Fiscalité à Trinité et Tobago : impôt sur le revenu et taxe foncière pour les expatriés

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer à Trinité et Tobago attire de plus en plus d’expatriés à la recherche d’un climat ensoleillé et d’une fiscalité plus clémente que dans de nombreux pays développés. Mais derrière l’image de carte postale, le système fiscal est technique, surtout lorsqu’on cumule revenus internationaux, biens immobiliers locaux et liens persistants avec son pays d’origine, comme la France. Comprendre précisément comment fonctionnent l’impôt sur le revenu et la taxe foncière, et comment joue la convention fiscale franco‑trinidadienne, est indispensable pour éviter mauvaises surprises, double imposition et erreurs de stratégie.

Bon à savoir :

Cet article fournit un aperçu détaillé et accessible du cadre fiscal qui s’applique aux personnes expatriées vivant à Trinité-et-Tobago.

Résidence fiscale : la clé de voûte du système

Avant de parler de taux, d’abattements ou de taxe foncière, tout commence par une question simple en apparence : êtes‑vous résident fiscal de Trinité et Tobago, ou non‑résident ?

À Trinité et Tobago, la règle interne est claire : une personne physique est considérée résidente dès lors qu’elle séjourne plus de 183 jours dans le pays au cours d’une année civile. Les textes trinidadiens parlent de personnes « ordinarily resident ». Cette qualification n’est pas anecdotique : elle détermine l’étendue de votre assujettissement à l’impôt.

Astuce :

Pour un résident de Trinité-et-Tobago, l’impôt s’applique au revenu mondial selon une règle spécifique : les revenus de source étrangère ne sont imposables que lorsqu’ils sont rapatriés dans le pays. Par exemple, un Français résidant durablement à Port of Spain, qui conserve des placements à l’étranger sans les transférer localement, ne sera taxé par les autorités de Trinité-et-Tobago que sur les montants effectivement rapatriés sur le territoire.

Pour un non‑résident, le champ est plus restreint : seule la fraction de revenu provenant de sources situées à Trinité et Tobago est imposable localement. Cela concerne notamment les loyers d’un appartement à Port of Spain, les salaires pour un emploi exercé sur place, ou certains intérêts et redevances versés depuis le pays.

Attention :

Pour résoudre les conflits de résidence fiscale, comme entre la France et Trinité-et-Tobago, la convention applique des critères successifs : d’abord le logement permanent, puis le centre des intérêts vitaux, ensuite le lieu de séjour habituel, et enfin la nationalité ou un accord entre administrations.

Barème et mécanismes de l’impôt sur le revenu

Une fois la résidence tranchée, le cœur du sujet pour l’expatrié reste le barème de l’impôt sur le revenu et les principaux abattements.

Un impôt progressif à deux tranches

Le système trinidadien repose sur un barème à deux niveaux pour les particuliers. Le principe peut se résumer ainsi :

Tranche de revenu imposable (TT$)Taux d’imposition
Jusqu’à 1 000 000 TT$25 %
Au‑delà de 1 000 000 TT$30 %

Ces taux correspondent au barème en vigueur lorsque les données ont été collectées. Par ailleurs, certaines sources détaillent une application opérationnelle à partir d’un seuil d’abattement (84 000 TT$ de « personal allowance » pour un exercice récent, avec un relèvement à 90 000 TT$ à partir de 2023).

Concrètement, un résident ou un non‑résident imposé sur ses revenus trinidadiens verra d’abord son revenu brut diminuer de l’abattement personnel, puis, le cas échéant, d’autres déductions admises, avant application des deux tranches de 25 % et 30 %.

Abattement personnel et déductions

Le système prévoit un abattement personnel significatif pour les résidents, supérieur à 80 000 TT$ par an, porté à 90 000 TT$ à partir de 2023. Cet abattement vient réduire le revenu imposable et constitue un premier niveau de protection pour les plus faibles revenus.

Au‑delà de cet abattement général, diverses déductions sont admises, notamment :

Cotisations de retraite et de pension

Primes d’assurance éligibles

Cotisations syndicales

Certains intérêts d’emprunts, notamment immobiliers

Pour un salarié expatrié recruté localement, l’employeur applique le système PAYE (Pay As You Earn) : l’impôt et les contributions obligatoires sont prélevés à la source et reversés mensuellement à l’administration fiscale avant le 15 du mois suivant, avec une régularisation annuelle via une déclaration.

