Les soins de santé pour les expatriés à Belize : ce qu’il faut vraiment savoir avant de s’installer

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer à l’étranger oblige à regarder la réalité en face : le soleil, la mer et le coût de la vie ne suffisent pas, il faut aussi pouvoir se soigner correctement. À Belize, petit pays d’Amérique centrale à la fois caribéen et anglophone, la question de la santé est centrale pour tout expatrié qui envisage une installation durable.

Bon à savoir :

Le système de soins progresse avec de nouveaux hôpitaux et des médecins réputés attentionnés, mais l’infrastructure reste limitée, surtout pour les pathologies graves. Avant de partir, il est indispensable de comprendre son fonctionnement, de savoir où aller en cas d’urgence, de connaître le coût des soins et de souscrire une assurance adaptée.

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Un système de santé en progrès mais encore très limité

Belize est un pays de moins d’un demi‑million d’habitants, avec une base fiscale réduite. Résultat logique : l’État ne peut ni financer un réseau hospitalier dense ni investir massivement dans du matériel de pointe. Le diagnostic global est clair : la qualité des soins est jugée faible par rapport à l’Amérique du Nord ou à l’Union européenne, même si les indicateurs montrent des améliorations sur certains points (mortalité infantile, prise en charge obstétricale, etc.).

Attention :

Bien que supervisé par le ministère de la Santé, le système public, majoritaire, est sous-doté. Le secteur privé, plus performant, reste limité à certaines zones urbaines, créant une disparité d’accès aux soins.

Pour un expatrié, cela revient à faire un compromis permanent entre proximité, coût et niveau de sophistication médicale, en gardant une idée simple en tête : pour un simple problème de santé, le pays se débrouille, pour une pathologie lourde ou complexe, il faut anticiper un recours à l’étranger.

Comment est structuré le système de santé à Belize ?

Belize fonctionne avec un double réseau : un système public étendu mais fragile, et un secteur privé plus moderne, surtout dans les grandes villes.

Le secteur public : accessible, peu cher, mais saturé

Le réseau public comprend huit grands hôpitaux et environ 60 cliniques et polycliniques. Dans chaque district, un hôpital principal assure les soins 24h/24, mais avec des capacités limitées. Le vaisseau amiral reste Karl Heusner Memorial Hospital (KHMH) à Belize City, hôpital de référence national, qui prend en charge les cas les plus complexes possibles dans le pays, sans pour autant atteindre le niveau d’un centre de traumatologie de pointe.

Les soins de base dans les structures publiques sont gratuits ou quasi gratuits pour les résidents, y compris les expatriés régulièrement installés. Le ministère subventionne notamment médicaments essentiels, vaccinations et certaines chirurgies d’urgence. En revanche, les examens de laboratoire, les radiographies ou autres imageries donnent souvent lieu à une facturation spécifique, même dans le public.

Exemple :

De nombreuses cliniques publiques dans les pays en développement font face à des difficultés systémiques : manque de personnel, pénurie de matériel, équipements vieillissants, stocks de médicaments insuffisants et files d’attente interminables. Les conditions d’hygiène et d’organisation sont inégales, généralement meilleures dans les grandes villes que dans les villages.

Pour accéder au système public, l’expatrié doit passer par deux démarches administratives : s’enregistrer auprès de la Social Security Board (SSB) afin d’obtenir un numéro de sécurité sociale, puis obtenir une carte Belize Health Information System (BHIS), indispensable pour être pris en charge dans un hôpital ou une clinique publique. L’inscription à la SSB est obligatoire pour tout résident ayant un statut légal (citoyen, résident permanent ou détenteur d’un permis de travail).

La SSB ne constitue pas une assurance santé intégrale : elle couvre essentiellement les accidents et maladies liés au travail, ainsi que des prestations de maladie, maternité ou retraite, avec un accès limité aux services de soins. Pour un expatrié, il faut donc considérer ce dispositif comme un filet social minimal, pas comme une protection médicale complète.

