Les transports en commun au Groenland : le guide pratique pour se déplacer dans un pays sans routes

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Voyager au Groenland, c’est accepter une idée déroutante pour un Européen : il n’existe pratiquement aucune route entre les villes. Pas d’autoroute, pas de ligne de train, pas de car interurbain. Les 56 000 habitants vivent éparpillés sur des centaines de kilomètres de côtes découpées, et tout ce qui relie ces communautés tient à un maillage fragile d’avions, d’hélicoptères, de navires et de petites routes locales.

Bon à savoir :

Ce guide s’appuie sur les données récentes des infrastructures arctiques pour expliquer clairement le fonctionnement des transports en commun au Groenland. Son objectif est de vous aider à les utiliser efficacement et d’éviter que votre voyage ne devienne un parcours du combattant.

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Comprendre le contexte : un territoire arctique à part

Le Groenland est la plus grande île du monde et l’un des territoires les plus extrêmes de l’Arctique. Plus de 80 % de sa surface est recouverte de glace, la population se concentre dans de petites villes côtières, et les conditions météorologiques – froid intense, vents violents, neige abondante, longues nuits d’hiver – compliquent toute construction d’infrastructure.

Les données sur l’Arctique montrent que dans les régions où le pergélisol est continu, les réseaux routiers sont très peu denses, voire inexistants. C’est exactement le cas du Groenland : alors que la Finlande, la Norvège ou la Suède ont pu développer de vastes réseaux de routes et de chemins de fer, le Groenland reste presque entièrement dépendant du transport aérien et maritime pour relier ses villes.

Un réseau terrestre quasi inexistant

Les chiffres sont parlants : le réseau routier groenlandais se limite à quelques centaines de kilomètres de routes locales à l’intérieur des villes, sans lien entre elles. À l’échelle de tout le pays, cela représente environ 149 à 383 km de routes urbaines et de pistes locales selon les sources, dont une partie seulement est asphaltée. Il n’y a aucune voie ferrée pour le transport de passagers, uniquement quelques anciennes lignes industrielles aujourd’hui hors service.

Exemple :

Contrairement aux autres régions arctiques comme la Scandinavie, l’Alaska ou le Canada qui possèdent des réseaux routiers significatifs, le Groenland ne dispose d’aucun axe routier reliant ses villes entre elles. Chaque agglomération y est une « île » terrestre isolée, uniquement accessible par les airs (avion, hélicoptère) ou par la mer (bateau).

Pourquoi le Groenland choisit l’air et la mer plutôt que la route

Construire une route entre deux villes côtières signifierait franchir fjords, montagnes, glaciers, zones de pergélisol instable. Les coûts exploseraient, comme le montrent les rares projets de pistes interurbaines existants : la simple transformation d’une piste pour véhicules tout‑terrain entre Sisimiut et Kangerlussuaq en vraie route en gravier est estimée à 500 millions de couronnes danoises (environ 67 millions d’euros), pour 130 km seulement.

Attention :

Les pays arctiques adoptent des approches distinctes pour le transport : les pays nordiques investissent dans la route et le rail, la Russie dans les brise-glaces et corridors maritimes, le Canada et l’Alaska dans les axes routiers miniers, et le Groenland dans une combinaison aérienne, héliportée et maritime, adaptée à son environnement hostile.

L’avion, colonne vertébrale des transports au Groenland

Si l’on devait résumer le système de transport groenlandais en une image, ce serait un réseau de petits avions reliant les villes comme un métro aérien, complété par des hélicoptères jouant le rôle de minibus pour les plus petits villages.

Un maillage dense d’aéroports et d’héliports

Pour un pays de moins de 60 000 habitants, le Groenland dispose d’un réseau aérien étonnamment développé :

Type d’infrastructureNombre approximatifParticularités
Aéroports au total2514 avec piste asphaltée
Héliports478 avec liaisons régulières
Aéroports avec vols réguliers14Tous opérés par Greenland Airports
Héliports avec vols réguliers8Principalement pour les petits villages

Tous les aéroports civils sont gérés par Greenland Airports, sous supervision de l’autorité danoise de l’aviation civile. La quasi‑totalité des liaisons intérieures est opérée par la compagnie nationale Air Greenland.

Air Greenland : le « réseau de bus » du ciel

Air Greenland assure l’essentiel des déplacements entre villes et villages. Sa flotte intérieure repose sur des appareils Dash 8‑200 à deux moteurs, pouvant accueillir jusqu’à 37 passagers, complétés par une flotte d’hélicoptères modernes (H125, H155, H225) pour les localités dépourvues de piste.

