La sécurité à Trinité et Tobago : réussir son expatriation en restant serein

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer à Trinité et Tobago fait rêver : climat chaud toute l’année, mer des Caraïbes, steelpan et Carnival, mélange de cultures africaines, indiennes et européennes. Mais derrière l’image de carte postale, la République de Trinité et Tobago affiche aussi des niveaux de criminalité et de risques qui imposent de bien préparer son départ. Une expatriation sereine est possible, à condition de comprendre le contexte sécuritaire et d’adapter son mode de vie.

Bon à savoir :

Cet article s’appuie sur des données officielles et des témoignages d’expatriés pour aborder les aspects essentiels d’un projet de vie à l’étranger. Il couvre notamment le choix du lieu de vie, les moyens de transport, les comportements à adopter, la gestion de la santé, les risques naturels et le cadre légal.

Comprendre le contexte : un pays dynamique, mais criminogène

Trinité et Tobago est un État de 1,3 à 1,5 million d’habitants, à haut revenu, porté par le pétrole et le gaz. Démocratie stable depuis 1962, société très diverse et officiellement anglophone, le pays est souvent présenté comme l’un des plus riches de la Caraïbe. La capitale, Port of Spain, est à la fois centre administratif, financier et culturel, au cœur d’une agglomération d’environ 600 000 habitants.

En parallèle, plusieurs indicateurs rappellent que l’environnement sécuritaire reste tendu. Les homicides ont explosé depuis les années 1980 et dépassent régulièrement plusieurs centaines de cas par an. En 2024, le taux avoisinait 37 meurtres pour 100 000 habitants, plaçant le pays parmi les plus violents au monde. Des classements internationaux l’ont même cité dans le groupe des nations les plus dangereuses.

Attention :

Les gouvernements étrangers (États-Unis, Canada, Royaume-Uni) recommandent une vigilance accrue, voire de reconsidérer un voyage à Port of Spain. L’OSAC classe la ville au niveau maximal de risque criminel, notant une hausse marquée des enlèvements, souvent liés à la criminalité organisée.

Pour autant, la majorité des séjours touristiques se déroule sans incident majeur. Les crimes violents touchent surtout certains quartiers défavorisés, dans un contexte de trafic de stupéfiants et de guerres de gangs. L’enjeu, pour un expatrié, est donc d’apprendre à naviguer dans un environnement où les contrastes entre zones résidentielles sécurisées et secteurs à très haut risque sont particulièrement marqués.

Violences, gangs et criminalité opportuniste

Le spectre de la criminalité est large : attaques armées, fusillades, agressions, viols, enlèvements contre rançon, cambriolages violents, carjackings et home invasions. Une part importante de ces faits est directement liée aux gangs et au narcotrafic. Le risque d’être pris dans des échanges de tirs en pleine rue existe, y compris en plein jour.

Astuce :

En parallèle, les délits opportunistes sont fréquents : vols à la tire, arrachages de sacs, cambriolages de véhicules, escroqueries aux cartes bancaires ou aux distributeurs, fraude en ligne. Les vols de téléphones et d’objets de valeur dans les voitures (« smash and grab ») sont également courants.

Le tableau ci-dessous résume les principaux risques observés :

Type de menaceFréquence / contexte principalPublic le plus exposé
Homicides / fusilladesTrès élevé, surtout sur Trinidad, zones de gangsRésidents locaux, voisins, témoins
Agressions armées / vols violentsFréquents, surtout en ville et le long de certains axesHabitants, conducteurs, commerçants
Enlèvements (ransom kidnapping)En forte hausse, parfois étrangers visésLocaux aisés, expatriés visibles
Vols simples, pickpocketsRépandus dans zones fréquentées, gares, événementsTouristes, travailleurs, expats
Fraude carte/ATM, escroqueriesFréquente, y compris romance scamsUtilisateurs de cartes, seniors
Home invasionsPrésentes dans certaines zones urbaines et touristiquesPropriétaires de villas, expats

La bonne nouvelle, c’est que les expatriés qui intègrent ces risques dans leurs décisions de logement, de transport et de vie quotidienne parviennent généralement à les maîtriser.

