Le marché du travail en Tanzanie : quelles vraies opportunités pour les expatriés ?

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer et travailler en Tanzanie attire de plus en plus de cadres, d’ingénieurs, de professionnels de la santé ou de l’humanitaire. Le pays cumule plusieurs atouts – croissance soutenue, coût de la vie encore abordable, stabilité politique relative, forte demande de compétences – mais impose aussi un cadre légal strict pour l’emploi des étrangers et un marché très polarisé entre bas salaires locaux et rémunérations élevées pour les profils rares.

Bon à savoir :

Pour les expatriés envisageant une carrière en Tanzanie, il est essentiel de comprendre le paysage économique et professionnel, en s’appuyant sur des données chiffrées. Cette analyse est valable pour les principales villes comme Dar es Salaam, Arusha, Dodoma, ainsi que pour Zanzibar.

Un pays en croissance, mais un marché du travail sous tension

La Tanzanie a rejoint le rang des pays à revenu intermédiaire inférieur, avec une économie diversifiée entre agriculture, services, tourisme, mines, énergie et technologies de l’information. La croissance se maintient autour de 5–6 % par an, tirée par l’investissement, l’agriculture, le tourisme, la construction, l’énergie et les services financiers. Le PIB avoisine 175 milliards de dollars, ce qui en fait la deuxième économie d’Afrique de l’Est.

800000

C’est le nombre de nouveaux entrants qui arrivent chaque année sur le marché du travail.

Seuls 10 à 14 % des travailleurs occupent un emploi salarié formel, et plus de 80 % des emplois non agricoles sont informels. L’agriculture concentre près de 60 % des actifs et jusqu’à 70 % des travailleurs ruraux, alors même que la productivité reste faible et très exposée aux aléas climatiques.

Dans ce contexte, l’arrivée de travailleurs étrangers est politiquement sensible : le législateur répète que les expatriés ne doivent être recrutés que là où les compétences locales manquent, et qu’ils ont l’obligation de transférer leur savoir-faire aux Tanzaniens.

Salaires : écart massif entre moyenne locale et rémunérations expatriées

Pour mesurer les opportunités réelles pour un expatrié, il faut d’abord poser le décor salarial. Au niveau national, les chiffres montrent des rémunérations très modestes pour la population locale.

Niveaux de salaires pour les locaux

Différentes sources convergent vers un salaire mensuel moyen autour de 400 000 à 500 000 TZS, soit environ 170 à 215 dollars. Le salaire médian gravite autour de 400 000 TZS (environ 148 dollars), ce qui signifie que la moitié des travailleurs gagne moins que ce montant. Les bas revenus démarrent autour de 150 000 TZS par mois, tandis que les profils les mieux payés – dans l’échantillon des salariés pris en compte – peuvent atteindre 1 000 000 TZS par mois.

Pour donner un aperçu plus complet, voici une synthèse des niveaux de salaires nationaux annoncés dans les sources :

IndicateurMontant en TZSCommentaire
Salaire mensuel moyen (fourchette)400 000 – 500 000≈ 170–215 USD
Autre moyenne citée513 261≈ 190 USD
Salaire mensuel médian400 000≈ 148 USD
Salaire annuel médian15 719 900
Bas de fourchette mensuelle150 000salaires les plus bas
Haut de fourchette mensuelle1 000 000salaires les plus élevés dans l’échantillon
Fourchette annuelle indicative3 829 500 – 67 681 200très grande dispersion

À Dar es Salaam, capitale économique et premier bassin d’emplois qualifiés, les niveaux moyens sont plus élevés. On y trouve un salaire annuel typique autour de 17 278 100 TZS, avec un salaire médian à 18 598 500 TZS, soit nettement au-dessus de la moyenne nationale. La fourchette va d’environ 4,4 millions à plus de 77 millions de TZS par an, ce qui reflète la concentration de postes de cadres, d’ingénieurs, de professionnels de la finance ou de la tech, mais aussi le coût de la vie plus élevé en ville.

Le minimum légal et les disparités sectorielles

Le salaire minimum national est fixé à 150 000 TZS par mois (environ 55 dollars), avec une dernière revalorisation en 2023. Ce montant varie fortement selon les secteurs, ce qui donne une idée de la hiérarchie de rémunération de base dans l’économie tanzanienne.

