devrait se maintenir à un niveau élevé en 2025 et 2026, tandis que la monnaie locale se déprécie.

Les expatriés gagnant en devises (dollars, euros) profitent de cette situation : leurs revenus importés leur offrent un pouvoir d’achat important. À l’inverse, vivre uniquement de revenus locaux expose à de lourdes difficultés, tant les prix des biens importés (électronique, vêtements, produits alimentaires importés, lait, etc.) sont élevés.

Logement : entre prix « attractifs » et rareté de l’offre

Le logement est l’un des postes qui présente à la fois des opportunités et de réelles contraintes.

Un marché dual : logements d’État et secteur privé

Pour les Cubains, le logement est en principe fourni par l’État : la plupart ne paient ni loyer ni crédit immobilier. Pour les expatriés, la réalité est tout autre : il faut assumer un loyer, voire un achat, sur un marché largement dominé par le secteur privé.

Le marché locatif se divise en : locations vides et locations meublées.

logements sous contrôle public, en général destinés aux locaux ;

locations privées, souvent mieux entretenues et mieux équipées, mais plus chères.

Les « casas particulares » – chambres ou appartements chez l’habitant légalement autorisés – sont une formule très répandue et généralement abordable, en particulier pour des séjours temporaires. On trouve des chambres ou petits appartements entre 20 et 60 dollars la nuit, voire bien moins en province.

Exemple :

Pour des séjours de longue durée, les expatriés privilégient généralement la location d’appartements meublés ou de maisons entières. Les quartiers les plus recherchés pour ce type de logement à La Havane sont Vedado, Miramar et Habana Vieja, en raison de leurs infrastructures et de leur localisation.

Niveaux de loyers : de l’abordable au très cher

Les données disponibles montrent une grande variabilité des loyers, mais donnent tout de même des repères :

Type de logement / zoneFourchette de prix mensuels (approx.)
Studio meublé 45 m² dans un quartier « normal »350 – 399 CUC
Appartement 1 chambre en centre-ville251 – 7 000 CUP (données très dispersées)
Appartement 3 chambres en centre-ville904 – 1 325 USD
Appartement ou maison confortable à La Havane400 – 700 USD
Logement haut de gamme / quartier prisé1 500 – 3 000 USD

Globalement, les loyers restent très nettement inférieurs à ceux de grandes métropoles internationales. On estime par exemple que les loyers sont jusqu’à 89 % plus bas qu’à New York pour des surfaces comparables. Pour un expatrié avec un revenu nord-américain ou européen, l’immobilier locatif peut donc paraître attractif.

En revanche, la qualité des constructions varie énormément : l’état des immeubles, les réseaux d’eau et d’électricité, la présence d’ascenseurs, l’entretien des parties communes ne sont pas du tout standardisés. Visiter sur place, idéalement avec un hispanophone, est indispensable.

Achat immobilier : une voie semée d’obstacles

L’accès à la propriété est encore plus problématique pour un expatrié. En théorie :

Astuce :

À Cuba, seuls les citoyens cubains et les résidents permanents sont autorisés à acheter ou vendre des biens immobiliers. L’accès à la propriété pour les étrangers est très limité. Il peut éventuellement se faire par l’intermédiaire d’un conjoint cubain, d’un parent local, ou par le rachat d’un bien à un autre étranger, mais uniquement au sein de résidences spécifiquement désignées à cet effet.

L’achat doit passer par une évaluation officielle du bien par l’Institut du logement, un passage devant notaire et un paiement en espèces depuis un compte bancaire cubain. Le montant de la transaction ne peut être inférieur à la valeur légale fixée par les autorités, et acheteur comme vendeur versent généralement 4 % de taxe chacun.

Pour les citoyens américains, s’ajoute une contrainte supplémentaire : la législation américaine (Trading with the Enemy Act) interdit de fait l’investissement immobilier à Cuba. Beaucoup se voient donc contraints de louer à long terme plutôt que d’acquérir un bien.

Conclusion : pour la majorité des expatriés, la location – parfois sous forme de casa particular longue durée – est la solution la plus réaliste. L’achat reste l’exception, très encadrée, et risquée juridiquement.

