Développer son réseau professionnel à l’étranger à Trinité et Tobago : le guide stratégique pour expatriés

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer à Trinité et Tobago pour travailler ou entreprendre, c’est entrer dans un écosystème très particulier : une économie portée par l’énergie mais aussi par le tourisme et la créativité, une culture chaleureuse et hiérarchique, et un monde des affaires où la relation personnelle compte souvent autant que le contrat. Pour un expatrié, la qualité du réseau professionnel fait la différence entre une installation compliquée et une intégration fluide, porteuse d’opportunités.

Bon à savoir :

Pour développer un réseau professionnel solide à Trinité et Tobago, une approche structurée est recommandée. Elle repose sur plusieurs piliers locaux : s’appuyer sur les chambres de commerce et les associations professionnelles, pratiquer le « liming » (socialisation informelle), utiliser les plateformes numériques, bénéficier de mentoring et maîtriser l’art du suivi après les rencontres.

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Comprendre le terrain de jeu : culture d’affaires et codes relationnels

Arriver à Trinité et Tobago, c’est découvrir une société à la fois très accueillante et fortement hiérarchisée. Les pratiques d’affaires ressemblent souvent à celles du Royaume‑Uni ou des États‑Unis, mais avec une forte coloration caribéenne.

La population est multiculturelle (forte présence d’origines indiennes, africaines et métissées), l’anglais est la langue officielle, et les échanges professionnels sont empreints de chaleur et de convivialité. En même temps, les statuts sont pris au sérieux et les structures hiérarchiques restent bien ancrées.

Dans ce contexte, le réseau se construit moins par la simple carte de visite que par la confiance et la loyauté personnelle. Les interlocuteurs veulent vous connaître en tant qu’individu avant de s’engager. La patience et la cohérence dans la durée sont donc essentielles.

Hiérarchie, prise de décision et perception du statut

Le monde du travail à Trinité et Tobago reste très structuré autour de la figure du décideur. Dans beaucoup d’entreprises, surtout les plus petites, le dirigeant joue un rôle quasi paternaliste. Les décisions importantes se prennent au sommet, et il reste inhabituel que les personnes de rang inférieur soient sollicitées pour co‑décider, même si le travail en équipe progresse dans les organisations modernes.

Astuce :

Pour un expatrié, l’approche réseau doit tenir compte des structures décisionnelles locales. Il est crucial d’identifier rapidement le véritable décideur, de lui témoigner du respect et de cultiver cette relation, sans pour autant négliger les intermédiaires. La loyauté se construit souvent envers vous personnellement, plutôt qu’envers votre entreprise. Cet ancrage relationnel personnel représente un atout durable, notamment en cas de changement d’employeur, car votre réseau a tendance à vous suivre.

Une culture chaleureuse, mais pas sans limites

Les Trinitéens sont réputés pour leur chaleur, leur humour et leur hospitalité. On s’attend à un minimum de small talk avant d’entrer dans le vif des affaires. Famille, actualité, culture locale, fêtes… ce sont des portes d’entrée naturelles pour briser la glace.

Attention :

La communication est directe sur les aspects techniques mais devient très prudente sur les sujets sensibles (conflits, politique, religion, race) afin de préserver l’harmonie. Les approches agressives ou la pression commerciale sont perçues comme conflictuelles et sont contre-productives.

Autre élément à intégrer : la société est décrite comme assez « macho ». Les femmes n’ont pas encore atteint une égalité complète dans le monde des affaires, même si elles sont très présentes. Un expatrié doit faire preuve de sensibilité sur ces dynamiques, en adoptant une posture de respect pour tous, indépendamment du genre.

Le temps comme variable souple

La gestion du temps est plus fluide que dans les cultures très linéaires. Le respect formel des horaires compte, notamment pour les réunions importantes, mais les délais sont souvent vécus comme flexibles. On préférera parfois ne pas contrarier un interlocuteur plutôt que bousculer une échéance.

