Développer son réseau professionnel en Tanzanie quand on est expatrié

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer en Tanzanie pour y travailler ou y entreprendre, ce n’est pas seulement trouver un visa et un logement. Dans un pays où la culture des affaires repose fortement sur la confiance personnelle, le réseau professionnel devient votre premier capital. Sans lui, il est difficile d’identifier les bonnes opportunités, de comprendre les codes locaux ou de naviguer dans un environnement administratif parfois complexe. Avec lui, les portes s’ouvrent beaucoup plus facilement.

Bon à savoir :

La culture tanzanienne est relationnelle, hiérarchisée et conservatrice. Elle mêle pratiques modernes dans les grandes villes (Dar es Salaam, Arusha, Dodoma) et un profond respect des coutumes, de l’âge et du statut. Comprendre ce contexte est essentiel pour toute stratégie de networking, que vous soyez salarié, entrepreneur, consultant ou nomade digital.

Comprendre la culture tanzanienne des affaires avant de réseauter

Avant de multiplier les rencontres, un expatrié a intérêt à décoder les règles implicites qui structurent la vie professionnelle en Tanzanie. Cela conditionne non seulement la manière de se présenter, mais aussi la façon de gérer le temps, les négociations ou les désaccords.

La culture d’entreprise tanzanienne reste fortement hiérarchique. Les décisions sont surtout prises au sommet, souvent par le CEO ou le dirigeant le plus senior. Les rôles sont clairement définis, chacun sait où se situe son niveau de responsabilité, et les collaborateurs attendent de leurs managers qu’ils jouent un rôle presque paternaliste, y compris en dehors du strict cadre du travail. Pour un expatrié, cela signifie que convaincre un partenaire, un client ou un employeur passe rarement par une approche purement technique : il faut identifier qui détient réellement le pouvoir de décision et bâtir avec cette personne une relation de confiance.

Astuce :

La communication en Tanzanie est chaleureuse mais très indirecte. Les Tanzaniens évitent la confrontation frontale et privilégient les sous-entendus, les suggestions et les reformulations douces. L’absence de critique ne signifie pas automatiquement un accord. Dans un contexte de négociation ou de projet, il est crucial de prendre le temps d’observer les non-dits, les silences et le langage corporel pour éviter un décalage culturel. Savoir écouter longuement, poser des questions ouvertes et rester diplomate, même en cas de problème, est essentiel pour préserver la relation.

La dimension relationnelle pèse très lourd. Le pays est décrit comme une société “drivée par la relation”. On préfère faire affaire avec des gens que l’on connaît bien, ou qui viennent recommandés par un contact de confiance. Les premières rencontres servent donc, avant tout, à “se connaître” : parler de sa famille, de sa santé, de son pays d’origine, de son parcours, avant d’aborder les chiffres et les contrats. Sauter cette étape est vu comme un manque de respect, voire une forme d’arrogance.

Attention :

La ponctualité est appréciée, mais les retards modérés et l’allongement des délais, souvent appelés ‘African time’, sont fréquents. Il est conseillé de prévoir des marges dans vos plannings, d’éviter les réunions entre midi et 14 heures, et de faire preuve de patience. Il est possible de rappeler calmement l’importance de certaines échéances, sans agressivité.

Dans ce cadre, le réseautage ne consiste pas seulement à collecter des cartes de visite. Il s’agit de construire, pas à pas, des liens de confiance dans un écosystème où la hiérarchie, la politesse, l’évitement du conflit ouvert et la patience structurent la vie professionnelle.

S’approprier les codes sociaux : salutations, langue, étiquette

En Tanzanie, la manière de dire bonjour peut décider de la qualité de la relation qui suivra. Les salutations prennent du temps : il est très mal perçu d’entrer directement dans le vif du sujet. Un échange typique commence par des formules comme “Jambo” ou “Habari?” (Comment ça va ?), suivies parfois de questions sur la famille, la santé, ou le travail. Avec les aînés ou les personnes très respectées, on utilise “Shikamoo”, auquel on répond “Marahaba”. Accompagner la poignée de main d’une légère inclinaison de la tête signale votre respect.

