Les sites touristiques incontournables au Groenland

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Longtemps resté un “trou blanc” sur la carte des voyageurs, le Groenland s’impose désormais comme l’un des derniers grands territoires sauvages de la planète. Immense île arctique, recouverte à plus de 80 % par une calotte glaciaire, il conjugue fjords monumentaux, icebergs cathédrales, terres de toundra, villages inuit colorés et patrimoine viking inscrit à l’UNESCO. Visiter ce pays sans routes entre les villes, où l’on circule en avion, en bateau, en hélicoptère ou en traîneau à chiens, c’est accepter de sortir de sa zone de confort pour s’offrir un des voyages les plus spectaculaires qu’il soit possible d’imaginer.

Bon à savoir :

L’article présente les sites incontournables du Groenland, région par région, en détaillant leur beauté, leur rôle historique ou leur accessibilité. Il fournit également des informations pratiques sur ce qu’on peut y voir, la meilleure période pour les visiter et les moyens de s’y rendre.

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Comprendre le Groenland avant de partir

Avant de plonger dans les destinations, il faut saisir quelques réalités qui structurent entièrement un voyage sur place. Le Groenland est la plus grande île du monde non continentale, d’une superficie comparable à celle du Mexique, mais avec la plus faible densité de population de la planète. Environ 56 000 habitants vivent groupés sur une frange côtière largement dégagée de la glace, surtout dans le sud et l’ouest.

Politiquement, le territoire relève du Royaume de Danemark tout en disposant d’une large autonomie interne. La capitale Nuuk concentre une bonne part de la population et des services, mais chaque région garde une identité très forte : Sud agricole et parsemé de ruines nordiques, Ouest animé et relativement “urbain”, Est extrêmement isolé, Nord dominé par le gigantesque parc national du Nord-Est.

Autre donnée essentielle : il n’existe aucune route ni voie ferrée entre les villes. On se déplace en avion à hélice, en hélico, en ferries côtiers, en bateaux rapides, en motoneige ou en traîneau à chiens. Les conditions météo, très changeantes, peuvent retarder vols et liaisons maritimes, ce qui impose de prévoir des jours tampons et de réserver en amont les liaisons clés.

Exemple :

En Norvège, les saisons transforment radicalement l’offre touristique. L’été (juin à août) offre des températures positives, des fjords libres de glace, le soleil de minuit au nord et des activités comme les croisières, randonnées, kayak et observation des baleines. L’hiver, à l’inverse, apporte la nuit polaire, des températures pouvant descendre sous -30°C, et permet d’observer les aurores boréales (de septembre à avril), de faire du traîneau à chiens ou de marcher sur des fjords gelés.

Ces contraintes et ces atouts posés, voyons quels sont les lieux qui marquent un voyage au Groenland.

Ilulissat et son fjord de glace : le cœur battant de la planète glace

Difficile de parler des sites touristiques incontournables au Groenland sans commencer par Ilulissat et son fjord de glace, qualifié par certains scientifiques de “Ground Zero” du changement climatique. Située sur la côte ouest, à 250 kilomètres au nord du cercle polaire, cette petite ville est coincée entre la baie de Disko et l’Ilulissat Icefjord, un fjord de 40 km encombré d’icebergs géants issus d’un des glaciers les plus actifs de l’hémisphère Nord, le Sermeq Kujalleq (Jakobshavn Isbræ).

Un patrimoine mondial à ciel ouvert

Inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2004, le site répond à deux critères majeurs : la beauté extraordinaire du paysage d’icebergs et son importance scientifique pour comprendre l’histoire climatique de la Terre. Le glacier qui l’alimente se déplace de 20 à 40 mètres par jour, un record de vitesse à cette échelle, et rejette chaque année plusieurs dizaines de kilomètres cubes de glace dans le fjord, soit environ 10 % de toute la production d’icebergs du Groenland.

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Les blocs de glace peuvent atteindre une hauteur de plus d’un kilomètre avant de se fracturer.

Pour mesurer l’ampleur de ce phénomène, on peut présenter quelques chiffres clés.

