Fiscalité en Gambie pour les expatriés : impôt sur le revenu et taxe foncière décodés

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer en Gambie comme salarié, retraité ou investisseur immobilier attire de plus en plus d’étrangers, séduits par le coût de la vie modéré, le climat et un cadre juridique relativement simple. Mais derrière cette image de destination accessible se cache un système fiscal à part entière, avec ses spécificités sur l’impôt sur le revenu, la taxation des loyers et les taxes liées à la propriété immobilière. Pour un expatrié, bien comprendre ces règles est indispensable pour éviter les mauvaises surprises, mais aussi pour profiter, le cas échéant, des régimes favorables.

Bon à savoir :

Cet article détaille les principaux aspects fiscaux gambiens pour les expatriés, incluant la définition du statut de résident fiscal, le barème de l’impôt sur le revenu, les prélèvements sur les salaires, ainsi que la fiscalité applicable aux loyers, aux plus-values (capital gains) et un panorama spécifique des taxes immobilières, assimilables à une taxe foncière.

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Cadre général : qui gère les impôts en Gambie et à qui s’appliquent-ils ?

Le système fiscal est administré par la Gambia Revenue Authority (GRA), qui centralise la collecte de la plupart des impôts directs et indirects. La GRA travaille de concert avec d’autres institutions, notamment la National Social Security and Housing Finance Corporation (NSSHF) pour la sécurité sociale, et le ministère des Terres pour tout ce qui touche à l’immobilier et aux taxes locales.

Pour un expatrié, la clé est d’abord de savoir s’il est considéré comme résident fiscal en Gambie. Deux critères principaux sont pris en compte :

Astuce :

Pour être considéré comme résident fiscal en France, il faut remplir l’un des deux critères suivants : soit avoir une présence physique de plus de 183 jours au cours d’une année fiscale, soit avoir un foyer permanent et une résidence habituelle dans le pays.

Dès lors qu’un de ces critères est rempli, la personne est réputée résidente fiscale. Cela a une conséquence majeure : un résident est imposé sur ses revenus mondiaux, alors qu’un non‑résident n’est taxé que sur ses revenus de source gambienne.

Cette distinction est centrale pour les travailleurs expatriés, mais aussi pour les retraités qui envisagent de percevoir leur pension tout en vivant principalement en Gambie.

Impôt sur le revenu des personnes physiques : comment les expatriés sont-ils taxés ?

La Gambie applique un impôt sur le revenu progressif. Les réformes entrées en vigueur en 2025 ont relevé le seuil d’exonération et clarifié les tranches, même si plusieurs sources font apparaître des barèmes légèrement différents selon les périodes ou les textes.

Le barème progressif à partir de 2025

Depuis le 1er janvier 2025, un seuil d’exonération annuel de 36 000 GMD (soit 3 000 GMD par mois) s’applique. En dessous de ce seuil, aucun impôt sur le revenu n’est dû. Au‑delà, les tranches suivantes sont indiquées comme étant en vigueur :

Tranche annuelle de revenu imposable (GMD)Taux d’imposition
0 – 36 0000 %
36 001 – 108 00015 %
108 001 – 240 00020 %
Au‑dessus de 240 00025 %

D’autres textes cités mentionnent encore un barème plus ancien, avec des tranches jusqu’à 400 000 GMD et un taux marginal de 30 %, voire une référence à un taux maximal de 35 % pour des revenus dépassant 64 000 GMD. Tout laisse penser que le système a été progressivement réformé, pour aboutir à un plafond de l’impôt sur le revenu de l’ordre de 25 %30 %, selon les sources et l’année considérée.

Pour un expatrié arrivé récemment, il est raisonnable de se référer au barème 0–36 000 GMD exonérés, puis 15 %, 20 %, et 25 % au‑delà de 240 000 GMD, tout en vérifiant auprès de la GRA ou d’un conseil local que ces tranches sont bien celles appliquées l’année en cours.

Système PAYE : comment l’impôt est-il prélevé sur les salaires ?

