Créer son entreprise en Egypte quand on est expatrié : le guide complet

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer en Egypte avec un projet entrepreneurial, c’est mettre un pied dans l’une des économies les plus dynamiques d’Afrique et du Moyen-Orient tout en bénéficiant d’un coût de la vie très bas et d’un marché de plus de 100 millions de consommateurs. Mais c’est aussi accepter un environnement complexe : inflation élevée ces dernières années, bureaucratie, droit du travail en pleine réforme et culture d’affaires très relationnelle.

Bon à savoir :

Ce guide couvre les aspects essentiels pour un expatrié souhaitant entreprendre en Égypte : l’attractivité du pays, le choix de la structure juridique, la fiscalité, les démarches pour les visas et la résidence, le droit du travail, l’ouverture d’un compte bancaire, ainsi que la vie quotidienne et les codes culturels à connaître.

Sommaire de l'article masquer

Pourquoi l’Egypte attire les entrepreneurs étrangers

L’Egypte s’impose comme une destination de plus en plus recherchée par les expatriés, les investisseurs et les digital nomads. Plusieurs facteurs expliquent cet intérêt croissant.

L’économie égyptienne figure parmi les plus importantes du continent africain et de la région MENA. Depuis la fin des années 1960, le PIB progresse quasiment chaque année, avec des taux de croissance généralement compris entre 3 % et 6 %. Le pays se situe dans le top 50 mondial en termes de PIB et se classe deuxième en Afrique pour les flux d’IDE, troisième au Moyen-Orient.

Cette dynamique repose sur une transformation en profondeur : d’une économie industrielle-agricole, l’Egypte est passée à une économie dominée par les services, qui représentent près de la moitié du PIB. Le pays est devenu un centre financier régional, notamment à partir du Caire, et un hub commercial pour des puissances comme l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis ou la Turquie.

112

La population de l’Égypte atteint environ 112 millions d’habitants, dont près de 60% de jeunes, formant un vaste marché de consommation.

Internet est désormais utilisé par plus de 80 millions de personnes, pour un taux de pénétration d’environ 72 %. Les abonnements mobiles dépassent 90 millions. Le commerce en ligne progresse rapidement : en 2023, il représentait environ 7,5 milliards de dollars, bien que cela ne pèse encore que 2 à 4 % des ventes de détail totales. Pour un entrepreneur digital, la marge de croissance reste considérable.

Le pays dispose aussi d’une main-d’œuvre abondante et bon marché, avec des diplômés compétents en technologie, service client ou marketing digital. La dévaluation de la livre égyptienne a fait chuter les salaires réels de 50 à 70 %, ce qui pèse sur le pouvoir d’achat local, mais renforce la compétitivité des entreprises exportatrices ou tournées vers des clients payant en devises fortes.

Enfin, l’Egypte bénéficie d’un positionnement géographique unique. À la jonction de l’Afrique, du Moyen-Orient et de l’Europe, et traversée par le canal de Suez, elle sert de porte d’entrée pour trois continents. De nombreuses entreprises la choisissent comme base opérationnelle régionale.

Un environnement d’affaires en mutation

Les autorités ont engagé des réformes pour rendre le cadre des affaires plus attractif. La loi sur l’investissement (loi n° 72 de 2017), récemment renforcée par la loi n° 160 de 2023, introduit des incitations fiscales, des zones franches et un guichet unique au sein de la General Authority for Investment and Free Zones (GAFI). Le Caire ambitionne de réduire les délais administratifs et d’offrir un traitement plus prévisible aux investisseurs étrangers.

Exemple :

Dans le rapport Doing Business de la Banque mondiale, l’Égypte est passée à la 120e place sur 190. Cette progression est due à des réformes concrètes : le temps d’enregistrement d’une société a été réduit de 42 à environ 11 jours, et le délai d’obtention d’une licence industrielle est passé de 320 à 28 jours. De plus, la réglementation théorique prévoit que l’Autorité générale pour l’investissement (GAFI) statue sur une demande de création d’entreprise en un jour ouvrable, et que les projets d’investissement obtiennent une décision sous 60 jours maximum, le silence de l’administration valant alors acceptation.

Ces démarches restent néanmoins souvent plus longues sur le terrain, et les expatriés ont tout intérêt à s’appuyer sur un cabinet local ou un agent égyptien pour naviguer dans la bureaucratie.

Une économie attractrice… et en crise

La face sombre du tableau est importante à connaître. Le pays traverse une crise économique sévère, marquée par une chute brutale de la livre égyptienne et une flambée de l’inflation. Entre 2022 et 2024, la monnaie locale s’est fortement dépréciée et a connu en mars 2024 une dévaluation d’environ 38 % en une seule journée. L’inflation globale a culminé à plus de 37 % à l’été 2023, avec une inflation alimentaire dépassant 68 %. Elle est ensuite redescendue autour de 11-12 % en 2025, mais le choc sur les ménages a été profond.

17

Le déficit en devises a atteint 17 milliards de dollars en 2023, provoquant des pénuries dans les banques et un recours au marché parallèle.

Pour un entrepreneur étranger, ces turbulences créent un environnement à la fois risqué et plein d’opportunités : les coûts locaux chutent en devise forte, mais la volatilité monétaire, le niveau d’endettement public et l’instabilité régionale (conflits voisins) constituent des facteurs à intégrer dans toute stratégie.

Comprendre les règles d’entrée et de séjour pour entreprendre

Avant même de penser statut juridique ou fiscalité, un expatrié doit sécuriser sa situation de séjour. Les autorités égyptiennes distinguent strictement les visas touristiques des statuts permettant de travailler ou d’investir.

