S’installer au Groenland, et plus encore à Nuuk, fait rêver autant que ça inquiète. Île la plus vaste du monde, territoire arctique isolé, coût de la vie élevé, marché immobilier sous tension : trouver un logement est souvent l’obstacle numéro un pour les nouveaux arrivants. Beaucoup de travailleurs étrangers décrivent la recherche d’appartement comme l’étape la plus difficile de leur installation, parfois plus compliquée que le permis de travail lui‑même.
Une préparation est essentielle pour éviter les difficultés. Ce guide aide à comprendre le marché, anticiper les coûts, choisir une stratégie et éviter les pièges, avec un focus sur Nuuk où la pression immobilière est forte.
Comprendre le contexte : un pays immense, des logements rares
Le Groenland compte environ 56 000 habitants, dont près d’un tiers vit à Nuuk. Cela peut donner l’illusion d’un vaste territoire quasi vide, où il serait facile de trouver une maison avec vue sur les fjords. La réalité est aux antipodes : le pays fait face à une pénurie structurelle de logements, surtout dans les grandes villes comme Nuuk, Sisimiut ou Ilulissat.
Plusieurs facteurs expliquent la situation difficile du logement : un stock limité, une construction coûteuse et ralentie par le climat arctique, une courte saison de chantier, et le coût élevé du transport des matériaux. La présence de pergélisol nécessite des fondations spécialisées. De plus, l’absence de routes reliant les villes oblige à tout acheminer par avion ou bateau, alourdissant chaque projet.
À Nuuk, la population a doublé depuis 1980, mais la construction n’a pas suivi le même rythme. Résultat : des listes d’attente très longues pour les logements municipaux, une forte concurrence sur le marché privé et une part croissante du parc locatif absorbée par les employeurs ou le tourisme.
Dans ce contexte, il faut garder une idée en tête : au Groenland, surtout dans les grandes villes, la disponibilité d’un logement compte souvent plus que son prix. Celui qui trouve quelque chose de correct et stable a déjà gagné une bonne partie de la bataille.
Les principales options de logement : de l’appartement de fonction à la colocation
Pour un nouvel arrivant, les possibilités d’hébergement se répartissent globalement en trois grandes catégories : le logement fourni par l’employeur, la location privée et, plus marginalement au début, l’achat.
Le logement fourni par l’employeur : la voie royale pour débuter
Pour de nombreux étrangers, notamment dans la santé, la construction ou le secteur public, la solution la plus réaliste consiste à obtenir un logement directement via l’employeur. C’est une pratique très répandue au Groenland, précisément parce que le marché locatif est saturé.
Selon les contrats, ce logement peut être entièrement pris en charge, partiellement subventionné, ou simplement réservé par l’employeur mais payé par le salarié. Dans certains dispositifs d’emploi de projet, la formule type est une chambre privée (avec literie, chauffage, électricité, WiFi) et des pièces partagées : cuisine, salon, sanitaires.
Un logement fourni par l’employeur réduit le stress du déménagement et évite une recherche à distance. Pour éviter les mauvaises surprises, ne vous fiez pas à une mention vague dans l’offre d’emploi. Avant d’accepter le poste, exigez des précisions écrites sur : le type de logement, sa localisation exacte, la durée de la mise à disposition, les charges incluses, la possibilité d’y loger un conjoint ou des enfants, et les conditions en cas de fin de contrat.
Dans un pays où les listes d’attente publiques se comptent en années, cette option est souvent décisive pour les infirmier·es, enseignants, ingénieurs, ouvriers du bâtiment ou fonctionnaires venus de l’étranger.
La location privée : un marché restreint et parfois opaque
Quand aucun logement de fonction n’est proposé, il faut se tourner vers le marché privé. C’est là que les difficultés commencent réellement. À Nuuk, les logements publics ont des listes d’attente de 10 à 12 ans, parfois plus de 15 ans. Autant dire que, pour un nouvel arrivant, le parc social est quasiment hors de portée au départ.
Reste le privé, décrit localement comme une véritable « jungle ». L’offre est faible, la demande élevée, et toutes les annonces ne passent pas par des sites officiels. Les réseaux personnels, les groupes Facebook locaux, les collègues et les connaissances jouent un rôle déterminant. Certains propriétaires préfèrent louer à travers leur réseau plutôt que de publier une annonce visible.