Les travailleurs indépendants, eux, doivent verser des acomptes trimestriels et déposer une déclaration annuelle, en tenant compte en plus d’un prélèvement spécifique appelé « business levy » lorsque leur chiffre d’affaires dépasse un certain seuil, notamment si ce prélèvement dépasse le montant de l’impôt calculé de façon classique.

Revenus exonérés et capital gains

Certaines formes de revenus sont entièrement exonérées pour les résidents trinidadiens, ce qui peut intéresser les expatriés qui structurent leur patrimoine sur place :

Revenus de capitaux mobiliers

Principaux types de revenus financiers générés par des placements ou investissements locaux, soumis à déclaration.

Intérêts sur comptes d’épargne

Intérêts perçus sur les comptes d’épargne ou les dépôts auprès d’institutions financières locales.

Dividendes de sociétés résidentes

Dividendes (hors actions de préférence) distribués par des sociétés résidentes.

Distributions de fonds locaux

Distributions de revenus ou de gains réalisés par des fonds d’investissement locaux.

En matière de plus‑values, le régime est particulièrement attractif pour les investisseurs de long terme. Les gains de cession d’actifs détenus plus de douze mois ne sont pas imposés par un impôt spécifique sur les plus‑values, à l’exception de certains actifs dits « taxable » cédés dans ce délai d’un an. Les gains issus de la vente d’une voiture personnelle ou d’une résidence principale en‑deçà d’un certain seuil sont également exonérés.

En revanche, la contrepartie de cet avantage de long terme tient à la « recapture » de l’amortissement : lorsqu’un bien immobilier locatif a fait l’objet de déductions d’usure et dépréciation pendant la période de détention, ces montants doivent être réintégrés dans la base imposable au moment de la revente, même si aucune plus‑value n’est taxée en tant que telle.

Charges sociales et prélèvements annexes

À côté de l’impôt sur le revenu proprement dit, un salarié expatrié doit composer avec des prélèvements sociaux obligatoires.

13.2

Taux global de contribution au régime de sécurité sociale (NIS) à la Barbade, partagé entre employeur et employé.

S’y ajoute un « health surcharge », une contribution santé forfaitaire prélevée selon le niveau de rémunération. Pour un salarié percevant plus de 469 TT$ par mois, la retenue est de 8,25 TT$ par semaine.

Tous ces éléments – impôt, NIS, health surcharge – sont en pratique gérés par l’employeur dans le cadre du PAYE. Les indépendants doivent les anticiper dans leur propre plan de trésorerie.

Revenus immobiliers : loyers, plus‑values et montages

Pour l’expatrié qui investit dans la pierre à Trinité et Tobago, le traitement fiscal des loyers et des plus‑values est un pilier de la stratégie patrimoniale.

Fiscalité des loyers pour résidents et non‑résidents

Les loyers perçus par un résident sont tout simplement intégrés à son revenu imposable et taxés selon le barème progressif (25 % / 30 %), après déduction des charges admises. Ces charges incluent notamment :

Intérêts d’emprunt pour l’acquisition ou la rénovation du bien

Dépenses de maintenance et de réparation (hors travaux de nature purement capitalistique)

– Primes d’assurance

– Frais de gestion et honoraires d’administration

– Frais juridiques liés aux baux et au recouvrement des loyers

– Amortissement des meubles et équipements fournis

Pour un non‑résident, le principe est différent : les loyers de source trinidadienne sont soumis à une retenue à la source, généralement de 25 %, opérée par le payeur local (le locataire ou le gestionnaire). Cette retenue constitue, dans de nombreux cas, l’impôt définitif au regard du droit interne, sous réserve de l’application d’une convention fiscale avec le pays de résidence du propriétaire.

Bon à savoir :

Les conventions fiscales signées par Trinité-et-Tobago (avec le Canada, la France, le Royaume-Uni, les États-Unis, l’Inde, l’Allemagne, la Suisse, etc.) peuvent limiter le taux de retenue à la source ou prévoir un crédit d’impôt dans le pays de résidence du bénéficiaire. Pour un résident français percevant des loyers de Trinité-et-Tobago, la convention franco-trinidadienne est essentielle pour éviter une double imposition complète.

