Les démarches administratives pour vivre en Tanzanie

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer en Tanzanie ne se résume pas à prendre un billet d’avion et réserver un logement à Dar es Salaam, Arusha ou Zanzibar. Entre les visas, les permis de résidence et de travail, l’enregistrement fiscal, l’ouverture d’un compte bancaire, l’importation de ses effets personnels, ou encore l’accès aux soins, le parcours administratif est dense. En revanche, il est loin d’être insurmontable dès lors qu’on comprend la logique du système et qu’on anticipe.

Bon à savoir :

Cet article fournit un guide complet et pratique, basé sur les textes officiels, pour planifier votre installation en Tanzanie étape par étape. Il vise à vous aider à construire un plan réaliste et à éviter les erreurs fréquentes.

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Comprendre le cadre général : visas, permis de travail et de résidence

Avant toute chose, il faut distinguer trois niveaux qui se cumulent souvent dans un projet d’installation : le visa d’entrée, le permis de travail et le permis de résidence. Chacun répond à une logique propre et s’obtient via des autorités différentes, même si les systèmes sont désormais largement dématérialisés.

Le visa d’entrée : franchir la frontière légalement

Toute installation débute par la question du visa. La Tanzanie propose plusieurs catégories, gérées par le Tanzania Immigration Services.

Le visa ordinaire, souvent appelé visa touristique, permet de rester jusqu’à 90 jours. Il coûte 50 USD pour la plupart des nationalités, mais certains pays paient davantage : 100 USD pour les ressortissants des États-Unis et de l’Irlande, 200 USD pour ceux du Pakistan. Ce visa peut être délivré sous forme électronique (e‑Visa) et reste en général valable un an à compter de la date d’arrivée indiquée, mais pour des séjours de 90 jours par entrée.

Le visa à entrées multiples coûte 100 USD et s’adresse notamment aux voyageurs d’affaires fréquents ou à certains profils de touristes de longue durée. Le visa d’affaires (250 USD, valable jusqu’à 90 jours) est lui destiné aux missions ponctuelles : consulting, supervision de projets, réunions, sans constituer un emploi local pérenne.

Il existe aussi un visa de transit (30 USD, maximum 7 jours) pour ceux qui ne font que traverser le pays vers une autre destination, à condition de présenter un billet de continuation et un visa pour le pays de destination si nécessaire. Les visas étudiants ont des tarifs variables (50, 250, 300 ou 550 USD) selon la durée et le type de programme.

Enfin, la Tanzanie délivre un visa gratuit, dit « Gratis Visa », aux détenteurs de passeports diplomatiques, de service ou officiels, ainsi qu’aux représentants d’organisations internationales en mission.

Attention :

Le traitement standard d’une demande de visa en ligne est d’environ dix jours. Cependant, les ressortissants de certains pays (ex. : Afghanistan, Bangladesh, Somalie, Nigéria, Iran, Irak), les personnes apatrides et les réfugiés sont soumis à un référé préalable, nécessitant une autorisation spéciale du Commissaire général à l’immigration, ce qui allonge la procédure.

Un point clé à intégrer : depuis la suspension du visa à l’arrivée, il est impératif d’obtenir son e‑Visa avant de partir. Il est conseillé de déposer son dossier au moins une semaine avant la date de départ, et jusqu’à 15 jours pour certains pays comme les États-Unis.

Les exemptions de visa : qui peut entrer sans visa ?

La Tanzanie applique un régime d’exemption assez large à l’égard de nombreux pays africains et de plusieurs membres du Commonwealth ou de la région. Les citoyens de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC), une grande partie des pays de la SADC et plusieurs pays caribéens ou océaniens, n’ont pas besoin de visa pour des séjours courts. De plus, certains titulaires de passeports diplomatiques (Brésil, Chine, Inde, Corée du Sud, Turquie) bénéficient d’une entrée sans visa pour mission officielle.

En revanche, même les ressortissants exemptés de visa touristique doivent demander un Student Pass s’ils viennent pour des études ou une formation longue.

Permis de travail : une autorisation distincte du visa

Travailler légalement en Tanzanie implique d’obtenir un permis de travail. Celui-ci est délivré dans le cadre du système OWAIS (Online Work Permit Application and Issuance System), géré par le ministère en charge du travail. La demande se fait en ligne via le site officiel, avec création d’un compte, dépôt de pièces justificatives en format PDF et paiement par numéro de contrôle.

