S’installer à Trinité et Tobago, c’est choisir un pays caribéen à la fois pétrolier, multiculturel, anglophone et ensoleillé toute l’année. Entre les gratte-ciel de Port of Spain, les villas en bord de mer de Westmoorings, les plages de Tobago et les soirées de « liming » entre amis, le cadre de vie séduit de plus en plus de professionnels, familles et nomades digitaux.
Une installation réussie nécessite de bien comprendre plusieurs aspects clés : le marché du travail, le coût de la vie, la sécurité, le système de santé, la fiscalité et les démarches pour obtenir un permis de travail. Ce guide fournit les repères essentiels pour préparer son projet en toute connaissance de cause.
Comprendre le pays avant de partir
Trinité et Tobago est une république parlementaire de 1,3 à 1,5 million d’habitants, composée de deux îles principales : Trinidad, la plus grande et la plus industrialisée, et Tobago, plus petite, plus tranquille et très tournée vers le tourisme balnéaire. La capitale, Port of Spain, se trouve sur Trinidad.
L’anglais est la langue officielle et de travail, même si l’anglais créole trinidadien et tobagonien domine dans la vie quotidienne. Cette facilité linguistique constitue l’un des grands atouts du pays pour les expatriés francophones déjà à l’aise en anglais.
Le pays est notoirement multiculturel, avec une majorité de descendants d’Africains et d’Indiens, ainsi que des communautés européennes, chinoises, libanaises, portugaises et autochtones. Cette diversité se manifeste dans les religions pratiquées (christianisme, hindouisme, islam, cultes afro-caribéens) et dans une culture riche où coexistent des expressions artistiques comme le calypso, la soca et le steelpan, ainsi que des célébrations telles que Divali, Eid, Noël et le célèbre Carnival.
Le climat est tropical, avec deux saisons marquées : une saison sèche (janvier à mai) et une saison des pluies (juin à décembre). Les températures restent stables entre environ 24 et 31°C, et la durée du jour varie peu car le pays est proche de l’équateur. Géographiquement, les îles se situent au sud de la ceinture principale des ouragans, ce qui limite, sans les exclure totalement, les impacts directs des cyclones par rapport à d’autres territoires caribéens.
Où habiter : villes, quartiers et atmosphères
L’un des premiers choix structurants pour un expatrié est le lieu de résidence. Trinidad offre plutôt un mode de vie urbain et professionnel, Tobago une ambiance balnéaire et plus détendue. À l’intérieur même de Trinidad, les quartiers fréquentés par les expatriés présentent des profils très contrastés.
Les grandes zones urbaines à connaître
Trinidad concentre la majorité de la population et de l’activité économique. Port of Spain est le cœur politique et financier, San Fernando un hub industriel du sud, Chaguanas un grand centre commercial du centre de l’île, Arima une ville de l’est proche de l’aéroport et des montagnes de la Northern Range. Scarborough est la capitale de Tobago.
Un aperçu synthétique permet déjà de se repérer :
| Ville / Région | Île | Profil général | Points saillants pour expatriés |
|---|---|---|---|
| Port of Spain | Trinidad | Capitale animée, centre d’affaires et culturel | Quartiers résidentiels prisés à proximité, nightlife |
| San Fernando | Trinidad | Pôle industriel du sud, relief vallonné | Bon compromis pour cadres de l’industrie |
| Chaguanas | Trinidad | Ville commerçante centrale | Accès facile aux malls, logements familiaux |
| Arima | Trinidad | Ville de l’est proche de l’aéroport et de la nature | Intéressante pour navetteurs et amoureux de randonnée |
| Scarborough | Tobago | Capitale de Tobago, ville moyenne | Grandes plages et vie insulaire plus calme |
Les quartiers prisés autour de Port of Spain
Autour de la capitale, plusieurs quartiers et banlieues reviennent systématiquement dans les recommandations pour expatriés, en particulier ceux offrant un bon niveau de sécurité, des écoles internationales et un accès pratique aux centres d’affaires.
