Comment rester en contact avec ses proches depuis le Kenya

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Partir au Kenya pour quelques semaines de safari, plusieurs mois de bénévolat ou quelques années d’expatriation ne veut pas dire couper le lien avec ceux qu’on aime. Entre les appels Internet, les eSIM, les transferts d’argent vers M‑Pesa, les colis envoyés par la poste kenyane et les réseaux sociaux, il n’a jamais été aussi simple – ni aussi complexe – de rester connecté. Simple, parce que les outils existent. Complexe, parce qu’il faut jongler avec la qualité du réseau, les décalages horaires, la sécurité numérique, mais aussi la réalité très concrète du terrain, surtout loin de Nairobi ou de la côte.

Bon à savoir :

Pour votre séjour au Kenya, prévoyez votre connexion internet, des outils de communication adaptés pour contacter vos proches en gérant le décalage horaire, ainsi que des solutions pour envoyer de l’argent ou des colis. Pensez également à organiser des rendez-vous virtuels ou des jeux en ligne pour maintenir le lien familial. Il est crucial de prendre en compte la confidentialité de vos échanges et de comprendre les réalités des réseaux sociaux locaux.

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S’assurer d’être joignable : SIM, eSIM et couverture mobile

Avant même de penser à WhatsApp ou aux appels vidéo, la première question est basique : comment avoir une connexion stable depuis le Kenya pour parler avec vos proches ?

Le pays est relativement bien équipé. Les trois grands opérateurs mobiles sont Safaricom, Airtel Kenya et Telkom Kenya, auxquels s’ajoute Faiba 4G (Jamii Telecommunications) très orienté data, plus quelques MVNO comme Equitel. Safaricom domine largement le marché avec plus de 65 % de parts, et surtout la meilleure couverture nationale, y compris dans beaucoup de parcs et zones rurales.

Dans les grandes villes – Nairobi, Mombasa, Kisumu, Nakuru, Eldoret – la 4G, voire la 3G, est en général excellente. À l’inverse, dans les parcs comme Masai Mara, Amboseli, Tsavo, Samburu ou autour du lac Nakuru, le signal peut disparaître dès que l’on s’éloigne des lodges ou des entrées principales. En montagne, sur les pentes du mont Kenya ou dans les Aberdare, la couverture chute avec l’altitude, jusqu’à disparaître par endroits.

Astuce :

Pour rester joignable lors d’un déplacement à l’étranger, deux grandes options s’offrent à vous : l’achat d’une carte SIM locale physique ou l’utilisation d’une eSIM internationale. La première option nécessite de se procurer et d’insérer physiquement une carte SIM dans votre appareil, tandis que la seconde, une eSIM, est une carte SIM numérique que vous pouvez activer à distance sans avoir besoin d’un support physique.

SIM locale ou eSIM : que choisir pour communiquer avec la famille ?

L’achat d’une carte SIM kenyane reste la solution la plus économique par gigaoctet. Elle coûte en général entre 50 et 200 KES selon l’opérateur. Il faut montrer son passeport pour l’enregistrement, une obligation légale qui s’applique aussi aux touristes. On trouve des SIM à l’arrivée dans les grands aéroports (Jomo Kenyatta à Nairobi, Moi à Mombasa), dans les boutiques officielles, chez des revendeurs agréés et parfois même via des lodges qui proposent ce service à leurs clients.

L’eSIM pour voyager

L’eSIM, une puce électronique intégrée, s’active en ligne avant votre départ. Elle est compatible avec de nombreux smartphones récents et offre une grande variété de forjets data à l’étranger.

Compatibilité des smartphones

L’eSIM se télécharge sur les iPhone XR/XS et modèles ultérieurs, Samsung Galaxy S20 et suivants, Z Flip/Z Fold, ainsi que certains modèles Huawei, Oppo, Xiaomi ou Sony.

Fournisseurs internationaux

Les principaux fournisseurs sont Holafly, Airalo, Nomad, Saily, GigSky, Yesim, Instabridge, Ubigi, eSIM.net, iRoamly, Roamify et Yoho Mobile.

Gamme des forfaits disponibles

Les offres vont du petit forfait 1 Go valable un jour à des plans plus généreux, voire illimités, sur une durée de 30 jours ou plus.