Visas d’entrée et visa d’affaires

La plupart des étrangers ont besoin d’un visa pour entrer en Egypte. Selon la nationalité, il peut être obtenu :

à l’avance auprès d’une ambassade ou d’un consulat,

en ligne via le portail officiel d’e-visa pour le tourisme,

à l’arrivée aux aéroports pour certains pays (notamment pour le tourisme).

Le visa touristique à l’arrivée (25 USD pour une entrée simple, 60 USD pour entrées multiples) ne couvre pas les activités professionnelles. Pour des réunions, négociations, conférences ou prospection de marché, il faut théoriquement un visa d’affaires obtenu en amont auprès d’une mission diplomatique égyptienne.

Attention :

Le visa d’affaires pour l’Égypte interdit tout travail salarié mais autorise les activités commerciales (rendez-vous, négociations, formations courtes). Son obtention nécessite un dossier complet (passeport, formulaires, lettres d’invitation et de motivation, billets) et peut être retardée par un pré-accord des autorités, avec des délais de 10 à 21 jours ou plus.

Les frais varient selon la nationalité et le type d’entrée (environ 40 à 150 USD pour une entrée simple, 55 à 160 USD pour entrées multiples). Dans certains cas, un visa d’affaires à l’arrivée est possible, mais réservé à un nombre limité de nationalités.

Permis de travail et résidence

Créer une entreprise en Egypte ne suffit pas à vous autoriser à travailler vous‑même comme salarié de votre structure : un permis de travail est nécessaire pour tout étranger employé par une entité égyptienne. L’employeur doit déposer la demande auprès du ministère de la Main-d’œuvre et de la Migration. La procédure peut s’étaler sur trois à six mois, avec parfois un permis temporaire valable six mois en attendant toutes les validations.

Astuce :

Le dossier type pour un travail en Égypte doit inclure : un contrat de travail, le passeport, les diplômes, une visite médicale avec test VIH, et surtout une preuve qu’aucun Égyptien n’est disponible pour le poste. Ce dernier point découle de la politique de protection de l’emploi local : sauf exceptions, les étrangers ne peuvent dépasser 10% des effectifs (25% dans les zones franches), et certains métiers sont strictement réservés aux nationaux.

Une fois le permis obtenu, le salarié peut demander un titre de résidence pour lui et, le cas échéant, pour sa famille. D’autres canaux de résidence existent, parfois plus adaptés aux entrepreneurs :

Bon à savoir :

Plusieurs voies permettent d’obtenir un titre de séjour en Égypte : la résidence par investissement (à partir de 100 000 USD en dépôt bancaire ou 200 000 USD dans l’immobilier), la résidence familiale pour conjoint ou parent d’un Égyptien, la résidence par mariage pouvant mener à la citoyenneté, ainsi que des titres pour étudiants, retraités, ou dans le cadre de missions spécifiques.

Les demandes se font auprès de l’Administration des passeports, de l’immigration et de la nationalité. En pratique, les dossiers doivent être très complets (formulaire, passeport, casier judiciaire, certificat médical, bail ou titre de propriété, attestation de ressources, assurance santé, justificatifs d’état civil, etc.). Il est fréquent que le passeport soit retenu pendant la procédure.

Pour un projet entrepreneurial sérieux, viser une résidence liée à l’investissement (statut d’investisseur via GAFI) est souvent la solution la plus cohérente, car elle légitime la présence à long terme, facilite l’ouverture de comptes bancaires et l’obtention de lignes téléphoniques locales, et sécurise la présence de la famille.

Choisir la bonne forme juridique pour son entreprise

Le droit égyptien offre une panoplie de structures : société à responsabilité limitée, société par actions, succursale, bureau de représentation, entreprise unipersonnelle, partenariats… Le choix dépend du projet, du degré de contrôle, du besoin de financement et du niveau d’engagement en capital.

Les principales formes de sociétés

Les trois véhicules les plus utilisés par les investisseurs étrangers sont la société à responsabilité limitée (LLC), la société par actions (JSC) et la succursale d’une société étrangère. Le bureau de représentation est aussi courant, mais cantonné à des activités non commerciales.

Voici un tableau comparatif synthétique.

Forme juridiqueNombre d’associés / actionnairesCapital minimal (général)Activités principalesPoints forts pour un expatrié
LLC (Limited Liability Company)2 à 50 partenairesPas de minimum légal général (exigences plus élevées pour l’import)Presque toutes activités commerciales et industriellesTrès flexible, peut être 100 % étrangère, responsabilité limitée, structure la plus utilisée par les étrangers
JSC (Joint Stock Company)Minimum 3 actionnaires250 000 EGP (10 % libérés à la constitution)Projets de grande taille, possibilité de cotation en bourseAccès au marché financier, crédibilité accrue, adapté aux levées de fonds importantes
OPC / Société unipersonnelle1 seul propriétaire1 000 EGPPetite structure, consultant, startup early stageResponsabilité limitée avec un seul fondateur, formalités modernisées
Succursale d’une société étrangèreN/A, dépend de la maison‑mère5 000 EGPExécution d’un ou plusieurs contrats en EgyptePermet à une entreprise étrangère d’opérer directement, sans partenaires locaux
Bureau de représentationN/APas de capital requis, dépôt min. 1 000 USD sur le compteÉtudes de marché, promotion, support non commercialIdéal pour tester le marché avant d’investir davantage, pas de fiscalité sur les bénéfices (pas d’activité commerciale)

La société à responsabilité limitée (LLC)

Pour un entrepreneur expatrié, la LLC est généralement la forme la plus pratique.