Stamp duty, incitations et absence d’impôt sur la fortune

Les transactions immobilières sont soumises à des droits d’enregistrement appelés Stamp Duty, avec une série d’exonérations avantageuses pour les primo‑acquéreurs. Pour une première acquisition de résidence (maison + terrain), une exonération totale de droits s’applique jusqu’à 2 000 000 TT$, sous réserve de respecter les conditions prévues (tous les co‑acquéreurs doivent être primo‑accédants pour bénéficier du plafond maximal). Au‑delà, s’applique un barème progressif avec plusieurs tranches entre 3 % et 7,5 %.

Bon à savoir :

Pour les terrains à usage résidentiel uniquement, l’exonération s’applique sur les 450 000 TT$ premiers, puis des taux de 2% à 7% sont appliqués. Les biens non résidentiels (commerciaux ou d’investissement) sont taxés dès le premier dollar, avec des taux de 2%, 5% ou 7% selon la valeur du bien.

Les autorités ont en parallèle mis en place des dispositifs massifs d’incitation pour les promoteurs et investisseurs : exonération d’impôt sur les bénéfices de premier lotissement résidentiel (sous conditions de taille de parcelle et de période de réalisation), régime spécial pour les « Traders in Newly Constructed Houses » dont les profits de première vente de logements neufs, dans une limite de coût de construction par unité, sont exonérés, ou encore régimes de faveur pour les bâtiments commerciaux et parkings à étages exposant des revenus locatifs exonérés jusqu’au 31 décembre 2025.

À cela s’ajoute un paramètre structurant attirant les expatriés fortunés : il n’existe ni impôt sur la fortune, ni droit de succession, ni droit de donation. L’ancienne législation sur les successions a été abrogée en 2000. La transmission patrimoniale bénéficie donc d’un environnement très léger d’un point de vue fiscal, même si des droits de mutation (Stamp Duty) restent dus lors des actes de cession, hors cas spécifiques (décès, divorce) dispensés de TVA et traités à part.

La taxe foncière (« Property Tax ») : comment sont taxés les biens immobiliers

Au‑delà de l’impôt sur le revenu et des droits de mutation, l’autre pilier essentiel pour un expatrié propriétaire à Trinité et Tobago est la taxe foncière annuelle, appelée Property Tax.

Base imposable : l’Annual Rental Value (ARV)

La logique retenue par le législateur trinidadien consiste à taxer non pas directement la valeur vénale du bien, mais sa valeur locative théorique. Cette valeur, appelée Annual Rental Value (ARV), représente le loyer annuel qu’un bien pourrait raisonnablement produire sur le marché, dans des conditions normales d’occupation.

Elle n’est pas laissée à l’appréciation du propriétaire : elle est déterminée par le Commissioner of Valuations, au sein du Valuation Division du ministère des Finances, sur la base des comparables disponibles. Lorsque les données de marché sont insuffisantes, l’ARV peut être estimée à partir de la valeur capitalisée du bien, en appliquant un facteur standard :

Type de bienFacteur appliqué à la valeur en capital
Résidentiel3,5 %
Commercial et industriel (bâtiments)5 %
Machines industrielles hors bâtiments3 %

Cette estimation en pourcentage de la valeur de marché produit un équivalent de loyer annuel théorique, qui servira de base à la taxation foncière.

De l’ARV à la valeur imposable (ATV)

L’Annual Rental Value n’est cependant pas taxée telle quelle. Avant application du taux, le système permet de tenir compte de la vacance ou des pertes de loyers. Une décote pouvant aller jusqu’à 10 % de l’ARV est ainsi admise pour calculer l’Annual Taxable Value (ATV), qui sert de réelle assiette à la Property Tax.

Exemple :

À la suite des étapes décrites, le résultat final est présenté. Par exemple, après avoir appliqué une transformation ou un calcul, on obtient un graphique, un tableau de données ou une conclusion spécifique qui illustre le propos de l’article.