Pour les salariés, l’impôt est retenu à la source via le système Pay As You Earn (PAYE). Concrètement, l’employeur :

Exemple :

L’employeur calcule d’abord le revenu imposable du salarié pour le mois en déduisant certaines charges autorisées du salaire brut. Ensuite, il applique le barème d’imposition annuel, qu’il divise par 12 pour obtenir le taux mensuel. Après avoir déterminé le montant de l’impôt dû, il le retient sur le salaire et doit le reverser à la GRA (Générale des Recettes Administratives) au plus tard le 15 du mois suivant.

Ce mécanisme s’applique aux salariés gambiens comme aux expatriés. Dès qu’un employé perçoit plus de 3 000 GMD par mois (36 000 GMD par an), il entre dans le champ de l’impôt sur le revenu.

Les travailleurs indépendants et les personnes percevant des revenus hors salariat (consultants, professions libérales, etc.) n’entrent pas dans le système PAYE. Ils doivent déposer des déclarations trimestrielles et s’acquitter eux‑mêmes de leurs acomptes d’impôt.

Résidents versus non‑résidents : quels revenus sont imposés ?

Pour les expatriés, le critère des 183 jours est déterminant :

un résident fiscal est imposé sur l’ensemble de ses revenus mondiaux ;

– un non‑résident n’est taxé que sur ses revenus de source gambienne (salaire versé pour un emploi exercé sur le territoire, loyers d’immeubles situés en Gambie, plus‑values sur des actifs gambiens, etc.).

Attention :

Pour les retraités, si la présence annuelle en Gambie dépasse 183 jours, la pension de source étrangère est en principe imposable localement. La législation gambienne prévoit des mécanismes, comme des crédits d’impôt, pour éviter une double imposition excessive lorsque des impôts ont déjà été prélevés à l’étranger sur cette pension.

Dons, charges et avantages en nature : quelles déductions possibles ?

Le calcul du revenu imposable tient compte de certains abattements et déductions. On retrouve principalement :

une réduction personnelle de base pour les résidents, dont le montant exact est fixé par la loi fiscale ;

– la contribution obligatoire du salarié à la NSSHF (10 % du salaire brut), déductible de l’assiette de l’impôt sur le revenu ;

– les cotisations de l’employeur à un fonds de pension agréé, déductibles jusqu’à 25 % du revenu annuel du salarié ;

– dans certains cas, la possibilité de déduire des dépenses spécifiques (médicales, éducatives) lorsque la loi le prévoit, même si ce type de déduction reste moins courant et requiert une analyse au cas par cas.

À l’inverse, les avantages en nature sont lourdement taxés. Les avantages comme le logement de fonction ou un véhicule de société supportent un taux spécifique d’environ 27 %, ce qui pénalise les packages de rémunération trop « chargés » en nature plutôt qu’en salaire direct.

Sécurité sociale (NSSHF) : une ponction double sur le salaire

La Gambie ne connaît pas une pléiade de contributions sociales comme certains pays européens, mais un dispositif central : les cotisations versées à la National Social Security and Housing Finance Corporation (NSSHF). Celles‑ci financent des prestations de retraite, de logement social et d’autres dispositifs sociaux.

Les taux usuels sont les suivants

Cette phrase indique la présentation des taux d’intérêt ou de change habituellement appliqués.

ContributeurTaux sur le salaire brutMode de versement
Employeur10 %Versé mensuellement à la NSSHF
Employé10 %Retenu sur salaire par l’employeur

Le salarié expatrié voit donc son salaire brut réduit de 10 % au titre de ces cotisations, en plus de l’impôt PAYE. Cette contribution obligatoire est néanmoins déductible pour le calcul de l’impôt sur le revenu.

Les employeurs doivent, eux, régler la part patronale à la NSSHF avant la fin du mois suivant le paiement des salaires, sous peine de pénalités.

Quota expatrié : une taxe à la charge de l’employeur pour chaque étranger

Au‑delà de l’impôt sur le revenu et de la NSSHF, un dispositif spécifique concerne les travailleurs non gambiens : l’« expatriate quota tax » ou taxe de quota expatrié. Il s’agit d’un prélèvement annuel dû par tout employeur qui recrute un étranger.

