S’installer au Groenland avec son chien, son chat ou un autre compagnon ne s’improvise absolument pas. Le pays applique des règles parmi les plus strictes au monde pour l’importation d’animaux, à la fois pour protéger la santé publique, sauvegarder le chien groenlandais – un véritable trésor national – et préserver un environnement arctique déjà fragile. Entre autorisations gouvernementales, restrictions géographiques, exigences sanitaires et contraintes aériennes, un projet d’expatriation avec un animal au Groenland se prépare plusieurs mois à l’avance.
Ce guide détaille les démarches nécessaires, les pièges à éviter et la vie quotidienne avec un animal de compagnie au Groenland. Il se base sur les exigences officielles du territoire et les politiques des compagnies aériennes qui y opèrent.
Comprendre la logique des règles : pourquoi le Groenland est si strict avec les animaux
Avant de plonger dans les formulaires et les certificats vétérinaires, il est utile de comprendre le contexte. Le Groenland impose un contrôle très serré sur l’arrivée des animaux vivants pour plusieurs raisons bien précises.
Le chien groenlandais, race ancienne et emblématique des Inuit, bénéficie d’une protection légale stricte pour préserver sa lignée génétique unique et ses adaptations millénaires à l’Arctique, en limitant l’introduction d’autres chiens.
Ensuite, le Groenland est une île isolée, avec des infrastructures vétérinaires limitées et un climat qui complique les évacuations médicales. Introduire par inadvertance une maladie contagieuse canine ou féline aurait des conséquences disproportionnées. D’où la combinaison d’obligations de vaccination, de traitements antiparasitaires, de microchippage et de contrôles documentaires à l’arrivée.
Enfin, le mode de vie local – petites communautés, climat rude, accès complexe aux soins, absence de routes entre les villes – rend la gestion des animaux malades ou dangereux particulièrement difficile. Pour toutes ces raisons, le pays préfère filtrer très en amont plutôt que gérer des crises ensuite.
Cadre légal : qui décide quoi pour l’entrée des animaux au Groenland
Pour tout projet d’expatriation avec un animal, il faut retenir un principe central : aucune entrée d’animal vivant n’est possible sans l’accord des autorités groenlandaises.
L’autorité de référence est le Gouvernement du Groenland, qui doit donner son feu vert pour toute importation ou exportation d’animaux. Concrètement, c’est la Représentation du Groenland à Copenhague qui délivre le permis d’importation. Mais ce permis national ne peut être délivré que si la commune groenlandaise dans laquelle vous comptez vivre a déjà confirmé qu’elle accepte votre animal.
Pour importer légalement un animal au Groenland, il faut impérativement suivre cet ordre : obtenir d’abord l’autorisation de la commune d’accueil groenlandaise, puis le permis d’importation auprès de la Représentation à Copenhague. En cas de non-conformité à l’arrivée, l’animal risque la quarantaine (si disponible), le renvoi, voire l’euthanasie, et tous les frais sont à la charge du propriétaire.
Toutes ces démarches doivent impérativement être réalisées dans le pays d’origine de l’animal, avant le départ. Rien n’est fait « sur place » une fois au Groenland.
Où les chiens sont-ils autorisés ? Une carte du pays très fragmentée
Le Groenland n’est pas homogène sur la question des chiens. Certaines zones en interdisent purement et simplement l’importation, d’autres imposent des règles spéciales, d’autres sont plus souples. L’erreur la plus grave pour un expatrié serait de supposer qu’un chien accepté dans une ville le sera partout ailleurs.
Les autorités groenlandaises interdisent l’importation de chiens dans les régions nord et est, désignées comme « districts de traîneau ». Cette mesure vise à préserver l’intégrité génétique et sanitaire des chiens du Groenland, essentiels pour la chasse, la pêche et le transport sur la banquise. Seuls les chiens de service (comme les chiens policiers ou d’assistance) peuvent exceptionnellement être admis sur dérogation spéciale.
