S’installer au Kenya, c’est d’abord tomber sous le charme de ses paysages, de ses safaris et de sa vie urbaine effervescente. Mais pour beaucoup d’expatriés, le vrai saut dans l’inconnu se joue… à table. Entre plats de rue, cuisine familiale, restaurants branchés de Nairobi et influences swahilies, indiennes ou éthiopiennes, la gastronomie locale est à la fois déroutante, riche et étonnamment accessible, même pour les palais les plus prudents.
Ce guide pratique vous aide à naviguer la scène culinaire kenyane à Nairobi. Il couvre les codes locaux, les recommandations de restaurants et de plats à goûter, des conseils pour rester en bonne santé, ainsi que des astuces pour faire vos courses et allier habitudes alimentaires occidentales avec la découverte des saveurs locales.
Comprendre la culture de la table au Kenya
Au Kenya, la nourriture ne se résume pas à ce qu’il y a dans l’assiette. Partager un repas est un acte social, presque sacré. Refuser de manger chez quelqu’un ou quitter une maison pendant qu’un plat est en préparation est souvent perçu comme impoli. Les mères transmettent les recettes et les gestes de génération en génération, et les grandes tablées se composent de plats servis façon buffet, que chacun pioche à sa guise.
Le Kenya compte plus de 40 communautés différentes, chacune contribuant à la diversité culinaire du pays.
Dans la vie quotidienne, le schéma typique est simple : un petit-déjeuner léger (thé et pain ou beignets), un déjeuner nourrissant, puis un dîner pris entre 19 h et 21 h, souvent composé de l’incontournable trio féculent + légumes-feuilles + ragoût de viande ou de légumineuses. Le thé – chai – ponctue la journée, au point qu’un dicton résume l’état d’esprit national : “Kila saa ni saa ya chai” (“toute heure est l’heure du thé”).
Les grands piliers de la cuisine kenyane
Même si chaque région revendique ses recettes, quelques préparations reviennent partout. Les connaître permet de se repérer sur un menu ou dans un buffet local.
Ugali, l’incontournable de chaque table
L’ugali est la colonne vertébrale de l’alimentation locale. Cette pâte dense à base de farine de maïs cuite dans l’eau ressemble à une polenta très ferme. On la considère souvent comme le “plat national officieux” du Kenya.
Servi en bloc que l’on coupe à la main, l’ugali sert de “cuillère comestible” pour attraper les sauces, ragoûts ou légumes. On en trouve plusieurs variantes, dont l’ugali ya wimbi, préparé avec de la farine de millet, très apprécié des amateurs de céréales complètes.
Pour un expatrié, c’est probablement le plat le plus simple à adopter : goût neutre, texture rassasiante, et présence quasi systématique dans les restaurants locaux, des cantines de bureau aux adresses plus soignées.
Si l’ugali nourrit, c’est la nyama choma qui rassemble. Littéralement “viande grillée”, ce barbecue de chèvre, bœuf ou parfois poulet occupe une place centrale dans les sorties du week‑end. On partage des morceaux découpés à la machette, servis sur une planche, avec du sel, du piment, de l’ugali et de la kachumbari (salade fraîche de tomates et oignons).
À Nairobi, le restaurant Carnivore dans le quartier de Langata est un lieu emblématique pour la nyama choma. Il propose un ‘Beast of Feast’ où les serveurs apportent de grandes broches de viande jusqu’à ce que les clients abaissent un drapeau. Bien que la viande de gibier sauvage ne soit plus servie pour des raisons légales, le menu inclut encore de l’autruche et du crocodile issus de fermes privées. Avec son aire de jeux pour enfants et sa boutique de souvenirs, c’est une destination familiale très populaire.
Pour une expérience plus brute et très locale, des spots comme Tamasha Joint, Nerkwo Pub and Grill ou les stands de Kenyatta Market servent une nyama choma moins “mise en scène”, mais souvent plus représentative de ce que mangent les habitants au quotidien.
Sukuma wiki, “le légume qui fait tenir la semaine”
Autre pilier des tables kenyanes : la sukuma wiki, des feuilles de chou kale ou de collard greens sautées avec oignon, tomate et un peu d’huile. Son nom signifie littéralement “étirer la semaine”, allusion à son rôle de plat bon marché permettant de faire durer les provisions.