Exemple :

Pour un expatrié souhaitant réseauter efficacement, apprendre quelques phrases en swahili est essentiel. Bien que l’anglais soit répandu dans les domaines professionnels et touristiques, le swahili est la langue du quotidien, parlée par presque tous. Dire ‘Asante’ (merci), ‘Karibu’ (bienvenue), ‘Samahani’ (excusez-moi) ou ‘Tunaweza kupanga mkutano lini ?’ (Quand pouvons-nous organiser une réunion ?) crée une proximité immédiate et démontre un effort d’intégration dans la culture locale, au-delà de la bulle expatriée.

Le choix des mots compte aussi. On utilise volontiers les titres : “Bwana” pour Monsieur, “Bi” pour Madame, “Daktari” pour un médecin, “Profesa” pour un universitaire. Employer le prénom trop vite, surtout avec des interlocuteurs plus âgés ou très seniors, peut être perçu comme un excès de familiarité. Dans les échanges de cartes de visite, on se sert de la main droite, parfois des deux mains, pour marquer le respect.

Bon à savoir :

Pour préserver les relations, évitez les démonstrations d’affection en public, particulièrement dans les zones conservatrices comme Zanzibar. Également, s’abstenir de hausser le ton, de montrer son irritation, de pointer du doigt ou de critiquer quelqu’un publiquement. Les sujets sensibles comme la politique et la religion doivent être abordés avec prudence, surtout en contexte professionnel ou avec des connaissances récentes.

La tenue vestimentaire envoie un message. En ville, pour les rendez-vous d’affaires, on attend des hommes un costume sobre ou, au minimum, pantalon et chemise boutonnée ; pour les femmes, un tailleur, une robe ou une jupe couvrant les genoux, les épaules protégées. Dans les zones rurales, les codes sont encore plus conservateurs, en particulier pour les femmes. À Zanzibar et dans les régions très musulmanes, la modestie est de rigueur. Un expatrié qui se présente soigneusement habillé gagne instantanément en crédibilité auprès de ses interlocuteurs.

Bref, maîtriser ces codes sociaux n’est pas un détail : c’est un prérequis pour que toute démarche de réseautage – d’un cocktail business à un rendez-vous dans un ministère – soit prise au sérieux.

Tirer parti des plateformes d’expatriés : InterNations, Expat.com et réseaux locaux

Pour un nouvel arrivant, les communautés d’expatriés jouent un rôle de tremplin. En Tanzanie, InterNations a développé une présence structurée, avec des communautés dans plusieurs grandes villes. Cette plateforme internationale créée en 2007 organise des événements mensuels : dîners à taille humaine, grandes soirées, sorties en groupe, parfois même des excursions vers le Serengeti ou le Kilimandjaro. L’avantage, c’est que vous y croisez à la fois des étrangers récemment installés et des résidents de longue date, souvent bien introduits dans les milieux économiques, diplomatiques ou associatifs.

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Les groupes thématiques d’InterNations organisent au moins une activité par mois, créant des opportunités professionnelles au-delà des loisirs.

La plateforme propose aussi des forums où l’on pose des questions très pratiques : où trouver une nounou anglophone à Dar es Salaam, comment gérer une facture d’électricité, quelle clinique choisir, comment se rendre en toute sécurité à un salon professionnel. Ces échanges informels créent des liens qui, ensuite, se prolongent dans le monde du travail.

Bon à savoir :

La plateforme Expat.com propose une section dédiée au réseautage en Tanzanie. Elle regroupe des annonces de rencontres, des appels à projets, des conseils pratiques, ainsi que des offres de collaboration ou de sous-traitance. C’est une ressource complémentaire utile aux réseaux sociaux généralistes.

Enfin, dans des villes comme Arusha, la scène expatriée est encore plus ramifiée. Des structures comme l’Arusha International Social Club organisent des soirées cinéma, des barbecues, des randonnées, autant d’occasions de rencontrer autant des expatriés que des Tanzaniens issus du monde des ONG, de la conservation ou du tourisme. Un “Arusha Expat Network” existe aussi, avec des rencontres régulières sur des thèmes pratiques : logement, école, mobilité professionnelle, création d’entreprise.

Pour un expatrié, le réflexe à adopter est simple : s’inscrire, se présenter activement, venir aux événements, et surtout faire l’effort de parler aux gens au-delà de son propre cercle national. Celui qui se contente de rester entre compatriotes limite drastiquement la portée de son réseau.