Les montants sont fixes, indépendamment du salaire versé :

Nationalité de l’employé expatriéMontant annuel de la taxe (GMD)Particularité
Citoyen d’un pays de la CEDEAO10 000Ne peut pas être retenu sur le salaire
Autre nationalité50 000À la charge exclusive de l’employeur

Certains documents évoquent un montant de 40 000 GMD pour les nationalités hors CEDEAO, ce qui souligne la nécessité de vérifier la grille en vigueur auprès de l’immigration ou de la GRA. Quoi qu’il en soit, ce prélèvement n’est pas récupérable sur le salarié : la loi interdit à l’employeur de l’imputer sur la rémunération.

Pour les expatriés, cette taxe affecte indirectement le coût global de leur emploi, et donc la marge de négociation salariale.

Convention fiscale et double imposition : où en est la Gambie ?

Pour les ressortissants étrangers, la question de la double imposition est sensible : comment éviter de payer l’impôt deux fois, dans le pays d’origine et en Gambie ?

La Gambie a signé des conventions de non‑double imposition avec certains États, notamment le Royaume‑Uni, la Norvège, la Suède, la Suisse et Taïwan. En revanche, aucune convention n’existe à ce jour avec la France, la Belgique ou le Canada. Pour les expatriés de ces pays, il y a donc un risque réel de double imposition, en particulier sur les pensions et certains revenus du capital.

Crédit d’impôt en Gambie

Mécanisme de prévention de la double imposition pour les résidents gambiens, applicable même en l’absence de traité.

Principe du crédit d’impôt

Un résident gambien peut imputer l’impôt déjà payé à l’étranger sur un revenu, dans la limite de l’impôt gambien théorique dû sur ce même revenu.

Effet du mécanisme

Ce crédit ne supprime pas l’imposition dans le pays d’origine, mais évite une double imposition complète sur le même revenu.

À l’inverse, dans les pays disposant d’une convention avec la Gambie, les règles de répartition du pouvoir d’imposer (État de résidence, État de la source) et les méthodes d’élimination de la double imposition (crédit ou exonération) sont précisément encadrées.

Pour un expatrié, surtout s’il reste résident fiscal de son pays d’origine, un point avec un spécialiste en fiscalité internationale s’impose, afin d’anticiper la déclaration dans les deux systèmes et l’utilisation éventuelle des crédits d’impôt.

Fiscalité de l’immobilier : existe‑t‑il une « taxe foncière » en Gambie ?

Parler de « taxe foncière » en Gambie nécessite de distinguer plusieurs niveaux. Le système ne reproduit pas à l’identité les schémas connus en Europe, mais il existe bel et bien des prélèvements récurrents et ponctuels liés à la détention et à la transmission de biens immobiliers.

Taxe locale annuelle : les « property rates »

Sur le plan local, les conseils municipaux et régionaux disposent du pouvoir de prélever une taxe annuelle sur les propriétés, souvent désignée sous le terme de « rates ». Juridiquement, cette compétence découle d’une loi générale sur les taux locaux (General Rate Act), complétée par le Rating Valuation Act qui encadre les méthodes d’évaluation.

En pratique, cette taxe annuelle :

– s’applique aux propriétaires de biens immobiliers dans le ressort d’une collectivité (bâtis et, parfois, terrains nus) ;

– est calculée sur la base d’une valeur locative ou de marché (rateable value), parfois remplacée par des tarifs forfaitaires dans les zones où les évaluations sont difficiles à mettre à jour ;

– finance principalement les services locaux (voirie, gestion urbaine, collecte des déchets, etc.).

Certains textes indiquent de façon contradictoire qu’il « n’existe pas de taxe foncière en Gambie », mais ils semblent se référer à l’absence d’un impôt national sur la propriété analogue à celui de certains pays. Pour un propriétaire expatrié, la réalité est qu’il devra s’acquitter d’un prélèvement local annuel sur son bien, même si le niveau reste modeste par rapport à d’autres juridictions.

Achat d’un bien : droits de mutation, droits d’enregistrement et frais annexes

L’acquisition d’un bien immobilier en Gambie ne donne pas lieu à une TVA sur le prix, mais elle entraîne plusieurs taxes et frais obligatoires, qui s’apparentent aux droits de mutation à titre onéreux.