En revanche, certains secteurs du sud-ouest autorisent les chiens de compagnie, avec des règles bien définies. Les communes explicitement listées comme acceptant les chiens de compagnie sont Ivigtut, Maniitsoq, Nanortalik, Narsaq, Nuuk, Paamiut et Qaqortoq. C’est donc dans ces villes que se concentrent la plupart des expatriés vivant avec un chien.
Dans les communes autorisant les chiens de compagnie, l’importation est possible mais conditionnelle. Tous les animaux doivent être enregistrés auprès de la municipalité dès l’installation. Dans certaines zones limitées, comme les districts protégeant le chien groenlandais, les règles sont renforcées : une puce électronique et une inscription dans une base de données nationale sont obligatoires.
Cette géographie réglementaire doit être intégrée dès la phase de réflexion. Un poste à l’est ou au nord du Groenland est, dans les faits, incompatible avec l’arrivée d’un chien de compagnie, sauf cas très spécifiques de chiens de travail autorisés.
Chiens de races interdites, croisements à risque et stérilisation
Au-delà des restrictions géographiques, le Groenland applique des interdictions sur certains types de chiens et impose des obligations particulières pour les femelles.
Les chiens assimilés à des races « dangereuses » ou considérés comme très musclés, tels que les Pit Bulls ou les Boxers, ne peuvent pas être importés. Cette interdiction vise à limiter les risques de morsures graves dans des communautés isolées où l’accès aux soins humains et vétérinaires reste limité.
Les chattes devant séjourner plus de trois mois au Groenland doivent être stérilisées avant leur entrée. Une preuve vétérinaire de cette opération est requise dans le dossier soumis aux autorités. Pour une expatriation de longue durée, il est conseillé de planifier cette intervention plusieurs semaines ou mois à l’avance pour assurer la pleine récupération de l’animal avant le voyage.
De manière plus large, la réglementation cherche à encadrer la reproduction incontrôlée, en tenant compte du fait qu’il n’existe pas partout au Groenland de refuges ou de structures capables de gérer une surpopulation animale.
Statut particulier du chat : démarches supplémentaires et pouvoir des communes
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le chat n’est pas un animal « plus simple » à importer que le chien au Groenland. Il bénéficie d’un cadre juridique spécifique, hérité d’une réglementation danoise ancienne.
Les propriétaires de chats doivent demander une dérogation à un arrêté danois de 1943, via l’Administration vétérinaire et alimentaire danoise. Cette étape s’ajoute à la demande d’autorisation auprès de la commune groenlandaise de résidence. Le dossier de demande pour un chat est donc double : une partie relève de la réglementation danoise, l’autre des règles propres au Groenland.
La question de la stérilisation des chats n’est pas tranchée de manière identique partout : ce sont les communes qui décident, au cas par cas, si l’animal doit être stérilisé ou non. Cette décision intervient pendant l’examen de la demande de détention du chat sur le territoire communal. Là encore, la logique est de prévenir la prolifération dans un contexte où les ressources pour la gestion des animaux abandonnés sont très limitées.
Enfin, comme pour les chiens, tous les chats importés doivent être enregistrés auprès de la municipalité où ils résident.
Microchip et « passeport animal » version Groenland
Pour les autorités groenlandaises, un « passeport animal » ne désigne pas un livret officiel unique comme le passeport européen, mais un ensemble cohérent de documents permettant de vérifier l’identité et l’état sanitaire de l’animal. Le point de départ de ce dossier, c’est la puce électronique.
Tous les chiens et chats entrants au Groenland doivent être identifiés par une micro-puce électronique conforme aux normes ISO 11784 ou 11785 (15 chiffres). L’implantation, idéalement effectuée par un vétérinaire dans le pays d’origine, doit s’accompagner des documents d’enregistrement dans une base de données. Le numéro unique de cette puce doit impérativement figurer sur tous les certificats requis pour le voyage, afin de garantir une identification certaine de l’animal.
