Les sports populaires à pratiquer au Cambodge

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Au Cambodge, le sport n’est pas qu’un loisir : c’est un morceau vivant de l’histoire du pays, un moteur d’ascension sociale pour la jeunesse et un formidable terrain de rencontre pour les voyageurs. Des arts martiaux khmers plusieurs fois millénaires au football télévisé dans les cafés, en passant par le basket urbain, le cyclisme autour d’Angkor et les courses de bateaux sur le Tonlé Sap, le choix est vaste pour qui veut pratiquer plutôt que regarder.

Bon à savoir :

Cet article présente un panorama pratique des sports praticables au Cambodge, intégrant le contexte culturel, les infrastructures, les lieux clés et des conseils utiles. Il s’adresse concrètement aux expatriés, voyageurs et Cambodgiens souhaitant découvrir des activités sur place, au-delà d’un simple listing théorique.

Kun Khmer et arts martiaux khmers : cœur battant du sport cambodgien

Dans l’imaginaire cambodgien, difficile de séparer sport et arts martiaux. Les bas-reliefs d’Angkor Wat, du Bayon ou de Ta Prohm montrent déjà des scènes de boxe et de lutte. Ces images anciennes trouvent aujourd’hui leur prolongement dans des pratiques bien vivantes, accessibles aux débutants comme aux pratiquants confirmés.

Kun Khmer (Pradal Serey) : la boxe nationale à portée de gants

Le Kun Khmer, souvent appelé Pradal Serey, est la boxe cambodgienne par excellence. C’est un sport de percussion et de clinch, utilisant poings, pieds, genoux et coudes, parfois résumé comme un « art des huit armes ». Les combats se déroulent sur cinq reprises de trois minutes dans un ring de 6,1 mètres de côté, avec une minute et demie à deux minutes de repos.

Pour celui qui souhaite pratiquer, l’offre est abondante. On compte environ 70 clubs de boxe dans le pays, concentrés surtout à Phnom Penh et dans les grandes villes. La plupart proposent des cours pour débutants, avec du matériel prêté ou loué sur place. Les séances s’adressent en priorité aux jeunes adultes, généralement entre 14 et 25 ans, souvent issus de milieux modestes, mais de plus en plus d’étrangers viennent aussi s’initier ou se perfectionner.

Les entraînements sont exigeants : les boxeurs professionnels s’entraînent jusqu’à six à huit heures par jour, sept jours sur sept, sous la direction d’un kru (maître). Même pour un pratiquant loisir, l’intensité reste élevée, avec beaucoup de travail de condition physique, d’assouplissement et de répétition des techniques de coudes – spécialité khmère – et de coups de pied circulaires. Le clinch est utilisé de façon dynamique : on ne cherche pas seulement à contrôler, mais à frapper vite, puis à relâcher.

Exemple :

Avant chaque combat de Kun Khmer, les boxeurs exécutent le rituel de respect appelé *kun kru*, accompagné de musique traditionnelle jouée au *sralai* (hautbois khmer), aux tambours *sampho* et aux cymbales *chhing*. Cette dimension culturelle imprègne aussi l’entraînement, où les gestes techniques portent des noms poétiques évoquant des animaux, tels que *krapeu-ha* (« le crocodile qui ouvre la gueule ») ou *kla-krab* (« le tigre qui se couche »).

Les combats amateurs et professionnels sont très fréquents, surtout à Phnom Penh où plus de 50 affrontements par semaine ont été recensés dans la région. Ils sont diffusés en direct par plusieurs chaînes nationales : TV5, CTN, Bayon TV, TV3, Apsara TV. Pour un passionné, assister à un gala du week-end est presque aussi facile que regarder un match de football dans un bar européen. Pour un pratiquant, cette densité de compétitions signifie aussi la possibilité de passer rapidement du statut de simple élève à celui de boxeur de ring, à condition d’en accepter les risques : fractures, luxations et traumatismes existent, même si la plupart sont pris en charge et guérissent.

