Histoire du pays à Belize : des cités mayas à l’indépendance

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Longtemps avant que le nom même de Belize n’apparaisse sur les cartes, le territoire était déjà au cœur d’un vaste monde : celui des cités mayas, des routes de commerce qui reliaient le Yucatán aux hautes terres du Guatemala et aux côtes du Honduras. Aujourd’hui, ce petit État d’Amérique centrale, ouvert sur la mer des Caraïbes et voisin du Mexique et du Guatemala, porte encore dans ses paysages et dans sa mosaïque de peuples la trace de plusieurs millénaires d’histoire.

Raconter l’histoire du pays à Belize, c’est donc passer des temples de pierre enfouis sous la jungle aux coupeurs de bois britanniques, de l’esclavage à la lutte pour le suffrage universel, des traités coloniaux à un conflit frontalier toujours en cours devant la Cour internationale de justice. C’est aussi comprendre comment un ancien comptoir forestier, dernier territoire continental de l’Empire britannique en Amérique, est devenu un État indépendant en 1981, tout en restant profondément marqué par ses racines mayas, créoles et garifuna.

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Les racines mayas : un territoire au centre d’une grande civilisation

Bien avant l’arrivée des Européens, la région correspondant au Belize moderne se trouve au cœur de la civilisation maya. Les premiers indices d’occupation remontent à au moins 2000 ans avant notre ère, voire davantage sur certains sites comme Cuello, dans le district d’Orange Walk, où l’on a retrouvé des poteries datées aux environs de 2600 av. J.-C. Dès 1500 av. J.-C., des communautés mayas se déploient dans les basses terres qui englobent le sud-est du Mexique, le Guatemala, l’ouest du Honduras et le Belize actuel.

À partir du IIIᵉ siècle de notre ère, la période dite classique voit l’essor spectaculaire de grandes cités-États : Caracol dans les montagnes du Chiquibul, Lamanai sur la New River, Altun Ha près de la côte, Xunantunich aux portes du Guatemala, Lubaantun et Nim Li Punit dans le sud, sans oublier La Milpa, Cahal Pech, Baking Pot ou encore Cerros au bord de la baie de Chetumal. L’architecture se structure autour de grandes places entourées de temples et de palais en pierre taillée et recouverts de stuc, décorés de reliefs et de peintures.

Les estimations démographiques pour la fin de la période classique sont impressionnantes : entre 400 000 et 1 million d’habitants sur le territoire correspondant au Belize, certaines évaluations allant jusqu’à deux millions. Le pays, pourtant peu peuplé aujourd’hui, a donc déjà connu, il y a plus de mille ans, une densité humaine très élevée.

Une société complexe, savante et profondément connectée

La société maya qui se développe sur ce territoire n’a rien d’une mosaïque de villages isolés. Il s’agit d’un monde urbain, structuré, où coexistent des lignages royaux, des prêtres-astronomes, des artisans spécialisés, des marchands, des guerriers et une grande masse de paysans. Les scribes utilisent une écriture hiéroglyphique sophistiquée, combinée à un système mathématique incluant le zéro. Les prêtres observent les astres, calculent des cycles calendaires complexes et organisent les grandes cérémonies religieuses.

Bon à savoir :

L’économie maya est basée sur une agriculture intensive et diversifiée, avec comme base alimentaire le maïs, les haricots, la courge et le piment. Elle utilise selon les régions des systèmes d’irrigation, des champs surélevés et la culture sur brûlis (milpa). Les Mayas domestiquent aussi des animaux comme le chien et exploitent les ressources forestières pour fabriquer des objets en jade, en silex, en céramique fine et des parures de plumes.

Les échanges à longue distance sont constants : des objets en obsidienne venant du centre du Mexique, des jades, des coquillages marins, du cacao utilisé comme monnaie, traversent le territoire. À Caracol, une crémation datée du IVᵉ siècle de notre ère a livré de l’obsidienne verte de Pachuca, matière première caractéristique de la région de Teotihuacan, preuve de contacts précoces avec cette métropole du plateau central mexicain.

Un territoire polyglotte et de grandes cités rivales

On aurait tort d’imaginer les Mayas de Belize comme un bloc homogène. Les sources épigraphiques montrent au contraire une diversité linguistique marquée. Au sud, dans la grande cité de Caracol, l’idiome des inscriptions appartient au groupe classique ch’olti’an. Au nord des montagnes mayas, à Lamanai, l’écriture reflète un parler yucatèque au moins dès le VIIᵉ siècle. Cette pluralité linguistique se double d’une multitude de sous-cultures et de royaumes rivaux.

