Les démarches administratives pour vivre en Égypte : mode d’emploi complet

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer en Egypte ne se résume pas à un simple billet d’avion et à un visa touristique. Entre résidence, travail, logement, fiscalité, santé, banque, conduite, scolarité ou encore importation de ses effets personnels, le quotidien des expatriés repose sur une véritable « architecture » administrative. Bien préparé, ce cadre peut au contraire sécuriser votre projet, limiter les mauvaises surprises financières et vous éviter des démarches sans fin dans les couloirs des administrations.

Bon à savoir :

Cet article fournit un guide pratique et structuré des principales démarches administratives à anticiper pour résider légalement et sereinement en Égypte. Il s’appuie sur la réglementation en vigueur et les pratiques observées localement.

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Comprendre le cadre général de l’immigration

Tout étranger qui séjourne en Egypte doit disposer d’un titre de séjour en règle. Rester dans le pays sans permis de résidence valide constitue une infraction à la législation sur le séjour des étrangers et peut entraîner des sanctions. Concrètement, cela signifie qu’un simple visa touristique n’est pas suffisant pour s’installer durablement : il faut, à un moment ou à un autre, passer vers une forme de résidence plus stable (travail, investissement, famille, etc.).

Les questions de visa et de séjour sont encadrées principalement par le ministère de l’Intérieur. L’administration centrale qui gère les permis de résidence est la Passports and Immigration Administration, dont le siège se trouve à Abbassiya (417 Ramses Street, Le Caire). C’est là que sont instruites la plupart des demandes de cartes de résidence, notamment pour Le Caire et ses environs.

Attention :

Un décret ministériel a simplifié l’octroi de certains permis. Un nouveau cadre de frais pour la résidence a été adopté pour renforcer les réserves en devises et mieux encadrer le statut des étrangers. Cela entraîne une hausse et une diversification des droits à payer, ainsi qu’une clarification des procédures (ex: résidence par investissement ou dépôt bancaire).

Les grandes catégories de visas à l’entrée

Pour entrer sur le territoire, la plupart des étrangers doivent d’abord obtenir un visa d’entrée :

visa touristique (courte durée, 1 à 3 mois, souvent 30 jours par entrée)

visa d’affaires ou de visite (sur invitation d’une entreprise ou d’une organisation égyptienne)

– visa de travail (associé à un futur permis de travail)

– visa étudiant (sur présentation d’une inscription dans un établissement égyptien)

– visas spécifiques : fiancée, famille, invités, etc.

Un e‑visa touristique est disponible pour de nombreuses nationalités via un portail officiellement rattaché au ministère des Affaires étrangères. Pour certains pays, il est possible d’obtenir un visa à l’arrivée (par exemple un visa de 30 jours à 25 USD pour de nombreux ressortissants occidentaux). D’autres nationalités doivent impérativement passer par un consulat égyptien avec une pré‑autorisation des autorités égyptiennes, avec des délais pouvant atteindre plusieurs semaines.

Bon à savoir :

Pour un séjour strictement touristique dans les stations balnéaires du Sinaï (Sharm El Sheikh, Dahab, Nuweiba, Taba), un tampon d’entrée spécifique à la région, valable environ 15 jours, peut suffire. Cette autorisation est délivrée à l’arrivée, à condition de ne pas quitter la zone du Sinaï pendant toute la durée du séjour.

Du visa touristique à la résidence

Le visa touristique reste la porte d’entrée la plus simple. Il peut ensuite, dans certaines situations, être prolongé ou évoluer vers un autre statut (travail, études, résidence temporaire, etc.) sans obligation de quitter le pays, en déposant une demande auprès de l’administration de l’immigration.

L’extension d’un visa touristique est décrite comme relativement simple, avec des frais d’environ 150 USD pour une prolongation typique de six mois. Certains témoignages indiquent qu’il n’existerait pas de limite stricte au nombre d’extensions possibles, même si cette stratégie ne correspond pas à l’esprit des textes pour une installation de long terme. Elle laisse aussi l’expatrié dans une forme de précarité administrative (difficultés pour obtenir un permis de travail, pour scolariser les enfants, pour signer certains contrats, etc.).