Les permis sont classés par catégories :

Exemple :

Le Maroc classe les demandeurs de permis de travail en plusieurs catégories. La Classe A concerne les investisseurs et travailleurs indépendants dans des secteurs comme l’industrie ou le tourisme. La Classe B vise les salariés expatriés occupant des postes qualifiés et rares. La Classe C inclut d’autres profils comme les chercheurs ou certains étudiants. La Classe D est réservée aux religieux ou membres d’organisations caritatives, et la Classe E aux réfugiés.

Les frais de permis de travail sont significatifs : autour de 1 000 USD pour la classe A (investisseurs et indépendants), 500 USD pour la classe B et 1 000 USD pour la classe C, selon le barème officiel récent. La classe D est facturée 500 USD, alors que la classe E est gratuite. Ces montants sont payés via un compte en USD du gouvernement après génération d’un numéro de contrôle par le système.

La validité est généralement de quelques années (jusqu’à 5 ans maximum pour certaines catégories), mais le permis reste lié étroitement à l’employeur et au poste. Travailler pour une autre entreprise sans nouveau permis est illégal. En cas de changement d’employeur, une nouvelle procédure ou un Special Pass est nécessaire.

Le permis de résidence : la clef pour rester au-delà de 90 jours

Le permis de travail ne suffit pas à résider durablement en Tanzanie. Il doit être coordonné avec un permis de résidence, délivré par le Director of Immigration Services. Là encore, le système est informatisé (e‑Permit), et l’interface est interconnectée avec OWAIS, de sorte qu’un expatrié salarié passe par deux flux administratifs : d’abord le travail, ensuite la résidence.

On distingue trois types principaux de permis de résidence :

Catégories de permis de travail et de séjour en Éthiopie

Présentation des trois principales classes de permis, avec les documents requis spécifiques à chaque profil d’étranger souhaitant travailler ou résider en Éthiopie.

Classe A : Investisseurs & Indépendants

Pour les investisseurs et travailleurs indépendants. Documents requis similaires au permis A : formulaires TIF1, lettre de motivation, CV, diplômes, licence d’activité, attestations fiscales (TIN, TVA), statuts de la société, preuve de locaux et de capital investi. Les investisseurs hors schéma TIC doivent justifier d’un capital (souvent 300 000 USD de fonds propres ou 500 000 USD de projet).

Classe B : Salariés étrangers

Pour les employés sous contrat. Nécessite un contrat de travail avec clause de rapatriement, les diplômes, les certificats d’inscription aux ordres professionnels (ingénieurs, médecins…), un organigramme de l’entreprise et tous les documents d’enregistrement de la société employeuse.

Classe C : Autres profils

Pour les profils ne relevant pas des classes A ou B : missions religieuses, étudiants, volontaires, chercheurs, retraités, personnes en traitement médical, témoins judiciaires ou acheteurs de biens immobiliers. Les documents varient selon la situation.

Les frais varient selon les annonces officielles et les révisions successives, mais une base fréquente est la suivante : environ 1 600 USD pour un permis A de deux ans, 1 500 USD pour un permis B, 500 USD pour un permis C, plus un Re‑entry Pass facturé par personne (titulaire et dépendants). Les montants exacts sont à vérifier sur le site de l’immigration, qui publie des grilles actualisées.

Le permis de résidence est en général délivré pour deux ans, renouvelable. Sa durée ne peut pas dépasser celle du permis de travail correspondant. L’ensemble est matérialisé par une carte intelligente (e‑Permit Smart Card) émise après capture d’empreintes et de photo dans un bureau d’immigration.

Un point souvent négligé : les demandes de permis B et C doivent être déposées alors que l’intéressé se trouve hors de Tanzanie, sauf exceptions (changement d’employeur, titre spécial). Les recours contre un refus se font auprès du ministre compétent, et doivent être introduits depuis l’étranger.

S’installer légalement : fiscalité, TIN et obligations d’employeur

Une fois que l’on a sécurisé son droit au séjour et au travail, une autre série de démarches s’ouvre côté fiscal et social.

Obtenir un TIN : la carte d’identité fiscale

Le Taxpayer Identification Number (TIN) est un passage obligé pour pratiquement toute activité formelle en Tanzanie. Il est délivré par la Tanzania Revenue Authority (TRA) et sert non seulement d’identifiant fiscal, mais aussi de numéro de TVA pour les entreprises soumises à cet impôt.