120000

Caracol, cité maya majeure, aurait abrité plus de 120 000 habitants à son apogée.

D’autres sites illustrent la continuité de l’occupation maya dans le temps. Lamanai, « crocodile immergé », constitue sans doute l’exemple le plus spectaculaire : habité depuis le IIᵉ millénaire av. J.-C. jusqu’au XVIIᵉ siècle de notre ère, il s’agit de l’un des sites occupés le plus longtemps de toute la Mésoamérique. On y retrouve des temples monumentaux, des masques en relief, mais aussi des vestiges d’églises construites par les missionnaires espagnols à l’époque coloniale, preuve d’une adaptation et d’une persistance remarquables.

Caves sacrées et trésors archéologiques

Le sous-sol karstique du Belize est truffé de grottes et de cénotes que les Mayas considéraient comme des portes vers l’inframonde, le fameux Xibalba. Ces cavités ont servi de lieux de culte, d’offrandes et parfois de sacrifices humains. L’Actun Tunichil Muknal, plus connue sous le sigle ATM, renferme la dépouille calcifiée d’une adolescente surnommée la « Demoiselle de cristal », entourée de poteries brisées lors de rituels.

Exemple :

Plusieurs sites au Belize illustrent différentes périodes de la civilisation maya. Altun Ha, près de la côte, est célèbre pour la découverte de la plus grande pièce de jade maya : une tête monumentale du dieu solaire Kinich Ahau. Cahal Pech, surplombant la rivière Macal, présente 34 structures sur une petite superficie et est l’un des sites les plus anciennement occupés de l’ouest du Belize. Enfin, Cerros, situé sur la baie de Chetumal, fut un centre commercial maritime prospère entre le IIIᵉ siècle av. J.-C. et le Iᵉʳ siècle apr. J.-C.

Dans le nord-ouest, El Pilar, avec ses plus de 25 places et ses 5 000 acres protégés, illustre les efforts contemporains de « archéologie sous couvert forestier », pratique qui consiste à conserver la canopée tout en fouillant les structures. Au sud, Lubaantun, « lieu des pierres tombées », se distingue par ses constructions sans mortier et ses figurines-sifflets en céramique.

Le tableau ci-dessous donne un aperçu comparatif de quelques grands sites mayas du pays.

SiteRégion / DistrictPériode d’occupation principaleParticularités majeures
CaracolForêt de Chiquibul1200 av. J.-C. – XIᵉ s. apr. J.-C.Plus grand site du pays, cité hégémonique, pyramide Caana
LamanaiOrange WalkIIᵉ millénaire av. J.-C. – XVIIᵉ s.Occupation ininterrompue, temples, églises espagnoles
Altun HaProche de Belize CityClassiqueTête en jade de Kinich Ahau, symbole de la bière Belikin
El PilarFrontière Belize/Guat.800 av. J.-C. – Xᵉ s. apr. J.-C.Plus grand site de la vallée de la Belize, 25+ places
LubaantunToledoClassique tardifArchitecture sans mortier, figurines-sifflets en céramique
Cahal PechCayoenv. 1200 av. J.-C. – IXᵉ s.L’un des plus vieux sites de l’ouest, 34 structures compactes

Effondrement et continuités

Entre le VIIᵉ et le IXᵉ siècle, de nombreux centres mayas des basses terres entrent en crise. Les stèles cessent d’être érigées, les palais sont abandonnés, la population décroît dans de vastes zones. Les raisons restent débattues : guerres internes, crises environnementales, sécheresses répétées, épuisement des sols, ou combinaison de tous ces facteurs. Au Belize, la dernière date hiéroglyphique en ch’olti’an est relevée en 859 sur une stèle de Caracol. Pourtant, la civilisation ne disparaît pas : elle se reconfigure.

Lamanai, par exemple, poursuit son occupation longtemps après la « chute » classique. De nombreux groupes mayas – Yucatèques au nord, Mopan et Q’eqchi’ au sud – maintiennent leurs langues, leurs coutumes et des formes d’organisation autonome. Lorsque les Espagnols apparaissent au XVIᵉ siècle, ils trouvent donc non pas un vide, mais un paysage de petites entités politiques mayas encore bien vivantes, de Chetumal autour de la baie de Corozal à la province de Dzuluinicob entre la New River et la rivière Sibun, en passant par les territoires des Manche Ch’ol plus au sud.