ÉlémentDonnée approximative
Longueur du fjord de glace~40 km
Surface de la zone UNESCO~4 000 km²
Largeur du glacier Sermeq Kujalleq~6 km
Vitesse du glacier20–40 m/jour
Volume annuel de glace vêlée> 35–40 km³ (env. 20 milliards de tonnes)
Part des icebergs du Groenland~10 % de la production totale de la calotte

Au‑delà des chiffres, l’expérience est avant tout sensorielle : grondement sourd des blocs qui se décrochent, craquements de la glace, impression d’être minuscule au pied de ces murs blancs striés de bleu, de cendre ou de poussières piégées depuis des milliers d’années.

Randonnées et points de vue : Sermermiut et l’Icefjord Centre

Ilulissat a l’avantage d’offrir un accès relativement simple à ce décor hors norme. Depuis la ville, plusieurs sentiers balisés longent la côte jusqu’aux falaises qui dominent le fjord. Une passerelle en bois mène au site archéologique de Sermermiut, ancien village inuit occupé durant près de 4 500 ans par différentes cultures arctiques. En chemin, amas de pierres, restes de maisons et tombes rappellent ce lien ancien entre humains et glace.

Les chemins sont marqués par des points de couleur sur les rochers, ce qui permet d’adapter la balade à son niveau. Certains itinéraires courts débouchent sur des promontoires où l’on domine un champ d’icebergs figés. En hiver, le fjord peut geler partiellement, dessinant une autre géométrie du paysage.

Bon à savoir :

Inauguré en 2021, ce centre architectural abrite une exposition pédagogique sur la formation des glaces, l’histoire inuit et le réchauffement climatique. Il explique comment la calotte groenlandaise, grâce aux bulles d’air piégées dans la glace, conserve une mémoire climatique vieille d’au moins 100 000 ans.

À partir de 2025, l’accès à la zone terrestre entre la ville et le fjord sera soumis à un droit d’entrée modeste, destiné à financer la gestion du site. Des capteurs de passage ont déjà été posés pour suivre la fréquentation, qui ne cesse d’augmenter.

En bateau, en kayak ou en hélico au milieu des icebergs

Depuis le port d’Ilulissat, des bateaux très manoeuvrables partent plusieurs fois par jour en été. Ils serpentent entre les géants de glace, gardant néanmoins une distance de sécurité pour éviter les vagues provoquées par les chutes de blocs. De nuit, en plein soleil de minuit, la lumière rase transforme les icebergs en sculptures d’or et de cuivre, expérience que beaucoup décrivent comme l’un des grands moments de leur vie de voyageur.

Astuce :

Pour une immersion totale dans les paysages arctiques, des excursions en kayak sont proposées en été pour naviguer parmi les icebergs de la baie de Disko. En hiver, l’aventure se poursuit en traîneau à chiens pour traverser les fjords gelés, avec possibilité de passer une nuit en igloo ou dans un camp isolé, comme l’Igloo Lodge, pour observer le spectacle des aurores boréales se reflétant sur la neige.

Les plus curieux pourront aussi s’offrir un survol en hélico jusqu’au glacier Eqip Sermia, au nord d’Ilulissat, célèbre pour la fréquence de ses vêlages. On peut y débarquer pour randonner sur le roc nu face au front de glace, ou séjourner dans un lodge isolé offrant une vue directe sur ce mur mouvant.

Vie de ville, musée et logistique

Malgré son décor extrême, Ilulissat reste une ville à taille humaine avec restaurants, cafés, musée consacré à l’explorateur Knud Rasmussen et commerce de proximité. Il n’y a pas de bus urbain, mais tout se fait aisément à pied.

Côté accès, la localité est reliée à Copenhague via Kangerlussuaq par Air Greenland, et à Reykjavík par des liaisons directes opérées certains jours. Il est conseillé d’y passer au moins quatre à cinq jours pour absorber ce que le fjord et la région ont à offrir, en gardant une marge de manœuvre pour les reports de vol dus à la météo.

