Les démarches administratives pour s’installer et vivre à Trinité-et-Tobago

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer à Trinité et Tobago, ce n’est pas seulement changer de décor pour profiter des plages, des forêts tropicales et d’un climat chaud toute l’année. C’est aussi entrer dans un système administratif relativement structuré, avec ses règles en matière de visa, de séjour, de travail, de santé, de fiscalité, de douanes et même d’importation de véhicule. Comprendre ce cadre avant d’embarquer évite bien des mauvaises surprises au moment de franchir la frontière ou de lancer une nouvelle vie sur place.

Bon à savoir :

Cet article fournit un guide complet et pratique des principales procédures administratives officielles à anticiper pour s’installer et vivre à Trinité-et-Tobago, en se basant sur les règlements en vigueur et les pratiques courantes.

Préparer son arrivée : visas, entrée sur le territoire et prolongation de séjour

Avant toute installation, il faut vérifier si un visa est nécessaire. Le régime d’entrée varie selon la nationalité, le motif du séjour et la durée envisagée.

Trinité et Tobago tient à jour une liste des nationalités soumises ou non à visa. Les ressortissants du Royaume‑Uni et de tous les États membres de l’Union européenne sont dispensés de visa pour les séjours de visite. La plupart des citoyens de la CARICOM (Communauté caribéenne) sont également exemptés, à l’exception des Haïtiens, qui ne bénéficient de l’exemption que pour certains passeports spéciaux (diplomatiques, officiels ou de service). Pour d’autres pays du Commonwealth, l’exemption n’est pas systématique, des États comme l’Australie, la Nouvelle‑Zélande, l’Afrique du Sud ou le Sri Lanka étant explicitement exclus.

Astuce :

Les ressortissants soumis à l’obligation de visa doivent déposer leur demande via un poste consulaire de Trinité-et-Tobago ou, à défaut, une représentation habilitée (comme certains consulats généraux à l’étranger). La procédure privilégiée et entièrement dématérialisée passe par le portail e‑Visa, géré par le ministère de la sécurité intérieure. Elle comprend un formulaire en ligne, l’envoi de pièces justificatives numérisées et un paiement électronique.

Le visa délivré est en principe un visa de visite (tourisme, affaires, visite familiale), qui doit convaincre l’officier consulaire du caractère temporaire du séjour. Le type de visa couramment mentionné est le visa à entrées multiples, facturé 400 dollars de Trinité et Tobago dans le système en ligne. Dans certains pays, le paiement peut se faire en devise locale par mandat (par exemple 76 dollars canadiens pour une demande déposée au Canada).

Attention :

Le demandeur doit présenter un passeport valide au moins 6 mois après l’arrivée, une photo numérique, et des documents justificatifs (itinéraire, invitation, finances, logement). Les documents non-anglais nécessitent une traduction officielle. Le dépôt du dossier est recommandé au moins 10 jours ouvrables avant le départ, et jusqu’à 4 semaines pour certaines nationalités (ex. : Chine, Cuba, Corée du Nord, Vietnam).

Même muni d’un visa approuvé, le voyageur n’a jamais une garantie d’entrée automatique. L’admission relève de la décision finale de l’agent d’immigration au point d’entrée. Il est vivement conseillé de vérifier que le passeport est bien tamponné à l’arrivée : l’absence de cachet peut compliquer, plus tard, toute demande de prolongation de séjour.

En cas de besoin de temps supplémentaire, la prolongation doit être demandée en personne à l’Immigration Division, sur Richmond Street à Port of Spain. L’administration exige de justifier des ressources suffisantes, du motif du séjour prolongé et du respect des conditions antérieures de visite.

Les passagers arrivant avec des sommes importantes doivent savoir qu’il n’existe pas de plafond au montant de devises importées, mais qu’un seuil de déclaration est fixé : au‑delà de 20 000 dollars TT en espèces, il faut déclarer les fonds à l’arrivée sous peine de sanctions sévères.

