Les soins de santé pour les expatriés au Cambodge

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer au Cambodge séduit de plus en plus de retraités, de travailleurs nomades et de familles en quête de soleil et de coût de la vie réduit. Mais derrière le décor de rizières et de temples, une question revient vite au premier plan : comment se faire soigner sur place sans prendre de risques inutiles ni exploser son budget ? Comprendre le système de santé local, les hôpitaux accessibles, le fonctionnement des pharmacies, les assurances et les risques sanitaires est aujourd’hui indispensable pour tout expatrié.

Bon à savoir :

Le système de santé cambodgien est en pleine transformation, marqué par des inégalités et la pauvreté, mais aussi par l’émergence de cliniques privées modernes et de groupes hospitaliers internationaux. Pour un expatrié, il est essentiel de bien se préparer et d’adopter quelques réflexes simples pour naviguer entre ces deux réalités.

Un système de santé à deux vitesses

Le Cambodge fonctionne avec une double structure : un secteur public géré par le ministère de la Santé, et un secteur privé extrêmement dynamique. Sur le papier, les soins publics sont quasiment gratuits pour les Cambodgiens, mais la pratique est plus compliquée.

Dans l’ensemble du pays, on compte environ un millier de structures publiques, mais près de 8 000 prestataires privés. La majorité de la population vit à la campagne, alors que la plupart des médecins et spécialistes exercent à Phnom Penh. Cette concentration des moyens en ville crée un véritable fossé entre la capitale et les provinces.

75

Pourcentage des frais médicaux au Cambodge réglés directement par les familles, poussant les plus pauvres à s’endetter ou à renoncer aux soins.

Pour un expatrié, cela signifie deux choses. D’abord, il ne faut pas compter sur le système public pour des soins complexes, même si, en théorie, un résident étranger a accès aux mêmes structures que la population locale. Ensuite, le réflexe doit être de se tourner vers le secteur privé, notamment dans les grandes villes, où l’offre s’est nettement professionnalisée.

Des écarts flagrants entre ville et campagne

Le Cambodge reste un pays rural : environ 75 à 80 % de la population vit à la campagne, mais la moitié des médecins et près des trois quarts des spécialistes sont installés à Phnom Penh. Résultat, les provinciaux parcourent parfois des centaines de kilomètres pour un examen spécialisé.

Attention :

Les hôpitaux de province assurent les urgences de base et quelques services de référence, mais ils souffrent d’un manque chronique de personnel, d’équipements dépassés et de ruptures de médicaments. Les soins complexes (chirurgie cardiaque, cancérologie, neurochirurgie) sont quasi inexistants en dehors de la capitale.

Pour un expatrié basé à Siem Reap, Sihanoukville ou Kampot, cela implique d’identifier dès l’installation le ou les établissements fiables de la région et d’avoir un plan clair pour rejoindre Phnom Penh, Bangkok ou Singapour en cas de problème grave.

Où se faire soigner : panorama des hôpitaux et cliniques

Quelques établissements sortent clairement du lot pour les expatriés, soit par leur niveau technique, soit par leur gestion internationale. La majorité sont à Phnom Penh, avec quelques options intéressantes à Siem Reap et dans certaines grandes villes de province.

Les hôpitaux de référence pour les expatriés

À Phnom Penh, plusieurs hôpitaux privés visent explicitement une clientèle locale aisée, d’expatriés et de voyageurs d’affaires. C’est le cas notamment de Royal Phnom Penh Hospital, du groupe thaïlandais BDMS, ou encore de Sen Sok International University Hospital. Ces établissements misent sur des équipements modernes, des unités de soins intensifs, des blocs opératoires bien équipés et, surtout, sur la présence de médecins anglophones.

Le tableau ci-dessous résume quelques hôpitaux particulièrement pertinents pour les expatriés.

