La sécurité en Tanzanie : clés pour une expatriation vraiment sereine

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer en Tanzanie fait rêver : safaris dans le Serengeti, plages de Zanzibar, vie d’expat à Dar es Salaam, trek sur le Kilimandjaro… Le pays attire de plus en plus d’étrangers, et il est souvent présenté comme l’une des destinations les plus accueillantes d’Afrique de l’Est. Mais une expatriation réussie ne repose pas sur les seules cartes postales. Pour vivre sereinement sur place, il faut comprendre le contexte sécuritaire réel, les risques concrets du quotidien et la manière de les gérer.

Bon à savoir :

La Tanzanie est un pays globalement stable et hospitalier, avec un niveau de criminalité moyen pour la région. Cependant, les autorités étrangères le classent en zone de vigilance accrue (risque « moyen ») et déconseillent formellement certains secteurs frontaliers. Une expatriation réussie repose sur une préparation sérieuse, l’adoption de réflexes de prudence et une bonne connaissance des usages locaux.

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Comprendre le cadre sécuritaire global

S’installer durablement dans un pays implique de regarder au-delà des impressions de voyage. Pour la Tanzanie, plusieurs indicateurs permettent de situer le niveau de risque général.

Indicateurs de paix, criminalité et perception du risque

La Tanzanie figure dans la moitié supérieure des pays les plus pacifiques selon le Global Peace Index, tout en restant classée « risque moyen » par de nombreux ministères des Affaires étrangères. On peut résumer certains repères dans un tableau.

Indicateur (2024/dernières données)Valeur / Classement
Global Peace Index54ᵉ sur 163 pays
Crime Index (Numbeo 2024)48,21 (niveau moyen)
Safety Index51,79 (légèrement > 50, donc perception neutre/mitigée)
Appréciation globale du risqueRisque moyen, pays « visitor-friendly »
Touristes annuels (ordre de grandeur)Environ 5,4 M de visiteurs, dont ~2 M étrangers

Les gouvernements occidentaux adoptent une approche prudente. Le Canada appelle à faire preuve d’« une grande prudence » dans tout le pays. Les États-Unis classent la destination au niveau 3 (« reconsidérer le voyage »). Le Royaume‑Uni déconseille tous déplacements non essentiels dans certains secteurs près du Mozambique et de la frontière avec le Burundi et la RDC.

Deux éléments ressortent :

Astuce :

Les principales zones touristiques de la Tanzanie (parcs du Nord, Zanzibar, grandes villes) sont généralement calmes et bien encadrées. Cependant, le risque n’est pas nul : il faut prendre en compte l’existence possible de manifestations, de criminalité urbaine et de menaces terroristes régionales. Pour un expatrié, l’enjeu n’est pas de fuir ces zones, mais de s’y organiser en conséquence en restant vigilant et informé.

Un pays accueillant, mais inégal

La Tanzanie reste une société chaleureuse, très collective, où l’on se sent rapidement intégré. Les expatriés bénéficient d’infrastructures correctes dans les grandes villes (banques, internet, écoles internationales, cliniques privées). En parallèle, le niveau de vie moyen est faible, la protection sociale limitée, et l’État ne fournit ni service d’ambulance préhospitalière standardisé ni réseau de secours très structuré.

Pour un expatrié, cela signifie : un environnement humainement très favorable, mais une obligation d’anticiper sa propre sécurité, sa couverture santé et sa logistique d’urgence.

Criminalité et arnaques : risques réels et bonnes pratiques

La criminalité en Tanzanie se situe à un niveau intermédiaire : on est loin des pays les plus dangereux du continent, mais il serait naïf de la négliger. Les expatriés et touristes sont perçus comme aisés, ce qui en fait des cibles privilégiées pour les vols et les escroqueries.

Criminalité du quotidien : vols, agressions, « express kidnappings »

Les formes de délinquance les plus courantes sont les vols à l’arraché, les cambriolages et les escroqueries. Les violences graves existent, notamment dans les grandes villes.