Conquête inachevée : incursions espagnoles, missions et résistances

Les premiers Européens à longer les côtes beliziennes sont espagnols. Entre 1502 et 1504, Christophe Colomb longe le golfe du Honduras. D’autres navigateurs suivent, comme Juan Díaz de Solís vers 1510. La conquête du Mexique par Cortés, entamée en 1519, puis celle du Yucatán à partir de 1527, finissent par englober la région dans l’orbite de la Couronne de Castille. Sur le papier, le territoire fait partie de l’Empire espagnol ; sur le terrain, la domination reste fragile.

Attention :

Malgré l’établissement de missions comme à Tipu, point d’appui pour les campagnes de « pacification » au XVIIᵉ siècle, l’emprise espagnole reste limitée. Tipu bénéficie même de décennies d’autonomie relative entre 1638 et 1695, avant la déportation finale de ses habitants vers le Petén en 1707.

La piraterie complique la donne. Au milieu du XVIIᵉ siècle, la ville espagnole de Salamanca de Bacalar, poste clé pour la région de Chetumal, est deux fois pillée par des pirates, en 1642 puis en 1648. Sa destruction entraîne un retrait espagnol durable de la frange côtière, ce qui ouvre un espace à d’autres acteurs : les flibustiers et bûcherons britanniques.

Les maladies européennes, quant à elles, font des ravages parmi les populations indigènes. Comme dans le reste des Amériques, la variole, la rougeole et d’autres infections importées provoquent un effondrement démographique. Mais malgré cela, les Mayas du futur Belize ne sont jamais complètement soumis. À l’époque où l’autorité espagnole commence à s’étioler, aux alentours de 1700, de nombreuses communautés conservent une autonomie de fait.

Des flibustiers aux « Baymen » : la naissance d’un comptoir forestier britannique

C’est dans ce vide politique relatif que s’engouffrent les Anglais et, dans une moindre mesure, les Écossais. Dès le XVIIᵉ siècle, des pirates et corsaires fréquentent la côte, profitant des abris naturels des cayes et des lagunes pour attaquer les navires espagnols. Progressivement, une activité plus stable se met en place : l’exploitation du bois de campêche, ou logwood (Haematoxylum campechianum), très prisé en Europe pour la teinture textile.

Les premiers documents font état d’un établissement anglais au large de la côte vers la fin des années 1710, sur Cayo Cosina (futur St. George’s Caye). Des aventuriers connus sous le nom de Baymen installent des campements le long de la Belize River et de la New River, d’où ils coupent et flottent le bois vers la mer. Certains récits tardifs font remonter cette présence à 1638, autour d’un Écossais mythique nommé Peter Wallace ou « Ballis » qui aurait donné son nom au pays. Les historiens considèrent aujourd’hui cette histoire plutôt comme une légende construite au XIXᵉ siècle que comme un fait avéré.

Un droit d’usage sous souveraineté espagnole

D’un point de vue juridique, la situation est ambiguë. Les traités du XVIIIᵉ siècle entre l’Espagne et la Grande-Bretagne accordent aux sujets britanniques des droits d’usage sans reconnaître pour autant une souveraineté britannique sur le territoire. Le traité de Paris de 1763 autorise la coupe du logwood entre les rivières Hondo et Belize tout en confirmant que les terres restent sous autorité espagnole. Le traité de Versailles de 1783 réitère ces concessions, et la Convention de Londres de 1786 étend la zone d’abattage jusqu’à la rivière Sibun, tout en interdisant explicitement la construction de fortifications, l’établissement de plantations et la création d’un gouvernement formel.

En 1765, il codifie les règlements coutumiers des colons dans un texte connu sous le nom de *Burnaby’s Code*, qui va régir la vie de la colonie informelle pendant des décennies.

Contre-amiral Sir William Burnaby

Une économie du bois et l’essor de l’esclavage

Le logwood, de petite taille et concentré au bord des lagunes et rivières, demande peu de capital et un nombre limité de travailleurs. Mais à la fin du XVIIIᵉ siècle, une essence beaucoup plus lucrative prend le relais : l’acajou (Swietenia macrophylla). Très prisé par les ébénistes européens, notamment un certain Thomas Chippendale, puis par les chantiers navals, ce bois pousse plus loin à l’intérieur des terres, sur des arbres géants dispersés dans la forêt.