L’eSIM a l’avantage de s’installer via un QR code, idéalement sur une connexion Wi‑Fi avant de quitter votre pays. Il suffit ensuite de l’activer en arrivant au Kenya en autorisant l’itinérance pour cette ligne dans les réglages du téléphone. L’inconvénient est son coût : à volume équivalent, les data sont souvent plus chères que sur une SIM locale. Autre limite : certains forfaits eSIM ne fournissent qu’une connexion data sans numéro kényan, ou un numéro international non local. C’est suffisant pour WhatsApp, Signal ou les appels VoIP, mais pas pour recevoir un SMS bancaire local ou utiliser certains services kényans qui exigent un numéro +254.

Attention :

L’idéal est d’exploiter la double SIM : garder sa SIM d’origine (désactivée en data pour éviter le roaming) pour conserver son numéro habituel et recevoir SMS/appels d’urgence, et ajouter une eSIM ou SIM kenyane pour bénéficier d’un Internet local et utiliser les applications de messagerie.

Couverture et limites : adapter ses attentes

Même avec la meilleure SIM du monde, la réalité du terrain reste la même : le réseau est excellent dans les villes, honorable dans beaucoup de bourgs, et incertain dès que l’on part en safari ou dans la brousse. Les lodges proposent souvent le Wi‑Fi, mais celui‑ci peut être lent, cher ou limité à certaines heures. Il vaut mieux télécharger à l’avance des cartes hors ligne (Google Maps, par exemple) et, si possible, certains contenus (films, séries, playlists) pour les moments où le réseau sera absent.

Pour vos proches restés en Europe ou en Amérique, cela signifie que vous ne serez pas forcément joignable en vidéo au milieu d’un game drive dans le Masai Mara, mais surtout depuis Nairobi ou Mombasa, ou entre deux excursions. Il est donc utile de les prévenir dès le départ : oui, vous serez joignable, mais pas à chaque minute de la journée.

Choisir les bons outils pour parler : WhatsApp, Signal et consorts

Une fois la connexion assurée, reste à choisir les applis avec lesquelles garder le contact. Dans ce domaine, deux grandes stars se détachent : WhatsApp et Signal. Leur usage dépasse largement le Kenya, mais les enjeux sont les mêmes sur place : équilibre entre praticité, confidentialité et base d’utilisateurs.

WhatsApp ou Signal : quel outil pour quel usage ?

WhatsApp est aujourd’hui utilisé par plus de 2 à 3 milliards de personnes dans le monde, dont une part massive au Kenya. Les études montrent qu’au Kenya, WhatsApp est la plateforme la plus utilisée pour discuter avec la famille et les amis, devant Facebook, Instagram ou TikTok. Parmi les jeunes de 15 à 24 ans, environ 90 % utiliseraient WhatsApp chaque jour, ce qui rend l’application quasi incontournable pour rester dans le flux de communication local.

40-70

Signal compte entre 40 et 70 millions d’utilisateurs mensuels actifs dans le monde.

Les deux applications reposent sur le même protocole de chiffrement de bout en bout, créé à l’origine par l’équipe à l’origine de Signal. Concrètement, ni WhatsApp ni Signal ne peuvent lire le contenu de vos messages ou écouter vos appels. La différence majeure vient des métadonnées et de la politique de collecte de données.

Signal collecte le minimum absolu : principalement le numéro de téléphone pour l’inscription, l’heure d’enregistrement et la dernière utilisation. Un mécanisme dit « Sealed Sender » permet même de limiter les informations visibles par les serveurs sur qui parle à qui. Les études rappellent que Signal n’a jamais été victime de fuite majeure et que son modèle économique (fondation à but non lucratif) ne repose pas sur l’exploitation marketing des données.

Exemple :

Propriété de Meta, WhatsApp applique le chiffrement de bout en bout pour le contenu des messages, mais collecte et transmet à sa maison-mère un volume important de métadonnées. Ces données incluent le numéro de téléphone, le type d’appareil, l’adresse IP, la fréquence d’utilisation, les groupes, le statut de présence en ligne, etc. Elles sont utilisées par l’écosystème Meta (Facebook, Instagram) pour l’analyse et le ciblage publicitaire, et peuvent être transmises aux autorités sur réquisition, notamment pour ce qui concerne les métadonnées.

