Fiscalité à Belize pour les expatriés : impôt sur le revenu et taxe foncière passés au crible

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer ou investir à Belize attire de plus en plus d’expatriés, séduits par la langue anglaise, la common law britannique, le dollar belizien indexé au dollar américain et surtout par un environnement fiscal plutôt clément. Mais “clément” ne veut pas dire “inexistant”, et une mauvaise compréhension des règles peut coûter cher, en particulier sur l’impôt sur le revenu et la taxe foncière.

Bon à savoir :

Le système fiscal territorial de Belize est centré sur l’impôt sur le revenu et l’imposition immobilière (taxe foncière, droits de mutation, revenus locatifs). Des régimes spécifiques existent également pour les retraités.

Un système territorial : la clé pour comprendre la fiscalité belizienne

Belize applique un système de taxation dit “territorial”. Concrètement, ce n’est pas votre nationalité ni votre résidence fiscale mondiale qui comptent, mais l’origine géographique des revenus. Seuls les revenus ayant leur source à Belize entrent dans l’assiette fiscale belizienne. Les revenus de source étrangère sont en principe ignorés par l’administration, qu’il s’agisse de salaires, dividendes, pensions, intérêts ou plus-values réalisés à l’étranger.

S’ajoutent trois caractéristiques lourdes de conséquences pour un expatrié investisseur ou retraité :

12.5

Le taux de la taxe sur la consommation (GST) à Singapour, au cœur d’un système fiscal globalement allégé.

Ce cadre explique pourquoi Belize est régulièrement cité comme juridiction “low tax” ou assimilée à un paradis fiscal, même si le pays a durci son droit pour se conformer aux standards internationaux (échanges d’informations, substance économique, lutte contre l’évasion).

Résidence fiscale et obligations de déclaration

Avant même de parler de taux, il faut savoir si vous êtes considéré comme résident fiscal à Belize. La loi est assez simple : vous êtes résident fiscal si vous passez au moins 183 jours dans le pays au cours d’une année fiscale (du 1er janvier au 31 décembre), ou si vous êtes domicilié à Belize au sens du droit local.

Dans les faits, pour un expatrié : les défis d’adaptation culturelle, la gestion des finances et le maintien des liens avec le pays d’origine sont souvent des aspects cruciaux à considérer.

si vous vivez plus de la moitié de l’année à Belize, vous êtes réputé résident fiscal ;

si vous venez seulement quelques semaines, vous restez non-résident, mais pouvez tout de même être imposé sur certains revenus beliziens (loyers, activités, intérêts locaux, etc.).

Attention :

Toute personne, résidente ou non, ayant des revenus de source belizienne doit déposer une déclaration. Cette obligation concerne notamment les salariés, travailleurs indépendants, investisseurs, propriétaires bailleurs, et s’étend même à certaines personnes sans activité déclarée mais détenant des actifs ou des postes (ex. : directeurs, bénéficiaires de trusts) dans des sociétés beliziennes.

La date butoir pour le dépôt de la déclaration d’impôt des personnes physiques est fixée au 31 mars de l’année suivant l’exercice. En cas de non‑dépôt, la loi prévoit des pénalités administratives, des intérêts, et à l’extrême une amende pouvant aller jusqu’à 10 000 BZD ou une peine de prison.

Impôt sur le revenu des personnes physiques : un taux unique mais un seuil important

Belize applique un taux d’impôt sur le revenu particulièrement simple : 25 % sur la base imposable. Cependant, ce taux ne s’applique qu’au-delà d’un seuil qui exonère une part importante des revenus modestes. Pendant longtemps, ce seuil a été fixé à 26 000 BZD par an, soit environ 13 000 USD.

Autrement dit, un expatrié qui ne perçoit à Belize aucun revenu ou seulement des revenus inférieurs à ce seuil ne paie pas d’impôt sur le revenu belizien. Au‑delà, la mécanique combine abattements et taux unique de 25 %.

Le tableau ci‑dessous synthétise le fonctionnement classique des abattements personnels pour les revenus proches du seuil :

Tranche de revenu annuel (BZD)Abattement personnel approximatif (BZD)Taux sur la base imposable
Jusqu’à 26 000Exonération totale0 %
26 001 – 27 000Environ 24 60025 %
27 001 – 29 000Environ 22 60025 %
Au‑delà de 29 000Environ 19 600 (schéma antérieur)25 %

Des réformes récentes ont relevé le niveau d’exonération générale : la barre de non‑imposition a été portée autour de 29 000 BZD, avec un système de crédits ou reliefs supplémentaires pour les revenus légèrement supérieurs, puis un abattement fixe pour les revenus au‑delà d’un certain montant (par exemple 32 000 BZD). L’idée reste la même : protéger les bas salaires et concentrer l’impôt sur les revenus moyens et élevés.