Coût du panier quotidien : l’alimentation, un vrai casse-tête

Au quotidien, faire ses courses à Cuba demande patience, flexibilité et un solide sens de l’improvisation. L’accès aux denrées de base reste très inégal et les prix fluctuants.

Prix moyens de quelques produits courants

Les données montrent à quel point certains produits sont devenus chers, notamment au regard des revenus locaux :

Produit (approx.)Fourchette de prix
Menu déjeuner simple en quartier d’affaires46 – 56 CUC
Menu fast-food type combo18 – 35 CUC
Repas dans un restaurant bon marché3,80 – 10,20 USD
Repas pour deux dans un restaurant moyen (3 plats)25 – 42 CUC
Cappuccino1,21 – 2,64 CUC
Bière locale (0,5 L, supermarché)1,51 – 1,93 CUC
Bouteille de vin milieu de gamme10 – 24 CUC
Pain blanc (1 lb)env. 1,09 USD
Lait entier (1 L)2,47 – 5,35 CUC
12 œufs3,34 – 17 CUC
Poulet (1 kg, blanc)8,95 – 13 CUC
Tomates (1 kg)2,44 – 4,04 CUC
Pommes (1 kg)4,88 – 13 CUC
Pommes de terre (1 kg)2,34 – 10 CUC
Cigarettes Marlboro (paquet)3,50 – 5,68 USD

On comprend mieux, à la lumière de ces chiffres, pourquoi beaucoup de Cubains consacrent la quasi-totalité de leur maigre salaire à la nourriture, aux transports et aux factures. Des produits aussi ordinaires que le lait deviennent des biens de luxe : un litre peut atteindre presque l’équivalent du salaire minimum mensuel d’un travailleur, ce qui illustre la tension quotidienne.

Approvisionnement à Cuba

Pour un expatrié, les prix restent soutenables, mais la disponibilité des produits est le principal défi. L’approvisionnement quotidien nécessite de jongler entre différents types de commerces, souvent confrontés à des ruptures de stock.

Bodega d’État

Commerce d’État au rationnement, distribuant des produits de base à prix subventionnés. Les rayons sont rarement bien garnis.

Marchés agricoles

Marchés où les paysans vendent directement leurs productions. Offre plus variée mais soumise aux saisons et aux récoltes.

Petites épiceries privées

Épiceries indépendantes (cuentapropistas) offrant une gamme de produits limitée, souvent à des prix plus élevés.

Boutiques en devises

Magasins vendant des produits importés ou de qualité supérieure, accessibles uniquement en monnaie convertible (USD, EUR).

Restauration, loisirs et services : plutôt bon marché

En revanche, la restauration et les loisirs restent relativement abordables pour un étranger. Le secteur des restaurants privés (paladares) s’est énormément développé : on y trouve de la restauration rapide locale comme des établissements gastronomiques. Un dîner simple pour deux dans un bar de quartier tourne autour de 30 CUC.

Du côté des loisirs, les prix sont souvent dérisoires comparés à l’Europe ou à l’Amérique du Nord :

Service / loisirFourchette de prix
Cinema (ticket)env. 1 USD
Abonnement mensuel à une salle de sport31,70 – 65 CUC
Location d’un court de tennis (1h week-end)6 – 12,22 USD
Coupe de cheveux standard (zone expat)6 – 28,20 CUC
Massage professionnel (45 min nuque/dos)env. 3,95 USD

Pour un expatrié disposant de revenus en devises, l’accès aux loisirs et aux services de base (coiffure, sport, sorties culturelles) est donc un point clairement positif de la vie sur l’île.

Transports et infrastructures : faibles coûts, fortes contraintes

Les transports constituent un autre volet ambivalent : peu coûteux en apparence, mais marqués par des infrastructures en mauvais état et une grande imprévisibilité.

