Le coût de la vie au Groenland pour les expatriés

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer au Groenland fait rêver: immensité glacée, aurores boréales, nuits polaires et proximité spectaculaire avec la nature. Mais derrière les paysages de carte postale se cache un des niveaux de prix les plus élevés au monde, avec une économie ultra-dépendante des importations, une offre de logements très limitée et des déplacements souvent aussi chers qu’un vol transatlantique. Pour un expatrié, le choc financier peut être brutal si l’on arrive sans préparation.

Bon à savoir :

Cet article fournit une analyse complète du coût de la vie, basée sur des données récentes, des comparaisons internationales et des témoignages. Il se concentre particulièrement sur Nuuk, la capitale, où se trouvent la majorité des opportunités professionnelles pour les expatriés.

Combien faut‑il prévoir par mois pour vivre au Groenland ?

Les estimations globales donnent une première idée de l’enveloppe à prévoir. Les calculs varient selon les sources et les méthodes, mais plusieurs ordres de grandeur se recoupent.

Pour un résident type, les plateformes de comparaison indiquent qu’une famille de quatre personnes dépense en moyenne autour de 38 219 DKK par mois et qu’une personne seule tourne autour de 15 732 DKK. D’autres jeux de données, plus détaillés et convertis en dollars, décrivent une réalité encore plus coûteuse pour les expatriés vivant dans les grandes villes du pays.

Un résumé utile est le suivant:

Profil de foyer (ensemble du Groenland)Coût mensuel moyen avec loyer (USD)Coût mensuel moyen hors loyer (USD)
Personne seule4 4052 805
Couple6 3194 719
Famille de 48 991,56 911,5

En parallèle, le salaire net mensuel moyen après impôt tourne autour de 28 836 DKK, soit environ 4 745 USD. Autrement dit, dans de nombreux cas, le revenu moyen couvre un peu plus d’un mois de dépenses “standard”, mais pas un niveau de vie très confortable.

Les données budgétaires distinguent aussi trois niveaux de vie typiques pour l’ensemble du pays:

Niveau de vie estimé (personne seule, ensemble du pays)Dépenses mensuelles avec loyer (USD)Dépenses mensuelles hors loyer (USD)
Budget serré2 4081 408
Niveau “confortable”4 405 (valeur moyenne)2 805
Niveau “confort / luxe”7 7355 335

La plupart des expatriés qualifiés se situent en pratique entre le niveau “budget serré” et “confortable”. Plus on ajoute de sorties, de voyages internes, d’activités touristiques (chien de traîneau, hélicoptère, croisières de glace), plus on se rapproche de la fourchette haute.

Il faut aussi garder en tête un constat assez frappant: dans un sondage, 78 % des résidents estiment que la vie au Groenland reste “abordable” à condition de bien budgéter, mais 22 % la jugent tout simplement “trop chère”. La discipline financière est donc un facteur clé de réussite de son expatriation.

Pourquoi la vie est‑elle si chère au Groenland ?

Le coût de la vie au Groenland ne s’explique pas par un niveau de consommation débridé, mais par la structure même du territoire.

Attention :

Le Nunavut est l’une des régions les plus isolées au monde, sans réseau routier reliant ses villes. Le climat rigoureux et l’immensité des distances obligent à importer la quasi-totalité des biens par bateau ou avion, via des trajets longs et aléatoires. Cette logistique complexe rend le coût de la vie extrêmement élevé, impactant la nourriture, l’énergie, les matériaux et les biens de consommation.

Ensuite, le climat arctique impose des besoins particuliers, notamment en matière de chauffage et de vêtements techniques. Le poste énergie est crucial: chauffer une habitation durant des hivers qui s’étirent d’octobre à mai n’a rien à voir avec ce que l’on connaît en Europe occidentale. De même, une grande partie de la garde‑robe doit être adaptée à des températures qui peuvent descendre sous les -20 °C, voire bien au‑delà selon les régions.

56000

C’est la population du Groenland, un facteur qui limite la concurrence et contribue à des prix élevés.

