La sécurité au Groenland : clés pour une expatriation vraiment sereine

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer au Groenland n’a rien d’un déménagement classique. C’est quitter un monde de routes, de grandes villes et de services disponibles à toute heure, pour une immense île arctique où la majorité du territoire est recouvert de glace, où les communautés sont isolées et où le climat, la logistique et les distances dictent le quotidien. Pourtant, le pays affiche un niveau de criminalité globalement bas, un système social généreux et une culture de l’entraide qui peuvent offrir un cadre de vie très sûr, à condition d’être bien préparé.

Bon à savoir :

Cet article couvre tous les aspects essentiels pour une expatriation en toute sécurité : criminalité, cadre juridique, risques climatiques et environnementaux, système de santé, services de secours, logement, coût de la vie et intégration culturelle. Son but est de fournir les outils nécessaires pour préparer son installation dans les meilleures conditions.

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Un pays très sûr… mais pas sans risques

Le premier réflexe, lorsqu’on parle de sécurité, est de penser à la criminalité. Or, les principales menaces au Groenland ne sont pas celles que l’on rencontre dans de grandes métropoles, mais plutôt celles liées au milieu arctique, à l’isolement et aux limites structurelles d’un petit territoire peu peuplé.

Criminalité : un niveau généralement bas

Les données de perception disponibles indiquent un niveau de criminalité globalement modéré, voire faible sur certains aspects. Sur une échelle de 0 à 100, des contributeurs étrangers évaluent le niveau de criminalité à 41,8, ce qui reste modéré, avec un sentiment de sécurité élevé en journée et encore correct la nuit.

On retrouve notamment :

inquiétude faible concernant les agressions (environ 36) et les vols violents,

inquiétude modérée pour les dégradations et vols de biens (autour de 45),

– sentiment de sécurité élevé lorsqu’on marche seul de jour (près de 70 sur 100),

– sentiment encore relativement bon lorsqu’on marche seul de nuit (près de 60).

Attention :

Les statistiques présentées, bien que recoupant les évaluations officielles canadiennes et américaines qui font état d’un taux de criminalité bas et de violences rares contre les touristes, s’appuient sur un petit échantillon de répondants et doivent donc être considérées avec réserve.

Du côté des statistiques officielles, le nombre d’homicides reste très faible. En 2016, on compte trois homicides intentionnels, soit un taux de 5,365 pour 100 000 habitants. À l’échelle d’un pays de 56 000 habitants, chaque affaire pèse lourd dans les statistiques, mais on est loin d’une situation d’insécurité endémique.

En revanche, les autorités soulignent d’autres problématiques moins visibles pour les expatriés mais importantes pour comprendre le contexte : forts taux de suicide, mortalité plus élevée que la moyenne nordique, problématiques de santé liées aux conditions de vie. Pour un expatrié, cela ne se traduit pas par un danger direct, mais éclaire le rôle central du système social et de la prévention.

Justice et système pénitentiaire : une logique de resocialisation

Le Groenland applique un système de justice intégré au royaume du Danemark, avec plusieurs niveaux de juridiction : tribunaux de district, Cour du Groenland, Haute Cour du Groenland, puis Cour suprême du Danemark en dernier ressort. La philosophie pénale met l’accent sur la resocialisation plutôt que sur la punition pure.

Exemple :

Le Groenland dispose de cinq établissements pénitentiaires, situés à Nuuk, Ilulissat, Aasiaat, Qaqortoq et Tasiilaq. Leur philosophie est de permettre aux détenus de maintenir un rythme de vie le plus normal possible, incluant le travail et le maintien des liens familiaux. Parallèlement, une administration de probation suit les personnes en sursis, effectuant un service communautaire ou soumises à des mesures psychiatriques. Cette administration collabore également avec la police, les écoles et les services sociaux pour mener des actions de prévention.

Pour un expatrié, cela signifie que  :

le cadre juridique est stable et aligné sur les normes danoises,

l’accent est mis sur la cohésion sociale et la prévention,

la corruption est perçue comme modérée, sans être un problème massif.

En cas de victimisation, il existe un programme d’indemnisation des victimes, et des contacts clairs : police locale (+299 70 14 48), ambassades ou consulats pour les ressortissants étrangers.