Les principaux postes sont les suivants :

Type de coûtTaux ou montant indicatifÀ la charge de…
Stamp Duty (droit de timbre)2 % à 5 % de la valeur du bien selon les sourcesEn général l’acheteur
Property Transfer TaxEnviron 5 % du prix d’achatAcheteur
Frais d’enregistrementPourcentage fixe de la valeur (variable selon les cas)Acheteur
Honoraires d’avocatEnviron 1 % à 3 % du montant de la transactionSouvent l’acheteur
Commission d’agence immobilièreEnviron 5 % à 10 % du prix de venteLe plus souvent l’acheteur
Frais administratifs diversPar ex. 31 500 GMD pour la préparation d’un sous‑bailAcheteur ou vendeur selon accord

Le droit de timbre (Stamp Duty) est nécessaire pour donner une valeur juridique pleine aux documents de transfert (acte de cession, bail à long terme, etc.). La Property Transfer Tax, souvent autour de 5 %, est un impôt gouvernemental lié au changement de propriétaire. Sans paiement de ces droits, la mutation ne peut être régulièrement enregistrée au registre des actes.

Bon à savoir :

Pour un expatrié acheteur, il est recommandé de prévoir, en plus du prix d’achat, un budget supplémentaire de 10 % à 15 % pour couvrir l’ensemble des frais de transaction. Ce coussin financier inclut notamment le recours à un avocat local, quasi indispensable pour vérifier le titre de propriété, les servitudes éventuelles et la conformité des documents.

Fiscalité des revenus locatifs : 8 % ou 15 % sur le loyer brut

Les loyers perçus d’un bien immobilier situé en Gambie sont soumis à un impôt spécifique sur les revenus locatifs. Tous les propriétaires sont visés, qu’ils soient gambiens ou étrangers, résidents ou non‑résidents.

Le régime est simple et repose sur un taux proportionnel appliqué au loyer brut :

Type de locationAssietteTaux d’imposition
Location résidentielleLoyer brut annuel8 %
Location commerciale / bureauxLoyer brut annuel15 %

Certains textes soulignent que ce niveau de taxation des loyers résidentiels, limité à 8–10 %, figure parmi les plus faibles d’Afrique de l’Ouest. Pour un expatrié investisseur, ce point est particulièrement attractif, car il permet de dégager un rendement net correct avec une fiscalité relativement douce.

Dans la pratique, la législation prévoit la possibilité de déduire certaines dépenses (réparations, intérêts d’emprunt, amortissement) pour déterminer un revenu locatif net. Toutefois, nombre de sources et acteurs du marché évoquent un mécanisme fonctionnant en pratique sur le brut, ce qui incite à se faire confirmer par la GRA la doctrine appliquée sur le terrain.

Les déclarations de revenus locatifs sont en principe annuelles, avec des paiements effectués par acomptes, souvent sur une base trimestrielle.

Capital gains tax : taxation de la plus‑value à la revente

La cession d’un bien immobilier en Gambie fait intervenir un impôt sur les plus‑values (Capital Gains Tax). Cette fiscalité s’applique :

S’applique : à toute personne qui vend un actif capitalistique (terrain, maison, appartement, parts de société) situé en Gambie ; et, pour les résidents gambiens, même lorsqu’ils cèdent un actif situé à l’étranger.

Champ d’application de l’impôt sur les plus-values en Gambie

Pour les particuliers, la règle de calcul repose sur une comparaison entre deux références :

15 % du gain net réalisé (prix de vente – prix d’achat – frais admissibles) ;

5 % du prix de vente total.

L’impôt dû est le plus élevé des deux montants. Pour les sociétés, les pourcentages sont plus lourds (25 % du gain ou 10 % du prix de vente).

Un exemple illustre ce mécanisme : pour un bien revendu 2 000 000 GMD, acheté 1 500 000 GMD avec 120 000 GMD de frais déductibles, le gain ressort à 380 000 GMD. Quinze pour cent de 380 000 GMD donnent 57 000 GMD, tandis que 5 % du prix de vente (2 000 000 GMD) représentent 100 000 GMD. L’impôt dû est donc de 100 000 GMD, la formule la plus élevée.