Astuce :

Les petits avions assurent la desserte régionale en reliant les principaux hubs (Nuuk, Ilulissat, Kangerlussuaq, parfois Narsarsuaq ou Kulusuk) aux villes secondaires et héliports de la côte. Les vols sont courts, fréquents en haute saison, et les correspondances sont organisées pour faciliter l’enchaînement entre vols internationaux et vols domestiques.

Pour le voyageur, il faut garder en tête que l’offre est limitée : les fréquences sont parfois d’un vol par jour, voire moins. En été, la demande touristique fait rapidement grimper les taux de remplissage, d’où la nécessité de réserver très en amont.

Un grand virage : l’ouverture du nouvel aéroport international de Nuuk

Pendant des décennies, le nœud central du réseau aérien était Kangerlussuaq, ancien base américaine en plein intérieur des terres, dotée de la plus longue piste du pays. Tous les vols internationaux ou presque y atterrissaient, et les passagers poursuivaient ensuite en Dash 8 vers leur destination finale.

Un vaste programme d’investissement, évalué à environ 3,6 milliards de couronnes danoises (près de 560 millions de dollars), est en train de rebattre les cartes : un nouvel aéroport international à Nuuk a ouvert, et deux grands aéroports à Ilulissat et Qaqortoq doivent suivre. L’objectif est clair : permettre à des avions moyen‑courrier de se poser directement dans les grandes villes touristiques et administratives, sans passer par les anciennes bases militaires.

Pour les usagers, cela signifie : l’accès à des services de qualité et la possibilité de participer activement à la prise de décision concernant leur expérience.

Amélioration des liaisons aériennes au Groenland

Perspectives d’évolution du réseau aérien pour faciliter l’accès international et les déplacements locaux.

Plus de vols directs vers Nuuk

Développement de liaisons directes accrues entre l’Europe ou l’Amérique du Nord et la capitale groenlandaise.

Extension du réseau international

À terme, création de liaisons directes vers Ilulissat et le sud (Qaqortoq), limitant le recours aux correspondances intérieures.

Articulation optimisée des transports

Meilleure coordination entre vols internationaux et déplacements locaux pour des itinéraires plus fluides, sous réserve d’une vigilance accrue sur les temps de correspondance en raison des aléas météorologiques.

Les routes internationales vers le Groenland

Même si ce guide se concentre sur les transports en commun une fois sur place, comprendre les portes d’entrée aide à organiser l’ensemble du trajet. Aujourd’hui, les grandes liaisons sont structurées autour de quelques axes :

Origine principaleCompagnies impliquéesAéroports groenlandais desservisRemarques
Copenhague et autres villes danoisesAir Greenland, parfois SAS et chartersNuuk, Kangerlussuaq, Narsarsuaq (saisonnier), Ilulissat (progressivement)Liaisons directes les plus fréquentes
Islande (Reykjavík/Keflavík)Icelandair, Air Greenland, NorlandairNuuk, Ilulissat, Kulusuk, Narsarsuaq, Nerlerit InaatPortes d’entrée pour les voyageurs d’Europe et d’Amérique du Nord
Amérique du NordUnited (Newark–Nuuk), saisonnier Air Greenland (Nuuk–Iqaluit)NuukConnexions limitées mais en développement

Les temps de vol parlent d’eux‑mêmes : environ 4 à 4 h 40 entre Copenhague et Nuuk ou Kangerlussuaq, 2 à 3 h 30 entre l’Islande et les villes groenlandaises, autour de 4 heures entre New York (Newark) et Nuuk.

Hélicoptères : les « taxis aériens » des villages

Dans de nombreuses zones – surtout au nord et à l’est – il est impossible d’aménager une piste pour avion. Les hélicoptères prennent alors le relais. Ils permettent :

de relier des petits villages aux villes les plus proches ;

d’assurer les évacuations sanitaires ;

de maintenir un minimum de service public : livraison de courrier, d’aliments, de médicaments.

Bon à savoir :

Ces vols fonctionnent comme un transport en commun avec des horaires publiés et des billets vendus par Air Greenland, mais sont des services subventionnés. Les appareils sont petits, les capacités limitées, et les conditions météorologiques (vent, visibilité) y sont plus déterminantes que pour les avions conventionnels. Il est donc essentiel de prévoir de la flexibilité et une marge dans son planning de voyage.