Type de risqueDescription concrèteZones particulièrement citées
Vols à l’arraché / pickpocketsSacs, téléphones, bijoux arrachés, souvent depuis une moto ou une voiture en mouvementDar es Salaam (centre-ville, Masaki, Oysterbay, Coco Beach, Toure Drive), Zanzibar (Stone Town, plages)
CambriolagesIntrusions dans des maisons ou appartements, parfois dans des quartiers aisésGrandes villes, zones résidentielles
Agressions / vols avec violenceMenaces avec couteau ou machette, en particulier la nuit, parfois contre des touristes alcoolisésArusha, Moshi, Dar es Salaam, zones de sortie nocturne
« Express kidnappings »Enlèvements de courte durée pour forcer des retraits massifs au distributeur ou des transferts d’argentDar es Salaam, parfois impliquant des taxis ou VTC
Agressions sexuellesCas de viols et d’agressions, y compris dans des hôtels ou sur certaines plagesDar es Salaam, Zanzibar, zones balnéaires

Les autorités manquent souvent de moyens pour enquêter en profondeur. Beaucoup d’expatriés l’ont compris et privilégient une approche de prévention : bons quartiers, sécurité privée, déplacements prudents.

Arnaques fréquentes : de la petite entourloupe aux faux safaris

La plupart des escroqueries visent le portefeuille plus que l’intégrité physique. Elles jouent sur la méconnaissance du contexte local ou la recherche de « bons plans ».

Parmi les plus courantes :

Attention :

Les voyageurs en Tanzanie doivent se méfier de plusieurs arnaques : change de devise dans la rue avec faux billets ou disparition du changeur ; faux policiers exigeant une ‘amende’ pour un prétendu problème de visa ; fausses agences de safari proposant des offres alléchantes en ligne mais offrant un service médiocre ou inexistant ; taxis aux compteurs ‘en panne’ ou aux trajets rallongés ; vente de gemmes (comme la tanzanite) non certifiées ou de souvenirs artisanaux factices ; et tentatives de phishing par email ou WhatsApp pour voler des données sensibles.

Le pays a aussi connu une explosion de la cybercriminalité : la Banque centrale a signalé une hausse de 84 % des vols numériques en un trimestre, et des escrocs ont même usurpé l’identité d’entreprises locales comme Simply IT pour piéger des utilisateurs sur WhatsApp.

Comment réduire efficacement l’exposition

La plupart de ces risques se gèrent avec des habitudes simples :

Bon à savoir :

Pour un séjour en toute sécurité, privilégiez les rues fréquentées et évitez de vous déplacer seul la nuit. Ne montrez pas vos objets de valeur (bijoux, argent liquide, appareils électroniques). Utilisez des taxis recommandés par votre hôtel ou via des applications fiables. Conservez vos documents originaux et les grosses sommes dans un coffre sécurisé, en n’emportant que des copies. Vérifiez scrupuleusement les licences et les avis avant de réserver une activité. Changez votre argent uniquement dans des établissements officiels (banques, bureaux agréés, distributeurs à l’intérieur). Enfin, protégez vos données numériques avec des mots de passe robustes, en évitant les liens suspects et en utilisant un VPN sur les réseaux Wi-Fi publics.

Pour un expatrié, ces réflexes deviennent vite automatiques et permettent de vivre relativement sereinement, y compris dans une grande ville comme Dar es Salaam.

S’installer en ville : le cas de Dar es Salaam

Dar es Salaam concentre une grande part de la communauté expatriée. C’est le principal hub économique, un port majeur et une métropole de plus de six millions d’habitants. La ville est à la fois dynamique, chaotique, embouteillée… et très contrastée en termes de sécurité selon les quartiers.

Choisir son quartier en fonction de la sécurité

Les expatriés privilégient quelques zones où l’on trouve sécurité renforcée, écoles internationales, cliniques privées et bonne connectivité. Un résumé comparatif aide à y voir clair.

Quartier / ZoneNiveau de sécurité perçuProfil et caractéristiques clésFourchette de loyers (1 ch. ou 2 ch.)
MasakiÉlevéDiplomatic quarter, forte présence expat, gardiennage 24/7, restaurants, cafés, mer1 ch. 600–800 $, 2 ch. non meublé ~1 500 $
Oyster BayÉlevéRésidentiel chic, accès plage, infrastructures haut de gamme, proche Coco Beach1 ch. 550–750 $, 2 ch. ~1 500–3 000 $ meublé
Msasani PeninsulaMoyen/élevéMix haut/bas de gamme, commerces, très vivant, bonne accessibilité1 ch. 500–700 $, gamme large pour les maisons
UpangaMoyen/élevéProche centre, hôpitaux (Regency), communauté indienne, bonne marche à pied1 ch. 450–650 $
MikocheniMoyenZone en développement, plus abordable, trafic dense, perçue comme globalement sûre1 ch. 350–500 $, 2 ch. ~3 M TZS non meublé
Bahari Beach / MbeziMoyen/bonBord de mer plus calme, villas, peu de criminalité déclarée, mais nécessité d’une voiture2 ch. 500–700 $ non meublé
Kinondoni / KariakooPlus risquéForte densité, marchés, petits délits, zones inondables, vie très localeLoyers plus bas, dès ~150 000–400 000 TZS
Sinza / KijitonyamaPlus risquéTrès animé, économique, petits hôtels et bars, sécurité moyenne, bruit, congestionLoyers très abordables, dès ~100 000 TZS