Où vivre à Trinité et Tobago en privilégiant la sécurité

Le choix du quartier est l’un des leviers les plus puissants pour réduire son exposition à la criminalité. Sur Trinidad, toutes les zones de Port of Spain ne se valent pas, et certaines sont explicitement déconseillées par les ambassades. À l’inverse, plusieurs quartiers résidentiels, souvent en hauteur et habités par les classes moyennes et supérieures, forment de véritables bulles de sécurité relative, très prisées des expatriés.

Quartiers à privilégier autour de Port of Spain

Les expatriés, personnels diplomatiques et cadres d’entreprise se concentrent généralement dans quelques secteurs bien identifiés, à l’ouest et au nord de Port of Spain, où l’on retrouve copropriétés fermées, systèmes d’alarme et rondes de sécurité.

Parmi les plus recherchés :

Exemple :

À Port of Spain et sa périphérie proche se trouvent les quartiers de Cascade, St. Ann’s, St. Clair et Federation Park. En se dirigeant vers le nord, on rencontre Maraval et Moka. À l’ouest, on peut citer Westmoorings, Goodwood Park et Glencoe. Plus à l’est, Trincity est notable pour sa proximité avec l’aéroport et ses grands centres commerciaux.

Le tableau suivant donne un aperçu comparatif de ces zones, du point de vue de la sécurité résidentielle :

Quartier / villeProfil généralPerception sécurité pour expats
WestmooringsBanlieue cossue, proche de la merTrès prisé, rondes de sécurité fréquentes
Goodwood ParkRésidentiel haut de gamme, villasSécurisé, habitat fermé ou surveillé
GlencoeMix d’appartements et maisonsRecommandé, bon compromis coût/sécurité
Maraval / MokaVallée verdoyante, golf, écolesTrès favori, nombreuses communautés fermées
Cascade / St. Ann’sRelief vallonné, proche du centreQuartiers « safe » si logement sécurisé
St. Clair / Fed. ParkAmbassades, résidences de prestigeHaut niveau de sécurité
TrincityPrès de l’aéroport, centre commercialJugé sûr par les résidents, plus abordable

À l’inverse, plusieurs secteurs sont connus pour leur violence et sont à proscrire pour y vivre, mais aussi à éviter lors de déplacements, surtout après la tombée de la nuit. C’est le cas notamment de Laventille, Morvant, Beetham Estate Gardens, Sea Lots, South Belmont, certains secteurs de Carenage, Belmont, Barataria ou encore les abords intérieurs de Queen’s Park Savannah. Les autorités américaines interdisent explicitement à leurs propres agents de se rendre dans ces zones.

Vivre à Tobago : une ambiance plus calme, mais pas sans risques

Tobago, la petite île sœur, affiche globalement des niveaux de criminalité violente bien inférieurs à ceux de Trinidad. Les incidents visant des visiteurs y restent rares, même si les cambriolages de villas, parfois accompagnés de violences, existent dans quelques poches.

Localités recommandées

Plusieurs localités sont régulièrement citées comme favorables pour un séjour ou une installation plus durable.

Ville de montagne

Un environnement préservé et une qualité de vie au rythme des saisons, idéal pour les amateurs de nature et de calme.

Bourg côtier

Le charme du littoral avec une communauté souvent soudée, parfait pour ceux qui recherchent l’air marin et un cadre ressourçant.

Commune rurale

L’authenticité de la campagne, un lien fort avec le terroir et un espace de vie généreux pour une installation durable.

Petite ville dynamique

Allie les avantages des services urbains à une taille humaine, souvent dotée d’un tissu associatif et économique vivant.

Scarborough, la capitale, et ses environs

Crown Point, à proximité de l’aéroport A.N.R. Robinson

Castara, Speyside, Plymouth, Bethel, Carnbee, Buccoo, Lowlands, Bon Accord Village

Certains établissements touristiques, comme les hôtels installés dans des compounds fermés à Speyside, bénéficient d’un contrôle d’accès strict, avec gardiens et route unique surveillée.

Il faut toutefois rester prudent sur des plages ou cascades isolées, notamment dans les zones déjà ciblées par des cambriolages de résidences (par exemple Mt. Irvine / Buccoo Bay, Bacolet) et éviter totalement les balades solitaires sur des sites retirés comme Englishman’s Bay ou certaines chutes, surtout tôt le matin ou au crépuscule.