On peut résumer leurs caractéristiques principales ainsi :
| Quartier / Zone | Profil & atouts clés |
|---|---|
| Westmoorings | Bord de mer très haut de gamme, villas avec piscine, West Mall, International School of Port of Spain |
| Goodwood Park | Lotissement fermé dominant la mer, grandes propriétés, proche du Yacht Club |
| Glencoe | Collines avec vues sur le Golfe de Paria, voisin de Westmoorings et Goodwood Park |
| Maraval / Moka | Vallée verdoyante au nord-ouest, golfs, maisons de standing, relativement proche de Maracas Bay |
| Cascade | Quartier chic en hauteur, proche du Queen’s Park Savannah et des jardins botaniques |
| St. Ann’s | Mélange résidentiel/commercial, près des « Magnificent Seven », du zoo et de Queen’s Hall |
| St. Clair / Federation Park | Secteurs très aisés, ambassades, grandes demeures, proximité immédiate du centre et de Queen’s Park |
| Woodbrook / St. James | Vie de quartier animée, bars, restaurants, forte vie nocturne, sur le trajet du Carnival |
| Diego Martin / Petit Valley | Mix urbain-suburbain, diversité de logements, accès par autoroute |
| Valsayn / Trincity | Banlieues de l’est avec gated communities, grands malls (Trincity Mall, Valpark) |
Westmoorings, Goodwood Park, Glencoe, Moka, St. Clair ou Federation Park sont souvent choisis par des diplomates, cadres supérieurs et familles recherchant un maximum de sécurité, de confort et de services (piscine privée, gardiennage, proximité d’écoles internationales). Woodbrook et St. James, eux, attirent plutôt les jeunes actifs cherchant une ambiance urbaine, des restaurants et une vie nocturne riche.
Vivre à Tobago : une autre ambiance
Tobago propose un rythme plus lent et un environnement plus préservé que Trinidad. Plusieurs secteurs sont appréciés des expatriés ou semi‑résidents :
| Zone de Tobago | Caractéristiques pour expatriés |
|---|---|
| Tobago Plantations | Domaine résidentiel haut de gamme avec golf, villas et townhouses en bord de mer |
| Crown Point | Proche de l’aéroport et des plages Store Bay / Pigeon Point, nombreux restaurants et bars |
| Buccoo | Village vivant (célèbre Sunday School party), accès direct au récif de Buccoo |
| Castara | Petit village de pêcheur pittoresque, atmosphère communautaire et très tranquille |
| Scarborough | Capital de Tobago, services urbains de base, accès routier au reste de l’île |
Les loyers sont en général plus doux à Tobago qu’à Trinidad, mais il faut accepter une offre médicale plus limitée, des coupures d’eau et d’électricité plus fréquentes et un marché de l’emploi plus restreint si l’on n’est pas en télétravail ou dans le tourisme.
Marché immobilier et coût des loyers
Le marché locatif est dynamique, mais assez peu régulé. Les loyers dépendent fortement du quartier, de l’accessibilité et du niveau de sécurité. La plupart des expatriés louent plutôt qu’ils n’achètent, au moins pour les premières années.
Ordres de grandeur des loyers
Les données disponibles donnent une bonne fourchette des prix pour Port of Spain et quelques grandes villes :
| Type de logement | Zone | Loyer mensuel approximatif (TT$) | Équivalent indicatif (USD) |
|---|---|---|---|
| Studio 45 m² meublé, quartier normal | Global (moyenne pays) | ~2 987 | ~441 |
| Studio 45 m² meublé, quartier cher | Global | ~5 701 | ~841 |
| 1 ch centre-ville (Port of Spain) | Centre | 3 500 – 6 000 | ~515 – 880 |
| 1 ch hors centre | Banlieue | 2 000 – 4 000 | ~295 – 590 |
| 3 ch centre-ville (Port of Spain) | Centre | 6 000 – 10 000 | ~880 – 1 470 |
| 3 ch hors centre | Banlieue | 4 000 – 7 000 | ~590 – 1 030 |
| Appartement 85 m² zone chère | Global | ~7 229 | ~1 067 |
| Appartement 85 m² zone “normale” | Global | ~3 899 | ~576 |
| Diego Martin – appartement | Diego Martin | 3 000 – 8 000 | |
| Diego Martin – maison | Diego Martin | 6 000 – 15 000+ | |
| San Fernando – appartement | San Fernando | 2 500 – 7 500 | |
| San Fernando – maison | San Fernando | 5 000 – 12 000 |
Pour les quartiers les plus recherchés par les expatriés (Westmoorings, Goodwood Park, Maraval, Moka, Cascade, St. Ann’s, St. Clair, Federation Park), on parle fréquemment de 4 000 à 6 000 USD par mois pour des maisons ou appartements de haut standing avec piscine et sécurité renforcée. Des exemples de loyers en dollars montrent :
Le loyer mensuel maximum pour un logement à Trinidad, pouvant atteindre 6 500 USD pour une maison de 4 chambres avec piscine à Westmoorings ou un appartement bien équipé dans certains quartiers.