Pour toute intention de rester plus de 90 jours, il est préférable de viser rapidement un permis de résidence temporaire ou pluriannuel fondé sur un motif solide : emploi, investissement, études, mariage, retraite, ou encore regroupement familial.

Les différents chemins vers un titre de séjour

L’Egypte a multiplié les voies d’accès à la résidence afin d’attirer capitaux, talents et retraités. Chaque voie impose son profil de documents et de contraintes, mais la logique générale reste la même : démontrer une entrée légale, une situation financière stable, un hébergement, une assurance santé et l’absence de risques sécuritaires ou sanitaires.

Tableau – Aperçu des principaux titres de séjour

Type de résidence / visaDurée typiquePublic viséCondition principale
Visa touristique1 à 3 mois (extensible)Voyageurs, repéragePasseport valide, billet, frais de visa
Permis de résidence temporaire1 à 5 ansSalariés, retraités, expatriés diversRevenus ou contrat de travail, logement
Permis de travail + résidence1 an, renouvelableEmployés d’entreprises égyptiennesContrat, approbation Ministère du Travail
Résidence par investissement1, 3 ou 5 ansInvestisseurs immobiliers / entrepreneursInvestissement immobilier ou business
Résidence de famille1 à 5 ansConjoints, enfants, parents d’EgyptiensLien de parenté, ressources de l’hébergeant
Résidence étudiant1 an, renouvelableInscrits dans les universités / écolesAttestation d’inscription et moyens de subs.
Résidence retraite1 à 5 ansRetraités solvablesPension régulière / revenus stables

Résidence par travail

La voie la plus classique pour les actifs consiste à obtenir un permis de travail, délivré par le ministère de la Main-d’œuvre et de l’Immigration, couplé à une carte de résidence.

L’employeur joue un rôle central : c’est lui qui dépose l’essentiel du dossier, prouve que le poste ne peut être facilement pourvu sur le marché local, et obtient l’aval de l’administration. Pour le salarié étranger, les pièces habituelles incluent :

passeport valable au moins six mois

contrat de travail ou lettre d’embauche

diplômes et justificatifs de qualification

certificat médical et assurance santé

extrait de casier judiciaire du pays d’origine

8

Le délai maximum, en semaines, pour obtenir une carte de séjour après l’accord d’un permis de travail.

Résidence par investissement immobilier ou bancaire

Pour capter des capitaux étrangers, l’Egypte a mis en place un schéma de résidence par investissement. L’idée est simple : en échange d’un certain niveau d’investissement, l’étranger obtient un permis de résidence, souvent extensible à son conjoint et à ses enfants à charge.

Les seuils généralement cités sont les suivants :

Montant investi (immobilier)Durée du permis de résidence
50 000 USD1 an, renouvelable
100 000 USD3 ans, renouvelable
200 000 USD5 ans, renouvelable

Une variante repose sur un dépôt bancaire en Egypte (50 000 USD pour un an, 100 000 USD pour trois ans), l’argent restant bloqué dans une banque locale pendant la durée du titre.

Pour un investissement plus important dans un projet d’entreprise (environ 400 000 USD), un statut de résident permanent peut être envisagé si l’activité est enregistrée auprès de la General Directorate of Investments and Free Zones (GAFI). Dans tous les cas, l’origine des fonds et la conformité fiscale sont scrutées.

Astuce :

Même avec une résidence par investissement, les étrangers ne peuvent pas acquérir directement des immeubles non résidentiels ou des terres agricoles en Égypte. Cette acquisition est possible uniquement via une société égyptienne qu’ils contrôlent.

Mariage, regroupement familial et retraite

Le mariage avec un citoyen égyptien reste un chemin courant vers la résidence, voire la citoyenneté. Une fois le mariage civil enregistré au ministère de la Justice (Office of Marriage of Foreigners à Lazoughly, Le Caire), le conjoint étranger obtient d’abord un titre temporaire, renouvelable, puis peut prétendre à une résidence plus longue. Le passage à la nationalité est encadré par des délais spécifiques (par exemple, deux ans de mariage pour qu’une femme étrangère mariée à un Egyptien puisse demander la citoyenneté).

