Poursuivre des études supérieures à l’étranger au Cambodge : guide complet pour étudiants francophones

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer au Cambodge pour faire des études supérieures, ce n’est plus uniquement le choix d’aventuriers en quête d’exotisme. Le pays a profondément transformé son système universitaire, attire de plus en plus d’étudiants étrangers, propose des cursus en anglais, des frais de scolarité abordables et un coût de la vie difficile à battre en Asie. Mais partir y étudier demande une préparation minutieuse : visa, choix de l’université, assurance santé, logement, sécurité, emploi à temps partiel… tout doit être pensé en amont.

Bon à savoir :

Cet article détaille les démarches administratives, la réalité académique, les coûts de la vie, le quotidien et les perspectives professionnelles pour les étudiants internationaux souhaitant poursuivre leurs études supérieures au Cambodge.

Sommaire de l'article masquer

Comprendre le système d’enseignement supérieur cambodgien

Le système éducatif cambodgien a été littéralement pulvérisé pendant la période des Khmers rouges, entre 1975 et 1979. À partir de 1979, il a fallu tout reconstruire : écoles, universités, corps enseignant, curricula. Aujourd’hui, le pays s’appuie sur une structure plus stable, alignée sur les standards internationaux, même si de nombreux défis subsistent.

Le parcours scolaire public s’étend sur 12 années, de la 1re à la 12e année, selon un schéma 6+3+3 (primaire, secondaire inférieur, secondaire supérieur). L’éducation est obligatoire jusqu’à la 9e année. L’accès à l’enseignement supérieur se fait après un examen d’entrée.

Bon à savoir :

Après le baccalauréat, deux principales voies existent : la filière académique (universités, instituts), gérée par le ministère de l’Éducation, et la filière technique et professionnelle (TVET), sous la responsabilité du ministère du Travail. Les diplômes suivent généralement un schéma de licence (4 ans), master (2 ans) et doctorat (3 à 6 ans), avec des exceptions comme le bachelor de médecine (7 ans) ou d’ingénierie (5 ans).

Le paysage universitaire s’est densifié à un rythme impressionnant : le pays est passé de 8 établissements d’enseignement supérieur en 1997 à 132 en 2021‑2022, et près de 248 institutions sont mentionnées récemment. Environ deux tiers sont privés. Malgré cette croissance, le taux brut de scolarisation dans le supérieur reste inférieur à 15 %, ce qui place le Cambodge derrière la plupart de ses voisins de l’ASEAN. Côté qualité, aucun établissement n’apparaît dans le top 800 mondial des grands classements internationaux, même si quelques universités commencent à émerger dans certains palmarès régionaux ou spécialisés.

Attention :

Le gouvernement a défini une feuille de route ambitieuse incluant une stratégie pour l’enseignement supérieur à l’horizon 2030, des plans sectoriels, la création d’un comité d’accréditation (ACC) et des réformes pour accroître l’autonomie des universités et mieux les aligner sur les besoins du marché du travail.

La galaxie des universités au Cambodge

Pour un étudiant étranger, la première question est souvent : où étudier ? Le Cambodge compte un mélange d’universités publiques historiques et de nombreuses institutions privées plus récentes, souvent très dynamiques.

Les grands pôles universitaires

Phnom Penh concentre l’essentiel de l’offre, en particulier les établissements publics majeurs :

Royal University of Phnom Penh (RUPP), créée en 1960, plus grande université publique du pays, très reconnue en langues, sciences sociales et certaines disciplines scientifiques.

– Institute of Technology of Cambodia (ITC), fondé en 1964, référence nationale en ingénierie et sciences appliquées.

– Royal University of Law and Economics (RULE), pilier pour le droit et l’économie.

– Royal University of Agriculture (RUA), spécialisée en agriculture et sciences agronomiques.

– University of Health Sciences (UHS), pour la médecine et les professions de santé.

Cambodia Academy of Digital Technology (CADT), créée en 2020, vitrine de la stratégie numérique du pays.

À côté de ces institutions publiques, Phnom Penh abrite aussi une constellation d’universités privées : University of Cambodia (UC), Paññāsāstra University of Cambodia (PUC), American University of Phnom Penh (AUPP), Norton University, CamEd Business School, Limkokwing University of Creative Technology, Paragon International University, De Montfort University Cambodia, ACLEDA Institute of Business, et bien d’autres.