L’ancienne fermeture d’une grande raffinerie a entraîné le départ de nombreux expatriés et une baisse des loyers haut de gamme ; les prix sont donc plus négociables qu’à l’époque du plein boom pétrolier.
Types de baux, dépôts et pratiques
Les baux d’un an sont la norme, mais des durées plus courtes (3 à 6 mois) ou plus longues (1 à 2 ans) peuvent se négocier. Les éléments usuels à prévoir sont :
Lors de la signature d’un bail locatif, il faut généralement prévoir un dépôt de garantie équivalent à un ou deux mois de loyer, remboursable en fin de contrat si l’état des lieux de sortie est satisfaisant. Le premier mois de loyer est également payable à la signature. Dans certains cas, un dépôt supplémentaire pour les compteurs d’eau ou d’électricité peut être demandé.
Les logements peuvent être entièrement meublés ou non. Les appartements non meublés incluent généralement déjà les gros électroménagers (réfrigérateur, cuisinière, machine à laver). Les biens meublés intègrent aussi le mobilier, parfois le linge et la vaisselle, mais avec un surcoût locatif.
La loi tend à protéger davantage les propriétaires que les locataires, et les litiges peuvent mettre longtemps à être tranchés par les tribunaux. Un examen attentif du contrat – idéalement par un avocat local – est donc recommandé pour clarifier durée, modalités de résiliation anticipée, indexation du loyer, réparations à charge du locataire ou du propriétaire, éventuelle interdiction de sous‑location, etc.
Coût de la vie : quel budget prévoir ?
Le niveau de vie à Trinité et Tobago est globalement inférieur à celui des États‑Unis ou du Royaume‑Uni. Certaines estimations indiquent un coût de la vie environ 55 % plus bas que celui des USA, même si la capitale reste la partie la plus chère du pays.
Budget mensuel indicatif
Plusieurs sources permettent de dégager des ordres de grandeur :
– personne seule : environ 10 245 TT$ par mois (environ 1 500 USD), hors loyer autour de 600 à 650 USD,
– famille de quatre personnes : environ 24 332 TT$ (environ 3 600 USD), hors loyer environ 1 900 USD.
Pour un expatrié seul, un budget confortable oscillerait souvent entre 1 500 et 2 000 USD par mois (hors logement très haut de gamme). Pour une famille, tout dépend du niveau de loyer (bien d’expat, maison avec piscine, quartier très sécurisé, etc.), mais beaucoup de ménages se situent entre 5 000 et 10 000 USD charges comprises.
Un exemple de structure de dépenses en dollars trinidadiens (TT$) pour une famille de trois personnes, incluant les postes principaux comme le logement, l’alimentation, les transports et les services publics.
| Poste de dépense | Fourchette mensuelle typique (TT$) |
|---|---|
| Loyer maison familiale | 5 000 – 10 000 |
| Alimentation pour 3 personnes | 3 000 – 4 000 |
| Électricité (avec clim) | 400 – 800 |
| Carburant (trajets courts) | 400 – 600 |
| TV + Internet | ~500 |
| Téléphone portable (par ligne) | ~150 + ~200 pour les données |
À cela s’ajoutent les frais de scolarité pour les écoles internationales, l’assurance santé privée, la voiture (souvent chère à l’achat), et les loisirs.
