Les transports en commun en Egypte : guide pratique et terrain

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Voyager en Egypte sans passer son temps dans les embouteillages ni exploser son budget, c’est possible. Mais il faut connaître les règles du jeu, les forces et les limites de chaque moyen de transport, et quelques codes culturels. Entre métro bondé au cœur du Caire, trains centenaires le long du Nil, microbus qui s’arrêtent au geste et nouveaux projets futuristes (monorail, BRT, trains à grande vitesse), le pays offre un vrai laboratoire de mobilité… parfois déroutant.

Bon à savoir :

Ce guide pratique fournit toutes les informations essentielles pour utiliser les transports en commun en Égypte. Il aborde de manière concrète les réalités locales, les tarifs, l’accessibilité et les outils numériques utiles pour se déplacer.

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Comprendre le paysage des transports en Egypte

Pour saisir comment fonctionnent les transports en commun en Egypte, il faut d’abord regarder le contexte. Le pays compte plus de 100 millions d’habitants, avec un poids démographique énorme autour du Grand Caire, l’une des mégapoles les plus denses du monde. Plus de 10,8 millions de véhicules sont immatriculés dans le pays, dont près de 5 millions de voitures particulières, et ces voitures représentent à elles seules presque la moitié des déplacements de passagers.

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Les embouteillages du Caire coûtent chaque année environ 50 milliards de livres égyptiennes, équivalant à 4% du PIB, en pertes de temps, carburant et pollution.

En parallèle, les autorités essaient de renforcer les transports collectifs. En 2020, les sociétés de transport public à travers les gouvernorats ont transporté plus de 2,1 milliards de passagers. Le Caire dispose du seul métro complet du continent africain, le train reste un pilier des liaisons interurbaines, et les bus – publics ou privés – maillent la plupart des régions. Pourtant, le système reste fragmenté, inégalement confortable, et loin d’être totalement accessible, en particulier pour les personnes en situation de handicap.

Un mot sur les personnes en situation de handicap

On estime à environ 12 millions le nombre de personnes handicapées en Egypte. En incluant leurs familles, près d’un tiers de la population est concerné. La Constitution de 2014 et la loi n° 10 de 2018 garantissent leurs droits, et un Code d’accessibilité (601, parfois cité comme 106) doit s’appliquer aux infrastructures, y compris les transports. Dans les faits, l’accessibilité reste très incomplète : trottoirs difficiles, absence de rampes, transports souvent non adaptés.

Astuce :

Pour les longs trajets, les trains Talgo récents disposent de toilettes accessibles, et des gares majeures comme Ramsès ou Gizeh offrent des parcours dédiés et des voiturettes de golf. Cependant, le métro et la plupart des bus restent difficiles d’accès pour les fauteuils roulants. De nombreuses personnes à mobilité réduite privilégient donc les taxis, les services de voiture avec chauffeur ou certaines croisières fluviales spécialement aménagées.

Le métro du Caire : l’épine dorsale urbaine

Le métro du Caire, en service depuis 1987, est la colonne vertébrale des transports de la capitale. Il transporte chaque jour plusieurs millions de voyageurs et reste, de loin, le moyen de transport le plus efficace pour traverser la ville en évitant les interminables bouchons.

Réseau, lignes et horaires

Le réseau compte aujourd’hui trois lignes en service (1, 2 et 3) et une quatrième en construction. Au total, environ 106 km de voies et 84 stations (dont 5 d’échange) s’étendent sous et au-dessus de la mégapole.

Principales caractéristiques des lignes :

LigneCouleurTerminus principauxLongueur / stationsParticularités clés
1BleuHelwan – New El-Marg~44 km / 35 stationsPremière ligne, mise en service en 1987
2RougeShubra El-Kheima – El Mounib~21,6 km / 20 stationsPremier tunnel sous le Nil
3VertRod El-Farag Corridor / Cairo Univ. – Adly Mansour~41 km / 34 stationsConnexion avec le LRT, extension vers l’aéroport

Le métro fonctionne en général de 5 h à 1 h du matin, avec une prolongation jusqu’à 2 h pendant le mois de Ramadan. La fréquence est élevée aux heures de pointe (environ toutes les 3 à 5 minutes), un peu plus espacée en milieu de journée.

La ligne 3 offre de plus en plus de services modernes : annonces en arabe et en anglais, connexion avec la ligne de train léger (LRT) à la station Adly Mansour, et à terme un prolongement jusqu’à l’aéroport international du Caire.