D’un point de vue purement pratique, WhatsApp reste imbattable pour contacter « tout le monde » : vos amis restés en France, votre chauffeur Uber à Nairobi, votre guide à Diani et la cousine partie étudier au Canada. Signal excelle pour les conversations les plus sensibles, qu’il s’agisse de vie privée, de sujets politiques ou de dossiers professionnels délicats.

Plutôt que de choisir l’un contre l’autre, beaucoup d’utilisateurs adoptent une stratégie mixte : WhatsApp pour les échanges familiaux ordinaires (groupes de famille, photos du safari, appels vidéo du soir), Signal pour les discussions plus personnelles ou pour les proches particulièrement soucieux de confidentialité.

Comparatif synthétique des deux applications

Voici un résumé des différences les plus utiles pour un voyageur ou un expatrié au Kenya soucieux de rester en contact :

CritèreWhatsApp (Meta)Signal (Fondation Signal)
Base d’utilisateurs2–3 milliards d’utilisateurs actifs40–70 millions d’utilisateurs actifs
Chiffrement des messagesBout en bout (Signal Protocol)Bout en bout (Signal Protocol)
Collecte de métadonnéesImportante (numéro, appareil, IP, usage, etc.)Minimale (numéro, dates techniques)
Modèle économiqueEntreprise commerciale (publicité Meta)Organisation à but non lucratif
Code sourcePropriétaire (non intégralement ouvert)Totalement open source
Disparition des messagesOptions simples (24h, 7j, 90j)Durées très flexibles (secondes à 90 jours)
GroupesJusqu’à ~1 000 membresJusqu’à 1 024 membres
Partage de fichiersEnv. 100 MoJusqu’à 2 Go
PlateformesiOS, Android, Web, Windows, macOS, Linux via contournementsiOS, Android, Windows, macOS, Linux (distro 64‑bit)
Fonctionnalités socialesStatuts, communautés, intégration businessCanaux, communautés, options de confidentialité poussées

Dans les deux cas, les appels voix et vidéo passent par Internet (Wi‑Fi ou data mobile). Au Kenya, cela signifie qu’une bonne 4G ou un Wi‑Fi fiable permettent des conversations généralement fluides depuis les grandes villes. En zone rurale, réduire la résolution vidéo voire passer en audio‑seul améliore considérablement la stabilité.

Autres applis à garder en tête

D’autres outils peuvent compléter votre arsenal :

FaceTime pour ceux dont la famille est 100 % Apple.

Google Meet, Zoom ou Microsoft Teams pour les réunions familiales plus nombreuses, les anniversaires à distance ou les apéros de groupe.

Telegram, parfois utilisé mais moins populaire au Kenya que WhatsApp.

Viber, WeChat ou Messenger, davantage présents dans des communautés spécifiques (Chine, diaspora asiatique, etc.).

La plupart de ces services fonctionnent correctement au Kenya à partir du moment où la connexion est suffisante. L’enjeu n’est pas seulement technique : il s’agit aussi de choisir ce qui est le plus accessible pour vos parents âgés ou vos amis peu à l’aise avec le numérique. Mieux vaut souvent un seul outil bien maîtrisé (souvent WhatsApp) que quatre applis que personne n’ouvre.

Gérer le décalage horaire : transformer un casse‑tête en routine

Même avec la meilleure connexion et l’application idéale, il reste un obstacle très concret : l’heure. Le Kenya est en UTC+3 (East Africa Time). Selon l’endroit où vous vivez ou d’où vous partez, cet écart peut être confortable… ou infernal.

Les recherches sur les familles dispersées sur plusieurs continents montrent que tout le monde vit la même frustration : cette « distance temporelle » peut parfois peser plus lourd que la distance géographique. On a des choses à raconter, mais en face, c’est la pleine nuit. On voudrait appeler ses parents, mais leur matin correspond à votre fin de journée chargée.

Comment les familles gèrent‑elles ce décalage dans la réalité ?

Une étude menée auprès de 14 personnes réparties sur plusieurs fuseaux (Royaume‑Uni, États‑Unis, Canada, Chine) met en lumière des habitudes qui parlent à beaucoup de familles kenyannes ou à celles qui ont des proches au Kenya.

