Expatriation avec des animaux de compagnie en Tanzanie : démarches, risques sanitaires et vie sur place

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer en Tanzanie avec son chien ou son chat ne s’improvise pas. Entre les formalités administratives, les exigences vétérinaires, le choix de la compagnie aérienne et l’installation sur place, un projet d’expatriation avec un animal de compagnie ressemble vite à un dossier à part entière. La bonne nouvelle, c’est qu’avec une préparation rigoureuse et un calendrier clair, il est tout à fait possible de faire venir son compagnon dans de bonnes conditions, tout en tenant compte d’un point central : la Tanzanie est un pays à haut risque rabique.

Bon à savoir :

Ce parcours couvre toutes les étapes, depuis la décision de départ jusqu’aux premiers mois sur place. Il intègre les exigences officielles d’importation tanzaniennes, les aspects sanitaires essentiels (comme la prévention contre la rage), et les réalités pratiques à anticiper : accès aux vétérinaires, recherche de logement, organisation des vols et utilisation éventuelle de services de relocalisation spécialisés.

Sommaire de l'article masquer

Comprendre le contexte sanitaire : un pays à haut risque rabique

Avant même de rassembler les papiers, il est crucial de comprendre dans quel environnement sanitaire on emmène son animal. La Tanzanie est classée pays à haut risque de rage par l’Organisation mondiale de la santé animale (WOAH). Cette maladie virale, causée par des virus du genre Lyssavirus, est presque toujours mortelle une fois les symptômes déclarés, chez l’humain comme chez l’animal.

59000

Nombre estimé de décès annuels dus à la rage dans le monde, dont plus de 98% sont causés par des morsures de chiens infectés.

Une circulation virale bien documentée

Les études menées entre 1993 et 2023 montrent l’ampleur de la circulation de la rage animale dans le pays. Sur cette période, au moins 7 319 cas animaux ont été recensés sur le continent tanzanien, répartis en plusieurs zones :

Zone géographique (continentale)Période étudiéeCas animaux recensésDétail par espèce principale
Zone Nord (Arusha, Kilimanjaro, Tanga, Mara)1993–20235 387 chiens, 225 chacals, 77 chats, 311 bétail, 145 faune sauvageChien largement majoritaire
Zone Sud-Est (Morogoro, Iringa, Njombe, Ruvuma, Lindi, Mtwara)1993–2023588 chiens, 262 chacals, 8 hyènes, 10 chats, 5 ratels, 2 léopardsForte implication des chacals
Zone Côtière (Dar es Salaam)1993–202394 chiensCas surtout urbains
Espèces non identifiées1993–2023102 cas

Le nord tanzanien, et en particulier l’écosystème du Serengeti, est identifié comme un véritable “hotspot” de rage. Cette zone est en continuité avec le Maasai Mara kenyan, et les mouvements transfrontaliers de la faune sauvage (lycaons, renards à oreilles de chauve-souris, lions, hyènes rayées, etc.) facilitent la circulation virale.

Faible couverture vaccinale des chiens et campagnes ponctuelles

La couverture vaccinale des chiens domestiques est souvent autour de 50 %, loin du seuil de 70 % généralement recommandé pour interrompre la transmission. De nombreuses campagnes se limitent à la capitale régionale, à des événements symboliques (comme la Journée mondiale contre la rage) ou à des réponses réactives lorsqu’une flambée survient.

Exemple :

Une étude menée dans le district rural de Moshi, dans la région du Kilimandjaro, illustre à la fois les risques et les bénéfices potentiels associés à la vaccination.

Indicateurs à Moshi ruralDonnées clés
Incidence estimée de morsures de chiens (2012–2017)83 cas pour 100 000 habitants
Campagne de vaccination 20174 781 chiens vaccinés (≈18 % de couverture)
Grande campagne 2018 (150+ villages)29 885 chiens et chats vaccinés, 74,5 % de couverture
Impact observéAucun cas humain ou animal de rage recensé jusqu’en avril 2019

Pour un expatrié, ces chiffres signifient deux choses : il faut arriver avec un animal parfaitement vacciné et protégé, et il faut anticiper la gestion des risques au quotidien (contacts avec les chiens errants, accès rapide aux soins, rappel de vaccination).