Nuuk : vitrine d’un Groenland moderne, culturel et maritime

Capitale politique et culturelle, Nuuk offre un visage très différent de celui d’Ilulissat. Plus “urbaine”, avec quelque 18 000 habitants, des bus, des feux tricolores, des cafés branchés et un centre culturel, elle constitue une porte d’entrée idéale sur le Groenland contemporain, tout en restant entourée de montagnes abruptes et de bras de fjords encaissés.

Musées, art et mémoire au bord du fjord

Le vieux port de Nuuk concentre plusieurs institutions majeures. Le Musée national du Groenland, installé dans d’anciens bâtiments coloniaux, fait remonter 4 500 ans d’histoire à travers outils, objets de culte, artefacts vikings et surtout les célèbres momies de Qilakitsoq, corps de femmes et d’un nourrisson parfaitement préservés par le froid sec depuis cinq siècles. En parcourant ses salles, on mesure la continuité et les ruptures des différentes cultures inuit et nordiques qui se sont succédé sur l’île.

À ses côtés, la statue du missionnaire Hans Egede rappelle l’implantation du christianisme au XVIIIe siècle, tandis qu’une sculpture en bronze plus récente, la “Mère de la mer” créée par l’artiste Aka Høegh, émerge de l’eau comme un pont entre les légendes inuit et l’art contemporain.

Description du front de mer de Nuuk

Le musée d’art de Nuuk rassemble plusieurs centaines d’œuvres – peintures, sculptures, installations – qui donnent un aperçu de la création groenlandaise et danoise. Le centre culturel Katuaq, au design inspiré des aurores boréales et des icebergs, sert de lieu de vie pour concerts, expos, débats, séances de cinéma. C’est là qu’on saisit le mieux le mélange de racines inuit, d’influences nordiques et de modernité numérique qui traverse la société.

Fjords, randonnée et aurores au seuil de la capitale

Nuuk n’est pas qu’une capitale administrative. La ville débouche directement sur l’un des plus vastes systèmes de fjords du pays. En quelques dizaines de minutes de bateau avec un opérateur local, on se retrouve dans des paysages quasi vierges, où seules subsistent quelques petites communautés comme Kapisillit, village d’une trentaine d’habitants perdu entre montagnes et eaux profondes.

Attention :

Ces excursions permettent, selon la saison, d’observer la faune (baleines, phoques, aigles de mer) et les icebergs, ou de chasser les aurores boréales l’hiver lors de croisières nocturnes spécialement équipées, à l’écart de la pollution lumineuse.

Les montagnes qui encadrent Nuuk, comme Quassussuaq ou Lille Malene, se prêtent à la randonnée estivale et à la raquette ou au ski de randonnée en hiver. Les sentiers offrent des points de vue spectaculaires sur le fjord, la ville et la calotte distante. Non loin, certaines agences proposent même des nuits en igloo vitré pour dormir “sous” les aurores.

Une plaque tournante en pleine mutation

Depuis 2024, l’aéroport de Nuuk est devenu le principal hub international du pays, supplantant peu à peu Kangerlussuaq. À partir de 2025, une ligne directe estivale relie même Newark (États‑Unis) à la capitale, facilitant nettement l’accès pour les visiteurs nord‑américains. L’aéroport agrandi doit accompagner un développement touristique déjà très net : en 2023, le Groenland a accueilli environ 36 % de visiteurs étrangers en plus qu’en 2022, le tourisme pesant désormais largement dans l’économie.

Nuuk est aussi un port d’embarquement important pour de nombreuses croisières d’expédition opérées par des compagnies spécialisées (HX/Hurtigruten, Quark, Ponant, entre autres), qui longent la côte ou poussent jusque dans les fjords reculés de l’Est et du Nord.

Disko Bay, Disko Island et Sisimiut : le grand ouest groenlandais

Autour de la baie de Disko, sur la côte ouest, se concentre un véritable condensé de paysages “cartes postales” : maisons en bois peintes posées sur les rochers, chiens de traîneau attachés devant les habitations, morues séchant à l’air froid, icebergs dérivant lentement au large. Plusieurs localités y figurent parmi les sites touristiques incontournables au Groenland.