Dans le cas des pays de l’Union européenne, un passeport européen peut être utilisé comme support pour les vaccins et l’identification, mais cela ne dispense pas de respecter les exigences spécifiques du Groenland. Il est important de bien distinguer : le « EU Pet Passport » reste valable pour les déplacements intracommunautaires, cependant le « passeport » au sens groenlandais est un dossier composé de la puce, des vaccins, d’éventuels tests sanguins, du certificat sanitaire international, de l’autorisation communale et du permis d’importation.
Vaccins obligatoires et traitements vétérinaires avant le départ
Les autorités groenlandaises exigent un schéma vaccinal très précis, surtout pour les chiens. L’objectif est de barrer la route aux maladies les plus graves, comme la rage, la maladie de Carré (distemper) ou la parvovirose. Les exigences de base sont claires et doivent être planifiées à l’avance, car certains délais sont incompressibles.
Pour les chiens et chats venant de pays indemnes ou contrôlés pour la rage, la vaccination est obligatoire. Elle doit être effectuée au moins 30 jours avant l’entrée au Groenland. Les rappels faits avant l’expiration ne nécessitent pas de renouveler ce délai. La preuve valable est un certificat, un carnet officiel ou un passeport européen. Un test d’anticorps ou une exemption ne peut pas remplacer le vaccin.
Pour les chiens, deux injections distinctes contre la maladie de Carré et la parvovirose doivent être prouvées, administrées à au moins un an d’intervalle, et encore valides à l’arrivée. Selon la situation sanitaire du pays d’origine, il est en outre recommandé d’avoir vacciné contre l’hépatite, la leptospirose et la parainfluenza. Les chats, eux, doivent être protégés contre la panleucopénie féline, la rhinotrachéite et le calicivirus.
Un test de titrage (FAVN, RFFIT) est recommandé pour les voyages internationaux, mais il complète le vaccin sans le remplacer. Il est impératif d’attendre au moins 30 jours après une injection antirabique avant de réaliser le test, car la montée des anticorps n’est pas immédiate et un prélèvement trop précoce pourrait fausser l’interprétation des résultats.
Avant le voyage, les chiens et chats doivent aussi recevoir des traitements antiparasitaires internes et externes – vermifuge, traitement contre les puces, tiques, acariens – administrés par un vétérinaire. Ces traitements doivent être clairement mentionnés dans le certificat de santé international.
Le certificat de santé international : pièce maîtresse du dossier
Au cœur du « passeport » exigé par le Groenland figure un certificat de santé international émis dans le pays d’origine par un vétérinaire habilité. Ce document, qui doit être rédigé et signé dans les 14 jours précédant l’importation, a plusieurs fonctions : il décrit précisément l’animal, consigne ses vaccins et traitements, et atteste de son état sanitaire.
Pour être recevable, le certificat doit attester que l’animal est apte au voyage, exempt de signes de maladie contagieuse et, pour les chiens, spécifiquement indemne de gale sarcoptique et d’infestation par des acariens du follicule pileux. Dans de nombreux pays, ce certificat doit ensuite être endossé ou visé par l’autorité vétérinaire officielle (comme un service national de contrôle des mouvements) pour être valable à l’exportation.
Du point de vue pratique, tous les éléments suivants doivent apparaître sur le certificat ou en annexe claire : identité du propriétaire, adresse de départ et de destination, description de l’animal (espèce, race, sexe, couleur, âge), numéro de micro-puce, détails des vaccinations (type, date, fabricant, numéro de lot, validité), traitements antiparasitaires, examens de laboratoire éventuels (tests sanguins), mentions spécifiques exigées par le Groenland (absence de maladies spécifiques). L’absence d’un seul de ces éléments peut suffire à bloquer l’entrée.
Pour les chiots et chatons de moins de trois mois, non encore vaccinés, une exception existe : ils peuvent entrer sous réserve que la mère ait été correctement vaccinée contre la rage, la maladie de Carré et la parvovirose au moment de la naissance, et que cela soit documenté.