Souvent associée à l’ugali, la sukuma wiki est un excellent moyen pour les expatriés de profiter de légumes locaux très riches en micronutriments, tout en restant dans des saveurs douces. Selon les foyers, on y ajoute parfois de l’ail, du citron, du curry ou le célèbre mélange de saveurs Royco ou Mchuzi mix, présents dans de nombreux placards nairobiens.
Les grands classiques de ragoûts et de céréales
Au‑delà de ce trio, quelques autres préparations méritent de devenir des repères.
Le githeri est un plat traditionnel kikuyu composé d’un mélange de maïs et de haricots bouillis, parfois agrémenté de pommes de terre, d’oignons et d’autres légumes. Simple et nourrissant, il a été largement servi dans les cantines scolaires pour son excellent rapport qualité-prix, fournissant protéines et énergie à faible coût.
Dans la même famille, l’irio (ou mukimo) combine purée de pommes de terre, petits pois, maïs et légumes-feuilles. Très apprécié en accompagnement de viande grillée ou de poulet, il représente une bonne passerelle pour les palais habitués à la purée de pommes de terre classique.
Les ragoûts de viande (beef stew, goat stew, chicken stew) complètent le tableau : base de tomate, carotte, oignon, parfois pommes de terre, relevée de curry ou de mélanges locaux comme Royco. C’est généralement ce que vous trouverez à midi dans les cantines de bureau ou les petits restaurants populaires.
L’influence swahilie et indienne : riz épicé, chapatis et noix de coco
Le long de la côte et jusque dans Nairobi, la cuisine swahilie apporte une palette épicée qui surprend souvent les nouveaux arrivants. Le pilau kenyan, riz cuit dans un bouillon parfumé au cumin, cardamome, cannelle et clous de girofle, est devenu un classique des grandes occasions. Sa version festive, parfois baptisée “celebration pilau”, inclut safran, curcuma, fruits secs et noix.
Le biryani et le wali wa nazi (riz au lait de coco) sont des plats emblématiques de la côte swahilie. À Nairobi, des restaurants comme le Kilimanjaro Jamia Restaurant ou des stands swahilis dans les food courts permettent de les découvrir sans se rendre à Mombasa.
La présence indienne ancienne au Kenya a aussi laissé des empreintes profondes. On les retrouve dans le chapati, galette de blé feuilletée que l’on mange avec des ragoûts ou simplement avec du thé, dans les bhajias (tranches de pommes de terre frites dans une pâte de farine de pois chiche) ou dans les samosas farcis aux légumes ou à la viande. De grandes enseignes nairobiennes comme Haandi, Hashmi ou Chowpaty déclinent ce registre avec plus ou moins de sophistication.
L’océan, la noix de coco… mais peu de poisson à Nairobi
Sur la côte, les cartes se remplissent de poissons, crustacés et plats au lait de coco, parmi lesquels le fameux kuku paka (ou kuku wa kupaka), poulet braisé dans une sauce crémeuse au coco et aux épices, ou les currys de poisson (mchuzi wa samaki).
À Nairobi, loin de l’océan, l’offre de fruits de mer est plus limitée, mais certains restaurants se distinguent. Mawimbi Seafood Restaurant mise sur un décor inspiré des rivages et s’approvisionne auprès de pêcheurs locaux, tandis que Seven Seafood ou Tamambo Blixen servent poissons et crustacés venus de la côte (huîtres de Kilifi, crabes, etc.). Pour les expatriés amateurs de poisson, ces adresses constituent des bases solides, même si les prix restent plus élevés que pour la viande.
Explorer Nairobi : de la cantine de quartier au restaurant gastronomique
Nairobi est souvent décrite comme un hub économique, mais c’est aussi une ville de restaurants. On y trouve de tout : échoppes de rue, “kibandas” ultra bon marché, cafés hipster, grandes chaînes locales façon Starbucks, cuisine fine internationale ou concepts écoresponsables. Cette diversité permet à un expatrié de naviguer à son rythme entre comfort food occidentale et immersion totale.
Manger comme les habitants : kibandas, marchés et petits restos
Pour saisir le quotidien culinaire local, il faut sortir des centres commerciaux et accepter de s’asseoir sur une chaise en plastique.