Malgré ce côté dur, le Kun Khmer offre un véritable ascenseur social. Les bourses ont beaucoup augmenté : là où un boxeur touchait entre 200 000 et 300 000 riels (50 à 75 dollars) par tournoi entre 2019 et 2021, les meilleurs peuvent aujourd’hui gagner entre 1 000 et 3 000 dollars par combat, voire atteindre 10 000 dollars avec les sponsors. Pour de jeunes ruraux de Battambang, Banteay Meanchey ou Svay Rieng – d’où viennent près de 70 % des boxeurs du circuit de Phnom Penh – cela représente un enjeu de vie majeur.

Sur le plan institutionnel, la discipline est encadrée par la Fédération de boxe cambodgienne, qui délivre licences de juges, arbitres et combattants. Les autorités misent fort sur cette boxe nationale : Kun Khmer figure désormais officiellement au programme des Jeux d’Asie du Sud-Est, et des événements internationaux sont organisés jusqu’en Europe ou en Corée du Sud, ouvrant des débouchés aux meilleurs.

Bokator : l’art guerrier devenu patrimoine culturel

Si le Kun Khmer est la vitrine sportive moderne, Bokator est le grand ancêtre, la matrice culturelle. Cet art martial de champ de bataille, utilisé autrefois par les armées khmères, combine percussions, lutte, clés articulaires, sol, projections, et maniement d’armes telles que bâtons de bambou, épée ou bâtons courts. Une pratique complète, parfois décrite comme « l’art de se battre avec tout le corps ».

Le Bokator, reconnu par l’UNESCO comme patrimoine culturel immatériel, a failli disparaître sous les Khmers rouges. Sa résurrection doit beaucoup à maître San Kim Sean, revenu enseigner au pays au début des années 2000 et ayant retrouvé d’anciens maîtres âgés de 60 à 90 ans pour perpétuer cet art martial ancestral.

San Kim Sean, père du Bokator moderne

Pour un pratiquant étranger, l’entrée se fait généralement par des écoles communautaires ou des clubs affiliés à la Cambodia Kun Bokator Federation, active dans treize provinces. L’enseignement est progressif et repose sur un système de grades symbolisés par la couleur du kroma, l’écharpe autour de la taille : blanc, puis vert, bleu, rouge, brun, noir (avec dix degrés), et enfin or pour les grands maîtres. On parle de 341 styles différents et de milliers de techniques, souvent inspirées des animaux ou des éléments : singe roi, lion, crocodile, éléphant, grue, vent, feu, eau…

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Nombre minimum de mois de travail quotidien requis pour atteindre le premier niveau, avec deux heures d’entraînement par jour.

Au-delà de la technique, Bokator est une plongée dans la culture khmère. Les uniformes s’inspirent des armées anciennes, avec un kroma coloré et des cordelettes de soie aux bras, jadis censées protéger magiquement le combattant. Les rituels avant le combat, les musiques jouées (pleng pradal), les références au panthéon local en font une pratique autant spirituelle que sportive. On la retrouve d’ailleurs dans des spectacles de danse (Chhay Yam), dans le théâtre populaire ou au cinéma, jusqu’à inspirer des productions internationales.

Pour qui souhaite tester, Phnom Penh et Siem Reap sont les meilleurs points de départ : on y trouve des clubs structurés, parfois ouverts aux étrangers, et des stages ponctuels, souvent annoncés via les réseaux sociaux ou relayés par des ONG et écoles de sport.

Lutte traditionnelle khmère : un sport de fête encore vivant

À côté des deux grands arts, la lutte traditionnelle khmère – souvent appelée Baok Cham Bab ou Jap Baok – reste très pratiquée lors des fêtes, surtout pendant le Nouvel An khmer et certaines grandes célébrations. Les règles sont simples : un combat se déroule en trois manches, chaque manche revenant au lutteur qui parvient à mettre son adversaire sur le dos. Celui qui gagne deux manches est déclaré vainqueur.