Permis d’importation et autorisation communale : la double clé d’entrée
Une fois le volet vétérinaire maîtrisé, reste à obtenir les deux autorisations administratives essentielles : celle de la commune et le permis d’importation délivré au niveau national.
La procédure type commence par un contact avec la commune dans laquelle vous avez un projet d’installation – par exemple Nuuk si vous envisagez d’y vivre. La municipalité analyse votre demande : type d’animal, conditions de détention, éventuelle obligation de stérilisation (surtout pour les chats), compatibilité avec la réglementation locale sur les chiens (zones autorisées ou non). Si elle donne son accord, vous obtenez une attestation d’autorisation de résidence pour l’animal.
Le permis d’importation pour un animal doit être demandé à l’avance auprès de la Représentation du Groenland à Copenhague. Il n’est pas délivré sur place. Le dossier doit inclure : la preuve de vaccination antirabique, le certificat de vaccination général, un certificat de santé avec déclaration du propriétaire, une autorisation communale, et pour les chiennes séjournant plus de 3 mois, une preuve de stérilisation. Ce permis doit accompagner l’animal durant le voyage.
Le tableau ci-dessous résume les principales pièces attendues dans un dossier type pour un chien de compagnie :
| Élément du dossier | Détail exigé | Où l’obtenir |
|---|---|---|
| Micro-puce ISO | 15 chiffres, norme 11784/11785, implantée avant les vaccins | Vétérinaire du pays d’origine |
| Vaccin rage | Inoculé ≥ 30 jours avant l’entrée, preuve officielle | Vétérinaire / carnet national / passeport UE |
| Vaccins distemper & parvo | Deux injections à un an d’intervalle, encore valides | Vétérinaire |
| Traitements antiparasitaires | Interne et externe, documentés | Vétérinaire |
| Certificat de santé international | Délivré < 14 jours avant départ, avec mentions spécifiques | Vétérinaire agréé + autorité d’export si requis |
| Autorisation de la commune | Accord de résidence pour l’animal | Municipalité groenlandaise concernée |
| Permis d’importation | Accord du Gouvernement du Groenland | Représentation du Groenland à Copenhague |
| Preuve de stérilisation (femelle >3 mois de séjour) | Justificatif de l’intervention | Vétérinaire |
Sans ce puzzle complet, l’entrée au Groenland reste théorique.
Autres animaux : lapins, rongeurs, oiseaux, reptiles…
Les règles ne concernent pas uniquement les chiens et les chats. Les propriétaires de lapins, petits rongeurs, poissons, tortues ou oiseaux doivent également s’aligner sur des exigences spécifiques, modulées selon les espèces.
Un permis de la Représentation du Groenland et un certificat de santé datant de moins de 14 jours sont requis. Le certificat doit attester l’absence de myxomatose dans un rayon de 10 km du lieu d’origine et la bonne santé de l’animal sur les trois derniers mois. À l’arrivée, une quarantaine à domicile est obligatoire. L’importation de plus de quatre lapins nécessite une inscription auprès de la commune.
Pour des animaux comme les cochons d’Inde, écureuils, hamsters, poissons d’aquarium, tortues ou la plupart des oiseaux (hors perroquets et espèces protégées CITES), la règle est plus souple lorsqu’ils voyagent avec leur propriétaire : ils peuvent entrer sans certificat de santé, mais seulement si l’animal accompagne physiquement le détenteur. En revanche, si ces animaux arrivent séparément (non accompagnés), ils doivent disposer d’un certificat vétérinaire daté de moins de 14 jours, et un permis d’importation de la Représentation groenlandaise reste requis.
Pour l’importation, un certificat vétérinaire attestant de l’absence d’ornithose et de tout contact avec des animaux infectés dans les deux derniers mois est obligatoire. Le propriétaire doit signer un engagement écrit pour isoler l’oiseau et accepter qu’il reste au Groenland si une maladie apparaît pendant la quarantaine.