Climat, environnement, isolement : les vrais risques du quotidien

Là où les grandes capitales exposent à la délinquance, le Groenland expose à autre chose : froid extrême, changements météo brutaux, absence de routes entre les villes, faune sauvage potentiellement dangereuse, distances gigantesques jusqu’aux services d’urgence. Pour une expatriation sereine, c’est ce volet qu’il faut prendre le plus au sérieux.

Un climat arctique exigeant

Le Groenland connaît un climat arctique. Plus de 80 % de la surface du pays (environ 2,2 millions de km² au total, dont 1,83 million recouverts par la calotte glaciaire) est gelée en permanence. Les villes et villages se concentrent sur les côtes libres de glace, principalement au sud et sur la côte ouest.

Les caractéristiques essentielles pour qui s’installe :

-25

Température minimale courante en Norvège pendant les mois les plus froids de novembre à janvier.

Pour un expatrié, ces conditions impliquent un investissement sérieux dans l’équipement (vêtements, chaussures, accessoires) et l’acceptation de vivre avec des retards de transport, des fermetures temporaires et parfois plusieurs jours de coupure météo.

Un environnement spectaculaire… et potentiellement dangereux

La nature groenlandaise est magnifique, mais elle n’est pas domestiquée. Quelques risques majeurs à garder en tête si l’on aime sortir des villes :

faune sauvage

– Les ours polaires sont présents dans plusieurs régions et restent des prédateurs extrêmement dangereux. Les autorités recommandent de suivre les directives officielles de Visit Greenland et des guides polaires, de maintenir une distance de sécurité et de ne jamais se déplacer sans préparation dans les zones à risque.

– Les phoques (six espèces courantes) peuvent transmettre des bactéries par morsure : toute blessure doit être traitée immédiatement.

– Les bœufs musqués, pouvant atteindre 850 livres (environ 380 kg), se défendent vigoureusement s’ils se sentent menacés. Ils ne doivent jamais être approchés.

Astuce :

Les glaciers sont parsemés de crevasses, souvent masquées par une fine couche de neige, ce qui les rend difficiles à détecter. Il est extrêmement dangereux de s’y aventurer sans un guide expérimenté et l’équipement adapté. Concernant la banquise, il faut se méfier de son apparence trompeuse : la règle fondamentale est de ne jamais marcher sur une glace inconnue qui n’a pas été préalablement vérifiée et validée par des habitants locaux ou des professionnels.

risque de vagues subites Des vagues de type tsunami peuvent être déclenchées par des glissements de terrain, des chutes d’icebergs ou des ruptures glaciaires, avec très peu de préavis. Les zones de fjord et de fronts glaciaires particulièrement instables doivent être abordées avec prudence.

orientation et isolement Une large partie du territoire est un vrai désert humain. S’aventurer seul en randonnée ou en expédition, sans connaissance du terrain ni moyens de communication d’urgence, est une erreur grave. Sur des itinéraires emblématiques comme l’Arctic Circle Trail, les autorités et les organisations locales recommandent de ne s’engager que si l’on maîtrise la navigation en milieu isolé, les premiers secours, et si l’on emporte une balise d’urgence à communication bidirectionnelle.

En pratique, une expatriation sereine suppose d’intégrer l’idée que la nature n’est ni un parc urbain ni une simple toile de fond pour photos. Elle se respecte, se prépare, et se pratique idéalement avec l’aide de guides ou de locaux.

Risques logistiques : quand l’isolement devient un facteur de sécurité

Le Groenland ne dispose d’aucun réseau routier reliant entre elles les villes et les localités. Chaque ville ou village est comme une île : on circule à pied, en voiture ou bus à l’intérieur, mais pour aller ailleurs il faut prendre l’avion, le bateau, l’hélicoptère, voire la motoneige ou le traîneau à chiens selon la saison.

Conséquences concrètes pour la sécurité

Les impacts pratiques et mesurables sur la sécurité des systèmes d’information.

Augmentation des surfaces d’attaque

L’élargissement des réseaux et l’adoption de nouvelles technologies créent davantage de points d’entrée potentiels pour les cybercriminels.

Complexité de la gestion des accès

La multiplication des appareils et des utilisateurs distants rend le contrôle et la sécurisation des accès plus difficiles et chronophages.

Vulnérabilités des objets connectés (IoT)

De nombreux dispositifs IoT présentent des failles de sécurité intrinsèques, offrant des portes dérobées vers le réseau principal.