ÉtablissementVilleType / StatutPoints clés pour expatriés
Royal Phnom Penh HospitalPhnom PenhPrivé, réseau BDMS (Thaïlande)JCI, >100 lits, ICU, bloc, imagerie 24/7, nombreux spécialistes, évacuations
Sen Sok International University HospitalPhnom PenhPartenariat public–privé>300 lits, médecins formés à l’étranger, large panel de spécialités
Calmette HospitalPhnom PenhPublic tertiaireGrand hôpital national, urgentiste, chirurgie, infectiologie
Sihanouk Hospital Center of HOPEPhnom PenhNon lucratifSoins à faible coût, bon niveau de chirurgie et d’orthopédie
Sunrise Japan Hospital / Intercare, etc.Phnom PenhPrivéServices d’urgence, hospitalisation, médecins parlant anglais
Royal Angkor International HospitalSiem ReapPrivé, réseau BDMSSoins d’urgence, ICU, spécialités courantes, services pour touristes
Bangkok Hospital Siem ReapSiem ReapPrivé, réseau BDMS, JCISpécialités trauma, cardio, ICU, héliport médical
Angkor Hospital for ChildrenSiem ReapNon lucratifPédiatrie gratuite pour les enfants défavorisés
Sonja Kill Memorial HospitalKampotNon lucratifBon niveau pour chirurgie, médecine interne, pédiatrie

Royal Phnom Penh Hospital occupe une place à part. Ouvert en 2014 et accrédité par la Joint Commission International (JCI) en 2017, il reste l’unique hôpital du pays à répondre à cette norme internationale de sécurité et de qualité. Il propose plus d’une centaine de chambres individuelles, une unité de soins intensifs de 14 lits, cinq salles d’opération, des salles d’accouchement et un plateau technique complet (laboratoire et imagerie 24h/24).

Bon à savoir :

Les expatriés ont accès à un large éventail de spécialités médicales, incluant cardiologie, gastro-entérologie, chirurgie générale, orthopédie, obstétrique, pédiatrie, neurologie, urologie, néphrologie avec hémodialyse et radiologie. L’établissement est équipé de technologies spécialisées comme la lithotritie extracorporelle (ESWL) pour les calculs rénaux et développe un centre cardiaque avancé. Une coopération existe avec un hôpital anticancer de Bangkok (Wattanasoth) pour les traitements de chimiothérapie.

À Siem Reap, Royal Angkor International Hospital et Bangkok Hospital Siem Reap sont devenus les deux piliers de la prise en charge de qualité pour les expatriés et les touristes. Ils proposent des services d’urgence et de traumatologie, des unités de soins intensifs, de la chirurgie orthopédique, de la cardiologie et de la médecine interne. Bangkok Hospital Siem Reap dispose même d’un héliport pour les évacuations.

Exemple :

Le Sonja Kill Memorial Hospital à Kampot, dans le Sud du pays, est un hôpital à but non lucratif reconnu pour son sérieux, sa tarification éthique et ses standards de qualité. Il emploie environ trente médecins, y compris des bénévoles internationaux, et offre des services en chirurgie, médecine interne, pédiatrie et obstétrique.

Hôpitaux publics : utiles mais à manier avec prudence

Les grands hôpitaux publics de Phnom Penh – Calmette, Khmer-Soviet Friendship Hospital, Preah Kossamak, National Pediatric Hospital, entre autres – constituent l’ossature du système de référence national. Ils gèrent les cas lourds, la traumatologie, la chirurgie générale, l’infectiologie, la cardiologie, la pédiatrie, les pathologies ORL ou ophtalmologiques.

Astuce :

Pour un expatrié, les hôpitaux publics peuvent servir de porte d’entrée en cas d’urgence majeure, notamment si un établissement privé est trop éloigné ou inaccessible. Il faut cependant accepter un environnement plus rudimentaire : chambres collectives, matériel parfois limité, nécessité de payer certains consommables au comptoir, et présence limitée de personnel anglophone. Dans certains établissements, la famille doit également fournir les repas du patient et peut être amenée à participer à une partie des soins non techniques.

La qualité des médecins varie sensiblement, certains étant très compétents, d’autres moins bien formés ou utilisant des diagnostics flous. La recommandation la plus réaliste reste de solliciter un deuxième avis dans un établissement privé dès que la situation le permet.