Chambres de commerce, associations professionnelles et clubs d’affaires

Au-delà des cercles d’expatriés, l’essentiel du réseau utile se construit dans les organisations tanzaniennes elles-mêmes. Le pays compte une galaxie de chambres de commerce, d’associations sectorielles et de clubs d’affaires qui sont des carrefours pour rencontrer dirigeants locaux, fonctionnaires, entrepreneurs, investisseurs ou experts.

La Tanzanian Chamber of Commerce, Industry & Agriculture (TCCIA) est un acteur majeur, avec un siège à Dar es Salaam et des antennes régionales, notamment à Arusha et Zanzibar. Adhérer à ce type de structure permet de participer à des séminaires, des foires commerciales, des ateliers sur la fiscalité, la réglementation ou les opportunités sectorielles. C’est le genre de lieu où l’on peut, en une matinée, discuter avec un banquier, un industriel, un consultant fiscal et un représentant de l’administration.

Organisations professionnelles en Tanzanie

Un aperçu des principales structures spécialisées qui fédèrent et soutiennent les entreprises dans différents secteurs clés de l’économie tanzanienne.

Confederation of Tanzania Industries (CTI)

Fédère les entreprises industrielles du pays pour représenter et défendre leurs intérêts.

Association of Tanzania Employers (ATE)

S’adresse aux employeurs en offrant des formations sur le droit du travail, la gestion des RH et la négociation collective.

Tanzania Society of Travel Agents (TASOTA)

Rassemble les agences de voyages et tour-opérateurs, point d’entrée crucial pour les secteurs de l’hôtellerie, de la conservation et du marketing touristique.

Chaque grande profession a son réseau : Tanganyika Law Society (TLS) pour les avocats, Medical Association of Tanzania (MAT) pour les médecins, Architectural Association of Tanzania pour les architectes, Tanzania Association of Microfinance Institutions pour la microfinance, Tanzania Renewable Energy Association pour les énergies renouvelables, sans oublier des fédérations sectorielles comme la Tanzania Basketball Federation ou des unions coopératives en agriculture.

Bon à savoir :

Un expatrié qui adhère à ces organisations bénéficie de plusieurs avantages concrets : accès à des événements réservés aux membres, participation à des groupes de travail, opportunités de prise de parole lors de conférences et possibilité de contribuer à des publications professionnelles. Cela permet de se rendre visible et de se positionner comme un acteur sérieux et engagé, au-delà du simple statut d’étranger de passage.

Voici, à titre d’illustration, quelques structures clés utiles pour réseauter :

Organisation / réseauLocalisation principaleType de réseau
Tanzania Chamber of Commerce, Industry & Agriculture (TCCIA)Dar es Salaam + antennes régionalesChambre de commerce multisectorielle
Confederation of Tanzania Industries (CTI)Dar es SalaamFédération industrielle
Association of Tanzania Employers (ATE)Dar es SalaamOrganisation patronale
Tanzania Society of Travel Agents (TASOTA)Dar es SalaamTourisme et voyages
Tanganyika Law Society (TLS)NationalAvocats et professions juridiques
Medical Association of Tanzania (MAT)NationalMédecins et professions de santé
Tanzania Renewable Energy Association (TAREA)NationalÉnergies renouvelables
Arusha Chamber of Commerce, Agriculture and IndustryArushaChambre régionale

En tant qu’expatrié, venir en observateur à une première réunion, puis proposer progressivement de contribuer (panel, atelier, article, mentorat) est une approche bien perçue, surtout si vous apportez une expertise rare sur un sujet technique ou une expérience internationale.

Construire son réseau dans les grands hubs économiques : Dar es Salaam, Arusha, Zanzibar

Les stratégies de networking varient selon le lieu où vous vous installez, tant l’économie tanzanienne est régionalisée.

Dar es Salaam est le centre névralgique : c’est là que se concentre le cœur financier, les sièges de grandes banques, les filiales de multinationales, les principaux cabinets de conseil, les grands événements économiques et sectoriels. Y réseauter suppose de fréquenter aussi bien des salons professionnels – comme BUILDEXPO Africa, Minexpo, Medexpo, Power & Energy Africa, des expositions industrielles ou de santé – que des lieux plus informels : clubs sportifs, yacht club, associations culturelles, bars et restaurants fréquentés par les milieux d’affaires.