Cadre légal tanzanien : permis, certificats et contrôles

La Tanzanie impose un dispositif réglementaire précis pour les chiens et chats importés. Les démarches sont distinctes de votre visa, de votre permis de résidence ou de travail : vous gérez en parallèle votre dossier personnel, et celui de votre animal.

Le “pet passport” version Tanzanie

Le terme de “pet passport” utilisé ici ne désigne pas le passeport européen pour animaux de compagnie, mais un ensemble de documents que l’on doit obligatoirement réunir :

Éléments composant le “pet passport” pour la TanzanieRôle
Permis d’importation tanzanienAutorisation officielle d’entrée de l’animal
Certificat international de santé (Veterinary Health Certificate)Atteste de l’état de santé, des vaccins et traitements
Preuve de vaccination antirabique valideCondition centrale d’admission
Preuves des autres vaccins exigés (chien / chat)Protection contre maladies majeures
Preuve de traitement antiparasitaire interne et externePrévention de certains parasites ciblés
Numéro de microchip figurant sur tous les documentsIdentification unique de l’animal

Ne pas respecter l’une de ces exigences expose à des mesures très fermes : quarantaine, renvoi vers le pays d’origine, voire euthanasie, tous frais à la charge du propriétaire.

Les autorités compétentes et contacts utiles

Les permis d’importation et d’exportation sont délivrés par les services vétérinaires relevant du Ministère en charge de l’élevage et de l’agriculture (différentes dénominations coexistent dans les textes, mais les coordonnées restent stables).

Adresses de Référence

Liste des principales adresses à connaître et à utiliser pour vos démarches.

Service Public

Le portail officiel de l’administration française pour toutes vos démarches administratives en ligne.

Impôts.gouv

Le site du ministère de l’Économie et des Finances pour vos déclarations et services fiscaux.

Ameli

Le site de l’Assurance Maladie pour gérer vos remboursements de santé et votre carte Vitale.

Pôle Emploi

Le site pour vos démarches liées à l’emploi, l’inscription, les offres et les indemnisations.

ANTS

L’Agence Nationale des Titres Sécurisés pour les démarches concernant le permis de conduire et les cartes grises.

Autorité tanzanienneRôleCoordonnées (postales / contact)
Permanent Secretary, Ministry of Agriculture and Food Security / Ministry of Livestock and FisheriesDélivrance des permis, politique sanitaireP.O. Box 9192, Dar es Salaam – Tél. +255 22 2862480/1 – Fax +255 22 2862077
Director of Veterinary Services, Ministry of Water and Livestock DevelopmentSupervision vétérinaire, inspections zoo-sanitairesTemeke Veterinary Office, P.O. Box 9152, Dar es Salaam – Tél. +255 22 2862592 – Fax +255 22 2862538 – Email : zoosanitary@mifugo.go.tz

En pratique, de nombreux expatriés s’appuient sur un contact local (employeur, ami, agence de relocation) pour déposer ou récupérer le permis auprès de l’administration.

Permis d’importation et d’exportation : coûts et validité

Un permis d’importation est obligatoire pour tout chien ou chat entrant en Tanzanie. Un permis distinct sera requis pour sortir l’animal du pays.

Type de permisMontantCommentaires
Permis d’importation d’un animal de compagnie30 000 TZSA demander avant l’arrivée, généralement valable 1 mois
Permis d’exportation20 000 TZSObligatoire pour quitter la Tanzanie avec l’animal
Coût total pour un aller-retour (import + export)50 000 TZSHors frais vétérinaires et de transport

Le courrier de demande doit préciser au minimum : l’espèce et la race, l’âge, le point d’entrée prévu (aéroport), et inclure la copie des certificats de vaccination.

Identification et vaccinations : socle indispensable avant le départ

Le volet vétérinaire est le plus technique, mais pas forcément le plus complexe si on le planifie tôt et qu’on travaille en binôme avec son vétérinaire habituel.

Microchip : une identification vivement recommandée

Même si tous les textes n’en font pas une obligation absolue, l’identification électronique est fortement recommandée pour un voyage international, et plusieurs sources tanzaniennes la mentionnent comme exigence pratique.

Les règles à suivre sont claires :

utiliser une puce à 15 chiffres conforme aux normes ISO 11784 ou 11785 ;

faire implanter la puce par un vétérinaire, une clinique ou un infirmier vétérinaire formé ;

– faire figurer le numéro de microchip sur l’ensemble des documents (certificat de santé, carnet de vaccination, permis d’import) ;

– si l’animal porte une puce non ISO, voyager avec un lecteur compatible.

