Longtemps réduit dans l’imaginaire collectif à la banquise, aux icebergs et aux aurores boréales, le Groenland est pourtant l’un des terrains de jeu les plus riches et les plus surprenants de la planète pour qui aime bouger. Sur cette immense île arctique, où il n’existe aucune route entre les villes et où près de 80 % du territoire est englacé, le sport est au cœur de la vie quotidienne. Des terrains de football en gazon synthétique aux fjords infestés d’icebergs où l’on pagaie en kayak, des pistes de ski de fond à la pêche sportive dans les fjords, la pratique sportive prend ici des formes très variées, souvent indissociables de la culture inuit.
Les activités sportives au Groenland incluent des disciplines collectives, des activités de pleine nature, des sports traditionnels et des formes de tourisme sportif, attirant les voyageurs en quête d’aventure. Ces informations s’appuient sur des données et exemples de recherches récentes.
Football et handball, piliers de la culture sportive groenlandaise
Avant de plonger dans les glaciers, les kayaks et les chiens de traîneau, il faut le rappeler : au Groenland, comme ailleurs, une grande partie de la population vibre pour les sports collectifs.
Le football (association football) est le sport le plus pratiqué et largement considéré comme sport national. Environ 10 % des habitants – soit près de 5 500 à 5 600 personnes sur une population totale d’un peu plus de 55 000 – sont licenciés. Dans ce pays où la neige peut recouvrir le sol huit mois par an et où le gazon naturel est quasi impossible à entretenir, les matchs se jouent sur des terrains en gazon synthétique, en sable, en gravier ou même sur de la cendre. La saison extérieure se concentre entre la fin mai et la mi-septembre, plus longue au sud qu’au nord.
Le handball est souvent décrit comme « sport national » dans le discours local, ce qui dit bien à quel point il compte dans la construction de l’identité sportive du pays. La fédération groenlandaise, rattachée à la Fédération internationale de handball, aligne des équipes masculines et féminines qui se mesurent régulièrement aux meilleures nations continentales.
Fédération groenlandaise de handball
Une organisation structurée, malgré l’isolement
La Fédération de football du Groenland, le Kalaallit Nunaanni Arsaattartut Kattuffia (KAK), créée en 1971 et basée à Nuuk, encadre l’ensemble du football local : équipes nationales hommes et femmes, futsal, championnats, compétitions régionales. Le pays ne fait pas partie de la FIFA ni d’une confédération continentale, ce qui limite sa présence dans les grandes compétitions internationales. Des démarches ont été engagées pour rejoindre d’abord l’UEFA puis la CONCACAF, sans succès à ce stade. Faute d’intégration au football mondial officiel, le Groenland s’est tourné vers des structures alternatives comme la ConIFA (Confederation of Independent Football Associations) ou l’International Island Games Association, dont il est un membre assidu.
En raison de l’isolement des communautés, de l’absence de routes et du coût élevé des déplacements, le championnat national s’organise en phases régionales dans les grandes municipalités, suivies d’un tournoi final d’environ une semaine dans une seule ville hôte. Les équipes se déplacent par bateau ou avion, et certaines doivent parfois renoncer à participer au dernier moment faute de solution de transport abordable.
Du côté du handball, la Fédération groenlandaise (TAAK) gère des championnats masculins et féminins, ainsi que des compétitions de jeunes très populaires. L’organisation d’un championnat continental masculin panaméricain sur l’île en 2018 a représenté le plus grand événement de sport de haut niveau jamais organisé au Groenland, soulignant aussi la capacité logistique du pays à accueillir des compétitions internationales.
Performance des équipes nationales
Sur le terrain, les résultats des équipes groenlandaises témoignent d’un niveau tout à fait honorable pour un territoire aussi peu peuplé. L’équipe masculine de handball a pris part à trois championnats du monde (2001, 2003, 2007) avec une meilleure performance à la 20e place. Elle a également décroché un titre au championnat Nor.Ca (Amérique du Nord et Caraïbes) en 2014 et plusieurs podiums dans les compétitions continentales.
L’équipe féminine de handball, après des participations aux Mondiaux 2001 et 2023 et des podiums antérieurs, a remporté le championnat Nor.Ca en 2023. Ces performances illustrent la vitalité d’un sport profondément ancré dans les collectivités, souvent pratiqué dans les salles polyvalentes partagées avec le futsal.