Enfin, pour toute espèce inscrite à l’annexe de la Convention CITES (certains reptiles, perroquets rares, etc.), des autorisations additionnelles sont obligatoires pour se conformer aux règles internationales sur le commerce des espèces menacées. Ne pas les prévoir expose à des saisies à la frontière.
Voyager jusqu’au Groenland avec un animal : ce que permettent (et interdisent) les compagnies
Une fois les autorisations et certificats réunis, encore faut-il réussir à faire voyager l’animal jusqu’au Groenland. Là aussi, le jeu de contraintes est serré, surtout parce que le pays est desservi par un nombre limité de compagnies, dont Air Greenland, qui applique ses propres règles.
Les animaux arrivant par avion au Groenland utilisent principalement l’aéroport international de Nuuk. Air Greenland accepte les chiens et chats, sous réserve que tous les certificats et permis soient en règle. Aucun animal ne sera embarqué si les documents exigés par le Groenland ne sont pas présentés.
Il est obligatoire de contacter Air Greenland bien en amont pour signaler la présence d’un animal, idéalement via un formulaire spécifique avant la réservation, car le transport n’est pas garanti sur tous les vols. À l’enregistrement, vous devrez présenter un « Certificate for transportation of animals », formulaire qu’il est recommandé de télécharger et de préparer avant le voyage.
Autre contrainte importante : Air Greenland ne transporte pas d’animaux sur ses liaisons vers et depuis l’Islande et le Canada. Cela limite les options de transit via ces pays. Selon votre point de départ, il peut donc être nécessaire de combiner d’autres compagnies, tout en respectant les règles de transit de l’Union européenne si vous passez par un aéroport européen.
Le transport d’un animal avec Air Greenland est facturé comme un bagage excédentaire. Le poids total de l’animal et de sa caisse n’est pas inclus dans la franchise bagage standard (20 kg ou 30 kg). Le paiement de ce supplément ne peut pas être effectué en ligne ; il doit être réglé au comptoir d’enregistrement le jour du départ.
Caisse de transport : dimensions, normes IATA et confort en conditions arctiques
Que l’animal voyage en cabine ou en soute, le transport doit se faire dans un contenant conforme aux règles de l’Association internationale du transport aérien (IATA) pour les animaux vivants. Les exigences sont à la fois techniques et pratiques : elles visent la sécurité de l’animal, mais aussi celle du personnel et des autres passagers.
En cabine, Air Greenland n’accepte que les chiens et les chats. Le contenant doit être étanche (fond imperméable) et ne pas dépasser 55 x 40 x 23 cm. Le poids cumulant l’animal et son sac ne peut pas excéder 8 kg. La compagnie recommande l’usage de sacs de transport souples qui se glissent aisément sous le siège. L’animal doit rester entièrement à l’intérieur, sac fermé, pendant toute la durée du vol, sans déranger les autres passagers ni dégager d’odeur excessive.
Les animaux doivent voyager dans une caisse homologuée IATA, d’une taille maximale de 102 x 69 x 76 cm. Elle doit être solide, étanche et empêcher les fuites ou blessures, tout en offrant suffisamment d’espace pour que l’animal puisse se lever, se retourner et se coucher. Le sol doit être recouvert de matériaux absorbants (copeaux de bois autorisés, paille et foin interdits). Les caisses à parois en simple grillage métallique ou de type « cage de présentation » pliable sont proscrites.
Les caisses approuvées IATA présentent généralement des écrous et boulons métalliques pour assurer la solidité, des gamelles d’eau et de nourriture fixées à l’intérieur, des ouvertures de ventilation sur au moins deux côtés pour les vols intérieurs et sur quatre côtés pour l’international, une étiquette extérieure avec les papiers de l’animal, et un revêtement absorbant non toxique. En pratique, plus la caisse est robuste, meilleure est la sécurité du voyage.
Pour les chiens et chats à face plate, une caisse de transport plus grande que le minimum est souvent requise pour améliorer leur ventilation. De plus, plusieurs compagnies aériennes (comme Delta et American Airlines) interdisent leur transport en soute. Un voyage vers le Groenland avec un tel animal peut donc nécessiter un transport terrestre partiel ou le recours à un fret animalier spécialisé.