Tarifs, billets et cartes

Les tarifs du métro sont désormais calculés en fonction du nombre de stations parcourues. La grille actuelle se présente de cette façon :

Nombre de stationsTarif approximatif (EGP)
1 à 98
10 à 1610
17 à 2315
Plus de 2320

Il existe des formules d’abonnement, notamment des passes mensuels illimités autour de 150 EGP. Un pass journée pour les touristes, valable 24 h sur l’ensemble du réseau, est vendu à une trentaine de livres égyptiennes dans certaines stations clés.

Attention :

Le paiement se fait principalement au guichet, mais le système se modernise avec l’introduction de cartes magnétiques, de cartes sans contact et de la compatibilité avec l’application « Cairo Metro Wallet ». La tendance est à la réduction de l’usage du cash.

Pour les personnes en situation de handicap, un billet spécial à tarif très réduit (0,50 LE pour jusqu’à 39 stations) ainsi que des abonnements trimestriels (environ 22 LE pour 180 trajets) sont proposés, sur présentation des cartes intelligentes délivrées par le ministère de la Solidarité sociale.

Voitures réservées aux femmes et codes de conduite

Depuis la fin des années 1980, deux voitures au milieu de chaque rame sont réservées aux femmes. Elles sont clairement signalées sur les quais par des panneaux bleus ou roses. Après 21 h, l’une de ces voitures redevient mixte, l’autre reste strictement féminine. Aux heures de pointe, certaines rames ajoutent aussi des espaces réservés à l’avant ou à l’arrière.

Bon à savoir :

Ce dispositif a été créé pour répondre aux cas réels de harcèlement dans les transports. Il apporte un réel confort et une plus grande sérénité aux voyageuses, particulièrement aux heures de forte affluence.

En matière de comportement, les mêmes règles implicites s’appliquent que dans la rue : tenue plutôt couvrante (épaules et genoux couverts, surtout en dehors des quartiers très touristiques), discrétion, voix modérée, respect des personnes âgées et des familles à qui l’on cède sa place. Manger, fumer ou jeter des déchets dans les rames est interdit.

Accessibilité et limites

Les lignes 1 et 2, anciennes, sont globalement peu adaptées aux fauteuils roulants : escaliers fréquents, manque d’ascenseurs, quais et trains non de plain-pied. Des travaux ciblés ont toutefois été engagés dans certaines stations comme Saray al-Qubba ou Helmit al-Zaytoun, avec installation de carrelage podotactile, de sanitaires accessibles et de guichets dédiés.

La ligne 3, plus récente, intègre davantage d’éléments d’accessibilité (ascenseurs, cheminements dédiés), mais un écart persistant entre le train et le quai complique encore l’accès autonome en fauteuil.

Les autorités annoncent vouloir dessiner la future ligne 4 avec une vraie approche inclusive, en intégrant dès la conception rampes, ascenseurs, signalétique adaptée et systèmes d’aide audio-visuelle.

Bus urbains, microbus et nouveaux bus électriques

En dehors du métro, les bus restent essentiels pour aller là où les rails ne vont pas, autant au Caire qu’à Alexandrie ou dans d’autres grandes villes.

Les bus de la Cairo Transport Authority (CTA)

Le Caire dispose d’un vaste réseau de bus publics opérés par la CTA. On distingue deux grandes familles : les bus standards et les bus « améliorés ».

Type de bus CTACouleursConfort et servicesFourchette de tarif (EGP)
StandardRouge/blanc ou bleu/blancSans climatisation, basique5 à 15 (selon distance)
Amélioré (upgradé)Jaune ou vertClimatisation, parfois Wi-Fi, billetterie électronique, annonces digitales7 à 20 (selon distance)

Les bus circulent généralement de 5 h à 23 h. Aux heures de pointe (7 h–10 h et 16 h–19 h), la fréquence tourne autour de 10 à 20 minutes sur les lignes les plus utilisées. En heures creuses, il faut parfois patienter plus de 30 minutes.

Les billets se paient à bord auprès du contrôleur ; mieux vaut avoir de petites coupures. Les itinéraires ne sont pas toujours évidents pour un non-locuteur arabophone, même si certaines lignes sont devenues emblématiques, par exemple :

Ligne CTAItinéraire principal
101Place Ramsès – Maadi par le centre et Corniche du Nil
200Aéroport international du Caire – centre-ville
345Héliopolis – 6 Octobre City
900New Cairo – plateau de Gizeh (pyramides)

Côté accessibilité, les bus standards ont des planchers hauts avec plusieurs marches, quasi impossibles à franchir sans aide pour une personne à mobilité réduite. Certains bus améliorés disposent en revanche d’un plancher surbaissé et d’une marche unique, voire d’une rampe, mais cela reste minoritaire.