3000

À la fin du XVIIIᵉ siècle, environ 3000 esclaves africains représentaient plus des trois quarts de la population totale du règlement belizien.

Les esclaves, issus de diverses régions d’Afrique de l’Ouest et centrale (Gold Coast, Bénin, Biafra, Nigéria yoruba et igbo, Congo, Angola, etc.), travaillent comme pisteurs, abatteurs, convoyeurs de bœufs. Les conditions sont rudes, même si certains observateurs jugent ce système légèrement moins brutal que celui des grandes plantations sucrières des Antilles. De nombreuses révoltes éclatent : au moins quatre insurrections importantes sont documentées en 1765, 1773, 1775 et 1820, cette dernière menée par des chefs d’esclaves appelés Will et Sharper.

La bataille de St. George’s Caye : un tournant symbolique

La fragilité du règlement britannique se manifeste à chaque reprise des hostilités avec l’Espagne. Des opérations militaires espagnoles visent à chasser les Baymen des côtes. Le dernier grand affrontement a lieu en septembre 1798, au large de St. George’s Caye. Une escadre espagnole venue du Yucatán, forte d’une trentaine de navires, de centaines de marins et de soldats, affronte une force bien plus modeste composée de colons, de marins et d’esclaves affranchis ou contraints de prendre les armes. Les Britanniques sortent vainqueurs.

Astuce :

Cette bataille n’entraîne pas immédiatement la reconnaissance officielle d’une colonie, mais elle marque dans la mémoire locale la fin des tentatives espagnoles de reconquête. La date du 10 septembre, correspondant à la dernière journée des combats, est devenue un jour férié national, célébrée comme une victoire fondatrice. Dans les faits, le règlement s’étend après 1798 jusqu’à la rivière Sarstoon, au sud, consolidant ce qui deviendra plus tard la frontière méridionale du pays.

Esclavage, résistances et naissance d’une société créole

La structure sociale qui se met en place au XIXᵉ siècle est profondément marquée par l’esclavage, mais aussi par une constante recomposition. À côté des grands propriétaires blancs, un groupe croissant de coloured subjects, métis de Blancs et de Noirs, gagne en importance. De plus, la présence indigène maya reste importante, particulièrement dans l’intérieur des terres.

En 1833, le Parlement britannique adopte l’abolition de l’esclavage dans tout l’empire, assortie d’une période transitoire de quatre ans d’« apprentissage ». La liberté juridique des anciens esclaves devient effective en 1838. Les propriétaires sont indemnisés – en moyenne une cinquantaine de livres sterling par esclave – tandis que les affranchis se heurtent à un obstacle majeur : l’accès à la terre. La quasi-totalité des domaines exploitables est déjà accaparée, et de nouvelles lois foncières limitent les possibilités de propriété pour les Afro-descendants et les Mayas.

Bon à savoir :

Jusqu’au XXᵉ siècle, un système d’avances et de dettes, payées en bons uniquement utilisables dans les magasins des compagnies, maintient les travailleurs dans une servitude déguisée. Parallèlement, une hiérarchie légale de sept « castes » basées sur la couleur de peau se met en place dans les années 1820. Les Créoles libres n’obtiennent la pleine citoyenneté qu’en 1831.

La formation d’une identité créole proprement belizienne

Au fil des décennies, le mélange entre esclaves africains, colons britanniques ou écossais, travailleurs venus d’autres colonies, Amérindiens et, plus tard, migrants caribéens et asiatiques donne naissance à une population que l’on désigne sous le nom de Créoles beliziens (ou Kriols). Plus qu’une catégorie raciale, il s’agit d’une identité culturelle et linguistique. La langue kriol, dérivée de l’anglais mais influencée par de nombreux idiomes ouest-africains, par le miskito et par l’espagnol, devient la lingua franca du règlement, puis de l’ensemble du pays.

Les communautés créoles du Belize

Historique et localisation des principaux établissements créoles au Belize, issus de l’exploitation forestière et du peuplement des côtes.

Le nord et la Belize River

Population majoritaire autour de Belize Town et le long de la rivière, structurée par d’anciens camps de bûcherons devenus villages comme Burrell Boom, Crooked Tree, Gracie Rock ou Flowers Bank.

Le littoral sud

Apparition de communautés créoles sur la côte, notamment à Placencia, illustrant l’expansion géographique de cette population.