Vers une installation durable : résidence, permis de travail et nationalité

S’installer à moyen ou long terme à Trinité et Tobago suppose d’entrer dans un cadre plus structuré que la simple visite. Le pays distingue nettement le statut de visiteur, le séjour avec permis de travail, la résidence permanente et, à plus long terme, la citoyenneté.

La résidence est définie comme le droit de vivre et de travailler dans le pays pour une période déterminée, éventuellement sans limite de durée. Le cadre juridique de référence est l’Immigration Act, dont la section 6 précise les catégories de personnes pouvant obtenir le statut de résident et les classes dites « prohibées », exclues en raison de casier judiciaire, de risques sanitaires ou de motifs d’ordre public.

L’une des principales voies vers la résidence permanente passe par la durée de séjour. Un étranger qui a résidé de façon continue pendant cinq ans peut solliciter le statut de résident, à condition d’avoir toujours été un « permitted entrant », de présenter des qualifications, compétences ou moyens financiers suffisants et de ne pas relever d’une catégorie interdite. Le critère de résidence continue ne signifie pas immobilité : il s’agit surtout de conserver un domicile permanent dans le pays, les allers‑retours à l’étranger restant possibles s’ils restent compatibles avec ce centre de vie.

Une autre porte d’entrée est la réunification familiale. La loi permet à un citoyen ou à un résident de parrainer des parents ou grands‑parents. Le même principe existe pour les conjoints : le mariage avec un citoyen ou un résident ouvre la possibilité d’une demande de résidence, sous réserve de démontrer la réalité de la relation et l’absence de motifs d’exclusion.

Bon à savoir :

L’Immigration Act prévoit le « Minister’s Permit », une autorisation discrétionnaire accordée par le ministre de la Sécurité nationale. Ce permis est délivré pour une durée et un objectif spécifiques (comme un contrat de travail, une mission ou un projet particulier). Il ne confère pas le statut de résident permanent, mais offre un cadre juridique pour un séjour prolongé.

Dans tous les cas, la procédure de résidence obéit à une trame commune. Le demandeur doit remplir le formulaire officiel (Form 17A, et pour certains cas le formulaire P & 1‑6), joindre une lettre de motivation adressée au ministre, retracer son parcours résidentiel et professionnel, expliquer ses liens avec le pays et ses projets. S’ajoutent les actes d’état civil, les justificatifs de ressources, un certificat de bonne conduite émis par chaque pays de résidence des cinq dernières années, et, le cas échéant, des documents de mariage ou de divorce.

Les frais de traitement sont non remboursables et varient selon l’origine : pour un national de la CARICOM, les frais à régler après approbation se situent autour de 400 dollars (environ 64 USD), tandis que pour un non‑CARICOM, ils s’élèvent autour de 1 000 dollars TT (environ 160 USD). L’examen peut prendre plusieurs mois, même si certains textes évoquent des délais administratifs de 4 à 6 semaines pour les étapes internes.

La résidence permanente n’est pas indéfectible. Un résident qui s’installe volontairement hors de Trinité et Tobago pendant une période continue d’un an perd en principe son statut, sauf s’il a obtenu au préalable un certificat d’exemption du ministre. Malgré cela, il n’existe pas à ce jour de véritable « résidence par investissement » : les politiques restent classiques, centrées sur l’emploi, la famille, ou certains cas particuliers.

Bon à savoir :

La citoyenneté confère des droits étendus comme le vote et le passeport, et se transmet automatiquement aux enfants. Elle peut être obtenue par naissance sur le territoire, par filiation avec un parent né dans le pays, ou via des procédures de « registration » et de naturalisation. Ces dernières s’adressent aux résidents de longue durée, conjoints de nationaux, ressortissants du Commonwealth après plusieurs années de résidence, ou enfants adoptés. Les conditions incluent une bonne moralité, une connaissance suffisante de l’anglais et l’intention de s’établir durablement dans le pays.

Le travail des étrangers : permis, procédures et marge de manœuvre

Travailler à Trinité et Tobago sans être citoyen ou résident permanent impose quasiment toujours un permis de travail, géré par le Work Permit Secretariat (WPS) du ministère de la Sécurité nationale. L’Immigration Act stipule qu’un non‑citoyen qui souhaite exercer une activité, rémunérée ou non (y compris missionnaire), doit obtenir ce document, sauf exceptions bien précises.