Le secteur privé : plus moderne, plus rapide, et le préféré des expatriés

En parallèle, un secteur privé en expansion s’est développé, surtout à Belize City, Belmopan, Orange Walk et dans quelques pôles touristiques. C’est vers ces structures que se tournent la plupart des expatriés pour leur suivi courant et les petites urgences.

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Un quart du personnel médical du pays travaille dans le secteur privé, souvent en parallèle d’une activité dans le public.

Le coût reste, pour un regard nord‑américain ou européen, très abordable : un rendez‑vous chez un généraliste en privé revient bien moins cher qu’aux États‑Unis, une chirurgie courante coûte une fraction du prix américain. Mais dans le contexte local, ces tarifs restent élevés pour la majorité des résidents.

Pour les expatriés, cette différence de prix joue en leur faveur : beaucoup choisissent de payer de leur poche la plupart des soins courants dans le privé et de réserver l’usage de l’assurance aux grosses interventions ou à l’évacuation médicale.

Où se faire soigner ? Cartographie pratique pour expatriés

Le niveau d’offre médicale varie énormément selon l’endroit où l’on vit. S’installer à Belize City n’a pas les mêmes implications sanitaires qu’emménager dans un village côtier isolé ou sur une petite île.

Belize City : le cœur du système de soins

Belize City concentre l’essentiel des capacités hospitalières du pays, publiques et privées. C’est là que se trouvent la plupart des hôpitaux ouverts 24h/24, les blocs opératoires les mieux équipés et la majorité des spécialistes accessibles sur place.

Quelques établissements clés :

ÉtablissementTypeRôle principalParticularités
Karl Heusner Memorial Hospital (KHMH)PublicHôpital national de référenceUrgences 24/7, ICU, labo et pharmacie sur place
Belize Medical Associates (BMA)PrivéPlus grand hôpital privé du paysEnviron 100 lits, chirurgie, imagerie, soins cardiaques, nombreuses spécialités
Belize Healthcare PartnersPrivéHôpital privé polyvalentDialyse, laboratoire, centre de soins intégrés
Buttonwood Bay Medical CenterPrivéGrand centre médicalServices spécialisés, examens diagnostiques

Un expatrié établi à Belize City bénéficie donc du meilleur accès possible à la médecine dans le pays : rendez‑vous plus rapides, structure de référence, réseau de médecins formés à l’international. En contrepartie, la ville cumule aussi les inconvénients : criminalité plus élevée, environnement urbain plus dense.

Belmopan, San Ignacio, Orange Walk, Corozal, Dangriga, Punta Gorda

Dans les autres villes principales, chaque district dispose d’un hôpital public ouvert en continu, capable de gérer les urgences simples, les accouchements et un certain nombre d’interventions de base. Cependant, la palette de spécialités est nettement plus réduite qu’à Belize City. Belmopan, la capitale, héberge par exemple l’hôpital public régional et St. Luke’s Hospital, un établissement privé.

Astuce :

Pour les résidents vivant loin de la capitale, il est conseillé d’utiliser les services de santé locaux pour les soins de routine et les premières urgences. En cas de problème médical plus sérieux, le plan doit inclure le transfert du patient vers les établissements spécialisés de Belize City. Cette organisation est essentielle à anticiper pour tout expatrié envisageant de s’installer dans les régions éloignées du pays.

Ambergris Caye et les îles : entre progrès et fragilités

Ambergris Caye, l’île la plus peuplée et la plus touristique, illustre bien les progrès récents mais aussi les limites structurelles du pays.

Sur l’île, on trouve :

Services de santé et d’urgence à Ambergris Caye

Présentation des principales infrastructures médicales et des services de secours disponibles sur l’île, assurant une couverture sanitaire et une réponse d’urgence adaptées aux résidents et aux visiteurs.

Polyclinique publique 24h/24

Établissement public ouvert en permanence, avec un médecin de garde. Située à côté de l’aérodrome, elle facilite les évacuations sanitaires par vol de nuit vers Belize City.

Hope Hospital

Nouvel hôpital privé qui renforce significativement les capacités de soins locales avec des équipements et des services modernes.