Microbus et minibus : rapides, bon marché… mais déroutants

Les microbus – souvent des fourgons blancs ou de petits minibus – constituent la véritable colonne vertébrale invisible des déplacements quotidiens, surtout dans le Grand Caire et le delta. Ils sont privés, très présents, et assurent des liaisons souples entre quartiers, banlieues et villes voisines.

Exemple :

Dans de nombreux pays, les taxis collectifs, appelés ‘taxis-brousse’ en Afrique ou ‘colectivos’ en Amérique latine, opèrent sans horaires fixes. Ils partent une fois le véhicule plein, s’arrêtent à la demande des passagers, et il suffit de les héler pour monter à bord. La destination est souvent annoncée oralement par le chauffeur ou son aide, et le paiement du trajet s’effectue en faisant circuler l’argent de passager en passager jusqu’au conducteur.

Les tarifs sont imbattables : quelques livres égyptiennes pour une courte distance, rarement plus de 10–15 EGP même pour des trajets assez longs. En revanche, il n’y a aucune information en anglais, peu de notions de sécurité formelle, et les véhicules sont souvent très chargés.

Bon à savoir :

Les microbus sont un moyen de transport efficace pour les voyageurs maîtrisant l’arabe et les codes locaux, permettant une immersion dans le quotidien égyptien. Cependant, ils peuvent être stressants pour les autres : refus occasionnel de prendre des touristes sur les longs trajets, risques d’incompréhension, forte densité et, pour les femmes voyageant seules, une promiscuité parfois pesante.

Alexandrie : bus et tramway historique

La deuxième ville du pays dispose de son propre réseau de bus publics, géré par l’Alexandria Passenger Transport Authority. Les bus bleus et blancs desservent la corniche et l’axe est-ouest. Les horaires vont de 6 h à 23 h, avec une fréquence moyenne de 10 à 15 minutes en journée. Les tarifs démarrent autour de 3 EGP et montent jusqu’à 10 EGP selon la distance.

Surtout, Alexandrie possède l’un des plus anciens réseaux de tramway du monde, avec deux grandes familles de lignes : la « ligne bleue » orientée vers l’est et la « ligne jaune » desservant les quartiers centraux et occidentaux. Les trams roulent de 5 h30 à minuit, avec un passage environ toutes les 15 minutes.

Les prix sont dérisoires : 1 EGP pour la classe standard, 5 EGP pour une voiture de « première » plus confortable. C’est un moyen charmant – bien qu’assez lent – de longer la Méditerranée ou de rejoindre la Bibliotheca Alexandrina.

L’essor des bus électriques

Pour limiter la pollution et la facture énergétique (en 2020, plus de 53 milliards de livres ont été consacrées aux subventions des carburants, notamment le diesel importé), l’Egypte teste depuis quelques années les bus électriques.

95000

Économie annuelle en carburant réalisée par un bus électrique sur une ligne du Caire comparé à un bus diesel.

Le gouvernement a déjà introduit une quinzaine de bus électriques en pilote à Alexandrie dès 2019, et au Caire une ligne électrique relie désormais le centre à New Cairo, une autre l’aéroport au centre-ville. Ces véhicules modernes offrent plancher bas, climatisation, Wi-Fi, paiement électronique et un design pensé pour réduire les émissions à zéro au pot d’échappement.

BRT du Caire : un « métro sur pneus » autour du Ring Road

Parmi les grands chantiers récents, le Bus Rapid Transit (BRT) du périphérique du Caire est sans doute le plus emblématique du virage vers des transports collectifs plus structurés. L’idée : transformer l’anneau routier qui encerclait la capitale en véritable « ligne de métro de surface » réservée aux bus électriques articulés.

Comment fonctionne le BRT

Le BRT circule sur une voie dédiée au centre du périphérique, inaccessible aux voitures, taxis et surtout aux microbus, qui seront progressivement bannis de cette artère. Les stations, au nombre de 48 à terme, sont reliées par des passerelles, des escaliers mécaniques et des tunnels piétons, souvent avec parkings en dessous pour encourager l’usage combiné voiture + transport public.