Une première exception concerne les séjours professionnels de très courte durée. Une personne venant pour une mission ponctuelle, par exemple assister à un conseil d’administration ou à une réunion d’affaires, peut être autorisée à travailler jusqu’à trente jours consécutifs sur une période de douze mois sans permis, à condition que l’objet ne dépasse pas ce cadre. Une autre exemption vise les détenteurs du certificat de « CARICOM Skilled National », qui leur permet de circuler et de travailler au sein de la région sans permis, une fois leur qualification reconnue par le ministère des Affaires étrangères.

Pour la grande majorité des salariés étrangers, l’employeur basé à Trinité et Tobago doit initier une demande de permis. Le processus se fait désormais en ligne via la plateforme TTBizLink. L’entreprise ou l’avocat chargé du dossier doit au préalable disposer d’un compte « organisation » validé et d’un identifiant ttconnect, puis remplir le formulaire, le faire signer par les deux parties (employeur et futur employé), le scanner et le téléverser avec toutes les pièces nécessaires.

Exemple :

Pour une demande de permis de travail, le candidat doit fournir son passeport, un CV détaillé, ses diplômes, un casier judiciaire des cinq dernières années, des lettres de recommandation (dont une de l’ancien employeur), un contrat de travail, et parfois un plan d’affaires s’il est indépendant. L’employeur doit quant à lui joindre des documents de société (certificat d’incorporation, registres fiscaux) et une preuve de recherche de main-d’œuvre locale, comme des annonces publiées dans la presse nationale, afin de démontrer que le poste n’a pu être pourvu par un citoyen ou un résident qualifié.

Lorsque la durée demandée dépasse un an, la législation prévoit en principe un examen médical à effectuer sur place et la constitution d’une caution financière, dont le montant dépend du pays d’origine du salarié. La procédure commence souvent plusieurs mois avant la date d’arrivée, car l’instruction complète peut prendre de quatre semaines à plusieurs mois, selon le volume de dossiers et la complexité du cas. Il est recommandé d’anticiper au moins trois mois à l’avance.

D’un point de vue pratique, une fois le permis accordé, l’intéressé doit encore obtenir, le cas échéant, un visa d’entrée et se présenter à l’Immigration Division pour faire apposer un visa à entrées multiples dans son passeport. Le permis lui‑même est lié au poste et à l’employeur : un changement de fonction ou d’entreprise exige une procédure de modification ou une nouvelle demande. Travailler sans permis valide expose l’employé à une expulsion immédiate, et l’employeur à des amendes et à la prise en charge des frais de rapatriement.

Pour les entreprises qui souhaitent recourir à des compétences étrangères sans créer tout de suite une filiale locale, certains recourent à des sociétés de type Employer of Record (EOR) ou PEO. Ces intermédiaires se chargent de la paie, de l’immigration et du respect du droit du travail, en apparaissant comme employeur officiel auprès des autorités.

S’installer au quotidien : logement, comptes bancaires et assurance santé

Une fois le cadre légal d’entrée posé, vivre à Trinité et Tobago implique de s’organiser concrètement : trouver un logement, ouvrir un compte bancaire, comprendre le système de santé et les protections sociales.

Le marché locatif est relativement actif, avec des centaines d’annonces ciblant aussi bien les nationaux que les expatriés. Des portails spécialisés recensent plusieurs centaines de biens à la location, de l’appartement modeste à la villa haut de gamme. Des agences comme Tucker Real Estate, De Silva Realty, Trinity Property Solutions ou The Land Lady Real Estate Services opèrent dans différents quartiers, ainsi que des plateformes orientées expatriés qui listent des appartements, des maisons ou des bureaux de coworking.