San Pedro Urgent Care

Centre d’urgences tenu par une médecin américaine, très apprécié et fréquenté par les communautés expatriées pour la qualité de ses soins.

Clinique du Grand Caribe

Clinique moderne située au nord du pont, offrant des services spécialisés et disposant de matériel médical récent.

Rickilee Response and Rescue (RRR)

Équipe de secours bénévole fonctionnant comme un service 911 local. Dispose d’ambulances et de capacités de sauvetage en mer, et coordonne les transferts aériens.

Un nouveau grand hôpital public, destiné à desservir San Pedro et Caye Caulker, est en cours de construction, financé notamment par des aides internationales. Son ouverture devrait transformer l’accès aux soins hospitaliers pour les insulaires.

Les autres îles (cayes) sont beaucoup moins bien dotées : en dehors d’Ambergris Caye, il n’existe pas d’hôpital, seulement de petits postes de santé. En cas de problème sérieux, l’évacuation vers le continent est quasi systématique.

Zones rurales, Placencia, Hopkins : attention au temps d’accès

La carte se complexifie encore dès qu’on sort des principaux centres urbains. De vastes zones rurales sont très faiblement desservies, avec parfois seulement un petit dispensaire, sans ambulance disponible, et des routes en mauvais état qui rallongent les temps d’évacuation.

Placencia et Hopkins, deux destinations très prisées des expatriés pour leur cadre de vie côtier, ne disposent pas d’hôpital. Des centres de santé existent, mais pour tout problème sérieux, il faut prévoir un transfert vers Dangriga, Belmopan ou Belize City. Pour un couple retraité en bonne santé, cela peut sembler acceptable. Pour une personne souffrant d’insuffisance cardiaque, d’un cancer ou d’un diabète avancé, c’est un paramètre majeur.

Coût des soins : combien prévoir dans son budget d’expatriation ?

L’un des grands atouts de Belize pour un expatrié reste le coût relativement bas des soins, surtout si on les compare aux tarifs nord‑américains. Bien gérée, la santé ne devient pas nécessairement un gouffre financier, à condition de prévoir un scénario catastrophe : l’évacuation médicale.

Soins courants et consultations

Les fourchettes de prix observées pour les consultations sont les suivantes :

Type de soinSecteur public (USD)Secteur privé (USD)
Consultation généraliste10 – 2550 – 80
Consultation spécialiste— (souvent via l’hôpital)30 – 35 (certaines spécialités)
Nettoyage dentaireenv. 3030 – 50 selon le cabinet

Pour un expatrié habitué aux tarifs nord‑américains, payer 25 dollars pour voir un médecin ou 30 dollars pour un détartrage dentaire paraît dérisoire. C’est ce qui explique que beaucoup décident de couvrir eux‑mêmes ce type de dépenses, sans passer par leur assurance.

Chirurgie, hospitalisation et maternité

Les actes chirurgicaux sont également beaucoup moins chers qu’aux États‑Unis :

Intervention / serviceCoût indicatif (USD)
Nuit d’hospitalisation en privéenv. 200
Chirurgies courantes (fourchette générale)500 – 5 000
Chirurgie de la hernie< 2 500
Chirurgie de la cataracte (par œil)jusqu’à 2 500
Bilan femme (mammographie + écho + labo)env. 110
Suivi de grossesse – visites mensuellesenv. 35 chacune
Examens grossesse – bilan sanguinenv. 50
Examens grossesse – échographieenv. 100

Pour de nombreux expatriés assurés à l’international avec une franchise autour de 5 000 dollars, ces montants restent en dessous de leur « deductible ». Autrement dit, même avec assurance, ils paieraient de toute façon la facture. C’est l’une des raisons pour lesquelles une partie des retraités à Belize choisit de se « self‑assurer » pour les soins courants, en gardant une réserve de liquidités ou un compte d’épargne médical.

L’élément qui change tout : l’évacuation médicale

Là où les chiffres deviennent vertigineux, c’est dès qu’il est question d’ambulance aérienne. Un vol sanitaire vers un hôpital mieux équipé (États‑Unis, Mexique, Canada) peut facilement atteindre, et parfois dépasser, 15 000 dollars. D’autres sources évoquent même des fourchettes de 10 000 à plus de 50 000 dollars selon la destination, le niveau de soins requis et la distance parcourue.