Exemple :

En dehors de Phnom Penh, plusieurs villes cambodgiennes voient se développer des pôles d’enseignement supérieur. Par exemple, Battambang accueille l’Université de Battambang, la Dewey International University et des antennes de l’Université de la Mère de la Terre (UME). À Siem Reap, on trouve l’Angkor University et l’University of Southeast Asia. Enfin, Sihanoukville se développe avec la Life University et la KUTM (Kirirom University of Tourism and Management).

Le tableau ci‑dessous donne un aperçu simplifié de quelques établissements de référence et de leurs domaines forts.

Université / InstitutStatutVille principaleDomaines phares
Royal University of Phnom Penh (RUPP)PublicPhnom PenhLangues, éducation, sciences sociales, sciences
Institute of Technology of Cambodia (ITC)PublicPhnom PenhIngénierie, TIC, sciences appliquées
Royal University of Law and Economics (RULE)PublicPhnom PenhDroit, économie
Royal University of Agriculture (RUA)PublicPhnom PenhAgriculture, agro‑alimentaire
University of Health Sciences (UHS)PublicPhnom PenhMédecine, santé
University of Cambodia (UC)PrivéPhnom PenhBusiness, relations internationales, langues
Paññāsāstra University of Cambodia (PUC)PrivéPhnom PenhÉducation, TESOL, business
American University of Phnom Penh (AUPP)PrivéPhnom PenhBusiness, droit, IT, IA, double diplômes US
CamEd Business School (CamEd)PrivéPhnom PenhComptabilité, finance, business
Limkokwing University of Creative TechnologyPrivéPhnom PenhCréation, design, communication

Focus sur quelques institutions clés

Au‑delà des étiquettes, certains établissements se détachent par la nature de leurs programmes, leur ancrage international ou leurs dispositifs de soutien.

Royal University of Phnom Penh et l’IFL

Au sein de la RUPP, l’Institute of Foreign Languages (IFL) abrite un département d’anglais souvent décrit comme l’un des plus respectés du pays. Né en 1985 d’un programme co‑géré avec des ONG et des universités australiennes, il a progressivement développé un B.Ed en enseignement de l’anglais (TEFL) et un BA en English for Work Skills, avec des dizaines d’années d’expérience et plus de 7 000 diplômés.

10

C’est le montant annuel en dollars payé par les boursiers du B.Ed TEFL cambodgiens pour leurs frais de scolarité.

University of Cambodia (UC)

L’University of Cambodia, fondée en 2003, s’est positionnée comme l’une des grandes universités privées anglophones du pays. Elle fonctionne sur un système de crédits inspiré du modèle américain. La majorité des programmes sont offerts en anglais (International Track), avec un track Khmer équivalent instauré pour démocratiser l’accès.

UC est organisée en douze colleges et schools, couvre des dizaines de programmes d’associate degree, de bachelor, de master et de doctorat, et se distingue par :

– Un vaste dispositif de bourses (examen d’entrée en anglais et culture générale, campagnes comme les « Vision 500 », « Vision 2030 », ou encore les « UC Peace Scholarships »).

– Des centres de recherche (IRAS, ASEAN Study Center).

– Une School of Foreign Languages proposant des licences en chinois, français, japonais, coréen, mais aussi des parcours en anglais (Business English, littérature, traduction, TEFL).

– Des collaborations internationales, notamment à travers des programmes européens comme CONTESSA (Erasmus+), consacré aux pédagogies centrées sur l’apprenant.

Paññāsāstra University of Cambodia (PUC)

PUC s’est taillé une solide réputation en formation d’enseignants d’anglais. Son associate degree en Education, spécialité TESOL (A.Ed. in TESOL), condense en deux ans une vingtaine de cours, mêlant développement de la langue, informatique, logique, psychopédagogie et méthodologies d’enseignement. Les étudiants passent notamment par des modules comme Introduction to TESOL, Methodology in TESOL I & II, et un practicum de terrain.

American University of Phnom Penh (AUPP)

L’AUPP vise clairement le segment « haut de gamme » : université privée anglophone, elle a signé des accords de double diplôme avec deux universités américaines (University of Arizona et Fort Hays State University). Certains étudiants peuvent ainsi obtenir un double bachelor (AUPP + université partenaire) sans quitter le Cambodge, avec des possibilités de mobilité d’un ou deux semestres aux États‑Unis.

Domaines d’études

L’offre académique comprend des majeures et des mineures dans des secteurs variés, ainsi que des programmes de master spécialisés.