Les loyers varient fortement selon la localisation, la superficie, le niveau de standing et l’inclusion ou non des charges. Un studio modeste ou un petit T1 peut se trouver à partir d’environ 2 500 dollars TT par mois dans certaines zones comme Aranguez ou dans la périphérie de Chaguanas, tandis que des appartements de standing à Port of Spain, notamment dans des résidences prisées comme One Woodbrook Place ou les tours en bord de mer, peuvent atteindre plusieurs milliers de dollars américains par mois. À titre indicatif, un éventail courant de loyers mensuels se situe entre 1 500 et 6 000 dollars TT pour des logements simples, avec des biens d’exception pouvant grimper jusqu’à 40 000 dollars TT.

Les propriétaires et agences demandent en général le premier et le dernier mois de loyer à la signature, parfois assortis d’un dépôt de garantie séparé. Ils exigent aussi une pièce d’identité, un justificatif d’emploi ou de revenus (lettre d’employeur, fiches de paie récentes), et n’hésitent pas à privilégier les locataires dont le nombre d’occupants reste limité. Lire attentivement le bail, notamment en ce qui concerne la durée, la résiliation, la prise en charge des charges (eau, électricité, internet) et les règles de copropriété, évite de se retrouver en situation de rupture de contrat.

Le marché des locations saisonnières

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Confort et équipements

Un grand nombre de locations sont équipées d’une piscine, et une proportion croissante accepte les animaux de compagnie.

Pour les nomades digitaux

Certaines annonces mettent en avant le wifi haut débit et un espace de travail dédié, avec des offres de séjour au mois.

Ouvrir un compte bancaire : pièces à fournir et exigences particulières

Disposer d’un compte en banque local simplifie le paiement des loyers, des factures et la perception d’un salaire local. Les grandes banques commerciales – RBC Royal Bank, Republic Bank, First Citizens, Scotia Bank, JMMB Bank, CIBC Caribbean, Citibank – appliquent des procédures assez proches, calquées sur les standards internationaux de lutte contre le blanchiment et la fraude.

Trois grandes catégories de pièces sont systématiquement demandées : une pièce d’identité avec photo (passeport, carte nationale ou permis de conduire), un justificatif de domicile récent (généralement une facture d’eau, d’électricité, d’internet ou un relevé bancaire de moins de trois à six mois), et une preuve de revenus ou d’origine des fonds. Pour un salarié, il peut s’agir d’une lettre de l’employeur et de bulletins de salaire récents ; pour un indépendant, de relevés de compte, de contrats, d’un certificat d’enregistrement d’activité ou de comptes financiers.

Un dépôt minimum à l’ouverture est exigé, variable selon l’établissement et le type de compte. Pour un compte d’épargne personnel, certains acteurs affichent un minimum relativement faible – de l’ordre de 250 dollars TT dans une banque comme JMMB –, tandis que d’autres exigent au moins 500 dollars TT. Des comptes premium requièrent des dépôts beaucoup plus élevés, par exemple 50 000 dollars TT ou 10 000 dollars US pour certaines offres de chèque haut de gamme.

Attention :

Les étrangers doivent fournir divers documents supplémentaires pour ouvrir un compte bancaire, tels qu’une lettre de référence bancaire, un relevé récent, une preuve de statut fiscal, un permis de travail valide et parfois une lettre de l’employeur local. Les exigences peuvent varier selon le profil : les non-résidents peuvent devoir fournir deux lettres de référence et une preuve de provenance des fonds, les étudiants une attestation d’inscription, et les personnes sans revenus formels une lettre de leur financeur avec les justificatifs de ce dernier.

Lorsqu’une facture de services publics n’est pas au nom du demandeur, des solutions existent : lettre d’autorisation du titulaire de la facture, copie de sa pièce d’identité, contrat de location avec quittances récentes, ou, dans le cas d’un couple marié, production du certificat de mariage pour justifier l’adresse. Plusieurs réseaux permettent aussi d’initier l’ouverture de compte en ligne – par exemple via le service « Republic Onboard » – avant de finaliser l’identification et le dépôt initial en agence.

Dans tous les cas, une visite en personne reste très souvent obligatoire pour vérifier l’identité, voir les originaux et compléter la relation client. Les banques se réservent le droit de refuser une ouverture si les informations ne sont pas suffisantes ou si la situation du client ne respecte pas leurs politiques internes.

