S’expatrier à Belize, que ce soit pour y travailler, investir, passer sa retraite ou simplement diversifier son patrimoine, implique de repenser entièrement sa gestion bancaire. Le pays est l’un des centres financiers offshore les plus connus d’Amérique centrale et des Caraïbes, avec un cadre légal particulier, une monnaie arrimée au dollar américain et un système bancaire scindé entre banques domestiques et banques internationales.
Avant d’ouvrir un compte ou de transférer des fonds, il est essentiel de comprendre le paysage financier local. L’objectif est de construire une stratégie complète de gestion financière internationale adaptée à votre statut d’expatrié, et non pas simplement de choisir une banque.
Un environnement bancaire offshore… sous haute surveillance
Belize est souvent présenté comme une juridiction offshore attractive. La réalité est plus nuancée, mais les fondamentaux restent solides pour les expatriés.
Le pays fonctionne sur un système de common law d’inspiration britannique, avec une stabilité politique notable et un cadre réglementaire spécifique pour les activités financières. La devise officielle, le Belize Dollar (BZD), est indexée de manière fixe sur le dollar américain au taux de 2 BZD pour 1 USD. Cette parité est défendue par d’importantes réserves de devises, ce qui limite le risque de dévaluation brutale pour les expatriés qui détiennent des actifs en BZD.
Ratio de liquidité minimum imposé aux banques par la Central Bank of Belize, un niveau bien supérieur à celui de nombreuses institutions nord-américaines ou européennes.
Depuis quelques années, Belize a renforcé sa coopération internationale. Le pays est membre de la Caribbean Financial Action Task Force (CFATF) et affirme avoir atteint un « gold standard status » en matière de lutte contre le blanchiment. Il a signé un accord intergouvernemental (IGA) avec les États‑Unis pour l’application de FATCA et applique également la norme d’échange automatique d’informations CRS pour de nombreux résidents fiscaux étrangers.
Pour un expatrié, cela signifie deux choses : la confidentialité bancaire reste protégée par le droit local, mais elle s’exerce désormais dans le cadre des obligations internationales de transparence fiscale.
Un système à deux vitesses : banques domestiques et banques internationales
La particularité de Belize est de distinguer clairement les banques orientées vers l’économie locale et les établissements tournés vers la clientèle internationale.
Les banques domestiques opèrent en BZD, gèrent principalement les salaires, crédits, paiements et dépôts des résidents et entreprises locales. On y retrouve notamment Belize Bank (branche domestique), Atlantic Bank, Heritage Bank (dans sa composante locale) ou encore les entités issues de l’ancienne Scotiabank Belize. Elles sont centrales pour l’expatrié qui vit sur place, paie ses factures en BZD et a besoin de moyens de paiement locaux.
Les banques internationales, comme Caye International Bank, Belize Bank International et Heritage International Bank & Trust, constituent le cœur de la gestion de patrimoine pour les non-résidents et les structures offshore. Elles opèrent principalement en devises fortes (USD, EUR, GBP, CAD, CHF) et proposent des services d’épargne, de comptes multi-devises, et parfois d’investissement ou de financement immobilier à l’international.
Le tableau ci‑dessous donne une vue synthétique de quelques établissements clés cités dans les sources :
| Banque / Type | Licence & statut | Clientèle cible principale | Devises proposées (indicatif) | Point notable pour expatriés |
|---|---|---|---|---|
| Belize Bank Limited (domestique) | Banque domestique | Résidents, salariés, commerces locaux | BZD, USD (selon produits) | Compte « Full Access » avec frais très faibles pour usage local |
| Belize Bank International | Banque internationale, licence Class A | Non‑résidents, sociétés étrangères, IBC | USD, CAD, EUR, GBP | Historique, réseau de correspondants, exigence de dépôt minimum élevé |
| Caye International Bank | Banque internationale, licence Class A | Non‑résidents, clientèle offshore, IBC, HNWI | USD, CAD, EUR, GBP, CHF | Multi‑devises, forte liquidité, forte orientation expat et patrimoine |
| Heritage Bank / Heritage International | Banque domestique + internationale | Locaux et non‑résidents | BZD, USD, CAD, EUR, GBP | Banque très digitalisée, services en ligne avancés |
| Atlantic Bank / Atlantic International | Banque domestique + internationale | Commerces, PME, particuliers | BZD, devises étrangères (selon produits) | Bon support des problématiques FATCA, services marchands (POS, e‑com) |
Cette dualité impose à l’expatrié de raisonner en termes de « combinaison de comptes » plutôt qu’en recherchant une seule banque miracle : un compte local pour la vie quotidienne en BZD, et un ou plusieurs comptes internationaux pour la gestion patrimoniale en devises.