L’identité créole va jouer un rôle central dans les mobilisations politiques ultérieures. Ce sont majoritairement des leaders créoles qui organiseront les grandes grèves, les premiers syndicats, puis les partis nationalistes au XXᵉ siècle. La culture créole – musique brukdown, cuisine à base de riz et haricots, folklore d’Anansi ou de Tata Duende – deviendra l’un des marqueurs de la nation belizienne moderne.

Le tableau suivant montre, de façon simplifiée, l’évolution de la population et des groupes majeurs sur le long terme.

Période approximativePopulation totale estimée sur le territoire du BelizeGroupes dominants / traits marquants
Période classique maya (250–900)400 000 – 1 000 000 (voire plus)Citoyens mayas urbains, grandes cités-États
Vers 1790env. 4 00075 % esclaves africains, minorité de Baymen européens
1856env. 20 000Créoles d’ascendance africaine majoritaires, présence maya
1931un peu plus de 50 000Créoles, Mayas, Garifuna, Mestizos
1970juste sous 120 000Créoles encore majoritaires, forte croissance
1980plus de 145 000Diversification ethnique, immigration centre-américaine
2022env. 397 000Pays le moins peuplé d’Amérique centrale, mosaïque multiethnique

Arrivées garifuna, migrations mayas et recompositions du XIXᵉ siècle

Le Belize du XIXᵉ siècle n’est pas seulement le théâtre d’une expansion forestière ; il devient aussi un refuge et un lieu de recomposition pour divers peuples de la région caraïbe et mésoaméricaine.

Exemple :

Les Garifuna, descendants d’Indiens arawaks, caribs et d’Africains, sont déportés de Saint-Vincent vers la côte hondurienne (île de Roatán) après leur défaite face aux Britanniques à la fin du XVIIIᵉ siècle. Ils colonisent ensuite le littoral du Honduras, du Guatemala, du Nicaragua et du Belize. Leur présence est attestée à Stann Creek (Dangriga, Belize) dès 1802, suivie d’une seconde vague migratoire après la guerre civile hondurienne de 1832.

Dans le nord, ce sont les conséquences de la guerre des Castes au Yucatán (1847–1855, avec des prolongements jusqu’à la fin du XIXᵉ siècle) qui amènent des milliers de réfugiés mayas yucatèques et métis hispanophones. Beaucoup s’installent dans les districts actuels de Corozal et Orange Walk, fondant des villages agricoles où l’on cultive la canne à sucre, le riz, le maïs et des légumes.

Bon à savoir :

Dans les années 1880-1890, des groupes mayas Mopan et Q’eqchi’ ont fui le Guatemala pour échapper à la conscription et aux travaux forcés imposés par les autorités et les planteurs de café allemands de l’Alta Verapaz. Ils se sont installés dans le district de Toledo au Belize, fondant des villages autour de San Antonio, parfois sur des terres réservées administrées par le pouvoir colonial via un système d’alcaldes élus mais intégrés à l’administration coloniale.

Ainsi, à la fin du XIXᵉ siècle, le territoire de Belize présente déjà la trame de la carte ethnique contemporaine : Créoles anglophones en majorité dans la ville et le long du fleuve Belize, Mayas et Mestizos hispanophones dans le nord et l’ouest, Garifuna afro-amérindiens sur la côte sud, avec des poches de colons européens et, plus tard, de communautés mennonites.

De règlement de bois à colonie formelle : British Honduras se met en place

Si les Britanniques évitent pendant longtemps de déclarer officiellement une colonie – notamment pour ne pas violer les traités qui reconnaissent la souveraineté espagnole – la réalité évolue au XIXᵉ siècle. L’indépendance des anciennes possessions espagnoles en 1821, puis la création de la République fédérale d’Amérique centrale, de même que l’indépendance du Mexique, modifient la donne régionale. Les gouvernements de ces nouveaux États entendent hériter des droits territoriaux de l’Espagne, ce qui accroît les tensions avec Londres.

En 1854, le Royaume-Uni dote finalement le règlement d’une constitution formelle et d’une Assemblée législative élue, bien que restreinte à une élite foncière. En 1862, le territoire est officiellement proclamé colonie de la Couronne sous le nom de British Honduras, administrée comme dépendance de la Jamaïque. En 1871, il devient une colonie de la Couronne à part entière, avec un Conseil législatif largement nommé par Londres, ce qui met fin à ce qui restait de l’ancienne autorité des colons.

