Gestion financière à l’international : comment organiser ses services bancaires pour expatriés en Tanzanie

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer ou travailler en Tanzanie implique bien plus que trouver un logement et un nouveau rythme de vie. Pour un expatrié, la vraie capacité à “fonctionner” au quotidien se joue dans la gestion de son argent : ouvrir un compte local, recevoir un salaire en shillings tanzaniens, financer un projet immobilier, envoyer de l’argent à sa famille, préparer sa retraite, investir… et tout cela dans un environnement réglementaire et fiscal très spécifique.

Bon à savoir :

Cet article fournit un guide complet sur la gestion financière en Tanzanie pour les expatriés, couvrant le cadre légal, l’ouverture de compte bancaire, les services dédiés à la diaspora, la fiscalité, les transferts d’argent, le contrôle des changes, ainsi que les stratégies d’investissement et de retraite. L’objectif est d’aider à élaborer une stratégie financière claire, cohérente et conforme à la réglementation locale.

Sommaire de l'article masquer

Comprendre le paysage bancaire et réglementaire tanzanien

La Tanzanie dispose d’un système bancaire relativement développé, encadré de manière stricte par les autorités. Pour un expatrié, comprendre ce cadre est la condition de base avant d’ouvrir un compte ou de rapatrier des fonds.

La Banque de Tanzanie (Bank of Tanzania, BOT) est au cœur du dispositif : elle délivre les licences des banques et institutions financières, fixe les grandes règles de change, de crédit, de paiement électronique et publie des circulaires qui peuvent modifier rapidement les pratiques (par exemple sur l’usage des devises, les plafonds de retrait ou l’enregistrement des emprunts externes).

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Le système bancaire tanzanien s’appuie sur une quarantaine de banques commerciales, locales ou filiales de groupes étrangers.

Les frais bancaires sont réglementés : les banques doivent publier leurs grilles tarifaires (frais d’ouverture, de tenue de compte, de retraits, d’émission de relevés, de crédits, etc.). Les services en devises sont possibles, mais dans un cadre de contrôle des changes resserré depuis l’entrée en vigueur des Foreign Exchange Regulations de 2022 puis de nouvelles règles de 2025 qui réaffirment la primauté du shilling tanzanien (TZS) pour les transactions domestiques.

Attention :

Un expatrié peut ouvrir et gérer un compte bancaire, y compris en devises étrangères, mais il doit respecter des règles strictes concernant les flux transfrontaliers, les prêts extérieurs, la détention de comptes à l’étranger et l’usage des devises au quotidien.

Ouvrir un compte bancaire en tant qu’expatrié : conditions, procédures et délais

Contrairement à d’autres pays de la région, la Tanzanie autorise les étrangers à ouvrir des comptes bancaires, y compris des comptes en devises. Le processus est relativement standardisé, mais il ne faut pas sous-estimer la dimension “papier” et les contraintes de conformité (KYC/AML).

Les documents généralement exigés

Pour un expatrié personne physique, la plupart des banques demandent au minimum :

un passeport en cours de validité, avec un visa ou un permis de résidence valable ;

– un justificatif d’adresse locale (facture d’eau ou d’électricité, bail de location, attestation de résidence) ;

– parfois une lettre de référence émise par un employeur, une autre banque ou une institution réputée ;

– une ou deux photos d’identité ;

– un dépôt initial minimum, dont le montant varie fortement selon la banque et le type de compte.

Astuce :

Certaines banques exigent la présence physique du client au guichet pour finaliser l’ouverture d’un compte, même après une pré-demande en ligne. Cette étape est nécessaire pour vérifier les documents originaux et compléter les procédures réglementaires de connaissance client (KYC).

Le délai d’activation se situe généralement entre une et deux semaines, le temps que le dossier soit traité, le compte créé et la carte de débit produite. Il est donc recommandé d’anticiper cette démarche dès l’arrivée ou même, lorsque la banque le permet, avant le départ, en utilisant les services d’ouverture à distance.

Types de comptes accessibles aux étrangers

Les banques tanzaniennes proposent une palette assez large de comptes adaptés aux profils expatriés :

comptes courants pour la gestion quotidienne (salaires, paiements, virements, chèques, carte de débit) ;

– comptes d’épargne, éventuellement rémunérés, parfois avec des bonus en l’absence de retraits ;

– comptes à terme (fixed deposits) avec blocage des fonds sur 3 mois à 5 ans ;

– comptes en devises (USD, EUR, GBP, parfois ZAR, KES, etc.), ouverts aux résidents et non-résidents.