Quels revenus sont imposables à Belize ?

Dans un système territorial comme celui de Belize, le critère n’est pas votre statut mais la source du revenu. Sont, en principe, soumis à l’impôt sur le revenu :

Exemple :

Selon la législation fiscale belizienne, plusieurs types de revenus sont considérés comme provenant de Belize et sont donc potentiellement imposables. Cela inclut : les salaires et traitements pour un emploi exercé à Belize ; les revenus professionnels et honoraires d’une activité indépendante ou commerciale sur place ; les loyers provenant de biens immobiliers situés à Belize (même si le propriétaire réside à l’étranger) ; et certains revenus de capitaux lorsqu’ils sont générés par des structures ou investissements basés à Belize.

À l’inverse, restent hors champ de l’impôt belizien :

un salaire reçu d’un employeur étranger pour un travail effectué hors de Belize ;

une pension de retraite versée par un régime étranger ;

– des dividendes, intérêts ou plus-values générés sur des placements à l’étranger ;

– des revenus logés dans une société étrangère sans lien d’activité avec Belize.

De manière explicite, les pensions et la sécurité sociale, y compris d’origine étrangère, ne sont pas imposées à Belize, ce qui est un atout majeur pour les retraités expatriés.

Déductions et allègements possibles

La base imposable n’est pas forcément égale à vos revenus bruts. Plusieurs dépenses peuvent être déduites lorsqu’elles sont directement liées à la génération du revenu : frais de réparation et d’entretien d’un bien loué, taxe foncière, assurance, intérêts d’emprunt immobilier, certaines charges professionnelles ou de gestion.

Astuce :

Des allègements plafonnés sont également prévus pour certaines situations spécifiques, permettant de bénéficier de réductions fiscales ou sociales dans la limite de montants déterminés par la réglementation en vigueur.

les dons à des œuvres de charité locales (plafonnés à quelques centaines de BZD) ;

la prise en charge de frais d’éducation pour un enfant qui n’est pas le vôtre (plafond spécifique par enfant).

Belize n’applique pas un barème progressif comme la France ou les États‑Unis : tout ce qui dépasse la zone de non‑imposition est taxé à 25 %. L’enjeu pour un expatrié consiste donc à rester, si possible, en dessous du seuil taxable pour ses revenus beliziens, ou à optimiser la structure (par exemple via un montage locatif ou une société).

Conséquences du non‑respect des obligations

L’administration fiscale belizienne n’hésite pas à sanctionner les retards ou omissions. Les intérêts de retard peuvent atteindre 1,5 % par mois sur l’impôt impayé après le 31 mars. Une pénalité de 3 % par mois de retard sur la déclaration peut s’ajouter, avec un minimum symbolique, mais les montants peuvent grimper rapidement dans le cas d’une activité de location ou d’entreprise.

En cas d’absence totale de déclaration, surtout si des revenus significatifs ont été perçus, la loi ouvre la porte à des amendes lourdes et même à des peines de prison, même si dans la pratique, les dossiers les plus graves (fraude manifeste, montage agressif) sont ciblés en priorité.

Revenus locatifs et business tax : l’autre face de l’impôt sur le revenu

Le mécanisme de taxation des revenus locatifs à Belize surprend souvent les étrangers : au lieu d’un impôt sur le revenu classique basé sur le bénéfice net, l’État prélève en principe une business tax sur le chiffre d’affaires locatif.

Pour un non‑résident qui encaisse des loyers à Belize, le schéma général est le suivant :

business tax de 3 % sur les loyers bruts, payée mensuellement ;

– ce prélèvement est, en pratique, souvent considéré comme définitif (pas de régularisation annuelle).

Déclaration des revenus locatifs

Options pour les propriétaires souhaitant intégrer leurs revenus locatifs dans leur déclaration d’impôt sur le revenu annuelle, avec déduction des charges.

Déclaration sur le bénéfice net

Intégrez vos revenus locatifs dans votre déclaration d’impôt sur le revenu annuelle, puis déduisez vos charges telles que la taxe foncière, l’entretien, les assurances et les intérêts d’emprunt.

