Racontée d’un seul bloc, l’histoire du pays au Cambodge ressemble à une succession de renaissances. Entre l’âge d’or de l’empire khmer, la longue parenthèse coloniale française, l’accession à l’indépendance sous Norodom Sihanouk puis l’enchaînement de guerres civiles, de génocide et d’occupations étrangères, le royaume a été continuellement remodelé. Comprendre ce parcours, c’est saisir comment le Cambodge contemporain s’est construit dans la douleur, mais aussi comment il a su préserver une identité politique et culturelle propre.
Des origines à l’apogée d’Angkor
Bien avant que la France ne pose son empreinte sur la péninsule indochinoise, une grande puissance régionale dominait l’essentiel de l’Asie du Sud‑Est continentale : l’empire khmer, souvent désigné par les termes Kambuja ou Kambujadesa. Héritier des royaumes de Funan et de Chenla, il se structure véritablement au début du IXᵉ siècle, lorsque Jayavarman II se fait consacrer « roi universel » et « roi‑dieu » sur le massif de Phnom Kulen.
Au début du IXe siècle, Jayavarman II proclame l’indépendance du Cambodge et inaugure la période d’Angkor. Le royaume s’organise autour de la future capitale Yasodharapura, au nord du Tonlé Sap. Les souverains y construisent des temples-montagnes symbolisant le mont Meru et développent un vaste système hydraulique de canaux et de réservoirs (baray), faisant d’Angkor l’un des plus grands complexes urbains préindustriels au monde.
L’empire connaît son expansion maximale entre le XIᵉ et le XIIIᵉ siècle. Ses rois contrôlent alors ou vassalisent une grande partie de la péninsule indochinoise, jusqu’aux confins méridionaux de la Chine actuelle. Des capitales régionales comme Phimai sont reliées à Angkor par des routes et des ouvrages d’art qui témoignent de la puissance logistique du royaume.
Au XIIᵉ siècle, le souverain khmer Suryavarman II fait construire le monument emblématique d’Angkor Wat. Édifié en grès importé du mont Kulen, ce sanctuaire est initialement dédié au dieu Vishnu avant d’être progressivement converti au bouddhisme. Son architecture sacrée, avec un plan en quinconce, et ses vastes bas-reliefs illustrent la maîtrise khmère en matière d’iconographie religieuse.
Quelques décennies plus tard, Jayavarman VII marque l’apogée politique de l’empire. Vainqueur de campagnes militaires prolongées contre le royaume voisin de Champa, il fonde une nouvelle capitale, Angkor Thom, dominée par le temple du Bayon, célèbre pour ses tours ornées de visages géants. Souverain bouddhiste mahayana, il parsème le territoire d’hospices, de maisons de repos et de sanctuaires, créant un réseau d’équipements publics sans équivalent régional à l’époque.
Déclin, fragmentation et survie du royaume
À partir du XIVᵉ siècle, l’édifice commence pourtant à se fissurer. Plusieurs facteurs se combinent : montée en puissance des royaumes thaïs, en particulier Ayutthaya ; compétition avec Đại Việt au nord‑est ; conversion progressive des populations au bouddhisme theravada venu du Sri Lanka, qui sape le socle idéologique du culte royal hindou‑bouddhique ; et, probablement, fragilisation de l’écosystème hydraulique face à des alternances de sécheresses et de moussons destructrices.
Les armées d’Ayutthaya assiègent à plusieurs reprises la capitale angkorienne. Au XVᵉ siècle, le roi Ponhea Yat finit par transférer le centre politique vers la région de Phnom Penh puis, plus tard, vers Oudong. Angkor Wat, toutefois, n’est pas entièrement abandonné : il reste un lieu de pèlerinage bouddhiste et continue d’abriter une population réduite, au point d’accueillir au XVIIᵉ siècle une petite colonie japonaise.
Roi Ponhea Yat et les armées d’Ayutthaya
Sur le plan politique, le royaume réduit de Cambodge se trouve pris en étau entre Siam (Thaïlande) et Vietnam. Les provinces occidentales, dont Angkor, passent régulièrement sous domination siamoise, tandis que l’expansion vietnamienne vers le delta du Mékong entame les marges orientales. Cette fragilisation structurelle poussera finalement la monarchie cambodgienne à chercher un protecteur européen au XIXᵉ siècle.
Protectorat français : entre sauvegarde et dépossession
Lorsque la France impose, en 1863, un traité de protectorat au roi Norodom, le Cambodge est déjà un État vassal affaibli de Siam, menacé aussi par la dynastie Nguyen. L’accord, approuvé par Napoléon III, transfère à Paris le contrôle des affaires extérieures en échange d’une protection militaire. Siam reconnaît officiellement le protectorat en 1867, mais obtient en contrepartie l’annexion de Battambang et Siem Reap, qui ne seront restitués à l’orbite khmère qu’en 1907 après un nouveau réaménagement des frontières sous arbitrage français.