Types de Comptes et Services

Découvrez la gamme complète de produits bancaires, adaptés à chaque profil, et les services numériques qui les accompagnent.

Comptes Courants

Comptes ‘salaire’ pour les particuliers et comptes ‘junior’ spécialement conçus pour les mineurs.

Comptes Professionnels

Comptes PME pour les petites et moyennes entreprises et comptes ‘corporate’ pour les sociétés.

Compte Diaspora

Compte dédié aux personnes résidant à l’étranger pour gérer leurs finances depuis l’international.

Services Numériques

Accès à vos comptes via l’internet banking, le mobile banking et le service USSD.

Moyens de Paiement

Équipez-vous de cartes de paiement internationales Visa ou MasterCard.

Résidents, non-résidents et comptes à l’étranger

La notion de “résident” au sens des règles de change est importante. Est considéré comme résident toute personne dont le centre d’intérêts économiques prédominant est en Tanzanie ou qui y séjourne de manière continue pendant au moins 12 mois. Cela inclut les étrangers long séjour.

Pour ces résidents, la réglementation interdit en principe d’ouvrir ou de maintenir des comptes bancaires à l’étranger, sauf autorisation du gouverneur de la BOT ou exception liée au règlement de titres dans la région EAC/SADC. Un expatrié devenant résident peut toutefois continuer à utiliser des comptes ouverts à l’étranger avant son arrivée, mais ne peut pas en ouvrir de nouveaux sans autorisation.

Les non-résidents (y compris des Tanzaniens de la diaspora) peuvent ouvrir des comptes en devises en Tanzanie, dans les limites fixées par la BOT. Cela concerne par exemple les comptes de type “diaspora banking” proposés par certaines banques.

Focus sur les offres bancaires dédiées aux expatriés et à la diaspora

Plusieurs banques ont développé des services spécifiquement pensés pour les expatriés ou la diaspora, avec des fonctionnalités adaptées aux besoins à cheval entre la Tanzanie et l’étranger.

Twiga Diaspora Banking de NBC Bank

La National Bank of Commerce a mis en place Twiga Diaspora Banking, une offre très complète destinée aux Tanzaniens résidant hors du pays mais aussi, plus largement, aux clients gérant des intérêts financiers en Tanzanie depuis l’étranger.

Les comptes peuvent être libellés en shilling tanzanien ou en devises majeures (USD, EUR, GBP). Trois grandes familles de produits sont proposées :

Produit NBCMonnaies possiblesParticularités
Compte courantTZS, USD, EUR, GBPCarte Visa Platinum, chèques, opérations illimitées
Bonus Savings AccountTZS, USD, EUR, GBPIntérêts trimestriels majorés si aucun retrait dans le trimestre, pas de frais mensuels
Compte à terme (Fixed Account)TZS, USD, EUR, GBPDurées 3 mois à 5 ans, taux fixe garanti, paiement d’intérêts flexible

S’y ajoute le compte Chanua destiné à l’épargne pour les mineurs de moins de 18 ans, avec versement d’intérêts annuels et carte Visa Platinum à partir de 13 ans, sans frais de gestion mensuels.

Au-delà de ces comptes, Twiga Diaspora Banking fournit un accès à de multiples produits d’investissement (obligations, bons, fonds, actions), des crédits (prêts à terme, découverts préapprouvés, prêts immobiliers pour achat, rachat ou mise en garantie d’un bien) et des services digitaux 24/7.

5000

Montant maximal en dollars de la couverture pour les frais de rapatriement du corps, incluant un billet aller-retour pour un accompagnant.

Absa Diaspora / Mzawa

Absa Bank cible également la clientèle à l’étranger avec son offre diaspora, parfois désignée sous le nom “Mzawa”. L’idée est de permettre à un client vivant hors de Tanzanie de rester connecté à son pays, de gérer des investissements locaux (notamment immobiliers) et d’accéder à des crédits ou produits d’épargne tout en étant à l’étranger.