Déplacements du quotidien

Les transports publics sont théoriquement peu chers : un ticket de bus local coûte entre 0,10 et 1,25 CUC, tandis qu’un abonnement mensuel peut varier de 22,50 à 150 CUC. Mais pour un Cubain moyen, ces coûts représentent une part importante du budget mensuel, d’autant que le réseau est vétuste, surchargé et peu fiable.

Pour un expatrié, il est courant de combiner :

taxis officiels ou collectifs (souvent des voitures américaines des années 1950) ;

bus interurbains pour les longs trajets ;

– éventuellement, location de voiture (hors de prix pour les locaux).

Quelques repères de coûts :

Poste de transportFourchette de prix
Essence (1 L)0,91 – 1,80 CUC
Départ de course en taxi2,14 – 2,60 CUC
Abonnement mensuel transports publics22,50 – 150 CUC
Voiture neuve type Volkswagen Golf39 102 – 70 000 CUC

Les prix des véhicules neufs sont totalement déconnectés des revenus locaux, ce qui explique pourquoi tant de Cubains gardent en vie des voitures très anciennes. Pour un expatrié, la location ou l’utilisation de taxis reste généralement plus rationnelle qu’un achat.

Réseau routier et électricité : prudence obligatoire

Les infrastructures souffrent de sous-investissement chronique. Les routes secondaires sont souvent abîmées, les nids-de-poule fréquents, l’éclairage public insuffisant. Les accidents de la route sont la première cause de mortalité dans le pays, et les conducteurs responsables d’accidents graves encourent des peines de prison lourdes.

Attention :

Depuis 2024, des blackouts pouvant durer jusqu’à 12 heures touchent quotidiennement tout le pays, particulièrement à La Havane et en province. Même les hôtels, hôpitaux et entreprises équipés de générateurs sont affectés par la pénurie de carburant.

Concrètement, cela signifie pour un expatrié :

anticiper des coupures de courant régulières dans son logement ;

éviter de conduire la nuit, surtout hors des grandes villes ou en période de coupure ;

prévoir des solutions de secours (batteries externes, lampes, éventuellement petit groupe électrogène si l’on s’installe durablement).

Santé : un système fort, mais sous tension

La santé est l’un des grands arguments de Cuba : le pays dispose d’un système universel, gratuit pour les résidents, fortement orienté vers la prévention, avec une densité médicale parmi les plus élevées au monde.

Des indicateurs impressionnants

Le système de santé cubain repose sur plusieurs niveaux (médecins de famille, polycliniques, hôpitaux, instituts spécialisés) et affiche depuis des décennies des résultats remarquables :

environ 9 médecins pour 1 000 habitants, un des meilleurs ratios mondiaux ;

vaccination quasi universelle des enfants (98 % complètement vaccinés à 2 ans) ;

– mortalité infantile très faible (environ 4 décès pour 1 000 naissances vivantes) ;

– couverture prénatale très étendue (plus de 95 % des femmes enceintes suivies dès le premier trimestre) ;

– élimination de la transmission mère-enfant du VIH et de la syphilis, reconnue par l’OMS.

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Pourcentage du PIB que le pays consacre à ses dépenses de santé

Ce que cela change pour un expatrié

Les résidents permanents étrangers ont accès au même système gratuit que les citoyens. Les expatriés non résidents, touristes de longue durée ou travailleurs temporaires sont pris en charge dans des structures dédiées, souvent mieux équipées, payantes et facturées en devises. Des cliniques comme Cira García à La Havane, ou les centres médicaux présents dans les grands resorts, assurent des prestations destinées aux étrangers, avec un niveau de confort supérieur et souvent du personnel anglophone.

Avantages tangibles :

coûts de soins très bas par rapport à l’Amérique du Nord ou à l’Europe ;

nombreux médecins expérimentés ;

forte culture de la prévention (médecins de famille, suivi régulier, dépistages).

Mais le système affronte aujourd’hui plusieurs défis majeurs :

Bon à savoir :

Le système de santé fait face à une pénurie de médicaments, de matériels et de consommables. Les hôpitaux publics sont parfois vétustes et manquent de fournitures de base comme la literie et les produits d’hygiène. Le personnel est sous-payé, ce qui entraîne des départs en mission à l’étranger et des tensions internes. Ces difficultés s’aggravent avec le vieillissement de la population et l’augmentation des maladies chroniques.