Soins spécialisés et médecine dentaire

Sur le plan dentaire, le Cambodge a développé une offre qui attire même des « touristes dentaires ». À Phnom Penh, des cliniques comme Roomchang Dental Hospital, European Dental Clinic, Malis Dental Clinic ou American Dental Clinic proposent des soins de niveau international, avec des dentistes souvent formés à l’étranger (Allemagne, Japon, États‑Unis, Thaïlande) et des équipements numériques (radiologie 3D, CAD/CAM, implants de marque internationale).

Les prix sont particulièrement compétitifs pour un expatrié venant d’Europe, d’Australie ou d’Amérique du Nord : une détartrage tourne autour de 20 dollars, un implant unique peut coûter autour de 1 000 à 1 600 dollars, soit largement moins que dans les pays occidentaux.

Urgences et évacuations : la grande faiblesse du système

L’un des points les plus critiques au Cambodge reste la gestion des urgences préhospitalières. Le numéro 119 est censé déclencher l’ambulance, mais les retours de terrain sont clairs : appels non décrochés, délais très longs, coordination limitée, surtout en dehors de Phnom Penh. Les autres numéros nationaux sont 117 pour la police et 118 pour les pompiers.

Système de transport d’urgence au Cambodge

Panorama des moyens de transport utilisés pour les patients et des défis logistiques rencontrés, particulièrement en zone rurale.

Modes de transport courants

De nombreux patients sont acheminés vers l’hôpital en tuk-tuk, en moto ou en taxi, faute d’ambulances disponibles.

Ambulances publiques

Rattachées aux hôpitaux de référence, elles ne disposent pas toujours du matériel de réanimation adéquat.

Désert médical rural

Le système d’urgence est quasi inexistant à la campagne, avec des délais d’attente pouvant atteindre plusieurs heures.

Les expatriés installés au Cambodge doivent donc intégrer cette réalité dans leur plan de gestion des risques :

Bon à savoir :

En cas d’urgence sévère dans une grande ville, la solution la plus fiable est souvent de se rendre directement dans un grand hôpital privé disposant d’un service d’urgence 24h/24. Certains, comme le Royal Phnom Penh Hospital, possèdent leurs propres ambulances et peuvent organiser un transport médicalisé local, voire jusqu’à l’aéroport pour une évacuation internationale. Pour les évacuations aériennes vers des centres comme Bangkok ou Singapour, des opérateurs privés tels que Helistar Cambodia (hélicoptère de jour, sans équipement lourd) ou des prestataires internationaux d’ambulance aérienne sont disponibles.

Les coûts sont considérables : une évacuation médicale vers la Thaïlande ou Singapour peut dépasser 20 000 dollars américains, et les prestataires exigent en général une garantie de paiement avant le décollage. C’est l’une des principales raisons pour lesquelles une assurance santé internationale avec couverture d’évacuation est considérée comme non négociable par les spécialistes.

Pharmacies et médicaments : facilité d’accès, risque de contrefaçon

Autre particularité du Cambodge : l’accès très libre aux médicaments. En théorie, certaines molécules sont soumises à prescription ; en pratique, la notion d’ordonnance est peu respectée et l’immense majorité des médicaments, y compris des antibiotiques, benzodiazépines ou antihypertenseurs, s’achètent librement au comptoir.

Les pharmacies sont omniprésentes en ville et constituent un secteur économique florissant. Mais ce paysage très ouvert s’accompagne d’un risque sérieux : la circulation de médicaments faux ou de qualité douteuse, notamment dans les petites pharmacies indépendantes. Molécules sous‑dosées, contrefaçons venant de circuits parallèles, problèmes de conservation : un mauvais choix de pharmacie peut transformer un traitement banal en problème grave.