À partir de 1887, l’intégration du Cambodge dans l’Union indochinoise place le pays sous l’autorité d’un Résident supérieur à Phnom Penh, dépendant du gouverneur général français. L’administration coloniale confisque progressivement les prérogatives du roi, contrôlant la fiscalité, les nominations et les décrets. Réduite à un symbole, la monarchie est manipulée par les Français, qui favorisent les princes dociles.
Ainsi, à la mort de Norodom en 1904, l’héritier naturel est écarté au profit de son frère Sisowath, perçu comme plus coopératif – un choix dicté en partie par le fait que le fils favori de Norodom, le prince Yukanthor, s’est publiquement insurgé contre la domination coloniale. Cette logique se poursuivra en 1941 avec la désignation d’un très jeune Norodom Sihanouk, arrière‑petit‑fils de Norodom, précisément parce que les autorités françaises le supposent malléable.
Sous l’Indochine française, l’économie cambodgienne est marginalisée et axée sur l’exportation de matières premières comme le caoutchouc. La population subit une fiscalité très lourde, et l’administration favorise l’emploi de Vietnamiens pour les postes intermédiaires, ce qui crée un ressentiment durable.
La colonisation n’est toutefois pas qu’une parenthèse de domination. Elle contribue aussi, paradoxalement, à réactiver la fierté nationale en valorisant le patrimoine angkorien. L’École française d’Extrême‑Orient entame dès la fin du XIXᵉ siècle la restauration de temples majeurs comme Angkor Wat ou Angkor Thom, fouille et recense des milliers de sites. Ce « réveil d’Angkor » nourrit l’imaginaire d’une grandeur passée dont les élites éduquées se réclameront pour penser l’indépendance.
Premières résistances, nationalisme et Seconde Guerre mondiale
Dès les débuts du protectorat, le pouvoir français n’est pas exempt de contestation. Une grande insurrection éclate en 1885‑1887, menée par le prince Si Votha, demi‑frère de Norodom, à partir des régions forestières et du port de Kampot. La révolte est écrasée avec l’aide de troupes françaises, et ses chefs sont exécutés, mais elle révèle déjà la fragilité de l’ordre colonial. Au début du XXᵉ siècle, des mouvements paysans massifs protestent contre la pression fiscale, comme en 1916 lorsque des dizaines de milliers de ruraux convergent vers Phnom Penh.
Décennie où le nationalisme cambodgien se structure, marquée par la création du journal Nagaravatta pour dénoncer la domination coloniale française et la place des Vietnamiens.
La Seconde Guerre mondiale va accélérer ces tensions. Après la défaite de la France en 1940, le régime de Vichy maintient son autorité formelle sur l’Indochine, mais doit cohabiter avec la présence militaire japonaise. La guerre franco‑thaïlandaise qui éclate la même année se solde par une médiation nippone imposant à Paris la cession de Battambang, Sisophon, Siem Reap et Preah Vihear à la Thaïlande, amputant une nouvelle fois le territoire cambodgien.
En mars 1945, sous pression japonaise après le renversement de l’administration française en Indochine, le roi Norodom Sihanouk proclame l’indépendance du « Royaume du Kampuchéa ». Son Ngoc Thanh revient d’exil pour devenir Premier ministre, mais son mandat est bref. Après la capitulation du Japon quelques mois plus tard, les Français reviennent, arrêtent Son Ngoc Thanh pour collaboration et l’exilent en France.
De l’autonomie sous tutelle à la « croisade royale pour l’indépendance »
L’après‑guerre voit se structurer la vie politique locale dans le cadre d’une autonomie limitée au sein de l’Union française. Une constitution promulguée en 1947 instaure une monarchie constitutionnelle, avec un Parlement élu où le Parti démocrate, conduit par le prince Sisowath Yuthevong, réclame une indépendance rapide. Mais Paris tente de conserver la haute main sur les domaines régaliens – diplomatie, justice, finances – et freine les aspirations souverainistes.
En 1953, le roi Norodom Sihanouk lance sa « croisade royale pour l’indépendance », une tournée diplomatique auprès des capitales occidentales. Cette initiative découle directement du traité de 1949, qui n’accordait au Cambodge qu’une « indépendance à moitié », laissant le contrôle des leviers clés à la France. Sihanouk, ayant dissous le gouvernement et suspendu la constitution en 1952 pour reprendre personnellement le pouvoir, cherche ainsi à obtenir un soutien international pour une pleine souveraineté.
En pratique, c’est moins la diplomatie que la conjoncture militaire qui ouvre une fenêtre. Engagée au Vietnam contre le Viet Minh, la France peine à tenir tous les fronts. La guerre d’Indochine se solde, au printemps 1954, par la défaite cinglante de Dien Bien Phu après 55 jours de siège. Déjà, au cours de l’année 1953, Paris a dû concéder au Cambodge la reprise du contrôle de la police, de la justice puis de l’armée.