Frontières tracées à coups de traités

Parallèlement, la Grande-Bretagne s’emploie à fixer les frontières de la colonie par des traités bilatéraux. En 1859, l’Angleterre et le Guatemala signent la convention dite Wyke-Aycinena, qui définit la frontière ouest le long d’une ligne allant de la rivière Sarstoon à Garbutt’s Falls sur le fleuve Belize, puis vers le nord jusqu’à la frontière mexicaine. L’article VII du traité promet aussi la construction d’une route reliant la ville de Guatemala à la côte caraïbe près de Belize, mais ce projet n’aboutira jamais et deviendra plus tard un argument central dans les revendications guatémaltèques.

Attention :

Les frontières nord (avec le Mexique) et sud (avec le Guatemala) de British Honduras ont été formellement établies par des traités en 1897 et par la reconnaissance de la rivière Sarstoon. Cependant, dans la pratique, le Guatemala conteste toujours la frontière sud, considérant le traité de 1859 comme nul en raison de l’échec de la construction d’une route stipulée.

Un empire du bois concentré entre quelques mains

Sur le plan économique, la colonie reste dominée par l’exploitation forestière. Une poignée de grandes compagnies s’assurent le contrôle de la plupart des terres. La plus emblématique est la Belize Estate and Produce Company, issue de la British Honduras Company créée en 1859. Cette entreprise londonienne finit par posséder environ la moitié de toutes les terres privées, soit environ 1,25 million d’acres, et contrôle une grande part de l’activité économique. Autour de 1890, une poignée de négociants, souvent d’origine écossaise ou allemande, domine le commerce.

Bon à savoir :

À la fin du XIXᵉ siècle, l’économie connaît un court boom basé sur l’acajou, puis se diversifie avec le cèdre espagnol, le bois de rose et la sève de sapotillier (chicle) pour le chewing-gum. Aucun de ces produits ne permet un développement équilibré. La crise de 1929 et l’effondrement de la demande en bois et en chicle plongent ensuite la colonie dans une profonde récession.

Crises, ouragans et naissance de la politique de masse

Deux catastrophes marquent durablement la première moitié du XXᵉ siècle. La première est économique : la Grande Dépression des années 1930 entraîne l’arrêt des contrats forestiers, le chômage massif et la misère dans les camps d’abattage. Les bûcherons reçoivent des rations alimentaires de piètre qualité et des bons de magasins au lieu de salaires, ce qui les rend totalement dépendants des compagnies.

1000

Nombre de personnes tuées par l’ouragan qui a dévasté Belize Town le 10 septembre 1931.

L’émergence des mouvements ouvriers et nationalistes

Dans ce contexte, une contestation sociale inédite se structure. Dès 1934, des manifestations, des grèves et des émeutes éclatent, souvent conduites par des militants créoles. Antonio Soberanis Gómez, figure emblématique de cette période, fonde l’Association des ouvriers et chômeurs (Labourers and Unemployed Association, LUA), qui réclame emplois, salaires décents et droits politiques. Réprimé, emprisonné, Soberanis contribue pourtant à faire bouger les lignes.

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Le pourcentage de la population concerné par la réintroduction timide de la franchise électorale en 1935.

La situation bascule en 1949, lorsque la dévaluation de la monnaie coloniale – le dollar de British Honduras – déclenche une nouvelle vague de colère. Une organisation, le People’s Committee, se forme autour de jeunes militants, dont George Price, Philip Goldson et d’autres futurs leaders. De ce noyau naît, en 1950, le Parti uni du peuple (People’s United Party, PUP), qui va dominer la scène politique pour plusieurs décennies.

En 1954, pour la première fois, des élections générales ont lieu au suffrage universel pour tous les adultes sachant lire et écrire. Le PUP remporte huit des neuf sièges en jeu avec plus de 66 % des voix. Les femmes obtiennent, à cette occasion, le droit de vote. Un cycle de décolonisation politique s’ouvre.

Vers l’autonomie puis l’indépendance : British Honduras devient Belize

Après cette victoire, le PUP, sous la direction grandissante de George Price, oriente son combat vers l’autonomie interne puis la pleine indépendance. En 1964, une nouvelle constitution accorde à British Honduras l’autogouvernement interne : un cabinet de ministres, conduit par un Premier ministre (titre que Price portera dès 1965), exerce le pouvoir sur les affaires intérieures, tandis que Londres conserve formellement la main sur la défense, les affaires étrangères et la sécurité.

Bon à savoir :

Après l’ouragan Hattie en 1961, la colonie construit une nouvelle capitale à l’intérieur des terres, Belmopan, inaugurée en 1970. En 1973, le changement de nom de British Honduras en Belize entérine cette émancipation symbolique, bien que les liens avec le Royaume-Uni subsistent.