Certaines exonérations existent, notamment :

vente de la résidence principale, occupée par le contribuable ou ses parents durant les deux années précédant la cession, sous réserve de réinvestir l’intégralité du produit de la vente dans un autre logement dans un délai d’un an ;

– vente de terres agricoles exploitées par le contribuable ou ses parents dans les deux années précédentes, avec réinvestissement total dans un autre terrain agricole dans les deux ans.

Les pertes en capital peuvent être reportées sur les gains ultérieurs, ce qui permet d’optimiser la fiscalité de portefeuilles immobiliers ou d’actifs financiers.

Pour les expatriés, cet impôt sur la plus‑value se combine potentiellement avec la fiscalité du pays d’origine. En présence d’une convention, la question est réglée par le traité ; en l’absence de convention, il faut se référer aux crédits d’impôt éventuellement prévus par chaque droit interne.

Régime de détention : freehold, leasehold et droits des étrangers

Les règles de propriété foncière en Gambie s’inspirent largement du système britannique. Les étrangers peuvent acquérir et détenir des biens immobiliers avec relativement peu de restrictions, notamment via :

des droits de pleine propriété (freehold), principalement pour certains terrains urbains ;

des baux à long terme (leasehold), souvent conclus pour 50 à 99 ans, avec possibilité de renouvellement.

Les baux de 99 ans sont fréquents et jouissent d’une protection constitutionnelle (Constitution de 1997). Dans ce cadre, le titulaire principal du bail est redevable des taxes foncières locales auprès du conseil régional (par exemple, Brikama Area Council) et répercute pratiquement ces montants sur les sous‑locataires sous forme de charges annuelles.

Avant toute acquisition, les autorités exigent :

l’enregistrement du titre auprès du ministère des Terres et de l’administration régionale ;

la vérification cadastrale avec attribution d’un identifiant de parcelle ;

l’obtention d’une lettre de consentement gouvernementale et l’aval du conseil local pour les baux.

Pour un expatrié, le passage par un avocat local est fortement conseillé afin de vérifier l’authenticité du titre, l’absence d’inscriptions contradictoires (litige foncier, hypothèque, etc.) et la correcte perception des taxes foncières par les autorités locales.

Taxes municipales et frais de gestion

Outre les property rates annuels, certaines collectivités facturent des redevances additionnelles, comme des taxes d’ordures ménagères ou des contributions pour des services spécifiques. Dans les ensembles immobiliers en bail emphytéotique ou en copropriété, ces charges prennent souvent la forme de « management fees » annuelles, dans lesquelles les taxes municipales sont intégrées.

Les propriétaires expatriés doivent donc s’attendre à recevoir, chaque année, un appel de charges incluant la quote‑part de taxe locale et de frais de gestion.

Autres impôts et prélèvements à connaître

Même si l’impôt sur le revenu et la fiscalité immobilière sont au cœur des préoccupations des expatriés, d’autres composantes du système fiscal gambien peuvent les toucher directement ou indirectement.

TVA et sales tax : 15 % sur la plupart des biens et services

La Gambie applique une TVA (ou équivalent de sales tax) au taux standard de 15 % sur la majorité des biens et services. Certains produits essentiels – riz, farine, sucre, lait, médicaments sur ordonnance, services éducatifs, services financiers – peuvent bénéficier d’exemptions ou de taux réduits.

Les entreprises qui réalisent un chiffre d’affaires taxable annuel d’au moins 2 000 000 GMD ont l’obligation de s’enregistrer à la TVA. Celles qui dépassent 1 000 000 GMD peuvent opter pour une immatriculation volontaire.

Bon à savoir :

Un dispositif de taxation des services numériques transfrontaliers et des ventes en ligne par des sociétés étrangères a été annoncé pour 2025. Cette mesure impacte directement les plateformes internationales opérant en Gambie.

Retenue à la source sur dividendes, intérêts et royalties

Les expatriés qui investissent dans des sociétés gambiennes ou prêtent de l’argent à des entreprises locales doivent intégrer dans leurs calculs les retenues à la source sur certains revenus de capitaux mobiliers :

15 % sur les dividendes versés ;

– entre 10 % et 15 % sur les intérêts et les redevances (royalties) payés à des non‑résidents ;

10 % de retenue sur les contrats de prestations conclus avec des résidents, 15 % si le prestataire est non‑résident.