Pour bâtir un réseau, cela signifie deux choses : arriver ponctuel pour montrer son sérieux, mais rester flexible quand les autres sont en retard ou repoussent. Fixer clairement les dates et les reformuler, tout en prévoyant des marges, aide à préserver la relation sans renoncer à l’efficacité.

Où se trouvent les opportunités de réseau : cartes des lieux et des acteurs

Trinité et Tobago offre une densité étonnante de structures propices au networking : chambres de commerce, associations sectorielles, espaces de coworking, clubs, événements professionnels, et bien sûr, ce fameux « liming » – l’art local de socialiser de façon décontractée.

Les grands pôles géographiques du networking

L’implantation de votre réseau ne sera pas la même selon que vous êtes à Port of Spain, à Couva ou à Tobago. Les grandes zones d’activité se structurent autour de plusieurs villes.

ZoneRôle économiqueAtouts pour le networking
Port of SpainCapitale, centre financier et commercialSiège de nombreuses associations, événements business, coworking, nightlife professionnelle
Couva / Point LisasHub industriel et pétrochimiqueContacts dans l’énergie et l’industrie, PME locales en croissance
San FernandoPôle économique du sudChambres locales actives, tissu entrepreneurial dynamique
ChaguanasCentre commercial en expansionCommerce, services, réseau de PME
Tobago (Scarborough, Crown Point)Destination touristique et culturelleHôtellerie, tourisme, événements culturels et business

Port of Spain, avec ses quartiers de Woodbrook, St. Clair ou encore son centre d’affaires, concentre un grand nombre de sièges d’entreprises, d’associations professionnelles, de cabinets de conseil, d’avocats, de comptables, etc. Couva, autour de Point Lisas, est le cœur industriel, idéal pour qui travaille dans l’énergie, la logistique ou les services B2B.

Chambres de commerce et grandes organisations : les portes d’entrée structurées

Pour un expatrié, se rapprocher rapidement des chambres de commerce et des associations patronales est l’un des leviers les plus efficaces.

OrganisationRôleIntérêt pour un expatrié
Trinidad and Tobago Chamber of Industry and Commerce (T&T Chamber)Plus grande organisation de services aux entreprises, environ 600 membres, 18 comitésPortail vers tous les secteurs, formations, lobbying, networking, matchmaking
Tobago Chamber of CommerceChambre de Scarborough, axée sur le tissu économique de TobagoRéseau dans le tourisme, les services et le commerce local
American Chamber of Commerce of Trinidad and Tobago (AMCHAM T&T)Plateforme orientée vers les relations avec les États‑Unis et les multinationalesVisibilité auprès d’entreprises internationales, événements HSE, tech, ESG
Energy Chamber of Trinidad and TobagoOrganisation centrale pour le secteur énergétiqueIndispensable pour les professionnels de l’énergie, conférences majeures
Chambres régionales (Chaguanas, San Fernando, Sangre Grande, Tunapuna, Couva, etc.)Représentent les intérêts des entreprises par zone géographiqueAccès direct aux acteurs locaux, contexte plus convivial qu’à la capitale

Le T&T Chamber joue un rôle pivot. Sa longue histoire, son nombre de membres et sa couverture tous secteurs en font un carrefour naturel pour les expatriés. L’adhésion donne accès à des programmes de formation, des événements thématiques, un programme de valeur ajoutée pour les membres, et surtout à une mise en réseau structurée (réunions de comités, rencontres sectorielles, séances de « match‑making »).

Exemple :

Les membres locaux rapportent que l’appartenance à une chambre de commerce dépasse la simple visibilité. Elle permet par exemple de régler un différend avec un propriétaire, d’obtenir des conseils pour le lancement d’un produit ou de trouver des distributeurs, ces échanges s’effectuant au sein de la communauté de la chambre.

Associations professionnelles : affiner son réseau par spécialité

Au‑delà des grandes chambres, une myriade d’associations sectorielles complètent le paysage. Elles couvrent pratiquement toutes les professions et offrent une porte d’entrée idéale pour un expatrié souhaitant se positionner dans un métier précis.