L’offre comprend :

ouverture de compte à distance (avec transmission de documents par voie électronique) ;

gestion 24/7 via internet banking, application mobile et USSD ;

– transferts transfrontaliers simplifiés, avec des taux de change annoncés comme compétitifs ;

– accompagnement par des conseillers dédiés, conseils en gestion de patrimoine et en financement immobilier ;

– prêts personnels, prêts habitat et prêt automobile, avec conditions préférentielles pour la diaspora ;

– découverts garantis par des dépôts (cash/bonds covered overdrafts).

Bon à savoir :

Les documents d’identité exigés diffèrent selon que le client est citoyen tanzanien ou non. Les citoyens tanzaniens doivent généralement présenter une carte d’identité nationale (NIDA) ou un passeport tanzanien. Les non-citoyens peuvent utiliser un passeport étranger, un permis de conduire, une carte nationale d’identité ou même une carte d’étudiant provenant de leur pays de résidence.

Serengeti Diaspora Banking d’Exim Bank

Chez Exim Bank, l’offre Serengeti Diaspora Banking combine outils digitaux et facilitation des flux entre la Tanzanie et d’autres pays, notamment via un service de “Wallet to Bank” qui permet aux utilisateurs de mobile money de transférer facilement des fonds vers des comptes Exim.

Les fonctionnalités digitales sont avancées : application mobile de banque en ligne, consultation et téléchargement de relevés jusqu’à 12 mois, virements vers d’autres banques ou portefeuilles mobiles, paiements de factures (eau, télévision, etc.), ordres permanents et virements programmés, enregistrement de favoris et autoinscription au service en ligne sans frais.

Exim a aussi développé des services transfrontaliers, comme une offre de “Borderless Banking” entre la Tanzanie et les Comores, permettant par exemple des retraits d’espèces, des paiements de comptes et des transferts d’argent dans les deux pays.

L’offre diaspora d’Exim est couverte par une assurance de groupe pouvant atteindre près de 31,45 millions TZS, utile pour des risques lourds (décès, invalidité, rapatriement).

NMB Diaspora Banking

NMB Bank, un des géants locaux, a conçu une offre spécifiquement orientée vers les personnes qui vivent, travaillent ou étudient à l’étranger tout en souhaitant conserver des attaches financières en Tanzanie.

Les points forts de NMB Diaspora Banking incluent :

Services Bancaires pour la Diaspora

Découvrez les services financiers dédiés conçus pour répondre aux besoins spécifiques des membres de la diaspora, offrant commodité, sécurité et support permanent.

Ouverture de Compte Numérique

Ouvrez un compte et transmettez vos documents en toute simplicité via notre portail numérique sécurisé.

Accès aux Produits Financiers

Accédez à une gamme complète de produits : comptes courants, d’épargne, à terme, crédits et solutions d’investissement.

Gestion Digitale à Distance

Gérez intégralement vos finances à distance grâce à nos plateformes bancaires entièrement digitalisées.

Support Client Dédié 24/7

Bénéficiez d’un accompagnement personnalisé par des chargés de clientèle dédiés, joignables 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.

Transferts Internationaux Instantanés

Effectuez des transferts d’argent instantanés vers des comptes NMB, d’autres banques ou des portefeuilles mobiles en Tanzanie.

Assurance-Vie Gratuite

Profitez d’une couverture d’assurance-vie gratuite (Salam Life Insurance) incluant décès, invalidité totale permanente et frais de rapatriement.

Ce type d’offre illustre la tendance lourde du marché : pour attirer la clientèle expatriée, les banques associent digitalisation, produits multidevises, solutions de crédit adaptées et assurances spécifiques.

Autres acteurs pertinents pour expatriés

D’autres banques ont des produits qui, sans être labellisés “expatriés”, répondent à des besoins proches :

UBA propose des comptes “Diaspora Current”, “Diaspora Savings” et “Diaspora Domiciliary” en naira, dollars, euros ou livres, avec cartes internationales, possibilité de mandataire au Nigeria, accès à des crédits et taux bonifiés au-delà de certains soldes ;

– Equity Bank met en avant son compte “Uhuru Personal Account” pour la gestion de finances à distance ;

– Amana Bank, banque islamique, propose des services de mobile banking, internet banking et une carte MasterCard internationale, utiles aux expatriés souhaitant un cadre conforme à la finance islamique.

Frais bancaires, retraits et moyens de paiement : ce qu’un expatrié doit anticiper

Les expatriés sont particulièrement exposés aux frais bancaires, car ils multiplient les opérations transfrontalières, les paiements en devises et les retraits d’espèces.