Imputation de la taxe professionnelle

Imputez la business tax (taxe professionnelle) que vous avez déjà payée au cours de l’année sur le montant de l’impôt dû.

Le choix dépend de la structure de coût. Pour un bien très rentable avec peu de charges, le prélèvement de 3 % sur le brut reste compétitif. Pour un investissement lourd en charges (emprunt, copropriété chère, gestion), la voie du bénéfice net peut réduire la facture.

Dans le domaine des locations touristiques de courte durée, le paysage fiscal se complexifie encore :

une taxe hôtelière spécifique de 9 % sur les nuitées ;

une business tax additionnelle (1,75 % à 3 % selon la nature de l’activité).

Le propriétaire d’un Airbnb ou d’une villa de vacances doit donc non seulement déclarer des revenus locatifs, mais aussi s’inscrire dans la logique para‑hôtelière locale, avec collecte et reversement des taxes.

Taxe foncière : un paradis pour propriétaires, mais très variable selon les communes

Sur le papier, la taxe foncière à Belize paraît presque symbolique au regard des standards européens ou nord‑américains. Les données issues de cas concrets confirment qu’un expatrié propriétaire peut détenir un portefeuille immobilier important pour un coût fiscal annuel très faible.

Le système repose sur deux grandes couches :

1. une taxe nationale sur les terres (land tax) calculée sur la valeur non aménagée du terrain, généralement autour de 1 % ; 2. une taxe municipale sur la propriété bâtie, calculée sur une valeur locative ou une valeur de site, avec des taux variables selon les villes.

Taux et modes de calcul selon les zones

Chaque conseil municipal (City Council ou Town Board) fixe ses barèmes, ce qui explique les écarts entre Belize City, Belmopan ou les localités côtières. Quelques repères :

Zone / type de taxeBase de calculTaux indicatif
Land tax nationaleValeur de la terre non aménagéeEnviron 1 %
Belmopan (taxe municipale)Valeur de site évaluée par la ville2 %
Belize City (taxe municipale)Valeur évaluée par le Belize City Council2,5 %
Propriétés louées (certains barèmes)Valeur locative annuelle12,5 % (plafond)
Propriétés vacantes (certains barèmes)Valeur de marché ou valeur de site2 % (plafond)

Dans de nombreuses régions, l’assiette retenue par l’administration est très inférieure à la valeur de marché (parfois 10 à 30 % de celle‑ci), ce qui explique les montants annuels modestes.

Exemples réels de montants de taxe foncière

Les chiffres relevés sur différents biens illustrent le caractère “léger” de la taxe foncière à Belize :

Type de bienPrix approximatif (USD)Taxe foncière annuelle (USD)
Terrain intérieur 5 500 pi²56 000112,50
Terrain en front de mer 5 800 pi²269 000105
Condo 3 chambres, 1 700 pi²399 000500
Maison individuelle à Mahogany Bay90
Maison sur 1/3 acre à Santa Familia (Cayo District)335 0005
Lots résidentiels “classiques”variable15 à 150
Grandes surfaces agricoles (par acre)1 à 5 par acre

Ces chiffres, qui peuvent sembler presque irréels pour un investisseur venu d’Amérique du Nord ou d’Europe, tiennent à la combinaison de trois éléments : valeurs cadastrales faibles, taux modérés et absence d’impôt sur la fortune ou d’impôt complémentaire sur la détention.

Modalités de paiement, remises et sanctions

La taxe foncière est généralement due au 1er avril de chaque année. Certaines municipalités, comme Belize City, accordent des rabais importants en cas de paiement anticipé :

15 % de réduction pour un règlement en janvier ;

10 % pour février ;

5 % pour mars.

À cela s’ajoute souvent un rabais permanent pour les seniors (25 % de réduction pour les plus de 65 ans sur leur résidence principale, sous réserve de présenter une preuve d’identité et de régler la totalité de la taxe).

Rabais pour seniors sur la taxe foncière

Des intérêts de retard (environ 1 % par mois) frappent les montants non payés, et un cumul d’arriérés peut bloquer une vente ultérieure, le transfert de titre ou l’enregistrement d’un véhicule associé à la propriété (golf cart à Ambergris Caye, par exemple).