Bon à savoir :

La ville est divisée en trois districts (Kinondoni, Ilala, Temeke), chacun ayant ses propres quartiers d’affaires et zones résidentielles. La péninsule de Msasani, par exemple, concentre bureaux, restaurants, lieux de vie nocturne et résidences d’expatriés. Des lieux comme le Dar es Salaam Yacht Club, les pubs sportifs ou les bars d’hôtels sont des points de rencontre réguliers pour les cadres tanzaniens, diplomates, consultants, entrepreneurs et experts étrangers. Une fréquentation assidue de ces endroits, en dehors des événements officiels, permet d’y tisser des relations durables.

Arusha, elle, joue un rôle très différent. Capitale du “circuit safari” du nord, siège de la Communauté d’Afrique de l’Est et ancien siège du Tribunal pénal international pour le Rwanda, la ville concentre le tourisme de haut niveau, la conservation, les ONG, mais aussi la diplomatie régionale. Son climat tempéré et sa communauté expatriée dynamique en font un terrain particulièrement propice pour tisser un réseau mixte : chercheurs, juristes, hôteliers, guides, consultants en environnement, entrepreneurs du numérique, acteurs de la société civile.

Bon à savoir :

La communauté expatriée d’Arusha est répartie en plusieurs quartiers (centre-ville, Sakina, Njiro, près de l’aéroport), offrant de nombreuses occasions de rencontres dans des cafés, clubs de sport, événements caritatifs, vernissages et conférences. La ville constitue également un hub stratégique pour les professionnels des secteurs de la conservation, du tourisme et du développement.

Zanzibar, enfin, attire un profil d’expatriés plus orienté sur l’hôtellerie, la restauration, le tourisme nautique, les activités culturelles ou l’économie créative. Stone Town, avec ses bâtiments historiques comme l’Old Fort, le Peace Memorial Museum ou les bains d’Hamamni, sert de décor aux festivals et manifestations artistiques. De nombreux hôtels de la côte est accueillent des week-ends de travail ou des retraites professionnelles, où se croisent acteurs du tourisme, investisseurs, organisateurs de voyages, créateurs de mode inspirés par la mouvance “Made in Africa” et professionnels du digital.

Dans ces trois pôles, la clé est de se rendre visible sur la durée. Participer à un salon une fois par an ne suffit pas. Il faut revenir, s’inscrire dans des groupes locaux, adhérer à une chambre de commerce, accepter les invitations à des événements plus informels. C’est cette répétition dans la présence qui transforme des cartes de visite en véritables relations.

Exploiter les grands événements, salons et congrès pour multiplier les contacts

La Tanzanie accueille un nombre considérable de salons, foires et conférences sectorielles, notamment à Dar es Salaam. Ces événements sont des aimants à décideurs : cadres de grandes entreprises, responsables ministériels, représentants de bailleurs, consultants internationaux, startups locales, ONG.

On peut citer, parmi d’autres, des salons dédiés à l’industrie (Indusmach, BUILDEXPO), aux énergies (Power & Energy Africa, Solarexpo), à la santé (Medexpo, Tanzania Health Summit, Dental Expo), à l’automobile (Autoexpo), au bâtiment et aux mines (Minexpo, Tanzania Mining & Investment Forum), à l’agriculture et l’agroalimentaire (Grains Africa, salons agritech), sans oublier des événements transversaux comme des conférences académiques, des colloques sectoriels ou des semaines thématiques sur l’agriculture, la nutrition, la santé.

Astuce :

Les salons professionnels sont des événements précieux pour un expatrié, car ils concentrent une densité de contacts très difficile à reproduire autrement en seulement quelques jours. Pour en tirer le meilleur parti, il est essentiel de préparer une véritable stratégie en amont, plutôt que de se contenter de déambuler sans objectif entre les stands.