Politiques de développement durable

Parmi les plus structurantes, ces politiques visent à intégrer les enjeux environnementaux, sociaux et économiques dans la stratégie des organisations.

Économie circulaire

Politique visant à réduire les déchets et la consommation de ressources en réutilisant, réparant et recyclant les produits.

Transition énergétique

Stratégie pour réduire la dépendance aux énergies fossiles et développer les énergies renouvelables.

Mobilité durable

Promotion de modes de transport moins polluants pour réduire l’impact environnemental.

Agriculture responsable

Soutien aux pratiques agricoles respectueuses de l’environnement et de la biodiversité.

AssociationSecteur principal
Human Resource Management Association of Trinidad and Tobago (HRMATT)Ressources humaines
Institute of Chartered Accountants of Trinidad and Tobago (ICATT)Comptabilité, audit, finance
Association of Professional Engineers of Trinidad and Tobago (APETT)Ingénierie
Association of Real Estate Agents (AREA TT)Immobilier
Trinidad and Tobago Institute of Architects (TTIA)Architecture
Trinidad and Tobago Manufacturers’ Association (TTMA)Industrie manufacturière
Trinidad and Tobago Medical AssociationSanté
Advertising Agencies Association of Trinidad and TobagoCommunication et publicité

S’ajoutent des entités transversales comme la Trinidad and Tobago Group of Professional Associations Limited (TTGPA), qui regroupe plus de 50 associations professionnelles (architectes, comptables, ingénieurs, planificateurs, pharmaciens, psychologues, etc.). Y participer, même en tant que non‑membre formel au départ, via des événements ou des séminaires, permet de toucher un réseau d’experts bien au‑delà de son seul secteur.

Pour un expatrié, s’inscrire à des conférences, journées professionnelles, formations continues ou « Professional Services Day » de ces structures est une façon rapide de rencontrer des acteurs influents, tout en montrant sa volonté de s’intégrer durablement au paysage local.

Les lieux concrets du networking : du boardroom au « lime »

Bâtir un réseau à Trinité et Tobago signifie naviguer entre des espaces très formels – conférences, réunions de chambres, masters class – et des contextes totalement informels – soirées, « fetes » de Carnival, afterworks, sorties en club.

Coworking, cafés et espaces hybrides

Le développement du travail à distance et des profils nomades a vu apparaître des hubs particulièrement utiles pour un expatrié nouvellement arrivé :

– à Port of Spain, des espaces comme WorkLab ou certains cafés très fréquentés par les professionnels, tels que Café Mariposa, deviennent des points de contact naturels. On y croise autant des cadres locaux que des consultants ou des freelances.

– à Tobago, des structures telles que Cowork Caribbean organisent régulièrement des ateliers, rencontres et événements professionnels.

– à Couva, Work Hub Couva sert de plateforme aux travailleurs de la région industrielle de Point Lisas.

Bon à savoir :

Pour comprendre le marché, il est utile de fréquenter les lieux en semaine, d’y travailler régulièrement et d’échanger avec le personnel et les habitués. Cette approche permet de se constituer un réseau mixte, composé à la fois de locaux et d’expatriés.

« Liming », nightlife et événements sociaux

À Trinité et Tobago, le terme « lime » ou « liming » désigne l’art de traîner, discuter, profiter du moment, souvent autour d’un verre, d’un repas, d’un concert ou simplement sur un trottoir. C’est tout sauf anecdotique : le liming est au cœur de la sociabilité locale, y compris pour les affaires.

Les clubs et lounges de Port of Spain comme Zen, Katalyst, Alchemy, 51 ou Aura, mais aussi les bars de Ariapita Avenue à Woodbrook, sont des lieux où se croisent cadres, entrepreneurs, freelances et artistes. À Tobago, des spots tels que The Shade Nightclub, Bago’s Beach Bar ou des restaurants comme Driftwood Restaurant and Café deviennent, le soir venu, de véritables carrefours sociaux.