Ouvrir un compte en tant qu’expatrié : conditions, documents, délais
L’un des atouts majeurs du système bancaire belizien est la possibilité, dans de nombreux cas, d’ouvrir un compte à distance. Pour un expatrié qui prépare son installation ou cherche à diversifier ses avoirs, pouvoir finaliser l’ouverture par courrier électronique, vidéo‑appel et envoi de documents certifiés est un avantage indéniable.
Il ne faut toutefois pas sous‑estimer la rigueur des procédures Know Your Customer (KYC) et Anti‑Money Laundering (AML). Les banques beliziennes demandent en général un ensemble de pièces très complet, même pour un simple compte individuel.
Les documents typiquement requis pour un expatrié non‑résident incluent : la preuve d’identité, le contrat de travail, la preuve de résidence, les documents fiscaux, et les certificats de naissance.
L’ouverture d’un compte bancaire à Belize nécessite un dossier complet incluant : un passeport valide et une seconde pièce d’identité avec photo ; un justificatif de domicile récent (ou un formulaire ‘proof of occupancy’ si le document n’est pas au nom du demandeur) ; une ou plusieurs lettres de référence bancaire récentes ; un justificatif de revenus ou de provenance des fonds ; un formulaire expliquant l’objet du compte et l’intérêt pour Belize ; et, pour certains profils, une lettre de référence personnelle d’un citoyen ou résident permanent de Belize.
Pour une société (y compris une International Business Company – IBC ou Belize Business Company), les banques ajoutent à cette base : certificat de constitution, statuts, certifcat de bonne situation, registres des actionnaires et administrateurs, résolutions du conseil autorisant l’ouverture du compte, description détaillée de l’activité, de la clientèle et des flux attendus.
Les banques exigent de plus en plus que les documents fournis soient certifiés conformes (notarisés ou apostillés), et peuvent même requérir une vérification d’identité par visioconférence. Le processus d’instruction n’est pas instantané : la plupart des établissements indiquent un délai moyen de 2 à 3 semaines après la réception d’un dossier complet. Toutefois, certains cas plus sensibles peuvent nécessiter un délai supplémentaire.
À noter que se présenter physiquement à Belize ne garantit pas l’ouverture : au mieux, cela accélère certains échanges, mais la décision reste conditionnée au profil de risque (pays d’origine, secteur d’activité, volume prévu, statut fiscal, etc.).
Combien ça coûte réellement de bancariser son expatriation à Belize ?
Le coût global d’une stratégie bancaire à Belize ne se limite pas aux frais mensuels. Il faut intégrer les dépôts minimums, les frais d’ouverture, les coûts de conformité (notamment pour les Américains), les frais de transferts internationaux, de change et parfois les pénalités en cas d’inactivité.