Comparativement, plusieurs études indiquent par exemple que le coût global de la vie au Groenland dépasse celui du Canada d’environ 13,7 %. Par rapport aux États‑Unis, l’ensemble du pays est estimé environ 40 % plus cher, avec des écarts spectaculaires sur l’alimentation (jusqu’à +70 % sur l’épicerie par rapport aux États‑Unis) ou les vêtements (plus du double pour certains articles).

Vivre à Nuuk, la capitale, coûte‑t‑il plus cher que dans le reste du pays ?

Nuuk concentre la majorité des expatriés, des institutions, de l’activité économique moderne et des infrastructures (hôpital national, université, sièges d’entreprises). La ville est aussi l’un des endroits les plus chers de l’Arctique.

Les comparaisons internationales la classent dans le top 15 % des villes les plus coûteuses au monde. Pour une personne seule, le coût moyen à Nuuk, loyer inclus, est estimé autour de 2 217 USD par mois, et pour une famille de quatre environ 5 059 USD. Sans loyer, ces montants tournent autour de 1 070 USD pour une personne et 3 118 USD pour un foyer de quatre.

Astuce :

Pour les candidats à l’expatriation, il est intéressant de noter que les prix à Nuuk, la capitale, sont légèrement inférieurs à la moyenne du Groenland pour plusieurs postes de dépenses courantes, tels que les restaurants, l’épicerie, les transports urbains et les loisirs. Cependant, le logement y est significativement plus cher. Ainsi, Nuuk combine des salaires généralement plus élevés et une meilleure offre de services, mais cela s’accompagne de loyers plus lourds.

Les comparaisons avec d’autres villes donnent une idée du choc tarifaire:

Comparaison internationale (coût de la vie)Nuuk est plus chère de…
Queenstown (Nouvelle‑Zélande)+65 %
Hong Kong+23 %
Copenhague+27 %
Honolulu (Hawaï)+17 %
Londres+23 %
Budapest+79 %
Bruxelles+44 %
Madrid+64 %
Le Caire+164 %
Delhi+156 %

Dans le détail, par rapport aux États‑Unis, Nuuk affiche des restaurants en moyenne 8,5 % moins chers, mais l’épicerie y est 17,5 % plus chère et les transports urbains près de 24 % plus coûteux. Le logement est légèrement moins cher que dans la moyenne américaine, mais cela ne compense pas toujours le reste.

Pour un expatrié, Nuuk offre le plus d’opportunités (emplois, réseau, services), mais au prix d’un seuil d’entrée financier élevé, notamment sur le logement.

Le logement : premier poste de dépense et principal casse‑tête

Tous les témoignages convergent: trouver un logement correct est probablement le défi numéro un pour un nouvel arrivant, bien avant le froid ou l’isolement. Le parc est limité, la construction est chère et compliquée, et la demande dépasse largement l’offre dans les principales villes, surtout à Nuuk.

Les enquêtes budgétaires indiquent qu’en moyenne, 28 % des dépenses des ménages sont consacrées au logement, pour un montant moyen d’environ 6 100 DKK par mois, avec toutefois une fourchette gigantesque qui va de 610 DKK à… 91 000 DKK selon la taille et le type d’habitation.

Dans les grandes lignes, on retrouve les ordres de grandeur suivants pour les loyers mensuels moyens:

Type de logement (ensemble Groenland, loyers moyens)Loyer moyen (DKK/mois)Fourchette typique (DKK/mois)
Studio3 5002 400 – 9 400
1 chambre5 7003 500 – 14 000
2 chambres7 1004 700 – 19 000
3 chambres9 4005 700 – 26 000
Maison de ville14 0009 400 – 40 000
Maison individuelle28 00011 000 – 57 000
Villa35 00014 000 – 57 000

Les données spécifiques “type expatrié” indiquent par ailleurs qu’une résidence principale se loue en moyenne autour de 1 600 USD par mois, avec un spectre allant de 1 000 à 2 400 USD.

7600

Le loyer mensuel moyen d’un appartement d’une chambre au centre-ville de Nuuk est d’environ 7 600 DKK.