CaractéristiqueValeur / description
Nombre total de stations48 (en 3 phases)
Longueur de la 1ʳᵉ phase~35 km, 14 stations
Flotte prévue100 bus électriques, capacities 95 à 300 passagers
Exploitation24h/24, 3 équipes
Fréquence cible10 min, jusqu’à 1,5 min en pointe
Coût estimé du projet~9,5 milliards EGP

La première phase, ouverte en 2025, couvre un tronçon d’environ 35 km entre la route agricole d’Alexandrie et l’Académie de police, avec 14 stations. Le billet pour ce tronçon intégral est fixé à 15 EGP. Les phases suivantes doivent étendre le service jusqu’à la route désertique d’Alexandrie, en passant par des échangeurs stratégiques comme Mariouteya, Haram, Faisal, Tersa et le futur Grand Musée égyptien.

Intégration et Caractéristiques du BRT

Le Bus à Haut Niveau de Service (BRT) est conçu pour une intermodalité optimale et offre un confort moderne grâce à des équipements de pointe.

Correspondances Multimodales

Le système BRT assure des correspondances fluides avec le métro (lignes 1 et 3), le Light Rail Transit à Adly Mansour et les bus longue distance (superjet et interurbains).

Fabrication et Composants

Les bus sont fabriqués en Égypte avec un taux d’intégration locale de 50 à 60 % des composants.

Équipements et Confort

Les véhicules sont dotés de climatisation, de Wi-Fi, d’un système d’information voyageurs en temps réel et d’un plancher bas pour un accès facilité.

Pour un visiteur, ce BRT peut devenir une option très pratique pour rejoindre des pôles périphériques (musée, nouveaux quartiers, gares routières) sans subir les embouteillages chroniques du périphérique.

Trains : l’ossature des liaisons interurbaines

L’Egypte possède le plus ancien réseau ferroviaire d’Afrique et du Moyen-Orient, né en 1854 avec la ligne Alexandrie–Kafr El‑Eissa. Aujourd’hui, environ 5 000 km de voies relient le delta du Nil, la vallée, le Canal de Suez et la Haute-Egypte, avec près de 800 millions de passagers transportés et plusieurs millions de tonnes de fret chaque année.

Types de trains et principales liaisons

Les chemins de fer nationaux (Egyptian National Railways, ENR) exploitent plusieurs catégories de trains :

Trains express / climatisés : plus rapides, réservations numérotées, première et seconde classes avec climatisation.

Trains « ordinaires » : moins chers, plus lents, confort sommaire.

Trains-couchettes (souvent opérés par une société type Watania ou Abela) : voitures-lits avec cabines privées et repas inclus.

Trajets emblématiques et ordres de grandeur :

TrajetDurée approximativeType de serviceOrdres de prix*
Le Caire – Alexandrie2,5 à 3 hExpress 1ʳᵉ / 2ᵉ≤ 7 USD en 2ᵉ ; un peu plus en 1ʳᵉ
Le Caire – Louxor9 à 12 hExpress ou couchette~50 USD en 1ʳᵉ express ; ~90–130 USD en cabine-lit
Le Caire – Assouan12 à 14 hExpress ou couchettesimilaire à Louxor, légèrement plus cher
Alexandrie – Louxorvia Le CaireCorrespondancevariable

*Les montants en dollars sont des ordres de grandeur à partir des tarifs mentionnés dans les sources.

Attention :

Il est recommandé d’arriver à la gare au moins 30 minutes avant le départ pour acheter les billets, trouver le bon quai et passer les contrôles de sécurité.

Réservation et pratiques

Les billets peuvent s’acheter en gare, via l’application ENR, sur le site web (souvent capricieux, et longtemps peu pratique pour les étrangers) ou par l’intermédiaire d’agences en ligne qui réservent pour le compte des voyageurs.

Les trains de nuit en cabine-lits se réservent idéalement plusieurs jours à l’avance, soit via des agences (Isis Travel, Wagons-Lits) soit directement au bureau dédié de la gare Ramsès. Certains services (nouveaux trains Talgo espagnols entre Le Caire, Louxor et Assouan par exemple) offrent un confort nettement supérieur : voitures silencieuses, climatisation efficace, sièges ergonomiques, écrans individuels, toilettes modernes, dont certaines accessibles.

Attention :

Les retards de plusieurs heures sont courants sur les trains de nuit. Il est donc impératif d’éviter d’enchaîner directement avec un vol international après un tel trajet.