Enfin, sur certains vols opérés par Jettime pour Air Greenland, la température de la soute est maintenue aux alentours de 0–1 °C. Pour des animaux déjà adaptés au froid, cela ne pose en général pas de problème, mais cela doit être pris en compte dans la préparation (caisse bien isolée, literie sèche, pas d’animaux très jeunes ou fragiles sans avis vétérinaire).
Arrivée à Nuuk : contrôles vétérinaires et scénarios en cas de problème
À l’atterrissage, l’animal et ses documents doivent être immédiatement disponibles pour un contrôle par les autorités vétérinaires. Il est recommandé d’avoir prévenu ces services de l’arrivée, de sorte qu’un agent soit présent ou mobilisable rapidement. L’objectif du contrôle est triple : vérifier la conformité des papiers, s’assurer de l’identification par puce, et observer l’état de santé apparent de l’animal.
Pour les chiens et chats en bonne santé avec un dossier complet (vaccins et certificats), le Groenland n’impose pas de quarantaine. Un contrôle à l’arrivée est effectué, et cette procédure diffère de celle de certains pays insulaires.
En revanche, si la documentation est incomplète, contradictoire ou si l’animal semble malade, plusieurs options se présentent : imposition d’examens vétérinaires supplémentaires aux frais de l’importateur, mise en quarantaine (si des installations existent localement), renvoi de l’animal vers le pays de départ, ou, en dernier recours, euthanasie. Dans tous les cas, la personne qui importe l’animal supporte l’intégralité des coûts, ce qui peut représenter une somme considérable dans un environnement où les services spécialisés sont rares et coûteux.
Ce risque justifie une préparation rigoureuse, et explique pourquoi nombre de familles choisissent de passer par des entreprises spécialisées dans le transport international d’animaux, capables de vérifier la conformité des dossiers en amont et d’organiser des itinéraires adaptés.
Logement avec un animal à Nuuk : trouver un toit vraiment pet-friendly
Pour les expatriés qui s’installent à Nuuk, la question du logement compatible avec un animal est loin d’être anecdotique. La ville offre un choix encore limité de locations, et tous les propriétaires n’acceptent pas les animaux, d’autant que la réglementation locale impose une inscription des chiens et chats auprès de la commune.
Plusieurs plateformes proposent des logements adaptés aux expatriés avec animaux de compagnie à Nuuk, avec des filtres dédiés et des équipements pratiques.
Propose des locations mensuelles à Nuuk avec le filtre « animaux acceptés ». Exemples de logements bien notés : ‘Midtown Apartment’, ‘Arctic calm at the top of Nuuk’, ‘Isikkivik Apartment’.
Appartements ou condos avec notes souvent supérieures à 4,8/5. Équipements typiques : cuisine équipée, Wi-Fi, parfois parking gratuit et vue sur la mer ou les montagnes.
Sur Booking.com, on trouve des appartements et apart’hôtels, certains explicitement annoncés comme acceptant les animaux. L’exemple le plus clair est « Nordbo in Centrum », décrit comme un appartement « pet-friendly » avec Wi-Fi gratuit. D’autres établissements disposent potentiellement d’une certaine tolérance, mais il faut toujours vérifier au cas par cas en contactant l’hébergement.
Le tableau ci-dessous donne un aperçu synthétique de quelques options citées dans les sources pour Nuuk, à titre d’exemple.