Tous les résidents fiscaux, nationaux ou étrangers, doivent disposer d’un TIN individuel. Pour les personnes physiques, il s’agit d’un code numérique à 10 chiffres. Les structures juridiques (sociétés, partenariats, trusts) se voient attribuer un TIN spécifique (9 chiffres pour les entités, assorti d’un numéro d’enregistrement distinct).

Astuce :

La demande de Taxpayer Identification Number (TIN) peut être effectuée en personne dans un bureau de la Tanzania Revenue Authority (TRA) ou en ligne si vous possédez un numéro d’identification national. Les documents requis sont : une pièce d’identité valide (passeport pour les étrangers), un justificatif de domicile et, en cas d’activité professionnelle, les preuves d’enregistrement de l’entreprise ou le contrat de travail. Pour un Business TIN, un déplacement en bureau de la TRA reste obligatoire afin de récupérer le certificat, l’évaluation fiscale provisoire et, le cas échéant, le certificat de conformité fiscale.

Pour les entreprises, la procédure se double de l’enregistrement auprès de BRELA (Business Registration and Licensing Authority), puis de la demande de licence d’exploitation auprès des autorités commerciales locales ou nationales selon le secteur.

Comprendre le statut de résident fiscal

Aux yeux de la loi fiscale tanzanienne, un individu est considéré comme résident s’il remplit au moins une des conditions suivantes :

– il possède un foyer permanent en Tanzanie et y séjourne au moins une partie de l’année fiscale ;

– il passe au minimum 183 jours sur le territoire durant l’année ;

– sur l’année et les deux précédentes, sa présence moyenne dépasse 122 jours par an ;

– il est un employé du gouvernement tanzanien en poste à l’étranger.

Un résident est imposé sur ses revenus mondiaux, tandis qu’un non‑résident ou un résident « court-terme » (moins de deux ans cumulés de résidence dans sa vie) ne paiera l’impôt que sur ses revenus de source tanzanienne.

30

Taux marginal d’imposition sur le revenu des personnes physiques en Tanzanie, applicable aux revenus mensuels supérieurs à 1 000 000 TSh.

Obligations des employeurs : retenues, charges sociales, taxes parafiscales

Tout employeur légalement établi en Tanzanie doit appliquer le système PAYE (Pay‑As‑You‑Earn) : l’impôt sur le salaire est prélevé à la source et versé mensuellement à la TRA. L’employeur contribue aussi aux régimes de sécurité sociale : NSSF pour le privé, PSSSF pour le public. La contribution totale peut atteindre 20 % de la rémunération brute, une partie pouvant être retenue sur le salaire.

Sous certaines conditions (à partir de 10 employés), une Skills and Development Levy (SDL) de 3,5 % sur les rémunérations en espèces s’applique, sauf pour des institutions comme les écoles ou certains établissements de santé confessionnels.

S’ajoute la TVA, au taux standard de 18 %, sauf pour les exportations et quelques services spécifiques qui peuvent être à taux zéro. Les dividendes, intérêts, loyers, redevances et certains services sont soumis à retenue à la source (withholding tax) à des taux variant entre 5 % et 15 % selon la nature du flux et la résidence du bénéficiaire.

Se loger : bail, protection du locataire et réalités du marché

Trouver un logement fait partie des premières urgences à l’arrivée. Derrière la recherche immobilière, un environnement juridique relativement complexe se dessine, même si la réglementation historique a été largement assouplie.

De la Rent Restriction Act à la liberté de négociation

Pendant longtemps, la Rent Restriction Act (Chapitre 339) encadrait strictement les loyers et les relations bailleur‑locataire en Tanzanie continentale. Ce texte, en vigueur depuis les années 1980, définissait la notion de « loyer standard » et confiait aux tribunaux spécialisés le pouvoir de fixer et réviser les loyers.

Cette loi a été abrogée, ce qui signifie aujourd’hui que les montants de loyer se négocient librement entre parties. Toutefois, d’autres textes continuent de réguler l’occupation des terres et des immeubles : Land Act 1999, Urban Land Act 2007, ainsi que la Courts (Land Disputes Settlements) Act 2002 qui organise le règlement des litiges fonciers et locatifs.

En pratique, cela donne un marché marqué par l’informalité, surtout pour les locaux, et très segmenté pour les expatriés.

Tribunaux et procédures en cas de litige locatif

Les différends en matière de logement suivent une hiérarchie juridictionnelle :

Au niveau de base, les Ward Tribunaux interviennent, notamment dans les procédures d’éviction. Au‑dessus, les District Land and Housing Tribunals tranchent les conflits plus importants. Les décisions peuvent être portées devant la Housing Appeals Tribunal, puis la High Court (Land Division) pour les litiges de grande valeur.