Bon à savoir :

Les expatriés organisent souvent des activités via des groupes Facebook ou des communautés locales. Pour s’intégrer lors de ces événements, il est conseillé d’arriver à l’heure, de porter une tenue adaptée au contexte et d’éviter d’aborder directement des sujets sensibles avec des personnes que l’on ne connaît pas bien.

Festivals, Carnival et grands moments de l’année

Impossible de parler de réseau à Trinité et Tobago sans évoquer Carnival. Cette période, qui culmine avec le mardi de Carnival mais débute en réalité des semaines avant avec des « fetes » (soirées payantes dont le ticket tourne autour de 50 dollars US en moyenne), est un immense espace de rencontres. On y croise tout le monde : entrepreneurs, artistes, cadres, politiques, expatriés de longue date et nouveaux venus.

Les autres fêtes – Divali, Eid‑ul‑Fitr, Emancipation Day, Tobago Jazz Festival, Tobago Heritage Festival – offrent aussi des occasions de tisser des liens, notamment si l’on participe à des événements communautaires ou associatifs. L’enjeu pour l’expatrié est de se montrer ouvert, curieux et respectueux des codes, tout en comprenant que ces moments sont d’abord sociaux et culturels, pas des salons professionnels officiels. On plante des graines relationnelles, on n’y fait pas de démarche commerciale agressive.

Le numérique, levier incontournable : LinkedIn, Facebook, WhatsApp et consorts

Avec plus de 85 % de la population connectée et plus de 80 % des entreprises présentes en ligne, Trinité et Tobago dispose d’un écosystème numérique particulièrement propice au networking. Pour un expatrié, ne pas exploiter ce canal serait se priver d’une grande partie du terrain de jeu.

Cartographie des plateformes locales

PlateformeRôle dominant à Trinité et TobagoIntérêt pour un expatrié
LinkedInRéseau professionnel en forte croissance (+45 % d’usage depuis 2020)Cible les entreprises, recruteurs, décideurs, institutions
FacebookPlateforme la plus populaire pour le B2C et les communautésIdéale pour groupes d’expats, événements, communautés locales
WhatsApp / WhatsApp BusinessCanal quotidien pour les entreprises, groupes sectoriels et chambresGroupes d’affaires, coordination, diffusion rapide d’information
InstagramTrès utilisé dans les secteurs créatifs, tourisme, restaurationVitrine sociale et visuelle, utile pour le personal branding
Groupes en ligne dédiés (ex. « Tobago Digital Nomads », « Couva Nomads »)Réseaux thématiques ou géographiquesIntégration rapide dans des micro‑communautés actives

Le mouvement s’est accéléré avec la pandémie : multiplication des meetups en ligne, conférences virtuelles, webinaires, et surtout explosion de groupes WhatsApp ou Telegram par secteur (import/export, énergie, services, tech, etc.). Un expatrié peut s’y greffer par cooptation, par le biais d’un collègue, d’un mentor ou d’un membre de chambre de commerce.

Construire sa présence digitale locale

La première étape consiste à adapter son profil LinkedIn à la réalité trinidadienne. Sans transposer mécaniquement des conseils pensés pour un autre pays, certains principes restent valables :

Bon à savoir :

Pour être visible et pertinent sur le marché du travail à Trinité-et-Tobago, il est crucial de soigner la photo et le résumé de son profil en mettant en avant ses expériences internationales. Il faut également intégrer des mots-clés spécifiques aux secteurs phares du pays comme l’énergie, les services, le tourisme ou la créativité. Enfin, il est important d’indiquer clairement son implantation sur place à Trinité-et-Tobago et de préciser le type de collaborations recherchées.