On trouve cependant quelques plateformes de référence pour Nuuk et d’autres villes :
| Ressource | Type | Remarques |
|---|---|---|
| lynges.gl | Agence / annonces | Immobilier résidentiel à Nuuk et environs |
| igdlo.gl | Agence / gestion | Locations et ventes |
| netbolig.gl | Portail | Biens à louer et à vendre |
| ejendomskontoret.gl | Gestionnaire | Parc de logements divers |
| Groupes Facebook (« rooms & apartments in Nuuk ») | Réseau social | Annonces informelles, colocation, chambres |
À cela s’ajoutent les grandes plateformes internationales (Airbnb, Flatio, etc.) qui proposent de plus en plus de locations meublées au mois. Certaines annonces sont clairement tournées vers les nomades digitaux ou le personnel en mission de plusieurs mois : appartements avec WiFi haut débit, bureau, cuisine équipée, parfois services de ménage.
Ces solutions peuvent servir de tremplin les premiers mois, en attendant de trouver une location plus classique via le réseau local.
L’achat de logement : rarement la première étape
Il est possible d’acheter un logement au Groenland, mais ce n’est généralement pas l’option d’un nouvel arrivant. Le marché est jeune, étroit, avec un volume d’échanges limité. À Nuuk, l’offre à la vente porte surtout sur des maisons individuelles, quelques appartements et maisons de ville. La taille de la ville restreint mécaniquement le nombre de biens en circulation.
Le cadre juridique complique aussi les choses. Toute la terre appartient collectivement aux municipalités : on n’achète jamais le terrain, seulement le bâtiment et le droit d’en utiliser l’emplacement. Une réglementation récente réserve en grande partie l’achat aux citoyens danois ou aux personnes résidant depuis au moins deux ans au Groenland. Les étrangers peuvent demander des dérogations au cas par cas s’ils portent des projets largement bénéfiques pour la communauté (tourisme, logements, activités commerciales).
Pour quelqu’un qui vient de s’installer, l’achat est donc plutôt une perspective de moyen ou long terme, après quelques années de résidence, une bonne connaissance de la ville et, souvent, des contacts avec une banque locale comme GrønlandsBANKEN.
Nuuk en chiffres : loyers, salaires et coût de la vie
Pour se faire une idée concrète, il est utile de regarder ce que représente, à Nuuk, un budget logement par rapport aux revenus.
Coût de la vie global
Nuuk est classée parmi les 15 % de villes les plus chères du monde. La vie y est généralement plus coûteuse que dans beaucoup de métropoles européennes, en particulier pour l’alimentation et les biens importés.
Pour un adulte vivant seul, le coût de la vie mensuel, logement compris, tourne autour de 2 200 dollars US. Pour une famille de quatre, on dépasse les 5 000 dollars. La part « loyer + charges » pour un adulte représente environ 1 150 dollars par mois, et près de 1 940 dollars pour une famille.
Le revenu net mensuel moyen à Nuuk, qui couvre théoriquement environ 2,3 mois de vie locale selon certains calculs de pouvoir d’achat.
Niveaux de loyers à Nuuk
Sur le marché locatif, les ordres de grandeur à Nuuk sont les suivants (valeurs moyennes, les extrêmes pouvant être bien plus hauts) :
| Type de logement | Localisation | Loyer moyen mensuel (USD) | Loyer moyen mensuel (DKK) |
|---|---|---|---|
| 1 chambre | Centre-ville | ≈ 1 076 | ≈ 7 667 |
| 1 chambre | Hors centre | ≈ 840 | ≈ 6 000 |
| 3 chambres | Centre-ville | ≈ 1 929 | ≈ 16 667 |
| 3 chambres | Hors centre | ≈ 1 530 | ≈ 15 167 |
On trouve parfois des studios ou petits appartements autour de 1 200 dollars par mois, mais il est rare de descendre très en dessous sur métropole comme Nuuk, surtout si l’on cherche du meublé, une connexion internet fiable et un chauffage performant.
Pour un appartement de taille moyenne à Copenhague, les charges de base (électricité, chauffage, eau, collecte des déchets) s’élèvent à environ 1 500 DKK par mois (plus de 200 dollars), en sus du loyer si elles ne sont pas incluses. Il faut également budgétiser l’accès internet, environ 1 000 DKK pour une bonne connexion, et éventuellement une assurance habitation pour le contenu, qui est très abordable et recommandée.