Bon à savoir :

Pour limiter les risques, le réseau U‑Care Pharmacy est recommandé par les résidents et les professionnels de santé. Il s’agit d’une chaîne de pharmacies enregistrée auprès du ministère de la Santé, tenue par des pharmaciens diplômés. Les médicaments originaux et génériques y sont clairement identifiés et garantis authentiques. Les prix, variables selon le pays d’origine, sont généralement inférieurs à ceux pratiqués en Occident.

Pharmacie de la Gare constitue une autre référence à Phnom Penh. Fondée en 1994, elle emploie en permanence au moins deux pharmaciens, propose un large assortiment de médicaments et de produits para‑médicaux, et assure un service hotline 24h/24 pour la livraison de médicaments dans tout le pays. À Phnom Penh, la livraison est gratuite à partir de 40 dollars d’achat. Le personnel parle khmer, français, anglais et chinois, ce qui la rend particulièrement appréciée des expatriés francophones.

Dans d’autres villes, des pharmacies attachées à des cliniques réputées offrent généralement des garanties acceptables, par exemple Mercy Clinic ou certaines pharmacies de Kampot et Siem Reap. Néanmoins, les expatriés sont invités à vérifier chaque médicament (aspect, notice, date de péremption) et à rester vigilants aux prix anormalement bas.

Disponibilité des traitements chroniques

Pour la plupart des pathologies chroniques courantes, l’offre locale est correcte. Les traitements de l’hypertension, les statines, les antidiabétiques oraux, l’insuline, les anti‑inflammatoires, le Viagra ou certains psychotropes comme le rispéridone sont facilement disponibles, souvent sans ordonnance. Un exemple souvent cité : un coffret de cinq stylos d’insuline de marque, facturé plusieurs centaines de dollars aux États‑Unis, est vendu autour d’une cinquantaine de dollars au Cambodge.

Attention :

Certains médicaments spécifiques ou de dernière génération peuvent être difficiles à trouver ou nécessiter une commande spéciale, avec des délais de 3 jours à 2 semaines. Des molécules comme l’éphédrine ou la pseudo‑éphédrine sont quasiment introuvables, et d’autres comme le Clopixol (zuclopenthixol) sont strictement contrôlées.

La bonne pratique pour un expatrié déménageant au Cambodge reste d’arriver avec au moins un mois de traitement, de vérifier à l’avance la disponibilité locale des molécules indispensables et, si besoin, d’organiser une solution de rechange (importation autorisée, changement de molécule, suivi dans un pays voisin).

Coût des soins : abordable, mais pas sans risque financier

Comparés aux prix pratiqués en Europe, aux États‑Unis ou en Australie, les soins privés au Cambodge restent relativement abordables. Mais il ne faut pas sous‑estimer la facture potentielle quand les examens, l’hospitalisation et la chirurgie s’additionnent, surtout dans les structures d’inspiration internationale.

Dans les cliniques privées de bonne réputation à Phnom Penh, une consultation de médecine générale tourne autour de 25 à 35 dollars, certaines structures « internationales » comme International SOS facturant entre 61 et 88 dollars. Les consultations plus modestes peuvent descendre à 10 dollars dans de petites cliniques locales, mais avec un niveau d’équipement et des garanties de qualité moindres.

650

Le coût maximum d’une nuit en chambre partagée dans une clinique internationale haut de gamme au Cambodge, hors traitements.

Une intervention chirurgicale simple comme une appendicectomie peut coûter entre 1 000 et 5 000 dollars selon l’hôpital, la durée d’hospitalisation et les examens associés. Pour une césarienne, les tarifs de cliniques réputées dépassent facilement 1 500 dollars.

Le tableau suivant donne quelques ordres de grandeur utiles.

Type de prestationFourchette de prix au Cambodge (USD)Commentaire
Consultation généraliste / spécialiste10 – 10025–35 USD dans une bonne clinique
GP International SOS (Phnom Penh)61 – 88Clinique très orientée expatriés
Nuit en chambre privée (hôpital privé local)120 – 150Sans les actes médicaux
Nuit en clinique internationale haut de gamme≈ 650 (chambre partagée)Sans traitements
Appendicectomie1 000 – 5 000Selon structure et complexité
Détartrage dentaire≈ 20En ville, en clinique privée
Obturation dentaire≈ 50
Traitement de racine≈ 100
Couronne dentaire150 – 650Selon matériau et clinique

Ces montants restent faibles pour un expatrié avec revenus européens, mais un accident de moto, une crise cardiaque ou une septicémie nécessitant réanimation et transfert aérien peuvent très vite se chiffrer en dizaines de milliers de dollars. Sans assurance, la facture peut être simplement impossible à honorer.