Courses, restaurants et vie quotidienne
La nourriture locale et les produits de base restent relativement abordables, mais tout ce qui est importé (fromages européens, vins, produits bio, électronique, véhicules, mobilier) subit des droits de douane et revient cher.
Quelques repères de prix en TT$ :
– repas simple dans un restaurant bon marché : 60 à 68 TT$,
– menu rapide (type fast‑food) : 50 à 60 TT$,
– dîner pour deux dans un restaurant de gamme moyenne : 373 à 500 TT$,
– bière locale au bar (pinte) : 12 à 25 TT$,
– cappuccino : 24 à 30 TT$,
– pain blanc (500 g) : 14 à 15 TT$,
– douzaine d’œufs : 28 à 39 TT$,
– poulet (500 g de blanc) : ~36 TT$.
L’offre de produits varie considérablement selon le type de magasin : supermarchés modernes (comme Massy), centres commerciaux (West Mall, Gulf City Mall, Trincity Mall, Valpark) ou marchés populaires. Les expatriés y trouvent généralement la plupart des produits internationaux, mais à des prix plus élevés que dans leur pays d’origine.
Les abonnements Internet à haut débit (fibre ou câble) se situent, selon le débit, entre environ 171 et plus de 370 TT$ par mois. Les services mobiles avec appels et 10 Go de données tournent autour de 300 TT$ mensuels.
Transport et déplacements
Les transports publics sont peu coûteux mais parfois désorganisés : bus publics, maxi‑taxis (minibus partagés), taxis de route. Un trajet simple en transport collectif coûte généralement 5 à 9 TT$. Un abonnement mensuel de transport peut se situer entre 400 et 685 TT$.
Dans la pratique, beaucoup d’expatriés préfèrent disposer d’une voiture personnelle, quitte à supporter le prix élevé des véhicules (une compacte neuve peut approcher les 230 000 à 260 000 TT$). L’essence, elle, reste relativement bon marché (autour de 6 à 7 TT$ le litre).
Sécurité et choix du quartier
La question de la sécurité est cruciale à Trinité et Tobago. Le pays présente un niveau de criminalité élevé, en particulier dans certains quartiers populaires principalement touchés par des gangs. Les expatriés ne sont pas les cibles privilégiées, mais ils doivent appliquer des règles de prudence constantes.
Une évaluation de la sécurité mentionne un indice global de sécurité autour de 43/100, avec des risques qualifiés de « élevés » pour les vols, agressions, scams et risques pour les voyageuses seules. Les délits vont du vol à la tire durant le Carnival aux cambriolages de résidences, car‑jackings et attaques à main armée.
Dans les grandes lignes :
Certains secteurs de Trinité-et-Tobago, notamment Laventille, Beetham, Sea Lots, Morvant, Cocorite au nord de la Western Main Road, ainsi que certaines parties de Carenage et du centre de Port of Spain, sont fortement déconseillés. Pour votre sécurité, il est recommandé d’éviter les zones isolées la nuit, de ne pas marcher seul dans des quartiers mal éclairés, de limiter les signes extérieurs de richesse et de privilégier l’utilisation de taxis ou de chauffeurs fiables.
C’est l’une des raisons majeures pour lesquelles tant d’expatriés choisissent des lotissements fermés ou des quartiers haut de gamme avec grillages, alarmes, portails, caméras et, parfois, rondes de sécurité privées. Les maisons sont fréquemment équipées de barreaux métalliques aux fenêtres et portes, ce qui peut surprendre au début, mais fait partie du paysage urbain.
En règle générale, la combinaison « bon quartier + logement correctement sécurisé + habitudes prudentes » permet de vivre sereinement, mais en gardant une vigilance similaire à celle que l’on adopterait dans certaines grandes métropoles américaines ou latino‑américaines.
Système de santé : public, privé et assurance
Trinité et Tobago dispose d’un système de santé à deux vitesses : un secteur public, accessible à tous, financé par l’État, et un secteur privé plus moderne, plus rapide, mais payant.