Hiérarchie des tribunaux fonciers et du logement au Kenya

En théorie, tout expulsion pour impayé ou manquement grave doit être autorisée par un Ward Tribunal, dont la décision sert de base à une procédure ultérieure de mise en œuvre par la juridiction de district, puis éventuellement en appel. Les délais peuvent être très longs : environ 217 jours pour une procédure complète d’expulsion pour non‑paiement (environ 7 jours pour la signification, 180 jours pour l’audience de fond, 30 jours pour l’exécution).

Dans la pratique, la lenteur du système pousse malheureusement certains propriétaires vers des méthodes extra‑judiciaires (intimidation, coupure de services, voire violence), que la loi réprouve mais qui restent rapportées sur le terrain. D’où l’intérêt de sécuriser, autant que possible, votre contrat et vos paiements.

Pratiques de marché : dépôts, commissions et paiements anticipés

Sur le segment des expatriés, surtout dans les grandes villes, plusieurs usages se sont imposés :

– les commissions d’agence (quand vous passez par un agent immobilier) s’établissent en général à l’équivalent d’un mois de loyer ;

– le dépôt de garantie tourne fréquemment autour de six mois de loyer ;

– les paiements se font souvent en avance semestrielle, voire annuelle, même si certains propriétaires acceptent des paiements trimestriels ou mensuels.

Ces pratiques reflètent la faible bancarisation et le caractère de « sécurité de revenu » recherché par les bailleurs dans un contexte de justice lente. La plupart des baux sont des locations périodiques, tacitement reconduites à chaque paiement anticipé. Il n’est pas rare que le préavis de départ exigé par le bailleur coïncide avec ce cycle (par exemple, six mois pour un bail payé par semestre).

Accès à la propriété pour les étrangers : droits limités mais réels

Sur le plan constitutionnel, toutes les terres tanzaniennes appartiennent à l’État. Les particuliers, entreprises et investisseurs — locaux comme étrangers — disposent de droits dérivés (leases, droits d’occupation, etc.). Les étrangers ne peuvent donc pas posséder la terre en pleine propriété, mais ils peuvent acquérir des droits de long terme, notamment via des baux de 99 ans pour des projets d’investissement approuvés par le Tanzania Investment Centre (TIC) ou le ministère en charge des terres.

Bon à savoir :

À Zanzibar, les investisseurs étrangers peuvent acquérir des immeubles (appartements, bâtiments) via des titres de copropriété, la propriété portant sur la structure et non sur le sol. Des projets comme Fumba Town proposent des baux de 99 ans renouvelables dans un cadre réglementaire spécifique à l’archipel. Une gestion locative est offerte, avec une commission d’environ 7,5 % sur les revenus. Ces projets attirent des résidents de plus de 55 pays.

Les transactions immobilières entraînent plusieurs charges fiscales :

ChargeTaux / Montant indicatif
Capital gains tax (résident)10 % sur la plus‑value
Capital gains tax (non‑résident)20 %
Stamp duty (acquéreur)Environ 1 % du prix ou de la valeur
Withholding tax sur loyer (résident)10 %
Withholding tax sur loyer (non‑résident)15 %
Impôt sur les revenus locatifs non-résident20 % sur les loyers
Taxe foncière annuelleVariable selon valeur et localisation
Frais de notaireEnviron 3 % (plafonnés)
Frais de registreEnviron 0,25 %
Frais d’évaluationEnviron 0,10 %
Commission d’agent immobilier5 à 10 %

Pour sécuriser une acquisition, surtout en tant qu’étranger, il est fortement recommandé de recourir à un avocat spécialisé en droit immobilier local, via des plateformes de mise en relation ou des cabinets connus.

Se soigner : assurance, hôpitaux et exigences pour les expatriés

La Tanzanie dispose d’un système de santé en développement, avec d’importantes limitations, surtout en zone rurale. Pour un expatrié, la question est autant administrative que médicale.

Assurances santé : une quasi‑obligation de fait

En théorie, l’assurance santé n’est pas toujours une condition d’obtention du visa standard. Toutefois, elle devient obligatoire pour un permis de travail et de plus en plus incontournable au regard du niveau de services publics et des coûts de l’évacuation médicale.

Le pays s’appuie sur la National Health Insurance Fund (NHIF), régime public destiné principalement aux salariés du secteur public, mais qui s’est ouvert progressivement aux travailleurs du secteur privé et informel. Il offre une couverture de base : consultations, hospitalisation, médicaments essentiels, examens diagnostiques. Des retards de remboursement, des manques d’équipements et de médicaments sont cependant régulièrement signalés.