Ce que le voyageur doit anticiper avec l’avion

Même si l’avion est le moyen le plus fiable pour se déplacer au Groenland, plusieurs réalités s’imposent :

Les vols sont souvent retardés ou annulés à cause du vent, du brouillard ou de la neige.

Les compagnies appliquent des règles de bagages strictes (souvent 20 kg en soute et 8 kg en cabine).

– Les billets intérieurs peuvent coûter aussi cher que le vol international lui‑même.

– Les tarifs les plus avantageux (comme les formules « Takuss » d’Air Greenland) sont assortis de conditions : séjour minimum, modifications limitées.

L’expérience de l’aviation arctique ailleurs dans le monde (Canada, Alaska, Russie) montre la même chose : un transport aérien indispensable mais coûteux, sensible à la météo, et structurant pour la vie quotidienne.

Voyage par la mer : ferries, bateaux et navires côtiers

Si l’avion est le pilier du système, la mer reste l’âme du Groenland. Les bateaux ont longtemps été le seul moyen de relier les communautés l’été, une fonction qu’ils continuent d’assumer sous une forme modernisée.

Un maillon central : le navire côtier Sarfaq Ittuk

Sur la côte ouest, l’Arctic Umiaq Line exploite le Sarfaq Ittuk, un navire mixte (passagers et fret léger) qui joue un rôle proche d’un train côtier. Entre avril et décembre (parfois jusqu’en janvier), il relie Qaqortoq dans le sud à Ilulissat dans le nord, avec des escales dans la plupart des grandes villes : Nuuk, Maniitsoq, Sisimiut, Aasiaat, entre autres.

Quelques points clés pour l’usager :

le voyage complet dure environ quatre jours dans un sens ;

certaines escales sont très courtes (15–30 minutes), d’autres plus longues à Nuuk, Sisimiut, Qaqortoq ou Ilulissat ;

– la capacité est d’environ 237 passagers, avec plusieurs types de couchages : couchettes en cabines partagées, cabines privées avec salle de bain, suites.

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Il existe quatre catégories de prix pour les billets d’avion, variant selon la saison.

Trajet & prestation (exemple)Prix de départ approximatif
Nuuk–Ilulissat en couchette standard (2 jours)à partir de 2 389 DKK par personne
Cabine haut de gamme pour 2 personnes, basse saisondès 12 739 DKK la cabine
Annulationsouvent possible sans frais jusqu’à 2 h avant départ

Pour le voyageur, le Sarfaq Ittuk est à la fois un moyen de transport et une expérience : paysages de fjords, villages isolés, vie à bord tranquille. En contrepartie, la vitesse reste faible et la dépendance à la météo bien réelle.

Les lignes régionales : Disko Line, Blue Ice Explorer et cie

En complément du navire côtier, plusieurs compagnies privées assurent des liaisons plus locales :

Disko Line, très présente dans la baie de Disko et le long de la côte ouest, avec des bateaux de 12 à 60 passagers certifiés pour les eaux arctiques ;

– Blue Ice Explorer, active surtout dans le sud, notamment entre Narsarsuaq et Qaqortoq pendant l’été ;

– Nuuk Water Taxi, qui combine excursions et transferts, par exemple entre Nuuk et Maniitsoq ;

– Maniitsoq Tour Boat, qui dessert Maniitsoq et des localités environnantes à certaines périodes.

Leurs services couvrent à la fois :

– des liaisons assimilables à du transport public (par exemple Ilulissat–Qeqertarsuaq en été) ;

– des excursions touristiques (fjords glaciaires, observation des baleines, sorties photo).

Les prix illustrent l’ordre de grandeur du coût des déplacements en bateau :

Service maritime (exemples)Fourchette de prix indicative
Billet Blue Ice Explorer (selon trajet)env. 200 à 875 DKK par personne
Excursion avec Nuuk Water Taxià partir d’environ 1 095 DKK par personne

Comme pour l’avion, la saison joue un rôle déterminant : en hiver, la glace peut bloquer certains itinéraires ou imposer des détours, et la fréquence des liaisons diminue.