Une bonne approche consiste à lister, en amont, les stands ou intervenants clés que vous souhaitez absolument rencontrer : ministères, agences publiques (Tanzania Investment Centre, Revenue Authority, commissions sectorielles), grandes entreprises locales, associations professionnelles, ONG internationales, startups innovantes. Sur place, prendre le temps d’assister à quelques sessions plénières ou tables rondes permet de repérer qui prend la parole, qui maîtrise bien son sujet, qui semble ouvert à l’échange. Aller voir ces personnes à la fin d’une intervention, en commençant la discussion par une référence à ce qu’elles viennent de dire, est souvent plus efficace qu’un démarchage à froid.

Exemple :

Ce forum prévoit des moments informels comme des pauses café, déjeuners, cocktails et un dîner de gala avec remise de prix. Ces contextes détendus facilitent l’approche de personnalités clés (directeurs ministériels, CEO, investisseurs). Les conversations y sont moins techniques, portant davantage sur les parcours, motivations et visions d’avenir, permettant souvent de jeter les bases de collaborations durables.

Pour donner un aperçu de la richesse de ce calendrier d’événements à Dar es Salaam, on peut résumer ainsi :

Type d’événementSecteurs concernésIntérêt pour l’expatrié
Salons industriels (BUILDEXPO, Indusmach, Tools & Hardware, etc.)BTP, machines, industrie manufacturièreContacts avec industriels, distributeurs, ingénieurs
Expos énergie & mines (Power & Energy Africa, Minexpo, Tanzania Energy Congress, Tanzania Mining & Investment Forum)Mines, pétrole, gaz, renouvelablesRencontres avec compagnies extractives, ministères, investisseurs
Salons santé & pharma (Medexpo, Dental Expo, Med Meet)Médical, pharmaceutique, équipementsAccès aux acteurs de la santé publique et privée
Foires agro / agro-techAgriculture, transformation, logistiqueLiens avec coopératives, agribusiness, ONG, bailleurs
Forums sectoriels / conférencesFinance, management, data, statistique, projetsRéseau d’experts, d’universitaires, de consultants

La préparation en amont (objectifs clairs, pitch personnel prêt, cartes de visite, profil LinkedIn à jour) et le suivi après l’événement (messages personnalisés, demandes de rendez-vous, partages de ressources) font la différence entre un salon vite oublié et un tournant dans votre réseau.

Mentorat, coaching et réseaux d’anciens : accélérateurs de crédibilité

Le mentorat est un levier sous-estimé par beaucoup d’expatriés, alors qu’il répond très bien à la culture relationnelle tanzanienne. Être introduit par quelqu’un de respecté dans son secteur pèse lourd. Plusieurs structures offrent ce type de dispositifs.

Dans le domaine du management de projet, le chapitre PMI Tanzania gère un programme de mentoring qui met en relation mentors et mentorés membres du chapitre. Les tandems se rencontrent en général une à deux fois par mois pendant quelques mois. La finalité n’est pas prioritairement la recherche d’emploi, mais le développement de compétences, la compréhension du contexte local et la construction d’une posture professionnelle adaptée. Pour un expatrié chef de projet, y participer permet à la fois d’apprendre les subtilités des pratiques tanzaniennes et de se faire connaître d’un réseau d’experts certifiés.

Astuce :

Des structures comme Anza Entrepreneurs accompagnent les PME et startups via des programmes d’accélération mêlant formation et mentorat. En tant que mentor, vous pouvez consacrer quelques heures par mois sur plusieurs semaines, parfois à distance, et rejoindre une communauté d’entrepreneurs, d’investisseurs et d’experts sectoriels (agriculture, climat, énergie propre, éducation, santé, inclusion financière, technologie). Pour un expatrié, cette démarche est une excellente façon de gagner en légitimité localement sans être perçu comme un simple « chasseur d’opportunités ».

Dans le secteur IT, des plateformes comme Speedy Mentors relient des professionnels en Tanzanie et ailleurs à ceux qui cherchent un accompagnement de carrière. Même si ces programmes sont orientés vers les compétences techniques, ils ont un effet structurant sur le réseau : mentorés et mentors restent en lien, s’échangent des missions ou des recommandations, s’invitent à des projets. L’essentiel est de ne pas voir le mentorat comme une relation purement utilitariste, mais comme un engagement réciproque dans la durée.