Assurance santé : un passage obligé pour tout expatrié

La très grande majorité des experts s’accordent : vivre au Cambodge sans une assurance santé internationale solide relève de la roulette russe. Le pays n’impose pas toujours légalement une couverture santé aux expatriés de longue durée, mais l’entrée sur le territoire peut exiger une preuve d’assurance, et, de fait, l’absence de couverture met l’expatrié dans une situation de vulnérabilité extrême.

Les grandes lignes à retenir sont simples :

les soins de qualité passent par le secteur privé, payant et parfois coûteux ;

une évacuation médicale vers Bangkok ou Singapour dépasse aisément 20 000 dollars ;

la plupart des établissements exigent un paiement comptant ou une garantie de prise en charge avant tout acte lourd.

Assurance locale ou internationale ?

Plusieurs catégories de couvertures coexistent. Les compagnies locales (Forte Insurance, Infinity Insurance, etc.) proposent des plans peu coûteux, de l’ordre de 200 à 1 000 dollars par an, mais avec des plafonds relativement bas, des réseaux limités et parfois des restrictions d’âge (fin de couverture vers 65–70 ans). Elles conviennent pour des soins courants si l’on accepte de ne pas être couvert à l’étranger.

500 à 20000

La fourchette annuelle des primes pour une assurance santé internationale, variant selon l’âge, les antécédents et le niveau de couverture.

Certains assureurs se distinguent par de très hauts plafonds annuels, voire illimités. Cigna Platinum, par exemple, propose un plafond de remboursement sans limite annuelle, tandis qu’AXA Prestige Plus peut monter jusqu’à 8 millions de dollars par an. D’autres, comme April International (formules Comfort et Premium) ou Allianz Care Pro, alignent des limites de plusieurs millions de dollars. Ces montants couvrent largement les pires scénarios, incluant évacuations, chirurgie lourde et réanimation prolongée.

80

Certains assureurs remboursent plus de 80 % des demandes valides en moins de 48 heures lorsqu’elles sont déposées en ligne.

Préexistants, exclusions et petits caractères

La question des maladies préexistantes est sensible. Selon les compagnies, elles peuvent être :

exclues purement et simplement de la couverture ;

couvertes après une période d’attente (moratoire de 24 mois, par exemple) sans rechute ;

incluses dans le contrat moyennant une surprime.

Toutes les pathologies ne sont pas éligibles à ce type de négociation et toutes les compagnies n’ouvrent pas cette option. D’où l’intérêt de travailler avec un courtier spécialisé en assurance expatrié, comme Pacific Prime, Alea, ou d’autres, qui comparent les offres, négocient avec plusieurs assureurs et orientent vers le contrat le plus adapté à la situation médicale et au budget.

Autres exclusions fréquentes : certaines activités à haut risque, les actes non nécessaires médicalement (chirurgie esthétique purement de confort, par exemple), les conséquences d’actes illégaux, ou encore certains traitements très expérimentaux.

Pour un expatrié, l’idéal reste un contrat qui couvre :

la médecine courante (consultations, examens, hospitalisations) ;

les médicaments prescrits ;

les urgences et la réanimation ;

l’évacuation et la rapatriation médicale ;

éventuellement les soins dentaires et la maternité, selon le projet familial.

Prévention, vaccinations et risques sanitaires

Le Cambodge cumule des risques sanitaires typiquement tropicaux avec certaines problématiques de pays à revenu intermédiaire. Un expatrié bien préparé peut réduire significativement ces risques.