L’objectif est de devenir visible pour les re recruteurs locaux, les chambres, les dirigeants et les pairs. Publier ou repartager du contenu lié à la région (succès d’entreprises locales, innovations dans l’énergie, actualité des festivals, enjeux de services à l’export) renforce votre crédibilité et donne l’image d’un professionnel réellement ancré.

quelques dizaines

Un investissement quotidien de quelques dizaines de minutes sur les réseaux sociaux suffit pour rester visible dans les communautés d’expatriés et de nomades digitaux à Trinité-et-Tobago.

Tirer parti des groupes et communautés en ligne

Les principaux types de groupes en ligne utiles à un expatrié sont :

les groupes de chambres de commerce (souvent présents sur LinkedIn et Facebook), qui annoncent événements, consultations, formations ;

les groupes sectoriels (banque, énergie, tourisme, tech…) organisés autour d’associations comme l’Energy Chamber ou les associations de banques, d’ingénieurs, etc. ;

les groupes d’expats et de nomades digitaux par ville ou région, qui coordonnent des rencontres informelles et échangent sur la vie quotidienne (logement, transports, sécurité, etc.).

L’enjeu est de ne pas se contenter de consommer passivement l’information. Poser des questions pertinentes, partager une ressource utile, proposer son aide sur un sujet que l’on maîtrise, tout cela contribue à construire progressivement une réputation de personne fiable, généreuse et compétente – les trois piliers de la confiance dans la durée.

Techniques de confiance et de rapport : adapter les principes globaux au contexte local

La recherche en communication montre que la confiance et le rapport (ce lien harmonieux fait d’empathie et de respect) reposent sur des éléments concrets : fiabilité, écoute active, compréhension de l’autre, transparence, langage corporel cohérent.

Ces principes sont universels, mais prennent une couleur particulière à Trinité et Tobago.

Fiabilité, constance et gestion des promesses

Dans un environnement où les relations priment, votre capacité à faire ce que vous dites compte énormément. Tenir ses engagements – même modestes – envoie un signal fort : vous n’êtes pas qu’un visage de passage, mais un partenaire sur lequel on peut s’appuyer.

Cela implique :

Astuce :

Pour établir une relation de confiance sur un nouveau marché, il est crucial d’être transparent sur vos délais, en tenant compte de la flexibilité locale tout en la cadrant. Il faut également prévenir immédiatement vos interlocuteurs si vous êtes en retard ou empêché, même pour un rendez-vous informel comme un « coffee chat ». Enfin, évitez de surpromettre, surtout lorsque vous débutez sur ce marché, afin de ne pas créer d’attentes irréalistes.

Chaque promesse tenue renforce votre crédibilité, chaque promesse rompue la fragilise durablement dans un milieu où « tout le monde connaît quelqu’un qui vous connaît ».

Écoute active et small talk intelligent

L’écoute active se joue autant dans les mots que dans le corps. À Trinité et Tobago, où le non‑verbal, le ton de la voix et l’humour sont omniprésents, le simple fait de :

regarder votre interlocuteur,

laisser des silences,

relancer avec des questions ouvertes,

reformuler ce que vous avez compris,

vous distingue immédiatement de l’expatrié pressé qui « pitch » sans vraiment s’intéresser à l’autre.

Le small talk n’est pas une perte de temps ; c’est le terrain sur lequel se construit la sécurité relationnelle. Connaître les grands événements culturels (Carnival, Divali, Emancipation Day, Tobago Jazz Festival), s’intéresser aux quartiers, aux clubs de cricket ou de football locaux, montre que vous ne vivez pas dans une bulle d’expat.

Conseil pour expatriés à Trinité-et-Tobago

Corps, humour et adaptation culturelle

Un sourire, une poignée de main franche, une posture ouverte, des gestes détendus… tout cela renforce le sentiment de rapport. L’humour a aussi une place majeure dans la culture trinidadienne, mais demande un minimum de finesse quand on n’est pas natif. L’autodérision légère sur soi‑même est plus sûre que les blagues sur la politique ou la religion.