Fret maritime et absence totale de ferries automobiles

Les marchandises qui alimentent les villes – aliments, matériaux, véhicules – arrivent majoritairement par conteneurs via quelques grands ports : Nuuk, Sisimiut, Ilulissat, Kangerlussuaq, Qaqortoq, Narsaq, Aasiaat. Les principaux opérateurs sont :

Royal Arctic Line, compagnie de transport de conteneurs groenlandaise ;

Eimskip, compagnie islandaise partenaire ;

Arctic Umiaq Line, pour une part de fret combiné.

Le navire reste le seul lien avec le Danemark pour les biens de consommation : il y a environ 3 800 km par mer entre le Danemark et Nuuk. En revanche, il n’existe aucun ferry automobile ni liaison régulière entre le Groenland et l’Islande, le Canada ou l’Europe. Les véhicules sont transportés en conteneurs, mais ce n’est pas un mode de déplacement pour les voyageurs.

Se déplacer au sol : bus, taxis et pistes locales

Une fois arrivé dans une ville, la situation change complètement : on quitte un pays sans routes interurbaines pour des réseaux urbains relativement bien structurés, surtout dans la capitale.

Un réseau routier strictement local

À l’intérieur des villes, les routes sont nombreuses à l’échelle locale :

environ 383 km de routes urbaines recensés en 2017 ;

un taux d’asphaltage élevé dans les grands centres ;

– quelques pistes en terre dans les quartiers périphériques ou les petites localités.

La capitale Nuuk concentre à elle seule :

environ 120 km de routes asphaltées ;

trois feux tricolores ;

douze ronds‑points ;

un tunnel routier ;

environ 5 000 voitures, ce qui reste modeste, mais significatif à l’échelle du pays.

Les limitations de vitesse sont basses : 40 km/h en règle générale, avec un maximum officiel de 60 km/h lorsque la signalisation l’indique.

En dehors des villes, on trouve : des paysages naturels, des villages pittoresques, des fermes, et des espaces de loisirs.

280

Le Groenland compte environ 280 km de routes et pistes, principalement non asphaltées et réservées aux véhicules tout-terrain.

Les bus urbains : un vrai service de transport public

Malgré la petitesse des villes, le Groenland s’est doté de systèmes de bus urbains structurés dans les principaux centres : Nuuk, Sisimiut, Ilulissat, Maniitsoq, Qaqortoq, Kangerlussuaq.

La capitale offre l’exemple le plus abouti avec Nuup Bussii A/S, la compagnie de bus de Nuuk.

Nuup Bussii : un réseau compact mais efficace

Créée en 1980 pour remplacer des services privés jugés peu fiables, Nuup Bussii fonctionne comme toute régie de transport urbain d’une petite ville européenne :

monopole des lignes urbaines dans la commune ;

gestion sous contrôle de la municipalité de Sermersooq ;

– flotte d’environ 16 à 18 bus et quelques véhicules de service ;

– environ 7 000 passagers transportés par jour, soit plus de 2 millions de voyages par an.

Les lignes principales (1, 1A, 2, 3, 4) desservent :

le centre‑ville ;

les quartiers résidentiels (Nuussuaq, Qinngorput) ;

l’université, l’hôpital, l’aéroport.

Bon à savoir :

Les fréquences varient de 10 minutes en heure de pointe à 40 minutes le soir. Un système de billettique électronique, fourni par une entreprise estonienne, permet de recharger sa carte en ligne, tout en conservant la possibilité d’acheter des billets papier directement à bord.

Côté tarifs, les montants restent raisonnables à l’échelle locale :

Type de titre (Nuuk)Prix indicatifConditions
Ticket unitaireenv. 20–21 DKK1 h de validité, dès 16 ans
Carnet de 10 trajetsenv. 165 DKKChaque validation = 1 h de trajets
Abonnement mensuelenv. 595 DKKVoyages illimités pendant 30 jours

Les horaires sont adaptés aux jours fériés : Noël, Jour de l’An, Pâques, Fête nationale, etc., avec parfois un service écourté en soirée.

Les bus dans les autres villes

Dans des villes comme Sisimiut, Ilulissat, Qaqortoq ou Maniitsoq, le réseau est plus modeste, mais repose sur les mêmes principes : une ou deux lignes circulaires, des bus de taille moyenne, des horaires réguliers en journée, souvent toutes les 20–30 minutes dans les périodes les plus fréquentées. Au total, environ 75 bus de différentes tailles circulent dans tout le pays.

Même si ces réseaux ne ressemblent pas à ceux d’une grande métropole, ils jouent un rôle crucial : sans eux, l’accès à l’école, aux commerces ou aux équipements publics serait nettement plus difficile, surtout pour les habitants sans voiture.