Santé et couverture médicale : comprendre le système binaire

La santé est un volet essentiel de l’installation, d’autant que Trinité et Tobago présente à la fois des risques sanitaires tropicaux (dengue, Zika, maladies d’origine alimentaire ou hydrique) et un système hospitalier contrasté. Le pays repose sur un modèle à deux étages : un secteur public majoritaire et un secteur privé plus limité mais mieux doté.

Bon à savoir :

Le système public de santé, financé par l’impôt et géré par le ministère de la Santé via cinq autorités régionales, garantit théoriquement la gratuité des soins de base pour tous (nationaux, expatriés, touristes) dans les hôpitaux généraux et centres de santé. Cependant, dans la pratique, les patients peuvent rencontrer des temps d’attente longs, des pénuries d’équipements ou de médicaments, et une qualité de soin variable, particulièrement en dehors des grands centres urbains.

Pour les non‑nationaux, il existe en outre des limites claires : si la consultation peut être gratuite ou peu coûteuse, de nombreux traitements ne le sont pas. Les médicaments sur ordonnance, la prise en charge de maladies chroniques (diabète, hypertension, asthme, épilepsie), la cancérologie ou les traitements du VIH/SIDA sont généralement à la charge du patient étranger dans le public. Les services dentaires sont très restreints : en pratique, seules les extractions ou les urgences sont couramment disponibles, tandis que les soins conservateurs restent peu accessibles.

Le secteur privé, quant à lui, se concentre dans quelques cliniques et hôpitaux mieux équipés, avec des délais plus courts et une offre plus confortable pour les classes moyennes et les expatriés. Il fonctionne presque exclusivement sur un système de paiement direct : consultation et examens doivent être réglés avant ou immédiatement après l’acte, d’où l’importance d’une assurance santé internationale ou locale couvrant les soins privés et, idéalement, l’évacuation médicale vers des pays disposant de plateaux techniques plus complets.

Pour accéder à un centre de santé public, tout résident ou étranger doit au minimum présenter une pièce d’identité (passeport, permis ou document d’asile) et un justificatif de domicile (facture ou lettre de logement signée par un propriétaire). Certaines prestations, comme le suivi de grossesse, nécessitent un courrier d’orientation ou la preuve de la grossesse. Les enfants de moins de 16 ans doivent être accompagnés d’un adulte. Le numéro d’urgence pour l’ambulance publique est le 811, mais la disponibilité reste limitée ; les expatriés sont donc souvent encouragés à souscrire à une couverture incluant le transport médical et l’évacuation.

Dans ce contexte, de nombreuses organisations internationales recommandent de souscrire une assurance santé internationale dès l’installation, couvrant les soins privés, la médecine de spécialité, l’hospitalisation lourde et le rapatriement. Des assureurs comme Cigna Global, Allianz ou d’autres acteurs présents sur le segment expatrié conçoivent des formules adaptées, parfois distribuées par des courtiers internationaux.

Importer ses biens, un véhicule et passer la douane sans faux pas

Tout projet d’installation implique tôt ou tard de faire venir des effets personnels, voire une voiture. Trinité et Tobago applique des règles douanières relativement strictes, avec des procédures détaillées pour l’importation de biens ménagers, de véhicules et de colis (comme les fameux « barrels » envoyés par la diaspora).

L’autorité compétente pour les importations est la Customs and Excise Division du ministère des Finances. Pour des marchandises commerciales, le recours à un transitaire‑déclarant est obligatoire. Pour des biens personnels, notamment en provenance d’un déménagement, l’usager peut s’appuyer sur un déménageur international affilié à des réseaux professionnels, ou gérer lui‑même une partie des démarches, ce qui reste lourd.

Pour importer un déménagement, il faut un passeport en cours de validité, un permis de travail si l’on est non‑résident, un inventaire détaillé en anglais, le connaissement original ou un document d’express release, un numéro fiscal, un numéro d’importateur (à obtenir avant l’arrivée de la cargaison) et plusieurs pièces justificatives de résidence (bail ou facture). Tous les envois de ce type sont inspectés physiquement dans une zone d’examen dédiée au port, en présence obligatoire du propriétaire. Les biens usagés détenus depuis au moins un an peuvent, dans certains cas, être exonérés de droits et taxes, pourvu que le propriétaire prouve l’ancienneté de possession par des reçus ou documents similaires.