Retraits d’espèces aux DAB

Les distributeurs automatiques sont largement présents dans les grandes villes et pôles touristiques. Pour un titulaire de carte étrangère, les retraits aux DAB tanzaniens sont généralement possibles, mais :

les frais prélevés par la banque tanzanienne se situent souvent entre 3 et 4 USD par retrait ;

certaines banques appliquent des plafonds de retrait par opération, souvent entre 200 000 et 400 000 TZS ;

– les DAB peuvent ponctuellement être à court de cash ou affectés par des pannes de réseau.

8000

Un retrait international avec une carte locale en Tanzanie peut coûter jusqu’à 8 000 TZS (ou 8 USD).

Un expatrié qui prévoit d’utiliser intensivement les DAB a donc intérêt à :

privilégier les retraits sur les DAB de sa propre banque ;

limiter la fréquence en augmentant les montants, dans la limite des plafonds ;

– envisager un compte en TZS et un en devise pour arbitrer ses conversions.

Frais de compte, relevés et cartes

Les frais de tenue de compte varient très fortement : certains comptes d’épargne ou comptes salaire sont exemptés, d’autres peuvent supporter jusqu’à près de 65 000 TZS de frais mensuels. Certaines banques facturent plutôt des frais semestriels ou annuels sur des comptes spécifiques.

Exemple :

L’ouverture de compte peut être gratuite pour les offres basiques, mais coûter jusqu’à 100 000 TZS pour des comptes premium. Des soldes minimums sont souvent requis : 50 000 TZS ou 50 USD pour un compte d’épargne standard, et 200 000 TZS ou 200 USD pour un compte courant. Le non-respect de ce solde peut générer des pénalités, par exemple d’environ 900 TZS ou 4 USD par mois.

Les relevés demandés au guichet sont payants, soit au forfait par demande, soit à la page : cela peut aller de 500 à 100 000 TZS selon le volume. Les mini-relevés aux DAB coûtent généralement entre 300 et 10 000 TZS. En revanche, les relevés mensuels envoyés par e-mail ou consultables via internet banking sont souvent gratuits.

Les cartes de débit (Visa ou MasterCard) sont fréquemment incluses, mais des frais d’émission (nouvelle carte, remplacement) et d’entretien annuel peuvent exister, différenciés selon la gamme (Classic, Gold, Platinum). Pour un expatrié, ces cartes sont essentielles pour les paiements en magasin, les retraits et parfois les achats en ligne.

Transferts internationaux et contrôle des changes : comment faire circuler son argent

La gestion de flux entre pays d’origine, pays de résidence et éventuelles autres juridictions est au cœur de la vie financière d’un expatrié. En Tanzanie, ces flux sont encadrés par un dispositif de contrôle des changes relativement rigoureux.

Cadre général du change

Les Foreign Exchange Regulations de 2022, ainsi que les textes ultérieurs, encadrent :

Attention :

La réglementation tanzanienne impose plusieurs contraintes majeures : les transferts transfrontaliers doivent passer par des institutions agréées ; l’ouverture d’un compte à l’étranger par un résident est interdite sans autorisation (sauf exceptions régionales) ; tout transport de plus de 10 000 USD en espèces doit être déclaré à la douane ; l’achat de devises pour voyage est plafonné à 10 000 USD sur justification ; les exportateurs doivent déclarer leurs opérations et rapatrier les recettes sous 90 jours ; la compensation de créances (netting) entre résidents et non-résidents est interdite pour éviter de contourner les transferts formels.

Depuis 2025, la réglementation a encore resserré l’usage des devises à l’intérieur du pays. Le shilling tanzanien doit être utilisé pour la quasi-totalité des transactions domestiques (contrats, factures, salaires, etc.). Les devises restent permises dans certains cas précis (transactions gouvernementales régionales, ambassades, certains services financiers, duty-free), mais un contrat local rédigé en devises doit être amendé en TZS dans un délai d’un an sous peine de nullité.

Virements internationaux bancaires

Pour un expatrié qui souhaite envoyer de l’argent depuis la Tanzanie vers l’étranger (ou l’inverse), la voie classique reste le virement SWIFT via sa banque. Les frais typiques pour un transfert sortant (Telegraphic Transfer, TT) comprennent :

– une commission de 0,3 % à 0,5 % du montant transféré, avec un minimum de l’ordre de 50 USD et un plafond souvent autour de 150 USD ;

– des frais SWIFT ou frais “overseas” additionnels, qui peuvent se situer entre 29,5 et 75 USD ;

– d’éventuels frais de banque intermédiaire non maîtrisables par le client.