On peut schématiser les ordres de grandeur suivants pour un expatrié non‑résident ouvrant un compte dans une banque internationale :
| Type de frais / exigence | Fourchette typique pour non‑résident | Exemples chiffrés tirés des banques beliziennes |
|---|---|---|
| Dépôt initial minimum (compte individuel) | 500 à 5 000 USD | 2 000 USD chez Caye International Bank, 3 000 USD chez Heritage, 4 000 USD chez Belize Bank International |
| Frais d’ouverture / d’application | 0 à 200 USD | 175 USD chez Caye International Bank, 50 USD pour soumettre un dossier à la Central Bank (certains cas) |
| Frais de tenue de compte mensuels | 15 à 30 USD | 14,50 USD chez Caye International Bank, 25 USD chez Heritage, 30 USD chez Belize Bank International |
| Frais spécifiques FATCA (US persons) | 150 à 250 USD par an | 150 USD chez Heritage, 250 USD chez Caye International Bank |
| Virements SWIFT entrants | Jusqu’à 40 USD par opération | Montants maximum mentionnés pour les banques du pays |
| Virements SWIFT sortants | Jusqu’à 90 USD par opération | Montants maximum observés |
| Retraits DAB internationaux | En général 2 % au‑delà d’un certain seuil | 2 % au‑delà de 2 500 USD pour certains retraits à l’étranger |
Pour les comptes purement locaux en BZD (par exemple le compte « Full Access » de Belize Bank destiné aux salariés), les montants sont bien plus modestes : dépôt d’ouverture à partir de 20 BZD avec lettre d’emploi, frais mensuels de l’ordre de 1,50 BZD et frais de retrait au guichet de 4 BZD.
Les coûts annexes à prévoir lors de l’ouverture et de la gestion d’un compte bancaire à l’étranger.
Voyage sur place si une visite physique à la banque est exigée pour l’ouverture du compte.
Honoraires de notaire ou de cabinet spécialisé pour certifier les documents requis par la banque.
Coût des conseils dans le pays d’origine pour bien déclarer ses avoirs offshore (ex : FBAR, Form 8938 pour les contribuables américains).
Choisir entre banques domestiques et internationales : stratégie pratique pour un expatrié
La manière d’utiliser le système bancaire belizien varie beaucoup selon votre profil : retraité du Qualified Retirement Program (QRP), salarié détaché, indépendant en ligne, investisseur immobilier ou propriétaire d’une société internationale.
Un expatrié qui vit à Belize et y paie son loyer, ses courses et ses factures d’électricité en BZD a tout intérêt à détenir au moins un compte local dans une banque domestique. C’est souvent un prérequis pour certains contrats (abonnements, crédits locaux, salaires versés par un employeur belizien) et cela permet d’éviter les frais liés aux retraits fréquents sur une carte étrangère.
Un ou plusieurs comptes en devises dans une banque internationale peuvent servir de « coffre‑fort » pour l’épargne à moyen et long terme, les investissements internationaux ou la gestion d’une IBC. Les intérêts versés sur ces comptes sont souvent supérieurs à ceux des banques domestiques pour les dépôts en USD, et la fiscalité belizienne n’impose pas les revenus de source étrangère.
Banque internationale
Pour un retraité QRP, la loi exige de déposer au moins 24 000 USD par an dans une institution financière belizienne. Il est donc logique de combiner un compte local pour les dépenses du quotidien et un compte international pour stocker le reste des fonds, éventuellement en plusieurs devises.
Enfin, pour un entrepreneur qui crée une société offshore, la banque internationale servira à la fois de compte opérationnel (encaissement de clients, paiement de fournisseurs) et d’outil de gestion de trésorerie. Certaines banques sont plus ouvertes que d’autres à des secteurs comme le e‑commerce ou les services en ligne, mais plusieurs industries restent sous haute surveillance (cryptomonnaies, adulte, armement).
Étude de cas : Caye International Bank, Heritage et Belize Bank International
Parmi les banques internationales de Belize, trois établissements reviennent souvent dans les solutions proposées aux expatriés : Caye International Bank, Heritage International Bank et Belize Bank International.