Dans les quartiers populaires et les zones de bureaux, les kebandas ou vibandas – ces buvettes de fortune, parfois adossées à un container ou à une structure en tôle – servent des plats du jour très simples : ugali na sukuma wiki, githeri, haricots en sauce, riz et lentilles, matoke, œufs durs avec kachumbari, mandazis au petit déjeuner.
Dans le centre‑ville de Nairobi, des adresses comme Pronto Restaurant ou Ranalo’s (K’Osewe) proposent un registre plus large, mais toujours très local : poissons frits, nyama choma, haricots à la noix de coco, ragoûts variés. À South B, Nerkwo Pub and Grill attire les amateurs de chèvre grillée.
Les marchés jouent également un rôle clé, autant pour la street food que pour les courses. Kenyatta Market est réputé pour sa nyama choma, que l’on paye au kilo (environ 600 à 700 KES par kilo de viande) et que les bouchers grilleront devant vous. Dans des endroits comme City Market, Gikomba ou Muthurwa, on croise du maïs grillé, des brochettes (mshikaki), des muturas (saucisses traditionnelles de sang et de viande), des samosas et des beignets.
Street food et sécurité alimentaire : être curieux… mais vigilant
La street food kenyane est vivante, inventive, peu chère et, pour beaucoup de citadins, indispensable. À Nairobi, plus de 40 % des foyers des quartiers modestes consomment régulièrement des plats de rue. Mais ce secteur reste en grande partie informel, avec des stands parfois installés à proximité de fossés, de déchets ou de zones mal desservies en eau courante.
Plusieurs études ont pointé des risques bien réels : huile de friture recyclée de nombreuses fois, planches de découpe utilisées indistinctement pour viandes crues et cuites, couverts mal lavés, eau non traitée pour les jus ou la vaisselle. Les conséquences peuvent aller de la simple intoxication à des flambées de choléra, typhoïde ou gastro‑entérites.
Face à ces enjeux, le comté de Nairobi, en partenariat avec l’African Population and Health Research Center (APHRC) et l’Université de Nairobi, a élaboré un manuel de formation à la sécurité alimentaire pour les vendeurs de rue. Ce document, structuré en neuf modules (contamination, hygiène, qualité de l’eau, gestion des déchets, lutte contre les nuisibles, etc.), sert de base à des formations dans les sous‑comtés de la ville. L’objectif : transformer ces vendeurs en partenaires d’un système alimentaire urbain plus sûr, avec, à terme, délivrance de certificats et de badges aux stands conformes.
En attendant que ces efforts couvrent l’ensemble de la ville, quelques réflexes simples permettent de limiter les risques pour un expatrié :
Pour profiter de la street food kenyane en minimisant les risques, privilégiez les stands très fréquentés, notamment par des familles. Observez la préparation et préférez les plats cuisinés à la commande et servis très chauds plutôt que ceux tièdes en attente. Méfiez-vous des jus frais, dont la qualité de l’eau est incertaine. Lors des premières dégustations, commencez par de petites quantités. Enfin, n’hésitez pas à demander des recommandations à des collègues ou voisins kenyans, qui connaissent souvent les bons endroits.
Cafés, chaînes locales et lieux hybrides
Pour travailler, socialiser ou simplement boire un bon café, Nairobi regorge de lieux intermédiaires entre la cantine et le restaurant gastronomique.
Java House, chaîne née à la fin des années 1990, est devenu un incontournable : plus de 70 établissements en Afrique de l’Est, dont beaucoup dans la capitale. L’enseigne sert cafés (Marque Dormans, Java, Out of Africa pour les grains locaux), sandwichs, burgers, salades, pâtes et quelques plats kenyans “occidentalisés”.
ArtCaffé, autre grande chaîne, joue la carte du café‑boulangerie chic. On y trouve des pâtisseries, des salades, des plats chauds, mais aussi un coin épicerie fine avec fromages, fleurs et produits importés. Barista & Co., Shakespeare’s Coffee ou Honey and Dough complètent ce paysage de cafés modernes, souvent installés dans des centres commerciaux comme Sarit Centre, Village Market ou The Hub Karen.
Ces lieux constituent pour beaucoup d’expatriés des “bases” rassurantes : menus bilingues, normes d’hygiène élevées, Wi‑Fi, service rodé. Ils servent aussi de point d’entrée pour découvrir, en douceur, des touches locales (chapatis, masala chips, pilau) intégrées à une carte globalisée.