Dans les quartiers haut de gamme, on retrouve des caractéristiques rassurantes : gardiens, clôtures, caméras, voisinage expat, meilleures routes, services proches, réseau internet stable et coupures d’électricité plus rares. C’est souvent le choix naturel pour une première expatriation.

Au‑delà du loyer, il faut intégrer : les charges et les taxes, l’assurance habitation, les frais d’entretien, les services publics.

la distance aux écoles internationales si vous avez des enfants ;

le temps de trajet vers votre bureau (les embouteillages peuvent facilement doubler les temps de trajet aux heures de pointe) ;

– la proximité des cliniques privées et hôpitaux de référence (Aga Khan, Muhimbili, Regency, etc.) ;

– le risque d’inondations pendant la saison des pluies (plus fort dans certaines parties de Kinondoni et Kariakoo).

Sécurité résidentielle : quels standards viser ?

Avec des cambriolages fréquents dans certains secteurs, beaucoup d’expatriés privilégient les résidences sécurisées : portail, clôture, garde 24/7, parfois alarme et vidéosurveillance. Dans les zones premium (Masaki, Oyster Bay, Upanga), ces dispositifs sont pratiquement la norme.

Exemple :

Avant de signer un bail locatif, il est conseillé de vérifier plusieurs éléments essentiels pour éviter les mauvaises surprises. Par exemple, il est judicieux de s’assurer de l’état des lieux d’entrée, de vérifier le bon fonctionnement des équipements (chauffage, eau chaude, électricité), de consulter les règles de copropriété si applicable, et de comprendre toutes les clauses du contrat, notamment celles concernant les charges, les réparations et les conditions de résiliation.

la qualité des portes, serrures et fenêtres ;

les procédures d’accès (journal des visiteurs, vérification des pièces d’identité, barrière) ;

– l’existence d’un éclairage extérieur correct ;

– la présence de générateurs et de réserves d’eau (coupures fréquentes dans certains quartiers) ;

– la réputation du quartier auprès d’expatriés déjà sur place, via des forums (Expat.com, InterNations, groupes WhatsApp, etc.).

Enfin, prévoir la trésorerie de départ est crucial : les propriétaires exigent souvent trois à douze mois de loyer d’avance. Il faut donc intégrer ce besoin de liquidité dans son plan d’installation.

Se déplacer en sécurité : route, transports et ferries

Le risque routier est probablement le plus sous‑estimé et pourtant l’un des plus importants en Tanzanie. Les autorités sanitaires ont relevé un taux de mortalité sur les routes très élevé, supérieur à 30 décès pour 100 000 habitants, bien au‑dessus de certains pays occidentaux.

Conduire en Tanzanie : règles et réalités

Le pays roule à gauche, avec un code de la route théoriquement proche des standards internationaux : limitations de vitesse en ville (50 km/h), sur les grands axes (80–100 km/h), ceintures obligatoires, alcool limité à 0,08 % de taux d’alcoolémie. Dans la pratique, cependant, le comportement de nombreux conducteurs reste imprévisible : dépassements dangereux, absence de clignotants, non‑respect des priorités, surtout dans et autour de Dar es Salaam, Arusha, Mwanza ou Mbeya.

Les routes varient fortement :

grands axes interurbains souvent bitumés et corrects,

routes secondaires, pistes rurales et pistes de parcs nationaux parfois dégradées, voire impraticables en saison des pluies,

ralentisseurs non signalés, nids‑de‑poule et bétail sur la chaussée.

Pour un expatrié, adopter une conduite très défensive et éviter autant que possible de circuler de nuit fait partie des règles de base.

Permis, assurance et papiers

Pour les premiers mois, un permis national accompagné d’un permis de conduire international suffit. Au‑delà de six mois, il faut demander un permis tanzanien. Pour conduire à Zanzibar, une autorisation spécifique locale est obligatoire, souvent obtenue via les loueurs de voitures.

En cas de contrôle, il faut pouvoir présenter : les documents requis.

permis (national + IDP ou permis tanzanien),

carte grise,

assurance,

certificat de visite technique.