Caye International Bank, basée à San Pedro, est spécialisée dans les services bancaires offshore pour une clientèle majoritairement non-résidente. Elle propose des comptes multi-devises, de l’épargne, de la gestion de patrimoine, des investissements (métaux précieux inclus) et des financements immobiliers. L’ouverture de compte est possible à distance avec un dépôt initial d’environ 2 000 USD et des frais mensuels d’environ 14,50 USD. Les citoyens américains doivent prévoir une redevance annuelle supplémentaire pour la conformité FATCA. La banque détient une licence internationale de type Class A et maintient un ratio de liquidité élevé (≥24 %).
Heritage International Bank & Trust, adossée à Heritage Bank, met davantage l’accent sur les services digitaux : banque en ligne 24/7, banque mobile, paiements de factures, e‑payroll, etc. Pour un expatrié technophile, cette approche est attractive. Les dépôts minimums pour un compte non‑résident tournent autour de 3 000 USD, avec des frais mensuels proches de 25 USD. L’établissement propose des cartes MasterCard (débit et crédit) et facture des frais supplémentaires aux Américains pour la gestion des obligations FATCA.
La Belize Bank International s’adresse aux non-résidents et aux sociétés étrangères, avec un dépôt minimum de 4 000 USD et des frais mensuels d’environ 30 USD. Elle propose des comptes multidevises, des transferts internationaux et des services aux entreprises. Pour une carte de paiement plus flexible au Belize, il peut être utile de combiner ce compte international avec un compte domestique du même groupe.
Pour un expatrié, le choix entre ces banques repose moins sur une différence radicale de sécurité (elles sont toutes sous la tutelle de la Central Bank et soumis aux mêmes ratios de liquidité) que sur des critères pratiques : seuils de dépôt, palette de devises, ergonomie de la banque en ligne, types de cartes disponibles, appétit pour certains profils de clientèle, et qualité du support à distance.
Gestion quotidienne : cartes, retraits, virements et problèmes fréquents
Une fois le compte ouvert, la réalité de la gestion quotidienne de ses finances à Belize se mesure aux guichets automatiques, aux frais de carte et aux heures d’ouverture des agences.
Les DAB sont présents dans la plupart des villes et sur les îles principales, mais les témoignages signalent qu’ils peuvent être à court de cash lors des périodes de forte affluence (fêtes, longs week‑ends). Des problèmes techniques avec certaines puces de cartes étrangères ne sont pas rares. Les frais à l’utilisation varient d’une banque à l’autre : Scotiabank (avant sa vente) facturait par exemple 8 BZD par retrait, Belize Bank applique une combinaison forfait + pourcentage, tandis qu’Atlantic Bank ne prélève aucun « convenience fee » sur ses DAB.
Pour limiter les frais, les expatriés ont intérêt à ouvrir un compte local avec une carte belizienne et à effectuer des transferts réguliers depuis l’étranger, plutôt que d’utiliser fréquemment leur carte d’origine. Certains voyageurs optent pour des cartes étrangères remboursant les frais de retrait, mais cela ne compense pas les marges appliquées sur le taux de change.
Les virements internationaux passent par le réseau SWIFT. Les frais sont parfois élevés (jusqu’à 90 USD pour un envoi sortant, autour de 40 USD pour un crédit entrant). Les services de transfert spécialisés (Wise, Xoom, Western Union, MoneyGram, Remitly, etc.) peuvent s’avérer plus compétitifs pour acheminer de petites sommes à fréquence régulière, avec des commissions fixes réduites et des taux de change plus transparents. Cependant, depuis 2017, les autorités beliziennes ont également encadré les transferts de faible montant via ces canaux, imposant par exemple des plafonds au‑delà desquels l’approbation de la Central Bank est requise.
Le système APSSS (Automated Payment and Securities Settlement System) permet aux clients des banques et coopératives de crédit d’effectuer des virements électroniques nationaux. Par exemple, Heritage offre sur sa plateforme la possibilité de régler directement des factures (électricité, téléphone, assurances), des crédits ou des abonnements.