Au-delà du couple, le regroupement familial permet à certains proches d’un résident stable (au moins cinq ans) – enfants, parents, parfois frères et sœurs – de solliciter une carte de séjour, sous réserve de justifier du lien de parenté et des ressources suffisantes pour les accueillir.

Les retraités peuvent, de leur côté, s’installer en Egypte avec une résidence fondée sur la preuve d’une pension régulière ou d’un revenu stable, complétée par une assurance médicale. La demande se fait auprès de l’administration de l’immigration, comme pour tout autre permis temporaire.

Dossier type pour une demande de résidence

Les pièces exigées varient selon le motif (travail, études, investissement, famille), mais un socle commun revient systématiquement :

Documents requis pour une demande de visa de résidence en Égypte

Liste des pièces justificatives essentielles à fournir pour constituer un dossier complet de demande de visa de résidence en Égypte.

Documents personnels et de voyage

Passeport valide (au moins six mois), copie du passeport et du visa d’entrée actuel, ainsi que des photos d’identité (généralement quatre).

Formulaires administratifs

Formulaires de demande à compléter, disponibles et à remplir en arabe ou en anglais.

Preuves financières et de logement

Preuve de revenus ou de moyens financiers (relevés bancaires, fiches de paie) et preuve de logement (bail, titre de propriété, facture).

Assurance et certificats de santé

Attestation d’assurance maladie couvrant l’Égypte et certificat médical attestant de l’absence de maladies graves.

Casier judiciaire

Extrait de casier judiciaire du pays d’origine, requis pour vérifier l’absence d’antécédents.

Documents familiaux (le cas échéant)

Pour la famille : actes de mariage et de naissance, traduits et légalisés.

Les documents étrangers doivent en principe être traduits par un traducteur assermenté et légalisés, souvent via le ministère des Affaires étrangères du pays d’origine puis par l’ambassade ou le consulat d’Egypte, l’Egypte ne faisant pas partie de la Convention de La Haye sur l’apostille.

Une fois le dossier complet déposé à Abbassiya ou dans le bureau compétent, les autorités peuvent convoquer le demandeur pour la prise de données biométriques (photos, empreintes) ou un entretien. Le passeport est parfois retenu jusqu’à la délivrance de la carte, ce qui impose de limiter les déplacements internationaux pendant la procédure.

Vivre légalement : fiscalité, banque et travail

S’installer en Egypte implique aussi de naviguer dans un environnement économique très spécifique : coût de la vie bas par rapport à l’Occident, salaires moyens modestes pour les locaux, fiscalité progressive et système bancaire aux règles propres.

Ouverture d’un compte bancaire

Les étrangers, y compris non résidents, peuvent ouvrir un compte en Egypte, ce qui s’avère presque incontournable pour percevoir un salaire local, régler un loyer par virement ou payer certaines démarches administratives.

Les grandes banques (HSBC Egypt, Arab Bank Egypt, Bank Audi, Mashreq, Banque du Caire, Banque Misr, etc.) acceptent en général les étrangers, avec des exigences variant d’un établissement à l’autre. Les documents fréquemment demandés incluent :

passeport valide

visa ou permis de résidence (souvent au moins six mois de validité)

photos d’identité

justificatif d’adresse en Egypte (bail, facture)

– parfois attestation d’emploi ou de salaire

Exemple :

Pour ouvrir un compte en Égypte, un dépôt initial minimal, généralement de quelques milliers de livres égyptiennes, est requis pour un compte courant en EGP. Il est possible d’ouvrir simultanément un compte en devises étrangères (USD, EUR, GBP) pour recevoir des virements internationaux et un compte en livres égyptiennes pour les dépenses quotidiennes. Une fois tous les documents nécessaires réunis, la procédure peut être finalisée en moins d’une heure dans une agence bancaire.

Tableau – Exemples de conditions bancaires (indicatives)

BanqueType de compteExigence typique
Banque du CaireCompte en EGP ou devisesDépôt minimum ~3 000 EGP pour compte EGP
HSBC EgyptCompte courantSalaire mensuel min. 10 000 EGP pour compte « salaire »
Banque MisrCompte résidentOuverture en ligne possible pour résidents égyptiens, visite en agence pour finalisation

Les frais à surveiller : commissions sur retraits d’espèces aux distributeurs d’autres banques, frais de tenue de compte, mais surtout marges sur le taux de change lors des virements internationaux, souvent de 3 à 5 %.