La plupart des villes permettent désormais un règlement :

en personne, aux guichets des conseils municipaux ou du Lands Department ;

– à distance via virement bancaire ou carte (par exemple à Ambergris Caye ou Belize City) ;

– par l’intermédiaire d’avocats, agences immobilières ou sociétés de gestion locative qui proposent le service de paiement pour le compte des propriétaires étrangers.

Droits de mutation (stamp duty) : le vrai coût fiscal d’une acquisition

Si l’impôt annuel sur la détention est faible, le ticket d’entrée fiscal à l’achat peut être significatif. Belize applique une taxe de mutation, appelée Stamp Duty ou Transfer Tax, due par l’acheteur lors de l’acquisition d’un bien immobilier ou foncier.

La règle de base est la suivante :

exonération sur la première tranche de 10 000 USD de valeur du bien ;

application d’un pourcentage sur le reste, généralement de l’ordre de 5 % à 8 % selon le statut de l’acheteur.

En pratique, les schémas les plus souvent rencontrés sont :

Profil de l’acheteurTaux de stamp duty sur la part > 10 000 USD
Citoyen belizien ou ressortissant CARICOM5 %
Étranger personne physique8 %
Étranger achetant via IBC (certains cas)environ 7 %

À ces droits s’ajoutent les coûts de transaction classiques :

2 à 5

Il s’agit de la fourchette de la commission de l’agent immobilier, exprimée en pourcentage du prix de vente, généralement à la charge du vendeur.

Globalement, un expatrié acheteur peut s’attendre à un coût de clôture (closing costs) total compris autour de 9 à 15 % du prix du bien, la part la plus importante étant la taxe de mutation.

Pour les constructions neuves, un GST de 12,5 % peut s’appliquer sur la vente, en principe intégré dans le prix par le promoteur. Il convient de vérifier la ventilation dans le contrat pour comprendre ce qui est réellement reversé au fisc.

Programmes pour retraités : le QRP, outil fiscal majeur pour les expatriés

Pour les expatriés retraités ou quasi‑retraités, Belize propose un dispositif très attractif : le Belize Qualified Retirement Program (QRP), administré par le Belize Tourism Board.

Conditions d’accès au QRP

Le QRP vise les retraités étrangers disposant de revenus réguliers en provenance de l’extérieur de Belize. Les conditions clés sont :

être âgé d’au moins 40 ans (la limite de 45 ans a été abaissée dans les textes récents) ;

– justifier d’un revenu de retraite régulier d’au moins 2 000 USD par mois, soit 24 000 USD par an, provenant d’une source étrangère ;

– s’engager par écrit à déposer ce revenu sur un compte bancaire à Belize ;

– passer une vérification de sécurité menée par le ministère de la Sécurité nationale ;

– séjourner au moins 30 jours consécutifs par an à Belize ;

– appartenir à une nationalité éligible (États‑Unis, Canada, pays du Commonwealth, Union européenne, plusieurs pays d’Asie‑Pacifique et d’Amérique du Sud, etc.).

Les citoyens beliziens âgés de plus de 40 ans et revenant vivre au pays peuvent aussi, dans certains cas, bénéficier du régime.

Le candidat peut inclure des ayants droit :

conjoint ;

enfants de moins de 18 ans ;

enfants jusqu’à 23 ans s’ils sont à l’université.

Avantages fiscaux du QRP

Une fois admis, le QRP offre un arsenal d’exemptions :

Bon à savoir :

Le programme de retraité qualifié du Belize offre une exonération permanente de tous les impôts locaux sur les revenus de source étrangère (salaires, pensions, dividendes, plus-values, etc.). Il permet également l’importation en franchise de droits des effets personnels dans la première année, ainsi que celle d’un véhicule, d’un bateau de plaisance ou d’un petit avion sous conditions.

Le point crucial pour un retraité étranger est que ses pensions et revenus de placement perçus hors de Belize ne seront pas frappés par l’impôt sur le revenu local, même s’ils sont rapatriés dans une banque belizienne.

Limites et obligations du QRP

Le QRP n’est pas complètement sans contrepartie. Les bénéficiaires :

Attention :

Les résidents du programme Qualified Retired Persons (QRP) au Belize ne peuvent pas exercer d’emploi rémunéré sur place (sauf dérogation par un autre statut, ce qui peut remettre en cause le bénéfice du QRP). Ils doivent renouveler annuellement leur carte de résident en fournissant un relevé bancaire prouvant le respect du seuil de revenus, résider au moins 30 jours consécutifs par an dans le pays, et informer le Belize Tourism Board en cas de départ définitif.