SecteurSalaire minimum mensuel (TZS)
Services agricoles140 000
Santé195 000
Communication225 000 – 500 000
Service domestique / hôtellerie120 000 – 300 000
Sécurité privée148 000 – 222 000
Énergie225 000 – 592 000
Transport300 000 – 390 000
Construction320 000 – 420 000
Mines250 000 – 500 000
Écoles privées207 000
Commerce / industrie / services150 000 – 592 000
Pêche et secteur maritime238 000
Autres secteurs150 000

Dans la pratique, la majorité des Tanzaniens restent en‑deçà de seuils permettant une vie confortable, surtout en ville, ce qui explique la multiplication des activités parallèles et la pluri‑activité informelle.

Rémunérations des expatriés et des profils très qualifiés

À l’autre extrémité de l’échelle, les expatriés et certains profils hautement qualifiés, souvent employés par des multinationales, des ONG internationales ou des grandes entreprises de la finance, de l’énergie ou des télécoms, se situent dans une tout autre galaxie salariale.

Attention :

Les fourchettes de salaire mensuel brut pour les expatriés occupant des postes qualifiés sont régulièrement citées comme référence.

Secteur / fonctionFourchette mensuelle (TZS)
Pétrole & gaz18 000 000 – 30 000 000
Mines14 000 000 – 26 000 000
ONG / organisations internationales16 000 000 – 35 000 000
Santé (spécialistes)12 000 000 – 25 000 000
Construction / ingénierie10 000 000 – 22 000 000
Informatique / télécom8 000 000 – 20 000 000
Aviation / maritime15 000 000 – 28 000 000
Enseignement international6 000 000 – 15 000 000
Tourisme haut de gamme / hôtellerie5 000 000 – 12 000 000
Droit / conformité10 000 000 – 20 000 000

Certains métiers se distinguent comme particulièrement rémunérateurs. Les chirurgiens et spécialistes médicaux peuvent toucher entre 8 et 12 millions de TZS par mois, les juristes d’affaires autour de 6 à 9 millions, ou encore les cadres financiers, managers marketing et directeurs de projets entre 3 et 6,5 millions.

Exemple :

Les fonctions de direction illustrent bien la polarisation salariale : au sein d’une même entreprise, on peut observer d’importants écarts de rémunération entre les dirigeants exécutifs (comme le PDG ou le directeur financier) et les cadres intermédiaires, bien que tous occupent des postes de direction. Cette divergence s’explique souvent par des différences dans les responsabilités, les enjeux stratégiques et les mécanismes de rémunération (salaires fixes, bonus, actions).

ProfessionSalaire mensuel typique (TZS)
Directeur général (CEO)≈ 4 251 950
Directeur informatique (IT)≈ 3 350 460
Directeur financier≈ 2 600 000 – 2 800 000
Chef de projet≈ 1 480 000
Responsable commercial≈ 2 100 000

On le voit, le marché du travail tanzanien juxtapose une masse de travailleurs pauvres ou modestes et une minorité de professionnels bien rémunérés, dont une partie est constituée d’expatriés.

Coût de la vie : salaire local moyen et budget expatrié ne racontent pas la même histoire

La question cruciale pour tout candidat à l’expatriation reste le rapport entre revenus possibles et coût de la vie. Les données montrent un décalage saisissant entre le salaire moyen local et ce qu’il faut réellement dépenser pour vivre confortablement à Dar es Salaam.

Pour un Tanzanien, les coûts de base sont déjà lourds par rapport à son revenu : pour une personne seule, les dépenses mensuelles hors loyer tournent autour de 1 240 000 TZS, soit près de 80 % au‑dessus du salaire moyen. Pour une famille de quatre, les coûts hors loyer approchent 4,3 millions de TZS, plus de six fois le salaire moyen.

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Le loyer mensuel moyen d’un appartement d’une chambre hors centre-ville à Dar es Salaam représente plus de 65% du salaire net moyen.

Pour un expatrié, les estimations convergent vers un budget mensuel (loyer inclus) d’environ 800 à 1 150 dollars pour un style de vie simple, et jusqu’à 2 300 à 2 700 dollars pour un niveau de confort élevé. Un mode de vie « budget » très serré pourrait descendre entre 400 et 500 dollars, mais cela implique des compromis sur le logement, les sorties, l’assurance santé et la scolarité éventuelle.