Attention :

Pour un infarctus, un traumatisme crânien grave ou une complication chirurgicale, l’absence d’une couverture d’évacuation sanitaire peut entraîner des factures exorbitantes, capables d’engloutir des années d’économies. Ce poste doit être la priorité d’une assurance internationale.

Assurance santé : comment s’assurer intelligemment en tant qu’expatrié à Belize ?

Contrairement à de nombreux pays d’Europe ou à certains États asiatiques, Belize n’impose pas de couverture santé privée aux expatriés. Il est donc possible, juridiquement, de vivre sur place sans aucune assurance médicale. Financièrement et sanitairement, c’est beaucoup plus discutable.

Les grandes familles de solutions

On peut schématiquement distinguer quatre stratégies parmi les expatriés à Belize :

1. Se reposer uniquement sur le système public + paiement de poche dans le privé 2. Souscrire une assurance locale basique 3. Opter pour une assurance santé internationale complète 4. Se self‑assurer (mettre de côté un capital santé) en combinant ou non avec une assurance à franchise élevée

Les organismes publics américains et canadiens (Social Security, Medicare, Medicaid, Régimes provinciaux canadiens, Veterans Administration) ne remboursent pas les soins hospitaliers reçus à l’étranger, à quelques exceptions près. Beaucoup de retraités américains font donc des allers‑retours réguliers pour profiter de Medicare pour les grosses interventions, et paient de leur poche la médecine courante à Belize.

Organismes publics américains et canadiens

Les assurances internationales les plus utilisées

Plusieurs grands noms de l’assurance santé internationale opèrent à Belize et sont fréquemment cités par les expatriés :

Assureur internationalCaractéristiques notables
Cigna GlobalPlans modulables (Silver, Gold, Platinum), assistance 24/7, large réseau mondial
Bupa / IHILongue expérience dans la couverture des expatriés, options hospitalisation + soins externes
International Medical Group (IMG)Plans pour expatriés et grands voyageurs, couverture évacuation possible
AXA Global, April International, GeoBlueOffres modulables avec options d’évacuation, maternité, dentaire, etc.
DAN InsuranceAssurance spécialisée pour plongeurs, couvrant les urgences de plongée et l’évacuation

Dans la pratique, beaucoup d’expatriés à Belize choisissent des contrats dits « hospital only » (hospitalisation uniquement), avec une franchise relativement élevée. L’idée est de laisser l’assurance prendre en charge les gros ennuis (chirurgie coûteuse, cancer, transport aérien), tout en conservant la souplesse de payer directement les petites consultations et actes de routine.

Les primes varient énormément en fonction de l’âge, des antécédents médicaux, des garanties incluses et de la zone de couverture (inclure ou non les États‑Unis fait exploser la note). Au-delà de 60 ans, les cotisations montent sensiblement, ce qui pousse certains retraités à arbitrer entre une assurance complète chère, une couverture partielle plus accessible ou une auto‑assurance.

Les assurances locales et les plans d’hôpitaux

Des compagnies locales comme RF&G proposent des couvertures adaptées au marché belizien, parfois moins coûteuses mais aussi moins étendues que les grandes polices internationales. Certains hôpitaux privés, comme Belize Medical Associates, commercialisent également leurs propres plans santé, offrant des réductions sur leurs services et un accès privilégié à leurs installations.

Ces produits peuvent constituer un complément intéressant, surtout pour les expatriés qui ne souhaitent pas couvrir le monde entier mais simplement sécuriser leur accès au privé au Belize, sans viser une évacuation internationale.

L’impératif de couverture évacuation

Quel que soit le montage choisi, la leçon qui revient constamment dans les témoignages est la suivante : un volet évacuation (air ambulance, rapatriement, transfert vers un autre pays) n’est pas un luxe, c’est un élément central de la gestion du risque. Sans lui, une fracture compliquée ou un infarctus peut très vite devenir un drame financier, en plus d’un enjeu vital.