ATV = ARV – (jusqu’à 10 % de l’ARV)

Pour illustrer le mécanisme, les autorités donnent l’exemple suivant pour un logement résidentiel :

ParamètreMontant (TT$)
ARV (valeur locative annuelle estimée)24 000
Décote de 10 % pour vacance/pertes de loyer2 400
Annual Taxable Value (ATV)21 600
Taux de Property Tax (résidentiel)2 %
Taxe foncière annuelle due432

Ce calcul simple permet à un expatrié propriétaire de simuler l’ordre de grandeur de la taxe foncière annuelle à prévoir pour un appartement ou une maison, une fois l’ARV connue.

Taux par catégorie de biens

Les taux de Property Tax dépendent directement de l’usage du bien. La grille de base est la suivante :

Catégorie de propriétéTaux sur l’ATV
Agricole1 %
Résidentielle2 %
Commerciale5 %
Industrielle (machines dans bâtiment)6 %
Machines industrielles hors bâtiment3 %

Certains documents évoquent un taux de 3 % pour le résidentiel, mais le cadre législatif de référence retient 2 % appliqué à l’ATV. Cette nuance illustre un point important : pour un expatrié, il est prudent de vérifier les textes en vigueur à la date d’acquisition ou de calcul, notamment en période de réforme de la Property Tax.

Bon à savoir :

Les propriétaires disposent généralement d’un délai de 21 à 30 jours après notification pour contester l’évaluation fiscale. En cas de désaccord persistant, il est possible de saisir le Tax Appeal Board. Pour les contribuables en difficulté financière (en raison de l’âge, d’une maladie ou d’une situation particulière), des reports de paiement peuvent être accordés sur présentation d’une demande motivée.

Effet des zones économiques spéciales

À noter : dans les Special Economic Zones (SEZ), qui prennent la suite de l’ancien régime des Free Zones, certains actifs – notamment fonciers et immobiliers – peuvent être totalement exemptés de Property Tax. Pour un investisseur expatrié sur des projets industriels ou logistiques, cette exonération foncière, alliée à l’absence de TVA et de droits de douane sur les équipements importés, peut alléger fortement la charge fiscale globale du projet.

Convention fiscale France – Trinité et Tobago : éviter la double imposition

Pour un expatrié français, la fiscalité de Trinité et Tobago ne se comprend pleinement qu’à la lumière de la convention fiscale signée entre les deux États. Cette convention, signée le 5 août 1987 à Port of Spain, approuvée par la loi française du 12 juillet 1988 et entrée en vigueur le 1er avril 1989, a pour vocation d’éviter la double imposition et de lutter contre la fraude.

Elle couvre, côté trinidadien, l’impôt sur le revenu, l’impôt sur les sociétés, la contribution chômage, les taxes sur les bénéfices pétroliers et les prélèvements additionnels pétroliers, y compris les retenues à la source et acomptes associés. Côté français, elle vise l’impôt sur le revenu et l’impôt sur les sociétés, avec leurs retenues, acomptes et précomptes.

Répartition des droits d’imposer

La convention reprend les grandes lignes du modèle OCDE, adaptées au contexte local :

Exemple :

La convention fiscale entre la France et Trinité-et-Tobago détermine l’imposition de divers revenus. Les revenus immobiliers sont imposés dans l’État de situation du bien (ex: loyers d’un appartement à Port of Spain). Les bénéfices commerciaux le sont dans l’État de résidence de l’entreprise, sauf en cas d’établissement stable. Les dividendes sont imposables dans l’État du bénéficiaire, avec une retenue à la source limitée à 10% ou 15%. Les intérêts, redevances et honoraires de gestion suivent une logique similaire, avec un plafond de 10% pour l’État de la source. Les professions indépendantes sont imposées dans l’État de résidence, sauf conditions spécifiques (base fixe, seuil de revenus, durée de séjour). Les salaires sont imposés dans l’État d’exercice, avec des exceptions pour les missions courtes. Les pensions sont généralement imposables dans l’État de résidence du bénéficiaire.