Gastronomie et tables “signature” de Nairobi
Contrairement à l’image parfois véhiculée d’une Afrique de l’Est peu gastronomique, Nairobi abrite une scène de restaurants haut de gamme très dynamique, dopée par la présence d’expatriés, d’ONG, d’organisations internationales et d’une classe moyenne urbaine croissante.
Installé dans un jardin à Karen, le Talisman propose une cuisine fusion européenne, africaine et thaïlandaise. L’établissement est reconnu pour son engagement contre le braconnage d’éléphants aux côtés d’organisations de protection de la faune. Il offre également un service de livraison à domicile, une option pratique pour éviter les embouteillages de la ville.
Toujours à Karen, Cultiva Farm mise sur le concept “farm‑to‑table” : menu changeant au gré des récoltes, légumes issus d’un jardin luxuriant, cuisine axée sur la saisonnalité. Non loin, Under the Swahili Tree explore un registre africain et international dans un décor bohème de jardin illuminé.
Sur le registre italien, Lucca, au sein de l’hôtel Villa Rosa Kempinski, est réputé pour ses pâtes (raviolis aux épinards, rigatoni bolognaise), tandis que Matteo’s, sur Ngong Road, sert pizzas et plats de pâtes plus décontractés. Pour les amateurs de cuisine japonaise ou chinoise authentique, Shokudo (ramens) et Dragon Eye Kitchen (cuisine de style hongkongais tenue par un couple âgé) sont souvent recommandés.
Les cuisines éthiopienne et érythréenne sont également présentes avec des adresses comme Habesha (Argwings Kodhek Road) ou Asmara (Westlands), où l’on partage d’immenses crêpes d’injera garnies de ragoûts de légumes et de viandes, souvent accompagnées d’une cérémonie traditionnelle du café.
Enfin, quelques lieux hybrides, à mi‑chemin entre restaurant, bar et espace culturel, complètent le tableau : Unseen Nairobi, rooftop créatif avec vue sur la skyline et cuisine de rue revisitée ; The Alchemist, avec ses food trucks et événements nocturnes ; Nairobi Street Kitchen, vaste food court où cohabitent tacos, sushis, street food indienne et burgers afro‑inspirés.
Vivre expatrié et faire ses courses : du marché au supermarché en ligne
Apprivoiser la gastronomie locale ne passe pas seulement par les restaurants. Pour beaucoup d’expatriés installés durablement, la clef se trouve dans la manière de faire ses courses, d’équiper sa cuisine et d’adapter son garde‑manger à la fois aux produits kenyans et aux habitudes importées.
Les supermarchés et hypermarchés
Nairobi compte plusieurs grandes enseignes, souvent situées dans des malls modernes : Carrefour, Chandarana, mais aussi diverses chaînes locales. On y trouve l’essentiel des besoins alimentaires courants : farines de maïs (Amaize, Raha Premium, Dola, Soko), farines de blé (Ajab, EXE, Pembe, Soko), riz (Pishori, basmati, long grain, jasmin), conserves (tomates pelées Cirio, Merysa, sauces Ragu, Haricots Heinz), pâtes, produits laitiers, viandes fraîches, produits d’importation, boissons, céréales de petit‑déjeuner.
Découvrez la gamme de viandes et de poissons disponibles, des classiques locaux aux produits d’importation.
Les coupes traditionnelles incluent les côtes de chèvre, les steaks de bœuf, les côtelettes et le poulet.
Des abats très appréciés comme le foie et la tripe (matumbo) sont également disponibles.
Les plus courants sont le tilapia et la perche du Nil (mbuta), souvent issus du lac Victoria.
Des produits plus rares comme le saumon ou les crevettes sont importés et donc plus chers.
Les rayons boissons reflètent l’importance du thé (Kericho Gold) et du café (Dormans, Nescafé, Java). Côté sodas et boissons chocolatées, Milo, Ovaltine ou Bournvita sont omniprésents. Les expatriés y retrouvent aussi de nombreuses marques internationales (Coca‑Cola, Nutella, Heinz, etc.).
Marchés, primeurs et circuits courts
Pour des fruits et légumes plus frais, la plupart des familles, y compris expatriées, se tournent vers les marchés de quartier ou les marchands spécialisés. Les marchés comme City Park Market, Toi Market, Kangemi ou Mutindwa permettent d’acheter à la pesée, en marchandant le prix – pratique ancrée dans les usages locaux.