Bon à savoir :

Cette forme de société peut être détenue à 100% par des étrangers, sans plafond de capital légal général. Elle requiert au minimum deux associés (personnes physiques ou morales) et un gérant. La nationalité des gérants est généralement libre, sauf pour certaines activités réglementées comme l’importation commerciale, où la pratique exige souvent un gérant égyptien et un capital minimum substantiel (par exemple 2 millions EGP pour l’inscription au registre des importateurs).

La LLC ne peut pas être cotée en bourse et ne peut pas, en principe, mener des activités bancaires, d’assurance ou de collecte de fonds pour des tiers. En revanche, elle convient à presque toutes les activités commerciales, industrielles et de services.

Lorsque le capital dépasse 250 000 EGP, la loi impose qu’au moins 10 % du bénéfice net annuel soit redistribué aux salariés, ce qui doit être intégré dans la politique de rémunération.

La société par actions (JSC)

La JSC est conçue pour les projets de taille plus importante ou ceux qui visent une ouverture du capital. Le capital minimum est de 250 000 EGP, avec obligation de libérer 10 % à la constitution, puis 25 % dans les trois mois, le solde devant être versé dans les cinq ans. Elle peut également être détenue à 100 % par des étrangers.

Société Anonyme (SA) Égyptienne

Principales caractéristiques et obligations légales de la forme Société Anonyme en Égypte

Composition et Gouvernance

Nécessite au moins trois actionnaires et un conseil d’administration d’au moins trois membres.

Cas d’Obligation

Forme obligatoire pour certaines activités réglementées et pour les sociétés faisant appel public à l’épargne.

Fiscalité des Dividendes

Dividendes aux actionnaires non-résidents : retenue à la source de 10%, réduite à 5% pour les sociétés cotées sur l’EGX.

Pour un expatrié qui envisage de lever des fonds importants, ou de structurer une société mère régionale, la JSC offre une architecture plus évolutive, au prix d’une gouvernance plus lourde.

Succursale ou bureau de représentation

La succursale est une extension directement rattachée à la maison‑mère étrangère, sans personnalité morale distincte. Elle est autorisée à exercer des activités commerciales ou industrielles en Egypte, mais en pratique, sa création est souvent liée à l’exécution d’un ou plusieurs contrats spécifiques dans le pays. Aucun actionnariat égyptien n’est requis et le capital minimum est modeste (5 000 EGP), mais la maison‑mère reste responsable de toutes les obligations.

Le bureau de représentation, lui, n’a pas le droit de générer des revenus en Egypte. Son rôle se limite à des études de marché, à la collecte d’informations ou à la promotion de la société mère. Il ne paie pas d’impôt sur les sociétés (pas d’activité commerciale) mais reste soumis aux taxes liées à l’emploi de personnel (charges sociales, retenues à la source, etc.).

Bon à savoir :

Ce véhicule est adapté pour un expatrié souhaitant tester un marché, recruter une petite équipe locale ou coordonner des opérations régionales, sans avoir à facturer directement sur place.

Cadre légal et autorités compétentes

Deux grandes lois encadrent la création d’entreprise :

– la loi sur l’investissement n° 72 de 2017, mise à jour par la loi n° 160 de 2023, qui concentre les règles d’incitation, de garanties aux investisseurs, de zones franches et de guichets uniques ;

– la loi sur les sociétés n° 159 de 1981, modifiée en 2018, qui définit les différents véhicules de sociétés (LLC, JSC, etc.) et leurs règles de fonctionnement.

L’interlocuteur central est la General Authority for Investment and Free Zones (GAFI), qui gère à la fois l’incorporation des sociétés, l’octroi de licences spécifiques, la supervision des zones franches et la mise en œuvre des incitations.

La GAFI a mis en place des Investor Service Centers et un portail d’e‑incorporation. En théorie, il est possible de créer une LLC ou une société unipersonnelle en un seul jour ouvrable, même si la réalité varie selon la qualité de votre dossier, la complexité de l’activité et la présence ou non d’associés étrangers (qui déclenchent des contrôles de sécurité).

Procédure de création : étapes clés pour un expatrié

Les étapes d’incorporation en Egypte sont standardisées, même si certaines exigent une adaptation pour les fondateurs étrangers.

1. Préparation et choix du nom

Il faut d’abord définir :

la forme de société (LLC, JSC, OPC, succursale, etc.) ;

l’objet social, qui doit être précis mais suffisamment large pour couvrir vos activités ;

– la répartition du capital entre associés ;

– l’adresse du siège social (une adresse en Egypte est obligatoire, un bail ou un contrat de domiciliation est souvent nécessaire).

Le nom commercial est ensuite réservé auprès de GAFI via un certificat de non‑confusion. Cette vérification prend en général quelques jours.

2. Rédaction des statuts et dépôt du capital

Les statuts (articles d’association) doivent être rédigés en arabe, éventuellement accompagnés d’une traduction. Ils mentionnent au minimum : dénomination, objet, siège, capital, identité des associés, organes de gestion, règles de fonctionnement.

Astuce :

Le capital social doit être déposé sur un compte bloqué dans une banque égyptienne, qui délivre ensuite une attestation de dépôt essentielle pour la procédure. Pour les étrangers, l’ouverture de ce compte initial nécessite presque toujours un accompagnement local, car les banques exigent des dossiers KYC détaillés et parfois le TIN (numéro fiscal) de la société, qui n’existe pas encore à ce stade. Faire appel à un cabinet expérimenté au Caire ou à Alexandrie permet de gagner un temps considérable.