Autrement dit, un salaire d’expatrié confortable se situe en pratique autour de 3 à 5 millions de TZS par mois au minimum, et plus souvent au‑delà de 8 à 10 millions pour les postes qualifiés. En dessous, maintenir un niveau de vie « international » (logement correct, école privée, assurance santé solide, voyages réguliers) devient difficile.

Facteurs qui influencent les salaires : expérience, diplôme, secteur, ville

Les écarts de salaires ne s’expliquent pas uniquement par le statut d’expatrié : localisation, niveau d’expérience, diplôme, secteur d’activité, genre et type d’employeur jouent aussi un rôle important.

Les urbains, notamment à Dar es Salaam, bénéficient de salaires plus élevés, en contrepartie d’un coût de la vie plus lourd. Les zones rurales restent dominées par l’agriculture de subsistance et l’informel, avec des revenus faibles et irréguliers.

Sur le plan de l’expérience, la progression salariale est très nette. Un tableau de salaires bruts mensuels moyens par ancienneté illustre cette montée en puissance :

Expérience professionnelleSalaire mensuel moyen (TZS)
0 – 2 ans937 205
2 – 5 ans1 257 838
5 – 10 ans1 418 916
10 – 15 ans1 514 567
15 – 20 ans1 655 753
20 ans et plus1 811 765

Entre un débutant et un professionnel de plus de 20 ans d’expérience, le salaire moyen progresse ainsi de plus de 90 %. Les augmentations sont également indexées sur l’expérience : un junior peut espérer 3 à 5 % de hausse annuelle, un cadre intermédiaire de 6 à 9 %, un senior de 10 à 15 %, et un top manager jusqu’à 15–20 % dans certains secteurs.

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Un titulaire de certificat ou de diplôme gagne en moyenne 17 % de plus qu’un bachelier.

Côté secteur, les plus gros salaires se retrouvent logiquement dans les télécoms, la finance, la banque, les mines, l’énergie et les technologies de l’information. À l’inverse, l’agriculture et l’informel restent peu rémunérateurs.

Bon à savoir :

En moyenne, les salariés du secteur public gagnent environ 7 % de plus que ceux du privé à poste équivalent. Par ailleurs, les hommes gagnent environ 7 % de plus que les femmes sur l’ensemble des professions. Les femmes restent moins nombreuses dans les postes de management, même si leur nombre a plus que doublé en dix ans.

Secteurs porteurs pour les expatriés : énergie, mines, santé, ICT, ONG, tourisme

Dans ce paysage très contrasté, quelles sont les niches où un expatrié a réellement des cartes à jouer ? Les données mettent en lumière plusieurs secteurs de prédilection.

L’énergie et les hydrocarbures constituent sans doute l’un des marchés les plus prometteurs. De vastes gisements de gaz offshore ont été découverts au large de Lindi et Mtwara, attirant des acteurs comme Shell, Equinor ou ExxonMobil. Les profils d’ingénieurs pétroliers, géologues, chefs de projet ou techniciens spécialisés y sont fortement recherchés.

Astuce :

La Tanzanie est le quatrième producteur d’or d’Afrique et dispose de ressources variées comme des diamants, de la tanzanite, du charbon et de nombreuses pierres précieuses. Des groupes miniers internationaux, tels que Barrick Gold ou AngloGold Ashanti, y recrutent des profils spécialisés comme des ingénieurs miniers, des managers environnement, des géotechniciens ou des responsables de conformité, valorisant ainsi une expertise technique et réglementaire.

Le secteur de la santé, surtout privé, recrute lui aussi à l’international. Les spécialistes médicaux, chirurgiens, radiologues ou cadres hospitaliers sont rares localement. Des hôpitaux comme Aga Khan ou Regency Medical Centre offrent des rémunérations attractives pour attirer ces profils.

Le secteur des ONG et des organisations internationales (Nations unies, Banque mondiale), agences de coopération, grandes ONG internationales) reste un pôle majeur d’accueil de compétences étrangères : chefs de programme, spécialistes du suivi‑évaluation, experts en santé publique ou en économie du développement peuvent y prétendre à des packages souvent supérieurs aux standards locaux, parfois exonérés d’impôts et assortis d’avantages (logement, assurance, éducation des enfants).