Les tatouages ne sont pas acceptés comme mode d’identification.

Vaccination antirabique : calendrier et preuves

La vaccination contre la rage est non négociable pour les chiens comme pour les chats. Les exigences portent à la fois sur le délai, la validité et la documentation.

Les éléments clés :

Astuce :

Pour être valide à l’entrée en Tanzanie, la vaccination contre la fièvre jaune doit dater d’au moins 30 jours. Sa durée de validité, qui varie de 1 à 3 ans selon le vaccin, ne doit pas être expirée. Pour une primo-vaccination, il est recommandé d’utiliser un vaccin d’une validité d’un an, puis de suivre un schéma de rappels réguliers. Notez que certains documents indiquent une limite pratique de 11 à 12 mois pour le premier vaccin pris en compte lors de l’importation.

Des marques de vaccins antirabiques couramment acceptées sont citées, comme Zoetis Defensor 3, Nobivac Rabies ou Merial Rabisin, mais le critère déterminant reste la validité légale du vaccin dans le pays d’origine.

La preuve peut prendre plusieurs formes :

un certificat de vaccination antirabique distinct,

un carnet ou livret de vaccination officiel délivré par les autorités du pays d’origine,

un passeport européen pour animal de compagnie, pour ceux qui viennent de l’UE.

Tous ces documents doivent reprendre précisément : identité de l’animal, numéro de microchip, date de vaccination, nom du vaccin et durée de validité, cachet et signature du vétérinaire.

Autres vaccins obligatoires pour chiens et chats

La Tanzanie exige également des protections complémentaires contre les principales maladies infectieuses canines et félines.

Pour les chiens, doivent être couverts :

la maladie de Carré (distemper),

l’hépatite infectieuse,

la leptospirose,

la parvovirose,

– parfois la parainfluenza (mentionnée dans certaines sources).

Pour les chats, les vaccins requis portent au minimum sur :

la rhinotrachéite virale féline,

le calicivirus,

la panleucopénie (typhus du chat),

la leucémie féline est également mentionnée par plusieurs sources.

Attention :

Les vaccinations pour chiens (CHLP) et chats (trivalents/quadrivalents) sont généralement administrées sous forme de vaccins combinés. Il est impératif que toutes les informations (type de vaccin, dates, tampons) soient clairement inscrites sur le certificat sanitaire ou le carnet de vaccination.

Chiots, chatons et calendrier particulier

Les jeunes animaux demandent une gestion spécifique, surtout lorsqu’on prévoit de voyager alors qu’ils n’ont que quelques mois.

Les points importants :

la vaccination antirabique ne doit pas être réalisée avant l’âge de 3 mois (12 semaines) ;

– pour les chiots, un protocole courant prévoit des vaccins de base entre 5 et 7 semaines, puis des rappels à 2 et 6 semaines d’intervalle, avec la rage administrée lors de la troisième injection ;

– un rappel antirabique est recommandé 30 jours après la primo-injection chez les jeunes animaux.

Certaines sources indiquent qu’un chiot ou un chaton peut théoriquement voyager “sous l’immunité maternelle”, c’est-à-dire en se prévalant de la vaccination de la mère. En pratique, pour un projet d’expatriation, il est plus prudent de ne programmer le voyage qu’une fois l’animal correctement vacciné, surtout dans un pays à forte circulation de rage.

Faut-il faire un titrage rabique (test de sérologie) ?

La Tanzanie, en tant que pays de destination, ne rend pas obligatoire le test de titrage antirabique (type FAVN/OIE) pour les chiens et chats, quel que soit le pays d’origine. Pourtant, ce test reste vivement recommandé dans plusieurs situations.

Pourquoi un test non obligatoire reste fortement conseillé

Plusieurs raisons justifient de planifier un titrage :

Bon à savoir :

La Tanzanie est un pays à haut risque pour la rage. Un test de titrage des anticorps antirabiques est souvent exigé pour quitter le pays vers des destinations aux réglementations strictes (UE, certains pays d’Asie, îles indemnes, États-Unis) ou pour le retour dans votre pays d’origine. Anticiper ce test est crucial, car son absence peut retarder le retour de plusieurs mois. Il est important de noter que ce titrage, qui doit généralement montrer un taux ≥ 0,5 UI/ml, ne remplace pas la vaccination mais en vérifie l’efficacité.