Exposition accrue des données

La centralisation et la circulation massive des données augmentent les risques de fuite, de vol ou de rançongiciel.

Dépendance et risques opérationnels

Une panne ou une compromission d’un service critique peut paralyser l’ensemble des activités de l’organisation.

Conformité réglementaire

Les failles de sécurité peuvent entraîner des manquements aux obligations légales (RGPD, NIS, etc.) et de lourdes sanctions.

les transports peuvent être interrompus pendant plusieurs jours par le mauvais temps (tempêtes de neige, vents forts, brouillard),

les secours mettent parfois des jours à parvenir sur zone dans les régions reculées,

– l’évacuation d’un blessé grave nécessite souvent une chaîne complexe : hélicoptère depuis le village, avion vers un hôpital régional, puis éventuellement avion médicalisé transatlantique vers le Danemark ou l’Islande,

– les ressources (carburant, nourriture, matériel médical) peuvent connaître des ruptures temporaires si les bateaux de ravitaillement ou les vols sont bloqués.

Les autorités le disent sans détour : les capacités de recherche et sauvetage sont limitées, le territoire est immense, la météo rude, et les moyens (navires, hélicoptères, avions) comptés. Le coût d’une opération de sauvetage est facturé à la personne secourue. D’où la nécessité absolue, pour tout résident qui souhaite profiter des activités de plein air, de disposer d’une assurance couvrant les secours et l’évacuation médicale.

Système de santé : soigné, mais loin de tout

Pour bien évaluer la sécurité d’une expatriation, il faut regarder de près la couverture médicale. Le Groenland a fait le choix d’un système de santé public universel, mais il reste confronté à des contraintes géographiques, humaines et techniques fortes.

Une couverture universelle… pour les résidents

La santé au Groenland est publique et financée par l’impôt. Pour les personnes enregistrées comme résidents, la prise en charge comprend :

les consultations de médecins généralistes,

les soins en hôpital public,

une grande partie des médicaments prescrits,

les soins dentaires publics dans les villes disposant de cliniques,

les soins spécialisés jugés médicalement nécessaires.

Pour les expatriés, la clé est donc le statut de résident. Une fois enregistré, on bénéficie des mêmes droits que la population locale. Les touristes et visiteurs de court séjour, eux, doivent payer l’intégralité des soins reçus ; la Carte européenne d’assurance maladie n’est pas valable au Groenland.

Attention :

Les autorités recommandent vivement de souscrire une assurance santé internationale incluant l’évacuation médicale. Bien que les soins locaux soient gratuits pour les résidents, un transfert vers un hôpital au Danemark ou en Islande entraîne des coûts très élevés, non automatiquement couverts par les compagnies ou les autorités.

Un système sous contraintes

Le réseau de santé se structure autour de :

un hôpital national à Nuuk (Dronning Ingrids Hospital), équipé d’environ 190 lits, de scanners (IRM, CT), d’un service d’urgence et de soins intensifs limités, y compris pour les nouveau-nés,

cinq hôpitaux régionaux dans des villes comme Aasiaat, Ilulissat, Sisimiut, Qaqortoq et Tasiilaq,

des centres de santé dans les grandes localités,

des postes de santé sans médecin permanent dans de nombreux petits villages, où le suivi se fait à distance via la télémédecine.

Mais certains services n’existent tout simplement pas sur le territoire : on ne pratique pas l’hémodialyse, la cardiologie interventionnelle (type pose de stents), la chirurgie cardiaque, ou encore la radiologie invasive. Pour ces pathologies, la seule option est l’évacuation à l’étranger, généralement vers l’hôpital de référence de Copenhague (Rigshospitalet) ou vers l’Islande.

Bon à savoir :

Le système de santé connaît un turnover important du personnel médical, avec de nombreux contrats courts, ce qui nuit à la continuité des soins. Cependant, la télémédecine, déployée dans environ 70 localités, permet de compenser partiellement ces difficultés. Elle a déjà permis de diagnostiquer et de stabiliser à distance des urgences graves (asthme sévère, pneumonie bilatérale, insuffisance cardiaque), évitant ou préparant mieux une évacuation aérienne.