3. Dossier auprès de GAFI et enregistrement

Le dossier complet (statuts, attestations bancaires, copies de passeports ou cartes d’identité, pouvoirs, certificats d’antécédents judiciaires pour les fondateurs étrangers si demandé, etc.) est soumis à GAFI, en ligne ou physiquement. Les documents étrangers doivent être légalisés par l’ambassade ou le consulat d’Egypte, l’Egypte n’étant pas partie à la Convention de La Haye sur l’apostille.

GAFI vérifie la conformité, sollicite si besoin l’avis d’autres autorités (par exemple l’Autorité de régulation financière pour certains secteurs, ou la sécurité nationale pour les fondateurs étrangers), puis délivre une décision d’incorporation. Une fois l’entreprise enregistrée au registre du commerce, elle obtient sa personnalité morale.

Les coûts administratifs purs (hors honoraires d’avocat ou de conseil) restent modestes : quelques centaines d’EGP pour le registre du commerce, la chambre de commerce, la notarisation, etc. En revanche, les packages clés en main proposés par des cabinets internationaux peuvent atteindre plusieurs milliers de dollars, incluant : conseil, rédaction des statuts, traduction, interface avec GAFI, bail commercial, secrétariat juridique, etc.

4. Numéro fiscal, TVA et sécurité sociale

Après la constitution, la société doit :

500000

Seuil de chiffre d’affaires annuel en EGP à partir duquel une entreprise en Égypte doit obtenir un numéro de TVA.

La fiscalité étant très formalisée, tout contribuable doit déposer ses déclarations en ligne, tenir une comptabilité conforme aux normes égyptiennes et conserver livres et pièces pendant au moins cinq ans. L’Autorité fiscale peut contrôler sans préavis.

5. Licences sectorielles et zones franches

Selon l’activité, des autorisations supplémentaires peuvent être nécessaires (télécoms, fintech, santé, éducation, etc.), impliquant d’autres ministères ou agences (Ministère des Communications et des Technologies de l’information, Autorité de régulation financière, etc.).

Vous pouvez aussi choisir d’installer votre projet dans une zone franche ou une zone économique spéciale. Ces régimes offrent des avantages fiscaux et douaniers significatifs, notamment l’exonération quasi totale de l’impôt sur les sociétés pour les activités d’export, zéro TVA sur les opérations intrazone et droits de douane très réduits sur les équipements. En contrepartie, ces zones appliquent des redevances spécifiques (par exemple 1 ou 2 % de la valeur des biens ou du chiffre d’affaires selon les zones).

Fiscalité et incitations pour l’investisseur étranger

La fiscalité égyptienne est structurée autour de trois grands piliers : l’impôt sur les sociétés, la TVA et l’impôt sur le revenu des personnes physiques. Pour un expatrié entrepreneur, la compréhension de ces trois blocs est indispensable.

Impôt sur les sociétés et fiscalité des bénéfices

Le taux standard de l’impôt sur les sociétés est de 22,5 % sur le bénéfice net imposable. Ce taux s’applique à la majorité des secteurs. Seules quelques entités stratégiques (Autorité du canal de Suez, autorité pétrolière, Banque centrale, compagnies d’exploration pétrolière) sont taxées à environ 40-40,55 %.

Les sociétés résidentes sont imposées sur leurs revenus mondiaux, alors que les sociétés non résidentes ne sont imposables qu’à raison de leurs revenus de source égyptienne, généralement via un établissement stable (succursale, bureau fixe, etc.).

Bon à savoir :

Les dividendes versés à des actionnaires non résidents sont soumis à une retenue à la source de 10 %. Ce taux est réduit à 5 % si la société qui distribue le dividende est cotée à la Bourse du Caire. Par ailleurs, les bénéfices des succursales sont considérés comme distribués à leur maison-mère dans les 60 jours suivant la clôture de l’exercice et sont également assujettis à une retenue à la source de 10 %.

Les plus‑values sur cession de titres non cotés sont imposées au taux standard de 22,5 %. Celles réalisées par des non‑résidents sur des actions cotées ne sont en principe pas taxées. Un mécanisme introduit en 2023 permet d’exonérer 50 % de la plus‑value si le gain est réinvesti dans les deux ans.

Les pertes d’exploitation peuvent être reportées sur cinq exercices (trois ans pour les pertes provenant de la négociation de titres). Il n’y a pas de régime de groupe ou d’intégration fiscale.

TVA et retenues à la source

La TVA est fixée à 14 % depuis 2016. Les exportations de biens et services et les ventes en zone franche sont en général à taux zéro. Une liste de biens et services essentiels (aliments de base, soins, éducation, transports terrestres, etc.) est exonérée.

Attention :

Les entreprises dont le chiffre d’affaires imposable dépasse 500 000 EGP doivent s’enregistrer. Les fournisseurs non-résidents sans établissement stable en Égypte, qui vendent des biens ou services à des particuliers dans le pays, doivent utiliser le Simplified Vendor Registration System et respecter des obligations déclaratives spécifiques.

Les retenues à la source internes s’appliquent sur certains paiements entre sociétés égyptiennes (par exemple 0,5 % sur les contrats de fourniture, 2 % sur certains services). Vers l’étranger, les dividendes (10 %), intérêts (20 %), redevances et services (20 %) sont soumis à retenue, éventuellement réduite par les conventions fiscales internationales (l’Egypte en a signé plus de 60).