Le principe est de prélever un échantillon de sang au moins 30 jours après la vaccination antirabique, et de le faire analyser dans un laboratoire agréé. De nombreux laboratoires à travers le monde sont habilités par l’UE, les CDC américains, ou d’autres autorités, à réaliser ces tests (par exemple l’APHA au Royaume-Uni, des instituts Pasteur au Brésil, le laboratoire de la Kansas State University ou celui de l’Université du Missouri, tous cités comme laboratoires de référence pour les voyages internationaux).

2 à 4

C’est le délai en semaines généralement nécessaire entre l’envoi d’un échantillon et la réception des résultats officiels.

Penser au retour dès l’aller

Lorsque l’on part vivre en Tanzanie, il est stratégique de se caler sur les exigences du pays dans lequel on imagine un éventuel retour ou une prochaine expatriation. Pour l’Union européenne, par exemple, un titrage antirabique réalisé dans un laboratoire agréé, avec une valeur d’anticorps ≥ 0,5 IU/ml, est une condition forte pour l’entrée d’un animal issu d’un pays non listé ou à haut risque.

Si vous ne faites pas ce test avant ou pendant les premiers mois suivant votre arrivée en Tanzanie, vous devrez le faire plus tard, souvent avec des délais d’attente imposés entre la prise de sang et la possibilité de voyager. Autant l’anticiper.

Certificat de santé et traitements antiparasitaires : l’étape de validation finale

Une fois les vaccins en ordre, il reste deux volets essentiels à gérer juste avant le voyage : le certificat international de santé et les traitements contre les parasites.

Certificat vétérinaire officiel

Le certificat de santé, ou Certificate of Veterinary Inspection, est obligatoire pour tous les animaux entrant en Tanzanie.

Ses caractéristiques :

Attention :

Le certificat de santé vétérinaire pour importer un animal en Tanzanie doit : être rempli par un vétérinaire agréé du pays d’origine ; être validé par le service vétérinaire officiel (pour les États-Unis, par un vétérinaire accrédité USDA et l’USDA-APHIS) ; être récent, généralement daté de moins de 14 jours avant l’entrée (parfois 4 jours pour certaines routes) ; et contenir l’identité de l’animal, son numéro de puce, ses vaccinations, ses traitements antiparasitaires, et une attestation de bonne santé et d’aptitude au voyage.

Il est crucial que le document soit parfaitement lisible, complet et cohérent (dates, signatures, cachets, numéros de lots). Toute ambiguïté peut retarder le dédouanement de l’animal à l’arrivée.

Traitements antiparasitaires : internes et externes

La Tanzanie exige que les chiens et chats soient traités contre les parasites internes et externes peu avant le départ.

Concrètement :

Bon à savoir :

Avant un voyage, un chien doit recevoir un traitement interne ciblant notamment le ténia Echinococcus multilocularis (transmissible à l’homme) et un traitement externe contre puces et tiques. Ces traitements, valables 5 jours, doivent être administrés dans cette fenêtre avant le départ. Les produits utilisés et les dates d’administration doivent être inscrits sur le certificat de santé ou sur un document annexé signé par le vétérinaire.

Le choix des molécules doit se faire en fonction de la situation épidémiologique du pays d’origine, mais l’objectif est clair : éviter d’introduire en Tanzanie des parasites ou souches non présents sur place, et protéger l’animal dans un pays où certains vecteurs (tiques, moustiques) sont fréquents.

Entrer en Tanzanie : aéroports, contrôles et risque de quarantaine

Les chiens et chats doivent impérativement entrer en Tanzanie par voie aérienne, via des points d’entrée précis.

Aéroports autorisés et modalités de transport

Les principaux aéroports ouverts à l’importation d’animaux de compagnie sont :

Julius Nyerere International Airport à Dar es Salaam,

Kilimanjaro International Airport près d’Arusha.

Les compagnies aériennes peuvent autoriser différentes modalités :

en cabine (pour les petits animaux, sous conditions de poids et de dimensions de caisse) ;

en soute comme bagage enregistré ;

en fret (cargo), lorsque la taille/poids de l’animal ou la politique de la compagnie l’imposent.