Les taxis : complément indispensable des bus

Dans les principales villes, les taxis complètent le maillage des bus et deviennent souvent le mode privilégié à l’arrivée ou au départ de l’aéroport ou du port. La plupart des villes disposent au moins d’une compagnie de taxi, accessible par téléphone.

Exemple :

Quelques exemples :

VilleCompagnies / Contacts principaux
NuukNuuk Taxi (+299 36 36 36), Taxagut (+299 321 321)
SisimiutSisimiut Taxi (+299 865533), Jakob Davidsen Taxi (+299 562874)
IlulissatIlulissat Taxi (+299 944944)
QaqortoqQaqortoq Taxi (+299 641111, +299 388888)
ManiitsoqManiitsoq Taxi (+299 520844)
AasiaatAasiaat Taxi (+299 352171)
PaamiutPaamiut Taxi (+299 235687)
UummannaqUummannaq Taxi (+299 551717)
NarsaqJensens Taxa (+299 282824)
QasigiannguitTaxa 944 944 (+299 944944)

Le paiement en espèces (couronne danoise) reste courant, même si les terminaux bancaires se généralisent. Dans les petites localités, il n’est pas rare que le même véhicule serve à la fois de taxi, de transport scolaire et de navette pour l’aéroport ou l’héliport.

Se déplacer dans les petites communautés : à pied, en ATV, en motoneige

Hors des grandes villes, il n’y a souvent qu’une poignée de rues. Le principal mode de déplacement y est tout simplement la marche, complétée par :

des quads (ATV) pour transporter des charges ;

des motoneiges en hiver ;

– parfois des bateaux privés pour franchir un fjord vers une ferme ou un hameau voisin.

Ces moyens ne relèvent pas vraiment du « transport en commun », mais ils montrent à quel point la mobilité quotidienne est façonnée par l’environnement arctique.

Transports « traditionnels » et mobilité de loisir : traîneau à chiens, kayak, randonnée

Au Groenland, certaines formes de mobilité sont à la fois moyen de transport utilitaire et activité touristique.

Le traîneau à chiens : du quotidien à l’expérience touristique

Dans le nord et l’est du pays, le traîneau à chiens reste un outil de travail pour la chasse et les déplacements hivernaux sur la banquise ou la neige. Il existe encore environ 13 000 chiens de traîneau, même si leur nombre a diminué au fil des années, concurrencés par la motoneige.

Pour les visiteurs, des opérateurs locaux proposent des trajets qui vont de la simple balade de quelques heures à de véritables voyages de plusieurs jours, parfois entre deux villages. Ce n’est pas, à proprement parler, un « transport en commun » au sens urbain du terme, mais c’est une façon très réelle de se déplacer d’un point A à un point B en hiver, souvent utilisée historiquement pour relier des communautés voisines.

Opérateurs locaux pour visiteurs

Kayak et bateaux de petite taille

Le kayak est un autre symbole de la mobilité inuïte. Aujourd’hui, son usage est surtout récréatif ou sportif, mais dans certaines régions, des sorties encadrées permettent de rejoindre des campements, des refuges ou de petits hameaux inaccessibles autrement en été.

Bon à savoir :

De nombreuses familles possèdent de petites embarcations à moteur. Celles-ci sont utilisées quotidiennement pour se déplacer entre les villages et les sites de pêche, de chasse ou de cueillette, en complément du réseau public de bateaux.

Randonnée et pistes : l’exemple du Arctic Circle Trail

Entre Kangerlussuaq et Sisimiut, un sentier de 160–165 km, connu sous le nom d’Arctic Circle Trail, s’est imposé comme l’une des grandes randonnées emblématiques de l’Arctique. À l’origine simple itinéraire de trek, il a fini par inspirer la création de l’Arctic Circle Track, cette piste pour ATV qui relie désormais les deux villes.

En été, le sentier est essentiellement un itinéraire de marche ; en hiver, il peut être parcouru en traîneau à chiens, à motoneige, à ski ou même en fatbike. Là encore, on est à la frontière entre déplacement utilitaire pour les locaux et activité de loisir pour les visiteurs.

Un système fragile mais vital : enseignements de l’Arctique

Les expériences des autres régions arctiques permettent de mieux comprendre la situation groenlandaise. Partout ou presque, on retrouve les mêmes contraintes :

distances immenses ;

faible densité de population ;

sols difficiles (pergélisol, marécages, roches) ;

climat extrême.