Adapter légèrement votre style – ton, rythme, manière de raconter – à celui de votre interlocuteur (sans caricaturer) participe à cet effet miroir qui fait qu’on se sent « en phase » avec vous. Les études sur l’attraction par similarité et l’effet d’exposition répétée montrent que plus on se sent proche et plus on vous voit, plus on est enclin à vous faire confiance.

Mentors et parrains locaux : l’accélérateur de réseau

Dans un pays où les relations sont centrales, trouver un mentor ou un parrain local peut transformer votre trajectoire. Un mentor ancré à Trinité et Tobago connaît :

les codes implicites,

les personnes clés,

les pièges à éviter.

Il a surtout un capital relationnel bâti sur des années de confiance, auquel vous pouvez accéder progressivement.

Pourquoi un mentor local change la donne

Les recherches sur le mentoring montrent qu’un accompagnement structuré améliore la progression de carrière, la satisfaction au travail et les opportunités. Appliqué à un expatrié à Trinité et Tobago, cela s’exprime de plusieurs façons :

Bon à savoir :

Pour maximiser l’efficacité de votre networking, il est crucial de cibler les bons événements et structures, de vous adresser directement aux décideurs et non seulement aux opérationnels, et d’apprendre à décoder les signaux faibles comme les hésitations ou les réticences non formulées. De plus, une recommandation par une personne respectée peut grandement crédibiliser votre présence et vous ouvrir des portes autrement inaccessibles.

Des exemples locaux, comme le travail d’organisations de mentoring pour étudiants et jeunes professionnels, montrent déjà l’impact de ces dispositifs sur la création de liens durables entre générations et entre diaspora et pays d’origine.

Comment trouver et utiliser un mentor

Un mentor ne se décrète pas, il se rencontre. Les chambres de commerce, les associations professionnelles, les programmes de mentoring structurés et même certaines organisations à but non lucratif sont de bons points de départ. L’idéal est de :

Bon à savoir :

Pour un échange professionnel fructueux, commencez par clarifier vos objectifs (comprendre un secteur, trouver un emploi, lancer une activité). Approchez ensuite des personnes inspirantes avec une demande précise (échange ponctuel, avis sur un projet, conseils sectoriels). Enfin, laissez la relation se développer naturellement avant d’envisager un mentorat formel.

Une fois la relation installée, l’utilisation de son réseau doit rester respectueuse et stratégique : demander des introductions ciblées, expliquer en quoi une mise en relation serait utile, préparer soigneusement chaque rendez‑vous obtenu grâce à lui. C’est aussi à vous de rendre la pareille, par exemple en apportant des informations internationales ou des compétences spécifiques qui complètent sa vision locale.

Le suivi après les rencontres : transformer les échanges en relations durables

Participer à des événements ne sert à rien si l’on disparaît le lendemain. Les études sur le networking insistent toutes sur le rôle crucial du suivi : c’est après l’événement que la vraie relation commence.

Timing et canal : trouver le bon équilibre

Pour consolider un premier contact, envoyer un message dans les 24 à 48 heures fonctionne bien, que ce soit par e‑mail, LinkedIn ou, si la relation le permet, WhatsApp. À Trinité et Tobago, où WhatsApp est omniprésent dans les échanges professionnels, un court message personnalisé peut être très bien perçu, à condition de rester professionnel.

Astuce :

Si la rencontre était très informelle (lime, soirée de Carnival, etc.), il est recommandé d’envoyer un message dans les deux jours. Celui-ci doit rappeler le contexte de la rencontre et proposer de se revoir dans un cadre plus professionnel. Cette approche permet de passer d’un lien social à un lien de travail sans brutalité, en maintenant la fluidité de la relation.

En l’absence de réponse, un rappel poli après une à deux semaines est acceptable. La clé est de ne pas tomber dans l’insistance : le réseau se construit dans la durée, pas dans la pression.

Contenu du message : personnalisation et valeur

Les messages génériques (« Ravi de vous avoir rencontré. Restons en contact. ») laissent rarement une trace durable. Un bon suivi à Trinité et Tobago devrait :

rappeler un détail de la conversation (projet, sujet culturel, défi évoqué) ;

exprimer une vraie gratitude pour le temps accordé ;

– éventuellement partager une ressource utile liée à son besoin (article, contact, piste d’événement) ;

proposer un prochain pas simple : un café, un appel court, une invitation à un événement où vous irez.