Bon à savoir :

De nombreuses compagnies desservant la Tanzanie acceptent les animaux, mais les conditions varient. Air France, KLM, Qatar Airways, Emirates, Kenya Airways, Saudia, Uganda Airlines, Egyptair, flydubai et Oman Air sont parmi les options. Air Tanzania accepte les animaux uniquement en soute. Ethiopian Airlines permet le transport en cabine pour les petits animaux, sous réserve de respecter un poids total (caisse incluse) et des dimensions maximales spécifiques.

Les politiques varient beaucoup en termes de :

poids autorisé en cabine (souvent autour de 7–8 kg caisse incluse) ;

nombre maximal d’animaux par vol ou par passager ;

types de caisses homologuées (IATA) ;

restrictions sur les races brachycéphales (bouledogues, carlins, etc.).

Il faut donc vérifier, pour votre itinéraire concret, la politique de chaque compagnie, y compris pour les segments opérés en partage de code.

Contrôle vétérinaire à l’arrivée

A l’atterrissage, tous les animaux sont soumis à un contrôle par un vétérinaire officiel ou un agent zoo-sanitaire mandaté par le Ministère. Ce contrôle a lieu dans la zone fret ou bagages spéciaux, ou dans un espace dédié.

Le vétérinaire vérifie : vérifie

l’apparence générale de l’animal (signes de maladie contagieuse, plaies, comportement) ;

– la cohérence entre l’animal et ses documents (identification, âge, sexe, race) ;

– la validité du permis d’importation ;

– la complétude et la validité du certificat international de santé ;

– les preuves de vaccination et de traitements antiparasitaires.

Si l’animal paraît en bonne santé et que le dossier est complet, il est libéré sans quarantaine. Si un doute existe, des examens complémentaires peuvent être imposés aux frais du propriétaire. En cas de non-conformité majeure (absence de vaccins, de permis, etc.), les autorités peuvent ordonner une quarantaine, un renvoi vers le pays d’origine ou, dans les cas extrêmes, l’euthanasie.

Vivre avec son animal en Tanzanie : vétérinaires, logement et quotidien

Une fois la phase d’importation passée, la vie quotidienne commence : il faut trouver un vétérinaire, choisir un quartier adapté, identifier des logements pet-friendly et s’organiser avec les risques locaux (rage, chiens errants, faune sauvage, etc.).

Accès aux soins vétérinaires

Les services vétérinaires sont inégalement répartis. Les grandes villes comme Dar es Salaam, Arusha ou Mwanza concentrent l’essentiel de l’offre.

À Dar es Salaam, plusieurs structures sont mentionnées :

Anivet Veterinary Clinic (Mbezi Beach, Mwai Kibaki Road) : soins de base, diagnostics, chirurgies, prévention, microchippage, préparation de certificats pour les voyages.

Nasimz Veterinary Care : examens médicaux, chirurgies, laboratoire, vaccinations, identification, pharmacie, supervision de fermes, et surtout assistance à l’import et l’export des animaux. Service d’urgence 24h/24, 7j/7, avec horaires de consultation classiques en journée.

PetsCareTanzania Mobile Veterinary Clinic : clinique mobile proposant des visites à domicile, de 7h à 20h, avec un fort accent sur l’identification (microchip) et l’enregistrement des animaux dans une base nationale.

Olympus 24 Hour Animal Hospital & Specialist Referral Centre : structure d’urgence 24/7 avec plateau technique très complet (chirurgie spécialisée, imagerie avancée, oncologie, neurologie, physiothérapie, etc.) et réalisation de bilans d’export pour respecter les exigences des pays de destination.

Bon à savoir :

La Tanzanie est organisée en zones administratives vétérinaires supervisées par le Veterinary Council of Tanzania. Pour la zone de Dar es Salaam, un point de contact officiel (boîte postale, téléphone, adresse email) est disponible pour toute demande de clarification réglementaire.

En dehors des grandes villes, l’offre peut être plus limitée, ce qui implique parfois de prévoir des déplacements pour des actes techniques (examens pré-export, titrages, chirurgies spécialisées).

Logement et hébergements pet-friendly

Le marché locatif et hôtelier tanzanien s’est fortement ouvert aux animaux de compagnie, notamment dans les zones urbaines et touristiques.