250000

Valeur en dollars TT des biens domestiques pouvant bénéficier d’un abattement total de droits et taxes pour les nationaux rentrant après au moins cinq ans à l’étranger.

Parallèlement, certaines importations requièrent systématiquement une licence spécifique du ministère du Commerce et de l’Industrie, via le Trade Licence Unit (TLU). C’est le cas pour les réfrigérateurs, congélateurs, climatiseurs ou véhicules. Avant tout achat et expédition, il est recommandé de consulter la liste des produits soumis à licence (Import Negative List) accessible sur la plateforme TTBizLink. Ne pas le faire risque de bloquer la cargaison au port, avec des frais d’entreposage et des démarches supplémentaires.

Bon à savoir :

Un particulier souhaitant importer un véhicule pour son usage personnel doit créer un compte sur TTBizLink et y déposer une demande de licence d’importation en ligne, en fournissant une copie de son permis de conduire, de son passeport ou de sa carte d’identité, ainsi qu’une déclaration spécifique pour les véhicules d’occasion à conduite à droite. Il est responsable de la commande, du paiement et de l’acheminement du véhicule jusqu’au port. Il n’a droit qu’à l’importation d’un seul véhicule sur une période de trois à quatre ans et ne peut pas le revendre avant l’expiration de ce délai, sauf autorisation exceptionnelle du ministère.

La voiture doit respecter des conditions d’âge : essence, diesel, hybrides ou électriques ne doivent pas avoir plus de trois ans depuis leur année de fabrication au moment de l’importation. Pour les motorisations au gaz naturel comprimé (CNG), le kit moteur doit provenir du fabricant d’origine (OEM). Le véhicule doit aussi être équipé d’un fluide frigorigène « ozone‑friendly » pour la climatisation. Avant d’être immatriculé, il passe une inspection de sécurité menée sous l’autorité du Transport Commissioner, et, pour les véhicules de cinq ans et plus, une inspection préalable spécifique par le ministère des Transports.

2000-2500

Les honoraires d’un courtier en douane pour l’immatriculation d’un véhicule à Trinité-et-Tobago s’élèvent souvent entre 2 000 et 2 500 dollars TT.

Pour les biens de consommation courante apportés par les voyageurs, un régime plus simple de franchises existe. Une personne de 17 ans ou plus peut entrer avec 1,5 litre de spiritueux ou de vin, et une quantité limitée de tabac (250 grammes, ou 200 cigarettes, ou 50 cigares). Elle bénéficie aussi d’une franchise de 3 000 dollars TT sur la valeur totale des biens pour usage personnel ou comme cadeaux, utilisable une fois par an. En outre, des cadeaux jusqu’à 200 dollars US sont exempts de droits, dans une limite de 1 200 dollars TT. Au‑delà, ou pour des produits spécifiques, des droits et taxes peuvent s’appliquer.

Le pays interdit strictement l’importation de drogues, d’armes et munitions non déclarées, de pornographie, de produits contrefaits, de miel, de certains équipements de communication (CB radios, talkies‑walkies), ou encore de vêtements ou tissus camouflage sans autorisation du ministère de la Sécurité nationale. Même un seul projectile, une douille usagée ou une cartouche montée en bijou expose à des poursuites. Les denrées et les matières premières agricoles peuvent nécessiter des certificats sanitaires. Les animaux de compagnie, en particulier, ne peuvent entrer qu’avec un permis, un certificat sanitaire et une mise en quarantaine pouvant aller jusqu’à six mois, sauf provenance de quelques territoires spécifiquement listés.

S’intégrer au cadre socio‑économique : assurance nationale, impôts et travail formel

Vivre durablement à Trinité et Tobago implique enfin d’entrer dans les systèmes de protection sociale et de fiscalité. Le pays fonctionne avec un régime d’assurance nationale obligatoire, géré par la National Insurance Board (NIBTT), et un système d’impôts contrôlé par le Board of Inland Revenue (BIR).