Disko Bay et Disko Island : volcans, baleines et glace

La baie de Disko est un vaste bassin marin nourri par les glaces de l’Ilulissat Icefjord, mais aussi par celles de glaciers plus au nord. On y trouve la petite ville de Qeqertarsuaq, sur l’île de Disko, qui fut jadis baptisée “Godhavn” par les Danois pour son bon abri naturel.

Bon à savoir :

L’île Disko, d’origine volcanique, est caractérisée par ses impressionnantes falaises de basalte sombre. Près de Qeqertarsuaq, on trouve des colonnes basaltiques spectaculaires. L’intérieur des terres offre des sentiers de randonnée menant à la cascade de Qorlortorsuaq, aux falaises fleuries de Kuannit (avec de l’angélique au printemps) et, pour les plus sportifs, au glacier de Lyngmark. Ce glacier, accessible en été, est la seule zone du Groenland où l’on peut encore pratiquer le traîneau à chiens durant la belle saison.

Les eaux de la baie sont parmi les plus riches du Groenland. De nombreux cétacés y trouvent leur nourriture l’été et au début de l’automne : baleines à bosse, rorquals communs, petits rorquals, mais aussi, plus au nord et en hiver, baleines boréales et bélugas. La période de juillet à septembre est particulièrement favorable à l’observation en bateau.

Sisimiut : carrefour de randonnées et d’aventures

Deuxième ville du pays, Sisimiut se situe légèrement au nord du cercle polaire. C’est une ancienne bourgade de pêche devenue un pôle d’activités outdoor. Son musée retrace les 4 500 ans d’occupation humaine de la région. Les environs se prêtent à la randonnée estivale sur les reliefs qui dominent la mer, et l’hiver, aux raids en motoneige ou en traîneau à chiens.

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Longueur en kilomètres de la piste de l’Arctique, un trek emblématique reliant Sisimiut à Kangerlussuaq au Groenland.

La région de Sisimiut accueille également en avril un festival comme l’Arctic Sounds, consacré aux musiques actuelles, qui attire artistes locaux et nordiques.

Kangerlussuaq : porte d’entrée sur la calotte et les aurores

Ancienne base militaire américaine devenue aéroport majeur, Kangerlussuaq s’enfonce à plus de 160 km à l’intérieur des terres. Son avantage pour les voyageurs : un climat plus stable que sur la côte et une proximité unique avec le front de la calotte glaciaire. Une piste carrossable mène jusqu’à un point appelé “Point 660”, situé à 660 mètres d’altitude, où l’on peut littéralement poser le pied sur l’inlandsis, étendue de glace qui couvre plus de 80 % du pays.

Les environs de Kangerlussuaq sont une vaste toundra parsemée de lacs, où paissent bœufs musqués, rennes, lièvres arctiques et où chassent renards et aigles de mer. L’hiver, la région s’illumine très régulièrement d’aurores boréales : la pureté de l’air et la fréquence de nuits dégagées en font l’un des spots les plus fiables pour observer ce phénomène.

Le Sud groenlandais : fermes de moutons, héritage viking et fjords verts

Le Sud est souvent surnommé, non sans humour, la “côte banane” du Groenland. Non qu’on y cultive des fruits tropicaux, mais parce que les températures y sont les plus douces du pays, avec des étés pouvant ponctuellement atteindre 20 °C. Les glaciers y reculent assez pour laisser place à des prairies, des pâturages pour moutons, quelques cultures et surtout une concentration exceptionnelle de vestiges norrois. Une partie de cette région, appelée “Kujataa Groenland”, est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO comme paysage agropastoral norro‑inuit.

Qaqortoq, Narsaq, Narsarsuaq : petites villes, grands fjords

Qaqortoq, plus grande ville du Sud avec environ 3 000 habitants, séduit par ses maisons colorées dispersées autour d’un port profond et par un centre à taille humaine propice aux balades à pied. Un musée à ciel ouvert présente des sculptures gravées dans les rochers, tandis que le musée local et l’église rappellent l’histoire coloniale.