Le football, privé de vitrine mondiale officielle, s’illustre surtout dans les Island Games et les compétitions non-FIFA. Les « Polar Teddy Bears », surnom de l’équipe masculine, ont déjà atteint deux fois la finale du tournoi de football des Island Games. Cela n’empêche pas l’enthousiasme populaire : les phases finales du championnat national sont diffusées à la télévision publique KNR, et les matchs sont suivis en direct sur internet par les Groenlandais de la diaspora.
Les sports arctiques traditionnels, un patrimoine vivant
Derrière le football et le handball, le Groenland cultive une autre facette sportive, plus ancienne : celle des sports arctiques, en partie communs aux peuples inuit d’Alaska, du Canada ou de Sibérie, et regroupés localement sous l’appellation Kalaallit Pinnguaataat.
Ces jeux, pratiqués depuis des siècles, avaient à l’origine une fonction très pragmatique : préparer hommes et femmes à survivre dans un environnement extrême, en développant force, endurance, équilibre, agilité et résistance à la douleur. Il s’agissait de s’entraîner à bondir d’un bloc de glace à l’autre, à ramper silencieusement vers un phoque, à tirer une prise lourde sur la banquise ou à encaisser le froid, la faim et la fatigue.
Disciplines devenues des sports à part entière, pratiqués lors de championnats internationaux comme les Arctic Winter Games et les World Eskimo Indian Olympics.
Saut pour toucher une cible en hauteur, testant la puissance et la précision.
Progression sur les poings et les orteils en position de pompes, épreuve d’endurance et de force.
Épreuve de force traditionnelle utilisant la tête pour tirer une corde.
Jeux traditionnels basés sur la rapidité et la ruse des mains.
Sauts répétés par-dessus un traîneau jusqu’à épuisement, mesurant l’endurance.
Une pratique moderne, mais fidèle à l’esprit des ancêtres
Au Groenland, les championnats nationaux d’« Arctic sports » sont diffusés à la télévision et constituent un temps fort de la vie culturelle. Les épreuves restent très proches de leurs fonctions originelles – manier un bâton graissé simulant un poisson glissant, tenir une position d’« avion » portée par d’autres participants pour tester la résistance musculaire, etc.
Loin d’être un folklore figé, les sports traditionnels groenlandais continuent d’évoluer et de se professionnaliser, tout en conservant leur dimension identitaire. Pour les jeunes Groenlandais, ils constituent un lien direct avec les récits des anciens, renforçant ainsi la conscience de leur histoire et de leurs savoir-faire physiques uniques.
Pour un visiteur, assister à une compétition ou à une démonstration est l’un des meilleurs moyens de comprendre la relation intime qui unit la population à son environnement arctique. Certaines épreuves peuvent aussi être proposées en initiation, dans des cadres touristiques ou scolaires.
Pêche sportive : du saumon à l’omble chevalier, un paradis d’eau froide
Si la pêche est la première industrie du pays – représentant plus de 50 % de l’économie et jusqu’à 90 % des exportations – elle est aussi l’un des sports de plein air les plus en vogue au Groenland. Des rivières cristallines où remontent des ombles chevaliers par milliers aux fjords profonds où se pêchent flétan, morue et requin du Groenland, l’île est souvent présentée comme l’un des derniers grands paradis pour la pêche sportive en milieu sauvage.
Les eaux sont peu exploitées à l’échelle sportive, la pression de pêche récréative reste faible, et l’environnement est d’une pureté rare, en grande partie grâce à l’éloignement et à une industrialisation limitée de la pêche côtière.
Des espèces emblématiques et des techniques variées
Les amateurs trouvent au Groenland une palette d’espèces qui permet de varier les techniques et les sensations.
| Milieu | Espèces principales pour la pêche sportive | Techniques courantes |
|---|---|---|
| Rivières et lacs | Omble chevalier arctique, saumon atlantique | Mouche, lancer léger, pêche sous la glace |
| Fjords côtiers | Flétan du Groenland, cabillaud (morue), capelan, poisson-loup, sébaste | Jig, pêche de fond, pêche en bateau |
| Haute mer (depuis un bateau) | Flétan, morue, sébaste, requin du Groenland (très réglementé) | Pêche en mer profonde, lignes de fond |
L’omble chevalier occupe une place à part : des milliers de poissons migrateurs remontent chaque été les rivières de la côte ouest pour frayer, offrant des conditions de pêche à la mouche considérées comme parmi les meilleures au monde. Les rivières restent souvent vierges de toute infrastructure et sont parfois concédées à des camps de pêche pour limiter l’impact et garantir une gestion durable.