La législation de référence pour la sécurité sociale est le National Insurance Act. Celui‑ci institue un régime par répartition qui couvre les prestations de retraite, de maternité, de maladie et d’accidents du travail. Toute personne employée gagnant au moins 180 dollars TT par semaine doit être immatriculée, tout comme son employeur. Cette obligation couvre aussi bien les salariés temporaires que les apprentis, les personnes payées à la commission, les travailleurs étrangers sous contrat local ou les conjoints mariés travaillant pour leur époux.

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Délai en jours dont dispose l’employeur pour enregistrer un nouveau salarié et lui obtenir un numéro d’assuré.

Les cotisations sont calculées en fonction de classes de revenus hebdomadaires, indexées sur un salaire moyen supposé, avec un taux global de 12 % depuis 2014, partagé environ deux tiers pour l’employeur et un tiers pour le salarié. Au‑dessus d’un plafond (12 000 dollars TT de revenu mensuel pour la base de calcul), aucun supplément de cotisation n’est dû. Des règles particulières prévoient que pour les personnes de moins de 16 ans, de plus de 65 ans, ou entre 60 et 65 ans déjà pensionnées, la totalité de la contribution pour accidents du travail est à la charge de l’employeur. Les employeurs doivent conserver les bulletins de paie, les montants de cotisations et tous les registres liés pendant au moins sept ans.

Bon à savoir :

L’impôt sur le revenu est prélevé à la source (système PAYE). Le taux est de 25 % jusqu’à 1 000 000 $TT de revenu imposable annuel, puis de 30 % au-delà. Un abattement personnel d’environ 90 000 $TT est appliqué, et des déductions supplémentaires sont possibles (retraite, santé, éducation, dons, pensions alimentaires). Le salarié doit fournir un formulaire TD1 à son employeur.

Les entreprises individuelles, artisans et indépendants doivent s’immatriculer auprès de l’Inland Revenue Division pour obtenir un numéro fiscal (BIR Number) et, le cas échéant, un numéro de TVA si leur chiffre d’affaires dépasse un certain seuil. Ils sont redevables, selon les cas, de l’impôt sur le revenu, de la Business Levy (prélèvement de 0,6 % sur le chiffre d’affaires par trimestre) et, pour les sociétés et partenariats, de la Green Fund Levy (0,3 % du chiffre d’affaires). Des pénalités de 20 % par an frappent les retards de paiement. La TVA, quant à elle, est prélevée au taux de 12,5 % sur une large gamme de biens et services, à l’exclusion de certains produits de base et domaines particuliers.

Bon à savoir :

Un prélèvement complémentaire, le Health Surcharge, finance une partie du système de santé. Il est déduit par l’employeur pour les salariés (ex: 8,25 $ TT/semaine au-delà d’un certain revenu) et payé trimestriellement par les travailleurs indépendants. Sont exemptées : les personnes de moins de 16 ans, de plus de 60 ans et celles dont le seul revenu est une pension.

Pour un expatrié embauché localement, tout cela signifie qu’il sera très probablement inscrit d’office au régime de sécurité sociale, verra ses cotisations et impôts prélevés sur son salaire, et devra produire chaque année une déclaration de revenus, même si un ajustement final est faible. Pour un indépendant, l’effort administratif est plus important : tenue de livres comptables, déclarations trimestrielles et annuelles, et, le cas échéant, inscription à la TVA.

Un environnement à la fois attractif et exigeant

Vivre à Trinité et Tobago présente des atouts évidents : climat agréable, forte utilisation de l’anglais (près de 88 % de la population), revenu par habitant relativement élevé pour la région, infrastructures correctes et connexion internet rapide. Le coût de la vie, globalement, se situe proche de la moyenne mondiale, avec un indice autour de 52,6, et des loyers nettement plus bas que ceux pratiqués aux États‑Unis. Une personne seule doit prévoir un budget mensuel d’un peu plus de 10 000 dollars TT hors loyer, tandis qu’une famille de quatre se situe dans la zone des 24 000 dollars TT par mois, ce qui reste en deçà du coût observé dans de nombreuses grandes villes nord‑américaines.