Crédits d’impôt pour un résident de France

Pour un résident fiscal français percevant des revenus de source trinidadienne, la convention prévoit un mécanisme de crédit d’impôt conventionnel. Les textes recensés mentionnent des crédits standards :

Type de revenu trinidadien perçu par un résident françaisCrédit d’impôt conventionnel (France)
Dividendes17,6 %
Intérêts11,1 %

En pratique, ces crédits d’impôt sont imputables sur l’impôt français correspondant, sans pouvoir dépasser le montant de cet impôt. Ils complètent les plafonds de retenues à la source prévus côté trinidadien, limitant le risque de double imposition économique sur les flux de capitaux.

Bon à savoir :

Les résidents de Trinité-et-Tobago qui perçoivent un revenu imposable en France peuvent imputer l’impôt français payé sur leur impôt dû localement, dans la limite du montant de l’impôt trinidadien correspondant.

Arbitrage de résidence et centre des intérêts vitaux

Un Français qui s’installe durablement à Trinité et Tobago doit aussi se poser la question de la rupture de ses liens fiscaux avec la France. Le Code général des impôts français présume la résidence fiscale en France si l’une des conditions alternatives est remplie : foyer ou famille en France, séjour principal en France, activité principale en France, ou centre des intérêts économiques en France.

Bon à savoir :

Une personne installée dans les Caraïbes peut rester considérée comme résidente fiscale française si elle remplit encore certains critères. En cas de double résidence avec Trinité-et-Tobago, la convention fiscale franco-trinidadienne applique une grille de ‘tie-breaker’ pour déterminer la résidence fiscale unique. Cette grille examine successivement : le logement permanent, le centre des intérêts vitaux, le séjour habituel, la nationalité, et en dernier recours, un accord entre les autorités fiscales des deux pays.

Ce point est crucial pour un expatrié qui envisage de transférer son patrimoine financier et immobilier à Trinité et Tobago notamment pour profiter de l’absence d’impôt sur la fortune et du traitement favorable des plus‑values. La planification implique souvent un audit de pré‑expatriation, la réorganisation des comptes, la structuration de la résidence et la documentation des liens économiques.

Obligations administratives locales pour les expatriés

S’installer à Trinité et Tobago ne se résume pas à obtenir un visa ou un permis de travail. Sur le plan fiscal, quelques démarches sont incontournables.

Tout expatrié percevant des revenus locaux doit se faire enregistrer auprès de l’Inland Revenue Division et obtenir un numéro d’identification fiscale, appelé BIR number. Sans ce numéro, il sera difficile de déclarer ses revenus, de répondre aux obligations PAYE comme employeur ou de se mettre en conformité en tant qu’indépendant.

Astuce :

Pour un salarié, l’entreprise se charge généralement des retenues et du versement de l’impôt, du NIS et du health surcharge. En revanche, pour un indépendant ou un investisseur immobilier, la responsabilité de calculer, déclarer et régler les taxes et impôts incombe directement au contribuable. Ce dernier doit respecter des échéances trimestrielles pour le paiement des acomptes et déposer une déclaration annuelle.

Les expatriés américains, détenteurs d’un passeport ou d’une green card, doivent, eux, continuer de respecter leurs obligations vis‑à‑vis de l’IRS, la fiscalité américaine se fondant sur la citoyenneté. Les impôts payés à Trinité et Tobago peuvent toutefois être pris en compte sous forme de crédit d’impôt étranger dans leur déclaration américaine.

Cas pratique : un expatrié français investisseur immobilier

Pour illustrer le fonctionnement concret de cette fiscalité, prenons le cas d’un Français qui décide de s’installer à Trinité et Tobago et d’y investir dans un bien locatif, tout en conservant des placements financiers en Europe.

Il séjourne plus de 183 jours par an sur place, obtient un permis de travail pour un poste dans le secteur énergétique, et devient, au regard du droit trinidadien, résident fiscal. S’il organise sa vie familiale et ses principaux intérêts économiques à Port of Spain, il aura de fortes chances d’être aussi considéré, au titre de la convention, résident de Trinité et Tobago et non plus de la France.

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La taxe foncière annuelle à payer pour l’appartement, calculée au taux de 2% sur la valeur imposable de 54 000 TT$.