Se déplacer en sécurité : voiture, taxis et transports publics

La manière dont vous vous déplacez pèsera autant sur votre sécurité que le choix de votre quartier. Ici aussi, un certain nombre de règles claires et non négociables s’imposent.

Conduire soi-même : oui, mais avec des réflexes de grande ville

À Trinité et Tobago, on roule à gauche, avec des véhicules majoritairement à volant à droite. Les routes principales sont correctes, mais les chaussées secondaires peuvent être étroites, mal entretenues, mal éclairées et bordées de piétons.

Speeding, conduite alcoolisée, non-respect des clignotants et voitures en mauvais état font partie du décor. Les accidents mortels sur les grands axes, notamment les corridors desservant l’aéroport de Piarco et Port of Spain (Beetham, Churchill-Roosevelt Highway, East-West Corridor), sont fréquents.

S’ajoute un risque criminel : carjackings, vols à main armée en pleine circulation, « bump and rob » (chocs légers pour forcer à s’arrêter) ou piégeage de voies avec des débris pour immobiliser les voitures.

Pour limiter les dangers, plusieurs réflexes sont essentiels :

Attention :

Pour circuler en toute sécurité, il est recommandé de rouler vitres fermées et portes verrouillées, particulièrement en ville et aux feux. Privilégiez les trajets de jour, surtout entre l’aéroport et la capitale. En cas de choc léger à l’arrière dans un contexte douteux, restez dans votre véhicule et contactez la police. Choisissez des zones de stationnement éclairées et surveillées, sans laisser d’objets visibles à l’intérieur. Adaptez toujours votre vitesse, en particulier sur les routes non éclairées ou par temps de pluie.

Les permis de conduire canadiens, britanniques ou similaires sont acceptés jusqu’à 90 jours. Au-delà, un permis international ou des démarches locales s’imposent.

Taxis, maxis et VTC : faire le tri

Le réseau de transport public est foisonnant, mais hétérogène. On distingue :

Les bus publics, peu chers, mais irréguliers

Les maxi-taxis, minibus privés partagés, très utilisés par les locaux

– Les route-taxis (voitures collectives) identifiables par une plaque commençant par la lettre H

– Quelques services de water-taxis entre Port of Spain et San Fernando ou Chaguaramas

– Des applications locales de type VTC

Pour un expatrié, la logique sécuritaire est assez simple : plus le véhicule est officiel et traçable, mieux c’est. Les recommandations internationales conseillent clairement d’éviter les maxi-taxis, les taxis non marqués et les offres spontanées sur le bord de la route. Certains cas d’agression, de vols, voire d’agressions sexuelles ont impliqué des véhicules non déclarés.

Mieux vaut donc :

Bon à savoir :

Pour un trajet en taxi en toute sécurité, il est conseillé de réserver par téléphone ou via une centrale reconnue, recommandée par votre employeur, votre hôtel ou vos collègues. Avant de monter, confirmez le tarif, les compteurs étant rares. Notez la plaque d’immatriculation et le nom de la compagnie, et partagez si possible votre trajet en direct avec un proche. Soyez particulièrement vigilant lors des trajets depuis ou vers un aéroport, surtout en soirée, ces trajets étant réputés sensibles.

Plusieurs applications locales de mobilité ont mis en avant des fonctionnalités de sécurité (conducteurs vérifiés, suivi GPS, boutons SOS). Elles peuvent constituer une option intéressante, mais il est prudent de disposer d’un plan B (numéros de taxis fiables) au cas où le service serait indisponible.

Marche à pied et déplacements nocturnes

En journée, marcher dans les quartiers centraux animés ou les zones d’affaires est courant, mais la nuit change radicalement la donne. Les recommandations convergent :

Éviter de se déplacer à pied après la tombée du jour, surtout seul

Renoncer aux parcs, plages, fortins panoramiques ou zones non résidentielles en soirée (Fort George, intérieur de Queen’s Park Savannah, plages désertes)

– Préférer un taxi réservé y compris pour de courtes distances, notamment en sortie de restaurant ou de bar

Même en plein jour, garder la musique dans les oreilles pour la salle de sport : dans la rue, mieux vaut entendre ce qui se passe autour de soi.