Majeures

Business, droit, affaires globales, informatique, cybersécurité, intelligence artificielle, analyse de données, tourisme et hospitalité.

Mineures

Innovation et entrepreneuriat, économie, études d’Asie du Sud‑Est, et autres.

Programmes de Master

Programmes spécialisés en droit et en intelligence artificielle.

Langue d’enseignement et prérequis

Le khmer est la langue officielle, mais l’anglais est omniprésent dans les universités tournées vers l’international. Certains établissements (UC, PUC, AUPP, Limkokwing, Paragon, CamEd, etc.) proposent l’intégralité de leurs programmes de licence et de master en anglais. D’autres fonctionnent en khmer avec quelques cursus anglophones.

Pour un étudiant francophone, la question de la langue d’enseignement est centrale. La plupart des universités exigent un niveau d’anglais attesté (test interne ou score officiel type IELTS/TOEFL). Le français reste marginal, même si quelques programmes de langue française apparaissent dans certaines écoles de langues.

Visa étudiant : comprendre les règles cambodgiennes

Partir étudier au Cambodge impose d’entrer dans la bonne catégorie de visa et de respecter des règles parfois méconnues.

Les principaux types de visa

Le Cambodge distingue plusieurs grandes familles de visas :

Visa Touristique (T‑class)

Visa Ordinaire (E‑class), base des séjours de longue durée

Visas officiels (B‑class), de courtoisie (C‑class) et Khmer (K‑class) pour certaines catégories spécifiques

Pour les études supérieures, deux options se rencontrent :

Le Cambodia Student eVisa, visa électronique conçu pour les étudiants.

L’extension ES (Student) du visa Ordinaire (E‑class), dite « Student Visa traditionnel », qui se demande en ambassade ou via les services d’immigration sur place.

Durée, validité et prolongations

Le Student eVisa permet initialement un séjour d’un mois, même si sa validité totale peut aller jusqu’à 12 mois selon la durée du programme. Cette formule est intéressante pour une première arrivée, mais présente une limite majeure : elle ne peut pas être prolongée sur place au‑delà de sa validité globale. Passé ce délai, il faut sortir du pays et déposer une nouvelle demande depuis l’étranger.

Astuce :

Pour un cursus de licence ou master de deux ans ou plus, il est généralement plus adapté d’obtenir un visa Étudiant Spécial (ES), qui est une extension du visa Ordinaire (E‑class). Le visa E classique, obtenu à l’arrivée ou en ligne, est initialement valable 30 jours. Il peut ensuite être prolongé en visa ES pour des durées d’un, trois, six ou douze mois. Ce visa est renouvelable sur place tant que l’inscription universitaire est maintenue.

Pour les programmes dépassant 12 mois, les autorités recommandent de passer par la voie « traditionnelle » : demande de visa étudiant auprès d’une ambassade ou d’un consulat cambodgien, puis extensions ES successives en fonction de l’avancement des études.

Procédure de demande et documents

Le Student eVisa se demande en ligne via le portail officiel www.evisa.gov.kh. La procédure est relativement rapide, avec un délai de traitement moyen d’environ trois jours ouvrables hors période de forte affluence. Le paiement se fait par carte bancaire ou via PayPal ; le montant annoncé pour l’e‑visa de base est de 35 dollars US.

Attention :

La demande de visa étudiant traditionnel (ES) nécessite un dépôt de dossier en ambassade ou consulat, avec des délais pouvant atteindre plusieurs semaines ou mois, notamment si elle est combinée à une demande de permis de séjour ou de travail. Des extensions sur place peuvent aussi requérir l’intervention d’un agent.

Les pièces habituellement requises incluent :

Passeport valable au moins six mois après l’entrée.

Lettre d’acceptation officielle d’un établissement reconnu et accrédité par le MoEYS.

– Preuve de moyens financiers suffisants pour couvrir études et vie courante.

– Photo d’identité conforme aux standards.

– Formulaire de demande dûment rempli.

– Itinéraire de voyage (réservation aérienne).

– Adresse d’hébergement au Cambodge.

– Justificatif de paiement des frais de visa, non remboursables.

– Pour le visa « traditionnel » : attestation d’assurance médicale complète et parfois preuve de paiement intégral des frais de scolarité.