Incitations fiscales et zones franches

La loi sur l’investissement prévoit des incitations générales :

Avantages Fiscaux et Administratifs

Mesures incitatives pour les investisseurs dans le cadre d’un projet d’investissement, incluant des exonérations, des taux préférentiels et des simplifications de séjour.

Exonération de droits et frais

Exonération des droits de timbre et des frais de légalisation pour les statuts, contrats de prêts et de garanties, applicable pendant une durée de cinq ans.

Taux de douane préférentiel

Application d’un taux de droit de douane unifié de 2% sur les équipements importés pour le projet (taux pouvant être de 0% dans les zones technologiques).

Déduction fiscale RSE

Possibilité de déduire 10% des dépenses de Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) de l’assiette imposable.

Titre de séjour facilité

Délivrance simplifiée de titres de séjour d’au moins un an pour les investisseurs, renouvelable sur la durée du projet.

Elle prévoit aussi des incitations spéciales : une réduction de l’impôt sur les bénéfices de 30 % à 50 % selon la localisation du projet (zones moins développées ou reste du pays), dans la limite de sept ans et sans dépasser 80 % du capital libéré. La loi n° 160 de 2023 a en outre introduit un mécanisme de cash‑back fiscal permettant de récupérer entre 35 % et 55 % de l’impôt effectivement payé pour certains projets industriels, notamment ceux financés à plus de 50 % par des capitaux étrangers et démarrant entre 2023 et 2029.

Les zones franches publiques et privées offrent une exonération quasi totale de l’impôt sur les sociétés et des droits de douane pour les activités orientées vers l’exportation. En contrepartie, les entreprises paient des redevances spécifiques (souvent 1 ou 2 % de la valeur des biens ou des recettes). Elles bénéficient également d’une totale liberté de rapatriement des capitaux et dividendes, sous réserve du respect des règles de change de la Banque centrale.

Droit du travail : ce qui change pour l’employeur expatrié

Employer du personnel en Egypte suppose d’intégrer un cadre social en pleine évolution. Le nouveau Code du travail n° 14 de 2025, applicable au secteur privé à partir de septembre 2025, bouleverse une partie des règles héritées de la loi de 2003.

Niveaux de salaire, durée du travail et congés

Le Conseil national des salaires a fixé à 7 000 EGP le salaire minimum mensuel dans le secteur privé à compter du 1er mars 2025. C’est un bond important par rapport au minimum précédent (2 400 EGP), qui reflète l’érosion monétaire. Les expatriés gagnent en moyenne trois fois le salaire local, mais cet écart ne garantit pas un coût salarial élevé en devise forte, la dévaluation compensant en partie.

L’employé a droit à une augmentation annuelle d’au moins 3 % de son salaire soumis à assurance sociale, avec un minimum de 250 EGP. En cas de difficultés économiques avérées, l’employeur peut demander un allègement au Conseil des salaires.

48

La durée légale du travail hebdomadaire est fixée à 48 heures.

Le nouveau code détaile aussi les congés payés :

15 jours la première année (avec au moins six mois d’ancienneté) ;

21 jours à partir de la deuxième année ;

30 jours après dix ans de service ou dès 50 ans d’âge.

Les congés non pris peuvent être reportés pendant deux ans.

Les congés maladie sont pris en charge sur la base de certificats médicaux, avec des régimes particuliers pour les travailleurs industriels (jusqu’à 3 mois à 100 % du salaire, puis 6 mois à 85 % et 3 mois à 75 % sur une période triennale).

Bon à savoir :

La maternité donne droit à 120 jours de congé payé, utilisable trois fois dans la carrière sans ancienneté minimale. Les pères ont un jour de congé payé à la naissance pour chacun des trois premiers enfants. Dans les entreprises d’au moins 50 salariés, les mères peuvent prendre des congés sans solde pour garde d’enfant jusqu’à deux ans, et ce à trois reprises.

Quotas d’étrangers, permis de travail et non‑discrimination

Le nouveau Code du travail confirme le principe de quotas : les étrangers ne doivent pas dépasser 10 % de l’effectif total, avec des exceptions possibles pour les projets stratégiques ou les zones franches, où le plafond est relevé (25 %). Certaines fonctions d’encadrement dans les services informatiques, par exemple, doivent être égyptiennes à 60 % après trois ans.

Les employeurs restent responsables de la régularité des permis de travail de leurs salariés étrangers. La loi encadre aussi la possibilité d’exiger des tests médicaux ou de dépistage de drogues, y compris pour les étrangers, ce qui n’était pas clairement autorisé auparavant.

Sur le plan des principes, le texte consacre une interdiction large des discriminations (religion, genre, origine, handicap, opinion politique ou syndicale, etc.) et garantit l’égalité salariale pour un travail de valeur égale. Les entreprises de 20 salariés ou plus doivent réserver 5 % de leurs postes à des personnes en situation de handicap et consigner ces informations dans des registres spécifiques.

Rupture du contrat de travail

Le nouveau droit du travail clarifie les procédures de licenciement. Pour un CDI, l’employeur ou le salarié peuvent résilier moyennant un préavis de trois mois. L’employeur ne peut pas notifier de rupture pendant un congé. Une fois le licenciement prononcé sans cause valable (économique ou disciplinaire sérieuse), le salarié a droit à une indemnité d’au moins deux mois de salaire par année d’ancienneté.

Bon à savoir :

Une démission doit être écrite, signée et validée par l’Office du travail. Elle peut être retirée dans les dix jours suivant son acceptation. La pratique des formulaires de démission pré-signés, autrefois courante, est désormais interdite.