Urgences, évacuation et secours médicaux

En cas d’urgence vitale, on compose le 112, numéro unique pour police, pompiers et ambulance. Dans les grandes villes, des ambulances existent, mais le nombre de véhicules est limité. Dans les petites localités, on dépend souvent de moyens improvisés (voitures, bateaux) et du personnel de santé disponible.

Les évacuations aéromédicales reposent principalement sur :

Air Greenland, qui assure les transferts internes avec des avions type Beechcraft B-200 (1 à 2 civières ou 1 couveuse) et des appareils plus grands (Dash) si besoin,

– des hélicoptères pour acheminer un patient d’un village à un aéroport,

– des jets médicalisés dédiés (par exemple Hawker 800) ou des vols commerciaux adaptés pour les transferts transatlantiques vers le Danemark ou l’Islande.

En année moyenne, on recense environ :

220 patients transportés sur civière à l’intérieur du Groenland par avion,

75 cas graves par an accompagnés par un médecin ou un infirmier anesthésiste,

25 patients intubés avant transfert,

50 patients transférés à l’étranger, dont environ deux tiers vers Copenhague.

6 à 7

Il s’agit du nombre d’heures minimal, dans le meilleur des cas, pour évacuer un patient de Nuuk vers l’hôpital de référence au Danemark.

Pour une expatriation de long terme, cette réalité implique d’anticiper :

– ses pathologies chroniques (asthme, diabète, insuffisance cardiaque, etc.) et d’en discuter avec son médecin avant de partir,

– le stock de médicaments à emmener (au moins 10 jours de réserve supplémentaire, car des retards de transport peuvent survenir),

– la possibilité d’avoir à être évacué à l’étranger si l’on développe une pathologie lourde.

Santé mentale et isolement

Le Groenland, on l’a dit, présente un taux de suicide élevé sur le long terme par rapport aux autres pays nordiques. Pour un expatrié, la principale vigilance concerne le poids de l’isolement :

longues périodes de noirceur en hiver,

météo qui limite les interactions sociales,

petit nombre de lieux de sortie,

distance avec la famille restée au pays.

Dans ce contexte, il est crucial de :

– garder un réseau social actif (via des collègues, des activités, des associations),

– repérer les ressources d’aide psychologique disponibles localement,

– ne pas hésiter à utiliser les lignes de soutien (par exemple la ligne d’écoute joignable au +299 80 11 80 ou par SMS au 1899 pour la prévention du suicide).

Une expatriation sereine au Groenland nécessite de prendre au sérieux la santé mentale au même titre que la santé physique.

Logement, coût de la vie et cadre de vie : la sécurité matérielle

On ne peut pas parler de sécurité sans aborder le logement et les moyens de subsistance. Le Groenland connaît une pénurie de logements, des prix élevés pour l’alimentation importée, mais aussi un système social de type nordique qui amortit une partie des chocs.

Pénurie de logements et tensions à Nuuk

Le Groenland affiche la plus faible densité de population au monde, mais cela ne signifie pas que l’on y trouve facilement un appartement. Au contraire, la pénurie concerne surtout les villes, notamment la capitale Nuuk qui concentre près de 20 000 habitants sur environ 56 000.

Les éléments clés à retenir :

– pénurie généralisée de logements, particulièrement aiguë à Nuuk,

– files d’attente pour le logement public pouvant atteindre 10 à 12 ans,

– marché locatif privé très étroit,

– nombreux expatriés logés par leur employeur (administrations, hôpitaux, grandes entreprises),

– recours fréquent à des logements temporaires “de fonction” ou “vacant housing” pour les nouveaux arrivants, dont l’avantage en nature est taxé plutôt que facturé comme loyer.

Le marché immobilier est aussi encadré par des règles visant à éviter la spéculation étrangère : la propriété du sol reste publique, gérée par les municipalités, et l’on obtient seulement un droit d’usage (site allotment). Les récents changements restreignent l’accès à la propriété aux citoyens danois ou aux personnes ayant résidé et payé des impôts au Groenland pendant au moins deux ans, les autres devant demander une dérogation.

Pour un projet d’expatriation, cela signifie qu’il faut :

sécuriser impérativement un logement avant d’arriver, idéalement par l’intermédiaire de l’employeur,

– accepter éventuellement un logement de fonction modeste au début,

– éviter de tabler sur un achat immobilier à court terme.