Comparaison avec le reste du Groenland
Nuuk n’est pas forcément la ville la plus chère du pays sur tous les postes, mais elle affiche des loyers plus élevés que la moyenne groenlandaise. Globalement, le Groenland est estimé 8 % plus cher que Nuuk pour le coût de la vie total, alors que le logement à Nuuk serait environ 11,5 % plus onéreux que la moyenne du pays. Ces écarts restent modestes, l’essentiel des dépenses étant élevé partout à cause de l’éloignement et de la logistique.
Dans des villes comme Sisimiut, Ilulissat, Qaqortoq ou Aasiaat, certains loyers peuvent être un peu plus bas, mais l’offre est encore plus limitée, et l’influence du tourisme sur les prix commence à se faire sentir, notamment à Ilulissat.
Pénurie de logements : ce que cela signifie concrètement
La crise du logement n’est pas une abstraction statistique. Elle a des conséquences très visibles, surtout à Nuuk et dans les grandes villes.
Les listes d’attente pour les appartements municipaux atteignent 10 à 12 ans, voire plus de 15 ans pour les logements très recherchés. Plus de 4 250 personnes seraient en attente d’un logement à travers le pays, dont environ 2 000 à Nuuk et plus de 500 à Sisimiut. À l’autre extrémité du spectre, on estime qu’environ 500 personnes sont sans logement stable au Groenland, dont 150 à Nuuk, ce qui représente près de 1 % de la population.
Une part importante de la « crise » est moins visible : c’est l’hébergement sur-occupé. Plusieurs générations vivent souvent dans de petits appartements, parfois dans des conditions de promiscuité sévères. Dans ce contexte, les nouveaux arrivants venant des petits villages espèrent souvent accéder à un logement « normal » en ville, mais se heurtent aux mêmes listes d’attente et à des exigences de solvabilité (dépôts importants, absence d’impayés) qu’ils ne peuvent pas toujours remplir.
Contexte de l’hébergement sur-occupé
Beaucoup de constructions neuves, notamment à Nuuk, sont en pratique absorbées par les entreprises et institutions, qui les louent en bloc pour leur personnel. Pour un particulier, il est donc illusoire de penser qu’il suffira de répondre à une annonce pour décrocher rapidement un appartement flambant neuf.
Où et comment chercher : stratégie avant, pendant et après l’arrivée
Dans un marché aussi tendu, la méthode de recherche fait toute la différence. Il ne s’agit pas simplement de « regarder les annonces » mais de s’organiser longtemps à l’avance et de multiplier les canaux.
Avant l’arrivée : sécuriser au minimum un toit provisoire
Le premier réflexe à adopter est de ne jamais partir au Groenland sans solution au moins temporaire pour se loger. Imaginer qu’on pourra « trouver sur place en quelques jours » est souvent un aller simple vers l’hôtel hors de prix ou la sous‑location improvisée.
L’idéal est d’obtenir un logement via l’employeur, ou au minimum une chambre en colocation dans un logement de projet, annoncée noir sur blanc dans le contrat. Si ce n’est pas possible, la stratégie réaliste consiste à réserver un hébergement temporaire pour plusieurs semaines, le temps de chercher : appart‑hôtel, Airbnb, chambre en guesthouse.
Les principales villes où ce type d’hébergement est disponible sont :
| Ville | Particularités logement temporaire |
|---|---|
| Nuuk | Capitale, nombreuses locations meublées, hôtels et aparthotels |
| Ilulissat | Fort développement touristique, beaucoup de maisons et appartements de vacances |
| Sisimiut | Deuxième ville, offre plus réduite mais présente |
| Tasiilaq, Qaqortoq, Maniitsoq… | Quelques guesthouses, locations ponctuelles |
Certains appartements ou maisons à Nuuk ont d’excellentes évaluations (4,8 à 5/5) et sont clairement conçus pour des séjours moyens à longs : cuisine entièrement équipée, lave‑linge/sèche‑linge, bon WiFi, parfois bureau ou espace télétravail, parking, etc. Ces locations coûtent cher à la nuit, mais peuvent proposer des tarifs dégressifs au mois, et donner une base confortable pour organiser sa vie sur place.
Sur place : activer le réseau local et rester flexible
Une fois installé temporairement, la clef est de se rendre visible et actif dans les réseaux locaux. Les annonces « officielles » ne représentent qu’une partie des possibilités. Beaucoup de chambres, dépendances ou petites maisons se louent par bouche‑à‑oreille.