En cas d’absences injustifiées répétées (plus de 20 jours non consécutifs ou 10 jours consécutifs sur un an), l’employeur peut considérer la rupture comme une démission, sous réserve d’avoir préalablement adressé un avertissement en recommandé.

Pour un entrepreneur expatrié, cela signifie qu’il est indispensable d’avoir :

des contrats de travail clairs, traduits si nécessaire ;

– un règlement intérieur conforme (en arabe) ;

une gestion rigoureuse des dossiers du personnel (fiches de paie, registres de congés, sanctions, etc.), à conserver au moins cinq ans après la fin du contrat.

Ouvrir un compte bancaire et gérer ses finances

La monnaie officielle est la livre égyptienne (EGP), divisée en 100 piastres. La dévaluation successive depuis 2022 a profondément modifié le paysage financier. Pour un expatrié qui gagne en dollars ou en euros, le coût de la vie apparaît extrêmement bas : selon des données 2025, la vie en Egypte serait plus de 70 % moins chère qu’aux Etats‑Unis (hors loyer), avec des loyers en moyenne plus de 90 % inférieurs.

Banques locales et internationales

Le système bancaire égyptien comprend de grandes banques publiques et privées (National Bank of Egypt, Banque Misr, Banque du Caire, CIB, QNB Alahli, Bank of Alexandria, etc.), mais aussi des filiales de groupes internationaux comme HSBC. De nombreux expatriés préfèrent passer par ces acteurs internationaux pour bénéficier de services de banque en ligne modernes et d’une interface en anglais plus aboutie.

Services bancaires pour expatriés égyptiens

Découvrez les offres spécialisées des établissements bancaires pour accompagner les Égyptiens résidant à l’étranger, avec des services adaptés à leurs besoins spécifiques.

Comptes multidevises

Ouvrez un compte bancaire gérant plusieurs devises pour faciliter vos transactions et économies internationales.

Transferts internationaux facilités

Bénéficiez de conditions avantageuses et simplifiées pour vos envois de fonds vers l’Égypte.

Programmes pour la diaspora

Accédez à des offres conçues spécifiquement pour les Égyptiens travaillant à l’étranger, notamment dans les pays du Golfe.

Ouverture à distance

Ouvrez un compte en Égypte sans vous déplacer, via les ambassades et consulats égyptiens à l’étranger.

Solutions immobilières

Profitez de facilités et de conseils dédiés pour vos projets d’achat immobilier en Égypte.

Les banques locales sont parfois réputées pour leurs frais élevés, leurs horaires restreints (clôture à 14 h dans beaucoup de agences) et une bureaucratie tatillonne. Les distributeurs automatiques, eux, sont largement disponibles, et la carte bancaire est acceptée dans la plupart des commerces urbains.

Pour ouvrir un compte en tant qu’étranger, les banques demandent en général : un justificatif d’identité, un justificatif de domicile, et un numéro d’identification fiscale.

un passeport valide ;

un titre de séjour ou un visa de longue durée (certaines acceptent un visa touristique, mais avec plus de restrictions) ;

– un justificatif d’adresse (bail, facture) ;

– un justificatif de revenus (contrat de travail, statuts de société, lettres de référence bancaire, etc.) ;

– un dépôt initial.

Plateformes numériques et offshore

En parallèle des banques traditionnelles, des solutions fintech internationales facilitent la gestion de devises pour les expatriés, comme Wise ou des plateformes spécialisées. Elles permettent de conserver des soldes dans plus de 40 devises et de recevoir des paiements en EUR, GBP, USD, etc. Ces services ne remplacent pas un compte professionnel égyptien (requis pour vos obligations fiscales et sociales), mais servent de relais pour les paiements internationaux et la protection contre la volatilité de la livre.

Des acteurs d’offshore banking digital existent aussi, mais ils sont régulés dans d’autres juridictions. Il est crucial de vérifier leur statut et la conformité de leur utilisation au regard des lois égyptiennes et de celles de votre pays de résidence fiscale.

Vivre et travailler en Egypte : coût de la vie et villes à privilégier

Le coût de la vie est un argument majeur pour un entrepreneur indépendant, surtout si ses revenus sont en dollars ou en euros. D’après des données 2025, un célibataire peut vivre avec environ 14 500 EGP par mois hors loyer (300 USD environ), et une famille de quatre personnes avec un peu plus de 50 000 EGP (environ 1 080 USD), toujours hors loyer. Bien sûr, ces chiffres varient selon le style de vie et la ville.

Indication de coûts quotidiens

Le tableau ci‑dessous donne un ordre de grandeur pour certains postes à Le Caire.

Poste de dépenseFourchette indicative (EGP)
Repas simple au restaurant100 – 400
Menu fast‑food200 – 250
Café type cappuccino67 – 75
1 L de lait~45
Douzaine d’œufs~70
1 kg de poulet~200 (selon coupe)
Ticket de transport en commun10 – 15
Abonnement mensuel transport300 – 500
Loyer 1 chambre centre‑ville (Caire)8 500 – 10 500
Loyer 3 chambres centre‑ville (Caire)14 500 – 19 500

Les quartiers prisés par les expatriés au Caire incluent Maadi, Zamalek, New Cairo, Sheikh Zayed ou 6th of October City, souvent organisés en compounds sécurisés. En dehors du Caire, Alexandrie offre une vie côtière plus abordable, et les villes de la mer Rouge comme Hurghada ou El Gouna attirent freelances et retraités pour leur climat et leur ambiance balnéaire.