Accessibilité et services en gare

Pour les personnes à mobilité réduite, une partie des efforts porte sur un petit nombre de grandes gares. Un protocole entre le ministère des Transports et celui de la Solidarité sociale prévoit la mise en conformité progressive de 16 gares clés (Ramsès, Gizeh, Alexandrie Sidi Gaber, Qena, Assouan, etc.) avec le Code d’accessibilité 601. Rampe d’accès, cheminements, sanitaires adaptés, services de voiturettes de golf gratuites pour relier les quais sont mentionnés dans plusieurs gares majeures.

Sur les trains Talgo récents, des toilettes spécifiques ont été aménagées. En revanche, les voitures-lits plus anciennes, issues des années 1980, ont des couloirs étroits et des portes de compartiments qui laissent peu de marge à un fauteuil roulant. Il est généralement impossible de passer de voiture en voiture en fauteuil.

Bus interurbains : l’alternative au rail

Pour relier villes et stations balnéaires, les lignes de bus interurbains complètent le train, parfois avec plus de flexibilité ou des liaisons là où le rail est absent (Sinai, Mer Rouge, oasis, etc.).

Grandes compagnies et confort

Plusieurs compagnies publiques et privées se partagent le marché :

CompagnieZones principales desservies
East DeltaCanal de Suez, Sinai (Ismaïlia, Suez, Sharm El-Sheikh…)
West DeltaAlexandrie, Nord-Ouest (Marsa Matrouh…)
Upper EgyptHaute-Egypte (Assiout, Louxor, Assouan…)
Middle DeltaVilles du delta (Mansoura, Damiette…)
Go Bus, SuperJet, Blue BusLignes « confort » ou touristiques, nombreuses destinations

La plupart des cars longue distance sont climatisés, dotés de sièges inclinables, parfois de toilettes à bord et d’écrans individuels selon les gammes. Go Bus, par exemple, propose plusieurs niveaux de service (Standard, Deluxe, Elite…) avec Wi-Fi et prises électriques sur les catégories supérieures.

Exemple :

Pour illustrer les informations de l’article, voici quelques exemples concrets de temps de trajet et de tarifs. Par exemple, un trajet en train entre Paris et Lyon peut prendre environ 2 heures pour un coût indicatif de 50 à 80 euros en seconde classe, selon la réservation. Un trajet en bus sur le même itinéraire pourrait prendre près de 6 heures pour un tarif généralement compris entre 20 et 40 euros. Ces exemples permettent de comparer les options de transport en termes de durée et de budget.

TrajetDurée approximativeCompagnie (exemple)Tarif indicatif (EGP)
Le Caire – Alexandrie2,5 à 3 hGo Bus / West Delta~80–115 EGP
Le Caire – Hurghada5 à 8 hGo Bus~225 EGP (gamme confortable)
Le Caire – Sharm El-Sheikh6 à 7 hEast Delta / autres~200 EGP
Le Caire – Marsa Matrouh6 hWest Delta~180 EGP
Le Caire – Louxor12 hGo Bus~255 EGP

Les points de départ des bus varient selon les compagnies (stations spécialisées, gares routières comme Torgoman près de Ramsès, arrêts dédiés en centre-ville). Il est conseillé de réserver la veille pour les longues distances, surtout en haute saison ou pour les lignes climatisées haut de gamme.

Taxis, VTC et applications : l’allié pratique au quotidien

Dans un pays où les transports en commun restent parfois complexes à appréhender pour un visiteur, les taxis et les applications de VTC jouent un rôle crucial pour combler les trous du maillage ou pour des trajets nocturnes.

Taxis « traditionnels »

Au Caire, trois grandes familles de taxis coexistent :

Taxis blancs : les plus récents, équipés de compteurs, souvent la meilleure option parmi les taxis classiques.

Taxis noir et blanc : anciens, en voie de disparition mais encore présents, compteur souvent inactif, négociation quasi obligatoire.

Taxis jaunes : opérés par des compagnies privées, avec GPS et compteurs, souvent réservables par téléphone.

Les tarifs varient selon la ville et l’heure, mais le principe reste : une prise en charge modeste, puis un prix au kilomètre (ordre de grandeur autour de 3–4 EGP/km). Pour un déplacement intra-urbain au Caire, on se situe souvent entre 30 et 80 EGP. Il est crucial, si le taxi n’active pas le compteur, de se mettre d’accord sur un prix avant de monter.

Uber, Careem, inDriver, Bolt et autres applis

Les applications de VTC ont profondément modifié la façon de se déplacer dans les grandes villes égyptiennes.

Applications de VTC en Égypte

Panorama des principales applications de transport avec chauffeur disponibles dans les villes égyptiennes, leurs caractéristiques et zones de couverture.