Deux espèces de poissons, le flétan du Groenland et la morue, sont particulièrement recherchées dans les fjords et en mer.
Destinations phares pour la pêche sportive
Le littoral groenlandais ne manque pas de spots de qualité, mais certains sont devenus des références parmi les passionnés.
| Région / Site | Atouts principaux pour la pêche sportive |
|---|---|
| Fjords de Nuuk | Omble, morue, flétan, paysages de fjords spectaculaires proches de la capitale |
| Kangerlussuaq | Rivières intérieures riches en omble et saumon, accès facilité par l’aéroport international |
| Ilulissat Icefjord | Pêche au milieu des icebergs, morue et omble, cadre classé à l’UNESCO |
| Sud du Groenland | Eaux plus « tempérées » en été, présence de morue, flétan et saumon saisonnier |
| Uummannaq | Fjords profonds réputés pour le flétan du Groenland |
Le calendrier joue évidemment un rôle : au printemps, les pêcheurs ciblent volontiers le flétan ; l’été est la haute saison pour l’omble chevalier et le saumon ; l’automne voit revenir la morue et le flétan en force ; l’hiver est la grande période de la pêche blanche sur les lacs gelés.
Règlementation, licences et durabilité
La pêche sportive ne s’exerce pas en dehors de tout cadre. Une licence est requise, disponible en ligne ou dans les centres d’information touristique. Des règles encadrent les quotas, les périodes et les techniques, avec une insistance croissante sur l’utilisation d’hameçons sans ardillon, le respect des tailles minimales et la remise à l’eau des poissons non destinés à la consommation.
Cette culture de la durabilité est au cœur du modèle groenlandais, où la ressource halieutique est considérée comme un bien communautaire. Dans la pêche commerciale, les quotas sont fixés sur la base d’avis biologiques, et la même logique gagne peu à peu la pêche de loisir, surtout sur les rivières les plus réputées.
L’expérience des camps et des guides locaux
Dans un pays sans routes, atteindre les meilleurs sites implique souvent de longs trajets en bateau, en hélicoptère ou même en traîneau à chiens l’hiver. D’où l’importance des guides et des camps spécialisés.
Certaines entreprises, comme Raw Arctic ou des opérateurs locaux cités dans les sources, organisent des séjours de plusieurs jours en campement, avec exclusivité sur une rivière, équipement fourni et immersion dans la culture groenlandaise de la chasse et de la pêche. Des témoignages de pêcheurs étrangers décrivent l’impression de remonter le temps, face à des rivières où, chaque été depuis des millénaires, des milliers d’ombres argentés remontent frayer sans que l’homme ait beaucoup modifié leur cycle.
Pour beaucoup de visiteurs, la pêche n’est d’ailleurs qu’un volet d’un voyage multi-activités : excursions à la journée en mer, randonnées, kayak, observation de baleines ou encore découverte de la pêche sous glace avec des habitants.
Randonnée et trekking : marcher au cœur de l’Arctique sauvage
Avec des étendues de nature presque intacte comparables en surface à l’Europe de l’Ouest et l’un des plus faibles taux de densité humaine au monde, le Groenland est un royaume pour les randonneurs. L’absence de propriété privée au sens classique facilite l’accès : hormis quelques restrictions locales et le respect nécessaire des habitats et des sites culturels, il est possible de randonner quasiment partout.
La randonnée n’est pas seulement un loisir pour les touristes ; elle fait partie du quotidien de nombreux Groenlandais, que ce soit pour se déplacer, chasser, ramasser des baies ou simplement profiter du paysage. Du promeneur occasionnel au trekkeur aguerri, chacun peut y trouver son compte.
Une offre de sentiers du simple au très engagé
Il n’existe pas au Groenland de réseau national balisé équivalent aux GR européens. La plupart des itinéraires sont peu ou pas balisés, sans ponts ni infrastructures. Cela suppose un bon sens de l’orientation, la maîtrise de la carte et de la boussole ou l’usage de GPS. Pourtant, certains itinéraires sont désormais bien établis et attirent un public croissant.