Avant chaque combat, les deux lutteurs exécutent une danse rituelle, sur fond de percussions jouées par deux tambours, Skor Ngey (tambour « féminin ») et Chhmol (tambour « masculin »). Pour un pratiquant, l’accès se fait plutôt par les villages et les communautés rurales que par des salles structurées, même si certains festivals proposent des ateliers d’initiation. C’est un sport de contact rustique, mais avec une ambiance conviviale, bien différent du cadre ultra codifié d’un ring de Kun Khmer.

Football : le sport-roi, des terrains poussiéreux à la ligue professionnelle

Le football est aujourd’hui le sport le plus suivi au Cambodge. Introduit par les Français au début du XXe siècle, il s’est imposé comme le loisir numéro un, des ruelles de Phnom Penh aux rizières retournées en terrains improvisés. Pour quelqu’un qui souhaite simplement jouer, il suffit souvent d’un ballon et d’un terrain vaguement plat : des parties s’organisent partout, y compris en ville, sur les terrains des écoles ou des pagodes.

Attention :

Le pays dispose d’un championnat professionnel, la Cambodian Premier League. Administrée par la Cambodian Football League Company sous l’égide de la Fédération de football du Cambodge (fondée en 1933, membre de la FIFA depuis 1953), cette ligue rassemble actuellement onze équipes. Les clubs sont répartis entre Phnom Penh et plusieurs provinces comme Siem Reap, Svay Rieng, Takéo et Preah Sihanouk.

Les joueurs locaux bénéficient d’un environnement de plus en plus organisé : la ligue travaille à améliorer le niveau de compétition, fournit aux clubs des outils d’analyse vidéo, et les aide à atteindre les standards de licence de club de la Confédération asiatique. Un championnat de développement est en préparation pour la tranche 18-23 ans, avec des quotas stricts sur le nombre d’étrangers afin de multiplier les minutes de jeu pour les jeunes Cambodgiens.

Astuce :

Pour un pratiquant, plusieurs options existent. De nombreux clubs disposent d’académies pour les jeunes, des catégories U12 jusqu’aux U21. Parallèlement, des ONG et programmes comme Globalteer ou Kampuchea Balopp utilisent le football comme outil éducatif, notamment autour de Siem Reap et Pursat. Ces programmes accueillent des centaines, voire des milliers d’enfants chaque semaine, avec des séances axées sur le jeu, mais aussi sur des valeurs comme le fair-play, le respect et le travail en équipe.

Le tableau ci-dessous donne un aperçu simplifié de la pyramide du football au Cambodge, utile pour comprendre où se situer en tant que pratiquant.

Niveau de pratiqueStructure principalePublic visé
Loisir informelTerrains de villages, écoles, parcsEnfants, jeunes, adultes
Football scolaire / ONGÉcoles, programmes type Globalteer, ONGEnfants et ados, mixte
Académies de clubs CPLAcadémies U12 à U21 de clubs professionnelsJeunes talents, sélectionnés
Championnat de développementFuture ligue U18-U23 limitée en étrangersJeunes joueurs proches du haut niveau
Cambodian Premier LeaguePremière division professionnelleJoueurs professionnels

Pour un étranger de passage, rejoindre un pick-up game est simple : il suffit de se rendre en fin d’après-midi sur les grands terrains proches des universités ou des parcs urbains, surtout à Phnom Penh et Siem Reap. Les locaux incluent souvent volontiers un joueur supplémentaire, sans autre formalité qu’un sourire et un « sousdei » (bonjour).

Basket-ball : un sport urbain en pleine expansion

Moins ancré historiquement que le football, le basket-ball progresse vite, en particulier auprès des jeunes en ville. Les matchs improvisés sur les terrains d’écoles, de collèges ou dans les parcs sont désormais monnaie courante, garçons et filles confondus. La popularité est portée par la télévision, les réseaux sociaux et l’attrait pour les ligues américaines, mais aussi par une structuration progressive du basket cambodgien.