Au‑delà des montants, c’est l’accès au logement qui pose problème. Les listes d’attente pour le parc public sont longues, parfois de plusieurs années. Beaucoup d’étrangers ne trouvent un toit que grâce à un logement de fonction fourni par l’employeur, notamment dans la santé, l’enseignement, la construction ou l’administration. Acheter un bien est possible, mais la plupart des nouveaux arrivants n’y ont pas accès immédiatement.

28000

Le prix au mètre carré pour l’achat d’un appartement en centre-ville dépasse les 28 000 DKK.

En résumé, pour un expatrié à Nuuk:

– Il est fortement recommandé de sécuriser un logement via l’employeur avant l’arrivée.

– Un appartement d’une chambre correct coûtera souvent entre 6 000 et 10 000 DKK par mois.

– Une famille aura du mal à trouver un trois pièces à moins de 10 000–15 000 DKK mensuels.

– Les charges de chauffage et d’électricité, bien que parfois subventionnées, aggravent la note globale.

Énergie, internet, mobile : un confort qui se paie

Au Groenland, les factures d’énergie représentent un poste significatif, mais pas nécessairement écrasant dans le budget, car les revenus moyens sont élevés et certaines dépenses sont encadrées. En moyenne, les ménages consacrent environ 6 % de leurs dépenses aux “utilities” (électricité, eau, chauffage), ce qui représente souvent entre 1 000 et 1 500 DKK par mois selon la taille du foyer.

Les données consolidées donnent les ordres de grandeur suivants:

Profil de foyerCoût moyen mensuel électricité / eau / gaz (DKK)Fourchette observée (DKK)
Personne seule1 100160 – 12 000
Couple1 200160 – 13 000
Famille1 500300 – 15 000

Dans certains échantillons, une facture d’électricité “type” est estimée autour de 55 USD par mois, l’eau à 75 USD, mais c’est surtout le chauffage qui fait exploser la ligne, avec une moyenne de 375 USD mensuels pour le gaz et le chauffage combinés. Sur une maison ou un grand appartement, les dépenses de chauffage durant l’hiver peuvent approcher ou dépasser l’équivalent de plusieurs centaines d’euros chaque mois.

Exemple :

Les télécommunications représentent un secteur stratégique et essentiel dans l’économie moderne, souvent considéré comme un poste clé en raison de son rôle dans la connectivité, l’infrastructure numérique et la transmission des données.

– Un abonnement internet fixe de 60 Mbps ou plus se facture en moyenne autour de 1 000–1 005 DKK par mois (environ 130–157 USD).

– Un forfait mobile avec appels et au moins 10 Go de données coûte en general autour de 400–500 DKK par mois.

À Nuuk, par exemple, les données mentionnent des factures internet autour de 1 000 DKK, et un résident explique que son abonnement serait d’environ 150 USD s’il n’était pas pris en charge par son employeur. Rapporté à des standards européens, l’internet groenlandais est cher, parfois lent, mais reste indispensable pour travailler, entretenir ses liens avec l’extérieur et accéder aux services en ligne.

L’ensemble “loyer + énergie + internet + mobile” finit facilement par représenter 40 % ou plus du budget mensuel d’un expatrié, même avec un bon salaire local.

Remplir son frigo : l’épicerie, un choc pour le portefeuille

L’alimentation est, avec le logement, l’autre grand poste de dépenses qui surprend les nouveaux arrivants. Faute d’agriculture locale significative, la plupart des produits doivent être importés, souvent sur de longues distances, avec des coûts de transport élevés. Résultat: les prix des denrées courantes sont souvent deux à trois fois ceux des supermarchés européens ou nord‑américains.

Les enquêtes indiquent qu’en moyenne, l’épicerie représente 26 % du budget mensuel des ménages, pour une dépense typique de 5 000 DKK par mois. Pour une personne seule, la facture de courses mensuelle tourne autour de 2 900 DKK; pour un couple autour de 3 700 DKK; et pour une famille autour de 5 700 DKK.