Coût de la vie : bien vivre, mais pas à n’importe quel prix

La vie au Groenland est chère, surtout dans les villes. À Nuuk, on retrouve les ordres de grandeur suivants :

Poste de dépenseExemple de coût mensuel / unitaire (Nuuk)
Loyer 1 chambre centre-ville~7 667 DKK (fourchette 4 000–10 000 DKK)
Loyer 1 chambre hors centre~6 000 DKK (2 000–8 000 DKK)
Loyer 3 chambres centre-ville~16 667 DKK (12 000–25 000 DKK)
Loyer 3 chambres hors centre~15 167 DKK (12 500–18 000 DKK)
Services (élec., chauffage, eau, ordures)~1 500 DKK / mois pour 85 m²
Internet fixe~1 000 DKK / mois
Abonnement mobile (voix + data)~399 DKK / mois

Côté consommation courante :

Produit / servicePrix indicatif à Nuuk
Repas “bon marché” au restaurant~100 DKK (80–155 DKK)
Menu 3 plats pour 2 (resto moyen)~550 DKK (350–700 DKK)
Bière pression locale (1 pinte)~65 DKK
Pain (1 lb)~22 DKK
Lait (1 galon)~69 DKK
Douzaine d’œufs~31 DKK
Poulet (1 lb)~72 DKK
Fromage local (1 lb)~109 DKK
Fitness (abonnement mensuel)~366 DKK
Cinéma (billet)~120 DKK

Selon des comparatifs internationaux, Nuuk se classe dans le top 15 % des villes les plus chères du monde, avec un coût de vie estimé à environ 2 217 USD par mois pour une personne seule (logement inclus). La bonne nouvelle : le salaire net médian à Nuuk avoisine 5 089 USD, soit de quoi couvrir un peu plus de deux mois de dépenses moyennes. En pratique, la cherté des biens de consommation est partiellement compensée par des revenus élevés et par le système social (aides au logement, allocations, etc.).

Pour une famille, les estimations donnent à l’échelle du pays :

Type de foyerCoût mensuel moyen estimé (incl. loyer, USD)
Personne seule~4 405 USD
Couple~6 319 USD
Famille de 4~8 992 USD

L’expatrié prudent anticipera donc :

– une marge de sécurité budgétaire pour les premiers mois,

– un investissement initial en équipement (vêtements techniques, bottes, etc.),

– des frais de transport internes plus élevés qu’en Europe continentale.

Cadre légal, permis et statut : sécurité administrative

Une expatriation réussie passe aussi par une situation administrative claire. Le Groenland, bien qu’autonome, fait partie du royaume du Danemark, mais ne fait pas partie de l’Union européenne ni de l’espace Schengen. Cela implique un régime de visas et de permis propre, géré en coopération avec les autorités danoises.

Visa, séjour et travail : un cadre spécifique

Quelques principes clés :

– Une carte de séjour au Danemark ne donne pas automatiquement droit de résider au Groenland, et inversement.

– Un visa Schengen classique n’est pas valide pour entrer au Groenland.

– La plupart des expatriés non nordiques ont besoin d’un permis de séjour et de travail combiné, traité par l’agence danoise SIRI sur la base des décisions du gouvernement groenlandais.

Cas particuliers :

Bon à savoir :

Les citoyens des pays nordiques (Danemark, Finlande, Islande, Norvège, Suède) bénéficient de la libre circulation, sans passeport obligatoire. Les ressortissants de l’UE/EEE et de la Suisse peuvent entrer sans visa, mais doivent obtenir un permis de séjour et de travail pour exercer un emploi. De nombreux pays (États-Unis, Canada, Royaume-Uni, Australie, Japon, etc.) sont exemptés de visa pour les courts séjours (généralement 90 jours sur 180), mais un permis est requis pour travailler. Notez que certains ressortissants exemptés de visa doivent néanmoins être en possession d’un passeport biométrique.

Le permis de travail standard nécessite :

– une offre d’emploi concrète auprès d’un employeur groenlandais,

– des conditions de salaire et de travail conformes aux standards locaux et aux conventions collectives,

– un temps plein (souvent 40 h par semaine),

– parfois une autorisation municipale pour que l’employeur puisse recruter de la main‑d’œuvre étrangère sur ce poste.