Obligations, restrictions et emploi étudiant

Le statut étudiant au Cambodge s’accompagne de règles très strictes sur le travail :

Bon à savoir :

Le titulaire d’un eVisa étudiant ou d’une extension ES n’est pas autorisé à exercer une activité rémunérée ou commerciale sans avoir également obtenu un permis de travail et une carte d’emploi du ministère du Travail. Un étudiant international peut généralement travailler jusqu’à 20 heures par semaine avec un permis parrainé par un employeur local. Cette démarche, distincte du visa, engendre des coûts additionnels d’environ 100 dollars par an pour le permis, plus des frais de gestion sur la plateforme en ligne du ministère.

Au‑delà de l’emploi, l’étudiant doit aussi :

Se signaler aux autorités d’immigration dans les sept jours suivant son arrivée, puis faire un point tous les 90 jours.

Déclarer tout changement d’adresse dans les 24 heures.

– Quitter le pays avant expiration de son visa, sous peine d’amende (10 dollars par jour de dépassement) et éventuellement de bannissement et d’expulsion.

Enfin, le Student eVisa est annoncé comme multi‑entrées, ce qui permet de sortir et revenir pendant sa validité. Attention toutefois à la règle clé : il n’est pas extensible au‑delà de sa durée maximale depuis l’intérieur du pays.

Coût des études et de la vie : un argument de poids

Le Cambodge se distingue par un coût de la vie et des frais universitaires nettement inférieurs à ceux de la plupart des destinations anglophones.

Frais de scolarité

Les frais d’inscription varient fortement selon la nature de l’établissement (public/privé, local/international) et le niveau d’étude. Les données disponibles indiquent, toutes universités confondues :

– Pour une licence, des frais compris entre environ 164 200 et 24,6 millions de riels cambodgiens, soit un spectre qui va de quelques centaines à plusieurs milliers de dollars par an selon l’établissement et le programme.

– Pour un master, une fourchette de 2,06 millions à 27,7 millions de riels, avec des masters internationaux (MBA, IA, cyber‑sécurité, droit international) naturellement plus coûteux.

Bon à savoir :

Les universités publiques, comme la RUPP, proposent généralement des frais de scolarité abordables. En revanche, les établissements privés à vocation internationale (tels que l’AUPP, certaines écoles de commerce ou les campus de marques étrangères) appliquent des tarifs plus élevés. Ces coûts peuvent parfois être atténués grâce à des bourses d’études ou des programmes de doubles diplômes.

Coût de la vie mensuel

Pour un étudiant étranger, les estimations convergent autour d’un budget de 400 à 700 dollars US par mois, incluant logement, nourriture, transports, communications, loisirs courants. Un mode de vie très frugal peut descendre vers 500 dollars, tandis qu’une vie « expat confortable » à Phnom Penh peut plutôt se situer entre 1 000 et 1 500 dollars.

Quelques repères chiffrés pour Phnom Penh :

90 à 150

Coût mensuel en dollars des charges (électricité, eau, climatisation, internet) pour un appartement de taille moyenne à Phnom Penh.

Le tableau suivant synthétise un budget mensuel réaliste pour un étudiant vivant à Phnom Penh dans un style « confortable mais raisonnable ».

Poste de dépenseFourchette estimative (USD / mois)
Loyer (studio/1 chambre)250 – 500
Électricité / eau / internet60 – 120
Nourriture (courses + repas)180 – 280
Transports locaux20 – 60
Téléphone / data5 – 12
Loisirs / sorties50 – 150
Divers / imprévus30 – 80
Total indicatif595 – 1 202

Ces montants sont à ajuster en fonction du style de vie, du partage de logement et de la ville (Siem Reap et certaines villes de province étant généralement 10 à 40 % moins chères que Phnom Penh pour les loyers).

Logement étudiant : entre colocation, résidences privées et hostels

Le Cambodge ne dispose pas encore d’un vaste réseau de résidences universitaires publiques comme on en trouve en Europe ou en Amérique du Nord. Une partie des étudiants cambodgiens les plus modestes logent dans des pagodes (pour les hommes) ou dans des hébergements informels, ce qui laisse un vrai besoin d’infrastructures structurées, notamment pour les femmes.

Pour les étudiants internationaux, l’offre habitation repose essentiellement sur trois catégories : appartements privés, coliving et hostels de long séjour.

Appartements et studios

Dans les grandes villes, la solution la plus courante reste la location d’un studio ou d’un petit appartement, seul ou en colocation. De nombreuses plateformes (Booking, Agoda, marketplaces locaux, groupes Facebook « Phnom Penh Housing », « Siem Reap Housing », services comme RocApply ou uhomes.com) permettent de trouver des logements proches des campus, souvent déjà meublés.