En pratique, les fourchettes sont très larges:

Type de foyerDépense moyenne mensuelle de courses (DKK)Fourchette rapportée (DKK)
Personne seule2 900410 – 32 000
Couple3 700560 – 34 000
Famille5 7001 100 – 54 000

Pour se faire une idée concrète, quelques prix courants observés au Groenland:

Produit (épicerie)Prix moyen (DKK)
Lait 1 L12–18 DKK
Douzaine d’œufs30–33 DKK
Pain blanc (1 lb / ~450 g)~23 DKK
Tomates (1 kg)~30 DKK
Pommes (1 kg)~60 DKK
Pommes de terre (1 kg)~45 DKK
Fromage local (500 g)~100 DKK
Blanc de poulet (500 g)~69 DKK
Bière locale 0,5 L (supermarché)~23–40 DKK
Bouteille de vin rouge de bonne qualité~150–213 DKK
Pain pour 2 personnes pour 1 jour~33 DKK

Un témoignage détaillé à Nuuk évoque unes note mensuelle d’environ 430 USD pour l’alimentation d’une personne, malgré des habitudes plutôt raisonnables (courses dans une grande enseigne offrant 3 % de cashback). Cela illustre qu’un expatrié qui mange comme en Europe, avec fruits frais, légumes, viande et produits laitiers, verra vite sa facture s’envoler.

Plusieurs éléments pratiques en découlent:

Bon à savoir :

Les produits frais (fruits, légumes) sont rares, chers et de qualité variable. L’alimentation quotidienne repose donc principalement sur les produits secs, en conserve ou surgelés (riz, pâtes, viande congelée). Les spécialités locales (poisson, fruits de mer, gibier) peuvent être plus accessibles via les circuits locaux ou les activités de subsistance comme la pêche et la chasse.

En restauration, la tendance est la même: un repas dans un restaurant bon marché commence autour de 100–120 DKK, un menu dans un établissement de gamme moyenne pour deux personnes s’affiche souvent entre 550 et 700 DKK, et un repas plus gastronomique peut facilement grimper à 1 200 DKK pour deux sans les boissons. Un simple combo dans un fast‑food type McDonald’s traîne autour de 100–110 DKK.

Pour beaucoup d’expatriés, cuisiner chez soi, limiter l’alcool (très cher) et privilégier les produits locaux de saison ou de la mer sont des leviers indispensables pour contenir les coûts.

Se déplacer : un budget quotidien raisonnable, des distances ruineuses

À l’intérieur d’une ville comme Nuuk, les coûts de transport restent relativement contenus. Un ticket de bus simple coûte autour de 20–21 DKK, un abonnement mensuel de transports en commun environ 550–580 DKK. Les taxis sont en revanche nettement plus chers qu’en Europe: la prise en charge tourne autour de 22–36 DKK, avec un prix au kilomètre proche de 64 DKK. Un court trajet de quelques kilomètres revient vite à l’équivalent de 20–30 USD.

2000

Le budget transport mensuel des ménages au Danemark est d’environ 2000 DKK, soit près de 9 % de leurs dépenses totales.

C’est lorsque l’on veut se déplacer entre villes que la facture devient spectaculaire. Il n’existe pratiquement aucune route interurbaine: les déplacements entre localités se font en avion, en hélicoptère ou en bateau. Un vol domestique peut coûter entre 200 et 800 USD par segment, parfois autant qu’un vol transatlantique. Les liaisons en bateau de passagers, comme celles de l’Arctic Umiaq Line le long de la côte ouest, affichent aussi des tarifs élevés, de l’ordre de plusieurs centaines d’euros pour quelques jours de trajet.

Pour un expatrié, cela signifie que: il doit s’adapter à une nouvelle culture, apprendre une nouvelle langue et souvent trouver un nouvel emploi. Les défis peuvent inclure la gestion de la solitude, les différences de style de vie et l’accès aux services locaux.

Exemple :

Pour les expatriés, les déplacements personnels représentent un budget conséquent. Les week-ends dans une ville voisine ont un coût financier non négligeable. Les retours au pays d’origine constituent une dépense majeure, un aller-retour vers l’Europe ou l’Amérique du Nord coûtant généralement entre 1 000 et 2 500 USD selon la saison et l’anticipation. De plus, la voiture personnelle offre moins de liberté : il est rare de quitter sa ville par la route et le prix du carburant reste élevé.