Les solutions diffèrent, mais une constante ressort des travaux menés sur les transports dans l’Arctique : la combinaison de plusieurs modes – air, mer, route, rail quand c’est possible – est la plus efficace pour garantir le développement durable des communautés, qu’elles soient urbaines ou isolées.

Comparaison avec les autres pays arctiques

Quelques exemples illustrent ces stratégies :

Des centaines de millions à des milliards

C’est le montant investi chaque année par les gouvernements nordiques pour l’entretien et l’extension des infrastructures de transport vers les régions éloignées.

– La Russie se concentre sur la route maritime du Nord, avec une flotte de brise‑glaces (y compris nucléaires) pour sécuriser les chaînes logistiques. Des corridors ferroviaires comme l’« Express NSR #1 » viennent appuyer cette stratégie en reliant Moscou aux ports arctiques.

– Le Canada et l’Alaska utilisent la construction de routes et parfois de lignes ferroviaires à l’initiative de projets miniers comme levier pour améliorer l’accessibilité des communautés nordiques.

Le Groenland, de par sa géographie insulaire dominée par la glace, ne peut pas simplement copier ces modèles. Son choix d’un réseau misant sur l’avion et le bateau, complété par un peu de route locale, apparaît donc comme l’adaptation la plus logique à ses contraintes.

Coûts, résilience et vie quotidienne

Construire et entretenir des infrastructures en Arctique coûte beaucoup plus cher qu’en zone tempérée. La Finlande, par exemple, consacre chaque année près d’un milliard de dollars à la maintenance de ses routes et rails dans le nord. La Norvège envisage 40 milliards de dollars sur douze ans pour le rail, en partie pour mieux desservir son nord.

Exemple :

Au Groenland, où les ressources budgétaires sont très limitées, des projets d’infrastructure comme la construction de trois grands aéroports ou l’Arctic Circle Track représentent des investissements considérables. Cependant, ces ouvrages transforment concrètement et positivement le quotidien des habitants.

accès plus facile aux soins spécialisés, à l’éducation supérieure, aux biens de consommation ;

nouvelles opportunités économiques (tourisme, services, exploitation de ressources) ;

renforcement du sentiment de connexion avec le reste du pays et du monde.

D’un point de vue usager, cela se traduit néanmoins par un système « à marge réduite » : peu d’itinéraires de rechange, faible redondance, sensibilité extrême aux perturbations météo. D’où l’importance de prévoir des marges dans tout parcours.

Conseils pratiques pour utiliser les transports en commun au Groenland

Au-delà des grands principes, comment se traduisent ces réalités dans l’organisation concrète d’un voyage ou de la vie quotidienne d’un résident ?

Planifier avec des marges, toujours

Dans tout l’Arctique, la règle est la même : la météo décide. Au Groenland, il faut donc :

éviter de caler un vol international le jour même d’une correspondance intérieure ;

prévoir au moins une journée de « tampon » entre arrivée internationale et départ d’excursions majeures (croisière, trek, expédition en traîneau) ;

– souscrire une assurance couvrant retards, annulations et nuits supplémentaires éventuelles.

Même les liaisons par bateau – Sarfaq Ittuk, Disko Line, Blue Ice Explorer – peuvent être retardées ou modifiées à cause de la glace, du vent ou du brouillard. Plus l’itinéraire est complexe, plus les marges doivent être généreuses.

S’informer localement sur les horaires et l’état du réseau

Les horaires théoriques sont un point de départ, mais dans un environnement aussi changeant, l’information en temps réel est cruciale. Sur place, plusieurs outils existent :

Astuce :

Pour obtenir des informations fiables et actualisées sur les déplacements au Groenland, consultez plusieurs sources en ligne : les sites et applications des compagnies aériennes et maritimes pour les statuts de vols et de navires ; les sites des compagnies de bus (comme bus.gl à Nuuk) qui fournissent plans, horaires et parfois un suivi en temps réel ; ainsi que les offices de tourisme locaux ou le portail Visit Greenland pour l’actualisation des services touristiques.

La possession d’une carte SIM locale – fournie par Tusass – facilite grandement ces démarches, car le roaming international peut être coûteux et parfois peu performant.