Le Cambodge a proclamé son indépendance le 9 novembre 1953. La conférence de Genève de 1954 a confirmé sa souveraineté et établi le retrait de toutes les forces étrangères, y compris les Viet Minh, sous la supervision d’une Commission internationale (Canada, Inde, Pologne). La France a finalisé le transfert de ses compétences financières et économiques en décembre 1954.
Norodom Sihanouk sort de cette séquence comme l’artisan indiscutable de la libération nationale. Sa popularité est immense, même si des critiques accusent déjà le souverain d’en orchestrer soigneusement la mise en scène, en multipliant référendums plébiscitaires et cérémonies triomphales.
Une fois l’indépendance acquise, le jeune royaume doit inventer son mode de gouvernement dans un contexte international dominé par la guerre froide. Norodom Sihanouk opte pour une solution originale : en 1955, il abdique en faveur de son père, Norodom Suramarit, afin de pouvoir se lancer dans l’arène politique. Il fonde le Sangkum Reastr Niyum, qu’il présente comme un « mouvement communautaire socialiste et bouddhique », mais qui s’apparente en réalité à un parti attrape‑tout dominé par le palais.
Aux élections de septembre 1955, le Sangkum rafle 83 % des voix et la totalité des sièges de l’Assemblée nationale. Sihanouk, redevenu simple « prince », est nommé Premier ministre. Il fait adopter une série de réformes : extension du droit de vote aux femmes, adoption du khmer comme unique langue officielle, consolidation du statut de monarchie constitutionnelle. Sur le plan idéologique, il promeut un « socialisme bouddhique » qui mélange rhétorique égalitariste, respect des hiérarchies traditionnelles et soutien à la religion dominante.
Dans le contexte géopolitique tendu de l’Asie du Sud-Est après son indépendance, le Cambodge fait du non-alignement sa priorité. Il devient membre fondateur du Mouvement des non-alignés en 1961 et refuse d’adhérer au pacte militaire de l’OTASE, cherchant à se positionner comme un État neutre entre l’Occident et le camp socialiste. Cependant, cette neutralité affichée est pragmatique : le pays accepte une assistance militaire américaine dès 1955, tout en sollicitant également l’aide de la Chine et de l’Union soviétique, tirant ainsi parti des rivalités entre les grandes puissances.
Cette diplomatie de funambule se traduit par des engagements contradictoires. En 1956, le chef de l’État visite Pékin, signe un traité d’amitié et obtient une importante promesse d’aide économique. Deux ans plus tard, il établit des relations diplomatiques formelles avec la République populaire de Chine, au grand dam de la Thaïlande et du Sud‑Vietnam, qui l’accusent d’accointances pro‑communistes. À l’inverse, en 1959, le prince déjoue une tentative de coup d’État impliquant Dap Chhuon, chef de milice rallié au Sangkum mais soutenu par Bangkok, Saïgon et la CIA, signe des tensions grandissantes avec le camp anticommuniste.
Un pouvoir de plus en plus personnel et répressif
Derrière l’image d’un monarque modernisateur, la pratique du pouvoir devient de plus en plus autoritaire. Les partis d’opposition sont marginalisés, leurs dirigeants humiliés ou emprisonnés. En 1957, des leaders du Parti démocrate sont roués de coups en public. Les médias indépendants subissent la censure : l’hebdomadaire de gauche Pracheachon est harcelé, son rédacteur en chef Nop Bophann est abattu en 1959 par la police politique.
Nombre de personnes détenues pour motifs politiques au Cambodge en 1960, illustrant l’intensification de la répression sous Sihanouk.
Parallèlement, un courant communiste khmer se développe de manière autonome depuis les années 1950, en partie sous influence vietnamienne mais de plus en plus jaloux de son indépendance. Il s’organise autour du Parti révolutionnaire du peuple khmer, qui tient un congrès clandestin à Phnom Penh en 1960. Ce noyau, bientôt dirigé par Saloth Sar, futur Pol Pot, se replie dans les maquis du nord‑est au début des années 1960. C’est de là que naîtra le mouvement qui prendra plus tard le nom de Khmer Rouge.
Le piège de la guerre froide : neutralité impossible et montée aux extrêmes
À partir du milieu des années 1960, la position d’équilibriste de Sihanouk devient intenable. La guerre du Vietnam s’intensifie, les États‑Unis soupçonnent le Cambodge de servir de sanctuaire aux forces nord‑vietnarniènes et vietcong, tandis que Pékin et Hanoï s’emploient à utiliser le territoire cambodgien pour contourner les fronts sud‑vietnamiens.
En 1964‑1966, Sihanouk conclut des accords secrets permettant à l’armée nord‑vietnamienne et au Front national de libération du Sud Vietnam d’installer des bases logistiques dans l’est du pays et d’utiliser le port de Sihanoukville pour acheminer de l’armement chinois. Ces concessions violent clairement la neutralité proclamée à Genève en 1954, mais le prince les justifie en expliquant qu’il vaut mieux ménager les forces communistes, qu’il imagine victorieuses à terme.