Logement : transformer sa maison en « bulle sécurisée »

Les expatriés décrivent souvent leur quotidien comme celui d’une grande ville américaine : « on vit bien, mais on reste conscient ». Le logement joue un rôle central dans cette sérénité. À Trinité et Tobago, il est courant d’avoir :

Portail et clôture

Grilles décoratives aux fenêtres

Système d’alarme

Éclairage extérieur renforcé

– Parfois gardiennage et rondes de sécurité

Pour un expatrié, ces équipements ne sont pas un luxe, mais un standard. Lors de la recherche de logement, il vaut mieux privilégier :

Options de sécurité résidentielle

Différents types de logements offrant des niveaux de sécurité variés pour répondre aux besoins de protection des résidents.

Résidences fermées (Compounds)

Communautés résidentielles avec contrôle d’accès strict pour les résidents et leurs invités.

Immeubles sécurisés

Bâtiments équipés d’une réception ou d’un service de sécurité opérationnel 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.

Villas avec systèmes de sécurité

Maisons individuelles protégées par une alarme connectée à une société de surveillance, un éclairage extérieur et des portes renforcées.

Le tableau suivant résume les éléments à vérifier avant de signer un bail :

Élément de sécuritéPourquoi c’est important
Clôture / portailDissuasion, retard en cas d’intrusion
Grilles aux fenêtresEmpêche les intrusions rapides par bris de vitre
Alarme reliéeRéaction plus rapide en cas de cambriolage
Éclairage extérieurRéduit les zones sombres propices aux intrus
Gardien / rondesSurveillance visible, effet dissuasif
Voisinage organiséCapacité à s’entraider, vigilance collective

Dans les villas isolées, sur Trinidad comme à Tobago, ces mesures sont d’autant plus cruciales que certaines séries de home invasions ont visé des maisons de vacances ou des propriétés d’expatriés.

Vie quotidienne : routines anti‑risques pour expatriés

La sécurité personnelle tient aussi à un ensemble de réflexes, qui finissent par devenir des automatismes. Beaucoup d’expatriés décrivent une adaptation graduelle : on commence très méfiant, puis on identifie les marges de manœuvre, sans jamais tomber dans l’insouciance.

Quelques principes structurants ressortent de façon récurrente.

Gérer ses effets de valeur et ses déplacements

Porter montre de luxe, bijoux voyants, gros appareil photo autour du cou ou smartphone dernier cri ostensiblement à la main constitue une invitation ouverte aux voleurs. Il est plus raisonnable de :

Limiter les objets de valeur visibles dans l’espace public

Se contenter d’espèces en petite quantité, dans différentes poches

– Utiliser la caisse de sécurité du logement pour les passeports, cartes bancaires secondaires et grosses sommes

– Contrôler régulièrement les relevés bancaires, pour détecter toute fraude

Bon à savoir :

Lors de grands événements (carnavals, concerts, fêtes), le risque de vol à la tire augmente considérablement. Il est conseillé de porter un sac banane sous les vêtements, d’utiliser un téléphone bon marché et de n’emporter que le strict minimum d’argent liquide.

Boissons, rencontres et applications de rencontre

Comme dans de nombreuses destinations touristiques, l’alcool et les rencontres improvisées servent parfois de porte d’entrée aux voleurs ou aux agresseurs. Les cas de drogue déposée dans les verres, les vols après soirée, ou les rendez-vous piégés via applications de rencontre (y compris des applis dédiées aux publics LGBT+ ou généralistes) sont documentés.

Les conseils sont simples, mais doivent être appliqués sans exception :

Attention :

Pour votre sécurité, ne laissez jamais votre verre sans surveillance et refusez les boissons déjà versées par un inconnu. Privilégiez les bouteilles scellées. Lors d’un rendez-vous via une application, choisissez un lieu public, informez un proche et évitez d’inviter la personne chez vous. En ligne, ne divulguez pas votre niveau de revenus ou votre situation professionnelle.

En cas d’agression : ne pas jouer au héros

Un point fait consensus parmi les autorités comme parmi les résidents : face à un criminel armé, la priorité est de rester en vie. Résister à un vol, tenter de retenir son sac ou de protéger son téléphone augmente considérablement le risque de violences graves.