Votre environnement de travail (collègues, RH, partenaires) est une ressource clé pour trouver un logement. Ils peuvent connaître des propriétaires, des familles proposant une chambre, ou des collègues libérant un appartement. Dans les petites communautés, ce réseau informel est particulièrement efficace pour dénicher des locations ou des colocations.
Les groupes Facebook spécialisés dans les locations à Nuuk ou dans telle ou telle ville sont un autre canal à surveiller. On y voit passer des chambres, des studios, des colocations, parfois des sous‑locations de courte durée. Il faut cependant rester prudent, vérifier les conditions écrites, ne jamais envoyer d’argent à l’étranger à un inconnu et insister pour voir le logement avant de s’engager.
Enfin, il faut accepter un certain degré de flexibilité : commencer par une chambre en colocation avant de trouver un appartement complet, changer de quartier, accepter une surface plus petite ou un logement meublé au-dessus de son budget idéal le temps de mieux se stabiliser.
Bien lire le bail et comprendre ses droits
Même si le marché est sous tension, le cadre légal des baux reste protecteur pour les locataires. Les contrats doivent être écrits, préciser les parties, le logement concerné, le montant du loyer, le dépôt, la répartition des charges. La caution ne peut pas dépasser trois mois de loyer, et le loyer doit rester dans une zone « normale » pour un bien comparable.
Le propriétaire doit livrer un logement avec toutes les installations en bon état. Des états des lieux, partagés financièrement, sont obligatoires. En cas de vices importants non réparés, le locataire peut recourir à une mise en demeure, une réduction de loyer ou une résiliation, sous réserve de respecter des délais et des formalités écrites.
Dans un pays où le climat impose un chauffage fiable et où la moisissure peut être un problème en cas de mauvaise ventilation, ces points sont particulièrement critiques. Un logement mal isolé ou mal chauffé peut entraîner des factures astronomiques et des ennuis de santé. Il est donc judicieux de vérifier lors de la visite la qualité des fenêtres, le type de chauffage, la ventilation et l’absence visible de taches d’humidité.
Budget logement : ne pas sous‑estimer les charges
Au Groenland, l’erreur classique des nouveaux arrivants est de raisonner uniquement en loyer, comme dans un grand centre urbain européen. Or, une grande partie de la facture logement vient des charges, principalement le chauffage.
Ce que le loyer inclut… ou pas
Selon les villes et les propriétaires, le loyer peut inclure tout ou partie des charges : chauffage, électricité, eau, collecte des ordures, parfois internet. Il n’existe pas de règle unique : tout doit être précisé dans le bail.
Détail des dépenses mensuelles courantes pour un appartement d’environ 85 m² dans la capitale groenlandaise.
Les frais pour l’énergie, l’eau et la gestion des déchets s’élèvent à environ 1 500 DKK par mois.
Un abonnement internet fixe ajoute en moyenne 1 000 DKK supplémentaires au budget mensuel.
En plein hiver, les coûts peuvent augmenter significativement pour un logement mal isolé ou utilisant un chauffage individuel à l’huile.
Pour les personnes qui deviennent propriétaires, le poste « abri » (remboursement de prêt, charges, assurances) peut représenter autour de 1 400 dollars par mois, ce qui reste cohérent avec le niveau des loyers.
L’impact du climat sur la facture
Le climat polaire rend les dépenses de chauffage incompressibles : hiver long, températures qui peuvent descendre à –20 °C ou –30 °C, vents forts, neige abondante. Même si environ 20 % de l’électricité provient désormais de l’hydroélectricité dans les grandes villes, le reste repose encore largement sur les combustibles fossiles.
Cela se traduit par une consommation énergétique des bâtiments nettement supérieure à celle de pays plus tempérés. Dans les logements mal conçus ou mal rénovés, l’humidité peut s’installer, favorisant la moisissure et obligeant à ventiler davantage, donc à chauffer davantage.
Lors d’une visite de logement, il est utile de poser des questions très concrètes : montant moyen des factures d’énergie par mois sur l’année, historique de problèmes d’humidité ou de moisissures, année de construction ou de rénovation de l’isolation, type de vitrage (le triple vitrage est la norme dans le neuf), présence ou non d’un système de ventilation mécanique.
Nuances entre villes : Nuuk, Ilulissat, Sisimiut et les autres
Même si Nuuk concentre l’essentiel des informations disponibles, le Groenland ne se résume pas à sa capitale. Les réalités du logement varient sensiblement d’une ville à l’autre.