Bon à savoir :

Plus à l’intérieur du fjord, les villages de Narsaq et Narsarsuaq servent de points de départ pour diverses excursions. Narsarsuaq, un ancien aéroport militaire de la Seconde Guerre mondiale, est situé à seulement quelques kilomètres de la calotte glaciaire. Depuis ces hubs, il est possible de partir en excursion vers des glaciers locaux, de faire des randonnées sur des crêtes offrant une vue sur la glace, ou de prendre un transfert en bateau pour visiter les principaux sites vikings.

Qassiarsuk, Igaliku, Hvalsey : sur les traces des Vikings

Le Sud groenlandais est l’endroit où Erik le Rouge, exilé d’Islande, fonda à la fin du Xe siècle la colonie de Brattahlid, aujourd’hui Qassiarsuk. On y voit une reconstitution de sa ferme et de l’église de son épouse, Thorhildur, considérée comme l’un des premiers édifices chrétiens du continent américain. Autour s’étend un paysage doux de collines, de pâturages et de fjords, où paissent encore des moutons.

De Qassiarsuk, un sentier de quelques heures mène à Igaliku, ancien siège épiscopal norrois connu sous le nom de Gardar. On y découvre les ruines d’une cathédrale médiévale et les vestiges d’un ingénieux système d’irrigation vieux d’un millénaire. Le village lui‑même, une poignée de maisons au bord de l’eau, est souvent cité comme l’un des plus jolis du Groenland.

Exemple :

Hvalsey, accessible en bateau depuis Qaqortoq, abrite la ruine la mieux préservée de l’architecture norroise au Groenland : une église du XIVe siècle aux murs encore debout. Un document islandais y relate un mariage célébré en 1408, qui constitue la dernière trace écrite connue de la présence viking dans la région. Le site, composé de ces ruines silencieuses entourées de montagnes et de quelques fermes, dégage une forte impression de fin du monde.

Pour résumer les principaux sites culturels du Sud devenus incontournables, on peut dresser ce tableau.

SiteIntérêt principalStatut patrimonial
Qassiarsuk (Brattahlid)Ferme d’Erik le Rouge, église reconstituéeInclus dans l’UNESCO “Kujataa”
Igaliku (Gardar)Ruines d’un évêché, système d’irrigation ancienInclus dans l’UNESCO “Kujataa”
HvalseyÉglise norroise la mieux préservée, mariage de 1408Inclus dans l’UNESCO “Kujataa”
Kujataa (paysage)Paysage agro‑pastoral nordique et inuitUNESCO (paysage culturel)

Uunartoq et les fjords de glace : l’étonnant mariage du chaud et du froid

Entre Qaqortoq et Nanortalik, l’île d’Uunartoq, littéralement “l’endroit chaud”, abrite des sources chaudes naturelles où l’eau reste à 36–38 °C tout au long de l’année. Ici, on se baigne en plein air dans des bassins rudimentaires en observant passer les icebergs dans le fjord voisin, expérience très singulière dans un pays réputé pour ses hivers extrêmes.

Non loin, d’autres fjords comme Qaleraliq ou Tasermiut offrent des vues spectaculaires sur les fronts de glaciers plongeant dans la mer. Des camps semi‑permanents permettent de s’immerger plusieurs jours dans ces paysages de granit pointu, prisés des randonneurs et des alpinistes.

L’Est groenlandais : isolement, grandes murailles de glace et culture inuit

L’Est du Groenland est l’une des zones les plus isolées de l’hémisphère Nord, même à l’échelle groenlandaise. Peu de villages, des reliefs acérés, des glaciers qui descendent quasiment jusqu’à la mer, un climat plus rude et une culture inuit (Tunumiit) qui a conservé des traits distincts.

Tasiilaq, Kulusuk et les fjords de Sermilik

Tasiilaq, sur l’île d’Ammassalik, est la principale ville de l’Est, avec environ 2 000 habitants. Coincée dans une baie entourée de montagnes, elle sert de base à de nombreuses excursions : kayak parmi les icebergs, randonnées dans la “Vallée des Fleurs” à l’arrière de la ville, séjours en cabanes de chasseurs, découvertes des villages voisins.