Attention :

Le pays présente des défis significatifs : un environnement sécuritaire à haut risque (vols, agressions, criminalité des gangs, notamment à Port of Spain) ; un système de santé public sous pression ; une administration parfois lente (douanes, permis de travail) ; et un coût de la vie élevé, affecté par le tourisme et le prix des biens importés.

Dans ce contexte, la clé d’une installation réussie réside dans l’anticipation. Comprendre les règles de visa et de séjour, préparer ses documents pour la résidence ou le permis de travail, négocier un bail en connaissance des pratiques, ouvrir un compte bancaire avec les preuves adéquates, s’assurer contre les aléas de santé et maîtriser les formalités douanières permet de transformer ce qui pourrait être un parcours d’obstacles en une transition maîtrisée vers une nouvelle vie dans l’archipel.

Exemples indicatifs de coûts et de démarches (tableaux récapitulatifs)

Pour illustrer la combinaison entre cadre administratif et coût de la vie, quelques données peuvent aider à se projeter.

Budget mensuel moyen

ProfilCoût mensuel estimé (hors loyer)Coût total moyen (avec loyer)Source et contexte approximatif
Personne seule~632 à 680 USD~1 129 USDEstimations agrégées 2025
Famille (3 à 4 personnes)~1 886 USD~2 731 USDDonnées de coût de la vie
Salaire net moyen local~953 USD / moisCouvre environ 0,8 mois de vieSalaire moyen après impôt

Loyer mensuel type

Type de logementLoyer moyen mensuel (TTD)Commentaire
Studio 45 m² meublé, quartier « normal »~2 900–3 000Périphérie ou petite ville
1 chambre centre‑ville~3 800–3 900Port of Spain, Arima, San Fernando, etc.
3 chambres centre‑ville~7 000–7 200Appartements familiaux
3 chambres hors centre~5 000–5 100Quartiers périphériques

Principaux frais à l’arrivée (hors billet d’avion)

Poste de dépenseOrdre de grandeurRemarques
Visa de visite multi‑entrées400 TTDPaiement en ligne, non remboursable
Permis de travail (frais indicatifs)~1 000–2 000 TTDVarie selon durée et catégorie
Immatriculation véhicule (hors droits)~300–400 TTDInclut frais d’enregistrement, pont‑bascule, inspection
Courtier en douane (véhicule)~2 000–2 500 TTDPour l’ensemble des formalités portuaires

Documents clés à anticiper

DomaineDocuments à préparer en amont
Visa / séjourPasseport, photo numérique, itinéraire, preuves financières
RésidenceCasier judiciaire (5 dernières années), actes d’état civil
TravailDiplômes, CV, lettres de référence, contrat de travail
BanqueJustificatif de domicile, lettre d’employeur, relevés
Douanes / déménagementInventaire détaillé, preuves d’achat, bail ou facture locale

En abordant Trinité et Tobago avec ces éléments en tête, il devient plus simple de naviguer entre les services de l’Immigration Division, du ministère de la Sécurité nationale, du Bureau des douanes, des banques et des autorités de santé. L’archipel reste une destination attractive pour qui accepte de composer avec un environnement administratif dense, mais globalement lisible une fois les principales règles décryptées.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, disposant d’un patrimoine financier de plus d’un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale vers Trinité-et-Tobago pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en gardant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour un accompagnement complet (conseil fiscal international, formalités locales, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Trinité-et-Tobago, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler Trinité-et-Tobago pour son régime fiscal favorable aux non-résidents, l’absence d’impôt sur la fortune, une fiscalité limitée sur certains revenus de source étrangère, ainsi qu’un coût de vie inférieur à celui de grandes métropoles européennes et un accès facilité à la zone Caraïbes/Amérique. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, conventions fiscales FR–TT), obtention du permis de résidence via investissement immobilier, couverture santé internationale, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours hors France, centre des intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local bilingue (avocat, immigration, banque privée) et intégration patrimoniale globale.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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