Astuce :

Les condominiums modernes offrent souvent des services inclus (sécurité 24h/24, piscine, salle de sport, parfois ménage), contrairement aux immeubles plus anciens. Il est conseillé de négocier, en visant environ 20 % de réduction sur le loyer initial et en limitant le dépôt de garantie à un mois.

Coliving et colocations

Le coliving se développe progressivement, en particulier à Phnom Penh et Siem Reap, porté par une clientèle mêlant étudiants, jeunes actifs et digital nomads. Des plateformes spécialisées recensent des chambres privées au sein d’appartements partagés, parfois avec des espaces communs très bien pensés (cuisines collectives, espaces de coworking, terrasses, salles TV, etc.).

Bon à savoir :

Ce type de logement offre un forfait loyer, charges et internet, ainsi qu’une grande flexibilité des contrats et une opportunité de créer rapidement un réseau social. Pour garantir une bonne ambiance, certaines résidences effectuent des vérifications préalables sur les candidats colocataires.

Auberges de jeunesse et résidences hybrides

Dans des villes très touristiques comme Siem Reap ou Phnom Penh, des hostels se sont spécialisés dans les moyennes et longues durées pour étudiants et stagiaires. Des dortoirs à quelques dollars la nuit, des chambres privées à tarifs mensuels négociés, des services comme la cuisine commune, la blanchisserie, le wifi, peuvent constituer une solution de départ le temps de trouver mieux, voire un mode de vie économique à part entière.

À Siem Reap, des adresses comme White Rabbit Hostel ou Onederz Hostel sont régulièrement mises en avant pour les étudiants et jeunes voyageurs ; à Phnom Penh, des hostels comme The Place Hostel ou Activate C3 Hostel s’inscrivent dans cette tendance. Les prix restent très contenus, avec des lits en dortoir à partir de quelques milliers de riels.

Assurance santé et système de soins : un point à ne pas négliger

Partir étudier au Cambodge sans une couverture santé solide est une très mauvaise idée. Le système de santé s’est largement amélioré mais reste très inégal, et les coûts peuvent vite grimper dans les cliniques de bon niveau.

Un système de santé dual et inégal

Le Cambodge dispose d’un secteur public structuré en trois niveaux (ministère et hôpitaux nationaux, départements provinciaux, hôpitaux de district et centres de santé) et d’un secteur privé extrêmement dynamique (cliniques, hôpitaux, pharmacies). Le public assume l’essentiel des services préventifs et des hospitalisations pour les populations les plus pauvres, mais souffre de sous‑financement chronique, d’équipements limités et de longues files d’attente. Seule 30 % de la population environ aurait réellement accès aux soins publics gratuits.

Bon à savoir :

Les expatriés, voyageurs et étudiants étrangers privilégient généralement les cliniques privées, principalement situées à Phnom Penh et à Siem Reap. Ces établissements emploient souvent des médecins formés à l’étranger, parlant anglais, et offrent des standards proches de ceux des pays occidentaux. Cependant, pour les cas graves (cancers, chirurgie complexe, traumatologie), une évacuation vers Bangkok, Ho Chi Minh Ville ou Singapour est souvent nécessaire.

Coût des soins

Les consultations chez un généraliste dans une clinique privée se situent généralement entre 25 et 50 dollars. Dans certaines structures internationales, la note peut atteindre 60–80 dollars pour un spécialiste. Une nuit d’hospitalisation dans un hôpital privé local tourne autour de 120–150 dollars ; dans un hôpital international, on dépasse facilement 600–700 dollars la nuit.

Le dentaire est relativement abordable et attire un certain tourisme médical (détartrage autour de 20 dollars, implant bien en dessous des prix européens). La physiothérapie, l’ophtalmologie, la maternité privée affichent des tarifs inférieurs à l’Occident mais significatifs pour un budget étudiant.

Pourquoi une assurance internationale est quasi indispensable

Plus de la moitié des dépenses de santé dans le pays sont à la charge directe des patients (paiement « out of pocket »). Le système public de sécurité sociale (National Social Security Fund – NSSF) couvre théoriquement les salariés, y compris étrangers dès lors qu’ils travaillent pour une entreprise déclarée, mais son fonctionnement reste perfectible et ne suffit pas à protéger un étudiant étranger non salarié.