Bon à savoir :

Kulusuk, sur une île proche, possède un petit aéroport avec des vols depuis l’Islande. Il sert souvent de première escale avant un transfert en hélicoptère ou en bateau vers Tasiilaq. Les alentours de Kulusuk maintiennent vivantes les traditions de la chasse et du traîneau à chiens, particulièrement en hiver.

Le fjord de Sermilik, l’un des plus célèbres de la région, accumule une densité impressionnante d’icebergs venus des glaciers intérieurs. De petits hameaux comme Tiniteqilaaq et Sermiliqaq, peuplés de quelques centaines d’habitants au plus, s’accrochent à ses rives et vivent encore majoritairement de la pêche et de la chasse. On y comprend concrètement ce que signifie habiter un espace où la banquise et les mouvements de la glace conditionnent tout.

Sauvagerie extrême et grandes expéditions

Plus au nord, l’Ittoqqortoormiit, regroupement de quelques centaines de personnes, marque pratiquement la dernière implantation permanente avant l’immense parc national du Nord‑Est.

Attention :

Le parc national du Nord-Est du Groenland, le plus vaste au monde, couvre près d’un quart du Groenland. Il est inhabité de façon permanente, accueillant uniquement quelques équipes scientifiques, des patrouilles militaires et un tourisme polaire très limité. Cet environnement presque entièrement façonné par la glace sert de refuge à une faune arctique emblématique : ours polaires, bœufs musqués, phoques, baleines et une multitude d’oiseaux.

C’est aussi dans cette région que se déploie le système de fjords de Scoresby Sund, considéré comme le plus grand du globe. Ses bras d’eau s’enfoncent profondément dans des massifs montagneux taillés par les glaciers, offrant un décor que peu de voyageurs ont la chance de contempler.

Dans ce secteur comme à l’Est en général, la présence d’opérateurs spécialisés et de guides très expérimentés n’est pas un luxe, mais une nécessité. Entre ours polaires, dérive de la glace, météo brutale et isolement, l’aventure n’est pas une métaphore.

Le Grand Nord et Uummannaq : au pays du soleil de minuit permanent

En remontant vers le nord de la baie de Disko, le Groenland devient plus rude, plus minéral, plus rare en habitants. C’est là que se trouvent des localités comme Uummannaq, Qaanaaq ou encore Siorapaluk, l’une des communautés les plus septentrionales du monde, située à plus de 700 milles nautiques du pôle Nord.

Uummannaq : montagne en forme de cœur et légendes de Noël

Uummannaq est connue pour sa montagne emblématique, un sommet en forme de cœur qui domine un petit chapelet de maisons et de bâtiments publics serrés sur une île rocheuse. Le paysage alentour, décrit parfois comme un “désert arctique”, est pourtant tout sauf vide : icebergs gigantesques, banquise saisonnière, reliefs complexes.

Bon à savoir :

Selon une tradition locale, Uummannaq serait présentée comme la demeure du père Noël. Au-delà de cette anecdote, la ville sert principalement de base pour observer la vie quotidienne dans un environnement extrême, réaliser des excursions en traîneau à chiens ou en bateau, et comprendre ce que signifie vivre dans un isolement aussi profond.

Qaanaaq, Siorapaluk et le Thulé profond

Encore plus au nord, dans la région de Thulé, Qaanaaq et Siorapaluk représentent les derniers avant‑postes de peuplement. Une poignée d’habitants y maintiennent une culture de chasse au phoque et au morse, dans un environnement où la nuit polaire dure plusieurs mois et où le soleil de minuit, en été, ne se couche plus du tout pendant une longue période.

Ces endroits ne s’adressent pas à un premier voyageur au Groenland, mais ils fascineront ceux qui cherchent un contact avec les marges du monde habité et qui acceptent les contraintes logistiques et physiques que cela suppose.

Croisières et exploration côtière : une autre manière de voir le Groenland

Compte tenu de l’absence de routes entre les villes et de la difficulté à atteindre certaines zones, les croisières d’expédition jouent un rôle central dans la découverte des sites touristiques incontournables au Groenland. De nombreuses compagnies spécialisées, parmi lesquelles des acteurs historiques des régions polaires, ont développé des itinéraires sur des navires relativement petits (souvent entre 100 et 200 passagers) capables de se faufiler dans des fjords étroits et d’effectuer des débarquements en zodiac.