Attention :

La durée du permis de travail est généralement limitée à deux ans maximum, alignée sur la durée du contrat ou la validité de l’autorisation municipale. Une demande de prolongation doit être déposée avant l’expiration pour continuer à travailler pendant l’instruction. Un départ prolongé hors du Groenland (plus de 6 à 12 mois selon l’ancienneté) peut entraîner la caducité du permis, sauf dérogation.

Point crucial : si l’emploi à l’origine du permis est perdu, le permis peut être révoqué. Changer d’employeur nécessite une nouvelle demande de permis avant de commencer le nouveau travail.

Famille, résidence permanente et citoyenneté

Un expatrié qui obtient un permis de travail peut, sous certaines conditions, faire venir des membres de sa famille (conjoint, partenaire enregistré ou de fait, enfants de moins de 18 ans). Chacun doit déposer sa propre demande de résidence pour regroupement familial, et l’expatrié doit pouvoir prouver qu’il dispose de ressources suffisantes et d’un logement approprié.

À plus long terme, il est possible, après plusieurs années de séjour légal et d’intégration (apprentissage du danois ou du groenlandais, ressources stables, etc.), de demander un permis de résidence permanente dans le royaume du Danemark. La double nationalité est autorisée, mais l’accès à la citoyenneté reste un processus exigeant, surtout pour un pays aussi petit et sensible à l’équilibre de sa population.

Culture, vie sociale et sécurité au quotidien

La sécurité, ce n’est pas seulement l’absence de crime ou un climat maîtrisé : c’est aussi la capacité à s’intégrer, à comprendre les codes sociaux et à se sentir à l’aise dans un nouveau cadre de vie.

Une culture inuit-européenne, l’entraide comme socle

Le Groenland est habité majoritairement par des Inuits, dont les ancêtres ont migré d’Alaska il y a environ mille ans. La culture locale, teintée d’influences danoises, reste fortement marquée par :

– la solidarité et le partage,

– une relation de respect à l’environnement,

– des pratiques traditionnelles comme la chasse, la pêche, le kayak, le traîneau à chiens,

– des codes de communication indirecte, où l’on évite la confrontation frontale.

Dans la vie quotidienne, cela se traduit par quelques repères utiles :

Astuce :

Pour les salutations, on utilise couramment « Aluu », accompagné d’une poignée de main, parfois d’une accolade ou d’une bise selon le degré de familiarité. Il est important de garder un ton de voix bas dans les lieux publics, car parler fort est considéré comme impoli. Respectez l’espace personnel ; le contact physique doit généralement être initié par la personne locale. Dans les supermarchés, les files d’attente peuvent sembler peu rigides : il est préférable de faire preuve de patience plutôt que de se plaindre. Enfin, les petites maladresses sont souvent accueillies par des rires, non par moquerie, mais pour dédramatiser la situation.

Pour un expatrié, une part de la sécurité psychologique passe par l’acceptation de ces codes, sans présumer que tout le monde parle anglais, et en faisant l’effort d’apprendre quelques mots de groenlandais. Montrer de l’intérêt pour la culture, participer aux “kaffemik” (grandes réunions café‑gâteaux pour célébrer un événement), déguster les spécialités locales (mattak, poissons séchés, rennes, bœuf musqué) sont de bonnes portes d’entrée.

Mobilité locale, chiens de traîneau et règles implicites

Même à Nuuk, l’infrastructure piétonne peut surprendre. Les passages piétons sont moins nombreux, les automobilistes n’accordent pas systématiquement la priorité aux piétons ou cyclistes. La règle de sécurité de base : imiter le comportement des locaux, traverser aux endroits appropriés, ne pas présumer que les voitures s’arrêteront.

Attention :

Dans plusieurs régions, les chiens de traîneau sont des animaux de travail, souvent attachés, parfois affamés et imprévisibles. Il est fortement déconseillé de les caresser ou de s’en approcher sans l’autorisation explicite de leur propriétaire.

Les mêmes principes de prudence s’appliquent à la photographie : demander l’accord des personnes avant de les prendre en photo, respecter les enfants, éviter les clichés intrusifs.

Urgences, secours et préparation : comment rester maître de la situation

Une expatriation sereine au Groenland repose finalement sur une bonne préparation personnelle. Les infrastructures existent – hôpitaux, police, secours – mais leurs limites doivent être connues à l’avance.