Astuce :

Pour un étudiant venu étudier au Cambodge, il est fortement recommandé de se préparer à la fois sur le plan académique et culturel. Il est conseillé de se renseigner à l’avance sur les formalités administratives (visa, inscription), de prévoir un budget adapté au coût de la vie local, et d’apprendre quelques bases de la langue khmère pour faciliter l’intégration. La découverte des coutumes et du mode de vie cambodgien est également un atout majeur pour une expérience enrichissante.

– Souscrire une assurance santé internationale couvrant le Cambodge, avec :

– Prise en charge des hospitalisations dans les cliniques privées.

– Couverture des consultations, examens, médicaments.

– Garantie d’évacuation médicale et de rapatriement (indispensable en cas d’accident grave ou de maladie lourde).

– Idéalement, un volet santé mentale, accidents, responsabilité civile, bagages.

Certaines universités et, surtout, certaines procédures de visa (notamment pour les voies « traditionnelles ») exigent formellement une preuve de couverture médicale adéquate. Les assureurs spécialisés pour expatriés et étudiants à l’étranger (compagnies internationales, courtiers spécialisés) proposent des contrats qui cochent ces cases, là où une simple assurance voyage standard peut s’avérer trop limitée.

Vivre et étudier au Cambodge : culture, sécurité, quotidien

Le Cambodge est souvent décrit comme un pays où le contraste est permanent : paysages superbes, population chaleureuse, temples majestueux comme Angkor Wat… mais aussi pauvreté persistante, infrastructures inégales et sécurité perfectible.

Culture et adaptation

Majoritairement bouddhiste, le pays accorde une grande importance à la hiérarchie, au respect des aînés et aux relations sociales harmonieuses. Le salut traditionnel, le « sampeah », consiste à joindre les mains devant la poitrine ou le visage, avec une inclinaison de la tête ; sa hauteur varie selon le rang de la personne saluée.

Pour un étudiant étranger, quelques codes essentiels :

S’habiller de manière respectueuse, surtout dans les temples et les milieux institutionnels.

Retirer ses chaussures avant d’entrer dans un temple, parfois dans certains foyers.

– Éviter les démonstrations d’affection en public entre hommes et femmes ; à l’inverse, il est courant de voir des amis du même sexe se tenir par la main, sans connotation romantique.

– Manifester du respect envers les moines, les personnes âgées, les enseignants.

Bon à savoir :

En ville et dans les universités, l’anglais de base est généralement compris. Cependant, apprendre quelques phrases de khmer est recommandé pour faciliter l’intégration et la vie quotidienne, particulièrement en dehors des grands centres urbains.

Comme dans tout séjour long à l’étranger, une phase de « choc culturel » est probable : euphorie initiale, frustrations face aux différences (bureaucratie, lenteur, chaleur, bruit, circulation chaotique), puis ajustement progressif et, à terme, réel sentiment d’appartenance. Participer aux activités étudiantes, aux clubs, au bénévolat local, nouer des liens avec des étudiants cambodgiens aide beaucoup à accélérer cette transition.

Sécurité et risques

Les principaux risques pointés par les recommandations internationales concernent :

La petite délinquance en milieu urbain : vols à l’arraché, pickpockets, arnaques aux touristes, parfois agressions plus sérieuses.

– Les accidents de la route, très fréquents, sur fond de respect approximatif du code de la route et d’état inégal des infrastructures.

– Les restes de mines et munitions non explosées dans certaines zones rurales, qui imposent de rester sur les chemins balisés hors des itinéraires touristiques classiques.

Attention :

Bien que le Cambodge ne soit pas en guerre, il est conseillé de rester prudent, particulièrement la nuit dans les zones festives ou isolées. Pour réduire les risques, suivez ces consignes : ne pas exhiber d’objets de valeur, privilégier les tuk-tuks réservés via application plutôt que les motos-taxis informels, surveiller vos effets personnels et éviter les zones peu éclairées.

Transports et mobilité

À Phnom Penh et Siem Reap, la mobilité repose largement sur les tuk‑tuks et les motos, avec une montée en puissance des applications type Grab ou PassApp pour commander et payer les trajets. Les bus urbains restent limités, même si des lignes existent. La location de scooter peut être tentante pour un étudiant, mais il faut garder à l’esprit le niveau de risque, les questions d’assurance, de permis local, et les pratiques de conduite parfois très éloignées des normes européennes.

Pour les déplacements interurbains, les bus privés (par exemple vers Siem Reap, Sihanoukville, Battambang) sont abordables ; le taxi privé ou partagé reste possible à coût raisonnable lorsqu’on voyage à plusieurs.