Bon à savoir :

Les expatriés ont un accès limité aux dispositifs locaux et optent majoritairement pour une assurance privée ou internationale. Ces offres proposent des garanties plus étendues : liberté de choix de l’hôpital (souvent privé), évacuation sanitaire d’urgence vers un autre pays (comme le Kenya ou l’Afrique du Sud), services en anglais, remboursements plus rapides, ainsi qu’une meilleure prise en charge de la médecine préventive, des traitements coûteux et de la maternité.

Les primes mensuelles se situent approximativement dans les fourchettes suivantes :

Type de contratFourchette indicative
Assurance privée de base (individuel)50 à 200 USD / mois
Assurance privée de base (famille)Environ 300 à 400 USD / mois
Assurance internationale complète (individuel)Souvent > 300 USD / mois
Assurance internationale complète (famille)700 à 1 000 USD / mois ou plus

Les assurances proposées localement couvrent rarement les conditions préexistantes sans surprime ou délai de carence. Il est donc crucial de déclarer intégralement son historique médical.

Un cas particulier mérite d’être signalé : Zanzibar impose désormais une assurance obligatoire pour tous les visiteurs, souscrite via la Zanzibar Insurance Corporation, couvrant soins de santé, bagages, perte de passeport, accidents et évacuation d’urgence pour des séjours jusqu’à 92 jours, moyennant un forfait d’environ 44 USD depuis 2024–2025.

Qualité des soins : hôpitaux publics versus privés

Les hôpitaux publics restent l’ossature de l’accès aux soins pour la population locale. Ils assurent la prise en charge des urgences, des maladies chroniques, de la santé maternelle et infantile. Néanmoins, ils souffrent d’un manque de personnel formé, d’équipements et de médicaments, ainsi que de files d’attente longues. Les meilleurs établissements publics se situent dans les grandes villes, par exemple :

Établissements de santé de référence en Tanzanie

Principaux hôpitaux publics et centres médicaux spécialisés offrant des soins de niveau tertiaire et servant de pôles de formation.

Muhimbili National Hospital

Situé à Dar es Salaam, c’est le plus grand hôpital public et le centre de référence national.

Kilimanjaro Christian Medical Centre (KCMC)

Situé à Moshi, c’est un important centre de soins et de formation médicale.

Mount Meru Regional Referral Hospital

Situé à Arusha, cet hôpital régional fournit un appui spécialisé.

Pour les expatriés, les cliniques et hôpitaux privés représentent généralement le choix privilégié. Ils offrent des délais plus courts, un environnement plus confortable, une meilleure disponibilité de matériel médical moderne, et un personnel parlant anglais. Parmi les structures réputées, on peut citer :

– l’hôpital Aga Khan à Dar es Salaam, aux services diversifiés et de qualité ;

– le Regency Medical Centre, également à Dar es Salaam ;

– le Muhimbili Orthopaedic Institute, spécialisé en orthopédie.

Attention :

En cas de pathologie grave ou de chirurgie lourde, une évacuation vers un hub régional (Nairobi, Johannesburg, etc.) est fréquente. Il est donc crucial de souscrire une assurance incluant cette couverture.

Obligations et précautions sanitaires à l’entrée

Avant d’entrer en Tanzanie, un certain nombre de vaccinations sont recommandées, notamment : diphtérie, tétanos, poliomyélite, rougeole, oreillons, rubéole, hépatites A et B, typhoïde, rage. Dans certains cas, un certificat de vaccination contre la fièvre jaune est exigé, notamment si vous arrivez d’un pays où la maladie est présente ou si vous y avez transité plus de 12 heures.

La malaria est endémique sur la majeure partie du territoire en dessous de 1 800 mètres d’altitude. Même si aucun vaccin n’existe, la prévention repose sur la prise de médicaments antipaludiques, l’usage de répulsifs, le port de vêtements longs et l’utilisation de moustiquaires imprégnées.

Au quotidien, l’eau du robinet n’est pas considérée comme potable. Il est prudent de consommer de l’eau en bouteille ou filtrée et d’être attentif à l’hygiène alimentaire pour limiter les risques de maladies hydriques (choléra, typhoïde).

Banque, finances et transferts : ouvrir un compte et gérer ses flux

Pour vivre et travailler en Tanzanie, disposer d’un compte bancaire local est souvent indispensable, que ce soit pour percevoir son salaire, payer un loyer, régler ses factures ou gérer un business.