L’exemple le plus connu de trek au Groenland est l’Arctic Circle Trail. Il s’agit d’une randonnée itinérante d’environ 160 km, reliant Kangerlussuaq à Sisimiut, généralement parcourue en 7 à 10 jours en autonomie complète. Cette traversée emblématique permet de rejoindre le bord de la calotte glaciaire depuis l’intérieur des terres, puis de marcher jusqu’à la côte ouest, en suivant un parcours qui longe de nombreux lacs, rivières et montagnes basses.
Autour des villes, de nombreux itinéraires de journée existent : chemins jusqu’au front des glaciers (comme le Russell Glacier près de Kangerlussuaq), circuits le long de l’Ilulissat Icefjord classé à l’UNESCO, vallées fleuries de la côte est autour de Tasiilaq, ou encore sentiers côtiers de Disko Island.
| Région | Type de randonnées proposées | Particularités |
|---|---|---|
| Sud du Groenland | Boucles entre villages et sites vikings, collines verdoyantes | Mélange d’histoire norroise et de paysages pastoraux |
| Région du Cercle polaire | Arctic Circle Trail, randonnées vers calotte et glaciers | Itinéraires les plus connus, bonnes connexions aériennes |
| Côte ouest (Ilulissat, Disko Bay) | Sentiers côtiers, points de vue sur icebergs | Paysages très photogéniques, observation fréquente de baleines |
| Côte est (Ammassalik, Sermilik) | Treks plus engagés, vallées glaciaires | Relief plus alpins, villages isolés, ambiance « bout du monde » |
La meilleure période s’étend de juin à septembre, avec un pic en été lorsque les températures restent souvent modestes (autour de quelques degrés positifs) mais que le soleil ne se couche pratiquement pas. L’automne offre des couleurs éclatantes et, dès que la nuit revient, des aurores boréales spectaculaires.
Randonner en sécurité : préparation et encadrement
Le revers de cette nature grandiose, c’est qu’une erreur de jugement peut vite coûter cher. Les conditions météorologiques changent brutalement, le brouillard tombe en quelques minutes, les rivières gonflent, les températures chutent. Des équipements et des compétences adaptés sont indispensables, même pour de « simples » randonnées à la journée.
Les autorités et les offices de tourisme recommandent systématiquement de consulter et de respecter leurs conseils pour assurer la sécurité et le bon déroulement de votre voyage.
– ne jamais partir seul ;
– informer quelqu’un de son itinéraire et de son heure de retour prévue ;
– emporter vêtements chauds supplémentaires, trousse de premiers secours, cartes et moyens de communication ;
– se renseigner sur la météorologie auprès des services spécialisés.
Autre spécificité : la présence possible d’ours polaires, surtout dans certaines régions côtières et sur la côte est. Les guides locaux sont formés à gérer ces situations, souvent équipés de fusils de protection, et connaissent les comportements à adopter pour éviter les rencontres dangereuses.
C’est pourquoi de nombreux voyagistes proposent des randonnées guidées, de la balade de quelques heures au grand trek de plusieurs jours. Outre la sécurité, cela permet aussi d’enrichir l’expérience : reconnaissance des plantes comestibles, explications sur les traditions locales, meilleure probabilité d’observer la faune (bœufs musqués, rennes, renards arctiques, oiseaux marins).
Kayak de mer : revenir à l’embarcation des chasseurs inuit
Le kayak est plus qu’un simple moyen de locomotion au Groenland : c’est un symbole national. Utilisé pendant des siècles par les chasseurs inuit pour traquer phoques et baleines à la pagaie, il est aujourd’hui devenu l’un des sports de plein air les plus emblématiques de l’île.
Le kayak est une activité emblématique au Groenland, permettant d’explorer les paysages glacés de près. Bien que les Groenlandais utilisent aujourd’hui majoritairement des kayaks modernes en plastique ou biplaces pour les loisirs, la tradition ancestrale du kayak de chasse, construit en bois et recouvert de peaux de phoque, est préservée par des associations et perpétuée lors de compétitions.