Emploi étudiant et perspectives professionnelles

Étudier au Cambodge peut aussi être un tremplin professionnel, à condition de bien comprendre les règles du jeu.

Travail pendant les études

Comme expliqué plus haut, la combinaison visa étudiant + permis de travail permet en principe de travailler jusqu’à 20 heures par semaine. Les job types pour les étrangers incluent notamment :

Enseignement ou tutorat d’anglais (ou d’une autre langue) dans des écoles privées ou des centres de langues.

Hôtellerie, restauration, tourisme dans les grandes villes touristiques et les zones balnéaires.

– Missions freelance à distance (rédaction, design, développement web, marketing digital).

Les rémunérations varient, mais il est souvent évoqué :

3 à 20

Les salaires horaires pour les expatriés au Vietnam varient de 3 à 20 dollars, selon le secteur d’activité et le niveau de compétence.

Attention toutefois aux quotas de main‑d’œuvre étrangère : en principe, une entreprise ne peut employer que 10 % de salariés étrangers, même si des dérogations existent. Dans la pratique, obtenir un permis de travail étudiant repose aussi sur la bonne volonté et la rigueur administrative de l’employeur.

Marché de l’emploi après les études

L’économie cambodgienne connaît une croissance soutenue, tirée par le textile, la construction, le tourisme, mais aussi par l’essor progressif des services, de l’éducation et du numérique. Les secteurs en forte demande de compétences incluent :

Secteurs d’activité porteurs

Découvrez les principaux domaines professionnels offrant des opportunités d’emploi et de développement de carrière.

Technologies de l’information

Développement logiciel, cybersécurité, data science, cloud et intelligence artificielle.

Tourisme et hospitalité

Management hôtelier, organisation d’événements et gestion de la restauration.

Construction et ingénierie

Secteurs couvrant tous les métiers de la conception à la réalisation d’infrastructures et de bâtiments.

Enseignement et formation

Enseignement de l’anglais langue étrangère et formation professionnelle continue.

Commerce, finance et banque

Domaines incluant la finance, la banque, la microfinance et le commerce général.

Les salaires pour expatriés restent généralement inférieurs à ceux pratiqués dans les pays occidentaux, mais le différentiel de coût de la vie compense en partie. Pour un étudiant qui se verrait rester après son diplôme, passer par un premier contrat local, voire par des ONG ou des organisations internationales (agences onusiennes, Banque mondiale, grandes ONG), peut être un bon tremplin.

Choisir sa filière : adéquation avec le marché et projets personnels

L’un des enjeux de l’enseignement supérieur cambodgien est le déséquilibre des filières : plus de 40 % des étudiants sont inscrits en business et management, alors que seulement 20 % suivent des cursus STEM. Pour un étudiant étranger, ce constat peut être une opportunité.

Les domaines dans lesquels la demande de compétences est forte incluent :

Informatique, génie logiciel, cybersécurité, data.

– Agriculture et agro‑industrie (dans un pays encore très rural).

Ingénierie et construction.

– Éducation, particulièrement l’enseignement de l’anglais (TESOL, TEFL).

– E‑commerce, marketing digital, logistique.

Exemple :

Des institutions comme l’ITC et la CADT, ainsi que des programmes spécifiques dans certaines universités privées, sont conçues pour répondre directement aux besoins du marché. Parallèlement, des établissements tels que UC, RUPP, PUC, AUPP ou CamEd renforcent cette approche en multipliant les partenariats avec des entreprises, en développant des stages, des projets en apprentissage par problème (problem‑based learning) et des dispositifs d’accompagnement carrière comme les Career Centers et les forums emploi (job fairs).

Pour un étudiant francophone, l’enjeu est de choisir un programme à la fois aligné avec ses aspirations et porteur sur le plan local ou régional, en gardant en tête qu’un diplôme obtenu au Cambodge peut aussi servir de passerelle vers d’autres pays de l’ASEAN ou vers des masters/doctorats ailleurs.

Bourses, aides et financement

Sur le plan financier, plusieurs leviers existent, même si les grandes bourses internationales évoquées dans la littérature concernent plus souvent des études de ou vers d’autres pays que le Cambodge lui‑même.

Sur place, des dispositifs se distinguent :

Types de bourses et d’aides financières au Cambodge

Panorama des principales opportunités de financement des études supérieures pour les étudiants cambodgiens, mettant l’accent sur l’équité et la mobilité.