Pour un expatrié, cela se traduit par plusieurs précautions indispensables :

disposer d’une assurance santé internationale couvrant Cuba et, idéalement, une évacuation médicale (les vols d’évacuation démarrent autour de 15 000 dollars) ;

– venir avec ses médicaments habituels (ordonnances, traitements chroniques, produits de base : antalgiques, antiseptiques, antidiarrhéiques, crèmes, répulsif, etc.) ;

éviter de consommer l’eau du robinet, qui n’est pas potable, et se méfier des glaçons.

Cuba exige par ailleurs de tout visiteur une assurance santé non américaine couvrant la durée du séjour. Pour les vols au départ des États-Unis, une assurance médicale est généralement incluse dans le billet, valide 30 jours à l’arrivée ; au-delà, il faut prolonger la couverture au moment de demander une extension de visa.

Internet et communication : progrès réels, frustrations constantes

Pour l’immense majorité des expatriés, surtout s’ils travaillent à distance, la question de la connectivité est centrale. Sur ce terrain, Cuba a fait des progrès considérables… à partir d’un niveau extrêmement bas.

Un rattrapage tardif mais notable

La première connexion internet date de 1996, avec une bande passante ridicule. Jusqu’aux années 2010, l’accès restait ultra restreint, encadré par l’État, très cher et centré sur une « intranet » national.

Depuis, plusieurs étapes ont changé la donne :

Exemple :

Le développement de l’internet à Cuba s’est fait par étapes : le câble sous-marin ALBA-1 avec le Venezuela est devenu opérationnel pour le public en 2013. Des points d’accès Wi-Fi publics ont été ouverts à partir de 2015. Le déploiement national de l’internet mobile 3G a eu lieu en 2018, suivi d’un déploiement partiel de la 4G en 2019. La même année, le Wi-Fi à domicile a été légalisé sous conditions via l’offre Nauta Hogar. Enfin, le nouveau câble ARIMAO, en partenariat avec la France, a été mis en service en 2023, augmentant significativement la capacité internationale de connexion.

Les chiffres récents estiment le taux de pénétration internet autour de 70–73 % de la population, avec 75 % du trafic passant par le mobile. Environ 7 % seulement des foyers disposent d’un accès fixe à domicile, ce qui situe Cuba parmi les derniers d’Amérique latine sur ce plan.

Prix et limitations : le talon d’Achille

L’accès reste géré par un monopole d’État, ETECSA. Les tarifs sont élevés, surtout pour les locaux, même s’ils sont devenus moins prohibitifs que par le passé. À titre de repère, certains forfaits mobiles étudiants prévoient 6 Go pour 360 CUP, mais tout volume supplémentaire est facturé 3 360 CUP pour 3 Go, soit plus de la moitié d’un salaire mensuel moyen de fonctionnaire (environ 5 800 CUP).

Pour un expatrié, l’obstacle est moins le coût brut que la qualité de service : débit irrégulier, coupures fréquentes, congestion du réseau, géoblocages. Les connexions Wi-Fi publiques, en parcs ou places, demandent l’achat de cartes prépayées horaires. Le réseau domestique Nauta Hogar reste peu diffusé et inégalement stable.

Expatrié

S’ajoutent de fortes contraintes de contrôle : Cuba figure parmi les pays les plus surveillés et censurés au monde en matière d’internet, classé « non libre » par Freedom House. L’État :

filtre des sites jugés hostiles (droits humains, opposition) ;

surveille les communications, y compris les réseaux sociaux ;

– a déjà coupé ou fortement restreint internet lors de manifestations (notamment en juillet 2021).

De nombreux expatriés recourent à des VPN et à des solutions d’optimisation, mais doivent accepter un niveau de connectivité fluctuante, loin des standards occidentaux. Pour un nomade numérique, cette réalité peut rendre l’expatriation complexe, voire impossible selon la nature de l’activité.