Fiscalité : territorialité, absence d’impôt sur le capital, mais obligation de déclarer dans le pays d’origine
L’un des attraits historiques de Belize pour les expatriés est son régime fiscal. Le pays fonctionne selon un principe de territorialité : seules les revenus de source belizienne sont imposables. Les revenus de pension, de salaires, d’intérêts, de dividendes ou de plus‑values provenant de l’étranger ne sont pas taxés localement, y compris lorsqu’ils transitent sur un compte belizien.
Il n’existe pas d’impôt sur la fortune, ni d’impôt sur les successions, ni de taxation des plus-values pour les non-résidents. Les entreprises sont généralement imposées à 25% sur leurs profits locaux, mais celles tournées exclusivement vers l’export peuvent bénéficier de régimes allégés, sous condition de respecter les nouvelles règles sur la substance économique et les obligations de déclaration.
Pour un expatrié, l’essentiel des enjeux fiscaux se situe souvent dans son pays d’origine. Un citoyen américain, par exemple, reste imposable sur ses revenus mondiaux et doit déclarer ses comptes beliziens à travers le FBAR (FinCEN 114), le formulaire FATCA (Form 8938) et, le cas échéant, les formulaires relatifs aux sociétés étrangères (5471, 926, 3520, etc.). D’autres États appliquent également des règles de transparence très strictes pour les comptes offshore, notamment dans l’Union européenne.
Avoir un compte à Belize n’est donc pas un outil d’évasion fiscale, mais plutôt un levier de diversification, de protection d’actifs et, dans certains cas, d’optimisation dans le cadre légal des conventions fiscales et régimes territoriaux. La prudence impose d’obtenir un avis fiscal dans sa juridiction de résidence avant de déplacer des sommes importantes.
Protection d’actifs : IBC, trusts et confidentialité encadrée
Belize ne se contente pas d’offrir des comptes bancaires offshore : le pays propose une panoplie de véhicules juridiques destinés à la protection patrimoniale, souvent combinés avec un compte dans une banque internationale.
Les International Business Companies (désormais intégrées dans le statut plus large de Belize Business Companies) servent fréquemment de sociétés holdings ou de véhicules d’investissement internationaux. Elles peuvent ouvrir des comptes bancaires en leur nom auprès des banques internationales beliziennes, recevoir des dividendes, encaisser des ventes d’actifs, facturer des prestations et gérer des portefeuilles.
Les lois béliziennes sur les trusts et les LLC offrent une protection avancée contre les créanciers. Les tribunaux locaux ne reconnaissent généralement pas les jugements étrangers contre ces entités, peuvent exiger un dépôt de garantie important pour initier une procédure, et restreignent les mesures de gel d’actifs. Une structure courante combine une LLC (détentrice des comptes ou actifs) et un trust bélizien, formant ainsi un bouclier efficace contre les litiges civils, les divorces ou certaines actions de recouvrement.
Du côté de la confidentialité, la loi impose aux banques et aux prestataires financiers de protéger les informations sur les titulaires de comptes. Les violations peuvent être sanctionnées par des amendes et même des peines de prison. Toutefois, cette confidentialité n’est pas absolue : elle ne tient pas face aux investigations pénales locales ou aux demandes d’information légitimes dans le cadre de FATCA, CRS ou d’accords d’échange de renseignements fiscaux (TIEA). Pour un expatrié respectueux de ses obligations fiscales, cette combinaison de discrétion et de légalité constitue un compromis recherché.
Risques et limites : petite taille du système, sélection des clients et industries sensibles
Même si Belize affiche une bonne stabilité et des exigences réglementaires élevées, ce n’est pas une place financière géante. Le nombre de banques licencees est limité (quatre domestiques, trois internationales) et plusieurs établissements ont déjà dû gérer des changements dans leurs relations de correspondants à l’étranger, avec à la clé des délais ou des surcoûts sur certains flux.
La petite taille du système bancaire de Belize concentre les risques, le rendant plus vulnérable en cas de crise de liquidité globale. Malgré des ratios de liquidité élevés et des inspections renforcées, il est conseillé aux expatriés de ne pas sur-concentrer leurs avoirs dans une seule juridiction.