Face à cela, beaucoup de résidents adoptent un mode de vie très local, se déplaçant essentiellement à pied, en bus ou en taxi à l’intérieur de la ville, et ne voyageant que rarement entre régions.

Santé : système public gratuit pour les résidents, assurances indispensables pour les expatriés

Sur le papier, le système de santé groenlandais est universel et gratuit pour les résidents. Les personnes enregistrées comme résidentes et soumises à l’impôt au Groenland peuvent en principe accéder gratuitement aux soins dans le système public: consultations chez le généraliste, hospitalisation à l’hôpital national de Nuuk (Queen Ingrid’s Hospital) ou dans les hôpitaux régionaux, soins infirmiers à domicile, une partie des soins dentaires et des médicaments prescrits.

Pour un expatrié venant s’installer pour un emploi, l’accès à ce système dépend du statut:

Attention :

Avec un permis de séjour et de travail et une inscription officielle comme résident, l’accès au système public de santé est progressif et soumis à des critères. Pour les séjours courts ou missions temporaires, une assurance santé internationale complète, incluant les évacuations médicales, est impérative.

Les raisons sont multiples. L’infrastructure médicale sur place reste limitée: seul l’hôpital de Nuuk dispose d’un plateau technique avancé (IRM, scanner), les hôpitaux régionaux n’ont pas de CT‑scan, et nombre de petites localités ne disposent que de centres de santé sans médecin permanent, fonctionnant en grande partie avec la télémédecine. En cas de pathologie grave ou complexe, les patients sont fréquemment évacués au Danemark ou parfois en Islande, ce qui entraîne des coûts très élevés.

Les données de dépenses personnelles confirment que la santé pèse lourd dans le budget:

1400

En moyenne, les ménages consacrent environ 8 % de leurs dépenses, soit 1 400 DKK par mois, à la santé.

Même si la consultation ponctuelle n’est pas stratosphérique (une visite de 15 minutes chez un médecin privé est facturée autour de 300 DKK, des médicaments contre le rhume autour de 70 DKK), c’est surtout le risque de transports médicaux (hélicoptère, avion sanitaire) et d’hospitalisation à l’étranger qui justifie une couverture robuste. Les autorités sanitaires exigent d’ailleurs souvent une garantie de paiement de l’assureur avant d’organiser certaines évacuations.

Pour un expatrié, la prudence minimal consiste donc à:

– Vérifier que son contrat de travail donne bien accès au système public dans un délai raisonnable.

– Souscrire, au moins pour les premiers mois, une assurance santé internationale avec évacuation.

– Garder à l’esprit que l’accès aux soins spécialisés peut impliquer des déplacements coûteux, même en étant résident.

Éducation et garde d’enfants : cher, mais souvent moins que dans certains pays occidentaux

Pour les familles expatriées avec de jeunes enfants, les coûts de garde et de scolarité sont un élément majeur de calcul. Au Groenland, l’éducation publique est en grande partie financée par l’État, mais les formules privées et internationales, plus attractives pour des parents étrangers, peuvent rapidement faire grimper la facture.

Quelques repères:

– Une place en crèche ou jardin d’enfants privé pour un enfant coûte autour de 3 800–4 200 DKK par mois, soit près de 600 USD.

– Une école primaire internationale facture des frais annuels proches de 70 000–75 000 DKK, soit autour de 8 500 USD par an.

1200

La dépense mensuelle moyenne pour l’éducation est de 1 200 DKK, représentant 6 % du budget des ménages.

Par rapport à des pays comme les États‑Unis, les frais de garde sont parfois jugés “modérés” (la garde d’enfants y est indiquée comme 54 % moins chère qu’aux États‑Unis), mais ramenés au niveau de revenu et au reste des coûts de la vie, cela reste une charge importante. Pour de nombreux expatriés, faire financer ou cofinancer la scolarité des enfants par l’employeur est un point clé de négociation.

Vêtements et équipement grand froid : un investissement difficile à éviter

Vivre au Groenland implique de revoir entièrement sa garde‑robe, surtout si l’on vient d’un climat tempéré. Les prix de l’habillement reflètent à la fois l’importation intégrale des articles, la nécessité d’acheter des vêtements techniques performants et un marché de niche.