Hôpitaux publics et soins de base
Le ministère de la Santé supervise un réseau de 12 hôpitaux publics, 98 centres de santé et 5 structures de district. Les soins de première ligne y sont en grande partie gratuits pour tous, y compris pour les étrangers (consultations dans les Health Centres, services d’urgence). Cependant :
Certains médicaments sont fournis gratuitement, mais d’autres, comme l’insuline, peuvent ne pas être pris en charge. La qualité des soins et les délais d’attente peuvent évoquer les standards occidentaux des années 1970, ni archaïques ni équivalents aux meilleurs hôpitaux nord-américains. Les consultations spécialisées et les examens lourds impliquent souvent des délais importants.
Les grands hôpitaux publics incluent notamment Port of Spain General Hospital, San Fernando General Hospital, Sangre Grande Hospital, l’Eric Williams Medical Sciences Complex (avec l’hôpital pédiatrique Wendy Fitzwilliam) et Scarborough General Hospital à Tobago.
Hôpitaux et cliniques privés
Beaucoup d’expatriés privilégient le secteur privé pour réduire les délais et bénéficier d’équipements plus modernes. On y trouve des établissements comme West Shore Medical Private Hospital, St. Augustine Private Hospital, Southern Medical Clinic (San Fernando), Gulf View Medical Centre, ou encore des centres spécialisés (cardiologie, cancérologie, ophtalmologie).
Les cliniques privées exigent généralement un paiement immédiat (espèces ou carte) avant d’engager certains traitements, notamment chirurgicaux. Pour les cas très graves (cancer complexe, chirurgie cardiaque lourde…), un transfert médical vers Miami ou une autre destination peut être envisagé.
D’où l’importance capitale, pour un expatrié, de souscrire une assurance santé internationale couvrant :
– l’hospitalisation dans des cliniques privées locales,
– les frais importants (imagerie, chirurgie, maternité, etc.),
– l’évacuation médicale et éventuellement le rapatriement sanitaire.
Plusieurs assureurs internationaux sont présents (Cigna Global, Allianz, AXA, William Russell…) ainsi que des acteurs locaux (Sagicor, Guardian Life, Colonial Life). Les expatriés préfèrent souvent les contrats internationaux, plus adaptés à la mobilité.
Travail, permis et marché de l’emploi
L’économie de Trinité et Tobago est classée parmi les économies à revenu élevé, portée par l’industrie pétrolière, le gaz naturel, la pétrochimie, mais aussi la finance, l’électronique, le tourisme et progressivement les services et la tech. La main-d’œuvre locale est réputée bien formée, ce qui signifie que les autorités délivrent des permis de travail uniquement pour des compétences qui ne sont pas facilement disponibles sur place.
Obtenir un permis de travail
Tout étranger qui vient travailler plus de 30 jours sur une période de 12 mois a besoin d’un permis de travail. Ce permis :
– est lié à un employeur précis et à un poste défini,
– est généralement demandé par l’entreprise auprès du ministère de la Sécurité nationale (Work Permit Secretariat),
– est en principe accordé pour une durée maximale de trois ans, renouvelable sous conditions.
Le processus est essentiellement le suivant :
Les étapes clés pour qu’un employeur enregistré obtienne un permis de travail pour un ressortissant étranger.
L’employeur dépose une demande via la plateforme TTBizLink (ou un formulaire pour les demandes groupées de 10 permis et plus) en justifiant le recours à un travailleur étranger.
Le candidat fournit les documents requis : passeport, photos, diplômes, références professionnelles, extrait de casier judiciaire, contrat de travail et assurance santé.
Le paiement des frais s’effectue en ligne ou au guichet du ministère à Port of Spain.
Après une instruction d’une durée de 4 à 10 semaines, une décision est rendue sur l’octroi du permis.
Si le permis est accordé, le titulaire et ses ayants droit doivent faire apposer un visa multi-entrées sur leur passeport (sauf exemptions pour certains pays).
Les frais varient selon le type de permis, mais on trouve par exemple : les permis de conduire, les permis de travail, et les permis de séjour.