Le régulateur, la Banque centrale d’Egypte, pousse aujourd’hui les banques à accueillir davantage de non-résidents, estimant que les refuser alimente un circuit informel risqué. Des campagnes comme « Open Your Account in Egypt » ciblent en priorité les expatriés et la population non bancarisée.

Statut fiscal de l’expatrié

Sur le plan fiscal, est considéré comme résident fiscal égyptien celui qui :

passe plus de 183 jours en Egypte sur une période de 12 mois, ou

– dispose d’un foyer permanent dans le pays, ou

– y exerce une activité économique significative.

Bon à savoir :

Le résident fiscal est imposé sur l’ensemble de ses revenus mondiaux. Le non-résident n’est imposé que sur ses revenus de source égyptienne. L’impôt sur le revenu suit un barème progressif, avec des tranches allant de 0 % à plus de 25 %, en fonction du montant des revenus annuels.

L’impôt sur les salaires est généralement prélève à la source par l’employeur, qui reverse les montants à l’administration. Certaines indemnités peuvent être imposables (logement, frais de scolarité pris en charge par l’employeur, certaines primes d’expatriation), tandis que des avantages en nature comme les repas sur le lieu de travail, le transport collectif ou l’hébergement nécessaire à l’exercice du travail peuvent, sous conditions, être exonérés.

Les obligations fiscales se conjuguent avec celles du pays d’origine. Par exemple, un citoyen américain en Egypte doit continuer à déclarer chaque année tous ses revenus au fisc américain, même s’il peut bénéficier de mécanismes comme l’exclusion des revenus étrangers ou le crédit d’impôt pour éviter la double imposition. L’absence d’accord de totalisation en matière de sécurité sociale entre les Etats‑Unis et l’Egypte peut conduire à des situations de double cotisation pour certains profils.

Trouver un logement et sécuriser un bail

Le marché locatif égyptien est marqué par une dualité : d’un côté, d’anciens baux régis par des lois très protectrices pour les locataires et, de l’autre, des contrats modernes proches du droit commun, sur lesquels se positionnent la plupart des expatriés.

Cadre légal des baux récents

Depuis la grande réforme de 1996 (loi n° 4), les nouveaux contrats ne sont plus soumis aux plafonnements de loyer de l’ère socialiste. Ils relèvent en grande partie du Code civil, qui fixe les obligations de base :

le locataire doit payer le loyer à échéance et entretenir le bien

le propriétaire assume les réparations majeures et la conformité de l’immeuble

– le bail peut être conclu pour une durée fixe (12, 24, 36 mois…) ou à durée indéterminée

– la résiliation anticipée et les pénalités peuvent être contractualisées

Pour les étrangers, la quasi-totalité des locations se fait dans ce cadre « nouveau système », avec des loyers libres, souvent indexés sur le marché en dollars mais payés en livres égyptiennes.

Premier contact avec le marché

Les principaux quartiers prisés des expatriés au Caire sont Maadi (notamment Degla et Sarayat), Zamalek, New Cairo (5th Settlement), Héliopolis ou encore certains secteurs de Dokki et Mohandessin. Ils offrent un bon accès aux écoles internationales, aux services privés de santé et aux espaces de coworking.

Attention :

Le bail standard est d’un an renouvelable. Le propriétaire peut exiger un dépôt de garantie de un à deux mois (ou plus) et plusieurs mois de loyer d’avance. Un contrat bilingue (arabe-anglais ou arabe-français) est conseillé, mais seule la version arabe fait foi en cas de litige devant un tribunal.

Les points à verrouiller dans le contrat :

montant du loyer, devise de référence, modalité de paiement

– indexation éventuelle (par exemple augmentation annuelle de 10 % ou plus)

– durée et conditions de renouvellement

– responsabilités en matière de réparations et d’entretien

– prise en charge des charges d’immeuble, gardien (bowwab), ordures, etc.

inventaire détaillé si le logement est meublé, avec photos annexées

– procédure et délai de restitution du dépôt de garantie

Bon à savoir :

L’arrivée dans un immeuble implique souvent d’entrer en contact avec le bowwab. Cette figure centrale est chargée du nettoyage, de la gestion des factures d’eau et d’électricité, du ramassage des poubelles et parfois de petites réparations. Il ne s’agit pas d’une simple formalité administrative, mais d’une institution sociale qu’il est préférable d’intégrer dans son quotidien.