Statut juridique et fiscal : visas, résidence et fiscalité

Sur le plan administratif, s’installer à Cuba n’a rien d’une formalité, particulièrement pour les Américains.

Entrer et rester : visas et résidence

Pour la plupart des nationalités, l’entrée à Cuba se fait avec un passeport valide (souvent 6 mois de validité minimum) et une carte touristique, valable 90 jours et prolongeable une fois pour un total de 180 jours. Il existe deux couleurs de carte :

verte, pour les voyageurs arrivant depuis un pays tiers ;

rose, pour ceux qui décollent directement des États-Unis, quelle que soit leur nationalité.

En vertu de la législation américaine, les voyages purement touristiques depuis les États-Unis restent interdits ; les citoyens américains doivent s’inscrire dans l’une des 12 catégories de déplacements autorisés (visites familiales, activités journalistiques, programmes éducatifs, soutien au peuple cubain, projets humanitaires, etc.).

Pour une installation durable, il faut un statut de résident. La résidence peut être demandée :

depuis l’étranger, via un consulat cubain ;

par l’intermédiaire d’un membre de la famille à Cuba, auprès de la Direction de l’Identification, de l’Immigration et des Étrangers (DIIE).

3 à 6

C’est la durée en mois généralement nécessaire pour obtenir une réponse à une demande de visa de travail.

Pour les Américains, deux voies principales existent pour une résidence permanente :

visa E‑1, pour les proches parents de citoyens cubains (parent, conjoint, enfant) ;

visa E‑2, pour des cas d’« autorisation spéciale » délivrée par la DIIE, souvent liée à des critères économiques.

Ces catégories exigent entre autres :

preuve du lien familial ou de l’autorisation spéciale ;

dépôt d’une somme (historiquement 5 000 CUC, désormais plutôt en MLC ou USD) sur un compte cubain ;

preuves de ressources suffisantes ;

examen médical et résidence établie à Cuba.

L’obtention d’un simple permis de travail n’est pas plus simple : les postes sont réservés en priorité aux Cubains, les salaires sont bas et la procédure très encadrée.

Contraintes bancaires et financières

Les sanctions américaines compliquent encore la donne : il est quasiment impossible d’utiliser des cartes de débit ou de crédit américaines à Cuba, ni de retirer des dollars dans les systèmes officiels. Les autorités cubaines ont en outre limité certaines transactions en cash en dollars US, notamment dans les établissements publics. Les expatriés doivent donc venir avec suffisamment de devises, souvent euros ou autres monnaies convertibles, et jongler avec change officiel et officieux.

Fiscalité des Américains

Les citoyens américains vivant à Cuba restent imposables aux États‑Unis. Ils doivent :

Attention :

Les résidents américains aux Émirats arabes unis doivent : déposer une déclaration fédérale (formulaire 1040) si leurs revenus dépassent le seuil applicable ; déclarer leurs comptes bancaires étrangers via le FBAR (FinCEN 114) si le total des avoirs dépasse 10 000 dollars à un moment donné dans l’année ; et gérer l’absence de convention fiscale ou d’accord de sécurité sociale entre les deux pays.

Pour éviter une double imposition, ils peuvent recourir :

– à l’exclusion des revenus gagnés à l’étranger (Foreign Earned Income Exclusion), qui permet d’exonérer une partie de leurs revenus du travail ;

– ou au crédit d’impôt étranger (Foreign Tax Credit), qui compense l’impôt payé à Cuba.

Autre point sensible : le versement des prestations de sécurité sociale américaines est restreint pour les résidents de Cuba, avec un risque de suspension tant que le bénéficiaire ne réside pas dans un pays autorisé.

Sécurité, société et libertés : une île très sûre, mais très contrôlée

L’un des grands atouts de Cuba, largement reconnu, est le niveau de sécurité physique au quotidien. Le pays se distingue nettement du reste de la région en matière de criminalité.