Basketball au Cambodge

Structure, compétitions et infrastructures du basketball cambodgien

Fédération et Gouvernance

La gouvernance est assurée par la Cambodian Basketball Federation, fondée en 1954 et affiliée à la FIBA depuis 1958.

Compétitions Internationales

Depuis la fin des années 1990, le pays envoie régulièrement des équipes aux Jeux d’Asie du Sud-Est, tant chez les hommes que chez les femmes.

Ligue Professionnelle

La Cambodian Basketball League existe depuis 2013. Elle réunit huit équipes basées à Phnom Penh.

Infrastructures

Les matchs sont disputés notamment à la Beeline Arena, salle moderne aux normes internationales, et au siège du Comité national olympique.

Ce championnat a la particularité d’imposer la présence d’au moins deux joueurs cambodgiens sur le terrain pour chaque équipe en permanence, tout en autorisant l’intégration de joueurs étrangers venus des États-Unis, d’Australie, du Japon ou des Philippines. Les salaires sont comparables à ceux des autres ligues d’Asie du Sud-Est, ce qui attire un vivier correct de joueurs importés et permet aux locaux de se confronter à un niveau supérieur.

Pour les plus jeunes, la fédération organise des compétitions dédiées : ligue lycéenne, Jeux des écoles primaires, secondaires et universités, Jeux nationaux biennaux. Un programme de détection et de formation des moins de 15 ans a été lancé, avec un effectif passé de 12 à 24 joueurs suivis toute l’année, exposés à des compétitions internationales régionales.

Le tableau suivant résume les principaux axes de développement du basket-ball au Cambodge, utiles à connaître si l’on souhaite s’y investir sérieusement.

Axe de développementActions concrètes
Jeunes (U15 et plus)Camps, ligues scolaires, programme U15 avec entraînement annuel
Maillage territorialObjectif de visibilité dans les 25 provinces, focus sur 5 régions clés
3×3 basketPromotion active pour coûts réduits et exposition internationale
EncadrementFormation d’entraîneurs, arbitres, officiels techniques
Basket fémininEngagement pour développer les équipes féminines et mixtes

Pour un joueur de passage, se greffer à un match amical se fait souvent via les réseaux sociaux, des groupes de joueurs locaux ou en se rendant sur les terrains universitaires en fin de journée. Le matériel de base (chaussures adaptées, genouillères, protège-dents) est vivement conseillé, surtout en extérieur où les sols peuvent être abrasifs et glissants, particulièrement pendant la saison des pluies.

Cyclisme : explorer le pays à hauteur de guidon

Avec son relief globalement plat et ses routes relativement peu fréquentées hors des grandes villes, le Cambodge s’y prête particulièrement bien à la pratique du vélo, que ce soit en balade tranquille autour de Siem Reap ou en itinérance de Phnom Penh à Battambang.

Phnom Penh elle-même, bien que chaotique aux heures de pointe, est une ville où le vélo reste viable. Son plan de rues numérotées facilite l’orientation, notamment autour des grands axes comme le boulevard Norodom. Les matinées fraîches ou les soirées après 22 heures sont les meilleurs créneaux, quand la circulation diminue. Le long du quai Sisowath, sur la rive du Tonlé Sap, les larges trottoirs permettent de rouler en douceur, en faisant attention aux piétons.

90000

C’est la distance totale, en kilomètres, des plus de 1000 itinéraires cyclistes répertoriés autour de la capitale.

Autre atout : les clubs. À Phnom Penh, des groupes comme les Phnom Penh Easy Riders organisent chaque samedi matin des randonnées de 35 à 60 kilomètres, avec départ à l’aube pour éviter la chaleur, tandis que Phnom Penh Bike Hash propose une sortie mensuelle mêlant vélo et convivialité. Ces groupes communiquent largement via Facebook, ce qui simplifie la prise de contact pour un nouveau venu.

Le tableau suivant propose un aperçu de quelques types de parcours typiques autour de la capitale.