Des fjords du sud à la baie de Disko : les grands terrains de jeu du kayak
Les possibilités de kayak de mer se déclinent sur l’ensemble des côtes habitées, avec néanmoins quelques pôles majeurs.
| Région | Types de sorties kayak | Points forts |
|---|---|---|
| Sud du Groenland (Narsaq, Narsarsuaq, Tasermiut) | Circuits de plusieurs jours dans les fjords, bivouac | Glaciers, fermes de moutons, ruines vikings, icebergs |
| Côte est (Tasiilaq, Sermilik, Ammassalik) | Expéditions engagées, fjords encombrés de glace | Montagnes escarpées, villages isolés, ambiance très sauvage |
| Baie de Disko (Ilulissat, Oqaatsut, Qeqertarsuaq) | Balades de quelques heures à plusieurs jours | Proximité du fjord glaciaire d’Ilulissat, observation des baleines |
| Nuuk et fjords de l’ouest | Excursions à la journée, kayak & rando | Accès facilitée depuis la capitale, paysages de fjords classiques |
Les formules vont de simples sorties de deux ou trois heures, encadrées et accessibles à ceux qui n’ont jamais pagayé, à de longues expéditions de plus d’une semaine, souvent embarquées sur un voilier ou un bateau logistique servant de « camp de base flottant ». Les opérateurs fournissent le matériel technique (kayaks, combinaisons sèches ou néoprène, gilets de flottaison) et insistent sur l’équipement thermique et étanche à apporter.
Une activité physique complète, mais modulable
Sur le plan sportif, le kayak permet de s’adapter à tous les niveaux. En eaux relativement calmes, dans des fjords abrités et avec des kayaks très stables, les débutants peuvent profiter de sorties contemplatives sans effort excessif. En revanche, les longues expéditions nécessitent une bonne condition physique, une capacité à enchaîner plusieurs heures de pagaie par jour et une vraie endurance au froid.
Les voyages en kayak sont classés par niveau de difficulté (douce, modérée, soutenue) selon la durée, les conditions de mer et l’expérience requise. Pour une aventure plus intense, il est possible de combiner le kayak avec de la randonnée ou, au printemps, avec du ski.
Ski, snowboard et sports de neige : un immense domaine hors-piste
Avec ses hivers longs et ses reliefs montagneux, le Groenland se prête tout naturellement aux sports de neige. Pourtant, ne vous attendez pas à y trouver des stations de ski façon Alpes : les domaines aménagés restent modestes et constituent surtout des points de départ pour le ski de randonnée, le ski de fond ou le snowboard hors-piste.
Quelques stations de petite taille existent – notamment près de Nuuk, de Sisimiut ou d’Aasiaat – totalisant à peine quelques kilomètres de pistes et quelques remonte-pentes. L’un des domaines les plus connus, Solbakken, près de Sisimiut, n’offre qu’environ deux kilomètres de descentes, avec un dénivelé d’une centaine de mètres. Mais ce serait une erreur de juger le potentiel skiable du Groenland à l’aune de ces seuls chiffres.
Distance en kilomètres de l’Arctic Circle Race, l’une des courses de ski de fond les plus difficiles au monde, organisée chaque année autour de Sisimiut.
Un terrain privilégié pour le ski de randonnée et l’héliski
La bande côtière relativement déneigée entre Maniitsoq et au nord de Sisimiut, combinée aux montagnes proches des fjords, forme l’un des plus grands terrains de jeu pour le ski de randonnée de la planète. Au printemps, quand la lumière devient presque permanente et que le manteau neigeux se stabilise, les skieurs embarquent en bateau ou en hélicoptère pour aller tracer sur des pentes vierges se terminant souvent au bord de l’eau.
Maniitsoq, en particulier, s’est imposée comme une destination de référence pour l’héliski, avec des descentes pouvant atteindre 1 000 à 1 500 mètres de dénivelé. Sur la côte est, autour de Kulusuk et Tasiilaq, l’héliski permet également de combiner neige poudreuse et vues à couper le souffle sur des fjords remplis de glace dérivante.
Au-delà des aspects spectaculaires, ce type d’aventure nécessite d’être un skieur expérimenté, à l’aise sur toute neige et préparé à l’effort en milieu froid. Les opérateurs fournissent l’équipement de sécurité (DVA, pelle, sonde, parfois airbags), imposent souvent un ratio encadrement/clients limité et exigent une bonne expérience préalable en ski freeride ou en randonnée.
Le ski de fond, sport du quotidien
Le ski de fond est sans doute encore plus ancré dans le quotidien que le ski alpin. Dans de nombreuses villes, les clubs locaux tracent des pistes entretenues tout l’hiver, parfois de grande qualité comme à Sisimiut, véritable temple du ski de fond groenlandais. Les enfants apprennent très tôt à évoluer sur des skis, qui font partie du paysage dans beaucoup de foyers.