Criminalité : relativement faible, mais en hausse

Les chiffres disponibles montrent que : les résultats sont en constante amélioration.

le taux d’homicides oscille autour de 4–5 pour 100 000 habitants, très inférieur à de nombreux pays latino‑américains ;

– les crimes violents (meurtres, enlèvements, extorsion) restent rares selon les sources disponibles ;

– la petite délinquance (pickpockets, vols à l’arraché, escroqueries) est en revanche fréquente, notamment dans les zones touristiques (La Havane, Varadero, Santiago, etc.).

Bon à savoir :

Les autorités appliquent des sanctions sévères pour les crimes visant des étrangers, ce qui dissuade fortement ce type de délits. La présence policière et sécuritaire est omniprésente. Contrairement à d’autres pays de la région, il n’existe pas de grandes organisations criminelles structurées (comme des cartels ou des gangs), principalement en raison du contrôle étroit exercé par l’État.

Pour les expatriés, cela se traduit par un sentiment de sécurité inhabituel en Amérique latine : marcher dans La Havane en soirée, dans les quartiers fréquentés (Vedado, Miramar, Habana Vieja), est généralement sans risque majeur, sous réserve de la prudence habituelle (ne pas exhiber d’objets de valeur, éviter les rues désertes, se méfier des propositions trop insistantes).

Système politique et libertés publiques

L’envers de ce haut niveau de sécurité réside dans un cadre politique très verrouillé. Cuba est un État à parti unique, où le Parti communiste exerce un monopole sur la vie politique. Les libertés d’expression, de presse et de réunion sont fortement limitées.

Attention :

Les manifestations non autorisées sont interdites et réprimées. Les grandes protestations de juillet 2021, liées à la situation économique et à la gestion de la pandémie, ont conduit à des arrestations massives, de lourdes peines de prison et des coupures d’internet.

Pour un expatrié, il est fortement déconseillé de participer à des rassemblements ou de prendre publiquement parti contre le gouvernement. Les sujets politiques sont mieux abordés avec prudence et sensibilité, surtout dans l’espace public ou en ligne.

En parallèle, le pays a adopté des réformes sociales notables, notamment un nouveau Code de la famille très progressiste, qui protège contre les discriminations liées au genre ou à l’orientation sexuelle et légalise le mariage entre personnes de même sexe. L’institution publique CENESEX joue un rôle actif dans la promotion des droits LGBTQ+, et La Havane est souvent vue comme la ville la plus ouverte. Cela ne supprime pas les discriminations de fait, mais le cadre légal a beaucoup évolué dans ce domaine.

Travail, emploi et opportunités économiques : un terrain étroit pour les expatriés

Pour qui souhaite travailler sur place, Cuba est un marché très particulier.

Salaires locaux et emplois réservés aux Cubains

L’immense majorité des emplois est distribuée par l’État, avec des salaires officiels extrêmement faibles. Les principaux secteurs d’activité sont le tourisme, la santé, l’éducation, l’agriculture, l’industrie légère et, de plus en plus, les services privés.

Le salaire moyen après impôts est estimé à environ 299 dollars, mais de nombreux employés de l’État gagnent nettement moins (23–34 dollars par mois selon plusieurs sources). Ce revenu suffit à peine à couvrir quelques jours de dépenses courantes pour un ménage, et explique la généralisation de la « double journée » : un second emploi ou une activité informelle pour compléter ses revenus.

Bon à savoir :

Les opportunités les plus intéressantes financièrement se trouvent souvent dans des entreprises étrangères (tourisme, ONG, coopérations médicales) ou dans des activités directement liées aux visiteurs (guide, restauration privée, hébergement, transport).

Opportunités pour les expatriés

Pour un étranger, les marges de manœuvre sont limitées :

trouver un emploi salarié localement est difficile et souvent peu rentable ;

– de nombreuses fonctions (barman, serveur, réceptionniste, etc.) sont légalement réservées aux Cubains ;

– il existe toutefois des possibilités dans des bureaux de sociétés étrangères, dans le tourisme, l’enseignement du français ou de l’anglais, le journalisme, certains secteurs techniques (ingénierie, santé, IT), souvent sous statut de consultant ou de détaché.