Ouvrir un compte en tant qu’individu

L’ouverture de compte est décrite comme relativement simple, mais elle suppose d’avoir déjà franchi quelques étapes administratives. Les banques exigent en général :

– un passeport en cours de validité, avec visa ou permis de résidence ;

– un justificatif d’adresse locale (facture de services, bail, attestation du propriétaire, parfois certifiée par une autorité locale) ;

– une preuve de revenus (contrat de travail, attestations de pension, revenus d’entreprise, dividendes, etc.) ;

– des photos d’identité (format et couleur de fond variant selon les banques) ;

– un dépôt initial minimum, dont le montant dépend du type de compte ;

– parfois une lettre de référence d’un client existant ou d’une institution réputée.

Bon à savoir :

Les formulaires de demande sont généralement remplis en agence. Bien que certaines banques proposent une pré‑ouverture en ligne, un déplacement au guichet est souvent requis pour la vérification d’identité et la signature finale. De plus, certains établissements exigent qu’un titulaire de compte déjà client agisse comme « référent » pour le nouveau demandeur.

Les principaux types de comptes proposés sont les comptes d’épargne, les comptes courants et les comptes en devises étrangères, notamment en USD, EUR ou GBP, ce qui facilite les opérations internationales.

Comptes d’entreprise : prérequis et délais

Pour les sociétés, les conditions sont plus strictes. Il faut habituellement :

– un certificat d’incorporation (pour les limited companies) ou de registration (pour les partenariats ou associations) obtenu auprès de BRELA ;

– les statuts (Memorandum & Articles of Association) ou un partnership deed précisant les associés et leurs parts ;

– les documents administratifs des dirigeants (passeports, permis de résidence et de travail) ;

– un bail commercial ou un titre de propriété pour les locaux ;

– un TIN et parfois un certificat de TVA ;

– une licence d’exploitation ;

– une résolution du conseil d’administration autorisant l’ouverture du compte.

Bon à savoir :

Les frais d’ouverture sont généralement faibles ou nuls. Les banques n’exigent pas toujours un dépôt minimum élevé, mais il est conseillé de maintenir un solde d’au moins 100 000 TSh pour un compte professionnel. Le délai d’ouverture est souvent compris entre une et deux semaines.

Contrôles de change et transferts internationaux

La Tanzanie pratique des contrôles de change. Les résidents peuvent détenir des comptes en monnaie locale et en devises auprès de banques agréées, mais les transferts entrants et sortants doivent en principe transiter par des institutions financières licenciées.

Les crédits accordés par des résidents à des non‑résidents, ou inversement, sont soumis à l’approbation préalable de la Banque de Tanzanie (BOT), surtout pour les financements de plus de 360 jours qui doivent être enregistrés sous peine de sanctions et impossibilité de rembourser légalement. Les opérations d’offset (compensation de créances) entre résidents et non‑résidents sont interdites.

Les paiements en cryptomonnaies sont officiellement interdits par un avis public de la Banque centrale. En revanche, les services de mobile money et de transfert internationaux (Western Union, services numériques, banques partenaires) sont très largement utilisés.

Importer ses biens, sa voiture… et ses animaux

Arriver avec toute sa vie dans des cartons et un véhicule n’est pas impossible, mais passe par une série de règles douanières assez précises, gérées dans le cadre du East African Community Customs Management Act et appliquées par la TRA au moyen de son système TANCIS.

Effets personnels et déménagement

Les biens ménagers d’occasion (mobilier, électroménager, vêtements, etc.) peuvent être exonérés de droits de douane si plusieurs conditions sont réunies :

– le propriétaire doit avoir vécu à l’étranger pendant au moins un an ;

– les biens doivent lui avoir appartenu et avoir été utilisés pendant au moins six mois ;

– ils doivent être importés dans un délai de 90 jours à six mois après la première arrivée en Tanzanie (les textes diffèrent légèrement, d’où l’intérêt de viser le plus court délai et de demander des précisions à l’agent de transit).

Attention :

Le propriétaire du véhicule doit impérativement se trouver en Tanzanie au moment des opérations de dédouanement. Cependant, sa présence physique au bureau de douane n’est pas requise s’il se fait représenter par un agent agréé.

La liste de documents à fournir est longue : passeport, visa et permis de résidence/immigration, certificats de changement de résidence délivrés par les autorités du pays d’origine, liste de colisage détaillée et valorisée en anglais, originaux du connaissement ou du titre de transport, attestation de pouvoir pour l’agent, numéro TIN, entre autres.