L’obstacle majeur : la revendication territoriale du Guatemala

Sur la route de l’indépendance se dresse pourtant un obstacle de taille : la revendication guatémaltèque sur une grande partie, voire la totalité, du territoire. Le Guatemala moderne, issu de la dissolution de la Fédération centraméricaine, considère qu’il a hérité de la souveraineté espagnole sur la région. Il remet en cause la validité du traité de 1859, qu’il présente tantôt comme un contrat de cession conditionné à la construction d’une route jamais réalisée, tantôt comme nul et non avenu du fait de la non-exécution de cette clause.

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La constitution guatémaltèque de 1945 proclame le Belize comme son 23e département.

À partir de 1975, le gouvernement de George Price choisit d’internationaliser la question. Il cherche des soutiens au sein du Commonwealth, du Mouvement des non-alignés et surtout à l’Organisation des Nations unies. Plusieurs pays latino-américains – Panama du général Torrijos, le Mexique de López Portillo, le Nicaragua sandiniste – se rangent derrière la cause belizienne. En 1980, une résolution de l’Assemblée générale de l’ONU appelle explicitement à l’indépendance de Belize avec son intégrité territoriale préservée, sans opposition au vote.

21 septembre 1981 : naissance d’un nouvel État

Malgré l’absence d’accord définitif avec Guatemala, Belize décide de franchir le pas. Le 26 juillet 1981, le Premier ministre George Price annonce que l’indépendance sera proclamée en septembre, au milieu d’un climat tendu, marqué par des émeutes, un état d’urgence et le rejet d’un document de compromis, les Heads of Agreement, initialé quelques mois plus tôt mais jamais ratifié.

Exemple :

Dans la nuit du 20 au 21 septembre 1981 à Belmopan, le drapeau du Belize remplace le drapeau britannique lors d’une cérémonie avec le Prince Michael de Kent. Cette indépendance, effective par le *Belize Act 1981*, est suivie de l’admission du pays à l’ONU quatre jours plus tard. Le Guatemala, seul opposant au vote, ne reconnaîtra la souveraineté belizienne qu’en 1991.

Le nouveau pays adopte une constitution parlementaire de type Westminster : une monarchie constitutionnelle dont le chef d’État est le roi du Royaume-Uni, représenté par un gouverneur général, et un Premier ministre issu de la majorité parlementaire. Le système multipartite est dominé par deux grandes formations : le PUP de George Price et l’United Democratic Party (UDP), fondé en 1973. Dans les premières années, environ 1 500 soldats britanniques restent stationnés dans le pays pour dissuader toute aventure guatémaltèque.

Après l’indépendance : consolidation, crises et enjeux frontaliers persistants

Les premières décennies d’indépendance sont marquées par une alternance politique et par la poursuite, sous d’autres formes, du contentieux territorial avec le Guatemala. En 1984, l’UDP de Manuel Esquivel remporte les élections, mettant fin à plus de trente ans de domination du PUP. Price reviendra au pouvoir en 1989, avant d’être lui-même remplacé par Esquivel en 1993, puis par Said Musa (PUP) en 1998, Dean Barrow (UDP) en 2008 et John Briceño (PUP) en 2020.

Sur le plan sécuritaire, le Royaume-Uni retire progressivement ses troupes : l’unité de combat permanente quitte Belize en 1994, ne laissant qu’un dispositif d’entraînement. Sur le plan économique, le pays tente de diversifier ses revenus, passant du bois et du sucre à un panier comprenant les agrumes, la banane, le tourisme (notamment de plongée sur la barrière de corail, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1996) et, plus récemment, le pétrole découvert au début des années 2000.

Un différend frontalier désormais entre les mains de la Cour internationale de justice

La question territoriale avec le Guatemala, loin de disparaitre, prend une nouvelle tournure au XXIᵉ siècle. Après des décennies de pourparlers, de médiations de l’Organisation des États américains (OEA) et de heurts ponctuels à la frontière – parfois meurtriers –, les deux pays finissent par s’entendre, en 2008, sur un mécanisme de règlement judiciaire. Ils signent un accord spécial prévoyant la saisine de la Cour internationale de justice (CIJ), à condition d’obtenir l’approbation populaire via des référendums.

55,4

Pourcentage des électeurs de Belize ayant voté en faveur de la saisine de la Cour internationale de Justice en mai 2019.