Type de sortieDistance indicativeDénivelé moyenProfil de pratiquant
Balade urbaine7 à 20 kmTrès faibleDébutant, famille
Boucle rivière / péninsule30 à 60 kmFaiblePratiquant régulier
Liaison inter-ville70 à 130 kmFaibleCycliste entraîné
Itinérance Phnom Penh – Siem Reap (Tonlé Sap Trail)~115 km (en segments)FaibleVoyageur au long cours

La location et l’achat de vélos sont faciles à Phnom Penh et Siem Reap. Dans la capitale, un vaste quartier entre le marché Orussey et le boulevard Monivong concentre des centaines de vélos à vendre, du VTT basique à environ 120 dollars aux modèles d’occasion autour de 40 dollars. Pour un matériel plus technique (cadres carbone, GPS, textiles spécialisés), des boutiques comme Sophy Bicycle Shop, dans le centre, offrent un choix large et du personnel anglophone.

Bon à savoir :

À Phnom Penh, des magasins comme Flying Bikes 2 ou les loueurs de Silk Island proposent des VTT pour 7-8 USD/jour (casque et antivol inclus), avec un dépôt de garantie souvent demandé sur le passeport. À Siem Reap, des agences de tourisme et ONG, comme White Bicycles, louent également des vélos, une partie des revenus finançant des projets communautaires.

Le climat impose quelques règles de bon sens. La saison sèche, de novembre à avril, est la plus indiquée pour pédaler : routes sèches, ciel dégagé, températures généralement comprises entre 20 et 32 °C. Entre mars et mai, la chaleur devient plus forte, avec des pics au-delà de 35 °C, d’où l’importance de partir très tôt (5 h 30 – 6 h) et de prévoir beaucoup d’eau, crème solaire et vêtements respirants. Pendant la saison des pluies, de mai à octobre, la circulation en ville reste possible, mais les routes en terre en campagne peuvent devenir boueuses, voire impraticables ; les flaques profondes masquent parfois des ornières.

Enfin, une recommandation cruciale pour les aventuriers : dans certaines zones rurales de l’ouest du pays, la présence d’anciennes mines et munitions non explosées est encore signalée. Mieux vaut donc rester sur les routes et pistes bien fréquentées, et se méfier des « raccourcis » hors des tracés connus.

Course à pied : marathons d’Angkor et demi-marathons internationaux

Pour les amateurs de running, le Cambodge offre un terrain de jeu aussi spectaculaire qu’exigeant. Plusieurs grandes épreuves sont organisées chaque année, dans des cadres uniques au monde, comme le complexe d’Angkor ou le front de mer de Sihanoukville. Elles combinent défi sportif, immersion culturelle et engagement humanitaire.

Autour de Siem Reap, deux rendez-vous dominent : l’Angkor Empire Marathon et l’Angkor Wat International Half Marathon. Ces courses se déroulent au cœur du site archéologique, avec un départ et une arrivée devant Angkor Wat pour le semi-marathon. Le parcours serpente entre les temples, longe des douves, traverse des villages et passe à proximité d’une quinzaine de monuments, comme Ta Keo ou les portes d’Angkor Thom. Les distances proposées vont des formats découverte (3 km) au marathon complet de 42,195 km, en passant par 5, 10 et 21 kilomètres selon l’événement.

13000

Nombre maximal de coureurs, dont une majorité d’amateurs internationaux, participant aux éditions récentes du marathon d’Angkor.

Car ces courses ne sont pas de simples compétitions : l’Angkor Wat International Half Marathon, par exemple, récolte des fonds au profit des victimes de mines antipersonnel, pour financer des prothèses, des programmes de réinsertion, des actions éducatives et sanitaires. Une partie des bénéfices soutient aussi des hôpitaux pour enfants, comme l’Angkor Children Hospital et l’hôpital Kantha Bopha. D’autres épreuves, comme le Phnom Penh International Half Marathon ou l’AIA Pink Run, allient performance et soutien aux hôpitaux pédiatriques ou à la sensibilisation au cancer du sein.