Qualité des soins, médecins et expériences sur le terrain

La perception de la qualité des soins à Belize est paradoxale : beaucoup d’expatriés opposent un ressenti très positif sur la relation avec les médecins à une lucidité sur la pauvreté des moyens matériels.

Les médecins sont souvent décrits comme accessibles, à l’écoute, facilement joignables par téléphone ou via WhatsApp, et n’hésitant pas à faire des visites à domicile. Cette proximité tranche avec le fonctionnement plus industrialisé des systèmes nord‑américains ou européens.

Bon à savoir :

Le pays est confronté à une pénurie de spécialistes et à l’absence de technologies de pointe (radiothérapie, chirurgie cardiaque avancée, soins intensifs spécialisés). Ces lacunes rendent difficile la prise en charge de pathologies chroniques complexes comme les cancers avancés, l’insuffisance cardiaque sévère, les maladies neurodégénératives (Alzheimer), le diabète très déséquilibré ou l’ostéoporose compliquée.

Pour ces situations, la stratégie la plus fréquente reste de réaliser le suivi de base sur place (bilan sanguin simple, renouvellement de traitement) et de prévoir des séjours réguliers dans des centres spécialisés à l’étranger (Mexique, États‑Unis, Guatemala, voire Panama ou Équateur), selon les moyens financiers et les couvertures d’assurance.

Pharmacies et médicaments : une offre large mais hétérogène

L’accès aux médicaments est globalement bon dans les grandes villes de Belize. Les pharmacies y sont généralement bien achalandées pour les médicaments courants : antibiotiques usuels, antalgiques, antihypertenseurs, antidiabétiques oraux, etc. Beaucoup de médicaments qui requièrent une ordonnance stricte aux États‑Unis sont disponibles sans prescription à Belize, ce qui simplifie la vie, mais peut aussi exposer à un usage inapproprié.

Les prix sont, là encore, inférieurs à ceux pratiqués dans les pharmacies américaines, notamment pour les génériques. Les officines peuvent vendre des quantités importantes d’un seul coup, sans quotas stricts comme on en trouve en Amérique du Nord. En revanche, certaines molécules pointues ou traitements innovants sont difficiles, voire impossibles à trouver. Les pharmacies s’approvisionnent parfois au Mexique ou au Nicaragua.

Attention :

Pour un expatrié dépendant d’un traitement spécifique (anticancéreux, biologiques pour rhumatismes inflammatoires, médicaments très récents), il est essentiel de vérifier, avant le départ, si le produit est disponible localement, sous quelle forme et à quel prix. Dans certains cas, il faudra envisager des alternatives ou un approvisionnement depuis le pays d’origine.

d’importer soi‑même régulièrement le traitement, en respectant scrupuleusement les règles douanières et en gardant les boîtes d’origine étiquetées ;

– de planifier des déplacements périodiques dans un pays où le médicament est accessible (Mexique, États‑Unis, Canada) ;

– ou de discuter avec son spécialiste d’une alternative médicamenteuse plus facilement distribuée à Belize.

Les autorités recommandent de voyager avec une lettre du médecin traitant détaillant les pathologies, les traitements en cours et les noms génériques des molécules, et de compléter la page de contacts d’urgence dans le passeport.

Dentisterie : un vrai point fort de l’offre médicale locale

Sur le plan dentaire, Belize a réussi là où beaucoup de pays voisins peinent encore : proposer des soins de qualité à des tarifs qui attirent même un tourisme médical. Des cliniques privées bien équipées se sont spécialisées dans la prise en charge de patients étrangers, avec des praticiens formés dans différents pays (États‑Unis, Canada, Mexique, Amérique centrale).

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Quelques ordres de grandeur permettent de mesurer l’intérêt du pays pour un expatrié.