Les primeurs comme Zucchini, présents à ABC Place, Village Market, The Junction ou Garden City, proposent des produits souvent mieux calibrés, parfois un peu plus chers, mais plus proches des standards de présentation occidentaux.
Découvrez des producteurs certifiés et des marchés fermiers pour acheter des produits biologiques frais et locaux à Nairobi et ses environs.
Fournisseur certifié bio basé à Karen, proposant une variété de produits frais.
Ferme à Naivasha avec des points de retrait à Nairobi pour récupérer vos produits.
Ferme à Limuru assurant une livraison en moins de 24h après la récolte.
Rendez-vous à Kilimani, Karen, Loresho ou au KSPCA pour rencontrer producteurs et artisans locaux.
Découvrez les fromages de Sirimon, Brown’s et Lekker Gouda sur les marchés.
Trouvez des condiments (Jars of Goodness), de la volaille et du porc élevés en plein air.
Ce type de circuits courts permet aux expatriés soucieux de qualité et de traçabilité de composer un panier très complet, proche de ce qui se fait en Europe en matière de produits fermiers.
Épiceries en ligne et livraison
Nairobi a vu émerger une offre de supermarchés en ligne qui facilite grandement le quotidien, surtout pour ceux qui habitent en périphérie ou souhaitent éviter les embouteillages.
Greenspoon a traité plus de 400 000 commandes pour plus de 60 000 clients, avec une note moyenne de 4,7 étoiles.
Kitchen Soko, installé sur Kiambu Road, s’est spécialisé dans les paniers de produits fermiers et d’artisans locaux. Pour les expatriés d’origine kenyane ou attachés à certains goûts “du pays”, des plateformes permettent également l’envoi de produits typiques (thé Ketepa, mélange d’épices Royco, tissus Maasai shuka) partout dans le monde.
Construire un garde‑manger d’expatrié au Kenya
Une fois qu’on a repéré ses magasins et primeurs, il est plus simple d’organiser sa cuisine. La base d’un garde‑manger “hybride”, combinant produits locaux et repères familiers, peut ressembler à ceci :
| Catégorie | Exemples de produits clés au Kenya |
|---|---|
| Céréales & farines | Farine de maïs (ugali), farine de sorgho (wimbi), farine de blé, riz Pishori ou basmati |
| Légumineuses | Haricots secs (Nyayo, Rosecoco, Wairimu), lentilles, pois chiches, ndengu (mung beans) |
| Légumes | Chou kale (sukuma wiki), chou blanc, carottes, tomates, oignons rouges, poivrons, épinards |
| Fruits | Mangues, bananes, avocats, pommes, oranges, fruits de la passion, ananas |
| Protéines animales | Bœuf, chèvre, poulet (Kenchic ou fermiers), tilapia, perche du Nil |
| Produits laitiers | Lait frais, mala (lait fermenté), yaourt nature, beurre, fromages locaux |
| Épices & condiments | Cumin, cardamome, cannelle, curry, piment, mélange Mchuzi, Royco, sauces pimentées Peptang |
| Produits “confort” | Pâtes, sauces tomates italiennes, céréales de petit-déjeuner, chocolat en poudre |
L’autre volet important, souvent sous‑estimé, est celui des ustensiles. Un bon rice cooker, un mixeur, une petite friteuse ou un air fryer, un rouleau à chapati et une grande casserole pour l’ugali deviennent très vite des alliés pour cuisiner local avec un minimum d’effort.
Options végétariennes et véganes : un pays plus “green” qu’on ne l’imagine
Contrairement à un cliché fréquent, le Kenya est l’un des pays africains où il est le plus simple de manger végétarien ou végan. Par habitude économique autant que par tradition, de nombreux foyers consomment surtout des plats à base de céréales, légumes et légumineuses, la viande restant festive ou réservée aux jours de paye.
Une base quotidienne très plant‑based
Beaucoup de préparations majeures de la cuisine kenyane sont soit naturellement végétaliennes, soit très faciles à adapter :
– githeri (maïs et haricots) ;
– ndengu (ragoûts de mung beans) ;
– maharagwe ya nazi (haricots rouges au lait de coco) ;
– matoke (bananes vertes en sauce tomate, parfois enrichies de beurre de cacahuète) ;
– sukuma wiki et autres légumes-feuilles (managu, terere, mchicha) ;
– irio et mukimo, si l’on vérifie l’absence de beurre ou de crème ;
– uji (porridge de sorgho ou millet) ;
– chapatis, à condition de demander une préparation sans ghee ni beurre.