| Hébergement (Nuuk) | Type | Animaux acceptés explicitement | Services utiles aux expatriés |
|---|---|---|---|
| Nordbo in Centrum | Appartement | Oui (pet-friendly mentionné) | Wi-Fi gratuit, centre-ville |
| Midtown Apartment (Airbnb) | Condo | Selon hôte (filtre animaux sur Airbnb) | Note 5/5, parking, cuisine |
| Arctic calm at the top of Nuuk (Airbnb) | Appartement | Selon hôte | Vue panoramique, très bien noté |
| Hotel Nuuk – Apartment Nanoq | Appartement hôtelier | Non précisé, vérification nécessaire | Salon commun, parking, Wi-Fi |
| Tuukkaq Apartments | Appartements | Non précisé, vérification nécessaire | Terrasse, parking gratuit |
| Avi Guesthouse (futur) | Maison d’hôtes | Politique à confirmer | Emplacement central près de Nuuk Center |
Au-delà des plateformes, la réalité logistique au Groenland impose de tenir compte de facteurs pratiques rarement mis en avant dans d’autres pays : distance aux sentiers de promenade, possibilités de sortir le chien en sécurité malgré la neige et le verglas, accès à une zone de dépose des déjections, politique du bâtiment sur les chiens de grande taille, etc. Les annonces mentionnent rarement ces points, il faut donc interroger directement les propriétaires ou agences.
Soins vétérinaires au Groenland : une offre limitée, à anticiper
Même si le pays prend au sérieux la santé animale à l’entrée, l’offre de soins vétérinaires au Groenland reste dispersée, avec de fortes disparités entre les zones urbaines et les petites localités. Il n’existe pas, par exemple, un réseau d’hôpitaux vétérinaires comparable à ce que l’on trouve en Europe ou en Amérique du Nord.
Les possibilités d’assistance vétérinaire sont très limitées dans de nombreuses régions. En cas de problème grave, un animal ne pourra souvent bénéficier que de soins très basiques sur place ou devra être rapatrié vers un pays disposant d’infrastructures spécialisées, une situation similaire au système de santé humain qui recourt à la télémédecine et à des évacuations vers Nuuk ou l’étranger pour les cas complexes.
Cette contrainte doit être intégrée dès la décision d’expatriation : un animal âgé, souffrant de pathologies chroniques ou nécessitant des interventions régulières complexes, risque de ne pas trouver au Groenland les soins adaptés. Il peut alors être plus raisonnable d’envisager une solution de garde ou d’adoption dans le pays de départ.
Avant le départ, constituez un dossier médical complet pour votre animal, incluant des analyses sanguines récentes, des examens d’imagerie si nécessaire et une liste précise des traitements en cours. Ces documents sont essentiels pour faciliter la prise en charge par un vétérinaire local au Groenland ou dans un pays de transit. Prévoyez également une réserve suffisante de médicaments essentiels, car l’accès aux pharmacies sur place est limité.
Recourir à un spécialiste du transport animal : utile ou superflu ?
Face à la complexité des procédures – combinaison de règles groenlandaises, exigences du pays d’origine, politiques des compagnies aériennes, éventuelles règles de transit dans l’Union européenne – beaucoup de familles font appel à des sociétés spécialisées dans le déménagement international d’animaux.
Ces entreprises, souvent membres de l’IPATA, coordonnent toutes les étapes du transport vers le Groenland : gestion vétérinaire, certificat de santé international, permis d’importation, réservations (soute/fret), et parfois service porte-à-porte. Elles peuvent fournir une expertise spécifique pour cette destination, incluant la fourniture de micropuces conformes, la validation des certificats par les autorités vétérinaires nationales et l’assurance que la caisse de transport respecte les normes IATA.
Pour un trajet vers un pays aussi isolé et réglementé que le Groenland, ce recours n’est pas un luxe. Il réduit le risque d’erreurs administratives et permet d’optimiser l’itinéraire, en tenant compte des restrictions sur certaines routes (absence de transport d’animaux sur certains vols Air Greenland, interdictions pour les brachycéphales chez Delta ou American, seuils de température maximum ou minimum à ne pas dépasser pour le transport en soute, etc.).
Le coût de ces services n’est pas négligeable, mais il doit être mis en balance avec le risque financier et émotionnel de voir un animal refoulé, placé en quarantaine ou renvoyé.