Uber

Présent au Caire, Alexandrie et certaines villes touristiques de la mer Rouge. Tarifs transparents, véhicules généralement en bon état. Options : UberX, Comfort, Shuttle.

Careem

Très implanté au Moyen-Orient. Disponible au Caire, Alexandrie, Hurghada, Assiout, Port-Saïd, etc. Fonctionnement similaire à Uber, souvent des promotions. Inclut une ‘super-app’ (livraison, transferts d’argent).

Didi

Acteur chinois présent notamment au Caire. Souvent légèrement moins cher que Uber et Careem.

Bolt

Arrivé plus récemment, d’abord au Caire. Tarifs agressifs mais flotte encore limitée.

inDriver

Permet aux passagers de proposer leur prix (négociable). Paiement uniquement en espèces. Parfois plus cher, mais utile dans les zones à faible offre des autres applications.

Dans la plupart des cas, il faut un numéro de téléphone égyptien pour activer ces applis. L’achat d’une carte SIM locale (chez Orange, Vodafone, Etisalat) dès l’arrivée à l’aéroport simplifie grandement les choses. Les paiements peuvent se faire en espèces ou par carte selon les comptes et les restrictions bancaires.

150-200

Coût en EGP d’un trajet en VTC entre l’aéroport et le centre-ville du Caire.

Conseils d’usage et sécurité

Quelques réflexes utiles :

– Vérifier la plaque d’immatriculation et le nom du chauffeur avant de monter, en comparant avec l’appli.

– S’asseoir à l’arrière, ce qui est la norme et perçu comme plus sûr.

– Éviter d’accepter les propositions de courses « hors appli » (cash direct) qui suppriment le suivi GPS et rendent les recours difficiles.

– Suivre le trajet sur son propre GPS (Google Maps…) pour détecter d’éventuels détours abusifs.

– Prendre en compte la congestion : un trajet de 10 km peut durer 15 minutes… ou une heure en pleine pointe.

Transports par eau : ferries, felouques et croisières

Le Nil, « père des fleuves africains », n’est pas qu’un décor : c’est aussi un axe de transport traditionnel, même si son rôle quotidien a diminué avec la généralisation des routes.

Ferries urbains et liaisons locales

Au Caire, des ferries fluviaux relient les deux rives du Nil entre Zamalek, Gizeh, Maadi et le centre-ville, en général entre 6 h et 21 h, avec une fréquence pouvant descendre à un passage toutes les 15 minutes. Certains itinéraires jouent le rôle de « bus fluvial » pour les habitants.

Astuce :

À Louxor et Assouan, des navettes publiques traversent le Nil en continu pour un tarif très abordable, généralement autour de 5 EGP pour les étrangers (parfois un peu plus avec un éventuel tarif touristique). Ces ferries constituent le moyen le plus simple et le plus économique pour rejoindre la rive ouest de Louxor (accès à la Vallée des Rois, Deir el-Médina, Medinet Habou…) depuis le centre-ville et le temple de Louxor.

Felouques et croisières

Les felouques, voiliers traditionnels en bois, servent surtout aujourd’hui aux promenades touristiques. Autour d’Assouan comme de Louxor, une heure ou deux de navigation au coucher du soleil coûtent généralement entre 200 et 300 EGP pour le bateau entier, à négocier selon la saison et la demande. C’est un moment privilégié pour goûter au rythme lent du fleuve, loin du tumulte sonore des villes.

Bon à savoir :

Les croisières fluviales entre Louxor et Assouan durent généralement de 3 à 7 nuits et servent à la fois de transport et d’hébergement. Elles incluent des escales aux temples majeurs comme Edfou, Kom Ombo, Esna et Philae. Les tarifs varient considérablement, allant de quelques centaines à plus d’un millier de dollars pour les options de luxe. Pour une expérience plus paisible et intimiste, certaines compagnies proposent des dahabiyas (voiliers traditionnels) avec une capacité de 10 à 20 passagers.

Public ou privé, le transport fluvial reste un excellent rapport qualité-prix pour relier certains sites, mais ne doit pas être confondu avec une activité de baignade : la salubrité du fleuve est discutable (pollutions, bilharziose) et la présence de crocodiles plus au sud dissuade toute baignade improvisée.

Nouveaux projets : monorail, LRT, trains à grande vitesse

L’Egypte ne se contente pas de rafistoler l’existant. Elle engage aussi des infrastructures lourdes pour réorganiser ses mobilités à long terme.