Quelques tendances ressortent des analyses de plateformes de réservation :

– à Dar es Salaam, on recense plusieurs centaines de locations de vacances acceptant les animaux (maisons, appartements, villas), avec des loyers débutant autour de 10 dollars US par nuit pour les options les plus simples ;

– certains quartiers côtiers comme Masaki, Oyster Bay, Mikocheni, Msasani, Bahari Beach ou Mbezi Beach sont particulièrement prisés des expatriés, avec de nombreux logements disposant de jardins, de terrasses et de chemins de promenade adaptés aux chiens ;

– à Zanzibar, de nombreux hôtels et lodges acceptent aussi les animaux, particulièrement dans les zones balnéaires comme Nungwi, Kendwa, Paje, Jambiani ou Kiwengwa ; la présence de plages et de sentiers facilite les promenades, même s’il faut rester vigilant sur la faune locale et les chiens errants.

Les hôtels et locations pet-friendly proposent souvent :

espaces extérieurs (jardins, allées, accès plage) ;

équipements pour animaux (couchages, gamelles, parfois friandises) ;

sols faciles à nettoyer, bonne isolation phonique ;

– parfois des services additionnels (garde, toilettage, recommandations de vétérinaires).

Il est courant, en revanche, que des frais supplémentaires soient facturés pour les animaux (forfait ménage, supplément par nuit ou par séjour). Il faut systématiquement consulter la politique “pet-friendly” de chaque établissement.

Vie quotidienne : promenades, sécurité et formalités locales

Au quotidien, vivre avec un chien ou un chat en Tanzanie implique de gérer :

la présence importante de chiens errants, surtout en périphérie urbaine et en zones rurales ;

le risque de rage : éviter les contacts avec les animaux inconnus, surveiller toute morsure ou griffure et consulter rapidement ;

– la cohabitation avec la faune sauvage, notamment près des parcs et réserves (les animaux domestiques peuvent être perçus comme des proies ou comme des intrus) ;

– la chaleur et les parasites (tiques, puces, moustiques), qui nécessitent une prévention continue.

Certaines municipalités et structures vétérinaires recommandent ou imposent l’enregistrement des animaux de compagnie dans des bases de données locales, notamment lorsque l’animal est pucé. Cela facilite l’identification en cas de perte ou de morsure, et peut être requis pour des démarches ultérieures.

Faut-il passer par une société spécialisée de relocation ?

Face à la complexité des démarches et aux spécificités tanzaniennes, de nombreux expatriés choisissent de déléguer tout ou partie du processus à des entreprises spécialisées dans le transport d’animaux.

Ce que proposent les sociétés de relocation

Plusieurs acteurs internationaux opèrent vers et depuis la Tanzanie ou la région (Air Animal, Continental Pet Relocation, WorldCare Pet, Happy Tails Travel, World Pet Travel, etc.). Leurs prestations couvrent généralement :

Astuce :

Pour organiser le déplacement d’un animal de compagnie vers ou depuis la Tanzanie, plusieurs étapes clés sont à anticiper. Il faut d’abord analyser les exigences sanitaires (vaccins, tests, délais) du pays d’origine et du pays de destination. Ensuite, il est nécessaire d’obtenir les permis d’importation et d’exportation tanzaniens, et de coordonner l’émission des certificats de santé officiels avec les vétérinaires et les autorités compétentes (comme l’USDA ou les services vétérinaires européens). La réservation d’un vol adapté est cruciale : la compagnie doit accepter les animaux, et il faut gérer les correspondances en respectant les contraintes de température et de durée de vol. Il convient également de se procurer une caisse de transport homologuée IATA. L’organisation comprend le transport terrestre (domicile–aéroport et aéroport–nouvelle adresse), ainsi qu’une assistance aux formalités douanières et au dédouanement, avec un suivi du passage aux contrôles vétérinaires. Enfin, selon les règles de la compagnie aérienne, un service « pet nanny » (accompagnateur humain dans la cabine) peut parfois être proposé.

Certaines sociétés installées sur le terrain tanzanien (comme Pet Relocation Tanzania) ajoutent à ces services :

Services pour Voyager avec votre Animal en Tanzanie

Préparez sereinement le voyage de votre animal de compagnie en Tanzanie grâce à ces services essentiels.

Micro-puces aux Normes

Fourniture de microchips entièrement conformes aux réglementations tanzaniennes pour l’identification de votre animal.