Les amendes officielles doivent être réglées via un système de paiement contrôlé (numéro de contrôle gouvernemental, paiement mobile ou en banque), jamais en liquide directement au policier. En cas de doute sur un contrôle trop insistant, il est possible de noter le nom, le grade et le numéro d’identification de l’agent, ce qu’il est tenu de fournir.

Choisir ses modes de transport

Les transports locaux les plus courants (dala‑dala, boda‑boda, tuk‑tuk) combinent prix très bas et normes de sécurité faibles : surcharge, entretien aléatoire, assurance parfois inexistante. De nombreux accidents, parfois mortels, sont liés à ces véhicules.

Pour un expatrié, la combinaison la plus sûre reste :

Modes de transport recommandés au Kenya

Pour des déplacements sûrs et adaptés à vos besoins lors de votre séjour au Kenya, voici les principales options de transport à privilégier.

Voiture personnelle

Idéalement un 4×4 si vous prévoyez des safaris ou des déplacements hors des villes. Assurez-vous que le véhicule est en bon état.

Taxis identifiés ou VTC

Privilégiez les taxis officiels ou les services de VTC (comme Uber et Bolt) ainsi que les services d’hôtels pour les trajets urbains et nocturnes.

Bus interurbains réputés

Pour les longs trajets, optez pour des compagnies de bus interurbains reconnues pour leur fiabilité. Renseignez-vous au préalable.

Il est important d’éviter les taxis attrapés au hasard dans la rue, surtout la nuit, et de ne jamais monter dans un véhicule déjà occupé par d’autres « passagers » inconnus. Une part des « express kidnappings » documentés à Dar es Salaam ont été commis par des chauffeurs (taxis ou VTC) ou avec leur complicité.

Ferries, bateaux et pirates

La Tanzanie a connu plusieurs naufrages meurtriers sur des liaisons intérieures (Dar es Salaam–Zanzibar, entre îles de Zanzibar, routes du « Lake Zone »). La cause principale : surcharge de passagers et entretien insuffisant des navires.

Les recommandations sont claires :

– utiliser uniquement des compagnies réputées pour la traversée Dar–Zanzibar ;

– refuser de monter sur un bateau visiblement surchargé ou mal entretenu ;

– repérer les gilets de sauvetage et les issues de secours en embarquant.

Au large, dans le golfe d’Aden et au large de la Somalie, les actes de piraterie restent une menace importante ; les voiliers de plaisance sont invités à éviter la zone classée à haut risque. Pour un expatrié, ce point concerne surtout les projets de navigation hauturière.

Santé, hôpitaux et urgences : sécuriser le versant médical

Sur le plan sanitaire, la Tanzanie n’offre pas les standards d’Europe de l’Ouest ou d’Amérique du Nord. Même à Dar es Salaam, les hôpitaux publics sont surchargés et sous‑dotés. Dans les villes principales, des structures privées de qualité acceptable existent, mais les coûts peuvent rapidement exploser, surtout pour une expatriation de longue durée.

Risques de santé majeurs

Le pays se situe dans une zone à forte charge infectieuse :

malaria : présente dans toutes les régions en dessous d’environ 1 800 m. Une chimioprophylaxie est recommandée pour la majorité des itinéraires, y compris pour une vie d’expat au niveau de la mer (Dar, Zanzibar).

maladies tropicales : dengue, chikungunya, fièvre de la Vallée du Rift, schistosomiase (eau douce), fièvre typhoïde, choléra.

arboviroses et zoonoses graves : fièvre jaune (vaccination exigée si l’on transite par un pays d’endémie), rage (forte circulation chez les chiens et animaux sauvages), mpox, Marburg, poliovirus dérivé de vaccin.

tuberculose, VIH/sida et autres IST.

La prévention repose sur une combinaison :

Astuce :

Pour un voyage en Afrique subsaharienne, une consultation de médecine des voyages est recommandée 4 à 8 semaines avant le départ. Il est essentiel de vérifier que le calendrier vaccinal est à jour (hépatites A et B, typhoïde, polio, ROR, DTP, et éventuellement choléra, rage, méningite). Pour se protéger des piqûres de moustiques, utilisez des moustiquaires imprégnées, des répulsifs et portez des vêtements longs le soir. Évitez tout contact avec l’eau douce stagnante (lacs, rivières, canaux) pour limiter le risque de bilharziose. Enfin, consommez uniquement de l’eau embouteillée, filtrée ou bouillie, car l’eau du robinet n’est généralement pas potable.