Bourses gouvernementales

Destinées aux excellents étudiants, orphelins, minorités autochtones et étudiants pauvres, avec une attention particulière portée aux femmes et aux zones défavorisées.

Bourses internes des universités

Concours organisés par les établissements comme UC (épreuves d’anglais et de culture générale), AUPP et d’autres universités privées.

Programmes d’échanges internationaux

Mobilité étudiante via l’ASEAN et projets financés par des bailleurs comme l’Union européenne, le Japon ou la Banque mondiale.

Même sans décrocher une bourse, la combinaison de frais de scolarité relativement bas dans beaucoup d’institutions, de coût de vie modéré et de possibilités de petits boulots légaux rend les études au Cambodge parfois plus accessibles que dans d’autres destinations asiatiques.

Démarches pratiques : de la candidature au départ

Pour transformer le projet d’études au Cambodge en réalité, un fil conducteur se dégage :

Bon à savoir :

Pour étudier au Cambodge, il faut d’abord choisir sa filière et son université en tenant compte de la langue, de la réputation et du coût. Vérifiez ensuite les conditions d’admission pour étrangers (niveau d’anglais, équivalence de diplôme) et obtenez une lettre d’acceptation pour le visa. Préparez un budget incluant frais de scolarité, coût de la vie, assurance santé, billets et visa. Souscrivez une assurance santé internationale adaptée au Cambodge. Demandez le visa étudiant approprié (eVisa pour arrivée rapide ou visa ordinaire). Organisez un logement temporaire puis durable. À l’arrivée, enregistrez-vous auprès des autorités, finalisez les démarches universitaires, ouvrez un compte bancaire local, procurez-vous une carte SIM à forfait data économique et identifiez les services de santé fiables à proximité.

Conclusion : pour qui le Cambodge est‑il une bonne destination d’études ?

Poursuivre des études supérieures au Cambodge convient particulièrement à ceux qui :

Exemple :

Cet exemple illustre le profil type d’un étudiant international qui pourrait choisir une destination comme la Malaisie, le Vietnam ou la Thaïlande. Il souhaite éviter les destinations anglophones traditionnelles tout en suivant un cursus en anglais. Il est motivé par des coûts de formation et de vie modérés dans une région en croissance économique. Il a un vif intérêt pour les dynamiques propres à l’Asie du Sud-Est. Il accepte un système académique en développement, parfois moins reconnu internationalement. Il est également prêt à s’adapter à un environnement culturel très différent, avec des défis potentiels en termes de sécurité, de santé ou d’infrastructures.

Avec une préparation rigoureuse, une bonne compréhension des règles de visa et de travail, et une stratégie claire de choix de programme, étudier au Cambodge peut être une expérience à la fois formatrice, abordable et profondément marquante sur le plan humain et professionnel.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Cambodge, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler le Cambodge, combinant fiscalité douce sur les revenus étrangers, coût de vie très bas (Phnom Penh ~50% moins cher que Paris), qualité de vie tropicale et possibilité de structurer ses flux via l’Asie du Sud-Est. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention du visa longue durée et résidence locale, organisation santé (assurance privée, articulation avec CPAM), transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors de France, centre d’intérêts économiques…), mise en relation avec un réseau local francophone/anglophone (avocat, immigration, comptable) et intégration patrimoniale (analyse et restructuration si nécessaire).

Vous souhaitez vous expatrier à l'étranger : contactez-nous pour des offres sur mesure.

Décharge de responsabilité : Les informations fournies sur ce site web sont présentées à titre informatif uniquement et ne constituent en aucun cas des conseils financiers, juridiques ou professionnels. Nous vous encourageons à consulter des experts qualifiés avant de prendre des décisions d'investissement, immobilières ou d'expatriation. Bien que nous nous efforcions de maintenir des informations à jour et précises, nous ne garantissons pas l'exhaustivité, l'exactitude ou l'actualité des contenus proposés. L'investissement et l'expatriation comportant des risques, nous déclinons toute responsabilité pour les pertes ou dommages éventuels découlant de l'utilisation de ce site. Votre utilisation de ce site confirme votre acceptation de ces conditions et votre compréhension des risques associés.

RETROUVEZ-MOI RÉGULIÈREMENT DANS LA PRESSE

Découvrez mes dernières interventions dans la presse écrite, où j'aborde divers sujets.

A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

Retrouvez-moi sur les réseaux sociaux :
  • LinkedIn
  • Twitter
  • YouTube
Nos guides :