Du point de vue belizien, il s’agit de faire valoir le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, le principe de l’uti possidetis juris (maintien des frontières coloniales au moment de l’indépendance) et la validité des traités frontaliers du XIXᵉ siècle. Guatemala, lui, insiste sur la prétendue nullité du traité de 1859 et sur l’héritage de droits espagnols. Si de nombreux analystes estiment probable une décision favorable à Belize, l’enjeu reste crucial : la revendication guatémaltèque porte sur près de 53 % du territoire continental belizien et concerne plus de 40 % de sa population.

Une société toujours en recomposition

Pendant ce temps, la société belizienne poursuit sa transformation. Le pays reste le moins peuplé d’Amérique centrale, avec environ 397 000 habitants pour près de 23 000 km². Mais sa composition ethnique a changé : là où les Créoles constituaient la majorité absolue au moment de l’indépendance, ils représentent aujourd’hui environ un quart de la population, du fait d’une importante émigration (surtout vers les États-Unis) et d’une immigration en provenance des pays voisins, notamment durant les conflits civils des années 1980.

4

Les Garifuna représentent environ 4 % de la population du Belize et célèbrent chaque année leur arrivée lors du Garifuna Settlement Day.

Le tableau ci-dessous résume, de manière indicative, quelques jalons clés de la trajectoire politique du pays depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Année (repère)Événement politique majeurEffet sur l’évolution de Belize
1949Dévaluation de la monnaie et création du People’s CommitteeNaissance du mouvement nationaliste moderne
1950Fondation du Parti uni du peuple (PUP)Structuration durable du système de partis
1954Première élection au suffrage universel (adulte lettré)Victoire éclatante du PUP, femmes obtiennent le droit de vote
1964Autogouvernement interne accordé par LondresGeorge Price devient chef du gouvernement de facto
1973Changement de nom de British Honduras en BelizeAffirmation symbolique d’une identité nationale distincte
1981Indépendance de Belize, maintien de troupes britanniquesNaissance d’un État souverain, différend frontalier non résolu
1984Victoire de l’UDP, Manuel Esquivel Premier ministrePremière alternance politique depuis l’époque coloniale
1991Reconnaissance officielle par le GuatemalaNormalisation partielle des relations bilatérales
2008–2019Accord spécial et référendums sur le recours à la CIJInternationalisation juridique du conflit territorial
2020Retour du PUP, John Briceño Premier ministrePoursuite d’une alternance bipartite bien ancrée

Un pays façonné par la longue durée

L’histoire du pays à Belize ne se laisse pas réduire à une anecdote coloniale tardive ou à la seule question de ses frontières contestées. Elle s’inscrit dans une longue durée où se succèdent et s’imbriquent plusieurs mondes : celui des cités mayas et de leurs réseaux commerciaux ; celui des empires ibérique et britannique et de leurs compromis territoriaux ; celui des peuples déplacés – Africains réduits en esclavage, Garifuna exilés, Mayas réfugiés des guerres de caste, migrants centraméricains fuyant les conflits du XXᵉ siècle.

Aujourd’hui encore, cette stratification historique se manifeste dans le paysage : ruines monumentales enfouies dans la forêt tropicale, villages mayas à l’agriculture de milpa, cités côtières créoles, communautés garifuna tournées vers la mer, champs de canne à sucre et de citrus hérités de cycles agricoles plus récents, stations balnéaires orientées vers le tourisme et la plongée sur la deuxième plus grande barrière de corail du monde. Elle se lit aussi dans les institutions politiques, calquées sur le modèle Westminster mais adaptées à un contexte caribéen et centraméricain, et dans une diplomatie constamment attentive à l’équilibre avec ses voisins.

La trajectoire belizienne illustre, à sa manière, le défi de transformer un espace longtemps exploité comme arrière-cour forestière en un État souverain, soucieux de concilier développement, pluralisme culturel et préservation de son patrimoine – qu’il soit naturel, comme la barrière de corail, ou culturel, comme les vestiges mayas et les héritages créoles et garifuna. Dans ce petit pays, l’histoire ancienne et la politique contemporaine restent intimement liées : ce qui se joue devant la Cour internationale de justice à propos d’une frontière fixée au XIXᵉ siècle prend racine dans les décisions, les conflits et les compromis qui, depuis l’époque de Caracol et de Lamanai, ont fait de ce territoire un carrefour aussi convoité que résilient.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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