Cette approche fonctionne particulièrement bien dans un environnement où l’on privilégie la relation à la transaction. Vous montrez que vous n’êtes pas là seulement pour « obtenir », mais aussi pour donner.

Entretenir la relation sur le long terme

Rester dans le paysage de ses contacts sans devenir intrusif est un art. Quelques gestes simples, répétées dans le temps, suffisent :

commenter de manière pertinente leurs publications LinkedIn ou Facebook ;

– les féliciter lorsqu’ils annoncent une promotion, un prix, un nouvel événement ;

– partager ponctuellement une information que vous savez utile pour eux (subvention, appel à projets, évolution réglementaire) ;

– proposer de les mettre en relation avec une personne de votre propre réseau.

Ce type de gestes, répartis sur plusieurs mois, installe une relation faite de confiance et de réciprocité. Avec le temps, ce sont souvent vos contacts locaux qui penseront spontanément à vous lorsqu’une opportunité se présentera.

Naviguer les défis : sécurité, transports, rythme de vie et intégration

Développer un réseau ne se fait pas dans le vide. Les contraintes de la vie quotidienne, notamment la sécurité, les transports et l’infrastructure, ont un impact direct sur votre façon de vous déplacer et de participer aux événements.

Transport, circulation et choix des lieux de rencontre

Les embouteillages sont un problème sérieux pendant la journée, surtout autour de Port of Spain et des grands axes menant aux zones industrielles. Pour optimiser votre réseau :

Attention :

Privilégiez les rencontres près de votre lieu de travail ou de logement aux heures de pointe. Anticipez largement vos temps de trajet pour les événements importants (conférences, rendez-vous). Pour vos transports, utilisez les taxis privés, les VTC ou la location de voiture, en gardant à l’esprit que la conduite se fait à gauche et que la circulation, dense et stressante, peut être difficile pour un nouveau venu.

À Tobago et dans certaines villes de taille moyenne, les contraintes sont moindres, mais le manque de transports publics fiables reste un facteur à considérer pour fixer les lieux et horaires des rencontres.

Santé, bien‑être et continuité

La présence d’infrastructures de santé publiques et privées, ainsi qu’un accès large aux médicaments, rassure. Toutefois, les expatriés s’appuient fréquemment sur l’assurance santé privée. Prendre soin de sa santé dans un environnement tropical (chaleur, maladies vectorielles, etc.) est un prérequis pour pouvoir bénéficier pleinement des événements de networking, souvent fatigants et nombreux.

Bon à savoir :

Des coupures d’électricité ou d’eau peuvent survenir et perturber vos réunions, virtuelles ou physiques. Il est conseillé de prévoir des solutions de secours comme des batteries externes, une connexion mobile 4G, et un plan B pour changer de lieu rapidement.

Intégration sociale : entre cercles locaux et communautés d’expats

La vie sociale à Trinité et Tobago est très orientée famille. S’intégrer profondément dans les cercles familiaux locaux prend du temps. De nombreux expatriés, du coup, se construisent un double réseau : un cercle d’expats (par clubs, écoles internationales, groupes Facebook) et un cercle professionnel local.

Pour diversifier vos contacts, les écoles internationales (International School of Port of Spain, Maple Leaf International School, The British Academy, etc.) sont souvent des lieux de rencontre indirects, via les parents d’élèves, pour ceux qui viennent en famille. Les événements communautaires, le bénévolat (associations de quartier, ONG, événements caritatifs) peuvent aussi vous donner accès à des réseaux hors du monde strictement corporatif.

Mettre tout cela en musique : une stratégie de réseau en quatre temps

En combinant tous ces éléments, un expatrié à Trinité et Tobago peut structurer son développement de réseau en plusieurs phases complémentaires.