Cet ancrage explique aussi pourquoi des expéditions de grande envergure, comme les traversées de la calotte glaciaire, s’effectuent à skis, avec pulkas tractées. Pour ceux qui n’ont pas l’ambition de traverser le pays, des sorties d’initiation, voire des raids de quelques jours, sont accessibles via des guides spécialisés.
Chien de traîneau et motoneige : mobilité hivernale et plaisir sportif
Le chien de traîneau est l’un des symboles les plus puissants du Groenland. Utilisé depuis plusieurs millénaires comme moyen de transport et outil de chasse, il connaît aujourd’hui un double usage : toujours essentiel pour certaines formes de pêche et de chasse sur la banquise, il est aussi devenu une activité de loisir prisée des Groenlandais comme des visiteurs.
Les règles sont strictes pour préserver la pureté de la race : il est interdit d’introduire d’autres chiens de compagnie au nord du cercle polaire, afin de ne pas croiser le chien de traîneau groenlandais. Ces animaux vivent dehors toute l’année, supportent sans problème des températures inférieures à -50 °C et se nourrissent essentiellement de poisson, de viande de phoque et de graisse animale.
Du moyen de subsistance au loisir sportif
Au quotidien, l’usage du traîneau à chiens recule face à la motoneige, plus rapide et parfois plus pratique pour certaines tâches. La population de chiens a ainsi chuté de plus de moitié en vingt ans, pour atteindre environ 15 000 individus. Cependant, le traîneau reste irremplaçable pour pénétrer dans des zones de banquise où la motoneige est moins adaptée, et il possède une dimension culturelle irremplaçable.
Les activités de loisir au Groenland s’étendent des sorties de quelques heures aux expéditions de plusieurs jours, incluant des nuits en cabane, sous tente ou dans des igloos aménagés. Les régions principales pour ces aventures sont Ilulissat et la baie de Disko, Sisimiut, Uummannaq au nord, ainsi que le secteur de Tasiilaq sur la côte est.
| Type de sortie | Durée typique | Public visé |
|---|---|---|
| Découverte | 1,5 à 4 heures | Débutants, familles, voyageurs de passage |
| Aventure intermédiaire | 2 à 3 jours | Amateurs sportifs souhaitant une immersion plus forte |
| Expédition | 5 à 8 jours ou plus | Voyageurs expérimentés, prêts à affronter des conditions rudes |
Les opérateurs imposent des consignes strictes : suivre les ordres du musher, ne pas toucher ni nourrir les chiens, porter des vêtements adaptés (souvent fournis ou loués), et respecter la capacité de charge des traîneaux.
La saison principale pour le traîneau à chiens s’étend de décembre à avril, avec la période idéale de janvier à mars pour bénéficier d’une neige stable et de la possibilité d’observer des aurores boréales. En été, certaines expériences de traîneau sont encore possibles sur des glaciers, comme celui du Lyngmark au-dessus de Disko Island.
En parallèle, la motoneige s’impose comme autre grande activité hivernale, permettant par exemple de rejoindre des points de vue sur les fjords, de parcourir de grandes distances sur la toundra gelée ou de participer à des excursions nocturnes à la recherche des aurores boréales. Là encore, l’accompagnement par des guides locaux et le respect des règles de sécurité sont essentiels.
Pêche blanche, glace et sports d’hiver du quotidien
Au-delà du ski et des raids à chiens, d’autres sports hivernaux connaissent un succès certain au Groenland.
La pêche sous glace, pratiquée par exemple au Nunavut, illustre la transition d’une activité de subsistance traditionnelle des familles inuit vers un loisir partagé avec les visiteurs. Ces derniers apprennent les techniques comme percer la glace, tendre des lignes et remonter des poissons (ombles, morues) depuis un trou dans un lac gelé. L’expérience est souvent enrichie par un déplacement en traîneau ou en motoneige, ajoutant une dimension sportive à cette pratique culturelle.
Le patinage sur glace, le snowboard, l’escalade de glace et la simple glissade sur des pentes enneigées font également partie des plaisirs quotidiens, en particulier pour les jeunes. Les centres sportifs locaux offrent des terrains intérieurs polyvalents où l’on pratique aussi bien le patin, le futsal, le handball que différents sports de raquette.