Astuce :

Pour un expatrié, l’un des principaux avantages est de conserver une source de revenus extérieure au pays, comme un emploi en télétravail pour une entreprise étrangère, une activité indépendante à l’international, ou une pension. Cette situation permet de bénéficier d’un pouvoir d’achat avantageux face au coût de la vie local, qui reste globalement abordable – notamment pour le logement et les services – malgré l’inflation.

Les perspectives entrepreneuriales existent également : croissance des PME privées, montée du travail indépendant (restaurants, casas particulares, artisanat, transport), ouverture de zones de développement spécial comme Mariel. En revanche, les secteurs de la santé et de l’éducation demeurent largement fermés à l’investissement étranger, et des contraintes très strictes persistent (limitation du nombre d’employés, difficultés d’importation, contrôle des changes, sanctions internationales).

Vie quotidienne, société et culture : immersion profonde, confort relatif

Au‑delà des chiffres, une expatriation à Cuba se vit dans le quotidien : rapports humains, rythme de vie, accès aux services, possibilités culturelles.

Une société chaleureuse, mais des codes à apprivoiser

Les Cubains sont souvent décrits comme chaleureux, bavards, très sociables, avec un sens aigu de la communauté et de l’entraide. Il est courant de voir les voisins s’inviter sans prévenir, partager un café, échanger des nouvelles dans la rue. L’hospitalité est une valeur forte, malgré la pénurie matérielle.

Pour autant, les expatriés restent perçus comme des étrangers, parfois d’abord comme des portefeuilles potentiels avant d’être vus comme des amis. Nouer des amitiés profondes demande du temps, de la patience et une volonté de s’intégrer réellement à la vie locale, loin des circuits purement touristiques.

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Seulement environ 6 % de la population cubaine parle anglais, ce qui souligne l’importance de maîtriser l’espagnol pour comprendre la société.

Culture et loisirs : une richesse rare pour une petite île

Sur le plan culturel, Cuba est d’une densité exceptionnelle : musique, danse, arts visuels, littérature, patrimoine architectural, festivals, théâtre, cinéma… La Havane concentre nombre d’institutions prestigieuses (Ballet national, grands théâtres, musée de la Révolution, fabrique d’art contemporain, etc.) et de lieux emblématiques comme le Malecón, où les habitants se rassemblent le soir.

Avec neuf sites inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO, des vallées verdoyantes comme Viñales, des villes coloniales préservées comme Trinidad ou Cienfuegos et des plages comme celles de Varadero ou des cayos, les possibilités d’excursions ne manquent pas pour un expatrié.

Bon à savoir :

La vie culturelle du pays reste financièrement accessible. Pour en profiter pleinement, il est toutefois nécessaire de disposer d’un revenu suffisant pour couvrir les dépenses et les aléas du quotidien.

Pénuries, rationnement et frustrations

L’inconvénient majeur de la vie quotidienne réside dans les pénuries récurrentes : aliments de base, médicaments, carburant, matériaux de construction, produits d’hygiène, vêtements. Un système de rationnement continue de distribuer certains produits subventionnés, mais insuffisants pour un mois complet, et auquel les étrangers n’ont pas accès.

Les expatriés doivent accepter de passer du temps à chercher ce dont ils ont besoin, de faire des stocks quand un produit réapparaît, et de renoncer à une partie du confort de consommation auquel ils sont habitués. On ne trouve pas tout, pas tout le temps, et rarement la même marque.

L’internet compliqué, les coupures de courant, la lenteur administrative, la surveillance politique, les restrictions bancaires et les contraintes de voyage créent un bruit de fond de frustrations, surtout pour ceux qui arrivent avec des attentes trop « occidentales ».

Avantages et inconvénients : comment arbitrer ?

Mettre dans la balance les plus et les moins de l’expatriation à Cuba permet d’esquisser un profil de personnes pour qui l’île peut être une option intéressante – et de celles pour qui ce serait une erreur.