Quelques repères moyens:

Article vestimentairePrix moyen (DKK)
Jean type Levi’s 501~1 037–1 200
Robe d’été (grande enseigne)325–1 179
Chaussures de sport (Nike, etc.)~866–930
Chaussures de ville cuir homme~1 500

Les costumes d’hiver complets (parka technique, pantalon isolant, bottes d’hiver, gants multicouches, sous‑couches en laine mérinos, etc.) ne sont pas détaillés article par article dans les statistiques, mais les guides locaux rappellent qu’il est indispensable de suivre un système de couches (sous‑vêtement thermique, couche isolante, couche coupe‑vent et imperméable) et d’investir dans des matériaux de qualité. En pratique, équiper une famille entière pour l’hiver peut représenter plusieurs milliers de couronnes.

6

Les ménages consacrent en moyenne 6 % de leurs dépenses à l’habillement.

Loisirs, sorties et vie sociale : tout devient vite un luxe

La vie au Groenland est fortement tournée vers la nature: randonnées, balades en bateau, observation des baleines, ski, kayak, chien de traîneau. Une partie de ces activités peut être pratiquée à peu de frais, surtout pour les résidents qui disposent de leur propre matériel. Mais dès qu’il faut recourir à un opérateur touristique, les tarifs sont proches de ceux d’un voyage de haute gamme.

On trouve par exemple:

Activités et excursions au Groenland

Découvrez une sélection d’expériences uniques pour explorer les paysages arctiques, avec les fourchettes de prix indicatives par personne.

Tour de glacier

Explorez les majestueux glaciers avec un guide expérimenté. Prix indicatif : entre 200 et 400 USD.

Sortie en bateau parmi les icebergs

Naviguez au cœur des eaux polaires pour observer de près les icebergs sculpturaux. Prix indicatif : environ 100 à 300 USD.

Excursion en traîneau à chiens

Vivez une aventure traditionnelle en traîneau tiré par des huskies à travers les étendues enneigées. Prix indicatif : entre 150 et 300 USD.

Tour en hélicoptère

Survolez les paysages époustouflants du Groenland pour une vue aérienne inoubliable. Prix indicatif : de 500 à 800 USD.

Dans la vie quotidienne, les sorties plus simples ne sont pas bon marché pour autant:

Un dîner basique pour deux dans un pub de quartier: autour de 500 DKK.

– Un dîner pour deux dans un restaurant italien “expat friendly”: environ 1 200 DKK.

– Deux billets de cinéma: autour de 120–180 DKK.

Un cocktail en club: plus de 200 DKK (environ 234 DKK dans certains relevés).

– Une bière de 500 ml dans un bar de quartier: près de 79 DKK.

Bon à savoir :

Pour un expatrié, les dépenses mensuelles moyennes pour les loisirs (cinéma, cafés, sorties) s’élèvent à environ 160 USD. Un abonnement dans une salle de sport coûte généralement entre 330 et 370 DKK par mois. Les revenus sont élevés mais le coût des activités payantes l’est également.

Beaucoup d’expatriés compensent en privilégiant les activités gratuites: randonnées autour de la ville, sorties photo, observation des aurores boréales, soirées entre amis à domicile plutôt qu’au bar. Mais dans un contexte déjà marqué par l’isolement et un climat difficile, la tentation d’acheter des “petits plaisirs” (restaurants, sorties, voyages) reste forte, avec un impact direct sur le budget.

Fiscalité, salaires et pouvoir d’achat : un équilibre délicat

Le système fiscal groenlandais repose sur un impôt à la source, prélevé directement sur les salaires. Les taux varient selon les communes, mais peuvent atteindre jusqu’à 44 % du revenu, combinant un impôt national de 10 %, une part communale (26–28 %) et une contribution intercommunale d’environ 6 %. Il n’existe pas de TVA, pas d’impôt sur la fortune, ni de véritable taxe foncière pour l’usage privé, mais des droits d’accises frappent de nombreux biens importés (alcool, tabac, carburants, produits de luxe).