Les ayants droit (conjoint, enfants) ont en revanche le droit de travailler à Belize, investir ou mener des activités commerciales, sous réserve du respect des règles générales (permis de travail, enregistrement des entreprises, etc.).

QRP et résidence permanente

Le statut QRP confère une carte de résident spéciale, parfois décrite comme l’équivalent d’une “green card” locale, mais ce n’est pas automatiquement une résidence permanente classique. Toutefois, après cinq ans de statut QRP, ou via un volet investisseur spécifique, il est possible de demander la résidence permanente, à condition d’avoir respecté les critères de présence et d’investissement.

Pour certains expatriés, le QRP est donc une porte d’entrée : d’abord un statut très protecteur sur le plan fiscal, puis, avec le temps, une intégration plus profonde dans le pays, avec éventuellement la citoyenneté belizienne après quelques années de résidence permanente.

Spécificités pour les expatriés américains : double système à gérer

Pour un citoyen ou résident permanent des États‑Unis, la douceur fiscale de Belize s’accompagne d’une contrainte : Washington impose ses ressortissants sur la base de la citoyenneté, où qu’ils vivent. Un Américain installé à Belize doit donc :

respecter le régime territorial belizien pour ses revenus de source locale ;

remplir chaque année une déclaration de revenus fédérale américaine, déclarant l’ensemble de ses revenus mondiaux.

Il peut toutefois utiliser des instruments pour éviter la double imposition :

120000

Montant de revenu du travail gagné à l’étranger pouvant être exclu via la FEIE pour les années récentes, un seuil indexé annuellement.

L’absence de convention fiscale entre les États‑Unis et Belize signifie qu’il faut s’appuyer sur ces mécanismes unilatéraux plutôt que sur un traité bilatéral. Il n’existe pas non plus d’accord de totalisation pour la sécurité sociale, ce qui peut entraîner une double cotisation pour les indépendants.

Attention :

Tout expatrié américain doit respecter les obligations de déclaration de ses comptes et actifs étrangers.

FBAR (FinCEN 114) dès que l’ensemble des comptes étrangers dépasse 10 000 USD à un moment de l’année ;

– formulaire 8938 (FATCA) si la valeur des actifs financiers étrangers franchit certains seuils (plus élevés que pour le FBAR).

Belize ne taxe pas les prestations de sécurité sociale américaines ni les pensions étrangères, mais l’IRS, lui, les prend en compte. Un retraité américain sous QRP peut donc être totalement exonéré à Belize, mais continuer à payer l’impôt aux États‑Unis selon le barème fédéral, même après application de certains crédits ou exclusions.

Investir et entreprendre : business tax, GST et obligations sociales

Pour les expatriés qui ne se contentent pas de prendre leur retraite au soleil, mais souhaitent développer une activité à Belize, il est essentiel de comprendre la différence entre impôt sur le revenu et business tax.

Au lieu d’une imposition sur le bénéfice net classique, Belize taxe la plupart des entreprises, y compris les indépendants, sur leurs recettes brutes. Les taux varient selon les secteurs :

environ 1,75 % pour les agences immobilières, stations‑service, médias, compagnies d’assurance ;

3 % pour les loyers, redevances et certains services financiers ;

6 % pour les professions libérales, prestations de service spécialisées ;

plus de 10 % voire 15–19 % pour certains secteurs réglementés (télécommunications, jeux, grandes banques).

25

Taux d’imposition spécifique sur les bénéfices appliqué aux sociétés pétrolières.

Les déclarations de business tax sont en principe mensuelles, avec dépôt et paiement au plus tard le 15e jour du mois suivant. Là encore, les pénalités de retard cumulent intérêts et majorations, avec la possibilité de sanctions pénales en cas de non‑déclaration persistante.

À cela s’ajoute :

Bon à savoir :

Les entreprises au Belize sont soumises à plusieurs taxes et obligations clés : une Taxe Générale sur les Ventes (GST) de 12,5% sur les ventes de biens et services, avec un seuil d’enregistrement à 75 000 BZD de chiffre d’affaires annuel ou 6 250 BZD de ventes imposables mensuelles en moyenne ; des cotisations de sécurité sociale représentant environ 9% du salaire, partagées entre l’employeur et le salarié ; ainsi que diverses licences et permis municipaux (commerciales, débits de boissons, construction, etc.), dont le coût est souvent basé sur la valeur locative ou le chiffre d’affaires.