Vivre au quotidien avec un animal au Groenland : climat, culture et sécurité
Une fois toutes les démarches accomplies, l’avion posé à Nuuk et l’animal enregistré auprès de la commune, commence une autre phase : l’adaptation au quotidien arctique.
Pour les chiens, surtout ceux de moyenne ou grande taille, le climat froid peut être un atout plutôt qu’un handicap, à condition qu’ils disposent d’un pelage adapté et d’une bonne condition physique. En revanche, les périodes de noirceur prolongée en hiver, les surfaces glacées, les variations de température et la rareté des parcs urbains nécessitent de repenser les routines de promenade.
Les chiens de traîneau sont des animaux de travail, pas des animaux de compagnie. Ils sont souvent gardés en meute et ne doivent pas être approchés sans l’autorisation explicite de leur propriétaire.
Les chats d’intérieur s’acclimatent en général plus facilement, surtout s’ils disposent de stimulations et d’espace suffisant dans le logement. La grande difficulté reste l’accès aux soins et aux produits spécialisés (alimentation vétérinaire, litières spécifiques, médicaments), qui peuvent être rares ou très chers.
Pour les lapins, rongeurs, oiseaux et reptiles, l’hiver présente des défis thermiques et logistiques. Il est essentiel de maintenir des températures stables dans leur environnement malgré le froid, de s’assurer d’un approvisionnement en nourriture adaptée et d’anticiper les éventuelles coupures.
Enfin, la faible densité de services d’urgence – humains comme vétérinaires – impose d’avoir un plan de secours en tête : coordonnées d’un vétérinaire joignable à distance, assurance couvrant un rapatriement si nécessaire, et trousse de premiers secours animaux bien fournie.
Conclusion : une expatriation avec animal au Groenland, oui, mais pas à la légère
S’installer au Groenland avec un animal de compagnie est possible, mais ce projet n’a rien d’anodin. Il se heurte à une superposition de règles sanitaires, géographiques et administratives qui reflètent la fragilité de l’écosystème arctique, l’importance culturelle des chiens de traîneau et les limites structurelles du pays en matière de soins.
Pour réussir l’expatriation d’un animal, il faut accepter d’y consacrer plusieurs mois et être rigoureux à chaque étape : identification, vaccins, traitements, certificat de santé, autorisations, permis d’importation, réservation aérienne adaptée, caisse homologuée et préparation de l’arrivée. Un seul maillon manquant peut faire échouer l’ensemble.
En retour, ceux qui prennent ces précautions et s’assurent que leur animal est réellement apte à vivre dans un tel environnement peuvent partager une expérience unique : vivre avec leur compagnon dans l’un des territoires les plus spectaculaires de la planète, au cœur d’un paysage où les chiens, en particulier, font partie intégrante de l’histoire et de l’âme du pays.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour s’installer au Groenland, optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en gardant un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour un accompagnement complet (conseil fiscal international, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Groenland, Islande, Norvège, Canada arctique), la stratégie retenue a consisté à cibler le Groenland pour son niveau d’imposition globalement modéré, l’absence d’impôt sur la fortune, une pression immobilière limitée dans certaines zones et un environnement très sécurisé, tout en restant dans l’orbite européenne via le Royaume du Danemark. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence avec acquisition ou location longue durée d’un logement adapté au climat, détachement CNAS/CPAM, transfert de la résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors de France, centre des intérêts économiques…), mise en relation avec un réseau local (avocat, spécialiste immigration, interlocuteurs bilingues pour l’intégration et la logistique arctique) et intégration patrimoniale (analyse et restructuration si nécessaire).
Ce type d’accompagnement permet à ce futur retraité de réduire significativement sa fiscalité, d’explorer de nouveaux investissements (notamment dans les services locaux, l’énergie ou la logistique polaire) et d’optimiser sa transmission patrimoniale, tout en maîtrisant les risques (contrôles fiscaux français, gestion de la convention fiscale avec le Danemark, adaptation à un environnement isolé et extrême) et en alignant cette mobilité sur une stratégie de diversification patrimoniale globale et durable.
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