Acte dentairePrix indicatif (USD)
Examen completenv. 25
Détartrage / dépose de plaqueenv. 45
Détartrage simple / nettoyageenv. 30 – 50
Blanchiment (kit domicile, par arcade)env. 125
Composite (plombage blanc)env. 45
Couronne céramo‑métalliqueenv. 270
Traitement de racine (dent antérieure)env. 150
Extraction simpleenv. 50
Prothèse complèteenv. 200
Implant + couronneenv. 1 575 par dent

Pour un expatrié, ces niveaux de prix rendent réaliste l’idée de faire réaliser sur place des soins qui auraient été repoussés pour des raisons de coût aux États‑Unis ou au Canada. Ils expliquent aussi qu’une partie de la clientèle des cliniques dentaires beliziennes vienne en réalité de l’étranger.

Se faire soigner à l’étranger : une réalité à anticiper

Même en combinant secteur privé et public, Belize ne peut pas tout faire. Le pays ne dispose d’aucun centre de traumatologie de niveau I, et reste limité pour la plupart des techniques lourdes. Beaucoup de Beliziens et d’expatriés partent donc à l’étranger lorsqu’une prise en charge très spécialisée est nécessaire.

Les destinations les plus courantes sont :

– le Mexique, en particulier Chetumal pour les habitants du nord, et Mérida pour les soins plus complexes, réputée pour ses hôpitaux modernes et ses tarifs plus doux qu’aux États‑Unis ;

– le Guatemala, notamment Guatemala City et Antigua ;

– les États‑Unis (Miami est fréquemment mentionnée) ;

– plus ponctuellement, Panama ou l’Équateur.

Pour les expatriés américains, l’équation est souvent simple : ils continuent de cotiser à Medicare et prévoient de rentrer tous les six mois ou une fois par an pour les examens lourds et les interventions. Les Canadiens agissent de manière similaire avec leurs régimes provinciaux, en gardant Belize pour la médecine générale, la pharmacie et les urgences légères.

Là encore, c’est le volet « évacuation » des assurances internationales qui rend ces mouvements plus ou moins fluides : un contrat bien conçu prend en charge non seulement le transport, mais aussi la coordination avec l’hôpital d’accueil et parfois la logistique (traductions, hôtels, etc.).

Préparation médicale avant le départ : vaccins, risques tropicaux et habitudes à adopter

Belize est un pays tropical, avec son lot de risques sanitaires propres à ce climat : maladies transmises par les moustiques, diarrhées du voyageur, chaleur extrême pouvant provoquer déshydratation et coup de chaleur.

Il est conseillé de consulter son médecin ou un centre de vaccination plusieurs semaines avant le départ pour vérifier que les vaccinations de base sont à jour : rougeole‑oreillons‑rubéole, tétanos‑diphtérie‑coqueluche, poliomyélite, varicelle, grippe, COVID‑19. Des vaccins spécifiques comme l’hépatite A et B, la typhoïde ou la rage peuvent être recommandés en fonction du type de séjour (rural, activités en plein air, durée de résidence).

Astuce :

Les moustiques au Belize peuvent transmettre des maladies comme la dengue, le chikungunya, le Zika et, localement ou ponctuellement, la malaria (paludisme). Bien que le pays ait été certifié sans paludisme, des résurgences locales sont possibles. Il est donc recommandé d’envisager un traitement préventif antipaludique pour certaines zones, en complément d’une protection rigoureuse contre les piqûres. Cette protection inclut l’utilisation de répulsifs, le port de vêtements longs, l’emploi de moustiquaires et l’élimination des points d’eau stagnante.

L’eau du robinet est généralement potable dans les grandes villes, mais l’usage de l’eau en bouteille reste conseillé dans les zones rurales. La bonne hygiène alimentaire (plats bien cuits, produits laitiers pasteurisés, lavage des mains) demeure un réflexe essentiel, surtout dans les premiers mois d’adaptation.

Urgences médicales : qui appeler et comment être pris en charge ?

En cas d’urgence, le numéro national reste le 911, mais sa fiabilité dépend du lieu, du réseau et des disponibilités locales. Selon les villes, d’autres numéros d’urgence existent pour les pompiers, la police ou les services de secours. Sur Ambergris Caye, Rickilee Response and Rescue joue un rôle crucial d’ambulance et de coordination des secours, avec possibilité de contact direct par téléphone.