Le tableau ci-dessous donne un aperçu de quelques grandes courses sur route organisées au Cambodge et de leur particularité pour les coureurs.

ÉpreuveLieu principalDistances proposéesSpécificité pour le pratiquant
Angkor Empire MarathonSiem Reap / Angkor3 km, 10 km, 21,1 km, 42,195 kmParcours au cœur des temples, terrains mixtes, chaleur
Angkor Wat International Half MarathonSiem Reap / Angkor3, 5, 10, 21 kmCourse caritative, forte participation internationale
Phnom Penh International Half MarathonPhnom Penh21,1 kmParcours urbain, départ devant le Palais royal
Sihanoukville International Half MarathonSihanoukville21 kmParcours vallonné en bord de mer
AIA Pink RunPhnom PenhFormats moyensCourse de sensibilisation au cancer du sein
Women Run 10KDivers10 kmÉpreuve focalisée sur la participation féminine

Côté conditions, la principale difficulté vient du climat. Même en décembre, à Siem Reap, les températures oscillent entre 18 et 28 °C ; à Sihanoukville, en mars, elles peuvent aller de 27 à 36 °C. Les départs sont donc fixés très tôt (5 h ou 5 h 30) et les organisateurs disposent des ravitaillements en eau tous les deux kilomètres, parfois complétés par des bananes. Le parcours est globalement plat, sur routes goudronnées ou pistes de terre battue bien compactée, mais la chaleur et l’humidité demandent une préparation sérieuse, une hydratation rigoureuse et, pour les formats longs, l’usage éventuel de gels ou de compléments énergétiques.

Bon à savoir :

L’inscription se fait en ligne, avec des tarifs « early bird » et des options de remboursement limitées. Chaque participant reçoit un dossard, un pack souvenir et une médaille de finisher. Pour certaines distances, un t-shirt spécifique est également fourni. Les organisateurs peuvent offrir un laissez-passer pour reconnaître une partie du parcours dans la zone d’Angkor avant la course, mais un billet d’entrée séparé est nécessaire pour accéder à l’intérieur des temples.

Pour un coureur de loisir, ces événements sont une manière unique de conjuguer voyage sportif et découverte culturelle, tout en contribuant à des projets solidaires très concrets sur le terrain.

Volleyball et Sepak Takraw : sports de village et compétitions nationales

Dans de nombreuses campagnes cambodgiennes, un simple regard sur un terrain battu entre deux maisons ou derrière une école suffit à mesurer la popularité du volley. Un filet tendu entre deux arbres, un ballon qui passe d’un camp à l’autre, des cris et des rires : la scène se répète de village en village. Pour beaucoup d’habitants, le volley est même plus familier que le football, car il demande moins d’espace et se pratique facilement à quatre ou six joueurs.

Exemple :

À Pastar Char, près de Siem Reap, une école suivie par Globalteer a mis en place un enseignement sportif structuré. Les séances suivent le schéma classique échauffement – apprentissage technique – match, en combinant football, volley et parfois basket. Des festivals sportifs sont organisés pour valoriser la participation, le respect et le travail d’équipe plutôt que le seul résultat. Dans d’autres écoles partenaires, l’installation de poteaux de volley et de filets a permis de donner une nouvelle vie à des espaces auparavant inutilisés.

En parallèle, un autre sport de filet fait fureur : le Sepak Takraw, parfois appelé sek dai, si ou chinlon. Il s’agit d’un jeu de « volley au pied » typique d’Asie du Sud-Est, disputé sur un terrain de taille proche de celle du badminton, avec un ballon en rotin ou synthétique. Les joueurs n’utilisent ni mains ni bras, mais seulement pieds, tibias, genoux, torse, épaules et tête. Sauts retournés et acrobaties spectaculaires sont monnaie courante dans les matches de haut niveau.

76

Nombre total de participants à la quatrième édition des Jeux nationaux de Sepaktakraw et Chinlone au Cambodge.