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Le tarif maximum par opération pour un transfert entrant en devises pour un non-client, selon l’exemple cité.

Pour des expatriés ayant des revenus ou des patrimoines multi-pays, ces coûts peuvent représenter une somme non négligeable, d’où l’essor de spécialistes du transfert d’argent.

Services spécialisés de transfert et mobile money

Plusieurs prestataires internationaux desservent la Tanzanie : Remitly, Western Union, MoneyGram, Ria, WorldRemit, Wise, OFX, XE, entre autres. Ils ont en commun de proposer :

des transferts depuis de nombreux pays (États-Unis, Europe, Inde, etc.) vers des comptes bancaires, des points de retrait en espèces ou des portefeuilles mobiles (M-Pesa, Airtel Money, etc.) ;

– des frais souvent plus bas que ceux des banques traditionnelles, et parfois des promotions sur les premiers transferts ;

– des délais rapides, une grande partie des opérations se faisant en quelques minutes ou sous 24 heures ;

– une transparence variable sur les taux de change : certains utilisent le taux médian du marché avec frais explicites (comme Wise), d’autres ajoutent une marge sur le cours de change qui constitue une “commission cachée”.

Les principales options de réception côté Tanzanie sont :

Mode de réceptionCaractéristiques principales
Dépôt sur compte bancaireIdéal pour de gros montants, traçabilité, mais délai de 1 à 3 jours selon le prestataire
Retrait cash chez un agentImmediateté, utile pour les proches non bancarisés, mais plus d’insécurité physique
Mobile money (M-Pesa, Airtel Money…)Rapide, pratique, largement diffusé, montants plafonnés

Pour un expatrié, l’arbitrage se fera entre coût global (frais + taux de change), rapidité, sécurité et souplesse pour le bénéficiaire. Dans certains cas, il peut être judicieux de combiner : par exemple, alimenter un compte local depuis un portefeuille mobile, lui-même crédité via un prestataire international.

Emprunts extérieurs et enregistrement auprès de la BOT

Un autre aspect sensible pour les expatriés entrepreneurs ou investisseurs est le recours à des financements extérieurs (prêts, lignes de crédit, garanties) octroyés par des non-résidents à des résidents en Tanzanie. La règle est claire : toute dette externe d’une durée supérieure à 365 jours doit être enregistrée auprès de la BOT et se voir attribuer un numéro de registre de la dette (Debt Registration Number, DRN).

Le non-respect de cette formalité entraîne une double sanction :

impossibilité pour les banques tanzaniennes de servir la dette (pas de remboursement) ;

pénalité de 1 million de TZS par jour de retard dans l’enregistrement, jusqu’à régularisation.

La BOT peut également refuser d’enregistrer des crédits contenant des clauses jugées défavorables (par exemple obligation d’ouvrir un compte à l’étranger, taux d’intérêt non conforme au marché). C’est un point crucial pour les expatriés qui structurent des financements intra-groupe ou cherchent à faire remonter des fonds depuis des structures étrangères : la documentation doit être compatible avec le droit tanzanien et validée par la banque partenaire.

Fiscalité des expatriés : résidence, impôt sur le revenu et investissements

La gestion financière ne se limite pas à l’interaction avec la banque : la fiscalité tanzanienne pèse directement sur le salaire, les bénéfices professionnels, les revenus de placements et l’immobilier. Un expatrié qui ignore ces règles risque pénalités et double imposition.

Quand devient-on résident fiscal en Tanzanie ?

Une personne est considérée comme résidente fiscale si elle remplit l’un des critères suivants :

elle dispose d’une habitation permanente en Tanzanie et y séjourne durant l’année fiscale ;

elle est présente physiquement en Tanzanie au moins 183 jours dans l’année ;

– elle y a séjourné en moyenne plus de 122 jours par an sur l’année en cours et les deux années précédentes ;

– elle est fonctionnaire ou agent de l’État tanzanien en poste à l’étranger.