Sur le plan intérieur, il autorise en parallèle son ministre de la Défense, le général Lon Nol, à réprimer durement les activités perçues comme subversives. Le petit Parti Pracheachon, vitrine légale des communistes, est écrasé. Cette option « sécuritaire » détériore les relations avec la paysannerie, d’autant que l’économie se dégrade : les exportations de riz déclinent, l’inflation grignote les revenus, la corruption gangrène l’appareil d’État.
Les élections de 1966, organisées sans listes concurrentes officielles mais avec de nombreux candidats du Sangkum, aboutissent à une nette domination du courant conservateur. Lon Nol devient Premier ministre, avec pour adjoint le prince Sirik Matak, figure notoirement anglophile et hostile à Sihanouk. Le fossé se creuse entre un chef de l’État qui continue de privilégier le compromis avec Hanoï et Pékin, et une droite nationaliste qui estime que la neutralité a été vidée de son sens.
Les insurrections rurales et l’essor des Khmers rouges
C’est dans ce climat lourd que survient la révolte de Samlaut, en 1967, dans la province de Battambang. Des paysans excédés par la collecte forcée de riz et la pression fiscale assassinent deux soldats. La réaction de l’armée est foudroyante : bombardements de villages, exécutions sommaires, centaines de morts. Des cadres locaux communistes, déjà actifs dans la région, auraient encouragé le soulèvement, mais c’est la brutalité de la répression qui pousse de nombreux ruraux dans le camp de la guérilla.
Le prince Sihanouk, furieux, accuse les députés de gauche Khieu Samphan, Hou Yuon et Hu Nim d’être responsables intellectuels de troubles. Menacés d’arrestation, ils entrent dans la clandestinité, rejoignent les maquis et sont rapidement intégrés à la direction du Parti communiste du Kampuchéa, futur noyau dirigeant des Khmers rouges.
En 1968, le mouvement, renforcé par ces transfuges et par une base paysanne plus large, lance ses premières opérations d’envergure pour s’emparer d’armes et de munitions. On estime alors ses effectifs entre 4 000 et 5 000 combattants. L’Armée révolutionnaire du Kampuchéa, bras armé du parti, se met en place. Pendant que Sihanouk dénonce publiquement l’ingérence américaine au Vietnam et l’« impérialisme » régional, une insurrection rurale patiente se consolide à ses marges.
En parallèle, les États‑Unis intensifient leur implication. Dès 1967, ils autorisent des missions de reconnaissance clandestines au Cambodge pour repérer les sanctuaires vietcongs. En mars 1969, l’administration Nixon lance une campagne de bombardements secrets – l’« opération Menu », puis Freedom Deal – contre des cibles présumées nord‑vietnamiennes et khmères rouges sur le sol cambodgien. Entre 1969 et 1973, plus de 500 000 tonnes de bombes sont larguées, soit davantage que sur le Japon pendant la Seconde Guerre mondiale. Des dizaines de milliers de civils cambodgiens sont tués ou blessés.
Les effets politiques de cette stratégie restent débattus, mais nombre de chercheurs considèrent qu’elle radicalise une partie importante de la paysannerie, qui se rallie alors au discours des Khmers rouges présentant Sihanouk et les Américains comme responsables des destructions.
1970 : renversement de Sihanouk et basculement dans la guerre civile
Au début de 1970, Norodom Sihanouk quitte le pays pour des soins médicaux en France, puis se rend à Moscou et Pékin. À Phnom Penh, l’atmosphère est électrique. Des manifestations anti‑vietnamiennes massives éclatent en mars devant les ambassades du Nord et du Gouvernement révolutionnaire provisoire du Sud Vietnam ; elles dégénèrent en pillages et incendies, sous le regard passif de l’armée.
Profitant de la situation, Lon Nol et Sirik Matak resserrent leur emprise sur le gouvernement. Ils ferment le port de Sihanoukville aux navires communistes, adressent un ultimatum aux forces nord‑vietnamiennes pour qu’elles quittent le pays sous 72 heures – un ultimatum purement symbolique – et convainquent l’Assemblée nationale de voter la destitution de Sihanouk le 18 mars 1970. Le scrutin, tenu en son absence, se solde par 86 voix pour, 3 contre.
Lon Nol se voit confier les pleins pouvoirs, tandis que Cheng Heng devient chef de l’État par intérim. Plus tard, en octobre, la monarchie est abolie et la République khmère proclamée. Une partie des classes moyennes urbaines et de l’armée accueille favorablement ce changement, espérant un soutien accru des États‑Unis et la fin de l’ambiguïté vis‑à‑vis du Nord‑Vietnam. Washington reconnaît rapidement le nouveau régime, tout en niant avoir orchestré directement le coup.
Sihanouk, de son côté, trouve refuge à Pékin. Sur les conseils des dirigeants chinois, il prend une décision lourde de conséquences : sceller une alliance avec les Khmers rouges, qu’il avait jusque‑là dénoncés. En avril 1970, il annonce la création d’un Front uni national du Kampuchéa (FUNK) et d’un « gouvernement royal d’union nationale » (GRUNK) où, en façade, il occupe la fonction de chef de l’État, Penn Nouth celle de Premier ministre, et Khieu Samphan le poste de vice‑Premier ministre, ministre de la Défense et commandant en chef. Pol Pot, lui, reste dans l’ombre mais dirige les opérations militaires.