Pour un pratiquant, le Sepak Takraw est à la fois difficile techniquement et extrêmement ludique. Les bases peuvent s’apprendre dans les clubs locaux ou simplement en se joignant à un match de quartier : beaucoup de terrains de volley sont en réalité dédiés à ce sport, les filets étant à la bonne hauteur pour les smashs du pied. La progression est rapide en termes de plaisir de jeu, même si les gestes spectaculaires des compétitions internationales exigent des années de pratique.

Pétanque, skate, boat racing : d’autres façons de bouger

Le Cambodge ne se résume pas à quelques sports phares. Toute une galaxie d’activités, souvent liées à l’histoire coloniale, à la géographie du pays ou à l’influence des ONG, viennent enrichir le panorama des sports à pratiquer.

Exemple :

Héritée de la période française, la pétanque est devenue un loisir de masse au Cambodge, encadrée par la Fédération cambodgienne de boules et pétanque. Elle attire des compétiteurs des 25 provinces, avec 327 athlètes participants aux derniers championnats nationaux. Pour les visiteurs, il est facile de repérer des terrains improvisés dans les quartiers, où des parties se jouent à l’ombre en fin de journée. S’inviter à une mène se fait souvent par un simple signe de la main.

Les sports de glisse, eux, ont trouvé un terreau urbain à partir des années 2010. Le skateboarding a vu naître ses premières boutiques spécialisées, puis l’ONG Skateistan s’est implantée à Phnom Penh en 2011, offrant des cours gratuits aux enfants défavorisés. La visite de Tony Hawk, légende de la discipline, quelques années plus tard, a donné un coup de projecteur supplémentaire. Aujourd’hui, une fédération nationale de skateboard et sports de roulettes existe et encadre le développement de la pratique. Pour un pratiquant muni de son skate, les principaux spots restent les skateparks aménagés par ces structures ou certains espaces publics tolérés, surtout à Phnom Penh.

Exemple :

Les courses de bateaux traditionnels, avec de longues et étroites embarcations pouvant compter des dizaines de rameurs, sont un événement majeur de la Fête de l’Eau sur le Tonlé Sap ou le Mékong. Bien que difficile à pratiquer individuellement, intégrer l’équipage d’un village offre une expérience sportive et culturelle unique. De même, des courses de charrettes à bœufs sont organisées lors du Nouvel An khmer, perpétuant des traditions ludiques liées à la culture agraire.

Sports et jeunesse : programmes éducatifs et enjeux de société

Derrière cette diversité de sports, un enjeu plus large se dessine : utiliser l’activité physique comme vecteur d’éducation, de cohésion sociale et d’égalité des genres. Plusieurs programmes, souvent portés par des ONG en partenariat avec des écoles locales, s’attachent à donner aux enfants un accès régulier au sport, dans un contexte où les cours d’éducation physique restent rares dans le système public.

2500

Nombre d’élèves touchés par un programme sportif structuré à Siem Reap et ses environs, visant à intégrer le sport dans leurs habitudes.

Les effets vont au-delà de la condition physique. On travaille la confiance en soi, l’estime de soi, les capacités à parler en public, à coopérer, à gérer une victoire ou une défaite. Les projets ciblent aussi les inégalités de genre : une enquête nationale citée dans ces programmes montre que plus de 90 % des femmes et plus de 80 % des hommes considèrent encore que la place principale d’une femme est au foyer. Pour contrer ce stéréotype, certaines initiatives proposent des sessions spécifiques pour les adolescentes, encadrées par des coachs féminines, pour apprendre à se projeter dans des rôles de leadership, à travers le sport.

Bon à savoir :

Dans certains contextes, la pratique de sports comme le football et le volley-ball peut servir d’outil d’émancipation. Ces activités démontrent aux familles que filles et garçons peuvent jouer ensemble et que les filles sont tout aussi capables de performances sportives (marquer, smasher) et de prise de parole. À moyen terme, ces changements observés sur le terrain contribuent à des évolutions plus larges des mentalités.