Villes et écosystèmes startup

Pour un entrepreneur, le choix de la ville détermine aussi l’accès aux talents, aux financements et aux réseaux. Un indice d’« amitié pour les startups » (Startup Friendliness Index) a évalué plusieurs villes égyptiennes:

Écosystèmes Startup en Égypte

Classement et analyse des principaux écosystèmes entrepreneuriaux égyptiens selon leur score global, leur position régionale (MENA) et leurs forces et faiblesses identifiées.

Le Caire

Score : ~37,7/100. Plus grand écosystème du pays, 24e mondial et 6e en MENA. Forces : capital humain, financement et vitalité de la scène startup. Faiblesses : environnement macro, infrastructures et certains aspects du marché.

Alexandrie

Score : 32,8/100. Second écosystème égyptien, 25e mondial et 7e en MENA. Points forts : financement et infrastructures, avec un bon vivier de talents.

Mansoura

Score : 28,9/100. 3e au niveau national. Reconnue pour son capital humain, mais manque de structures d’accompagnement et de financements.

D’autres villes (Sohag, Assiout, Suez, El Gouna) affichent un potentiel variable, souvent freiné par la taille réduite de leur marché ou l’absence de scènes entrepreneuriales très actives. Pour un expatrié qui démarre, le Caire reste généralement la base la plus stratégique.

Culture d’affaires égyptienne : ce qu’un expatrié doit absolument savoir

Au‑delà des lois et des chiffres, la réussite entrepreneuriale en Egypte repose largement sur la capacité à naviguer dans une culture d’affaires où les relations personnelles, la confiance et le respect des codes sociaux sont déterminants.

La relation avant le contrat

Les affaires se font d’abord avec des personnes, ensuite avec des entreprises. Les Egyptiens attachent une grande importance à la construction d’un lien personnel, qui passe par :

des échanges informels et prolongés au début des réunions ;

une réelle curiosité pour votre parcours, votre famille, votre pays d’origine ;

des invitations à des repas, cafés ou événements sociaux.

Ne pas accorder de temps à ce rituel relationnel, ou vouloir « aller droit au but » trop rapidement, peut être interprété comme un manque de respect ou de sérieux. Inversement, montrer de l’intérêt pour l’histoire et les réalisations du pays (civilisation pharaonique, culture contemporaine, sport, etc.) est souvent très apprécié.

Communication indirecte et « wasta »

La communication est souvent indirecte. Dire « non » frontalement n’est pas dans la norme : un « inshallah », un « on verra » ou un « oui » vague peuvent signifier en pratique « probablement pas ». La patience est une vertu cardinale, et il est conseillé de reformuler et de confirmer par écrit les engagements clés à l’issue des réunions.

Bon à savoir :

La notion de ‘wasta’ (réseau, piston) est centrale dans la culture professionnelle locale. Avoir un partenaire ou représentant bien connecté peut accélérer les démarches, faciliter les approbations administratives et l’accès aux décideurs. Il s’agit d’utiliser des réseaux sociaux et familiaux denses, une pratique distincte de la corruption, qui est illégale et risquée.

Style de négociation et étiquette professionnelle

Les Egyptiens sont réputés pour être des négociateurs tenaces. Le marchandage fait partie du jeu, avec une tendance à ouvrir la discussion sur des positions ambitieuses, en sachant qu’il y aura des concessions. Les approches agressives ou trop pressantes sont mal perçues. Le processus de décision peut être long, impliquant plusieurs niveaux hiérarchiques et des consultations informelles.

Quelques repères :

Astuce :

La ponctualité est attendue de la part des étrangers, même si une certaine flexibilité horaire est pratiquée localement. Le code vestimentaire est formel et conservateur : costume et cravate pour les hommes, tenue couvrante et sobre pour les femmes. Il est recommandé de disposer de cartes de visite bilingues (anglais/arabe) et d’utiliser systématiquement les titres académiques et professionnels (Docteur, Ingénieur, etc.) dans les salutations, car ils ont un poids particulier.

Thèmes sensibles et gestes à éviter

Certains sujets doivent être abordés avec prudence, voire évités : religion (surtout les critiques), politique interne, questions liées à Israël et à la Palestine, jugements négatifs sur le pays, comparaisons condescendantes avec l’Occident.

Sur le plan gestuel, quelques codes sont importants :

ne pas montrer la plante de ses pieds à son interlocuteur ;

éviter le geste du pouce levé, mal interprété ;

– utiliser la main droite pour donner ou recevoir cartes, cadeaux, documents ;

– maintenir une distance personnelle plus réduite qu’en Europe sans reculer brusquement, ce qui pourrait être pris pour de la froideur.

Les contacts physiques sont fréquents entre hommes (poignées de main prolongées, parfois main dans la main pour marcher entre amis). Avec les femmes, en revanche, il est recommandé de laisser l’initiative : certaines serreront la main, d’autres préféreront un simple salut verbal.

Secteurs d’opportunité pour un expatrié entrepreneur

Au‑delà des grandes filières classiques (énergie, construction, transport, télécoms) identifiées comme prioritaires par le gouvernement, de nombreux créneaux se prêtent à une implantation d’expatrié, seul ou avec une petite équipe.

Parmi les terrains favorables :

Secteurs porteurs en Égypte

Panorama des principaux domaines d’opportunités économiques et entrepreneuriales en Égypte, basé sur des données récentes.

Technologies et Services Numériques

Plus de 2 000 startups pour une valorisation totale d’environ 8 milliards de dollars. Forte concentration sur la fintech (45 % des financements en 2024), la logistique, l’e‑santé, l’edtech et l’IA. Écosystème structuré par des incubateurs comme Flat6Labs, Falak, AUC Venture Lab ou DMZ Cairo.