Nuuk reste la ville la plus chère pour les loyers et la plus tendue en termes d’offre, mais elle dispose aussi du plus grand nombre d’options : hôtels, appart‑hôtels, agences immobilières, logements fournis par les grandes institutions, coliving, etc. On y trouve également l’université, les principales administrations, un aéroport proche du centre et la majorité des emplois qualifiés.
À Ilulissat, site UNESCO et capitale touristique, le marché locatif est fortement orienté vers les locations saisonnières. Cela peut offrir des opportunités de logements meublés en basse saison pour les résidents, mais contribue également à une pression à la hausse sur les loyers en raison de la forte demande touristique, notamment pour les biens avec vue sur l’Icefjord et la baie de Disko.
Sisimiut, deuxième ville du pays, joue un rôle de pôle éducatif et industriel. Elle subit également la pression du marché, avec des listes d’attente significatives pour les logements publics et un parc privé restreint. Qaqortoq, plus au sud, bénéficie d’un climat un peu plus doux et de prix moyens d’acquisition un peu plus bas, mais demeure une petite ville aux ressources limitées.
Dans les petites localités, les loyers peuvent être plus bas, mais l’offre de logements est limitée. Certains postes imposent un logement de service, souvent par manque d’alternatives. Il faut également anticiper un accès potentiellement moins fiable à internet, aux services de santé et à certaines commodités.
Le rôle croissant des locations meublées et du coliving
Avec la montée du tourisme et du travail à distance, un nouveau type d’offre immobilière s’est développé : les appartements meublés et les logements « prêts à vivre » destinés aux séjours moyens ou longs.
Plateformes comme Airbnb ou Flatio proposant des appartements bien notés, équipés pour les professionnels, nomades numériques ou séjours longue durée.
Appartements confortables avec cuisine complète, coin bureau, bonne connexion internet. Parfois parking, buanderie ou jacuzzi.
Souvent avec vue sur la mer ou les montagnes, dans les villes de Nuuk et Ilulissat.
Annonces affichant des excellentes évaluations (ex: 4,8/5, 9,8/10) pour garantir la qualité.
Idéal pour les professionnels en mission, nomades numériques ou touristes en séjour longue durée.
Certaines offres de coliving combinent chambre privée et espaces partagés (cuisine, salon, parfois coworking), ce qui peut réduire les coûts tout en facilitant l’intégration sociale. C’est une option intéressante pour les travailleurs en projet ou les jeunes professionnels qui arrivent seuls.
L’inconvénient, évidemment, est le coût : ces logements sont plus chers qu’une location nue à l’année, mais mieux adaptés à une première phase d’installation. Ils évitent également d’avoir à importer en urgence tout un mobilier depuis le Danemark ou d’autres pays, ce qui serait extrêmement coûteux en transport maritime ou aérien.
Le cadre administratif : permis de séjour, travail et preuve de logement
Pour la plupart des étrangers, un permis de résidence et de travail est nécessaire pour vivre au Groenland. Ce permis, géré par les autorités danoises en coordination avec le gouvernement groenlandais, est généralement lié à un emploi précis chez un employeur local.
Dans le cadre d’une demande de titre de séjour, il est fréquent que les autorités exigent une preuve d’hébergement. Ce document permet de vérifier que le travailleur étranger dispose d’un logement adapté et qu’il ne sera pas dépendant des aides sociales. Il est donc crucial de régler cette question en amont, même de manière provisoire, pour renforcer le dossier.
Pour les citoyens nordiques, les règles sont plus souples : ils peuvent vivre et travailler sans permis. Les citoyens de l’UE/EEE ou de Suisse n’ont pas besoin de visa pour entrer, mais doivent tout de même obtenir un permis de travail et de résidence s’ils souhaitent s’installer. Dans tous les cas, l’emploi reste le pivot central et la clé d’accès au logement dans beaucoup de situations.
Gérer la logistique : mobilier, expéditions et coût caché de l’isolement
Beaucoup de logements privés au Groenland sont loués non meublés. Or, meubler un appartement de zéro dans un pays sans production locale de meubles, où chaque canapé, lit ou électroménager doit être importé par bateau ou par avion, peut faire exploser le budget.