Golf, badminton, tennis de table : la vitalité de sports inattendus
Surprise pour beaucoup : malgré un environnement peu propice, le golf existe bien au Groenland. Les parcours demeurent atypiques, souvent tracés sur gravier ou sable, avec quelques zones d’herbe là où le climat le permet. L’hiver, les joueurs poursuivent leur pratique sur des simulateurs en intérieur. On est loin des fairways parfaitement tondus des grandes stations balnéaires, mais le plaisir de taper la balle dans un décor de fjords et de montagnes a son charme.
Le Groenland est actif en badminton et en tennis de table, avec des fédérations membres des instances internationales (BWF et ITTF). L’île participe aux championnats européens par équipes. Elle a remporté sa première victoire internationale en badminton contre la Hongrie en 2018 et a aligné une équipe de tennis de table aux championnats européens multisports de 2022 à Munich.
Ces sports de salle offrent un complément précieux aux activités extérieures, surtout durant les longs mois d’hiver où la lumière manque et où les conditions extérieures peuvent être extrêmes.
Quand le sport devient aussi tourisme : marathons, raids et expéditions
Le Groenland ne se contente pas de pratiquer le sport pour lui-même ; il en fait aussi un moteur de développement touristique. De plus en plus d’événements internationaux y voient le jour, attirant une clientèle en quête d’expériences extrêmes.
Parmi eux, plusieurs épreuves se démarquent :
Le Groenland accueille plusieurs compétitions sportives uniques en raison de son environnement arctique. Parmi elles, l’Arctic Circle Race est une course de ski de fond de 160 km autour de Sisimiut. Le Polar Circle Marathon permet aux coureurs de parcourir la calotte glaciaire et ses abords. Le Nuuk Marathon offre un parcours urbain et côtier mettant en valeur les paysages de la capitale. Enfin, le Greenland Adventure Race, organisé dans le sud du Groenland, combine plusieurs disciplines de pleine nature.
En parallèle, des expéditions organisées pour traverser la calotte glaciaire à ski, parcourir des massifs montagneux isolés, ou naviguer à la voile et en kayak dans des fjords reculés complètent ce paysage d’un tourisme sportif en plein essor.
Ces voyages demandent souvent un investissement financier et physique conséquent, mais ils s’inscrivent dans une démarche encadrée de sécurité et de respect de l’environnement. La plupart des opérateurs insistent sur des effectifs réduits, l’encadrement par des guides expérimentés et la sensibilisation à la fragilité des écosystèmes arctiques.
Un pays où le sport est un style de vie
Au terme de ce tour d’horizon, une constante ressort : au Groenland, le sport n’est pas un simple loisir, c’est une manière de vivre et d’habiter un territoire extrême. Le football et le handball rythment la vie des communautés, les sports arctiques entretiennent le lien avec les ancêtres, tandis que la pêche sportive, la randonnée, le ski, le kayak ou le chien de traîneau permettent d’explorer une nature parmi les plus spectaculaires du monde.
Pour les Groenlandais, les activités comme la marche, le ski, le canoë, la pêche et la chasse sont d’abord des pratiques vitales de subsistance, profondément ancrées dans leur culture, avant d’être des loisirs. Pour les visiteurs, elles représentent une opportunité unique de découvrir un environnement arctique préservé, à condition d’en accepter les exigences et de le respecter.
Que l’on soit attiré par un séjour en camp de pêche sur une rivière à ombles, un trek sur l’Arctic Circle Trail, une semaine de kayak dans les fjords de l’est, quelques journées d’héliski au-dessus de Maniitsoq ou une simple sortie de chien de traîneau depuis Ilulissat, le Groenland propose un panel d’activités sportives sans équivalent. À chacun d’y puiser son défi, en gardant en tête que, dans cette île extrême, la vraie performance est souvent de savoir écouter les éléments – et de faire corps avec eux.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour s’alléger durablement en impôts et diversifier ses investissements, tout en gardant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Groenland, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler le Groenland, territoire autonome associé au Danemark et à l’UE via ce dernier, pour son environnement fiscal modéré, la faible pression patrimoniale, le coût de la vie encore compétitif hors zones minières et un marché immobilier de niche. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, report d’imposition), obtention du permis de séjour via investissement et justification de revenus, détachement CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français, mise en relation avec un réseau local (avocat, immigration, comptable danois/ groenlandais bilingue) et intégration patrimoniale internationale (analyse et restructuration). Cet accompagnement permet de capter les économies fiscales et opportunités d’investissement tout en maîtrisant les risques (double imposition, contrôles français, adaptation arctique).
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