Astuce :

Les réseaux d’alumni, qu’ils proviennent d’universités internationales (comme Sharda University) ou d’écoles locales (telles que l’International School of Tanganyika à Dar es Salaam), sont un pilier essentiel pour les expatriés. Ces communautés maintiennent le lien via des portails en ligne, des newsletters, des conférences, des « alumni hours » sur les campus ou des rencontres informelles en ville. En activant ces réseaux, un expatrié diplômé de ces établissements peut bénéficier de relais précieux pour comprendre le marché local tanzanien, repérer des opportunités d’emploi, trouver des partenaires commerciaux ou accéder à du mentorat, tout en ayant la possibilité de devenir mentor à son tour.

Dans tous ces cas, la règle implicite reste la même : donner avant de recevoir. Partager des ressources, des retours d’expérience, des introductions, sans attendre un bénéfice immédiat, est la meilleure façon de bâtir une réputation solide, ce qui est au cœur de tout réseau pérenne en Tanzanie.

Stratégies numériques : LinkedIn, groupes Facebook et outils en ligne

Sur le plan digital, la Tanzanie présente une particularité : LinkedIn est encore très peu exploité par rapport à son potentiel. Avec un peu plus d’1,5 million d’utilisateurs pour plus de 60 millions d’habitants, la marge de progression est immense. Beaucoup de professionnels, d’étudiants ou d’entrepreneurs n’y voient qu’un site de recherche d’emploi, voire ne connaissent pas vraiment la plateforme.

Pour un expatrié, cela représente une opportunité. En optimisant sérieusement son profil – photo professionnelle, titre clair, description détaillée, mise en avant de compétences recherchées localement (contenu digital, développement web, gestion de projet, marketing, finance, énergie, tourisme, etc.) – et en publiant régulièrement des contenus utiles (analyses sectorielles, retours d’expérience de terrain, conseils pratiques), on se démarque très vite.

Des exemples locaux montrent le potentiel : un marketeur tanzanien, devenu très suivi sur LinkedIn, affirme recevoir de nombreuses opportunités sans plus avoir à postuler activement. Il a même testé la vente d’un livre en précommande uniquement via son réseau LinkedIn et généré l’équivalent d’un revenu appréciable en quelques jours. On voit là comment un réseau digital bien entretenu peut se traduire en opportunités concrètes : missions, partenariats, ventes, recrutements.

Un marketeur tanzanien influent sur LinkedIn

Pour un expatrié, une stratégie efficace sur LinkedIn en Tanzanie pourrait inclure plusieurs dimensions complémentaires : établir une base de contacts en important ses carnets d’adresses et en connectant anciens collègues, camarades d’études, clients ; cibler ensuite les profils clés dans le pays – dirigeants locaux, DRH, entrepreneurs, consultants, responsables d’ONG, représentants d’agences d’investissement, organisateurs d’événements ; personnaliser chaque demande de connexion en mentionnant un point commun (événement partagé, intérêt sectoriel, article lu) ; participer activement aux discussions en commentant les posts d’acteurs influents, en particulier ceux qui obtiennent un engagement significatif mais pas encore massif, ce qui augmente la probabilité d’interaction.

Astuce :

Les groupes Facebook dédiés aux expatriés (comme ‘Arusha Expats’, ‘Arusha Accommodation’ ou les communautés similaires à Dar es Salaam ou Zanzibar) servent de plateformes informelles pour les annonces d’emploi, de colocation, de services, de vente de matériel, d’appels à bénévoles ou de recherche de cofondateurs. Pour en tirer profit, il est recommandé d’intervenir régulièrement en apportant des réponses utiles et constructives, plutôt qu’en faisant uniquement sa promotion. Cette approche permet de se faire remarquer comme une personne fiable et serviable au sein de la communauté.

Pour trouver des logements, des bureaux, des collaborateurs ou des sous-traitants, des sites comme Lamudi Tanzania, Airbnb, Booking.com, mais aussi des services locaux (mailing lists comme “Arusha Mail Out”) sont des vecteurs d’interactions fréquentes avec la communauté locale. Chaque démarche – louer un appartement, embaucher un employé domestique, acheter un véhicule – peut se transformer en micro-opportunité de réseautage si l’on prend le temps de discuter, de poser des questions, de rester en contact.