Cette alliance contre‑nature entre un monarque nationaliste et des révolutionnaires communistes bénéficie d’un puissant ressort symbolique : l’attachement paysan à la personne de Sihanouk. Lorsque celui‑ci appelle, depuis la radio de Pékin, à la résistance armée contre le « régime traître » de Lon Nol, des milliers de villageois rejoignent les rangs du FUNK et, par ricochet, ceux des Khmers rouges. Leurs effectifs fondent d’environ 6 000 combattants avant le coup à près de 50 000 peu après.
Internationalisation du conflit et montée en puissance khmère rouge
Dans ce nouveau contexte, le Cambodge devient un théâtre supplémentaire de la guerre du Vietnam. En mars 1970, à la demande du numéro deux khmer rouge Nuon Chea, l’armée nord‑vietnamienne lance une offensive majeure, balayant en quelques mois les forces gouvernementales dans tout le nord‑est et prenant le contrôle d’environ 40 % du territoire. Les zones conquises sont souvent remises aux unités khmères rouges, qui y organisent progressivement leur propre administration et des structures de collectivisation.
L’Armée nationale khmère, en pleine expansion, est gravement affaiblie par un manque de formation, d’équipement et de cohésion. La corruption y est endémique, avec des détournements de soldes, d’armes et de rations. De plus, depuis son accident vasculaire cérébral en 1971, le président Lon Nol gouverne de manière très centralisée et micro‑gère les opérations depuis Phnom Penh, sans stratégie militaire cohérente.
Les États‑Unis, engagés dans une politique de « vietnamisation » visant à réduire leurs troupes au Vietnam, voient dans le soutien à la République khmère un moyen de sécuriser leur retrait. Ils fournissent une aide financière massive, de l’armement léger, de l’artillerie et, surtout, un soutien aérien décisif. Des opérations conjointes avec l’armée sud‑vietnamienne sont lancées dès 1970 dans l’est cambodgien, mais elles ne parviennent pas à détruire durablement les sanctuaires nord‑vietnamiens, qui se reconstituent plus à l’intérieur du pays.
De 1970 à 1975, la guerre civile cambodgienne s’étend sur presque tout le territoire. Les Khmers rouges, initialement soutenus par Hanoï mais gagnant en autonomie, étendent leur influence. Dans les zones qu’ils contrôlent, ils imposent des formes radicales de collectivisation. La population est classée en catégories sociales et forcée de travailler pour l’« Organisation » (Angkar), ce qui préfigure le système totalitaire qui sera instauré à l’échelle nationale après leur victoire.
En ville, la République khmère se délite sous les coups conjugués de la guerre, de l’exode rural, de l’inflation et de la corruption. Phnom Penh voit sa population passer de 600 000 habitants en 1970 à près de 2 millions en 1975, saturée de réfugiés. Malgré des offensives comme Chenla II, les forces gouvernementales cèdent progressivement le contrôle des axes routiers, se retrouvant reliées au reste du pays uniquement par les voies fluviales et le pont aérien américain.
En janvier 1975, les Khmers rouges encerclent la capitale et coupent la route du Mékong, ce qui oblige les États‑Unis à organiser un ravitaillement aérien désespéré. Le Congrès américain refuse toutefois de prolonger les bombardements ou de relancer une aide militaire directe. Lon Nol démissionne le 1ᵉʳ avril et s’enfuit à l’étranger. Le 17 avril 1975, les colonnes khmères rouges entrent dans Phnom Penh sans grande résistance.
Democratic Kampuchea : le projet totalitaire et le génocide
La prise de la capitale marque la fin de la République khmère et le début d’une expérience politique extrême : Democratic Kampuchea. Si Norodom Sihanouk fait une brève réapparition comme chef d’État symbolique, il est très vite placé en résidence surveillée, et le véritable pouvoir est exercé par la direction du Parti communiste du Kampuchéa, dirigée par Pol Pot, Nuon Chea, Ieng Sary, Son Sen et Khieu Samphan.
Dès les premières heures de leur victoire, les Khmers rouges appliquent un ensemble de mesures radicales qui frappent les observateurs de stupeur. Sous le prétexte d’un risque imminent de bombardement américain, ils ordonnent l’évacuation totale de Phnom Penh et des autres villes : malades dans les hôpitaux, moines, vieillards, fonctionnaires, tous sont sommés de quitter les lieux à pied, sur des dizaines de kilomètres, vers une campagne transformée en vaste camp de travail. Cette évacuation massive cause la mort de milliers de personnes, et signe la volonté du nouveau régime d’effacer la société urbaine.