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La Tanzanie compte plus de 54 hubs d’innovation, illustrant la dynamique de son secteur numérique.

Le tourisme et l’hôtellerie, enfin, constituent un champ traditionnel d’emplois expatriés : directeurs d’hôtel, responsables d’opérations de safaris, spécialistes marketing du tourisme haut de gamme ou formateurs en hospitalité sont recherchés à Zanzibar, autour du Serengeti ou du Kilimandjaro. Le pays a accueilli plus de 5 millions de touristes récemment, et ce secteur pèse plus de 16–17 % du PIB et près d’un quart des exportations.

Villes et zones les plus attractives pour travailler

Le marché de l’emploi expatrié est très concentré géographiquement. Dar es Salaam tient le premier rôle : capitale économique et financière, principale porte d’entrée internationale via l’aéroport Julius‑Nyerere, c’est là que se trouvent la majeure partie des sièges de banques, compagnies télécom, grands hôpitaux privés, agences onusiennes et ONG internationales.

Bon à savoir :

Arusha est une ville majeure de Tanzanie, reconnue comme un centre touristique pour les safaris et les parcs nationaux, ainsi qu’un hub diplomatique abritant le siège de la Communauté d’Afrique de l’Est et plusieurs tribunaux internationaux. Les opportunités professionnelles y sont nombreuses dans les ONG, le secteur touristique, les services aux expatriés et les écoles internationales.

Dodoma, capitale politique, concentre les ministères, agences publiques et postes de conseil ou d’appui technique auprès du gouvernement. Zanzibar, de son côté, attire surtout dans l’hôtellerie, la restauration, la gestion de resorts et les services liés au tourisme balnéaire.

D’autres villes comme Mwanza (carrefour commercial sur le lac Victoria, proche de zones minières), Moshi (au pied du Kilimandjaro, avec une tradition de présence étrangère) ou Mtwara (pôle gazier) offrent des niches intéressantes mais plus spécialisées.

Un cadre légal exigeant : le travail des étrangers étroitement encadré

Pour un expatrié, la question n’est pas seulement de trouver un poste, mais surtout d’obtenir – et de garder – un permis de travail. La Tanzanie a mis en place un arsenal juridique dense pour encadrer l’emploi des non‑citoyens.

Bon à savoir :

Plusieurs textes clés, dont notamment le Non‑Citizens Employment (Regulations) Act de 2015, régissent l’embauche de travailleurs étrangers. Le principe central est double : elle n’est autorisée qu’en cas de pénurie de compétences locales et doit obligatoirement s’accompagner d’un plan de transfert de savoir‑faire au profit des Tanzaniens.

En coulisses, plusieurs ministères et organismes interviennent : Département de l’Immigration, Ministère du Travail, Ministère chargé de la Fonction publique, Centre d’investissement tanzanien (TIC). Un comité tripartite des permis de travail, incluant syndicats (TUCTA), organisations patronales (ATE) et autorités publiques, examine régulièrement les demandes.

Les professions réglementées – ingénieurs, comptables, médecins, avocats, enseignants – nécessitent en plus une validation de l’ordre ou du board professionnel concerné avant tout délivrance de permis.

10

Le ratio officiel entre employés locaux et étrangers en Tanzanie est fixé à 10 nationaux pour 1 expatrié.

Les inspecteurs du travail et de l’immigration disposent d’un droit de visite des lieux de travail. Toute cessation de contrat d’un étranger doit être déclarée dans les 14 jours au Commissaire au travail, et le permis de travail et de séjour restitué pour annulation.

Pour certains profils – investisseurs, conjoints de Tanzaniens, postes jugés stratégiques – des dérogations peuvent être accordées par le ministre du Travail.

Permis de travail et de séjour : catégories, coûts, durée

Le système de permis distingue plusieurs classes, qui couvrent l’essentiel des situations possibles pour un expatrié.