Propriété : acheter en Egypte quand on est étranger

L’achat immobilier par un étranger obéit à des règles précises. Les non-Egyptiens peuvent acheter des logements, mais pas de bâtiments non résidentiels ni de terres agricoles en leur nom propre. Pour acquérir un local commercial ou des hectares de culture, il faut passer par la création d’une société égyptienne.

Les coûts juridiques associés à un achat comprennent :

honoraires d’avocat : environ 3 % de la valeur du bien

frais d’enregistrement : autour de 80 USD (environ 2 000 EGP)

droits de timbre : 0,3 % de la valeur déclarée

Pour limiter les risques (promoteur non propriétaire du terrain, défaut d’autorisations, contrats opaques), il est fortement conseillé de recourir à un avocat pour vérifier la chaîne de propriété du terrain et du bâti, et exiger des contrats bilingues. Pour les achats sur plan, les paiements échelonnés jusqu’à la livraison constituent une règle de prudence : le dernier versement ne devrait intervenir qu’une fois les titres et livraisons clairement établis.

Importer ses effets personnels, son véhicule, ses animaux

La dimension douanière est souvent sous‑estimée par les futurs résidents. Or l’Egypte applique un régime détaillé pour l’importation de biens personnels, de véhicules ou d’animaux de compagnie, avec un niveau de contrôle réel.

Effets personnels et déménagement international

Pour un déménagement maritime ou aérien, les autorités exigent un ensemble de documents, dont :

passeport original

connaissement (Bill of Lading) ou lettre de transport aérien (Air Waybill)

– inventaire détaillé, dactylographié, daté et signé, en anglais (les listes manuscrites sont refusées)

– procuration originale en faveur du transitaire, notariée en Egypte ou par une ambassade égyptienne

– pour les étrangers : permis de résidence valide sur plusieurs mois si l’on souhaite bénéficier de régimes de suspension de droits

Attention :

Tous les envois sont inspectés physiquement. Les douanes portent une attention particulière aux équipements audio‑visuels, imprimantes, scanners, téléphones, œuvres d’art et denrées. Certains articles (livres, vidéos, enregistrements) sont soumis à censure, tandis que d’autres, comme les matériels de communication, nécessitent l’approbation de ministères spécifiques, notamment celui de l’Intérieur.

Les taxes de douane et la TVA (14 % en principe) s’appliquent à la majorité des biens, avec divers taux selon les catégories. Les expatriés détenteurs d’un permis de travail peuvent, sous certaines conditions, importer des effets usagés en admission temporaire, avec un système de garantie bancaire correspondant au montant des droits et taxes, remboursable à la sortie du territoire si tous les biens sont réexportés.

Véhicules : un sujet sensible

Introduire une voiture en Egypte représente un coût non négligeable. Les principes généraux :

obligation de présenter la carte grise originale, le certificat d’origine, la facture d’achat

interdiction des diesels pour les particuliers

– obligation de catalyseur

– droits de douane et TVA pouvant aller de 70 % à plus de 200 % de la valeur CAF, selon la cylindrée

– frais de service additionnels de 3 à 8,5 % selon la catégorie de moteur

Bon à savoir :

En principe, les véhicules doivent être récents (souvent âgés de moins de trois ans) et avoir été achetés neufs par leur propriétaire actuel. Des dérogations existent pour les diplomates et certains collaborateurs d’organismes internationaux, qui peuvent bénéficier d’exonérations fiscales complètes ou partielles, sous réserve de garanties de réexportation du véhicule.

Une loi récente permet aussi aux Egyptiens résidant à l’étranger d’importer un véhicule en contrepartie du versement, en devises, de l’intégralité des droits et taxes dus, somme susceptible d’être remboursée (sans intérêts) en livres égyptiennes après plusieurs années si le projet échoue.