Plusieurs options existent :
Pour s’approvisionner au Groenland, trois principales options existent. La première est d’acheter sur place, dans les grandes villes, où l’approvisionnement est assuré par des cargos réguliers, mais le choix est limité et les prix sont généralement plus élevés qu’au Danemark. La seconde consiste à commander des marchandises au Danemark et à les faire acheminer par bateau via des lignes spécialisées, comme celles opérant depuis Aalborg, en acceptant des délais de livraison de plusieurs semaines et des surcoûts logistiques. Enfin, il est possible d’arriver avec un volume important de bagages en avion, une solution réaliste pour quelques effets personnels, mais pas pour un ameublement complet.
Certains services de coliving ou de logement de fonction incluent tout le nécessaire, ce qui évite cette phase coûteuse. Pour un projet d’installation de moyen terme, choisir un logement meublé les premiers mois peut permettre de lisser les dépenses et d’étaler l’achat de mobilier.
Culture locale et intégration : pourquoi cela compte aussi pour le logement
Au Groenland, l’accès au logement ne dépend pas seulement de la solvabilité, mais aussi de l’intégration dans le tissu social. Dans des communautés de quelques milliers d’habitants, la réputation, la confiance et la capacité à vivre en bons voisins jouent un rôle réel.
La culture locale privilégie la discrétion, l’évitement des conflits et la retenue émotionnelle en public. L’aide est généralement accordée si elle est explicitement demandée, mais rarement proposée de manière intrusive. Pour s’intégrer, il est apprécié de participer à la vie locale (comme un « kaffemik »), de faire preuve d’humour face aux imprévus et d’être fiable dans ses engagements (loyer, voisinage).
Pour quelqu’un qui loue une chambre chez l’habitant ou qui cherche à prolonger un bail, ces éléments comptent autant que le dossier financier. Inversement, un comportement perçu comme agressif, râleur ou peu respectueux peut vite ferme l’accès à des opportunités de logement qui ne passent jamais par les annonces officielles.
Conseils pratiques pour maximiser ses chances
Face à un marché aussi tendu, quelques principes pragmatiques se dégagent pour toute personne qui envisage de trouver un logement au Groenland.
D’abord, ne jamais sous‑estimer le temps nécessaire. Entre les délais de permis de travail, la coordination avec l’employeur, la réservation d’un hébergement temporaire et la recherche d’une solution plus stable sur place, il faut raisonner en mois, pas en jours.
Privilégiez les offres d’emploi incluant explicitement un logement, même avec un salaire moins attractif. À Nuuk, un revenu légèrement inférieur mais avec logement peut être plus avantageux qu’un salaire plus élevé sans solution de logement garantie, notamment en raison des impôts.
Il est aussi crucial de bâtir un budget logement complet, intégrant le loyer, les charges de chauffage et d’électricité, l’internet, une marge pour les déplacements (l’absence de routes entre villes impose parfois des vols intérieurs coûteux) et, si nécessaire, une provision pour du mobilier de base.
Il est conseillé de considérer son premier logement comme une solution temporaire (colocation, petite surface, logement meublé). Cette approche permet de gagner du temps pour mieux comprendre le marché local, se constituer un réseau et, à terme, trouver un logement plus durable et correspondant mieux à ses aspirations.
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Trouver un logement au Groenland, que ce soit à Nuuk, Ilulissat, Sisimiut ou ailleurs, demande préparation, patience et flexibilité. Le pays offre des paysages exceptionnels, une culture riche et une qualité de vie unique, mais son marché du logement est l’un des plus exigeants au monde pour les nouveaux venus. En s’informant en amont, en travaillant étroitement avec son employeur, en utilisant intelligemment les hébergements temporaires et en respectant les codes locaux, il est pourtant possible de transformer ce défi en transition réussie vers une vie au cœur de l’Arctique.
Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine financier déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel au Groenland pour profiter d’un marché encore émergent et d’une exposition à une économie arctique en mutation. Budget alloué : 400 000 à 600 000 dollars, sans recours au crédit.
Après analyse de plusieurs zones (Nuuk, Sisimiut, Ilulissat), la stratégie retenue a consisté à cibler une maison individuelle de qualité adaptée au climat, dans un quartier en développement de Nuuk ou Sisimiut, combinant rendement locatif brut cible de 8–10 % – plus le rendement est grand, plus le risque est important – et potentiel de valorisation à moyen terme, avec un ticket global (acquisition + frais + travaux d’isolation) d’environ 500 000 dollars. La mission a inclus : sélection du marché et du quartier, mise en relation avec un réseau local (agent immobilier, avocat, expert fiscal Danemark/Groenland), choix de la structure la plus adaptée (propriété directe ou société locale) et définition d’un plan de diversification patrimoniale dans le temps.
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