Le permis de séjour de classe A vise les investisseurs, entrepreneurs et personnes créant ou dirigeant une entreprise en Tanzanie, souvent avec des exigences de capital minimum (par exemple, 300 000 USD pour certains investisseurs hors dispositifs TIC). La classe B concerne les employés qualifiés embauchés par une entreprise locale ou internationale, et la classe C couvre un spectre plus large incluant missionnaires, volontaires, étudiants, chercheurs ou retraités.

1500

Le coût du permis de séjour associé à un permis de travail pour un expatrié au Cambodge peut atteindre ce montant en dollars US.

Des passes temporaires existent pour des missions de courte durée, jusqu’à trois mois, sous forme de Short‑Term Work Permits, remplaçant d’anciens dispositifs dits CTA. Un « Special Pass » peut être accordé pour régulariser un changement d’employeur ou des situations transitoires, moyennant des frais supplémentaires.

Astuce :

Les délais de traitement d’une demande de permis de travail sont généralement compris entre quatre et huit semaines, voire davantage. Une fois obtenu, le permis est valable pour une durée initiale de deux ans. Il est renouvelable, avec une durée totale cumulée pouvant aller jusqu’à cinq ans, à condition de pouvoir démontrer que le transfert de compétences prévu est effectivement en cours et que le poste concerné ne peut toujours pas être pourvu par un candidat local.

Un point important : tout permis de travail est lié à un employeur et à un poste précis. Changer d’employeur impose de déposer une nouvelle demande ; travailler pour un autre employeur sans permis approprié expose à des sanctions lourdes, pouvant aller jusqu’à l’expulsion et à un bannissement.

Quelle est la place réelle des expatriés dans l’économie ?

Malgré l’abondance de discours sur les « étrangers qui volent le travail des Tanzaniens », les chiffres montrent que les expatriés restent une minorité minuscule de la main‑d’œuvre. Dans les zones économiques spéciales (SEZ) et les zones franches d’exportation (EPZ), qui emploient environ 83 000 personnes, les étrangers ne représentent qu’environ 1,2 % des effectifs. À l’échelle nationale, les travailleurs étrangers sont estimés à moins de 1 % de la force de travail.

Attention :

Le pays est confronté à une pénurie de compétences dans des domaines clés, avec 59 % des jeunes travailleurs sous-qualifiés. Le système de formation professionnelle (TVET) présente de graves carences, notamment un manque de plus de 70 000 enseignants techniques à moyen terme, et de nombreux employeurs signalent des difficultés à recruter des profils adaptés.

Cette tension alimente un débat permanent entre syndicats et organisations patronales. Les premiers plaident pour un encadrement plus strict de la main‑d’œuvre étrangère, y voyant un risque de substitution aux emplois nationaux et un facteur de ressentiment social. Les seconds argumentent que l’économie ne pourra pas attirer suffisamment d’investissements et monter en gamme sans recourir, au moins transitoirement, à des compétences importées dans les domaines où la formation locale n’a pas encore suivi.

Le gouvernement tente de marcher sur cette ligne de crête : afficher une politique de « préférence nationale » tout en assouplissant, par touches, le climat des affaires pour ne pas décourager les investisseurs étrangers. Les dernières réformes d’investissement et les simplifications procédurales pour les permis de travail s’inscrivent dans ce mouvement.

Pour un expatrié : quelles chances concrètes de trouver un poste ?

Dans ce contexte, les opportunités existent bel et bien pour les étrangers, à condition de répondre à quelques critères clés.

D’abord, le niveau de qualification doit être élevé et clairement supérieur à ce que l’on trouve localement. Les profils les plus recherchés cumulent souvent une expertise technique pointue, une expérience internationale et, idéalement, une expérience en Afrique ou dans d’autres environnements dits « émergents ». Les métiers de pointe de la tech (cybersécurité, data science, cloud, IA, architecture de systèmes), de l’ingénierie lourde (barrages, chemins de fer, infrastructures), de la santé spécialisée, du management hôtelier haut de gamme, du pilotage de programmes de développement, restent des tickets d’entrée solides.

Bon à savoir :

Pour qu’une demande de permis de travail aboutisse, l’employeur potentiel doit disposer des moyens financiers, administratifs et politiques nécessaires. En pratique, cette capacité est principalement détenue par les grandes entreprises, les multinationales, les ONG internationales et certaines institutions, qui peuvent gérer les procédures et démontrer aux autorités la nécessité de recruter un expatrié.