Des itinéraires variés, de l’Ouest à l’Est

Beaucoup de croisières commencent ou se terminent à Reykjavík, Kangerlussuaq ou Nuuk, et explorent la côte ouest de la baie de Disko jusqu’au Sud, voire poursuivent vers l’Est en franchissant des détroits comme le Prins Christian Sund, couloir spectaculaire bordé de parois rocheuses et de glaciers. D’autres se concentrent sur la façade orientale, plus sauvage, et visent le Scoresby Sund, la côte de Blosseville ou les fjords d’Ammassalik.

Bon à savoir :

Les croisières d’expédition durent entre 5 jours et près de 3 semaines. Elles peuvent mettre l’accent sur des thèmes spécifiques comme la faune, la culture inuit ou la glaciologie. De nombreux navires sont désormais équipés de centres scientifiques, permettant aux passagers de participer à des programmes de sciences participatives, tels que des relevés de nuages pour la NASA, l’échantillonnage de phytoplancton ou l’observation d’oiseaux.

Avantages et limites de la croisière

Sur le plan pratique, ces voyages permettent de toucher des sites qui seraient quasiment impossibles à combiner en une seule fois en voyage terrestre. Ils ajoutent aussi la dimension du déplacement continu dans le paysage, ce qui, au Groenland, est presque aussi spectaculaire que les escales elles‑mêmes.

Attention :

La croissance rapide du tourisme de croisière dans les fjords soulève des défis majeurs : un coût élevé, une dépendance à la météo, des impacts environnementaux dus à la fréquentation accrue et la nécessité pour les autorités de mettre en place des mesures de régulation, en particulier dans des sites fragiles comme le fjord d’Ilulissat.

Quand et comment profiter au mieux des sites incontournables

Tous ces lieux ne se découvrent pas dans les mêmes conditions ni aux mêmes saisons. Pour se repérer, il est utile de croiser saison, région et activités phares.

Saison approximativeConditions généralesExpériences et sites privilégiés
Juin–août (été)Températures > 0 °C, fjords libres de glace, longues journéesCroisières côtières, Ilulissat Icefjord en bateau/kayak, Disko Bay et Disko Island, randonnées (Arctic Circle Trail), sites vikings du Sud, Scoresby Sund en expédition
Mai & septembre (inter-saison)Températures en hausse (mai) ou en baisse (sept.), moins de mondeRandonnées, débuts ou fin de croisières, observation de baleines prolongée en septembre, premières aurores boréales
Octobre–avril (hiver)Froid généralisé, nuit polaire au nordAurores boréales à Kangerlussuaq, Ilulissat, Nuuk ; traîneau à chiens (Ilulissat, Sisimiut, Est) ; séjours igloo ou lodges de glace, fêtes de Noël et Nouvel An, glace de mer pour la pêche blanche

Pour les sites les plus populaires – Ilulissat, Nuuk, Disko Bay, Qaqortoq et le Sud viking – il est fortement conseillé de réserver vols, hébergements et excursions longtemps à l’avance, en particulier pour l’été. Le Groenland est un pays cher, du fait des coûts d’importation, des salaires et de l’infrastructure limitée ; choisir les périodes de “bords de saison” (juin ou fin août‑septembre) peut alléger un peu la facture sans trop sacrifier la qualité de l’expérience.

Au‑delà des paysages : culture inuit, chiens de traîneau et vie quotidienne

S’émerveiller devant un fjord couvert d’icebergs est une chose ; comprendre comment les habitants vivent , travaillent et perpétuent leurs traditions dans ces paysages en est une autre. Les sites touristiques incontournables au Groenland ne se limitent pas à des points sur une carte : ils sont aussi les villages, les marchés, les petites églises, les ateliers d’artisans et les kennels de chiens de traîneau que l’on découvre chemin faisant.