La consigne est donc claire :

Coopérer, remettre l’argent ou les objets demandés

Observer discrètement des éléments descriptifs (voiture, direction de fuite, détails physiques) si possible

– Se rendre à un poste de police pour déposer plainte, notamment pour les besoins d’assurance

– En cas d’agression sexuelle, consulter en urgence un établissement de santé

Santé et système médical : anticiper pour éviter les mauvaises surprises

Une expatriation sereine passe aussi par la santé. Trinité et Tobago offre un système mixte public/privé. La médecine publique est censée garantir un accès gratuit aux soins primaires pour tous, y compris les étrangers, mais la réalité est plus contrastée : hôpitaux publics surchargés, manque de matériel et de personnel, délais d’attente importants.

Public vs privé : ce que les expatriés doivent savoir

Dans le secteur public, l’accès aux consultations de base et aux urgences est gratuit, y compris pour un non‑citoyen, sous réserve de pouvoir présenter une pièce d’identité et, parfois, une preuve d’adresse. En revanche, de nombreux traitements spécialisés ou de long cours ne sont pas couverts pour les étrangers : médicaments pour les maladies chroniques (diabète, hypertension, maladies cardiaques, glaucome, dépression, etc.), chimiothérapie, certaines prises en charge du VIH, soins dentaires pour adultes (hors extractions et urgences).

Les grandes structures publiques de référence – Port of Spain General Hospital, San Fernando General Hospital, Eric Williams Medical Sciences Complex, Scarborough General Hospital à Tobago – souffrent d’un manque chronique de ressources et de temps. C’est pourquoi la plupart des expatriés optent pour :

Une assurance privée internationale couvrant les soins dans le secteur privé et l’évacuation médicale

Un suivi de santé courant (consultations, examens, accouchements) dans des cliniques privées comme St. Clair Medical Center, Westshore Medical, Community Hospital of Seventh‑day Adventists ou leurs équivalents à San Fernando et Tobago

La règle est quasi universelle dans le privé : paiement immédiat et en liquide ou par carte, avant ou juste après la prise en charge, y compris aux urgences.

Le tableau ci-dessous résume les forces et faiblesses de chaque secteur pour un expatrié :

Type de structureAvantagesInconvénients pour un étranger
Hôpitaux publicsGratuité des soins d’urgence, réseau étenduAttente, manque de matériel, confort limité
Centres de santé publicsAccès primaire peu coûteux, vaccinationsCouverture partielle des médicaments
Cliniques privéesRapidité, équipements plus modernesCoût élevé, paiement immédiat
Centres spécialisésOncologie, cardiologie, ophtalmologieSoins très coûteux sans assurance

Risques sanitaires locaux et prévention

Comme dans beaucoup de pays tropicaux, plusieurs risques infectieux existent : hépatites A et B, typhoïde, dengue, chikungunya, Zika, Oropouche virus, rage, maladies digestives liées à l’eau et à l’alimentation. Le paludisme est cité dans certains documents comme nécessitant une chimioprophylaxie selon les profils de voyageurs.

Sur le plan pratique, cela signifie : vous devez prendre en compte les implications de chaque décision.

Consulter un médecin du voyage avant le départ pour vérifier les vaccins (hépatites, typhoïde, mise à jour des vaccins de base)

– Surveiller la protection contre les moustiques : répulsifs, vêtements longs le soir, moustiquaire, attention particulière pour les femmes enceintes (risque Zika)

Consommer de l’eau en bouteille ou filtrée, surtout en dehors des grandes villes, les coupures et contaminations de réseau étant fréquentes

– Se montrer vigilant avec les stands de street food, en choisissant des lieux très fréquentés et des aliments bien cuits

Les pénuries d’eau pendant la saison sèche (janvier à mai) peuvent toucher certaines zones de Trinidad et Tobago, obligeant à stocker de l’eau pour l’usage domestique. Il faut en tenir compte dans le choix du logement (capacité de réserve, cuve, citerne).

Risques naturels : ouragans, inondations et séismes

Trinité et Tobago se situe à l’extrémité sud de la Caraïbe, ce qui la protège en partie des trajectoires classiques des ouragans. Les frappes directes sont rares, mais le pays reste exposé aux ondes tropicales, fortes pluies, orages violents et inondations pendant la saison humide, de juin à décembre. Les mois de pointe se situent entre août et octobre.