Les grandes institutions comme l’OMS, les CDC américains, le NaTHNaC britannique ou d’autres agences nationales recommandent un bilan chez un médecin de voyage au moins quatre à six semaines avant le départ. Ce rendez‑vous permet :

de mettre à jour les vaccins de base (diphtérie‑tétanos‑polio, rougeole‑oreillons‑rubéole, coqueluche, hépatite B, varicelle, grippe) ;

d’envisager des vaccins spécifiques au voyage (hépatite A, typhoïde, rage, encéphalite japonaise, éventuellement choléra, selon le profil et l’itinéraire) ;

– de discuter d’une prophylaxie antipaludique si l’on prévoit des séjours prolongés en zones rurales ou forestières.

Bon à savoir :

Le risque de paludisme est faible dans les zones touristiques principales (Phnom Penh, Siem Reap, Angkor, rives du Tonlé Sap). Il est en revanche élevé dans le Nord-Est (Preah Vihear, Stung Treng, Ratanakiri, Mondolkiri) et près des frontières ou en forêt. Les souches locales sont résistantes à la chloroquine et à la méfloquine. Un traitement préventif adapté (atovaquone-proguanil, doxycycline ou tafénoquine) est nécessaire, sur avis médical, pour les séjours dans ces régions à risque.

La dengue et le chikungunya, transmis par des moustiques Aedes qui piquent surtout en journée, restent un risque réel, y compris en zone urbaine. Il n’existe pas de traitement préventif universellement recommandé pour la dengue ; la meilleure arme reste la protection anti‑moustiques (répulsifs à base de DEET, picaridine ou huile d’eucalyptus citronné, vêtements longs, moustiquaires, air conditionné).

Astuce :

La rage est une maladie encore très présente, notamment dans les régions avec de nombreux chiens errants. Pour les expatriés travaillant avec des animaux ou vivant en zone isolée, une vaccination pré‑exposition est fortement recommandée. En cas de contact à risque (morsure, griffure ou léchage d’une plaie par un animal), il est indispensable de laver abondamment la plaie et de consulter immédiatement un médecin, même si vous êtes déjà vacciné.

En dehors des maladies vectorielles, les pathologies d’origine alimentaire restent un classique : gastro‑entérites, typhoïde, hépatite A. L’eau du robinet n’est pas potable ; mieux vaut s’en tenir à l’eau en bouteille ou bouillie, éviter les glaçons d’origine douteuse, privilégier les aliments bien cuits, les fruits pelés par soi‑même et se laver fréquemment les mains.

Enfin, l’air peut devenir problématique pendant la saison sèche, avec des niveaux de pollution élevés dans certaines zones urbaines. Les personnes souffrant d’asthme ou de bronchopathies chroniques devront prévoir leurs médicaments et éventuellement des masques adaptés.

Santé mentale : ressources encore limitées mais en progression

La question de la santé mentale se pose de plus en plus pour les expatriés comme pour la population locale. Le Cambodge reste marqué par un lourd héritage historique, avec des taux élevés de traumatismes psychologiques, de stress post‑traumatique et de dépression. Les services psychiatriques et psychologiques publics demeurent rares et concentrés à Phnom Penh, souvent sous‑financés, l’ensemble du secteur ne recevant qu’une fraction infime du budget de la santé.

40 à 125

Le coût modéré d’une consultation psychologique au Cambodge pour les expatriés, en dollars américains.

Le pays dispose aussi de quelques structures hospitalières avec services de psychiatrie (Khmer‑Soviet Friendship Hospital, Preah Kossamak à Phnom Penh), mais leur vocation reste essentiellement tournée vers la population locale et les cas lourds. Une hotline de crise 1293, gérée par une ONG spécialisée, offre une écoute 24h/24.

Pour un expatrié confronté à l’isolement, à l’expatriation familiale complexe ou à des antécédents psychiatriques, il est prudent de :

vérifier que son assurance couvre la santé mentale ;

identifier quelques praticiens de confiance dès l’installation ;

envisager, si nécessaire, une combinaison de suivi local et de téléconsultations avec un professionnel de son pays d’origine.