Animaux de compagnie

L’importation de chiens et de chats repose sur :

un certificat de santé vétérinaire délivré dans le pays d’origine, récent (moins de deux semaines avant l’arrivée)

un carnet de vaccination à jour, notamment contre la rage

– pour certains cas, une légalisation par une ambassade égyptienne

A l’arrivée, les services vétérinaires de l’aéroport examinent l’animal. Si un risque de rage ou de maladie contagieuse est détecté, une quarantaine peut être imposée, aux frais du propriétaire. Certains oiseaux sont interdits, à l’exception de poussins vivants répondant à des conditions sanitaires strictes.

Conduire en Egypte et obtenir un permis local

Conduire en Egypte suppose de connaître à la fois les règles du code de la route et le statut de son permis de conduire.

Avec un permis étranger et un permis international

Les touristes et visiteurs peuvent conduire avec leur permis national, à condition qu’il soit rédigé en anglais ou en arabe. Dans le cas contraire, un permis de conduire international ou une traduction assermentée est requis. Cette faculté est généralement limitée à une période de six mois depuis l’entrée dans le pays.

100

C’est la vitesse maximale autorisée en km/h sur l’autoroute du désert entre Le Caire et Alexandrie en Égypte.

Obtenir un permis de conduire égyptien

Pour les résidents de longue durée, il est recommandé, voire nécessaire, de passer à un permis égyptien. La demande se fait auprès du service de la circulation (Traffic Department) de la ville de résidence (Le Caire, Gizeh, etc.). Les documents classiques comprennent :

Astuce :

Pour constituer un dossier de demande de permis de conduire, vous devez rassembler plusieurs documents : une pièce d’identité (passeport ou carte d’identité) accompagnée du permis de séjour le cas échéant, un justificatif de domicile (facture ou contrat de location), un certificat ophtalmologique attestant de votre vue, un certificat médical incluant votre groupe sanguin, des photos d’identité, le formulaire de demande officiel et parfois une attestation d’absence d’infractions.

En l’absence de permis étranger valide, le candidat doit suivre la procédure complète, avec examen théorique (code) et pratique. Le test est jugé moins exigeant que dans certains pays européens, mais la conduite quotidienne reste, elle, plus chaotique. Quand une conversion partielle est possible à partir d’un permis étranger, elle reste encadrée dans le temps (quelques mois après l’entrée) et n’est pas ouverte à toutes les nationalités.

Santé, assurance maladie et accès aux soins

Sur le plan de la santé, l’Egypte combine un système public en mutation et un secteur privé dynamique, qui sert de point de chute principal pour les expatriés.

Système public et assurance universelle

Le pays a engagé une réforme d’ampleur avec la loi sur l’assurance santé universelle, destinée à couvrir progressivement l’ensemble de la population. Le principe : une nouvelle caisse publique finance une partie des soins, dans les structures publiques comme privées, via des cotisations (assurés, employeurs), des taxes spécifiques (par exemple sur le tabac) et des tickets modérateurs.

L’objectif est de réduire les dépenses directes des ménages, encore très élevées (plus de la moitié des dépenses de santé totales). Pour le moment, les étrangers ne sont pas automatiquement intégrés dans ce système. Ils peuvent y avoir accès dans certains cas :

Bon à savoir :

Plusieurs situations permettent de bénéficier de la sécurité sociale égyptienne : l’emploi dans une entreprise locale cotisante, le mariage avec un citoyen égyptien (qui ouvre des droits au conjoint et aux enfants), et certains accords bilatéraux spécifiques pour les personnels de missions internationales.

Mais beaucoup d’expatriés choisissent de rester en dehors du système public, jugé sous-financé, et s’orientent vers des solutions privées.

Assurance privée : un passage quasi obligé

Pour les titres de séjour fondés sur le travail, l’investissement ou la retraite, la preuve d’une assurance maladie privée valable en Egypte est souvent exigée dans le dossier. Par ailleurs, de nombreux hôpitaux privés exigent un paiement direct ou un dépôt avant de commencer les soins, même si le patient dispose d’une police d’assurance internationale.