Système de soins et assurances

Les infrastructures d’urgence préhospitalières sont très limitées : il n’existe pas de service public d’ambulance réellement opérationnel sur tout le territoire. Quelques opérateurs privés (Knight Support, AAR, AMREF Flying Doctors pour les évacuations aériennes) proposent des services dans les grandes villes et certains parcs.

Pour les cas graves, il est courant d’envisager un transfert vers Nairobi ou l’Afrique du Sud. Une évacuation médicale internationale peut coûter plus de 20 000 €, d’où l’importance cruciale d’une assurance santé internationale avec couverture d’évacuation.

On trouve néanmoins des hôpitaux de référence :

– à Dar es Salaam : Aga Khan Hospital, Muhimbili National Hospital, Regina/Regency Medical Centre, cliniques privées diverses ;

– à Moshi/Arusha : Kilimanjaro Christian Medical Centre (KCMC), Selian Lutheran Hospital ;

– à Mwanza : Weill Bugando Medical Centre ;

– à Zanzibar : Mnazi Mmoja Hospital et cliniques privées.

Bon à savoir :

Les expatriés privilégient généralement le secteur privé, couplé à une assurance internationale ou locale haut de gamme (comme Jubilee ou GeoBlue). Dès votre arrivée, il est conseillé de vous rendre dans les établissements de santé proches de votre domicile pour noter les services proposés, les coordonnées et les modalités de paiement.

Numéros d’urgence et organisation personnelle

Les numéros officiels d’urgence sont : 112 pour les urgences médicales en Europe, 15 pour le SAMU en France, 18 pour les pompiers, et 17 pour la police.

112 pour la police (et dans certaines sources, pour police/ambulance/pompiers),

114 pour les urgences médicales,

111 pour les pompiers,

– services complémentaires (Red Cross, Wildlife, Poison Control, etc.).

La fiabilité de ces lignes varie selon la région et l’opérateur mobile, avec des retours meilleurs pour Vodacom et Halotel concernant le 114 dans certaines zones. Les appels d’urgence sont en principe gratuits, et la plupart des opérateurs parlent swahili et, dans les grandes villes, un anglais fonctionnel.

Pour un expatrié, une check‑list indispensable inclut :

sauvegarder les numéros d’urgence dans son téléphone et sur papier ;

prendre une carte SIM locale (Vodacom, Airtel, Tigo, Halotel) pour maximiser la couverture ;

– identifier l’hôpital privé le plus proche et mémoriser ses numéros ;

– vérifier si son assurance travaille avec des prestataires d’ambulances et comment les joindre ;

– disposer d’une trousse de premiers secours et de médicaments courants, surtout en province.

Environnement politique, terrorisme et liberté d’expression

La Tanzanie reste historiquement plus stable que certains voisins. Le pays a connu une transition constitutionnelle pacifique en 2021 avec l’arrivée de la présidente Samia Suluhu Hassan. Mais des tensions existent : domination d’un parti au pouvoir depuis des décennies, corruption persistante, espace médiatique réduit.

Manifestations et troubles

Les élections générales peuvent être des moments sensibles. Les scrutins passés à Zanzibar ont parfois dégénéré, et les élections de 2025 ont donné lieu à des manifestations violentes, avec décès et blessés. Lors de ces épisodes, les autorités n’hésitent pas à :

Mesures de sécurité

Ensemble de mesures pouvant être mises en œuvre pour assurer la sécurité publique et le contrôle d’une situation.

Déploiement des forces

Déploiement large et visible des forces de sécurité sur le terrain.

Contrôle des déplacements

Instauration de checkpoints et de restrictions de mouvement pour filtrer la circulation.

Restriction numérique

Limitation de l’accès à Internet et aux réseaux sociaux pour contrôler l’information.

Suspension des transports

Interruption temporaire de certains moyens de transport comme les vols, ferries ou trains.

Couvre-feu

Imposition de couvre-feux temporaires pour réguler les déplacements nocturnes.

Pour un expatrié, la conduite à tenir est simple :

rester à l’écart de toute manifestation ou rassemblement politique ;

suivre l’actualité locale via des sources multiples (médias, groupes expats, ambassades) ;

– anticiper des réserves de cash, carburant, médicaments, eau et nourriture en période électorale ;

– éviter les commentaires politiques publics, y compris sur les réseaux sociaux.