– permis temporaire : 1 000 TT$,
– permis de travail qualifié : 2 000 TT$,
– une autre source évoque un coût d’environ 1 770 USD pour un permis standard, illustrant que les montants exacts dépendent des textes en vigueur et de la catégorie.
Face à la complexité et à la lenteur administrative fréquemment rencontrées, il est crucial de garder son calme, d’anticiper les démarches et de fournir des dossiers complets dès le premier envoi pour éviter les délais supplémentaires.
Marché de l’emploi pour expatriés
Les secteurs les plus susceptibles de recruter des expatriés sont :
– l’énergie (pétrole et gaz, ingénierie, métiers très spécialisés),
– la finance et certains services corporate,
– l’électronique, la technologie, l’informatique,
– le tourisme et l’hôtellerie (surtout à Tobago),
– l’enseignement (écoles internationales, universités).
Les opportunités se trouvent souvent via le réseau : recommandations, contacts professionnels, communautés d’expatriés, plateformes spécialisées. Les relations personnelles sont très importantes dans la culture d’affaires locale. Les entreprises peuvent aussi recourir à des sociétés d’« Employer of Record » pour gérer la paie et la conformité de collaborateurs internationaux.
Pour les nomades digitaux, il n’existe pas encore de visa spécifique. Ils combinent généralement visa touristique, permis de travail de courte durée (moins de 30 jours de travail effectif dans l’année) ou s’installent avec un statut hybride à manier avec prudence juridiquement.
Fiscalité : ce qu’un expatrié doit savoir
La fiscalité trinidadienne repose sur quelques principes clairs.
Résidence fiscale et taux
Une personne est considérée comme résidente fiscale si elle séjourne plus de 183 jours dans le pays sur l’année civile. Les résidents (ou « ordinarily resident ») sont imposés sur leurs revenus mondiaux si ceux‑ci sont rapatriés dans le pays, tandis que les non‑résidents ne sont taxés que sur les revenus de source trinidadienne.
Les taux d’imposition actuels sur le revenu des personnes physiques sont, en simplifiant :
– 25 % sur la tranche de revenu imposable jusqu’à 1 million TT$,
– 30 % au‑delà de 1 million TT$.
Un abattement personnel est prévu (plus de 80 000 TT$ par an pour un résident, avec une augmentation programmée à 90 000 TT$), ce qui allège l’impôt pour les revenus modestes. D’autres déductions existent (cotisations retraite, assurance, syndicat, certains intérêts d’emprunt, etc.).
Les travailleurs indépendants peuvent être soumis à un « business levy », un prélèvement sur le chiffre d’affaires, au-delà d’un certain seuil de recettes. Ce prélèvement s’applique s’il est supérieur à l’impôt sur le revenu calculé de manière classique.
Intérêts, dividendes et plus‑values
Plusieurs types de revenus sont exonérés pour les résidents :
– intérêts sur comptes d’épargne ou dépôts auprès d’institutions financières locales,
– dividendes (hors actions de préférence) provenant de sociétés résidentes,
– distributions de fonds communs de placement locaux.
Les plus‑values de long terme ne sont pas imposées, sauf si un actif dit « taxable » est revendu dans les 12 mois suivant son acquisition. Les gains sur la vente de certains biens (voiture personnelle, résidence principale sous un certain seuil de montant) sont également hors champ de l’impôt.
Taux de retenue à la source applicable aux non-résidents sur certains revenus comme les intérêts, les redevances et les management fees.
Les expatriés doivent impérativement se faire enregistrer auprès de l’administration fiscale (Inland Revenue Division) et obtenir un numéro fiscal (BIR number). Les impôts sur salaires sont prélevés à la source (PAYE). Les indépendants paient des acomptes trimestriels et régularisent une fois par an.
Les citoyens américains et les détenteurs de green card doivent, en parallèle, continuer de remplir leurs obligations fiscales vis‑à‑vis de l’IRS, avec prise en compte éventuelle des impôts trinidadiens comme crédit d’impôt étranger.