Les participants communiquaient très régulièrement avec leurs proches dans d’autres fuseaux horaires, parfois tous les jours, parfois une à deux fois par semaine. La majorité préférait les échanges synchrones (appels voix ou vidéo) aux messages asynchrones (e‑mail, SMS), même si ces derniers sont plus flexibles. Simplement parce que le contact en temps réel, la voix, les expressions du visage donnent un sentiment de présence et de chaleur émotionnelle que l’écrit n’égale pas.

Participants à l’étude

Au fil du temps, les familles construisent des « routines souples » : des créneaux informels, par exemple entre 10 h et midi pour l’un, et 18 h et 20 h pour l’autre, quand la différence de fuseau est de huit heures. On ne fixe pas nécessairement une heure précise, mais chacun sait que l’appel a de grandes chances de tomber dans cette fenêtre. Si un imprévu survient, on prévient à l’avance par message ou e‑mail.

Bon à savoir :

Plus le décalage horaire est important, plus il est difficile de synchroniser les temps libres en semaine. Un écart de 8 heures est particulièrement contraignant, car une personne est souvent au travail ou endormie pendant la journée de l’autre. À l’inverse, un décalage de 12 heures (ex: Kenya/Pacifique) peut paradoxalement faciliter l’organisation, en créant deux fenêtres de chevauchement claires : le matin de l’un correspondant au soir de l’autre, et vice-versa.

Quelques outils concrets pour ne pas se tromper d’heure

Au quotidien, beaucoup de gens finissent par faire les conversions de tête. D’autres installent sur leur téléphone ou ordinateur plusieurs horloges (heure de Nairobi, heure de Paris, heure de Montréal, etc.), ou utilisent des sites comme World Time Buddy ou Dateful.

Certains outils pratiques à mettre en place :

BesoinSolution pratique
Visualiser plusieurs heuresHorloges multiples sur smartphone ou ordinateur, carte murale avec heures de différentes villes
Anticiper les appelsCalendrier partagé (Google Calendar, Cozi) avec créneaux répétés
Éviter les appels nocturnesFixer ensemble une « plage silencieuse » à ne jamais dépasser
Organiser un grand appel familialUtiliser un petit sondage (Doodle, formulaire simple) pour choisir le meilleur créneau

Lorsque vos proches sont peu à l’aise avec la technologie, simplifiez au maximum : proposez un ou deux créneaux fixes par semaine, à la même heure pour chacun (par exemple tous les dimanches à 18 h heure de Nairobi, ce qui devient un rituel familial).

Appels vocaux internationaux : réduire la facture sans sacrifier la qualité

Depuis l’étranger, appeler un numéro kényan peut coûter très cher via les opérateurs classiques, avec parfois près d’un dollar la minute. Pour ceux qui ont de la famille au Kenya, de nombreuses applications proposent des tarifs bien plus raisonnables en VoIP vers les mobiles Safaricom, Airtel ou Telkom.

Bon à savoir :

Des services comme Talk360, Boss Revolution, Yolla, Slick, ZenCall ou Rebtel permettent d’appeler un numéro kenyan standard (+254…). Vous êtes facturé à la minute, et votre appel transite par Internet de votre côté avant d’utiliser le réseau téléphonique local au Kenya. Votre correspondant n’a donc besoin ni de l’application ni d’une connexion Internet pour recevoir l’appel.

Les études citent des fourchettes de prix compétitives : autour de 0,08 à 0,12 dollar la minute pour les offres les plus avantageuses, là où certaines solutions « premium » peuvent monter à 0,40–0,60 dollar. Des promotions d’appel découverte existent parfois, comme 60 minutes pour 1 dollar chez certains opérateurs. Ces tarifs varient selon que vous appelez un fixe ou un mobile et l’opérateur kenyan concerné (Safaricom, Airtel, etc.).

Attention :

Ces solutions permettent de joindre vos proches sans nécessiter de forfait data ou de smartphone. Cependant, elles impliquent de gérer un crédit prépayé et de surveiller sa consommation. Pour composer, il est essentiel d’ajouter l’indicatif +254 devant le numéro local.

Pour rester simple, beaucoup de familles adoptent une règle mixte : lorsqu’il y a du Wi‑Fi des deux côtés, on privilégie WhatsApp ou Signal. Lorsque les proches au Kenya n’ont pas de données ou vivent dans une zone mal couverte en data, on bascule vers ces services VoIP vers numéros classiques.