Terrorisme : risque localisé mais réel

Le principal foyer de risque terroriste est la frontière sud avec le Mozambique, dans la région de Mtwara, où des groupes affiliés à l’État islamique de Mozambique ont déjà mené des attaques, notamment à Kitaya en 2020. Des groupes liés à Al‑Shabaab (Somalie) sont également actifs à l’échelle régionale.

Les cibles potentielles incluent :

postes de sécurité et forces armées,

lieux de culte,

hôtels, restaurants, bars fréquentés par les étrangers,

hubs de transport et grandes foules.

Ce risque reste très éloigné du quotidien d’un expatrié basé à Dar es Salaam, Arusha ou Zanzibar et menant une vie ordinaire, mais il justifie une vigilance accrue lors de grands événements, fêtes religieuses et rassemblements.

Les conseils usuels s’appliquent : éviter les foules inutiles, surveiller son environnement dans les lieux publics, suivre les consignes de sécurité locales et de son ambassade.

Droits, lois locales et sujets sensibles

Vivre en Tanzanie signifie se soumettre au droit local, y compris lorsqu’il diffère radicalement des normes de son pays d’origine.

Thématiques particulièrement sensibles

Plusieurs points exigent une prudence renforcée :

Attention :

La législation tanzanienne est très stricte dans plusieurs domaines. La détention de drogues est sévèrement punie. Les relations homosexuelles sont illégales sur tout le territoire, y compris à Zanzibar, et peuvent mener à des arrestations. L’expression politique critique, notamment sur les réseaux sociaux ou lors de manifestations, est risquée et peut entraîner une détention. La photographie d’infrastructures stratégiques (militaires, aéroports, ponts) est interdite sans autorisation. Enfin, la collecte d’éléments naturels (coraux, coquillages, faune) est réglementée et soumise à permis.

Codes vestimentaires et respect religieux

Dans l’ensemble du pays, la tenue modeste est valorisée, surtout en dehors des zones touristiques de plage. C’est particulièrement vrai à Zanzibar et Pemba, à majorité musulmane quasi totale.

Quelques repères :

Bon à savoir :

Dans les villes, marchés et administrations, il est nécessaire de couvrir les épaules et les genoux. Évitez les vêtements très moulants ou transparents en dehors des resorts. À Zanzibar, notamment à Stone Town, des amendes de plusieurs centaines de dollars peuvent être appliquées aux touristes et à leurs guides pour une tenue jugée « inappropriée ».

Pendant le Ramadan, manger, boire ou fumer ostensiblement en public le jour est mal vu, voire offensant. Mieux vaut consommer dans les hôtels, restaurants ou espaces privés.

Gestion des interactions avec la police

En cas de contrôle, mieux vaut rester calme, respectueux et patient. Il est possible de demander le nom, le grade et le lieu d’affectation de l’agent. La loi prévoit que l’on doit donner au minimum son nom et son adresse ; le reste des questions peut faire l’objet d’un conseil juridique, surtout si l’on est soupçonné d’un délit.

Si vous êtes arrêté, vous avez droit à l’assistance d’un avocat et à informer votre ambassade ou haut‑commissariat. Les missions diplomatiques tiennent des listes d’avocats locaux, sans toutefois endosser de responsabilité sur leurs prestations.

Culture, codes sociaux et sécurité informelle

La sécurité ne dépend pas seulement de policiers et de clôtures, mais aussi de la qualité des relations sociales. La Tanzanie est une société collectiviste, où famille, clan et voisinage jouent un rôle essentiel.

Politesse, respect et « face »

Les Tanzaniens sont généralement chaleureux, polis et attachés aux formes. Les salutations sont centrales : on prend le temps de demander comment va la personne, sa famille, son travail. Avec les aînés, une salutation spécifique (« Shikamoo » / « Marahaba »), parfois accompagnée d’une légère inclinaison, exprime le respect.

Astuce :

Dans les interactions quotidiennes, il est important d’éviter une attitude trop directe, agressive ou impatiente, qui est généralement mal perçue. Pour désamorcer les tensions, notamment dans des situations administratives ou avec la police, privilégiez l’usage de l’humour, un ton posé et des formules de politesse en swahili, comme « Habari » (Bonjour/Comment ça va ?) et « Asante sana » (Merci beaucoup).

Cette dimension culturelle a un impact concret sur la sécurité : un expatrié qui respecte les codes locaux, salue ses voisins, discute avec les gardiens et commerçants, bénéficie souvent d’un réseau de vigilance informelle autour de lui.