Un expatrié qui monte un restaurant, une agence de tourisme ou un cabinet de conseil doit donc anticiper une superposition de charges : business tax sur le chiffre d’affaires, GST sur les ventes, sécurité sociale sur les rémunérations, taxes municipales. Malgré cela, la charge globale peut rester modérée comparée aux systèmes où l’impôt sur les sociétés, la TVA et les charges sociales sont tous élevés.

Propriété via société et planification patrimoniale

Belize autorise les étrangers à posséder des biens immobiliers en pleine propriété, sans restriction particulière depuis l’abolition de l’ancien Alien Landholding Act. Beaucoup d’investisseurs, cependant, choisissent de détenir leurs biens via une société, souvent une International Business Company (IBC) ou, dans le nouveau vocabulaire légal, une Belize Business Company.

Les raisons sont variées :

confidentialité, dans la mesure where les registres ne sont pas toujours publics ;

flexibilité dans la transmission (cession des parts de la société plutôt que vente directe du bien, parfois avec un impact sur le stamp duty) ;

– structuration internationale (utilisation de l’IBC dans un groupe plus large).

Attention :

Les réformes récentes ont renforcé les exigences de substance et de transparence. Pour rester exonérée de business tax sur les revenus de source étrangère, une IBC doit généralement respecter ces nouvelles conditions.

– ne pas exercer d’activité incluse dans la liste des secteurs soumis à exigences de substance renforcées ;

– être clairement résidente fiscale dans une autre juridiction (non blacklistée par l’UE) et en apporter la preuve ;

– disposer d’un Tax Identification Number belizien et déposer une déclaration annuelle.

Pour un expatrié, ces règles rendent les montages agressifs plus complexes mais n’entravent pas l’utilisation d’une société pour détenir et gérer un bien locatif.

Pourquoi Belize attire toujours autant malgré les contraintes ?

À la lecture de ce panorama, on comprend pourquoi Belize reste un point de ralliement pour les retraités, les investisseurs immobiliers et les entrepreneurs mobiles :

Astuce :

Le régime fiscal local est caractérisé par un impôt sur le revenu limité aux gains locaux, assorti d’un seuil d’exonération confortable et d’un taux unique modéré. Il n’existe pas d’impôt sur les plus-values (capital gains tax), d’impôt sur la fortune ni de droits de succession. La taxe foncière reste extrêmement faible dans la réalité quotidienne, y compris pour les biens haut de gamme. Des programmes comme le Qualified Retired Persons (QRP) offrent une quasi-immunité fiscale sur les revenus de source étrangère pour les retraités. Le cadre juridique de common law et l’usage de l’anglais simplifient par ailleurs la rédaction des contrats et les relations avec les autorités.

Face à ces atouts, les contraintes – déclarations fiscales, respect des délais, diversité des taxes locales, absence de traités avec certains pays comme les États‑Unis – apparaissent comme le prix à payer pour bénéficier d’un environnement fiscal relativement doux.

Bon à savoir :

La simplicité apparente des régimes territoriaux ne doit pas masquer leur constante évolution, sous la surveillance de l’UE et de l’OCDE. Belize a déjà adapté ses lois pour éviter les listes noires. Un conseil personnalisé est essentiel pour un plan patrimonial ou une installation à long terme, surtout pour les personnes soumises à une double imposition (ex. : États‑Unis, France, Canada).

Comprendre la logique territoriale, maîtriser l’articulation entre impôt sur le revenu et business tax, intégrer le coût réel de la taxe foncière et des droits de mutation : c’est l’ensemble de ces éléments qui permet à un expatrié d’évaluer sereinement ce que signifie, concrètement, “vivre et investir à Belize” sur le plan fiscal.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en gardant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Belize, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler Belize pour sa fiscalité territoriale (revenus de source étrangère généralement non imposés), l’absence d’impôt sur la fortune, un coût de vie inférieur à la France et un environnement anglophone attractif. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention d’un permis de résidence via un programme dédié aux retraités, organisation de la couverture santé internationale, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre des intérêts économiques…), mise en relation avec un réseau local (avocat, immigration, agents immobiliers) et intégration patrimoniale. Cet accompagnement lui permet de viser des économies fiscales >50% sur ses revenus, tout en maîtrisant les risques (contrôles fiscaux français, conventions internationales, adaptation culturelle).

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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