Envoyer de l’argent à ses proches au Kenya : un lien affectif très concret

Rester en contact, ce n’est pas uniquement parler. Pour beaucoup de familles, c’est aussi pouvoir envoyer un peu d’argent en cas de coup dur, participer aux frais d’école, contribuer à un mariage ou à une hospitalisation. Dans le contexte kenyan, M‑Pesa et les transferts vers mobile money occupent une place centrale.

Les grands acteurs du transfert d’argent vers le Kenya

Depuis l’étranger (notamment les États‑Unis, l’Europe ou le Moyen‑Orient), une série d’acteurs facilitent les envois vers le Kenya :

Western Union

MoneyGram

WorldRemit

Remitly

Wise

Sendwave

Taptap Send

Xoom (service de PayPal)

PayPal lui‑même

Profee, Azimo, Payoneer, entre autres.

Bon à savoir :

Pour effectuer un transfert, créez un compte en ligne ou via une application, vérifiez votre identité, précisez le bénéficiaire et choisissez son mode de réception (compte bancaire, portefeuille mobile M‑Pesa ou Airtel Money, ou retrait d’espèces). Le paiement s’effectue par carte bancaire, compte bancaire ou portefeuille numérique. Les transferts peuvent être quasi instantanés, parfois en quelques minutes, notamment vers des portefeuilles mobiles ou pour des retraits d’espèces.

Les limites de montant varient selon les services, avec des plafonds journaliers, mensuels ou par transaction (par exemple quelques milliers de dollars chez certains, beaucoup plus chez d’autres comme Azimo ou Wise quand il s’agit de virements bancaires).

Au Kenya, les proches peuvent recevoir l’argent directement sur M‑Pesa, Airtel Money ou Equitel, ou se rendre dans l’une des nombreuses agences physiques pour un retrait en espèces. Western Union revendique plus de 6 900 points de retrait dans le pays, tandis que MoneyGram dispose de dizaines d’agences.

Coûts, taux de change et sécurité

Chaque service mélange de manière différente frais fixes, pourcentage sur la somme envoyée et marge sur le taux de change. Certaines plateformes comme Wise mettent en avant un taux de change de référence (dit « mid‑market ») avec des frais séparés clairement indiqués, d’autres préfèrent des promotions sur les premiers transferts (frais réduits ou nuls).

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Frais totaux pouvant être générés par l’envoi de 1 000 dollars dans les cas les plus compétitifs.

La plupart de ces entreprises insistent sur la sécurité : chiffrement des données, surveillance antifraude 24/7, authentification à deux facteurs, vérification d’identité systématique par des documents officiels (passeport, permis de conduire, parfois selfie). Les fonds clients sont fréquemment séparés des comptes propres de l’entreprise.

Pour la famille au Kenya, ce flux financier est rarement perçu comme purement économique. Il matérialise l’attention et la présence à distance. Un transfert pour un frais de santé, un soutien mensuel pour un étudiant, une participation aux dépenses d’un mariage sont autant de façons d’être présent dans la vie de ceux qu’on aime, même quand on est à des milliers de kilomètres.

Envoyer des lettres et des colis : utiliser la poste kenyane sans mauvaises surprises

Pour ceux qui tiennent à envoyer de « vrais » objets – dessins d’enfants, petits cadeaux, photos imprimées – le système postal kenyan et les services de messagerie internationale ont encore leur rôle.

Posta Kenya : ce que permet encore la poste nationale

La Postal Corporation of Kenya (Posta Kenya) est l’opérateur public chargé d’assurer les services postaux dans tout le pays. Elle gère plus de 600 bureaux de poste et propose des services de lettres, de colis, de messagerie express (EMS), ainsi que la location de boîtes postales privées.

Les délais annoncés pour le courrier intérieur sont d’environ 24 heures au sein d’une même ville et jusqu’à deux jours pour le reste du pays. Pour les colis, le poids maximum standard est de 50 kg, avec possibilité de négocier des arrangements spéciaux au‑delà avec le chef de poste local.