Les effets neufs (moins de six mois) sont soumis à des droits et taxes compris entre environ 20 et 25 %, plus TVA sur la valeur en douane, et peuvent nécessiter des autorisations spécifiques selon la nature des biens (produits alimentaires, médicaments, appareils électroniques, etc.). Les denrées alimentaires, l’alcool, les médicaments et vitamines ne sont pas considérés comme effets personnels et sont lourdement taxés, voire strictement contrôlés.

1000

Les frais de stockage pour un conteneur de 40 pieds peuvent dépasser 1 000 USD après la période de franchise.

Importer un véhicule

L’importation de véhicules est encadrée de manière stricte. Pour bénéficier des conditions les plus favorables, le véhicule doit :

– être enregistré au nom du propriétaire depuis au moins 12 mois dans le pays d’origine ;

– avoir été effectivement utilisé pendant cette période ;

– être un modèle à conduite à droite, les véhicules à conduite à gauche étant interdits sauf cas très exceptionnels.

Les véhicules de plus de sept ans sont soumis à des droits de douane, TVA et une excise duty additionnelle (taxe d’âge) d’environ 20 % de la valeur CAF. Au‑delà de dix ans, l’excise peut rester à 20 %, ce qui rend parfois l’importation économiquement peu intéressante face au marché local.

Bon à savoir :

Pour importer un véhicule, notamment en provenance d’autres pays africains, il faut fournir plusieurs documents : le certificat d’immatriculation d’origine, le titre de propriété, la facture d’achat, le connaissement, un certificat Interpol (SARPCCO), un certificat de radiation d’immatriculation, ainsi qu’un certificat de conformité technique et de roadworthiness délivré par un organisme agréé (TBS ou garage homologué). Une inspection technique en Tanzanie, d’un coût d’environ 250 USD, est également souvent requise.

Les diplomates bénéficient d’un régime très favorable, avec exonération des droits et taxes à l’importation, sur présentation d’un formulaire PRO‑6 délivré par le ministère des Affaires étrangères.

Animaux de compagnie

Les chiens et chats peuvent accompagner leurs maîtres, sous réserve de respecter les règles vétérinaires. Ils doivent disposer :

– d’un certificat de santé délivré par un vétérinaire habilité ;

– d’un certificat de vaccination antirabique à jour (dans les six mois précédant l’arrivée pour les chiens, dans l’année pour les chats) ;

Un permis d’importation doit être demandé auprès des autorités vétérinaires tanzaniennes, sur présentation du dossier sanitaire et d’une copie du passeport du propriétaire. À l’arrivée, les animaux peuvent être inspectés et mis en quarantaine pendant une durée déterminée.

Travailler, entreprendre, se marier : démarches complémentaires

Au‑delà des questions de séjour, de logement, de santé, de banque et de douane, d’autres procédures administratives jalonnent une installation durable.

Obtenir un permis de conduire et conduire légalement

La Tanzanie reconnaît le concept de permis de conduire international (IDP) comme traduction officielle d’un permis national. Pour conduire à court terme, il est en général possible d’utiliser son permis national accompagné d’un IDP. En revanche, au‑delà de six mois de séjour, les visiteurs doivent obtenir un permis tanzanien.

Le système national de gestion des permis de conduire est désormais informatisé via la plateforme IDRAS (Integrated Domestic Revenue Administration System) pilotée par la TRA. Cette plateforme permet :

de déposer et suivre en ligne les demandes (provisoires, nouvelles, conversions, renouvellements, duplicata) ;

d’enregistrer les auto‑écoles et leurs élèves ;

de gérer les tests de compétence ;

de générer des avis de paiement avec numéro de contrôle .

Bon à savoir :

Les permis de conduire sont divisés en catégories pour motos, voitures, poids lourds, transports en commun, véhicules spéciaux et engins de chantier. L’âge minimum requis est de 16 ans pour les motos et de 18 ans pour les voitures. Pour obtenir un premier permis, il faut suivre une formation dans une auto‑école agréée, se procurer un permis provisoire, puis réussir l’examen pratique de conduite.

Pour les étrangers, il existe une procédure de conversion de permis, à déposer auprès de la police de la circulation (Traffic Police), avec présentation du permis national, d’un certificat de compétence, et, pour certains, une vérification via le service d’immigration (photo et signature).