Bon à savoir :

Les résidents fiscaux sont imposés sur l’ensemble de leurs revenus mondiaux. Les non-résidents ne sont imposés que sur leurs revenus de source tanzanienne. Un ‘short-term resident’ (séjour total ne dépassant pas deux ans sur toute une vie) est considéré comme un non-résident pour certains aspects fiscaux.

Pour l’emploi, un non-résident est soumis à un prélèvement forfaitaire de 15 % sur son salaire (retenue à la source), qui peut constituer un impôt final. Mais si ce non-résident travaille pour un employeur résident, l’ensemble de ses revenus de source tanzanienne est finalement taxé selon le barème standard, avec un taux marginal pouvant atteindre 30 %.

Barème de l’impôt sur le revenu des personnes physiques

Les résidents sont imposés au barème progressif, appliqué au revenu mensuel :

Tranche mensuelle (TZS)Taux effectif
Jusqu’à 270 0000 %
270 001 à 520 0008 % sur la partie dépassant 270 000
520 001 à 760 00020 000 + 20 % sur la partie dépassant 520 000
760 001 à 1 000 00068 000 + 25 % sur la partie dépassant 760 000
Au-delà de 1 000 000128 000 + 30 % sur la partie dépassant 1 000 000

Ce barème conduit à un seuil annuel d’exonération d’environ 3,24 millions TZS et un taux marginal maximal de 30 %. Il n’existe pas d’abattements personnels ou pour personnes à charge : l’assiette est peu aménagée.

Bon à savoir :

Pour les salariés, l’impôt sur le revenu est prélevé à la source par l’employeur via le système PAYE et reversé à l’administration fiscale (TRA) avant le 7 du mois suivant. Si votre seul revenu imposable est un salaire déjà soumis à ce prélèvement, vous n’êtes généralement pas tenu de déposer une déclaration annuelle de revenus.

Revenus d’investissement et plus-values

La fiscalité des placements est également structurée autour de retenues à la source :

dividendes versés à un résident : retenue définitive de 10 % (5 % si la société est cotée à la Bourse de Dar es Salaam et que l’actionnaire détient moins de 25 % du capital) ;

intérêts versés à un individu : retenue de 10 %, en principe libératoire ;

– loyers de biens immobiliers versés à un individu résident : retenue de 10 %, également réputée impôt final.

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Taux d’imposition sur les plus-values pour les résidents en Tanzanie.

Certaines exemptions existent : par exemple, la cession d’une résidence principale occupée depuis au moins trois ans peut être exonérée si la plus-value est inférieure à 15 millions TZS, ou encore la cession de terrains agricoles de faible valeur.

Double imposition internationale

La Tanzanie a conclu des conventions fiscales avec plusieurs pays (Canada, Danemark, Finlande, Inde, Italie, Norvège, Afrique du Sud, Suède, Zambie). Pour un expatrié originaire de l’un de ces États, ces conventions permettent de limiter les risques de double imposition et d’organiser l’imputation des impôts payés à l’étranger.

Même en l’absence de convention, un résident tanzanien peut demander un crédit d’impôt étranger pour l’impôt payé dans un autre pays sur un revenu de source étrangère, dans la limite de l’impôt tanzanien correspondant. Le reliquat non utilisé peut être reporté. Le contribuable peut aussi choisir de déduire l’impôt étranger comme charge plutôt que de demander un crédit, selon ce qui est le plus avantageux.

Protection sociale, retraite et assurance : organiser le long terme

Venir travailler en Tanzanie ne signifie pas uniquement encaisser un salaire : la question de la retraite, de la couverture santé, des risques professionnels ou de l’invalidité se pose rapidement, notamment pour des expatriés qui ne bénéficieront pas nécessairement des mêmes protections que les nationaux.

Sécurité sociale et prélèvements sur salaire

Dans le secteur privé, le régime principal est la National Social Security Fund (NSSF). La cotisation globale est de 20 % de la rémunération brute, dont la moitié est en pratique supportée par l’employeur (10 % à sa charge, 10 % récupérables sur le salaire de l’employé). Dans le secteur public, le Public Service Social Security Fund (PSSSF) applique également un taux global de 20 %, avec 15 % supportés par l’employeur et 5 % par l’employé.

Les employeurs sont en outre soumis à d’autres contributions :

3,5

Taux de la Skills and Development Levy (SDL) applicable sur la masse salariale brute sur le Mainland Tanzanien, pour les entreprises de plus de 10 salariés.