Bon à savoir :

Sur le continent, des services comme BERT assurent des transports médicalisés, mais les ambulances et les équipes d’intervention restent rares hors des grandes agglomérations. Dans plusieurs zones rurales, il faut souvent s’auto-organiser pour rejoindre un centre médical ou compter sur son réseau local.

Les compagnies d’ambulance aérienne (Horizon Air Ambulance, REVA, Air Ambulance Worldwide, ou encore des compagnies régionales comme Tropic Air pour les transferts non intensifs) interviennent une fois la décision d’évacuation prise, généralement après validation par un médecin et acceptation de l’hôpital d’accueil. Sans assurance, ces services exigent le plus souvent une garantie de paiement avant décollage.

Choisir où vivre à Belize en tenant compte de la santé

Pour beaucoup de candidats à l’expatriation, les critères de choix se limitent au budget logement, au climat, à la connectivité internet et à l’ambiance de la communauté locale. Or, pour un projet de vie durable, le paramètre « accès aux soins » mérite d’être placé très haut dans la liste.

Quelques principes simples peuvent guider la réflexion :

Attention :

L’éloignement des grandes villes comme Belize City rallonge considérablement le temps d’accès à un hôpital bien équipé. Les îles, bien que paradisiaques, dépendent d’évacuations vers le continent pour les cas sérieux. Les personnes souffrant de maladies chroniques importantes (cardiaques, cancéreuses, neurologiques) devraient envisager un pays voisin aux infrastructures médicales plus avancées. Les retraités en bonne santé peuvent vivre confortablement dans des communautés côtières ou rurales, à condition d’avoir un plan d’urgence réaliste pour les situations graves.

Dans tous les cas, il est judicieux, avant de s’installer définitivement, de passer quelques semaines exploratoires sur place, en visitant les hôpitaux et cliniques des régions envisagées, en discutant avec des expatriés déjà installés, et en testant éventuellement une consultation chez un médecin pour se faire une idée concrète de la relation de soins.

En conclusion : un pays agréable, un système de santé à manier avec lucidité

Belize a des atouts indéniables pour un expatrié : langue officielle anglaise, coût de la vie modéré, nature exceptionnelle, climat chaud, proximité de l’Amérique du Nord. Sur le plan médical, le pays se situe dans une zone grise : suffisant pour la médecine générale, la dentisterie, les petites urgences, mais insuffisant pour servir de base unique à une personne très vulnérable sur le plan sanitaire.

Attention :

Un expatrié bien informé et préparé, avec une anticipation des besoins médicaux et une couverture incluant l’évacuation sanitaire, peut atteindre une sécurité sanitaire acceptable. À l’inverse, ignorer les limites du système local et renoncer à cette couverture constitue un risque démesuré.

La clé, au fond, est de traiter la santé comme on traite le reste de son projet d’expatriation : avec une bonne dose de pragmatisme, un minimum de chiffres en tête et un plan B solide pour les scénarios qu’on préfère ne jamais vivre, mais qu’il serait imprudent d’exclure.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour réduire sa pression fiscale et diversifier ses investissements, tout en gardant un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Belize, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler Belize pour son régime fiscal territorial (imposition essentiellement sur les revenus de source locale), absence d’impôt sur la fortune, coût de vie inférieur à la France et cadre de vie caribéen anglophone. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence via un programme adapté aux retraités, détachement CNAS/CPAM, transfert de la résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques…), mise en relation avec un réseau local bilingue (avocat, immigration, banque) et intégration patrimoniale.
Ce type d’accompagnement permet à ce futur retraité de bénéficier d’économies fiscales substantielles sur ses retraites et placements, de nouvelles opportunités d’investissement (immobilier, projets touristiques locaux) et d’une optimisation de sa transmission, tout en maîtrisant les risques (contrôles fiscaux français, double imposition via conventions, choc culturel) et en alignant cette mobilité sur une stratégie globale de diversification patrimoniale internationale.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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