Pré-départ : Titrage Rabique

Organisation de visites pour la prise de sang nécessaire au titrage rabique avant votre futur départ.

Cliniques Vétérinaires Locales

Orientation vers des cliniques vétérinaires de confiance sur place dès votre arrivée en Tanzanie.

Avantages et inconvénients

L’avantage majeur est la réduction du stress et du risque d’erreur, surtout si l’on gère en parallèle un déménagement complet (meubles, visas, scolarisation, etc.). En contrepartie, il faut intégrer un coût parfois élevé, surtout pour les longs trajets intercontinentaux et pour les grands chiens.

Pour certaines catégories de personnes (militaires, personnels diplomatiques), une partie des frais peut être remboursée dans le cadre du déménagement. Dans d’autres pays, les coûts de transport d’animaux peuvent être considérés comme une dépense déductible dans le cadre d’un changement d’emploi. Il faut vérifier ces points avec son employeur et son administration fiscale.

Penser à l’avenir : exportation depuis la Tanzanie et changement de pays

S’installer avec son animal en Tanzanie, c’est aussi se demander, dès le départ, comment on en repartira, que ce soit pour rentrer chez soi ou pour une nouvelle destination.

Exigences générales pour l’exportation

Pour sortir un animal de Tanzanie, il faut :

Bon à savoir :

Pour exporter un animal, il faut obtenir un permis d’exportation (20 000 TZS) et respecter les exigences vétérinaires du pays de destination (vaccins, puce électronique, déparasitage, traitements spécifiques, et éventuellement un titrage rabique). Un certificat de santé récent, établi dans les délais prescrits (souvent 10 jours avant le départ), est obligatoire. Des tests sanguins supplémentaires (Dirofilaria, Brucella canis, Leishmania, etc.) peuvent être requis. Il faut également fournir les détails du vol et des coordonnées de contact, y compris en cas d’urgence.

Certaines destinations très réglementées (Union européenne, Australie, Nouvelle-Zélande, îles indemnes de rage, États-Unis pour les chiens après un séjour dans un pays à haut risque) imposent des délais d’attente stricts après le titrage rabique, voire des périodes de quarantaine. Ne pas les anticiper peut retarder un projet de départ.

Le cas particulier des retours vers des pays très réglementés

Pour un retour vers l’UE depuis la Tanzanie, il faudra typiquement :

0.5

Titre d’anticorps antirabique minimum requis, en IU/ml, pour le voyage d’un animal vers l’UE.

Il est donc logiquement plus simple de réaliser le titrage dès que l’animal est correctement vacciné, plutôt que d’attendre le moment où un retour devient urgent.

Conseils pratiques de préparation : du vétérinaire au vol

Même si chaque situation est spécifique, quelques lignes directrices se dégagent pour organiser sereinement une expatriation avec son animal vers la Tanzanie.

Construire une chronologie réaliste

En pratique, on peut structurer sa préparation ainsi :

– 1. 3 à 6 mois avant le départ

– Vérifier la validité des vaccins (et planifier une primo-vaccination si nécessaire).

– Implanter une microchip ISO si ce n’est déjà fait.

– Discuter avec son vétérinaire de l’opportunité de faire un titrage antirabique.

– Se renseigner sur les compagnies aériennes acceptant les animaux et les contraintes propres à sa race (brachycéphale, taille, etc.).

Attention :

Déposer la demande de permis d’importation pour la Tanzanie, réserver les vols en tenant compte des contraintes des compagnies aériennes (température, durée, saison), et s’assurer de la conformité de la caisse de transport (dimensions, aération, fixations, gamelles).

– 3. 2 à 4 semaines avant le départ

Mettre à jour ou finaliser les vaccinations (en respectant les délais de 30 jours pour la rage).

Programmer la consultation pour le certificat de santé dans la bonne fenêtre (14 jours ou moins selon votre route et votre pays de départ).

– Administrer les traitements antiparasitaires au moment recommandé (souvent dans les 5 jours avant l’embarquement pour les chiens).

– 4. La semaine du départ

Obtenir le certificat de santé officiel et le faire valider par l’autorité vétérinaire du pays de départ.

– Vérifier une dernière fois la cohérence de tous les documents (noms, numéros de passeport, numéro de microchip, dates).

Habituer l’animal à sa caisse si ce n’est pas déjà fait (séances courtes, ajout d’un plaid familier, etc.).