Sur le plan de l’impôt sur le revenu, les loyers bruts annuels (disons 72 000 TT$) seront intégrés à son revenu, mais il pourra déduire les intérêts de son prêt, les charges de copropriété, les frais de gestion et l’amortissement des meubles. S’il rembourse par exemple un crédit générant 35 000 TT$ d’intérêts annuels et supporte 10 000 TT$ de charges diverses, son revenu locatif net imposable sera de 27 000 TT$. Ce revenu s’ajoutera à son salaire local, après abattement personnel de 90 000 TT$ et autres déductions (pension, assurance).

Bon à savoir :

Les dividendes de sociétés européennes rapatriés à Trinité-et-Tobago sont imposés localement selon le barème en vigueur. Une stratégie de planification peut consister à ne pas rapatrier la totalité des capitaux et à laisser une partie investie à l’étranger, dans la limite des revenus considérés comme ‘non remitted’ (non rapatriés) et acceptés par la réglementation trinidadienne.

Côté français, s’il a rompu sa résidence fiscale, il ne sera en principe plus imposé en France sur ses revenus mondiaux, mais seulement sur ses éventuelles sources françaises (par exemple un immeuble locatif conservé en métropole), avec application de la convention.

Stratégies et limites : ce que la fiscalité trinidadienne permet – et ne permet pas

Le cadre fiscal de Trinité et Tobago coche de nombreuses cases attractives pour un expatrié :

Barème d’impôt sur le revenu relativement modéré

Absence de fiscalité systématique sur les plus‑values de long terme

– Écosystème très favorable à l’immobilier : incitations à la construction et à la location, absence d’impôt sur la fortune, pas de droits de succession ni de donation

– Property Tax calculée sur une assiette locative, avec des taux modérés pour le résidentiel

– Réseau de conventions fiscales, dont celle avec la France, qui limite les risques de double imposition

Attention :

Pour un Français, la rupture de résidence fiscale doit être solide et documentée pour éviter une imposition mondiale. De plus, aux États-Unis, la Property Tax impacte le rendement net immobilier et les règles de recapture d’amortissement réduisent l’avantage de la non-taxation des plus-values à la revente.

Enfin, dans un environnement international où les échanges d’informations se généralisent, la mobilité fiscale ne peut plus reposer sur une simple approche déclarative. Elle doit s’inscrire dans un cadre pleinement conforme aux conventions, aux règles anti‑évasion et aux obligations déclaratives des deux côtés.

Conclusion : une fiscalité attractive, à manier avec méthode

Pour un expatrié qui s’installe à Trinité et Tobago, la combinaison d’un impôt sur le revenu raisonnable, de larges exonérations sur certains revenus du capital, de l’absence d’impôt sur la fortune et de droits de succession, et d’une taxe foncière calculée sur une base locative avec des taux relativement bas constitue un environnement indéniablement favorable.

Bon à savoir :

Avant de s’installer, une analyse détaillée de sa résidence fiscale vis-à-vis de la France et une compréhension précise des règles locales sont essentielles. Cela inclut le barème progressif, les abattements, les retenues à la source pour les non-résidents, le fonctionnement de la Property Tax, les conventions fiscales et les obligations d’immatriculation.

Pour qui prépare sérieusement son expatriation – audit préalable, obtention du BIR number, structuration des revenus, planification immobilière et coordination avec la convention franco‑trinidadienne – Trinité et Tobago peut devenir une base fiscale et patrimoniale durablement avantageuse.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, disposant d’un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaite transférer sa résidence fiscale à Trinité‑et‑Tobago pour alléger sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en conservant un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour un accompagnement complet (conseil fiscal international, formalités, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après étude de plusieurs destinations (Portugal, île Maurice, Grèce, Chypre), la stratégie retenue a été de viser Trinité‑et‑Tobago, combinant une fiscalité territoriale attractive (imposition principalement sur les revenus de source locale), absence d’impôt sur la fortune, coût de vie inférieur aux grandes métropoles françaises et environnement dollar US favorable à la diversification. La mission inclut : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, report d’imposition), obtention de la résidence, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an, centre d’intérêts économiques), coordination avec un réseau local bilingue (avocat, immigration) et intégration patrimoniale pour générer de nouveaux revenus (immobilier, placements offshore) tout en limitant les risques de double imposition (conventions et pratiques locales) et de contrôles fiscaux français.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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