Les principaux atouts

On peut résumer les avantages majeurs ainsi :

Bon à savoir :

Cuba offre une sécurité publique élevée avec un faible niveau de criminalité violente. Le coût de la vie peut être bas pour ceux qui gagnent en devises étrangères, notamment pour le logement et les loisirs. Le pays dispose d’un système de santé universel et préventif à moindre coût. Son environnement culturel et naturel est exceptionnel, avec un riche patrimoine et des sites UNESCO. C’est un lieu idéal pour une immersion en espagnol et dans la société latino-caribéenne. Le secteur privé est en croissance, ouvrant des opportunités entrepreneuriales dans le tourisme, les services ou les technologies. Enfin, le climat agréable et un rythme de vie plus lent y favorisent la qualité de vie.

Les principaux freins

En face, les défis et inconvénients sont nombreux :

Attention :

L’expatriation à Cuba présente plusieurs difficultés importantes : des procédures de visa et de résidence complexes, notamment pour les Américains, avec de fortes restrictions sur la propriété et les activités économiques. Les infrastructures (électricité, routes, eau, transports, télécommunications) sont fragiles et loin des standards modernes. Internet est cher, instable, surveillé et peut être coupé pour des raisons politiques. Des pénuries de biens de consommation et de médicaments entraînent rationnement et files d’attente. Le système politique est très contrôlé, avec des limitations des libertés civiles, une absence de presse indépendante et une surveillance des communications. Le marché du travail local offre des emplois peu rémunérés et priorise les citoyens cubains. Les Américains font face à des risques et complexités fiscales, incluant l’absence de convention fiscale et des restrictions sur la sécurité sociale. Enfin, les inégalités sociales sont croissantes, marquées par un écart entre ceux qui reçoivent des devises étrangères et ceux dépendant uniquement des salaires publics.

Pour quel profil d’expatrié Cuba peut-elle convenir ?

Cuba n’est pas, à ce stade, une destination « facile ». Elle peut cependant constituer un choix cohérent pour certains profils :

Profils adaptés à la vie à Cuba

Plusieurs profils d’expatriés peuvent trouver leur place à Cuba, en acceptant ses contraintes spécifiques et en valorisant ses atouts.

Personnes au revenu stable

Télétravailleurs, consultants internationaux, retraités ou rentiers prêts à accepter certaines contraintes matérielles en échange d’une vie plus simple, sécurisée et culturellement riche.

Couples mixtes

Un partenaire cubain et un partenaire étranger souhaitant vivre près de la famille locale et ayant déjà une bonne connaissance des réalités du terrain.

Professionnels de secteurs spécifiques

Personnes impliquées dans la santé, l’éducation, la coopération internationale, la recherche ou la culture, dans le cadre de missions ou partenariats structurés.

Retraités en bonne santé

Attirés par le climat, le coût de la vie et l’accès à des soins économiques, à condition d’avoir une bonne assurance internationale et d’accepter l’inconfort du quotidien.

En revanche, pour un jeune diplômé cherchant à « faire carrière », pour un nomade numérique ayant besoin d’un internet rapide et fiable, ou pour une famille habituée à un haut niveau de confort matériel, Cuba peut rapidement se révéler frustrante.

Au final, l’expatriation à Cuba est moins une affaire de budget qu’une affaire de tolérance à l’incertitude, de capacité d’adaptation et d’appétit pour un environnement à la fois fascinant et exigeant. Ceux qui arrivent en pensant trouver un paradis tropical bon marché risquent d’être désenchantés. Ceux qui viennent en connaissance de cause, avec l’envie réelle de s’immerger dans une société en pleine mutation, peuvent en revanche y vivre une expérience unique – et parfois, malgré tout, profondément heureuse.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour s’installer à Cuba, optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal international, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Cuba, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler Cuba pour la combinaison d’une fiscalité globale modérée, d’un coût de vie nettement inférieur à la France et d’une possibilité de structurer ses revenus via l’étranger (retraite et placements perçus en Europe, dépenses en pesos locaux). La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, conventions fiscales applicables), obtention d’un droit de résidence de longue durée, organisation de la couverture santé, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local bilingue (avocat, immigration, banque) et adaptation patrimoniale (analyse et restructuration si nécessaire).

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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