Vers l’international, la poste propose du courrier avion, du surface mail (plus lent, parfois de une semaine à trois mois) et du SAL (Surface Air Lifted), un compromis où les colis sont acheminés par avion jusqu’au pays de destination puis distribués en mode économique. Le poids maximum type fixé par l’Union postale universelle est de 31,5 kg, même si certains pays appliquent des plafonds différents.

Bon à savoir :

Les tarifs sont définis selon deux critères principaux : la zone géographique (Afrique de l’Est, reste de l’Afrique, Europe et Moyen‑Orient, Australie/Amériques/Far East) et le type d’envoi (lettre, carte postale, imprimés, petits paquets). Des suppléments s’appliquent pour les services optionnels comme l’enregistrement ou le suivi.

En parallèle, Posta gère l’arrivée des colis internationaux avec un rôle de consignataire : tous les colis doivent passer par la douane kenyane, avec déclaration du contenu et paiement éventuel de droits et taxes.

Colis depuis ou vers le Kenya : entre impatience et réalités douanières

Dans la pratique, de nombreux témoignages évoquent des délais parfois longs, des notifications de retrait peu claires et surtout des taxes à l’importation parfois élevées. Les colis sont souvent ouverts par la douane, qui calcule un droit sur la base de la valeur déclarée (coût de l’objet, assurance, fret). Des exemples concrets évoquent des taxes de l’ordre de 1 000 KES pour un simple téléphone déclaré à 10 euros. Certains expéditeurs tentent de réduire la facture en sous‑déclarant la valeur (par exemple 200 KES pour un colis de vêtements ou de jouets), ce qui entraîne des droits plus modestes mais reste officiellement discutable.

Astuce :

Pour des envois plus lourds ou plus fréquents depuis l’Europe ou l’Amérique du Nord, il est conseillé de recourir à un transitaire spécialisé. Ces entreprises fournissent une adresse de consolidation dans un pays comme les États‑Unis ou le Royaume‑Uni, centralisent vos achats en ligne (Amazon, eBay, etc.), regroupent les colis et gèrent le transport et le dédouanement jusqu’au Kenya. Bien que les délais soient de quelques semaines, cette solution offre souvent un coût total et des taxes plus prévisibles, ainsi qu’une livraison plus directe que le service postal classique.

Les grandes sociétés de messagerie internationale (DHL, UPS, FedEx) opèrent évidemment au Kenya avec des délais très rapides (parfois trois jours entre le Royaume‑Uni et Nairobi), mais les frais, ainsi que les droits et taxes, peuvent être conséquents. Là encore, il est préférable de vérifier à l’avance les règles d’importation et les listes d’objets interdits ou soumis à autorisation (armes, bijoux, certaines plantes, vêtements usagés destinés à la revente, etc.).

Dans la pratique, pour rester en lien sans ruiner son budget, beaucoup privilégient aujourd’hui les photos, vidéos et cadeaux numériques (bons d’achat, commandes locales livrées sur place) aux colis physiques internationaux.

Rester proche au quotidien : réseaux sociaux, rendez‑vous vidéo et jeux en ligne

Au‑delà des appels ponctuels ou des transferts d’argent, une question revient toujours : comment faire pour rester présent dans la vie de ceux qu’on aime jour après jour ? C’est là que les réseaux sociaux et les activités virtuelles partagées prennent tout leur sens.

Les réseaux sociaux au Kenya : un lien massif avec famille et amis

Les données disponibles montrent une explosion de l’usage des réseaux sociaux au Kenya au cours de la dernière décennie. En 2023, on y comptait environ 10,5 millions d’utilisateurs actifs, avec une croissance de plus de 12 % sur un an selon certains rapports. Les projections parlent de plus de 12 millions d’utilisateurs d’ici 2025. Chez les jeunes de 15 à 24 ans, environ trois quarts seraient actifs sur les réseaux.

WhatsApp domine largement le paysage, suivi de Facebook, Instagram et TikTok. Selon plusieurs enquêtes, entre 80 et 90 % des internautes kenyans actifs sur les réseaux utilisent WhatsApp, plus de 70 % Facebook, et environ 68 % TikTok. Instagram attire particulièrement les jeunes, avec des millions d’utilisateurs.

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Plus de la moitié des utilisateurs déclarent utiliser les réseaux sociaux pour rester en contact avec leurs proches.