Dans de nombreux pays d’Afrique de l’Est, les snacks de rue offrent plusieurs options qui peuvent être adaptées à un régime végétalien. On trouve notamment les mandazi, des beignets sucrés traditionnellement parfois préparés avec du lait, mais dont la recette peut facilement être modifiée pour les rendre végétaliens. D’autres choix courants incluent les viazi karai (beignets de pommes de terre enrobés de farine de pois chiche), les samosas fourrés aux légumes, le maïs grillé et une variété de fruits frais. Ces exemples illustrent la diversité et l’accessibilité des options de street-food pouvant convenir à ce mode d’alimentation.
Scène végane et végétarienne à Nairobi
La capitale a vu émerger ces dernières années une offre spécifiquement végétarienne ou végane, souvent portée par une clientèle urbaine éduquée et une petite communauté d’expatriés.
Plusieurs restaurants ont soit une carte 100 % végétarienne, soit une large gamme de plats adaptables :
– Soul Vegetarian (Westlands) se revendique vegan, avec pizzas et beignets sans produits animaux.
– Barista & Co, Bila Shaka Taproom ou Chowpaty se positionnent sur une cuisine végétarienne d’inspiration indienne ou internationale.
– Boho Eatery, Wasp & Sprout, Tin Roof Café, About Thyme ou Honey and Dough proposent des bols “wellness”, Buddha bowls, tofu croustillant, bols mexicains ou petits‑déjeuners à base de smoothies et granola.
– Habesha (éthiopien) et d’autres restaurants de la Corne de l’Afrique affichent des plateaux végétariens puissamment épicés, servis sur injera.
Explorez les options pour trouver et savourer une cuisine végétale au Kenya, alliant produits importés et expériences culinaires locales.
Distribue des substituts alimentaires importés à cuisiner chez soi, tels que des glaces véganes et des fromages végétaux de la marque Violife.
Initiatives locales organisant des visites culinaires spécifiquement véganes, combinant marchés, repas traditionnels adaptés et pique-niques en safari.
Astuces pratiques pour manger végétarien ou végan
La principale difficulté pour un expatrié n’est pas tant de trouver des options que de clarifier ce que contiennent réellement les plats. Quelques réflexes linguistiques aident beaucoup :
– préciser “bila maziwa, bila mayai, bila nyama” (sans lait, sans œufs, sans viande) ;
– demander si les chapatis sont cuits à l’huile végétale ou au ghee ;
– vérifier si les légumes‑feuilles ont été mijotés dans du lait (cas possible pour le managu) ;
– interroger sur la présence de bouillon de viande dans les riz ou ragoûts.
En restant clair sur ses contraintes et en privilégiant les établissements habitués à une clientèle internationale, on peut suivre un régime 100 % végétal sans trop de difficultés.
Décoder les restaurants par type de cuisine
L’un des atouts de Nairobi pour un expatrié est la diversité de cuisines disponibles. Pour mieux s’y retrouver, il est utile de raisonner par grands “pôles” culinaires.
| Type de cuisine | Quelques adresses emblématiques à Nairobi | À goûter en priorité |
|---|---|---|
| Kenyan “classique” | Nyama Mama, Amaica, Ranalo’s, Chepchikoni, Tamasha, Nerkwo | Nyama choma, ugali, sukuma wiki, githeri, matoke |
| Swahilie / côtière | Kilimanjaro Jamia, Under the Swahili Tree, certains stands à NSK | Pilau, biryani, wali wa nazi, kuku paka, viazi karai |
| Barbecue & grill | Carnivore, Ankole Grill, Alfajiri Kilimani Grill, Pork Centre | Brochettes (mshikaki), mixed grills, porc “wet fry” |
| Indien / indo‑pakistanais | Haandi, Hashmi Barbecue, Chowpaty, Haandi, Open House | Currys, biryani, samosas, bhajias |
| Éthiopien / érythréen | Habesha, Asmara | Plateau végétarien, tibs, injera, café éthiopien |
| Asiatique (Thai, chinois…) | Bang Bang Thai, Emerald Thai Garden, Silk Noodles, Dragon Eye Kitchen | Pad Thai, currys, noodles au bœuf, lamian “hand‑pulled” |
| Européen / fusion | Talisman, Cultiva Farm, Pango, Lucca, About Thyme | Plats fusion, pâtes, salades sophistiquées |
| Street food / food courts | Nairobi Street Kitchen, Urban Eatery, The Alchemist food trucks | Tacos, sushis, burgers afro‑inspirés, snacks |
| Cafés & brunch | Java House, ArtCaffé, Wasp & Sprout, Shamba Cafe, Tin Roof Café | Brunch, salades, pâtisseries, cafés de spécialité |
Cette carte n’est évidemment pas exhaustive, mais elle permet de choisir plus facilement une adresse selon l’envie du moment : soirée viande, déjeuner rapide, exploration swahilie, dîner romantique ou brunch du dimanche en famille.