Religion, genre et comportements attendus

Le pays est très religieux (chrétien sur le continent, musulman à Zanzibar, avec des croyances traditionnelles persistantes). La modestie et la discrétion sont des valeurs cardinales, notamment pour les femmes.

Attention :

Les femmes expatriées qui voyagent seules sont invitées à prendre des précautions spécifiques et à se renseigner sur les pratiques locales pour assurer leur sécurité et leur bien-être.

choisir des hébergements avec bonne réputation et sécurité renforcée ;

– éviter de marcher seules tard le soir ;

limiter les interactions trop familières avec des inconnus insistants ;

– s’habiller de manière couvrante hors plage ;

– refuser poliment mais fermement les propositions suspectes (sorties, transport, boissons).

Ces mesures ne visent pas à restreindre leur liberté, mais à tenir compte des réalités signalées : cas de harcèlement verbal, agressions sexuelles, prise en charge parfois insuffisante par les autorités.

Intégration expatriée : réseaux, école, travail, logement

Pour transformer un environnement « moyennement risqué » en cadre de vie plaisant, la clé est l’intégration dans des réseaux fiables et la structuration de son quotidien.

Réseaux d’expatriés et vie sociale

De nombreuses structures facilitent l’insertion :

communautés en ligne (InterNations Tanzanie, Expat.com, « The Tanzania (TZ) Connection » à Dar es Salaam, etc.) ;

clubs locaux (Corona Tanzania, Dar Hash House Harriers, clubs de cyclisme, chorales, clubs de natation ou de voile) ;

groupes professionnels ou nationaux (Cambrian Society pour les Gallois, associations d’affaires, etc.).

Ces réseaux jouent un rôle central pour :

Bon à savoir :

Pour une installation réussie, il est crucial de trouver un logement fiable et d’identifier de bons prestataires (avocats, médecins, mécaniciens, nounous). Il faut aussi se renseigner sur les zones à éviter, les risques actuels, ainsi que les manifestations ou tensions politiques. Enfin, créer une vie sociale stable a un impact positif direct sur le sentiment de sécurité.

Éducation et santé des enfants

Le système public tanzanien reste loin des standards occidentaux. La plupart des expatriés choisissent des écoles privées internationales, concentrées autour de Dar es Salaam, Arusha et Moshi.

Les établissements comme International School of Tanganyika, Braeburn Dar es Salaam, Haven of Peace Academy, Aga Khan International School proposent des cursus IB ou britanniques. Les frais sont élevés (jusqu’à plus de 30 000 USD/an pour les niveaux supérieurs), mais la qualité et la sécurité du cadre sont généralement au rendez‑vous.

Sur le plan médical, il est crucial d’anticiper :

Bon à savoir :

Avant le départ, planifiez la vaccination des enfants (typhoïde, hépatites, et rage si contact avec des animaux prévu). Identifiez sur place un pédiatre ou une clinique pédiatrique de confiance. Prévoyez également un plan d’évacuation médicale en cas de pathologie grave.

Travail, revenus et précarité relative

Le marché du travail est ouvert en priorité aux Tanzaniens ; les permis de travail de classe B ne sont délivrés aux étrangers que si aucune compétence locale équivalente n’est disponible. Pour un expatrié, venir avec un contrat pré‑négocié, dans un domaine recherché (ingénierie, IT, énergie, santé, éducation internationale, tourisme haut de gamme) réduit fortement la précarité.

Le coût de la vie, surtout si l’on adopte un mode de consommation local (alimentation, vêtements, services), reste sensiblement inférieur à celui de l’Europe. Mais les postes « expat » (loyer en quartier premium, école internationale, assurance santé internationale) pèsent lourd. Un budget d’installation réaliste, incluant plusieurs mois de loyer d’avance, frais de scolarité et assurance, évite le recours à des solutions de logement ou de transport plus risquées.

Nature, parcs et safaris : sécurité hors des villes

L’une des grandes forces de la Tanzanie est son réseau de parcs nationaux et de réserves, qui couvre plus de 40 % du territoire. Ces zones sont généralement bien gérées, avec une bonne qualité de guidage et une sécurité tournée vers les risques naturels plutôt que criminels.

Safaris et faune sauvage

Dans les parcs emblématiques (Serengeti, Ngorongoro, Tarangire, Nyerere, Lake Manyara, Gombe, etc.), les principales menaces sont liées :

Attention :

Les principaux dangers lors d’un safari incluent : les comportements imprudents face aux animaux (descendre du véhicule sans autorisation, s’approcher trop près, sortir la nuit dans les camps) ; les conditions de route difficiles (pistes boueuses ou inondées, pannes loin de tout) ; et l’éloignement des structures de soins en cas d’urgence.