Le régime des Khmers rouges vise à créer une société paysanne collectivisée, abolissant la monnaie, la propriété privée, la religion et les hiérarchies. En 1975, déclarée « Année Zéro », il entreprend d’éliminer systématiquement les symboles du passé (intellectuels, anciens cadres, moines, commerçants, minorités) et place toute la vie sous le contrôle absolu de l’Angkar, y compris le mariage et l’éducation des enfants endoctrinés dans des brigades juvéniles.
Les opposants réels ou potentiels sont internés dans un réseau de prisons et de centres de sécurité, le plus sinistre étant S‑21, installé dans un ancien lycée de Phnom Penh, Tuol Sleng. On y torture systématiquement les détenus pour leur arracher des « aveux » de complot ou de trahison, avant de les achever dans les « champs de la mort » proches, comme celui de Choeung Ek. Le Documentation Center of Cambodia a identifié près de 24 000 charniers à travers le pays, contenant autour de 1,3 million de victimes d’exécutions, soit environ 60 % du total des morts imputables au régime.
Les politiques agricoles radicales, inspirées d’expériences maoïstes, entraînent des corvées écrasantes et de mauvais rendements, malgré les promesses officielles. Cela provoque des morts par famine, épuisement et maladies, aggravées par le rejet de la médecine occidentale au profit d’expérimentations chirurgicales atroces confiées à des adolescents non formés.
Les minorités sont particulièrement ciblées. Une grande partie de la population chinoise du Cambodge périra ou prendra la fuite ; les communautés cham, musulmanes, sont l’objet d’une répression féroce, parfois jusqu’à l’anéantissement local ; les Vietnamiens de souche sont massacrés ou expulsés, dans un contexte de haine nationaliste exacerbée. Au total, entre 1,5 et 3 millions de personnes, soit environ un quart de la population, trouvent la mort entre 1975 et 1979.
La guerre avec le Vietnam et la chute des Khmers rouges
Les relations avec le Vietnam socialiste, déjà tendues avant 1975, se détériorent rapidement. Les dirigeants khmers rouges redoutent la création d’une fédération indochinoise dominée par Hanoï, et veulent récupérer des territoires du delta du Mékong considérés comme historiquement khmers. Des incidents frontaliers se multiplient ; des villages vietnamiens sont attaqués, des civils massacrés, notamment lors du carnage de Ba Chúc en 1978, où plus de 3 000 personnes sont tuées.
Nombre de soldats vietnamiens ayant lancé l’offensive au Cambodge fin décembre 1978.
Cette intervention met fin aux massacres de masse, mais ouvre une nouvelle phase de guerre, cette fois entre le nouveau gouvernement pro‑vietnamien et une coalition de factions de résistance, dont les Khmers rouges eux‑mêmes. Sur le plan international, la RPK est largement considérée comme le fruit d’une occupation étrangère. La Chine, l’ASEAN, les États‑Unis et la plupart des pays occidentaux refusent de la reconnaître et continuent de considérer Democratic Kampuchea, puis, à partir de 1982, le gouvernement de coalition au sein duquel les Khmers rouges occupent une place majeure, comme représentant légitime du Cambodge aux Nations unies.
Malgré leur défaite militaire et la nature génocidaire de leur régime, les Khmers rouges conservent une reconnaissance diplomatique. Ce paradoxe illustre comment la guerre au Cambodge est devenue un théâtre périphérique de la Guerre froide, avec la Chine soutenant massivement les Khmers rouges depuis la Thaïlande, et le Vietnam s’appuyant sur l’aide soviétique.
Sur le terrain, les années 1980 sont marquées par un conflit de basse intensité mais meurtrier : offensives saisonnières de l’armée vietnamienne, embuscades et sabotage des convois, minage intensif de la frontière dans le cadre du « plan K5 », qui réquisitionne des centaines de milliers de Cambodgiens pour abattre la forêt et installer des obstacles barbelés et explosifs. L’économie du pays, déjà ravagée par les années khmères rouges, peine à se relever, malgré un début de reconstruction encadré par la RPK et appuyé discrètement par certains pays du bloc de l’Est.
Vers la paix et le retour à la monarchie
Plus la décennie avance, plus les coûts de l’occupation pèsent sur le Vietnam, lui‑même confronté à une crise économique et à la réduction de l’aide soviétique dans le cadre de la perestroïka. Sous la pression internationale, Hanoï annonce le retrait progressif de ses troupes, achevé en 1989. Parallèlement, des contacts politiques s’amorcent entre les différents camps cambodgiens, avec la médiation de pays comme la France, l’Australie ou l’Indonésie.
Ces efforts débouchent sur les accords de paix de Paris, signés le 23 octobre 1991 par les quatre factions cambodgiennes – gouvernement de Phnom Penh, royalistes de FUNCINPEC, KPNLF républicain et Khmers rouges – et par 18 États garants. Les textes prévoient un cessez‑le‑feu sous supervision internationale, le désarmement des forces, le rapatriement de centaines de milliers de réfugiés et l’organisation d’élections libres sous l’égide d’une Autorité transitoire des Nations unies (UNTAC).