Pour un expatrié en contrat local, ces mécanismes s’appliquent en principe comme pour tout salarié, sauf dispositions spécifiques de son contrat ou accords internationaux.

Produits de retraite et d’épargne complémentaire

Outre les régimes publics, d’autres solutions existent pour préparer sa retraite en Tanzanie :

comptes de retraite individuels (IRA/IRSA) proposés par des banques ou institutions financières locales : contributions volontaires, non toujours déductibles, mais revenus du plan généralement exonérés durant la phase d’accumulation ;

– régimes de retraite professionnels mis en place par certains employeurs (provident funds, pension schemes), mais encore peu répandus ;

– fonds de pension privés régulés par l’autorité des retraites, qui investissent massivement en titres publics ;

investissements personnels (immobilier locatif, actions sur la Bourse de Dar es Salaam, obligations, fonds communs de placement).

Astuce :

La couverture retraite en Tanzanie est limitée, avec une faible proportion des plus de 65 ans percevant une pension régulière. Pour les expatriés, les caisses nationales (NSSF, PSSSF) ne doivent donc pas constituer l’unique pilier de retraite à long terme. Il est essentiel de les considérer comme un complément à des dispositifs d’épargne et de retraite établis dans le pays d’origine ou via des structures internationales.

Assurance santé, vie et rapatriement

L’accès au système public de santé est possible, mais sa qualité varie selon les régions. De nombreux expatriés s’orientent vers des assurances santé privées internationales couvrant soins en Tanzanie, évacuation sanitaire vers l’étranger et, parfois, soins dans leur pays d’origine.

La souscription d’une assurance-vie ou d’une assurance décès-invalidité prenant en charge le rapatriement du corps est particulièrement recommandée, d’autant que plusieurs banques – via leurs offres diaspora – intègrent déjà ce type de services (NMB avec Salam Life Insurance, NBC avec son assurance décès/rapatriement, Exim avec sa couverture groupe).

Investir et gérer son patrimoine en Tanzanie : options et contraintes

Au-delà du simple compte courant, beaucoup d’expatriés cherchent à investir en Tanzanie, que ce soit pour diversifier leur patrimoine, tirer parti de la croissance économique ou préparer une installation durable.

Marchés financiers et intermédiation

La Bourse de Dar es Salaam (DSE) offre un accès à des actions, obligations d’État et certains titres privés. Pour y investir, un expatrié doit ouvrir un compte de dépôt de titres (CDS) auprès d’un intermédiaire agréé, comme Tanzania Securities Limited (TSL), qui fait office de courtier, conseiller en investissement et, pour certains, de gérant de portefeuille.

TSL illustre bien ce type d’acteur : plus de 30 ans d’expérience, agrément de la Capital Markets and Securities Authority, rôle de primary dealer sur les bons du Trésor et obligations d’État. Le courtier aide à investir en actions (avec dividendes potentiels), obligations (revenus stables, risque modéré), voire produits plus sophistiqués (matières premières, futures) ou fonds d’investissement.

Les frais de courtage restent raisonnables : par exemple, un plafond d’environ 2,4 % de la valeur de la transaction, tous coûts inclus, pour un achat d’actions. Les risques (volatilité, liquidité, risque de marché) doivent toutefois être soigneusement évalués.

Règles spécifiques pour les investisseurs étrangers

La réglementation des changes encadre les investissements des résidents et non‑résidents :

Attention :

Les résidents peuvent investir dans des fonds de l’EAC ou de la SADC via les banques. Les non-résidents peuvent acquérir des titres cotés tanzaniens sous conditions : ouverture d’un compte local, nationalité d’un pays de l’EAC/SADC ou appartenance à la diaspora tanzanienne. De plus, les titres publics achetés par un non-résident ne peuvent être cédés à un résident avant six mois.

Pour les investissements directs (création d’entreprise, prise de participation, acquisition de biens immobiliers dans un cadre d’investissement), les capitaux doivent être rapatriés en Tanzanie via une banque ou institution financière. Le Tanzania Investment Centre (TIC) joue ici un rôle d’aiguillon : il accompagne les projets, délivre des certificats d’investissement et ouvre la porte à des incitations (exonérations fiscales temporaires, réduction d’impôt sur les sociétés, exonérations de retenues à la source dans les zones franches, etc.).