Pour un voyageur ou un expatrié, cela signifie qu’une bonne partie de la vie sociale de vos proches au Kenya passe par ces plateformes : groupes familiaux WhatsApp, pages Facebook locales, stories Instagram ou vidéos TikTok. S’y connecter de temps en temps, réagir à une photo, commenter un évènement, c’est aussi une manière de rester dans leur quotidien, sans nécessairement être en appel vidéo tous les jours.

Organiser des rendez‑vous virtuels et des soirées jeux à distance

Les appels vidéo ponctuels sont précieux, mais ils peuvent vite tourner à la routine : « Alors, quoi de neuf ? » – « Pas grand‑chose ». De nombreuses familles dispersées explorent une autre voie : les évènements virtuels. Il peut s’agir d’un anniversaire célébré en ligne, d’un repas de famille en visio où chacun cuisine le même plat, ou de véritables soirées jeux.

L’idée est simple : choisir une date et une heure permettant à tout le monde (ou presque) de participer, trouver un outil de visioconférence accessible à tous (Zoom, Google Meet, Skype, WhatsApp pour des petits groupes, etc.), puis décider d’une activité :

Exemple :

Pour animer une équipe à distance, plusieurs activités ludiques peuvent être organisées : un quiz de culture générale via Kahoot! ou un simple partage d’écran ; une partie de Pictionary ou de dessin sur des sites comme Skribbl.io ; des jeux de cartes en ligne (Uno, Poker, etc.) via des plateformes dédiées ; des jeux de société adaptés en version numérique (Catan Universe, Tabletop Simulator, Board Game Arena) ; ou encore des mini‑défis de type « Minute to Win It », où les participants réalisent de petits défis avec ce qu’ils ont sous la main, filmés en direct.

Les sociétés spécialisées dans les évènements en ligne pour entreprises (Virtual Game Night, Bar None Games, Escapely, etc.) montrent que ces formats fonctionnent très bien pour créer du lien, rire ensemble et sortir du registre purement informatif des appels classiques. Il n’est pas nécessaire de recourir à des services payants : une simple combinaison Zoom + un jeu gratuit en ligne peut suffire à transformer une soirée ordinaire en moment fort.

Pour les familles qui relient la France, le Canada, le Kenya et l’Australie, ces moments demandent certes un peu d’ajustement horaire, mais ils ont un impact puissant : on ne se contente plus de dire qu’on s’aime, on partage une expérience, on crée un souvenir commun.

Optimiser les appels vidéo depuis le Kenya : faire avec les débits réels

Toutes ces belles idées se heurtent parfois à une vérité brutale : la connexion, surtout dans certaines zones au Kenya, n’est pas à la hauteur. Entre un Wi‑Fi d’hôtel saturé, une 3G capricieuse en brousse ou des coupures d’électricité qui mettent à terre une box domestique, les visioconférences peuvent devenir un vrai défi.

Bon à savoir :

Pour un appel vidéo à deux, une connexion de 1 à 2 Mbps en upload et download est recommandée pour une qualité standard, et de 3 à 6 Mbps pour une haute définition nette. L’audio seul nécessite seulement quelques dizaines de kbps. Les services comme Zoom, Teams ou Google Meet ajustent automatiquement la qualité en fonction de la bande passante, mais des réglages manuels peuvent optimiser encore la connexion.

Depuis le Kenya, les bonnes pratiques incluent :

Astuce :

Pour améliorer la stabilité et la qualité des appels vidéo, plusieurs actions sont recommandées : privilégier une connexion Ethernet plutôt que le Wi-Fi lorsque c’est possible (par exemple dans un appartement à Nairobi), se rapprocher du routeur ou du point d’accès en cas d’utilisation du sans-fil, couper la vidéo si le son commence à hacher, éviter de lancer des téléchargements ou du streaming en parallèle de l’appel, choisir une plateforme raisonnablement légère (parfois un simple appel WhatsApp vidéo suffit là où Zoom en HD trébuche), et accepter qu’une image un peu pixelisée en définition réduite est préférable à une conversation qui coupe sans cesse.

Informer ses proches de ces contraintes permet de prévenir les malentendus : si la vidéo saute ou que la connexion tombe en plein milieu d’une histoire, ce n’est pas un manque d’intérêt, seulement une réalité technique.