Monorail de la région du Grand Caire

Un monorail automatique, sans conducteur, est en cours de construction pour relier d’une part le nouveau capital administratif à l’est du Caire, et d’autre part la ville de 6 Octobre à Gizeh à l’ouest. Une fois achevé, cet ensemble de deux lignes totalisera environ 100 km et deviendra l’un des plus longs systèmes de monorail sans conducteur au monde.

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Longueur en kilomètres de la ligne de métro monorail reliant Nasr City à la Nouvelle Capitale administrative.

Ligne ouest : environ 43 km de 6 Octobre City à la station de Gizeh, en reliant zones industrielles et cité des médias. Les travaux sont confiés à un consortium associant Alstom, Orascom Construction et Arab Contractors.

Pour les habitants des nouveaux quartiers satellites, ces lignes devraient transformer le quotidien en raccourcissant drastiquement les temps de trajet vers les zones centrales et en offrant une alternative aux trajets en voiture ou microbus.

Réseau de trains à grande vitesse

Autre projet phare : la création d’un réseau de trains électriques à grande vitesse de plus de 2 000 km, construit avec Siemens Mobility et des partenaires locaux. Trois grandes lignes sont prévues :

1985

C’est la longueur totale en kilomètres des trois lignes de train à grande vitesse annoncées pour relier les principales régions d’Égypte.

Les trains de type Velaro rouleront jusqu’à 250 km/h pour les services passagers, tandis que des locomotives Vectron assureront un trafic fret conséquent (prévision de 13 à 15 millions de tonnes par an, contre 3 millions actuellement). À long terme, ce réseau doit désengorger les routes, réduire les émissions et rendre crédibles des déplacements rapides entre littoral, vallées et villes touristiques.

Accessibilité, sécurité et codes culturels dans les transports

Au-delà des caractéristiques techniques, quelques réalités sociales et culturelles influencent très concrètement la manière d’utiliser les transports en Egypte.

Accessibilité pour les personnes handicapées

Sur le papier, la législation égyptienne protège clairement le droit à la mobilité des personnes handicapées, avec la ratification de la Convention de l’ONU, des lois nationales dédiées et un Conseil national pour les personnes handicapées. Dans la pratique, l’application est très hétérogène :

Trottoirs souvent dégradés, hauts et sans bateaux.

Bus urbains à plancher haut, avec peu de véhicules surbaissés.

– Métro ancien largement non accessible, malgré des station pilotes et des ajustements récents sur la ligne 3.

– Gares ferroviaires partiellement adaptées, avec quelques services facilités (voiturettes, itinéraires prioritaires, sanitaires équipés).

Bon à savoir :

Le gouvernement met en œuvre le Code d’accessibilité 601 et un protocole de coopération entre les ministères des Transports et de la Solidarité sociale. Ce cadre prévoit le contrôle de 16 gares, un partage égal des coûts, un comité de suivi mixte et des rapports mensuels. Les nouveaux projets de transport (BRT, monorail, LRT, ligne 4 du métro) intègrent dès leur conception des aménagements pour fauteuils roulants, une signalétique adaptée et des ascenseurs.

Malgré cela, un voyageur à mobilité réduite devra encore souvent miser sur des solutions individuelles : taxis (quelques véhicules adaptés dans les grandes villes), minivans affrétés par des agences spécialisées, hôtels et bateaux de croisière proposant des chambres ou cabines aménagées. L’anticipation et la prise de contact avec les prestataires restent indispensables.

Sécurité, surcharge et accidents

Statistiquement, le réseau routier égyptien connaît un taux d’accidents élevé : collisions entre bus, renversements de microbus, incidents impliquant des trains. Les causes mêlent infrastructures encore inégales, indiscipline au volant (vitesse, dépassements, manque de ceinture), et véhicules parfois mal entretenus.

Bon à savoir :

À la suite d’incendies et de naufrages survenus sur des bateaux de croisière ou des ferries, les autorités ont accru les contrôles de sécurité. Ces mesures concernent particulièrement les bateaux de plongée en Mer Rouge et les unités de croisière naviguant sur le Nil.

En pratique, pour un voyageur qui emprunte les tranports en commun classiques (métro, trains express, bus interurbains réputés), le risque reste modéré à condition d’appliquer quelques principes simples : choisir des compagnies reconnues plutôt que les options les plus bas de gamme, éviter les bus de nuit sur des axes secondaires, porter la ceinture quand elle existe, et refuser poliment les trajets en véhicules manifestement surchargés ou en mauvais état.