Immobilier et propriété

Les règles foncières sont très spécifiques : la terre appartient à l’État et ne peut pas être détenue en pleine propriété par des étrangers. Ces derniers peuvent toutefois détenir des droits limités (Derivative Right) pour des besoins d’investissement via le TIC ou acquérir des unités en copropriété (appartements) sous le régime des Unit Titles.

Bon à savoir :

Les étrangers peuvent obtenir un financement immobilier, mais les conditions sont généralement plus strictes que pour les ressortissants nationaux.

ProfilRatio prêt/valeur (LTV) souvent observéTaux d’intérêt hypothécaire indicatif (TZS)
Étranger résident avec revenus locaux vérifiables50 % à 70 %Environ 15 % à 19 % par an, taux variable dominant
Étranger non‑résident40 % à 60 %Conditions plus conservatrices, documentation renforcée

Les principaux prêteurs (CRDB, NMB, Stanbic) disposent d’équipes spécialisées dans le financement immobilier des expatriés et sont habitués à instruire des dossiers avec revenus étrangers, mais demandent des garanties solides (évaluation professionnelle du bien, vérification juridique du titre, assurances, preuve de revenus, TIN, etc.).

Les coûts de transaction (frais juridiques, enregistrement, droits de timbre, commission d’agence) représentent en pratique entre 5 % et 12 % du prix, selon que l’acheteur supporte ou non la commission de l’agent. L’impôt sur la plus-value, les taxes foncières et l’imposition des loyers viennent ensuite s’ajouter, ce qui impose une approche patrimoniale globale, incluant la fiscalité dans le pays d’origine de l’expatrié.

Anticiper les risques et bâtir une stratégie financière cohérente

Les expatriés en Tanzanie évoluent dans un environnement financier potentiellement porteurcroissance économique, opportunités immobilières, développement des marchés financiers – mais aussi risqué : volatilité du shilling, évolution rapide des réglementations, coûts de transaction significatifs, infrastructures encore inégales.

Pour sécuriser et optimiser leur gestion financière, plusieurs axes s’imposent :

Astuce :

Pour une gestion financière optimale en tant qu’expatrié en Tanzanie, plusieurs actions sont essentielles. Il faut d’abord clarifier son statut de résidence fiscale et ses obligations déclaratives dans tous les pays concernés. Ensuite, choisir une ou deux banques locales solides, idéalement avec une offre dédiée à la diaspora, permet de bénéficier de services en devises, de canaux digitaux robustes et d’un accompagnement personnalisé. Il est également crucial de diversifier ses comptes (en shillings tanzaniens et en devises) et ses prestataires de transfert international pour limiter les frais et réduire l’exposition au risque de change. L’utilisation de conseillers financiers, locaux ou offshore, maîtrisant à la fois le cadre tanzanien et celui du pays d’origine, est recommandée pour articuler placements, retraite, fiscalité et transmission patrimoniale. Toute évaluation de rentabilité d’un investissement doit intégrer la réalité des frais bancaires, des coûts de crédit et des charges fiscales. Enfin, il ne faut jamais ignorer les exigences de la Banque de Tanzanie (BOT) concernant le contrôle des changes, l’enregistrement des dettes externes et les règles d’usage des devises, sous peine de voir des opérations clés (comme le remboursement d’un prêt ou le rapatriement de dividendes) bloquées.

En combinant une bonne connaissance des règles locales, une sélection rigoureuse de ses partenaires bancaires et une vision patrimoniale globale (incluant la retraite et la santé), un expatrié en Tanzanie peut transformer un environnement apparemment complexe en un écosystème maîtrisé, au service de ses projets de vie et de long terme.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, disposant d’un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaite changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en gardant un lien fort avec la France. Budget alloué : 10000 euros pour un accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Grèce, Chypre, Maurice, Portugal), la stratégie retenue a consisté à cibler la Tanzanie, combinant fiscalité plus clémente pour les revenus étrangers, coût de vie nettement inférieur à la France (Dar es Salaam ou Zanzibar bien moins chers que Paris), environnement en forte croissance et accès facilité à l’Afrique de l’Est. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, conventions fiscales), obtention de la résidence via permis de séjour investisseur ou retraité, détachement CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français, mise en relation avec un réseau local (avocat, immigration, comptable anglophone) et intégration patrimoniale (investissements locatifs touristiques à Zanzibar, optimisation de la transmission internationale).

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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