Quelques repères de savoir‑vivre à table
Découvrir la gastronomie locale, ce n’est pas seulement goûter de nouveaux plats ; c’est aussi adopter certains codes sociaux.
Manger avec la main droite reste courant, notamment pour l’ugali et la nyama choma. Dans de nombreuses maisons, on commence le repas par un lavage de mains rituel, parfois avec une bassine et un pichet apportés à chaque invité. Le service respecte souvent un ordre : invité d’honneur, chef de famille, hommes, enfants, puis femmes, même si ces hiérarchies évoluent dans les milieux urbains.
Il est poli de finir son assiette, car laisser de la nourriture peut être considéré comme du gaspillage. Il est également d’usage de complimenter la personne qui a préparé le repas, souvent la maîtresse de maison. Enfin, il est bien vu d’accepter une tasse de chai (thé) à la fin du repas, même si ce n’est que pour quelques gorgées.
Pour un expatrié, ces petites attentions – saluer d’abord les aînés, accepter de goûter au moins un peu, éviter de critiquer ouvertement un plat – comptent souvent autant que la capacité à prononcer correctement “sukuma wiki”.
S’ouvrir sans se perdre : concilier habitudes et découvertes
Vivre au Kenya ne signifie pas renoncer à ses repères alimentaires, mais plutôt les entremêler avec une nouvelle culture culinaire. Il est tout à fait possible de :
– prendre un cappuccino dans un café de mall le matin ;
– déjeuner d’un githeri bien épicé dans une cantine de quartier ;
– cuisiner chez soi un curry de légumes au lait de coco avec du riz Pishori et quelques épices Tropical Heat ;
– terminer la semaine par une nyama choma avec collègues kenyans, en sirotant une Tusker ou un Stoney Tangawizi.
Avec le temps, beaucoup d’expatriés finissent par intégrer à leur ‘top 5’ personnel des plats comme l’ugali‑mayai (ugali et ragoût d’œufs), les mandazis du coin de la rue pour le petit‑déjeuner, ou encore les matokes au beurre de cacahuète.
Expatrié
La gastronomie kenyane est parfois jugée “simple” par rapport à d’autres grandes cuisines mondiales. Mais c’est précisément dans cette simplicité – la fraîcheur des légumes, la générosité des portions, la place centrale des repas dans la vie sociale – que réside l’essentiel de son charme. Pour qui accepte de s’asseoir tour à tour au food court d’un mall, sur une chaise en plastique d’un kibanda et à la table d’un restaurant gastronomique, le Kenya offre un terrain de jeu culinaire aussi riche que surprenant.
Un retraité de 62 ans, disposant d’un patrimoine financier supérieur à 1 M€ bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale en s’installant à Nairobi (Kenya) pour optimiser sa charge imposable, diversifier ses investissements en Afrique de l’Est et conserver un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 € pour l’accompagnement global (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après étude de plusieurs destinations (Portugal, Maroc, Île Maurice, Émirats), la stratégie retenue a consisté à cibler le Kenya pour son régime d’imposition attractif pour les non-résidents, l’accès à un hub régional dynamique (Nairobi), une main-d’œuvre qualifiée à coût modéré et un coût de vie inférieur à Paris. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, convention FR‑KE), obtention du permis de résidence et d’un visa de long séjour, structuration d’investissements locaux (immobilier, private equity, start‑ups), transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours, centre des intérêts économiques), et mise en relation avec un réseau local (avocat, immigration, family office) pour encadrer fiscalité, risque pays et intégration culturelle.
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