Numéros et structures clés

Pour s’installer, il est utile de garder en mémoire quelques coordonnées essentielles :

Service / institutionContact principal
Urgences (police, incendie, ambulance)112
Police (non urgent, signalement)+299 70 14 48
Hôpital national (Dronning Ingrids, Nuuk)+299 34 40 00
Hotline médicale (Nuuk)+299 55 99 55
Ligne de prévention du suicide+299 80 11 80 / SMS 1899

Pour les étrangers, les ambassades (par exemple l’ambassade des États‑Unis à Copenhague) peuvent aussi servir de point de relais en cas de crime, d’accident grave ou de difficulté consulaire.

Recherche et sauvetage : capacités réelles

Les opérations de recherche et sauvetage (SAR) couvrent plus de 2 millions de km², de Thulé au nord à Nanortalik au sud. Elles sont coordonnées principalement par :

Acteurs de la surveillance maritime au Groenland

La surveillance des eaux groenlandaises repose sur une coordination entre plusieurs entités, utilisant des moyens aériens civils et militaires.

Police groenlandaise

Assure la surveillance et les interventions à proximité des côtes.

Commandement arctique danois

Responsable des opérations de surveillance et de souveraineté en haute mer.

Moyens aériens civils

Recours massif aux hélicoptères et aux avions d’Air Greenland pour appuyer les missions.

Le parc de secours inclut désormais des hélicoptères modernes de type H225, dotés de systèmes de navigation avancés pour opérer par mauvais temps. Mais les moyens restent limités, et les conditions arctiques (vents, neige, glace, mer agitée) compliquent chaque mission. Jusqu’à 18 personnes peuvent être mobilisées sur une grande opération.

Pour un résident qui pratique la randonnée, la navigation ou le ski de randonnée, les recommandations sont toujours les mêmes :

Astuce :

Avant de partir, informez un contact responsable de votre itinéraire et heure de retour prévue. Emportez des équipements de survie adaptés, incluant des vêtements supplémentaires, de la nourriture pour au moins deux jours et des moyens de faire du feu si le contexte le permet. Assurez-vous de disposer d’un moyen d’alerte fiable, comme un téléphone satellitaire ou une balise, particulièrement en dehors des zones couvertes par le réseau mobile. N’activez un signal SOS qu’en cas de danger immédiat et vital, tel qu’une asphyxie, une hémorragie incontrôlable, une chute grave, des conditions environnementales extrêmes ou une disparition.

Là encore, l’assurance jouera un rôle clé pour couvrir non seulement les soins, mais aussi le coût potentiellement très élevé d’une opération de sauvetage en zone reculée.

Télécommunications, information et autonomie numérique

Enfin, la sécurité moderne passe aussi par la capacité à rester connecté : prévenir, appeler à l’aide, s’informer sur la météo, suivre les avis officiels.

Un monopole d’État, une bonne couverture, mais des limites

Les télécommunications au Groenland sont assurées par une entreprise publique unique, Tusass (anciennement TELE Greenland). Elle gère le réseau mobile, l’Internet fixe, les câbles sous‑marins et les liaisons satellites.

Quelques points structurants :

Connectivité Internet au Groenland

Panorama des infrastructures et technologies d’accès à Internet au Groenland, des câbles sous-marins aux satellites.

Connexion internationale

L’Internet vers l’extérieur passe principalement par le câble sous‑marin Greenland Connect, relié à l’Islande et au Canada.

Couverture 4G nationale

La 4G est désormais disponible dans toutes les localités habitées, après l’équipement de 119 relais, y compris le très petit village de Qeqertaq (130 habitants).

Zones isolées et satellites

Les zones les plus isolées, notamment à l’est et dans la région de Qaanaaq, restent dépendantes uniquement des satellites, plus sensibles aux coupures météo et aux pannes en aval.

Pour les expatriés, cela signifie que  :

– le taux de pénétration d’Internet dépasse les 90 %, on trouve du réseau dans la plupart des zones habitées,

– mais les connexions sont chères, souvent plafonnées en volume (data caps) sur le fixe, et peuvent ralentir aux heures de pointe,

– les services comme Starlink sont interdits pour préserver le monopole de Tusass, même si certains usagers tentaient de l’utiliser avant l’interdiction.

Tusass propose aussi une eSIM “Tusass Hello” pour les voyageurs, pratique pour un premier raccordement au réseau local.