Naviguer dans le cadre légal et les réalités du marché du travail sans brûler son réseau

Un point souvent négligé par les expatriés est l’impact de la conformité juridique sur le réseau. En Tanzanie, le cadre réglementaire concernant l’emploi des étrangers s’est durci par rapport à une époque où la pratique était plus informelle. Les autorités exigent désormais des permis de travail appropriés (différentes classes selon les cas : investisseurs, salariés, volontaires, religieux…) et des permis de résidence séparés, avec des procédures centralisées, des délais parfois longs et des contrôles sur le terrain.

Attention :

Travailler avec un visa touriste, exercer une activité non déclarée ou utiliser frauduleusement une licence locale expose à de lourdes sanctions (amendes, prison, expulsion) pour l’étranger et ses complices tanzaniens. Ces pratiques nuisent à la réputation personnelle, à celle de la communauté expatriée et détériorent les relations à long terme avec les autorités et le milieu des affaires.

Or, la construction d’un réseau en Tanzanie repose précisément sur la confiance et la perception d’intégrité. Se présenter comme quelqu’un qui respecte la loi, collabore avec les bonnes autorités (immigration, ministère du travail, agences d’investissement, autorités fiscales) et s’inscrit dans les règles du jeu envoie aux interlocuteurs un signal rassurant. Cela montre que vous comptez vous inscrire dans la durée.

Bon à savoir :

Dans un contexte de forte pression sur le marché de l’emploi local, le recours à des expatriés est un sujet sensible. La réglementation tanzanienne exige donc que les salariés étrangers forment un successeur tanzanien dans un délai de quelques années, afin de favoriser le transfert de compétences et de limiter ces postes aux seules expertises rares.

Pour un expatrié qui veut préserver de bonnes relations, intégrer cette dimension dans son discours est crucial. Expliquer, lors de rencontres, que l’on est prêt à encadrer des équipes locales, à co-construire des formations, à intervenir dans des programmes de mentorat ou de transfert de compétences donne du poids à votre présence. Les dirigeants d’entreprises et les fonctionnaires y sont sensibles, et vous perçoivent moins comme un concurrent que comme un catalyseur de développement.

Dans les relations d’affaires aussi, les récentes mesures visant à réserver certaines activités de petit commerce aux nationaux rappellent l’importance de se positionner sur des segments à plus forte valeur ajoutée, en partenariat avec des acteurs tanzaniens. Plutôt que d’ouvrir un petit commerce à votre nom, qui risque d’être mal vu ou illégal, mieux vaut envisager des formes de collaboration qui valorisent vos compétences spécifiques (conseil, ingénierie, innovation, formation) au sein de structures locales, via des contrats clairs et conformes.

Mettre ensemble tous ces leviers : une stratégie cohérente de networking en Tanzanie

Développer son réseau professionnel en Tanzanie n’est donc pas une affaire de coups d’éclat, mais de constance et de cohérence. La culture locale valorise la patience, la loyauté, la discrétion, la capacité à maintenir un lien dans le temps. S’inscrire à InterNations, adhérer à une chambre de commerce, participer à des salons ou des programmes de mentorat, optimiser sa présence sur LinkedIn, apprendre le swahili et respecter les lois du travail sont autant de pièces d’un même puzzle.

Le fil conducteur reste le même : chercher à comprendre avant de vouloir convaincre, donner avant de réclamer, s’ancrer dans le tissu local plutôt que de rester en périphérie. C’est en adoptant cette posture que l’expatrié gagne, peu à peu, sa place naturelle dans le réseau tanzanien – non pas comme un visiteur de passage, mais comme un partenaire à part entière, avec qui il devient logique, naturel, et même désirable de travailler.

Conseil pour un expatrié en Tanzanie
Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en conservant un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 € pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Tanzanie, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler la Tanzanie pour sa fiscalité attractive sur les revenus étrangers, son coût de vie très inférieur à celui de Paris (Dar es Salaam, Arusha, Zanzibar), et son environnement propice à l’investissement immobilier locatif et touristique. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, conventions de non‑double imposition FR‑TZ), obtention de la résidence via permis de séjour retraité/investisseur, structuration des revenus étrangers, organisation de la couverture santé internationale, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français, et mise en relation avec un réseau local bilingue (avocat, fiscaliste, agents immobiliers) pour sécuriser et diversifier le patrimoine tout en maîtrisant les risques (contrôles fiscaux, change, cadre juridique).

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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