Eau, nature et aventure : kayak, plongée et activités nautiques

Même si notre sujet principal n’est pas le tourisme, impossible de passer sous silence la dimension très concrète de certaines activités aquatiques au Cambodge, tant elles sont liées à la vie quotidienne et au contexte naturel.

Exemple :

Le Tonlé Sap, plus grand lac d’eau douce d’Asie du Sud-Est, est une source majeure de protéines (60% de la pêche en eau douce du Cambodge) et un lieu propice aux sports nautiques. Près de Siem Reap, des excursions combinent vélo et kayak : après une balade à vélo dans la campagne, les visiteurs embarquent en kayak pour naviguer entre villages flottants, forêts de mangroves inondées et marchés sur l’eau. Ces sorties durent une demi-journée, une journée ou plusieurs jours pour les plus expérimentés.

Les villages de Mechrey, Kampong Phluk ou Kampong Khleang sont souvent au programme. Pour les pratiquants, l’intérêt est double : effort physique réel (le kayak en conditions de chaleur et d’humidité sollicite le cardio et le haut du corps) et immersion dans un milieu naturel et humain exceptionnel, classé réserve de biosphère par l’UNESCO. La plupart des circuits sont encadrés par des guides expérimentés, avec un volet pédagogique sur l’écosystème et la vie des communautés.

Bon à savoir :

Sur les côtes de Sihanoukville et des îles voisines, la clarté de l’eau et la présence de récifs coralliens favorisent le développement de la plongée et du snorkeling. De plus, certains tours proposent des baignades dans des zones où l’on peut observer le phénomène de bioluminescence, créé par des algues ou planctons lumineux qui réagissent aux mouvements.

À Phnom Penh, d’autres formes d’activités nautiques émergent, comme le wakeboard dans des parcs spécialisés ou la piscine à vagues dans des waterparks fréquentés par les familles. Si ces pratiques relèvent davantage du loisir encadré que du sport structuré, elles témoignent d’un paysage sportif urbain en mutation, où l’offre se diversifie au-delà des disciplines traditionnelles.

Comment choisir et pratiquer son sport au Cambodge ?

Face à cette profusion, comment s’y retrouver quand on vit au Cambodge ou qu’on y séjourne quelques semaines ? Une manière simple consiste à articuler trois critères : l’ancrage culturel, la facilité d’accès et l’intensité physique souhaitée.

Attention :

Les arts martiaux khmers (Kun Khmer, Bokator) et les sports traditionnels (lutte, courses de bateaux, pétanque locale, Sepak Takraw) offrent une immersion culturelle profonde en lien avec des pratiques anciennes, des rituels, de la musique et des récits historiques. Cependant, notamment pour les arts martiaux de combat, cet engagement comporte une contrepartie d’intensité physique et mentale élevée et une part de risque à considérer.

Pour ceux qui privilégient la facilité d’accès et l’aspect convivial, football, basket, volley et pétanque sont idéaux. On peut commencer sans niveau particulier, on trouve des terrains partout, l’équipement de base coûte peu cher, et l’intégration à un groupe informel se fait très vite. Des programmes éducatifs et des clubs structurés permettent ensuite, si on le souhaite, de progresser dans un cadre plus formel.

Bon à savoir :

Le Cambodge est une destination adaptée pour les voyageurs sportifs souhaitant pratiquer le cyclisme et la course à pied, grâce à son relief et sa faible densité hors des villes. Des structures existent : clubs de vélo, loueurs sérieux, marathons d’Angkor, demi-marathons urbains et tours combinant vélo et kayak. Il est essentiel de respecter les contraintes climatiques et de rester prudent sur les routes.

Dans tous les cas, le maître mot reste le même : le sport au Cambodge n’est pas un simple décor touristique, mais un espace de vie. Y participer, même brièvement, c’est entrer en contact direct avec une société qui, après des décennies de tragédies, utilise le jeu, le combat et le mouvement pour se reconstruire, se rassembler et se projeter vers l’avenir.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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