Les banques pratiquent également une politique de sélection stricte de la clientèle. Certaines nationalités ou résidences peuvent être exclues en raison de sanctions internationales, de listes noires ou de l’évaluation du risque pays. Les secteurs considérés comme sensibles – cryptomonnaies, adulte, armes, jeux en ligne non régulés – rencontrent souvent des refus systématiques. Même les activités parfaitement légales, mais jugées « compliquées » en termes de conformité, peuvent être écartées par prudence.
Belize n’est pas un centre de banque privée comparable à la Suisse ou Singapour. Les services pour très grandes fortunes (produits dérivés sophistiqués, plateformes de gestion d’actifs intégrées, trading ultra-personnalisé) y sont limités. La plupart des expatriés n’en sont pas affectés, mais il est important d’ajuster ses attentes en conséquence.
Intégrer Belize dans une stratégie globale de gestion financière d’expatrié
Utiliser les banques de Belize pour gérer ses finances en tant qu’expatrié ne doit pas se faire en vase clos. Le pays peut jouer plusieurs rôles dans une architecture patrimoniale internationale :
– Compte courant local en BZD pour la vie quotidienne sur place (logement, factures, courses).
– Compte en devises fortes dans une banque internationale pour l’épargne, la retraite ou les investissements.
– Compte de société (IBC/BBC) pour les activités commerciales ou d’investissement mondiales, avec éventuelle connexion à des placements dans d’autres juridictions.
– Compte lié à un trust ou une LLC pour la protection à long terme du patrimoine familial.
L’enjeu consiste à articuler ces pièces avec les obligations fiscales et bancaires dans le pays d’origine ou de résidence fiscale : déclarations de comptes, choix des emplacements de détention des actifs, gestion des risques de change et de contrepartie.
Belize se distingue par son mélange d’accessibilité (ouverture de comptes à distance avec des montants d’entrée relativement modestes), de stabilité (peg au dollar, ratio de liquidité, supervision stricte) et de flexibilité juridique (territorialité fiscale, écosystème IBC/trusts, protection des actifs). À condition d’accepter les contraintes de conformité et de bien cadrer la dimension fiscale, un expatrié peut y trouver un outil efficace pour structurer sa gestion financière à l’international tout en vivant ou en investissant à Belize.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour s’installer au Belize afin d’optimiser sa charge imposable, diversifier ses investissements en Amérique centrale et dans les Caraïbes, tout en gardant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal international, formalités administratives, relocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Portugal, Panama, Costa Rica, Belize), la stratégie retenue a consisté à cibler le Belize pour sa fiscalité territoriale (imposition principalement sur les revenus de source locale), l’absence d’impôt sur la fortune, un coût de vie inférieur à la France et un environnement anglophone. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, conventions fiscales), obtention d’un permis de résidence pour retraité, structuration bancaire internationale, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local (avocat, immigration, comptable bilingue) et intégration patrimoniale (analyse et adaptation des structures existantes).
Vous souhaitez vous expatrier à l'étranger : contactez-nous pour des offres sur mesure.
Décharge de responsabilité : Les informations fournies sur ce site web sont présentées à titre informatif uniquement et ne constituent en aucun cas des conseils financiers, juridiques ou professionnels. Nous vous encourageons à consulter des experts qualifiés avant de prendre des décisions d'investissement, immobilières ou d'expatriation. Bien que nous nous efforcions de maintenir des informations à jour et précises, nous ne garantissons pas l'exhaustivité, l'exactitude ou l'actualité des contenus proposés. L'investissement et l'expatriation comportant des risques, nous déclinons toute responsabilité pour les pertes ou dommages éventuels découlant de l'utilisation de ce site. Votre utilisation de ce site confirme votre acceptation de ces conditions et votre compréhension des risques associés.
Découvrez mes dernières interventions dans la presse écrite, où j'aborde divers sujets.