Bon à savoir :

Pour un salarié expatrié, une part significative du salaire brut est prélevée par l’impôt. En contrepartie, le pays offre un système de santé, d’éducation et d’infrastructures subventionnés. L’employeur doit verser une contribution au marché du travail (AMA), et un dispositif de retraite obligatoire existe pour les résidents à plein temps.

Les statistiques indiquent que:

– La dépense moyenne des ménages équivaut à environ 82 % de leur revenu, ce qui laisse peu de marge d’épargne spontanée.

– Environ 24 % de la population a des dettes (prêts personnels, auto, cartes de crédit, hypothèques), avec un ratio dette / revenu moyen de 27 %.

– Les objectifs financiers principaux déclarés par les résidents sont le remboursement des dettes, l’accession à la propriété, mais aussi les voyages et l’investissement.

Pour un expatrié, la clé est de ne pas se laisser griser par un salaire nominal élevé. Il faut comparer ce salaire au coût réel du panier de consommation local et anticiper l’impôt. Un salaire qui semble très confortable vu d’Europe continentale peut, une fois converti en pouvoir d’achat à Nuuk, se transformer en revenu simplement “correct”.

Vivre au Groenland en expatrié : à quelles conditions cela reste‑t‑il viable ?

Malgré ce portrait budgétaire exigeant, une majorité de résidents – y compris des Groenlandais eux‑mêmes – affirment que la vie peut rester “abordable” si l’on accepte certaines concessions. Dans les sondages, 78 % estiment que le pays est vivable avec une bonne gestion financière, et plus de 60 % disent réussir à trouver des alternatives moins coûteuses pour une partie de leurs achats.

Pour un expatrié, les leviers d’ajustement sont assez clairs:

Astuce :

Pour une expatriation financièrement sereine, plusieurs stratégies sont essentielles. Négociez un package d’arrivée comprenant logement fourni ou subventionné, une prise en charge au moins partielle de l’internet et des billets d’avion annuels vers le pays d’origine, et éventuellement une participation aux frais de scolarité. Limitez la fréquence des voyages internes et escapades touristiques payantes en les planifiant comme des ‘grandes vacances’ plutôt que des loisirs de week-end. Adoptez un mode de consommation frugal : cuisinez à la maison, réduisez la consommation d’alcool et la restauration, et privilégiez les activités gratuites en nature. Investissez intelligemment dans des vêtements et équipements de qualité pour éviter des rachats répétés. Enfin, établissez un budget très détaillé avant l’installation en utilisant les fourchettes hautes pour les postes comme le loyer, l’énergie et l’épicerie.

En retour, le Groenland offre une expérience de vie unique: une nature omniprésente, un rythme plus calme que dans les grandes métropoles, un environnement culturel marqué par les traditions inuit et une communauté relativement soudée. Beaucoup de résidents soulignent la qualité de l’air, la sécurité, la faible criminalité, ainsi que la possibilité de vivre plus proche des éléments – pour le meilleur comme pour le pire.

La question clé pour un expatrié n’est donc pas seulement “combien ça coûte”, mais “qu’est‑ce que je reçois en échange ?”. Si l’on vient pour maximiser son épargne, le Groenland n’est probablement pas la destination idéale. Si l’on cherche en revanche une expérience de vie atypique, dans un pays extrême qui se paie cher mais rend en authenticité ce qu’il prélève en couronnes, alors le coût de la vie, aussi élevé soit‑il, peut devenir un investissement assumé plutôt qu’une mauvaise surprise.

Conseil pour les expatriés
Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale vers le Groenland pour optimiser sa charge imposable, diversifier ses investissements et conserver un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour un accompagnement complet (conseil fiscal international, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Groenland, Islande, Norvège, Canada nordique), la stratégie retenue a consisté à cibler le Groenland pour sa fiscalité modérée, la faible pression patrimoniale, le coût de la vie hors grandes bases urbaines et l’environnement géopolitique stable. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence via bail longue durée ou achat, organisation de la couverture santé internationale, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques…), mise en relation avec un réseau local (avocat, spécialiste immigration, interlocuteurs bilingues) et intégration patrimoniale globale (analyse et restructuration si nécessaire), tout en gérant les risques de double imposition par conventions et de contrôle fiscal français.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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