Résilience et vulnérabilités

Sur le plan de la “souveraineté numérique”, le Groenland demeure très dépendant de prestataires étrangers :

57

57 % des domaines internet en .gl sont hébergés sur des infrastructures américaines, contre seulement 26 % au Groenland.

En cas d’incident majeur sur des infrastructures étrangères, une partie des services en ligne (éducation, finance, etc.) pourrait être affectée. Un projet de création de cloud gouvernemental souverain et d’un point d’échange Internet national est à l’étude pour renforcer la résilience.

Pour l’expatrié, la traduction est simple : ne pas considérer Internet comme infaillible, prévoir des solutions de repli (cartes papier, numéros notés hors-ligne, copies physiques de documents essentiels) et anticiper des périodes de connectivité limitée, surtout en voyage dans les régions isolées.

Construire une expatriation sereine : synthèse et conseils clés

Vivre au Groenland peut offrir un haut niveau de sécurité physique face à la criminalité, un système social protecteur, un environnement naturel exceptionnel et une expérience culturelle unique. Mais cette sécurité ne s’obtient pas par défaut : elle se construit, dès la préparation du projet, en intégrant les spécificités d’un territoire arctique isolé.

En résumé, pour une expatriation vraiment sereine au Groenland, il est fondamental de :

Comprendre la nature des risques Ce ne sont pas tant les agressions ou les cambriolages qui guettent, mais le froid extrême, l’isolement, les retards de secours, les limitations du système de santé et les aléas logistiques.

Astuce :

Pour s’installer durablement, il est crucial d’obtenir un permis de séjour et de travail solide. L’idéal est de trouver un employeur qui peut également aider à trouver un logement. Il ne faut jamais arriver sur place sans une solution d’hébergement confirmée. Enfin, il est essentiel de prévoir un budget adapté au coût de la vie, particulièrement élevé dans la capitale, Nuuk.

Soigner la question de l’assurance Même avec la gratuité des soins pour les résidents, une assurance santé internationale couvrant l’évacuation médicale et les secours est essentielle. Les coûts d’un rapatriement sanitaire ou d’une mission de sauvetage sont élevés.

S’équiper pour le climat Adopter le système des couches (sous‑vêtement thermique en laine ou synthétique, couche isolante en laine ou polaire, couche externe coupe‑vent et imperméable), investir dans des bottes isolantes, des gants, bonnet couvrant les oreilles, lunettes de soleil de bonne qualité, crème solaire, baume à lèvres et soins hydratants.

Respecter la nature et demander conseil Ne pas s’aventurer seul en zone isolée, suivre les recommandations des autorités pour les ours polaires et les autres animaux, ne jamais marcher sur des glaciers sans guide, ni sur de la glace douteuse, éviter de se rapprocher des fronts glaciaires instables.

Bon à savoir :

Il est crucial d’anticiper l’impact de l’isolement et de la nuit polaire. Pour préserver son bien-être, maintenez un lien régulier avec vos proches et investissez-vous dans la communauté locale. Identifiez dès votre arrivée les ressources d’aide psychologique disponibles et n’hésitez pas à les solliciter en cas de besoin.

Apprendre les codes culturels Parler calmement, respecter l’espace personnel, être patient dans les interactions quotidiennes, demander avant de prendre des photos, montrer de l’intérêt pour la langue et la culture groenlandaises favorise un climat de confiance, donc de sécurité sociale.

En respectant ces repères, le Groenland peut devenir bien plus qu’une destination extrême : un lieu de vie étonnamment sûr, doté d’un fort sentiment de communauté et d’une nature qui, apprivoisée avec humilité et préparation, offre une qualité de vie introuvable ailleurs. L’expatriation au Groenland récompense ceux qui acceptent ses contraintes et ses défis par une expérience profondément marquante – et, à bien des égards, sereine.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour s’expatrier au Groenland, optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Groenland, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler le Groenland, territoire autonome danois, pour sa pression fiscale globalement modérée via le Danemark, l’absence d’impôt sur la fortune, un marché immobilier encore accessible à Nuuk et une exposition limitée aux aléas économiques de la zone euro, tout en conservant une forte sécurité juridique nordique. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention du permis de résidence, détachement CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques…), mise en relation avec un réseau local bilingue (avocat, immigration, comptable) et intégration patrimoniale (analyse et restructuration si nécessaire).

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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