Les chiens de traîneau, une tradition à préserver

Au nord du cercle polaire et dans l’Est, le chien de traîneau reste un pilier de l’identité locale, même si les motoneiges ont largement gagné du terrain. Le chien groenlandais, race pure protégée par la loi (aucune autre race ne peut être introduite au nord du cercle polaire ou en Est), est adapté à des températures pouvant descendre jusqu’à –57 °C. C’est un animal de travail et de meute, plus prompt à hurler qu’à aboyer.

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Le nombre de chiens de traîneau au Groenland a chuté de plus de moitié en vingt ans, tombant à environ 15 000 individus.

Musées, cafés et kaffemik : rencontrer les Groenlandais

Presque chaque ville de taille moyenne possède son musée, souvent logé dans une ancienne bâtisse coloniale. À Qasigiannguit, par exemple, l’un des plus vieux bâtiments en bois du pays abrite un musée d’histoire et d’archéologie. À Aasiaat, c’est l’ancienne résidence d’un administrateur danois qui a été transformée en musée, avec en prime les toiles offertes par l’artiste Per Kirkeby lors de son séjour.

Exemple :

Dans les villes groenlandaises comme Nuuk, Ilulissat ou Qaqortoq, l’artisanat local comprend des tupilaks (figures sculptées dans l’os ou la pierre), des objets en peaux de phoque ou de mouton, et des bijoux aux motifs traditionnels. Sur les ports, les étals à ciel ouvert (brættet) vendent les produits alimentaires de base : morue, flétan, phoque, baleine, oiseaux marins, ainsi que de la viande de renne ou de bœuf musqué selon les régions et les saisons, illustrant l’importance des ressources locales.

Avec un peu de chance ou via un guide local, il est possible d’être invité à un kaffemik, réception à domicile où l’on vient boire un café, manger gâteaux et plats maison pour fêter un anniversaire, une confirmation ou un événement familial. C’est là que le voyageur curieux comprend le mieux comment s’articulent traditions inuit et vie moderne.

Un voyage exigeant, mais d’une richesse rare

Les sites touristiques incontournables au Groenland – du fjord glacé d’Ilulissat aux ruines vikings du Sud, des fjords sauvages de l’Est à la capitale animée de Nuuk, des villages ultimes du Nord au cœur blanc de la calotte – ont en commun d’exiger du visiteur une certaine préparation et une vraie flexibilité. Le climat ne se plie pas aux agendas, la logistique se complexifie au premier brouillard, les coûts sont plus élevés qu’ailleurs.

Bon à savoir :

Le Groenland offre une expérience rare : observer la rencontre entre géologie et climat, marcher sur des terres millénaires habitées par des peuples adaptés à la glace, découvrir une faune abondante (baleines, bœufs musqués, morses, renards, phoques, oiseaux marins) et partager le quotidien de communautés vivant aux limites de l’habitabilité humaine.

Préparer son voyage en s’appuyant sur des opérateurs locaux, accepter l’idée d’itinéraires adaptables, prendre le temps dans chaque lieu plutôt que de vouloir tout voir en peu de jours, apprendre quelques mots de groenlandais pour saluer ou remercier : autant de clés pour faire des grands sites du Groenland autre chose qu’une simple checklist. Car ici, plus encore qu’ailleurs, l’essentiel se joue dans le temps long, le silence des fjords, le souffle des chiens sur la neige, le craquement d’un iceberg qui se retourne ou la lueur verte d’une aurore qui se reflète sur la mer noire.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en gardant un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Groenland, Islande, Portugal, Canada), la stratégie retenue a consisté à cibler le Groenland, territoire danois autonome, pour sa fiscalité sur les revenus souvent plus modérée que dans les grands pays d’Europe de l’Ouest, la faible pression patrimoniale, un coût de vie hors capitale inférieur aux grandes métropoles françaises, ainsi qu’un environnement naturel et sécuritaire très stable. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention d’un permis de résidence, organisation de la couverture santé via les régimes locaux et européens, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques…), mise en relation avec un réseau local bilingue (avocat, immigration, banque) et intégration patrimoniale. Ce dispositif lui permet de capter les opportunités d’expatriation tout en maîtrisant les risques fiscaux et juridiques.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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