1. Stabiliser sa base

Les premières semaines servent à :

finaliser les aspects administratifs (permis de travail, logement, moyens de transport, téléphone local) ;

adapter ses profils numériques en indiquant clairement sa présence à Trinité et Tobago ;

cartographier les chambres de commerce, associations et espaces de coworking pertinents selon son secteur.

Cette phase est surtout logistique, mais c’est aussi le moment de rejoindre quelques groupes en ligne (expats, nomades digitaux, communautés professionnelles) pour sentir l’ambiance.

2. Entrer sur la scène locale

Ensuite, il s’agit de : l’analyse des résultats.

participer à ses premiers événements de chambres de commerce et d’associations sectorielles ;

fréquenter régulièrement un ou deux coworking et quelques cafés de travail ;

accepter les invitations à des limes, afterworks, soirées d’expats.

Bon à savoir :

L’objectif n’est pas de multiplier les contacts, mais d’être reconnu par un petit nombre de personnes que vous rencontrez à plusieurs reprises. Cette stratégie s’appuie sur l’effet d’exposition : plus vous êtes vu, plus vous devenez familier et mémorable.

3. Structurer et élargir

Une fois quelques repères pris, la troisième étape consiste à :

identifier un ou deux mentors ou « parrains » locaux potentiels ;

demander un accompagnement plus structuré, avec des objectifs clairs (intégration dans un secteur, mise en relation avec des décideurs, compréhension d’un marché spécifique) ;

– tirer parti de leurs introductions pour pénétrer des cercles plus fermés (comités de chambre, groupes WhatsApp sectoriels, réseaux personnels).

C’est aussi le moment de vous engager plus fortement dans une ou deux associations, par exemple en rejoignant un comité ou en proposant une intervention sur un sujet où vous avez une expertise internationale.

4. Consolider et transmettre

Au bout d’un certain temps, votre réseau devient suffisamment dense pour que vous puissiez, à votre tour, aider de nouveaux arrivants ou des jeunes professionnels locaux. C’est la phase où :

vous recommandez des contacts à vos propres interlocuteurs ;

vous participez à des programmes de mentoring ou de formation ;

vous consolidez votre ancrage local en devenant un point de référence dans votre spécialité.

Ce mouvement de réciprocité renforce votre positionnement sur le long terme et aligne votre démarche sur la culture trinidadienne de solidarité communautaire.

Développer un réseau professionnel à Trinité et Tobago ne consiste pas seulement à accumuler des contacts sur LinkedIn ou à collectionner des cartes de visite à la sortie des conférences. C’est un travail patient d’intégration dans un tissu social et économique où l’humain prime sur le reste, où l’on préfère un partenaire fiable à un inconnu brillant, et où un « lime » bien mené peut parfois ouvrir plus de portes qu’une présentation PowerPoint parfaite.

En comprenant les codes locaux, en utilisant intelligemment les structures formelles (chambres, associations, coworkings), en capitalisant sur le numérique et en cultivant quelques relations profondes – notamment via le mentoring – un expatrié peut non seulement réussir sa carrière à Trinité et Tobago, mais aussi y bâtir un réseau durable, utile bien au‑delà de son séjour.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Grèce, Chypre, Maurice, Trinité‑et‑Tobago), la stratégie retenue a consisté à cibler Trinité‑et‑Tobago pour son régime fiscal favorable aux non‑résidents, son absence d’impôt sur la fortune, sa fiscalité attractive sur certains revenus de capitaux mobiliers et un coût de vie inférieur aux grandes métropoles françaises, tout en offrant un environnement anglophone et caribéen dynamique. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence avec location ou achat de résidence principale, détachement CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques…), mise en relation avec un réseau local (avocat, immigration, accompagnement bilingue) et intégration patrimoniale. Ce type d’accompagnement permet au futur retraité de réaliser des économies fiscales significatives tout en maîtrisant les risques de double imposition et de contrôles fiscaux français.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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