Barrières linguistiques et culturelles : un enjeu concret au quotidien

Le paysage linguistique du système de santé cambodgien est lui‑même assez particulier. Historiquement, la formation médicale s’est faite en grande partie en français, les cours et les supports (PowerPoint, livres) restant largement francophones dans certaines facultés. Aujourd’hui, l’anglais gagne du terrain, notamment dans certaines spécialités et dans des universités privées. Le khmer demeure la langue d’échange avec les patients, mais le vocabulaire médical standardisé y est encore incomplet.

Concrètement, un expatrié peut rencontrer trois situations :

Exemple :

L’offre de soins au Cambodge présente des profils linguistiques très variés selon les établissements. Dans un grand hôpital public historique, les médecins, formés en français, maîtrisent peu l’anglais et ont tendance à expliquer les diagnostics en mélangeant des termes français et khmers. À l’inverse, dans une clinique privée ciblant touristes et expatriés, l’équipe soignante est anglophone, formée à l’étranger et plus familière des standards occidentaux. Enfin, dans un centre de soins plus modeste, les soignants parlent uniquement khmer, rendant la communication directe difficile et nécessitant souvent le recours à un interprète ou à un accompagnant local.

Pour les anglophones, les cliniques internationales restent l’option la plus confortable. Pour les francophones, certaines structures (Pharmacie de la Gare, quelques hôpitaux et cliniques) disposent encore de personnel parlant français, mais l’anglais s’impose de plus en plus comme lingua franca du secteur.

Cette mosaïque linguistique vient s’ajouter à des différences culturelles fortes dans la façon d’aborder la maladie, la douleur ou la prise de décision médicale. D’où l’importance, pour un expatrié, de poser des questions, de demander qu’on lui écrive les diagnostics et prescriptions et, si nécessaire, de solliciter un second avis dans un établissement plus international.

Conseils pratiques pour un projet d’expatriation au Cambodge

Face à ce paysage complexe, quelques lignes de conduite se dégagent pour limiter les mauvaises surprises :

Astuce :

Avant le départ, une consultation de médecine de voyage est essentielle pour les vaccins, la prophylaxie contre le paludisme et la gestion des traitements chroniques. Vérifiez la disponibilité locale de vos médicaments et emportez au moins un mois de réserve avec l’ordonnance d’origine. Souscrivez une assurance santé internationale robuste, incluant l’évacuation et couvrant vos antécédents. À l’arrivée, repérez les hôpitaux de référence et des pharmacies de confiance (comme U‑Care ou la Pharmacie de la Gare). Gardez sur vous les numéros clés : hôpital, assureur, assistance, urgences, et contacts de médecins de confiance. Anticipez les risques routiers (port du casque, prudence à moto, préférence pour des chauffeurs expérimentés). Enfin, n’hésitez pas à demander un deuxième avis médical en cas de doute, les consultations restant relativement abordables.

Les soins de santé pour les expatriés au Cambodge reflètent en miniature l’évolution du pays : un système public encore fragile, une montée en puissance d’un secteur privé tourné vers l’international, des écarts criants entre ville et campagne, et un enjeu central d’accessibilité financière. Avec une bonne préparation, une couverture d’assurance adaptée et une connaissance minimale du paysage médical local, il est possible d’y vivre sereinement, tout en restant lucide sur les limites du système et les situations où un transfert vers la Thaïlande ou Singapour s’imposera comme la meilleure option médicale.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier de plus d’un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour réduire durablement sa fiscalité et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour un accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations (Cambodge, Thaïlande, Portugal, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler le Cambodge pour son coût de vie très bas (Phnom Penh ~50% moins cher que Paris), sa fiscalité attractive pour les revenus de source étrangère bien structurés, et la possibilité d’y séjourner durablement via des visas long séjour. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), choix du schéma de revenus étrangers, obtention du visa et de la résidence, structuration bancaire (comptes locaux + comptes UE), plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques), sécurisation de la convention fiscale et intégration via un réseau local (avocat, immigration, notaire, gestion immobilière).

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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