Comprendre la logique des tarifs

Le niveau général des prix dans les transports en commun groenlandais est élevé par rapport à l’Europe continentale, notamment pour :

Exemple :

Les déplacements au Groenland pour lesquels il est fortement recommandé de souscrire une assurance voyage spécifique incluent les vols intérieurs, les traversées longues en bateau (comme un voyage de plusieurs jours sur le Sarfaq Ittuk), ainsi que certaines excursions en bateau rapide organisées au départ de villes comme Nuuk, Ilulissat ou Qaqortoq.

En revanche, les transports urbains (bus de ville, trajets en taxi à courte distance) restent plus abordables. Pour limiter les coûts :

réserver tôt les vols et traversées maritimes ;

profiter des billets promotionnels des compagnies aériennes quand c’est possible ;

envisager des pass ou abonnements urbains si l’on séjourne plusieurs jours à Nuuk ou dans une autre grande ville.

Profiter des transferts inclus et des services gratuits

De nombreux hôtels et auberges, surtout dans des villes touristiques comme Ilulissat ou Sisimiut, incluent des transferts à l’aéroport ou au port. Ces services permettent :

d’éviter un taxi supplémentaire ;

de ne pas avoir à gérer un système de bus local après un vol potentiellement retardé.

Il est utile de vérifier ces options au moment de la réservation d’hébergement.

Vers quel avenir pour les transports en commun au Groenland ?

Les grands projets aéroportuaires déjà engagés montrent que le Groenland se projette dans un futur où les échanges aériens seront plus directs et plus importants, notamment avec le reste de l’Arctique et de l’Atlantique Nord.

L’achèvement des aéroports d’Ilulissat et Qaqortoq devrait :

renforcer encore le rôle de l’avion comme mode dominant pour les longs trajets ;

créer de nouvelles possibilités de « hubs » régionaux ;

– redistribuer les flux maritimes et intérieurs, par exemple en modifiant les escales du Sarfaq Ittuk ou les correspondances avec les lignes de bateaux régionaux.

Attention :

La construction de routes et d’infrastructures au Groenland, inspirée du modèle scandinave, soulève la question de son coût exorbitant et de la charge durable que représente leur entretien, comme le montrent les expériences d’autres pays arctiques.

Dans ce contexte, il est probable que le Groenland continue de miser d’abord sur :

un réseau aérien modernisé et étendu ;

un maillage maritime adapté aux saisons et à la demande ;

un renforcement ciblé des transports urbains (bus, taxis, axes piétons) dans les villes en croissance comme Nuuk.

En résumé : comment apprivoiser les transports groenlandais

Dans un pays sans routes interurbaines, les transports en commun ne ressemblent à ceux d’aucune autre destination. Pourtant, avec un peu de préparation, ils peuvent devenir l’un des aspects les plus fascinants d’un séjour au Groenland :

Exemple :

Pour découvrir la Norvège arctique, plusieurs modes de transport sont disponibles. L’avion et l’hélicoptère servent de navettes rapides entre les villes, offrant des vues aériennes sur les glaciers et les fjords. Le navire côtier et les bateaux de ligne permettent une exploration plus lente et puissante des paysages maritimes. En ville, les bus et taxis facilitent les déplacements dans des centres urbains bien organisés. Enfin, les moyens traditionnels comme le traîneau à chiens, le kayak ou la randonnée rappellent les modes de déplacement historiques des habitants, avant l’asphaltage des pistes.

Comprendre que ce système est à la fois vital, coûteux et fragile, c’est aussi porter un autre regard sur le quotidien des Groenlandais : chaque vol, chaque départ de navire, chaque bus qui passe à travers le blizzard est un maillon d’une chaîne logistique et sociale essentielle à la vie dans l’Arctique.

Pour le visiteur, ce guide pratique invite donc à deux attitudes complémentaires : la rigueur dans la préparation, et la souplesse face à l’imprévu. Deux qualités indispensables pour voyager dans un pays où les transports en commun ne suivent pas des autoroutes, mais les caprices de la glace, du vent et de la mer.

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Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Groenland, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler le Groenland, territoire spécifique associé au Danemark, pour bénéficier d’un environnement fiscal nordique stable, d’une pression fiscale globale modérée via une planification entre France, Danemark et Groenland, et d’un coût de la vie hors grandes bases plus contenu que dans les capitales scandinaves. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention du droit de séjour, organisation de l’assurance santé locale en complément de la CPAM, transfert de la résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre des intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local bilingue (avocat, immigration, comptable) et intégration patrimoniale internationale (analyse, structuration et diversification géographique).

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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