Les recommandations constantes sont de :

n’utiliser que des opérateurs agréés, référencés par l’Association tanzanienne des tour‑opérateurs (TATO) ;

suivre scrupuleusement les consignes des guides ;

– ne jamais se promener seul dans la brousse ou hors des zones sécurisées ;

– vérifier les couvertures d’assurance (y compris hélicoptère ou avion sanitaire si l’on s’aventure sur le Kilimandjaro ou en zone très isolée).

Kilimandjaro et trek de haute altitude

L’ascension du Kilimandjaro n’est pas principalement un risque criminel : les dangers viennent de l’altitude, du froid, de la fatigue et du manque de préparation. Chaque année, des randonneurs sont gravement malades ou meurent sur la montagne, alors que les capacités de sauvetage sont limitées.

Astuce :

Pour les expatriés qui envisagent l’ascension, il est recommandé de :

choisir une agence enregistrée, avec guides licenciés (TALA) et respect des standards KPAP pour les porteurs ;

éviter les offres trop bon marché, souvent synonymes de coupes sur la sécurité ;

– opter pour un itinéraire plus long (7 à 9 jours) pour réduire le risque de mal aigu des montagnes ;

– souscrire une assurance couvrant l’altitude et l’évacuation.

Vers une expatriation sereine : synthèse des réflexes à adopter

Vivre en Tanzanie en expatrié n’a rien d’impossible, bien au contraire. De nombreux étrangers y résident durablement, élèvent leurs enfants, montent des entreprises et profitent d’un cadre naturel exceptionnel. Le pays est politiquement plus stable que d’autres États de la région, et les zones touristiques sont plutôt bien sécurisées.

Mais la sérénité n’est pas automatique. Elle repose sur une combinaison de facteurs :

Bon à savoir :

Pour une expatriation réussie et sécurisée au Kenya, plusieurs aspects sont à considérer. Privilégiez un quartier adapté en vérifiant son niveau de sécurité, l’accès aux soins, aux écoles et aux transports. Souscrivez une assurance santé robuste incluant une couverture d’évacuation et préparez-vous médicalement (vaccins, traitements anti-paludiques, trousse d’urgence). Adoptez des habitudes de prudence constante : discrétion financière, choix vigilants des taxis, méfiance envers les offres trop alléchantes et vigilance la nuit. Comprenez et respectez les codes sociaux, comme le respect des aînés, une tenue vestimentaire adaptée, la discrétion sur les sujets politiques et religieux, et l’usage de formules de politesse en swahili. Intégrez-vous à la fois dans les réseaux d’expatriés et locaux pour échanger informations et bonnes adresses. Enfin, suivez attentivement les avis de sécurité officiels et l’actualité nationale, particulièrement en période électorale ou de tensions régionales.

En combinant ces éléments, la Tanzanie peut devenir un lieu de vie à la fois sûr, stimulant et profondément enrichissant. La beauté des parcs, la chaleur des rencontres et la richesse culturelle compensent largement les contraintes, à condition de rester lucide et organisé. Dans ce contexte, la sécurité n’est pas un obstacle à l’expatriation, mais un chantier à gérer avec la même rigueur que les visas, l’école des enfants ou le contrat de travail.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un futur retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier de plus d’un million d’euros bien structuré en Europe, souhaite s’expatrier en Tanzanie pour réduire sa fiscalité, diversifier ses investissements et garder un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 € pour un accompagnement complet (conseil fiscal international, formalités de séjour, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après étude de plusieurs destinations (Grèce, Chypre, Maurice, Émirats), la stratégie retenue a consisté à cibler la Tanzanie, combinant coût de vie très bas (Dar es Salam ou Arusha ~50 % moins chers que Paris), statut de non-résident fiscal français, et opportunités immobilières et touristiques en Afrique de l’Est. La mission a couvert : audit pré‑expatriation (exit tax, conventions fiscales FR‑TZ), obtention du permis de résidence, choix d’une résidence principale, organisation santé (assurance privée internationale), transfert des relations bancaires, plan de coupure des liens fiscaux français (séjour >183 jours/an hors de France, centre des intérêts économiques en Tanzanie), et intégration locale via un réseau bilingue (avocat, immigration, immobilier). L’accompagnement permet des économies fiscales significatives et une meilleure diversification tout en maîtrisant les risques (double imposition, contrôles français, adaptation culturelle et juridique).

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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