Les avantages d’une couverture privée sérieuse sont clairs :

Bon à savoir :

Le système de santé privé offre un accès rapide à des cliniques et hôpitaux de qualité, avec une présence fréquente de médecins anglophones. Il présente une meilleure disponibilité pour les examens d’imagerie, les interventions chirurgicales et les services d’urgence. En cas de situation grave, il peut également prendre en charge une évacuation médicale vers un autre pays.

Les grandes compagnies internationales (Cigna, AXA, Allianz, Bupa, etc.) proposent des contrats spécifiques pour l’Egypte, et des assureurs locaux complètent l’offre. Le prix dépend fortement de l’âge, du niveau de couverture et des garanties optionnelles (dentaire, maternité, psychiatrique, etc.).

En pratique au quotidien

En cas d’urgence, le numéro à composer pour une ambulance est le 123, même si, dans les grandes villes, les embouteillages rendent parfois plus rapide le transport par un véhicule privé. Il existe aussi des numéros dédiés à la police, aux pompiers, à l’électricité ou au gaz.

Dans les quartiers fréquentés par les expatriés, l’accès à la médecine de ville, aux cliniques privées, aux laboratoires d’analyses et aux pharmacies 24h/24 est aisé. La question principale reste alors celle du financement des soins, d’où l’importance de connaître les conditions de remboursement de son assurance et de conserver soigneusement tous les justificatifs.

Education, famille et enregistrement des actes

Pour une installation familiale, l’accès au système éducatif et la gestion de l’état civil (mariage, naissance) deviennent des enjeux concrets.

Scolariser ses enfants

L’Egypte dispose d’un vaste réseau d’écoles publiques, gratuites, y compris pour les enfants étrangers. Mais en pratique, la plupart des expatriés optent pour des établissements internationaux, particulièrement nombreux au Caire et à Alexandrie.

Les programmes proposés couvrent les curriculums britannique, français, américain, allemand, néerlandais ou encore le baccalauréat international (IB). Les frais annuels varient sensiblement, globalement entre 1 800 et 13 000 USD par enfant et par an, selon l’école et le niveau. Les universités, elles, se situent dans une fourchette de 1 000 à 6 000 USD par an pour les étudiants étrangers, avec l’American University in Cairo comme vitrine internationale.

L’inscription dans ces écoles et universités impose de fournir des dossiers scolaires traduits, des certificats de vaccination, des copies de passeport et souvent des preuves de statut de résidence des parents.

Mariage civil, conversion et enregistrement

Le seul mariage reconnu par l’Etat pour les étrangers est le mariage civil enregistré au ministère de la Justice, au sein de l’Office of Marriage of Foreigners au Caire. Une cérémonie religieuse peut être organisée, mais elle n’a pas de valeur légale si elle n’est pas adossée à cet acte civil.

Les formalités impliquent, pour l’étranger :

certificat de capacité matrimoniale ou attestation de célibat émise par son ambassade

acte de naissance

passeport et visa non touristique ou au moins un statut lui permettant de séjourner légalement

certificats médicaux

photos et présence de témoins

Lorsque l’un des conjoints se convertit à l’islam, la déclaration officielle passe par Al‑Azhar, institution chargée de délivrer un certificat de conversion. Ce document sera demandé lors de l’enregistrement du mariage si la situation religieuse du couple le nécessite.

Bon à savoir :

Après le mariage en Égypte, l’acte de mariage doit être légalisé. Il peut également nécessiter une traduction officielle pour être valable dans le pays d’origine de l’autre conjoint. Cette étape est cruciale pour des démarches administratives comme un regroupement familial ou une demande de titre de séjour pour l’époux égyptien dans un autre pays.

Naissance et registre d’état civil

La naissance d’un enfant en Egypte doit être déclarée dans un délai de quinze jours au bureau de santé local ou à l’officier civil compétent (en zone rurale, via le chef de village). Les informations recueillies sont ensuite transmises au bureau d’état civil, qui émet un acte de naissance. Cette pièce attribue en même temps un numéro d’identification national pour les enfants égyptiens, qui recevra plus tard une carte d’identité à seize ans.

Pour les enfants de parents étrangers, l’acte de naissance égyptien sert de base pour enregistrer la naissance auprès des autorités du pays d’origine (consulat, ambassade), condition souvent nécessaire pour la délivrance d’un passeport étranger au nouveau-né. Là encore, traduction et légalisation sont la norme.