Éducation : écoles publiques et internationales
Trinité et Tobago affiche un bon niveau d’éducation et un taux d’alphabétisation élevé. L’enseignement public est gratuit de 5 à 18 ans et la scolarité obligatoire de 5 à 16 ans. En plus du réseau public et des écoles confessionnelles, il existe plusieurs établissements internationaux, surtout autour de Port of Spain, très prisés des familles expatriées.
Les principales écoles internationales
Les points suivants permettent de comparer les grandes options pour un parcours scolaire anglophone aligné sur des programmes étrangers :
| École | Localisation | Curriculum principal | Niveaux couverts |
|---|---|---|---|
| International School of Port of Spain (ISPS) | Westmoorings, Trinidad | Américain + IB | De la maternelle à la terminale |
| Maple Leaf International School | Port of Spain (Petit Valley) | Programme de l’Ontario (Canada) | K-12 |
| The British Academy | Port of Spain (St. Clair) | National Curriculum britannique | Primaire supérieur à A-Levels |
| St. Andrew’s Private School | Port of Spain | Britannique | De Prep 1 à Primary 5 |
| Oxbridge International School (OXIS) | Trinidad | Cambridge Pathway (3‑19 ans) | De l’Early Years au lycée |
| Trillium International School | Chaguanas | Programme canadien (Ontario) | Primaire et secondaire |
| Tobago International Academy | Tobago | Orientation internationale (classe réduite) | Primaire et début secondaire |
| St. Nicholas Primary School | Mt. Marie, Tobago | Primaire indépendant | Primaire |
Les frais de scolarité varient sensiblement, mais on recense par exemple des droits annuels d’environ 32 000 à 45 000 TT$ par enfant en primaire dans certains établissements internationaux, soit autour de 8 000 USD par an. Il s’agit donc d’un poste budgétaire majeur pour les familles.
Avant de sélectionner une école, il est conseillé aux parents de la visiter, d’échanger avec d’autres familles expatriées et de vérifier la compatibilité du cursus proposé avec un éventuel retour dans le système scolaire d’origine (en s’assurant de la reconnaissance de diplômes comme le brevet, le bac, l’IB ou les A‑levels).
Pour les plus petits, des structures préscolaires existent, dont des écoles Montessori réputées. Là encore, mieux vaut anticiper, les places étant parfois limitées dans les meilleures structures.
Ouvrir un compte bancaire et gérer son argent
Le système bancaire trinidadien est moderne et largement numérisé. Parmi les grandes banques présentes figurent Scotiabank, First Citizens, JMMB, RBC, Republic Bank et CIBC Caribbean. Elles proposent comptes courants, comptes épargne, cartes de débit, banque en ligne et applications mobiles.
Pour ouvrir un compte en tant qu’étranger, il faut généralement :
Pour ouvrir un compte bancaire individuel, il faut être majeur (au moins 18 ans) et fournir plusieurs documents : une pièce d’identité valide (comme un passeport), un justificatif de domicile récent (facture ou attestation), une preuve de revenus ou de source de fonds (fiches de paie, relevés bancaires, etc.), et parfois une lettre de référence bancaire étrangère, un permis de travail ou un titre de séjour.
Les banques exigent parfois deux pièces d’identité et peuvent demander à voir les originaux. De plus en plus d’établissements permettent de lancer la procédure en ligne (téléversement des documents, prise de rendez‑vous), mais un passage en agence reste presque toujours nécessaire pour finaliser l’ouverture et récupérer la carte.
Le dollar trinidadien (TTD) est la devise locale, mais le dollar américain est couramment accepté dans de nombreux contextes. Certains expatriés utilisent des services de transfert internationaux comme Wise pour réduire les frais de change entre le pays d’origine et Trinité et Tobago.
Vie quotidienne, intégration et culture locale
Au‑delà des aspects techniques, l’intérêt de Trinité et Tobago réside largement dans son art de vivre : plage, musique, fêtes, nature luxuriante et gastronomie de rue.
Dans la vie sociale, « liming » est un mot clé : il désigne le fait de traîner entre amis, sur un trottoir, dans un bar, sur une plage ou autour d’un barbecue. La convivialité est très forte, l’humour omniprésent, mais les liens profonds se construisent souvent dans la durée ; nombre d’expatriés tissent d’abord des liens avec d’autres étrangers avant d’entrer vraiment dans des cercles de locaux.