Gérer le trajet : confort et sécurité

Les règles internationales et la plupart des compagnies déconseillent, voire interdisent, l’utilisation de sédatifs chimiques pour les animaux voyageant en avion, car ils peuvent perturber la régulation thermique et cardiovasculaire. De légers remèdes à base de plantes (valériane, spray apaisant, etc.) peuvent être admis, mais doivent être utilisés avec prudence après avis vétérinaire.

Il est recommandé de :

placer un objet familier (couverture, t-shirt portant l’odeur du propriétaire) dans la caisse ;

– éviter de nourrir abondamment l’animal dans les heures précédant le vol (pour limiter les risques de vomissements), tout en laissant de l’eau disponible ;

– prévoir une étiquette claire sur la caisse (nom de l’animal, du propriétaire, contacts, destination finale, mention “Live Animal”).

Une fois en Tanzanie, il est judicieux de reprendre rapidement contact avec un vétérinaire local pour :

enregistrer l’animal et son historique médical ;

planifier les rappels de vaccination ;

discuter de la prévention antiparasitaire adaptée à la région (tiques, moustiques, etc.).

Conclusion : une expatriation possible, à condition d’anticiper

Expatrier un animal de compagnie en Tanzanie, ce n’est ni plus compliqué ni plus simple que vers d’autres pays à forte réglementation : c’est différent, parce que le risque rabique est élevé et que les infrastructures vétérinaires sont concentrées dans certaines zones.

Bon à savoir :

Pour importer un chien en Tanzanie, il est crucial de préparer à l’avance la micropuce, la vaccination antirabique et le certificat de santé vétérinaire, complétés par les vaccins et traitements antiparasitaires nécessaires, ainsi que d’obtenir le permis d’importation à temps. Sur place, il faut adapter les habitudes quotidiennes en raison du contexte local : se méfier des chiens errants (faible couverture vaccinale) et des zones à risque comme le Serengeti, consulter un vétérinaire immédiatement en cas de morsure, et maintenir rigoureusement les rappels de vaccins.

Enfin, envisager dès le départ un éventuel retour ou une nouvelle expatriation (via un titrage antirabique anticipé, par exemple) permet de ne pas se retrouver bloqué plus tard par des contraintes de délais. Avec cette vision à moyen terme et l’appui, si besoin, de professionnels du transport animalier et de vétérinaires locaux compétents, vivre en Tanzanie avec son chien ou son chat est tout à fait faisable, dans des conditions de sécurité raisonnables pour l’animal comme pour la famille.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale en Tanzanie pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal international, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Tanzanie, Maurice, Émirats, Grèce), la stratégie retenue a consisté à cibler la Tanzanie pour son régime d’imposition plus favorable aux non-résidents, l’absence d’impôt sur la fortune, un coût de vie très compétitif (Dar es Salaam nettement moins cher que Paris) et l’accès à une zone de forte croissance africaine. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention du permis de résidence, détachement et couverture santé internationale, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques…), mise en relation avec un réseau local (avocat, immigration, partenaires francophones) et intégration patrimoniale (analyse et restructuration si nécessaire), en tenant compte de l’absence de convention fiscale France–Tanzanie et des risques de double imposition.

Vous souhaitez vous expatrier à l'étranger : contactez-nous pour des offres sur mesure.

Décharge de responsabilité : Les informations fournies sur ce site web sont présentées à titre informatif uniquement et ne constituent en aucun cas des conseils financiers, juridiques ou professionnels. Nous vous encourageons à consulter des experts qualifiés avant de prendre des décisions d'investissement, immobilières ou d'expatriation. Bien que nous nous efforcions de maintenir des informations à jour et précises, nous ne garantissons pas l'exhaustivité, l'exactitude ou l'actualité des contenus proposés. L'investissement et l'expatriation comportant des risques, nous déclinons toute responsabilité pour les pertes ou dommages éventuels découlant de l'utilisation de ce site. Votre utilisation de ce site confirme votre acceptation de ces conditions et votre compréhension des risques associés.

RETROUVEZ-MOI RÉGULIÈREMENT DANS LA PRESSE

Découvrez mes dernières interventions dans la presse écrite, où j'aborde divers sujets.

A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

Retrouvez-moi sur les réseaux sociaux :
  • LinkedIn
  • Twitter
  • YouTube
Nos guides :