L’UNTAC, mission de l’ONU au Cambodge, était composée d’environ 22 000 personnes issues de près de cinquante pays.
Malgré cette entrave majeure, le vote de mai 1993 se déroule dans un climat plus apaisé qu’attendu. Près de 90 % des électeurs s’expriment. Le parti royaliste FUNCINPEC, dirigé par le prince Norodom Ranariddh, arrive en tête avec 45,5 % des suffrages et 58 sièges sur 120, devant le Parti du peuple cambodgien (PPC, ex‑communiste) de Hun Sen, qui en remporte 51. Une constitution est adoptée en septembre, rétablissant le Cambodge en tant que Royaume dirigé par une monarchie constitutionnelle.
En 1993, Norodom Sihanouk est restauré roi, mais la monarchie est désormais constitutionnelle et symbolique. La Constitution stipule que le roi « règne mais ne gouverne pas », son rôle étant de garantir l’unité nationale. Un Conseil du trône, composé de dignitaires, élit le souverain parmi les descendants masculins de la lignée royale.
La réalité du pouvoir exécutif reste plus complexe. Le PPC, refusant d’accepter sa relégation au second rang, impose un compromis qui donne naissance à un système unique de « double Premier ministre » : Norodom Ranariddh devient « Premier Premier ministre », et Hun Sen, « Second Premier ministre ». Cette cohabitation forcée ne tardera pas à dégénérer, et c’est finalement Hun Sen qui, après des affrontements violents en 1997, s’imposera comme homme fort du pays, laissant au roi un rôle surtout cérémoniel.
En 2004, un Norodom Sihanouk vieillissant abdique volontairement. Le Conseil du trône choisit alors comme successeur son fils Norodom Sihamoni, figure discrète formée à l’étranger, confirmant la transformation de la monarchie en institution symbolique, éloignée des affrontements partisans.
Un fil conducteur : la centralité du roi et la question de la souveraineté
Relire l’histoire du pays au Cambodge à la lumière de ce long parcours fait ressortir un paradoxe. De Jayavarman II à Norodom Sihamoni, la figure du roi a constamment servi de pivot à l’organisation politique, même lorsqu’elle était réduite à un rôle d’apparat par la colonisation, marginalisée par des républiques ou instrumentalisée par des révolutionnaires. Sihanouk lui‑même, renversé en 1970, s’est retrouvé à la fois allié des Khmers rouges, victime de leur régime, figure de proue d’un gouvernement de coalition en exil puis chef d’État d’un Cambodge réconcilié sous tutelle internationale.
À travers les siècles, la question de la souveraineté n’a jamais été théorique. L’empire khmer luttait déjà pour protéger son cœur territorial des incursions siamoises et vietnamiennes ; le royaume amputé du XIXᵉ siècle a cherché dans le protectorat français un rempart contre ses voisins, au prix d’une soumission coloniale ; l’État indépendant issu de 1953 a tenté de jouer la carte de la neutralité dans un monde bipolaire, pour finalement être happé par les logiques de la guerre froide, bombardé par les États‑Unis, déstabilisé par les alliances vietnamiennes et chinoises.
Les ingérences étrangères ont historiquement été utilisées pour justifier des régimes autoritaires au Cambodge, de Sihanouk aux Khmers rouges et aux gouvernements pro-vietnamiens des années 1980. Ces influences ont également nourri un nationalisme intense, parfois xénophobe, envers les minorités vietnamiennes et thaïes.
Aujourd’hui encore, alors que le Cambodge s’est officiellement stabilisé en monarchie constitutionnelle et a renoué avec une croissance économique rapide, la mémoire de ces décennies de domination étrangère, de guerre civile et de génocide continue de structurer les représentations collectives. La présence massive d’investissements étrangers, en particulier chinois, ravive parfois les débats sur l’indépendance réelle du pays.
Malgré des périodes difficiles (déclin d’Angkor, protectorat français, conflits de 1970 à 1990), le Cambodge a préservé sa continuité nationale à travers sa langue, sa religion majoritaire, ses structures monarchiques et ses symboles, comme Angkor sur son drapeau. La trajectoire du roi Norodom Sihanouk illustre cette capacité à alterner entre dépendance et souveraineté, effondrement et reconstruction.