Normes sociales et place des femmes

Les transports en commun sont aussi un miroir des normes sociales. Le fait de réserver des voitures aux femmes dans le métro du Caire, ou plusieurs wagons des trams d’Alexandrie, en est une illustration. Pour beaucoup d’Egyptiennes, surtout jeunes ou voyageant seules, ces espaces sont un moyen de réduire les risques de commentaires indésirables, frôlements volontaires ou regards insistants.

Pour une voyageuse étrangère, quelques habitudes peuvent améliorer le confort :

Astuce :

Pour voyager plus sereinement, privilégiez les voitures réservées aux femmes dans le métro. Dans les bus ou microbus, essayez de vous asseoir à côté d’autres femmes lorsque c’est possible. Il est également recommandé d’adopter une tenue modeste, couvrant les épaules et les genoux, même en période estivale. Si votre emploi du temps le permet, évitez les transports les plus bondés aux heures de pointe.

Coûts, baksheesh et monnaie

L’Egypte reste un pays où le coût unitaire d’un déplacement est très bas : un ticket de métro à moins d’un euro, un trajet de bus urbain pour quelques centimes d’euro, un taxi ou VTC pour l’équivalent de quelques dollars la plupart du temps. Mais le recours quasi systématique au pourboire (« baksheesh ») vient s’ajouter : porter un sac, aider à trouver une place dans un bus, guider dans une gare, tout peut donner lieu à une petite gratification de 5 à 20 EGP.

Il est donc judicieux de garder sur soi beaucoup de petites coupures, dans une poche séparée de l’argent principal. Et de savoir dire non avec fermeté mais politesse, car certains services sont proposés sans demande explicite et leurs auteurs attendent ensuite une rémunération.

Comment choisir son mode de transport en pratique ?

Face à cette offre foisonnante, la vraie question est : quel mode choisir, selon la ville, la distance, le budget et le niveau de confort souhaité ?

Une grille simple peut aider :

SituationMode(s) recommandé(s)
Traverser rapidement Le CaireMétro (lignes 1, 2, 3), complété par VTC
Aller à l’aéroport du CaireMétro ligne 3 (quand l’extension sera complète), bus aéroport, BRT + métro, VTC
Relier Le Caire à AlexandrieTrain express ENR ou bus Go Bus haut de gamme
Voyager entre Louxor et AssouanTrain (journée ou nuit), ou croisière sur le Nil
Circuler dans AlexandrieTram + bus APTA + taxi/VTC
Villages, petites villesMicrobus, tuk-tuk, taxis locaux
Contrainte forte de mobilitéTaxis/VTC, transfert privé, certains trains récents, croisières adaptées

Enfin, deux éléments transversaux méritent d’être rappelés. D’abord, la souplesse horaire : qu’il s’agisse d’un train, d’un bus ou d’un ferry, l’heure de départ est une indication, jamais une garantie absolue, et prévoir des marges est toujours une bonne idée. Ensuite, la richesse humaine : accepter de se perdre un peu dans le métro, de discuter avec un contrôleur de bus ou un chauffeur de taxi, d’apprendre quelques mots d’arabe (« fein el-mahatta ? » pour « où est la station ? ») transforme souvent un simple trajet en une rencontre.

Les transports en commun en Égypte ne sont pas qu’une question d’efficacité : ils offrent une fenêtre directe sur le pays réel, ses contrastes, ses mutations et son énergie. En les abordant avec préparation, curiosité et un minimum de prudence, ils deviennent l’un des meilleurs outils pour comprendre l’Égypte de l’intérieur.

Observateur des transports en commun égyptiens
Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, disposant d’un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale vers l’Égypte pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en conservant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal international, formalités de séjour longue durée, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Égypte, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler l’Égypte pour sa fiscalité personnelle généralement plus douce, l’absence d’impôt sur la fortune, un coût de vie très inférieur à la France (Le Caire ~50 % moins cher que Paris) et un marché immobilier dynamique permettant des revenus locatifs en devise locale ou en dollars. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, reports d’imposition), obtention de la résidence (visa de longue durée, achat ou location de résidence principale), détachement ou affiliation à une couverture santé locale/privée, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an, centre d’intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local francophone/anglophone (avocat, immigration, notaire) et réorganisation patrimoniale. Ce type d’accompagnement permet d’obtenir des économies fiscales significatives sur retraites et placements, de développer de nouveaux revenus en Égypte, tout en maîtrisant les risques (contrôles fiscaux français, risque de double imposition via convention FR‑EG, adaptation culturelle et monétaire) et en alignant cette mobilité sur une stratégie globale de diversification patrimoniale.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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