Créer une entreprise ou investir

Les étrangers qui souhaitent investir ou créer une entreprise passent, selon la taille du projet, par le Tanzania Investment Centre (TIC) ou l’Export Processing Zone Authority (EPZA). Ces organismes peuvent délivrer un certificat d’investisseur, qui ouvre droit à des facilités administratives, des exemptions de droits de douane sur certains équipements, et un accompagnement pour les permis de travail et de résidence (notamment classe A).

Le processus type comprend :

Formalités d’établissement d’une société en Tanzanie

Procédures clés pour enregistrer et opérer légalement une entreprise en Tanzanie, incluant les démarches administratives et réglementaires.

Enregistrement de la société

Inscription officielle de l’entreprise auprès du registre des sociétés (BRELA).

Obtention du numéro fiscal (TIN)

Demande du Taxpayer Identification Number pour la société et ses directeurs.

Licences sectorielles

Demande des autorisations spécifiques (tourisme, santé, éducation, etc.) auprès des autorités compétentes.

Compte bancaire professionnel

Ouverture d’un compte bancaire dédié aux activités de l’entreprise.

Dossier d’investissement

Dépôt du dossier auprès de la Tanzania Investment Centre (TIC) ou de l’EPZA si applicable.

Un investisseur qui ne remplit pas les critères d’investissement « majeur » fixés par le TIC peut toujours demander un permis A en prouvant un niveau d’actifs ou de fonds bancaires suffisant (par exemple 300 000 USD).

Mariage, certificats de police et autres documents

Les expatriés qui se marient en Tanzanie doivent fournir un certificat de capacité matrimoniale ou de non‑empêchement délivré par leur pays d’origine. Le mariage est ensuite enregistré auprès de l’officier d’état civil. En cas de délai insuffisant pour la publication des bans, il est possible de demander une Special Marriage License.

Les contrats de mariage et les actes peuvent ensuite être transcrits au niveau international via les agences compétentes (RITA sur le continent, ZCSRA à Zanzibar).

Pour certains emplois, pour des demandes de naturalisation ou des procédures d’immigration, on peut exiger un certificat de police tanzanien. Il s’obtient auprès du Forensic Bureau – Criminal Investigation Department à Dar es Salaam, moyennant empreintes digitales, lettre de demande, copie de passeport, photos, et un paiement d’environ 25 USD sur un compte bancaire spécifié.

En conclusion : anticiper, structurer, documenter

Vivre en Tanzanie suppose de naviguer dans un paysage administratif riche, qui combine :

Bon à savoir :

Pour s’installer et travailler, il faut naviguer un système de visas et permis sophistiqué, articulant travail et résidence via des portails en ligne. La fiscalité est structurée, avec un enregistrement systématique (TIN), des retenues à la source et des contributions sociales significatives. Le cadre foncier est particulier : l’État reste propriétaire de toutes les terres, et les étrangers n’ont accès qu’à des droits dérivés, souvent via des baux longs. Le système de santé étant en tension, une assurance privée ou internationale est quasi indispensable. Des procédures douanières détaillées régissent l’importation des effets personnels, véhicules et animaux de compagnie. Enfin, les services bancaires et financiers, bien qu’offrant une palette complète de produits, sont contraints par des règles de change strictes, nécessitant de se plier aux formalités.

Pour mettre toutes les chances de son côté, la clé est d’anticiper : demander son e‑Visa suffisamment tôt, préparer en amont son dossier de permis de travail et de résidence, rassembler ses justificatifs pour le TIN et l’ouverture de compte bancaire, vérifier la compatibilité de son projet immobilier avec le droit foncier, souscrire son assurance santé avant le départ, et se faire accompagner, lorsque c’est possible, par des professionnels locaux (avocats, agents de transit, conseillers fiscaux, courtiers en assurance).

En procédant ainsi, les démarches administratives pour vivre en Tanzanie cessent d’être un labyrinthe opaque et deviennent un simple parcours balisé, exigeant certes de la rigueur, mais parfaitement franchissable.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en gardant un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Tanzanie, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler la Tanzanie pour sa fiscalité personnelle globalement modérée, l’absence d’impôt sur la fortune, un coût de vie nettement inférieur à celui de la France (Dar es Salaam et Arusha) et des opportunités d’investissement immobilier et touristique en croissance (Zanzibar, locations saisonnières, éco‑lodges). La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention du permis de résidence tanzanien, achat de résidence principale, organisation de la protection sociale privée, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques…), mise en relation avec un réseau local (avocat, immigration, conseillers bilingues) et intégration patrimoniale globale.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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