Quelques repères de la vie quotidienne :
Plongez dans la culture vibrante et les paysages magnifiques de Trinité-et-Tobago à travers ses festivals, sa cuisine et ses activités de plein air.
Le grand rendez-vous annuel avec défilés en costume, musique soca, steelbands, « fetes » et une ambiance à haute intensité.
La célébration hindoue qui illumine les quartiers et les villages de ses milliers de lampes.
Un riche calendrier incluant des célébrations chrétiennes, musulmanes et d’autres traditions afro-caribéennes.
Dégustez des doubles (galette aux pois chiches), roti, « bake and shark » à Maracas, et des grillades dans les stands de fête.
Randonnée dans la Northern Range, observation des oiseaux au Caroni Swamp ou à Asa Wright, baignade et snorkeling à Tobago.
Profitez de Buccoo Reef, Nylon Pool et Pigeon Point à Tobago, ou pratiquez le golf à Moka, Trincity ou Tobago Plantations.
Pour s’intégrer, il est conseillé de :
– participer aux événements culturels, aux fêtes de quartier et aux associations,
– rejoindre des groupes d’expatriés (clubs, réseaux type InterNations, forums, groupes Facebook),
– conserver une certaine souplesse face au « island time », ce rythme plus détendu où les choses prennent parfois plus de temps que prévu.
Logistique de l’installation : eau, électricité, déplacements, importations
La plupart des zones urbaines de Trinidad disposent d’infrastructures modernes, mais quelques contraintes pratiques surprennent les nouveaux arrivants.
L’eau courante n’est pas garantie quotidiennement dans toutes les zones, notamment à Tobago et dans certaines résidences, nécessitant un logement équipé d’une citerne. Le réseau électrique, bien que fiable, peut subir des coupures, et la qualité d’Internet varie fortement entre villes et campagnes. La circulation, à gauche, est dense aux heures de pointe autour de Port of Spain, recommandant un test des trajets avant de s’engager sur un bail.
Beaucoup d’expatriés choisissent de faire acheminer leurs meubles depuis leur pays, car le mobilier et l’électroménager de qualité peuvent être coûteux localement. Certains produits spécifiques (linge de maison haut de gamme, épices particulières, alimentation bébé, articles pour animaux, médicaments) sont plus fiables ou moins chers s’ils sont apportés. L’importation de médicaments doit toutefois respecter les règles locales, certaines substances étant interdites.
En résumé
S’installer à Trinité et Tobago en tant qu’expatrié offre une combinaison rare : langue anglaise, climat chaleureux, diversité culturelle, économie développée et environnement caribéen. Mais cette destination exige de bien préparer son installation, notamment sur la sécurité, le choix du quartier, le budget logement, les assurances santé et les démarches de permis de travail.
En prenant le temps de :
Pour une installation réussie, commencez par choisir un quartier adapté à votre profil (famille, célibataire, nomade digital, retraité). Il est crucial de comprendre la structure des loyers et des charges. Sécurisez un bon contrat d’assurance santé et vérifiez l’offre hospitalière à proximité. Clarifiez vos obligations fiscales et les démarches pour votre permis de travail. Enfin, intégrez-vous progressivement à la vie locale par la culture, les fêtes et les réseaux sociaux.
vous mettez toutes les chances de votre côté pour transformer cette île double – entre Trinidad l’industrielle et Tobago la balnéaire – en nouvelle base de vie durable et enrichissante.
Un futur retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros, bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale vers Trinité-et-Tobago pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal international, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Trinité-et-Tobago, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler Trinité-et-Tobago pour sa fiscalité attractive sur les revenus de source étrangère, l’absence d’impôt sur la fortune, un coût de vie inférieur aux grandes métropoles européennes et un environnement en dollars caribéens offrant une diversification de change. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, conventions FR–TT), obtention de la résidence, organisation de la protection sociale privée, transfert de la résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre des intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local bilingue et intégration patrimoniale globale.
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