Rester en contact, c’est aussi respecter la culture et la sécurité

Au Kenya, certaines normes sociales et culturelles façonnent la façon dont on communique à distance avec la famille et les amis. Utiliser quelques mots de swahili (un « Jambo » pour saluer, un « Asante » pour remercier, un « Karibu » pour accueillir) est toujours apprécié. La façon de s’adresser aux aînés, d’aborder certains sujets, ou même la perception de la ponctualité peuvent différer de ce à quoi vous êtes habitué. En ligne comme hors ligne, demander avant de photographier quelqu’un, éviter les démonstrations publiques d’affection ou respecter une certaine modestie vestimentaire dans les arrière‑plans de vos appels vidéo s’inscrit dans ce même respect des codes locaux.

Astuce :

Dans le contexte kenyan, les réseaux sociaux sont un outil ambivalent pour le militantisme. Ils servent à défendre des causes importantes (comme la lutte contre les violences faites aux femmes ou les réformes économiques), mais sont également utilisés pour diffuser de la désinformation ou harceler des activistes. Cela souligne l’importance d’adopter des réflexes de sécurité numérique, sans pour autant tomber dans la dramatisation.

protéger ses comptes (mots de passe solides, authentification à deux facteurs) ;

– réfléchir avant de partager des informations sensibles (position en temps réel, données financières) ;

– privilégier, pour les conversations très personnelles, des outils plus protecteurs comme Signal, parfois combinés à un VPN pour masquer son adresse IP.

En cas d’urgence : rester joignable et savoir qui appeler

Rester connecté à ses proches inclut aussi la capacité de les rassurer en cas de problème sur place. Le Kenya dispose de numéros d’urgence unifiés (999, 911, 112) valables pour la police, les ambulances et les pompiers. Des services spécifiques sont également identifiés dans les données :

Flying Doctors Service : +254 20 699 3000

Nairobi Hospital : +254 20 284 5000

Kenya Wildlife Service (KWS) : 0800 597 000

Ligne d’assistance touristique : +254 20 260 4767

Aéroport JKIA : +254 20 661 1000

Bon à savoir :

Conservez les numéros d’urgence dans votre téléphone et partagez-les avec une personne de confiance. Cela permet de savoir qui appeler en cas de problème médical ou d’incident lors d’un safari, et rassure vos proches sur l’existence de structures pour vous prendre en charge.

Conclusion : tisser un lien à plusieurs niveaux

Rester en contact avec ses proches depuis au Kenya ne se limite plus au traditionnel coup de fil hebdomadaire. Entre une SIM Safaricom activée à l’aéroport, un compte WhatsApp pour les messages quotidiens, Signal pour les confidences, un service de transfert d’argent pour soutenir un parent, quelques envois postaux bien choisis et des soirées jeux en visio, c’est tout un écosystème de liens qui se met en place.

La clé est d’accepter que la connexion sera parfois imparfaite, que les fuseaux horaires ne s’aligneront pas toujours, et que tout le monde n’aura pas la même aisance face aux outils numériques. Mais en combinant des solutions techniques simples, un peu d’organisation (créneaux réguliers, calendriers partagés) et beaucoup de bienveillance, il est possible de rester réellement présent dans la vie de vos proches, même à des milliers de kilomètres.

Conseil pour maintenir les liens à distance

Au fond, ce que les études montrent, des familles dispersées aux militants kenyans, c’est que la technologie n’est qu’un moyen. Ce qui fait la différence, ce n’est pas tant l’application choisie que le temps que l’on y consacre, la régularité avec laquelle on décroche pour écouter, la créativité avec laquelle on invente de nouveaux rituels à distance. Depuis au Kenya, le monde de ceux qu’on aime n’est jamais qu’à un appel, un message ou un clic de distance.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Kenya, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler le Kenya pour sa fiscalité compétitive sur les revenus étrangers, l’absence d’impôt sur la fortune, un coût de vie nettement inférieur à celui de Paris (Nairobi ~40 % moins cher) et une bonne connectivité internationale. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence au Kenya via l’achat d’une résidence principale et permis approprié, coordination protection sociale (CPAM / assurances privées), transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques…), mise en relation avec un réseau local (avocat, immigration, conseillers bilingues) et intégration patrimoniale globale (analyse et restructuration si nécessaire).

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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