Astuce :

Les prélèvements subis peuvent ouvrir droit à un crédit d’impôt dans le pays de résidence de l’investisseur. L’application de ce crédit dépend des conventions fiscales internationales ou du droit interne en vigueur dans ce pays.

Taxes sectorielles : environnement, tourisme et autres contributions

Plusieurs prélèvements sectoriels existent, parfois peu visibles pour l’expatrié en tant que particulier, mais qui peuvent se répercuter dans les prix des services :

une taxe environnementale de 1 % sur certaines transactions et importations, destinée à financer des projets écologiques ;

– une taxe de développement touristique de 2 % sur les prestations d’hôtellerie et de tourisme ;

– des droits et redevances spécifiques sur les brevets, modèles d’utilité, et certains services publics.

Ces prélèvements n’ont pas d’incidence directe sur l’impôt sur le revenu personnel, mais ils influencent le coût de la vie et d’investissement dans certains secteurs.

Investir et optimiser : quelles opportunités pour les expatriés entrepreneurs ?

Pour les expatriés qui envisagent de créer une entreprise ou de structurer un projet immobilier d’envergure, la Gambie propose plusieurs incitations fiscales via la Gambia Investment and Export Promotion Agency (GIEPA).

En cas d’investissement significatif – au moins 100 000 USD pour un investisseur local, 250 000 USD pour un investisseur étranger – il est possible de demander un Status Investment Certificate (SIC). Ce statut donne droit à :

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Durée maximale, en années, de l’exonération fiscale pour les projets dans les zones géographiques prioritaires.

Pour les entreprises tournées vers l’export (au moins 80 % de la production), un régime de zone franche (Export Processing Zone License) permet une absence totale d’impôt sur les sociétés, de TVA sur les intrants et de droits de douane, ainsi que des avantages sur les dépréciations et les taxes municipales.

Un expatrié qui envisage de combiner présence en Gambie, création de société locale et investissement immobilier peut ainsi bénéficier d’un environnement fiscal globalement favorable, à condition de respecter les seuils d’investissement et les règles de substance.

Ce qu’un expatrié doit absolument retenir

La fiscalité gambienne, bien que moins lourde que celle de nombreux pays développés, n’est pas inexistante. Un expatrié doit composer avec :

Fiscalité en Gambie

Aperçu des principaux impôts et taxes applicables aux particuliers et aux transactions.

Impôt sur le revenu

Impôt progressif avec un seuil d’exonération annuel de 36 000 GMD. Les taux d’imposition peuvent atteindre environ 25 %.

Cotisations sociales

Cotisations de sécurité sociale représentant 10 % à la charge du salarié et 10 % à la charge de l’employeur.

Taxe sur les salariés étrangers

Taxe annuelle spécifique due par l’employeur pour chaque salarié étranger.

Taxes immobilières

Prélèvements sur les loyers (8% résidentiel, 15% commercial) et sur les plus-values (min. 15% du gain ou 5% du prix).

Taxe foncière locale

Taxe annuelle perçue par les municipalités sur la base de la valeur du bien.

Droits de mutation

Droits d’enregistrement significatifs à l’achat d’un bien, souvent entre 7 % et 10 % du prix.

TVA / Taxe sur les ventes

Taxe de 15 % applicable sur la majorité des biens et services.

L’absence de convention fiscale avec certains pays européens, comme la France, renforce l’importance de préparer son installation avec une double vision : celle du fisc gambien et celle du pays d’origine. L’utilisation judicieuse des crédits d’impôt, des régimes d’exonération sur les plus‑values (résidence principale, terres agricoles) et des incitations à l’investissement peut toutefois transformer ce cadre en opportunité.

Bon à savoir :

La Gambie offre un coût de la vie raisonnable et une fiscalité directe contenue, ce qui peut représenter un bon compromis pour les expatriés. Cependant, il est crucial de ne pas sous-estimer la complexité de certaines situations (pensions étrangères, investissements immobiliers, activité indépendante) et de se faire conseiller dès le départ par des professionnels maîtrisant à la fois le contexte local et les règles internationales.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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