—
Quelques repères chronologiques clés (sans titres datés)
Pour mieux visualiser ces grandes séquences, on peut synthétiser certains jalons majeurs de l’histoire politique du Cambodge moderne.
| Période / événement | Situation politique ou fait principal |
|---|---|
| Apogée angkorienne | Empire khmer dominant la péninsule, construction d’Angkor Wat et d’Angkor Thom, culte du roi‑dieu et réseau hydraulique complexe |
| Déplacement du centre vers Phnom Penh | Recul face aux royaumes thaïs et vietnamiens, abandon progressif d’Angkor comme capitale, maintien comme lieu de pèlerinage |
| Instauration du protectorat français | Traité signé par le roi Norodom, intégration dans l’Union indochinoise, réduction du roi à un rôle symbolique, restauration d’Angkor |
| Montée du nationalisme | Pression fiscale, révoltes paysannes, presse anticoloniale, affirmation d’une élite urbaine francophone |
| Proclamation d’indépendance | « Croisade royale » de Norodom Sihanouk, accords progressifs avec la France, reconnaissance internationale, retrait des troupes étrangères |
| Expérience du Sangkum | Abdication de Sihanouk, fondation d’un mouvement‑État, neutralité affichée, répression des oppositions, début des guérillas communistes |
| Coup de Lon Nol et République khmère | Destitution de Sihanouk en son absence, alignement sur les États‑Unis, guerre civile contre Khmers rouges et forces nord‑vietnamiennes |
| Victoire des Khmers rouges | Chute de Phnom Penh, évacuation des villes, collectivisation radicale, génocide et destruction sociale |
| Intervention vietnamienne et RPK | Renversement de Democratic Kampuchea, installation d’un gouvernement pro‑vietnamien, conflit prolongé avec les factions de résistance |
| Processus de paix et retour du Royaume | Accords de Paris, mission de l’ONU, élections pluralistes, restauration de la monarchie constitutionnelle, retour de Norodom Sihanouk |
Une autre manière de mesurer la centralité de la monarchie dans cette histoire est de suivre les différents statuts occupés par Norodom Sihanouk au fil du temps.
| Fonction de Norodom Sihanouk | Caractéristiques et contexte |
|---|---|
| Souverain pendant le protectorat | Roi choisi par les Français, considéré comme malléable, participe à la modernisation et devient plus tard leader national |
| Chef de la « croisade » | Utilise sa position de monarque pour négocier l’indépendance, suspend les institutions et gouverne directement |
| Fondateur du Sangkum | Abdique pour se lancer en politique, domine la vie publique, promeut « socialisme bouddhique » et neutralisme |
| Chef d’État renversé | Déposé par un vote parlementaire en son absence, se réfugie à l’étranger, s’allie paradoxalement aux Khmers rouges |
| Figure symbolique à Democratic Kampuchea | Rappelé comme chef d’État de façade, rapidement marginalisé puis assigné à résidence par le régime khmer rouge |
| Dirigeant d’un front en exil | Préside un gouvernement de coalition hostiles aux Vietnamiens, conserve le siège du Cambodge à l’ONU via le CGDK |
| Président du Conseil suprême | Incarne la souveraineté dans le cadre du processus de paix, coopère avec l’ONU pour préparer les élections |
| Roi constitutionnel restauré | Devient monarque symbolique d’une démocratie pluripartite, avant d’abdiquer en faveur de son fils Norodom Sihamoni |
Ces tableaux ne résument qu’en partie la complexité d’une histoire où les lignes de front se sont souvent brouillées et où les mêmes acteurs ont pu se retrouver tour à tour alliés et adversaires. Ils soulignent néanmoins un trait constant : au Cambodge, la question du pouvoir ne s’est presque jamais dissociée de celle de la survie de l’État lui‑même, coincé entre des ambitions impériales venues de l’extérieur et des projets révolutionnaires nés de ses propres marges. C’est ce double mouvement, d’agression et de reconquête, de dépossession et de réaffirmation, qui donne à l’histoire du pays au Cambodge sa tonalité si singulière.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour s’expatrier au Cambodge, optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en gardant un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour un accompagnement complet (conseil fiscal international, formalités administratives, relocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après comparaison de plusieurs destinations (Portugal, Thaïlande, Cambodge, Maurice), la stratégie retenue a été de cibler le Cambodge pour sa fiscalité attractive sur les revenus étrangers, son coût de vie très bas (Phnom Penh ~50% moins cher que Paris) et la possibilité de résider via des visas de long séjour. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, conventions fiscales FR‑KH), obtention du visa longue durée, structuration de la résidence principale, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours hors de France, centre d’intérêts économiques), ouverture de comptes locaux, mise en relation avec un réseau bilingue (avocats, fiscalistes, agents immobiliers) et optimisation de la transmission internationale.
Vous souhaitez vous expatrier à l'étranger : contactez-nous pour des offres sur mesure.
Décharge de responsabilité : Les informations fournies sur ce site web sont présentées à titre informatif uniquement et ne constituent en aucun cas des conseils financiers, juridiques ou professionnels. Nous vous encourageons à consulter des experts qualifiés avant de prendre des décisions d'investissement, immobilières ou d'expatriation. Bien que nous nous efforcions de maintenir des informations à jour et précises, nous ne garantissons pas l'exhaustivité, l'exactitude ou l'actualité des contenus proposés. L'investissement et l'expatriation comportant des risques, nous déclinons toute responsabilité pour les pertes ou dommages éventuels découlant de l'utilisation de ce site. Votre utilisation de ce site confirme votre acceptation de ces conditions et votre compréhension des risques associés.
Découvrez mes dernières interventions dans la presse écrite, où j'aborde divers sujets.