Commerce en Ligne et Distribution

Marché de l’e‑commerce estimé à 7,5 milliards de dollars mais encore sous‑pénétré. Réseau informel de plus de 400 000 épiceries (40‑50 milliards de dollars de ventes annuelles). Essor des modèles hybrides : plateformes B2B, livraison du dernier kilomètre, solutions de paiement et de crédit.

Agrobusiness et Gestion de l’Eau

Agriculture consommant plus de 80 % des ressources hydriques et forte dépendance aux importations (60 milliards de dollars/an). Potentiel pour l’optimisation : irrigation, data, agriculture urbaine, valorisation des dattes ou de l’huile d’olive de Siwa.

Tourisme et Expérience Culturelle

Destination touristique majeure avec opportunités dans les niches haut de gamme : ateliers de cuisine, séjours culturels, éco‑resorts, tours thématiques, ateliers de calligraphie, et vente en ligne de produits artisanaux de qualité.

Services aux Entreprises

Externalisation de services (comptabilité, rédaction, design, développement logiciel, formation). Portée par une main‑d’œuvre qualifiée et compétitive, particulièrement attractive pour les marchés occidentaux.

Pour chaque créneau, il importe de vérifier les règles sectorielles (quotas d’étrangers, licences spécifiques, restrictions sur la propriété foncière, etc.) et d’évaluer la dépendance à la consommation locale (touchée par la baisse du pouvoir d’achat) par rapport à des revenus en devises (export, clients étrangers, tourisme, télétravail international).

Quelques conseils pratiques pour réussir son installation

Créer une entreprise en Egypte en tant qu’expatrié n’est pas un parcours linéaire. Quelques bonnes pratiques ressortent de l’analyse du contexte juridique, économique et culturel.

D’abord, s’entourer d’un partenaire local fiable est quasiment indispensable : cabinet d’avocats, fiduciaire, agent, mentor ayant déjà monté des entreprises dans le pays. Il saura vous aider à composer avec la bureaucratie, la langue (l’arabe égyptien est la langue des affaires au quotidien, même si l’anglais est courant dans les milieux d’affaires) et les usages non écrits.

Bon à savoir :

Il est conseillé de prévoir des marges financières plus importantes qu’en Europe pour absorber la volatilité de la livre sterling, les délais administratifs imprévus et la lenteur potentielle des encaissements clients. Pour renforcer la résilience face à l’inflation locale, il est bénéfique d’orienter son modèle économique vers des revenus en devises, par exemple via l’export, des prestations offshore, ou une clientèle touristique ou régionale.

Il est également judicieux de tester le marché de manière progressive : un bureau de représentation, une société unipersonnelle légère, ou une structure hybride combinant présence locale et base juridique dans un autre pays du Golfe (plusieurs startups égyptiennes déplacent d’ailleurs leur siège aux Émirats ou en Arabie saoudite tout en conservant leurs opérations en Egypte) peuvent offrir de la flexibilité.

Astuce :

Pour réussir son implantation, il est crucial d’apprendre quelques bases d’arabe, de respecter les codes sociaux locaux (notamment pendant le Ramadan), d’adapter son style de management à une culture plus hiérarchique et relationnelle, et de construire un réseau solide via les chambres de commerce, les événements dédiés aux startups, les universités et les clubs d’affaires.

L’Egypte n’est ni un eldorado facile ni un territoire fermé. C’est un marché gigantesque, contrasté et exigeant, où un expatrié bien préparé, prêt à investir du temps dans la compréhension du terrain et à bâtir des partenariats solides, peut bâtir une activité durable, tournée à la fois vers l’intérieur du pays et vers le reste de la région.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour s’installer en Égypte, optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en gardant un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Égypte, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler l’Égypte pour sa fiscalité modérée sur les revenus étrangers, l’absence d’impôt sur la fortune, un coût de vie très inférieur à la France (Le Caire ou Alexandrie bien moins chers que Paris) et une situation géographique stratégique entre Europe, Afrique et Moyen-Orient. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, conventions fiscales FR‑EG), obtention du titre de séjour longue durée via l’achat ou la location de résidence principale, organisation de la couverture santé, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local (avocat, fiscaliste, immigration, accompagnement francophone) et restructuration patrimoniale internationale lorsque nécessaire.

Vous souhaitez vous expatrier à l'étranger : contactez-nous pour des offres sur mesure.

Décharge de responsabilité : Les informations fournies sur ce site web sont présentées à titre informatif uniquement et ne constituent en aucun cas des conseils financiers, juridiques ou professionnels. Nous vous encourageons à consulter des experts qualifiés avant de prendre des décisions d'investissement, immobilières ou d'expatriation. Bien que nous nous efforcions de maintenir des informations à jour et précises, nous ne garantissons pas l'exhaustivité, l'exactitude ou l'actualité des contenus proposés. L'investissement et l'expatriation comportant des risques, nous déclinons toute responsabilité pour les pertes ou dommages éventuels découlant de l'utilisation de ce site. Votre utilisation de ce site confirme votre acceptation de ces conditions et votre compréhension des risques associés.

RETROUVEZ-MOI RÉGULIÈREMENT DANS LA PRESSE

Découvrez mes dernières interventions dans la presse écrite, où j'aborde divers sujets.

A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

Retrouvez-moi sur les réseaux sociaux :
  • LinkedIn
  • Twitter
  • YouTube
Nos guides :