Les autorités, via le service météorologique national et l’Office of Disaster Preparedness and Management (ODPM), insistent sur la nécessité d’une préparation individuelle : stock de nourriture et d’eau pour au moins une semaine, trousse d’urgence, plan familial en cas d’évacuation, documentation de ses biens pour les assurances, etc.

Astuce :

Le pays se trouvant dans une zone sismique active, il est crucial de connaître les consignes de sécurité de base. Cela inclut de se mettre à couvert, de s’éloigner des structures fragiles et d’éviter les ascenseurs en cas de tremblement de terre, comme l’a rappelé un séisme significatif survenu en 2018.

Enfin, la présence du volcan sous-marin Kick’em Jenny, au large de Grenade, fait l’objet d’une surveillance, principalement pour les risques de vagues anormales et de perturbations maritimes.

Pour un expatrié, l’essentiel est de :

S’inscrire aux systèmes d’alerte locaux (TTMS, ODPM, TEMA) et éventuellement au programme STEP ou équivalent de son pays

– Disposer d’une trousse d’urgence prête (eau, nourriture non périssable, médicaments, copies de documents, petit cash)

– Connaître les numéros d’urgence locaux, les abris potentiels et l’organisation de son quartier en cas de crise

Cadre légal, normes sociales et profils à risque

Au-delà de la criminalité et des risques naturels, certaines spécificités juridiques et culturelles doivent être intégrées dès la préparation du projet d’expatriation.

Lois sensibles : drogues, mœurs et camouflage

La législation sur les stupéfiants est sévère. Si la possession de petites quantités de cannabis (jusqu’à 30 g ou 5 g de résine) a été décriminalisée, la consommation en public reste interdite et les sanctions pour détention ou trafic de quantités supérieures, ou d’autres drogues, peuvent être très lourdes (amendes importantes, longues peines de prison).

Autre particularité fréquente dans la Caraïbe, mais appliquée avec rigueur à Trinité et Tobago : l’interdiction pour les civils de porter des vêtements de type camouflage militaire ou d’en importer sans autorisation. Ces articles sont parfois confisqués dès l’arrivée à l’aéroport.

Attention :

Le cadre légal criminalise les relations homosexuelles consenties entre adultes, avec des peines théoriques allant jusqu’à cinq ans de prison. L’entrée sur le territoire des ressortissants LGBT+ est également illégale en texte, bien que rarement appliquée. Il est crucial de mesurer le risque juridique et le contexte social, souvent marqué par une culture machiste et une hostilité potentielle envers les démonstrations d’affection publiques entre personnes de même sexe.

Attentes sociales, harcèlement de rue et place des femmes

La société de Trinité et Tobago est réputée chaleureuse, attachée à la famille et à la convivialité. Les salutations (« good morning », « good afternoon ») sont importantes, en particulier hors des centres urbains, de même que le respect des aînés et l’usage des titres (« Mister », « Miss », « Doctor »).

Dans la rue, en revanche, surtout à Trinidad, certaines femmes – en particulier les voyageuses seules – témoignent de commentaires insistants, sous-entendus ou « sweet talk » considérés localement comme flatteurs, mais perçus ailleurs comme du harcèlement. Ce phénomène n’atteint pas le niveau de certaines destinations caribéennes voisines, mais il surprend des expatriées récemment arrivées. Adopter une tenue relativement sobre en dehors des plages, ignorer poliment les remarques et garder une attitude assurée aide à désamorcer ces situations.

Terrorisme et contexte sécuritaire renforcé

Le pays a connu par le passé des épisodes sérieux : tentative de coup d’État en 1990, vagues d’attentats à la bombe dans les années 2000, projet d’attaque déjoué contre le Carnival en 2018. Des groupes liés au terrorisme international ont été identifiés, avec quelques ressortissants partis rejoindre des organisations extrémistes.