Les postes dans les ressources humaines, le service client, les fonctions administratives généralistes ou les métiers non qualifiés sont, de fait, quasi fermés aux étrangers, réservés à des Tanzaniens. C’est une ligne rouge claire pour les autorités.

Enfin, un expatrié qui souhaite rester plusieurs années a intérêt à investir dans la formation de collègues locaux et à s’intégrer dans la culture d’entreprise tanzanienne, car c’est un critère scruté lors des renouvellements de permis : montrer que le transfert de compétences fonctionne réellement facilite les prolongations.

Travailler en Tanzanie : au‑delà du salaire, un environnement à bien mesurer

Pour les expatriés, la Tanzanie offre un cocktail particulier : un niveau de vie agréable possible avec un budget raisonnable, un environnement naturel spectaculaire, une société globalement accueillante, mais aussi des infrastructures inégales, un système de santé public fragile et une bureaucratie parfois déroutante.

Le coût de la vie, bien que plus bas qu’en Europe ou en Amérique du Nord, peut grimper vite si l’on vise un confort « occidental » : logement dans les quartiers prisés de Dar es Salaam ou Arusha, scolarité dans une école internationale, couverture santé internationale, voyages fréquents, consommation de produits importés. C’est pourquoi la plupart des expatriés qualifiés visent des postes bien au‑dessus de la moyenne salariale locale.

Bon à savoir :

La culture professionnelle locale valorise fortement les relations interpersonnelles, la politesse et une certaine flexibilité temporelle. Les salutations sont souvent longues et une approche trop directe ou pressée peut être mal perçue. Pour faciliter son intégration, il est recommandé d’apprendre les bases du swahili et de respecter les codes en matière de tenue vestimentaire, de manière de saluer et de gestion de la hiérarchie.

Enfin, l’environnement réglementaire évolue régulièrement. Les règles de permis de travail, les seuils de capital pour les investisseurs, les taxes et contraintes de contenu local peuvent changer, parfois rapidement. Pour un expatrié ou un investisseur, il est indispensable de s’entourer de conseils locaux (avocats, fiscalistes, cabinets de recrutement spécialisés) et de rester à l’écoute des ajustements législatifs.

En guise de conclusion : opportunités réelles, mais filtrées

Le marché du travail en Tanzanie offre de véritables opportunités aux expatriés, notamment dans l’énergie, les mines, la santé, la tech, les ONG, le tourisme haut de gamme, l’enseignement international et certains métiers juridiques ou financiers. Les niveaux de rémunération y sont souvent attractifs en comparaison du coût de la vie, et la progression de carrière peut être rapide dans des secteurs en construction.

Bon à savoir :

L’emploi des étrangers est soumis à deux contraintes majeures : un cadre légal qui le réserve aux compétences rares et exige un transfert de savoir-faire, et un contexte économique difficile marqué par la pauvreté, l’économie informelle, la fragilité sociale et des tensions potentielles liées à l’emploi de travailleurs étrangers dans un marché du travail local déjà tendu pour les jeunes.

Pour un expatrié, le succès d’un projet de carrière en Tanzanie tient donc à plusieurs conditions : un profil réellement différenciant, une entreprise ou organisation solide capable de porter les démarches administratives, une bonne préparation culturelle et linguistique, et une lucidité sur ce que représente vivre et travailler dans un pays en développement, au bénéfice d’une économie en mutation mais encore loin de l’eldorado.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour s’installer en Tanzanie, optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal international, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Portugal, Maurice, Grèce, Émirats), la stratégie retenue a consisté à cibler la Tanzanie pour son coût de vie nettement inférieur à la France (Dar es Salaam et Zanzibar bien moins chers que Paris), un cadre de vie recherché et des opportunités immobilières et touristiques. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, conventions fiscales, risques de double imposition), obtention du titre de séjour de long terme, structuration de l’installation (logement principal, comptes bancaires locaux), détachement ou couverture santé privée internationale, plan de rupture des liens fiscaux français, mise en relation avec un réseau local (avocat, conseil immigration, comptable bilingue) et intégration patrimoniale (analyse des placements, éventuelle création de structure locale pour l’immobilier ou l’activité de location saisonnière).

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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