Coût de la vie et budget administratif

Le coût général de la vie en Egypte reste nettement inférieur à celui de l’Europe occidentale ou de l’Amérique du Nord. Des estimations situent le budget mensuel d’un individu, hors loyer, autour de 300 USD, quand un appartement d’une chambre au centre du Caire peut se louer entre 250 et 450 USD selon le quartier.

13000

Le salaire mensuel net moyen local en Égypte, bien inférieur à celui des expatriés qualifiés.

des frais de visa et de séjour (plusieurs centaines d’EGP pour chaque renouvellement, voire plus selon le statut)

des frais scolaires internationaux potentiellement très élevés

– des coûts de santé privée, avec primes d’assurance et participations éventuelles

– des dépenses liées aux déplacements (voiture, transports, éventuels vols internationaux réguliers)

Le tableau ci‑dessous donne un aperçu très simplifié des principaux postes réguliers pour un expatrié célibataire vivant au Caire.

Tableau – Exemple de budget mensuel (ordre de grandeur)

Poste de dépenseFourchette indicative (USD)
Loyer (1 chambre, centre)250 – 450
Courses alimentaires120 – 180
Transports urbains10 – 15 (hors taxi privatisé)
Téléphone / Internet25 – 45
Assurance santétrès variable (80 – 300+)
Visa / résidence (moyenné)20 – 50

Ces chiffres restent indicatifs et varient fortement selon le standing de vie (quartier, type de logement, loisirs, voyages, etc.).

Clés pratiques pour naviguer l’administration

Plus que dans beaucoup de pays, la réussite d’un projet de vie en Egypte repose sur une bonne compréhension des circuits administratifs et sur une préparation minutieuse des documents.

Quelques principes structurants ressortent des pratiques :

1. Toujours anticiper les délais : qu’il s’agisse de visa, de permis de travail, de résidence ou d’importation de biens, prévoir plusieurs semaines de marge évite de se retrouver en situation irrégulière ou bloqué à un guichet.

Attention :

Pour les documents officiels (passeport, actes d’état civil, diplômes, contrats, etc.), prévoyez de fournir des copies certifiées, des traductions en arabe et de suivre les procédures de légalisation successives exigées par les autorités.

3. Garder trace de tous les paiements : qu’il s’agisse des frais de visa, de douane, de banque, d’assurance ou de soins médicaux, conserver reçus et attestations permet de justifier sa situation, et parfois de récupérer une partie des sommes (garanties bancaires, remboursements).

4. S’appuyer sur des professionnels fiables : avocat pour un achat immobilier ou un litige locatif, transitaire pour un déménagement, courtier d’assurance, école ou employeur pour les procédures regroupées… une prestation bien choisie fait gagner du temps et limite les erreurs.

Astuce :

Les réglementations concernant le séjour, les visas (comme les nouveaux visas multi-entrées), l’assurance santé universelle et la fiscalité sont en constante évolution. Il est indispensable de consulter périodiquement les sites officiels des ministères et des ambassades pour se tenir informé des réformes et changements en vigueur.

Vivre en Egypte suppose donc d’accepter un environnement bureaucratique parfois dense, mais qui, une fois maîtrisé, ouvre la voie à un quotidien où le coût de la vie, la richesse culturelle et le dynamisme économique peuvent largement compenser les efforts initiaux. Une installation réussie repose avant tout sur la clarté de votre projet (travail, investissement, retraite, famille) et sur la cohérence entre ce projet et le chemin administratif choisi pour y parvenir.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaite changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en gardant un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour un accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Égypte, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue consiste à cibler l’Égypte pour sa fiscalité avantageuse sur les revenus étrangers, son coût de vie nettement inférieur à celui de Paris (Le Caire ou Alexandrie bien moins chers), et la possibilité de structurer les flux financiers dans un cadre sécurisé. La mission inclut : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention d’un permis de résidence longue durée via investissement immobilier, organisation de la protection sociale (complémentaire santé internationale), transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local (avocat, conseiller fiscal, interlocuteurs francophones) et intégration patrimoniale globale (analyse et restructuration si nécessaire) afin de réduire durablement la pression fiscale et d’optimiser la transmission.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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