Attention :

Le niveau de menace reste modéré mais réel, avec des avertissements internationaux sur de possibles attaques ciblant des lieux fréquentés par les étrangers (aéroports, hôtels, événements culturels, lieux de culte). Des états d’urgence ont été décrétés, conférant aux forces de sécurité des pouvoirs élargis (fouilles, arrestations sans mandat) et augmentant leur présence dans les rues.

Pour un expatrié, cela se traduit surtout par : les défis culturels, l’adaptation au nouveau mode de vie, la gestion des différences linguistiques, et le maintien des relations avec le pays d’origine.

La nécessité de garder sur soi une pièce d’identité et de coopérer en cas de contrôle

L’intérêt de suivre l’actualité locale et les consignes de sécurité de son ambassade

– Une vigilance accrue lors de grands rassemblements (Carnival, grands concerts, fêtes religieuses)

Gérer l’argent et les fraudes : prudence numérique et bancaire

Les escroqueries financières et la fraude aux cartes ou aux DAB sont bien implantées. Des dispositifs de skimming (plaques magnétiques dissimulées dans les fentes de distributeurs) ont déjà été repérés. Des tentatives de fraude par téléphone ou internet visent notamment les personnes âgées (faux appels d’un « petit-fils en prison », romances en ligne avec demandes de transfert d’argent).

Quelques règles à intégrer dans vos habitudes bancaires :

Bon à savoir :

Pour retirer de l’argent en toute sécurité, privilégiez les distributeurs situés dans des banques ou centres commerciaux réputés, en journée. Inspectez visuellement l’appareil (fente, clavier) avant utilisation. Cachez systématiquement le clavier lors de la saisie de votre code et ne confiez jamais votre carte ou code à un tiers, même se présentant comme un employé. Surveillez régulièrement vos relevés en ligne. Il est également conseillé de limiter les plafonds des cartes utilisées localement et de conserver une carte de secours.

Bilan : une expatriation possible, mais qui ne s’improvise pas

Vivre à Trinité et Tobago peut être une expérience enthousiasmante : diversité culturelle, musique omniprésente, paysages contrastés entre raffineries et plages, vie sociale intense autour du « liming ». De nombreux expatriés décrivent une qualité de vie agréable, un climat qu’ils apprécient et des liens forts tissés au sein de la communauté internationale comme avec des locaux.

Mais cette réussite repose sur une condition non négociable : accepter de ne pas reproduire à l’identique ses habitudes d’un pays à faible criminalité. Concrètement, cela signifie :

Bon à savoir :

Pour une installation sereine, privilégiez les quartiers résidentiels sécurisés (Westmoorings, Maraval, Cascade, villages de Tobago). Optez pour un logement bien protégé (grilles, alarme). Privilégiez les taxis fiables, limitez les déplacements nocturnes et adoptez une attitude discrète (évitez les signes de richesse, soyez prudent sur les réseaux sociaux). Souscrivez une assurance santé internationale, identifiez les cliniques privées de référence et préparez un plan familial pour les risques naturels.

Pour un projet d’expatriation en famille, ces précautions deviennent encore plus cruciales, notamment pour les trajets scolaires, le choix des activités de loisirs et la sécurisation du domicile.

Bon à savoir :

Le pays présente un contexte de sécurité contrasté, mêlant zones dangereuses et enclaves sûres, hospitalité et criminalité organisée. Une expatriation sereine et enrichissante est possible en adoptant une approche lucide, en se tenant informé et en intégrant des pratiques de sécurité au quotidien.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, disposant d’un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaite changer de résidence fiscale vers Trinité-et-Tobago pour alléger sa charge imposable, diversifier ses investissements et conserver un lien fort avec la France. Budget : 10 000 euros pour un accompagnement global (conseil fiscal, formalités, délocalisation, structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après étude de plusieurs destinations (Grèce, Chypre, Maurice, Caraïbes anglophones), la stratégie retenue cible Trinité-et-Tobago pour son environnement fiscal attractif pour les revenus de capitaux étrangers, l’absence d’impôt sur la fortune, un coût de vie inférieur à la France et un accès privilégié à la zone caraïbe. La mission comprend : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, conventions fiscales), obtention de la résidence via investissement immobilier, couverture santé internationale, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (séjour >183 jours/an à l’étranger, centre d’intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local bilingue et optimisation patrimoniale (restructuration, transmission, investissements immobiliers locatifs).

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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