Les sites touristiques incontournables au Koweït

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Longtemps éclipsé par ses voisins plus médiatisés, le Koweït s’impose peu à peu comme une destination à part au Moyen‑Orient. Entre tours futuristes, îles chargées d’histoire, musées de grande ampleur et souks bruissant de vie, le pays concentre sur un territoire compact une étonnante diversité de lieux à visiter. Le voyageur qui s’y arrête découvre à la fois un État ultra‑moderne porté par le pétrole et une société qui revendique avec force son héritage bédouin, maritime et islamique.

Bon à savoir :

Cet article sélectionne les sites incontournables du Koweït parmi une offre très large (44 musées, nombreux centres culturels). Il combine monuments, musées majeurs, îles, espaces naturels, lieux de mémoire et adresses familiales pour fournir les repères essentiels à la compréhension et au choix des visites.

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Les grandes icônes modernes : un Koweït tourné vers le ciel

La première image que l’on garde souvent du Koweït, c’est sa skyline hérissée de tours. Ces silhouettes racontent autant une ambition économique qu’une envie d’exister sur la carte touristique mondiale.

Kuwait Towers, symbole national et balcon sur le Golfe

Difficile d’imaginer un séjour au Koweït sans passer par les Kuwait Towers. Posées sur une avancée de terre le long de l’Arabian Gulf Road, dans le quartier de Sharq, ces trois tours élancées sont devenues le symbole du pays. Conçues dans les années 1960 par des architectes suédois, elles combinent béton précontraint, sphères métalliques émaillées et un vocabulaire inspiré à la fois des minarets traditionnels et de l’imaginaire spatial.

187

La tour principale culmine à 187 mètres de hauteur.

Les deux autres tours complètent l’ensemble : l’une sert de réservoir d’eau, l’autre concentre les équipements électriques et l’éclairage de l’ensemble. Ensemble, ces structures constituent une pièce maîtresse du réseau national des châteaux d’eau, un système de 34 tours qui a reçu, comme les Kuwait Towers elles‑mêmes, un Aga Khan Award for Architecture.

Leur histoire récente n’est pas exempte de drame : lors de l’invasion irakienne de 1990‑1991, les tours ont été endommagées à près de 75 %. Réhabilitées au début des années 1990, puis de nouveau fermées pour travaux entre 2012 et 2016, elles constituent aujourd’hui un lieu de visite parfaitement opérationnel, avec des horaires d’ouverture continus de 8 h à 23 h pour la plateforme d’observation.

Pour avoir un aperçu synthétique de ce que proposent les tours, le tableau suivant résume les principaux éléments touristiques.

ÉlémentDétail touristique principal
Hauteur tour principale187 m
Plateforme panoramique123 m d’altitude, rotation complète en 30 minutes
Fonction secondaireRéservoirs d’eau (9 000 à 10 000 m³ pour les deux tours d’eau)
Horaires plateforme08 h – 23 h
Prix d’entrée3 KD, gratuit pour les < 4 ans
RestaurationRestaurant tournant, café, lounge

L’ensemble est géré par la Touristic Enterprises Company, société détenue par l’État qui exploite aussi d’autres grands sites de loisirs comme Green Island, Messilah Water Village ou le complexe balnéaire d’Al‑Khiran.

Al Hamra Tower et les gratte‑ciel du centre

Si les Kuwait Towers symbolisent l’entrée du pays dans la modernité pétrolière, Al Hamra Tower incarne le Koweït hyper‑contemporain. Cette tour de 80 étages, haute d’environ 413 à 414 mètres selon les sources, est la plus haute du pays et l’un des plus imposants gratte‑ciel en béton courbe au monde.

Exemple :

La tour décrite utilise un voile massif en pierre calcaire au sud pour se protéger du soleil, tandis qu’une façade vitrée courbe enveloppe le noyau central. Ce contraste optimise le confort thermique et crée une silhouette distinctive, saluée par la presse spécialisée. Le bâtiment est multifonctionnel, intégrant des bureaux, un centre commercial, des restaurants panoramiques et un café en hauteur offrant des vues sur la ville.

Autour d’Al Hamra Tower, le centre de Koweït City aligne d’autres géants de verre et d’acier : Liberation Tower, tour de télécommunications de 372 mètres érigée en hommage à la libération de 1991 ; Assima Tower, 302 mètres, deuxième plus haut bâtiment du pays ; le siège de la National Bank of Kuwait, 300 mètres, dont la façade évoque une voile de dhow, le bateau traditionnel du Golfe. Cette verticalité contemporaine compose un décor spectaculaire pour les promenades sur le front de mer.

Sheikh Jaber Al‑Ahmad Causeway, ruban d’asphalte sur la mer

Autre ouvrage spectaculaire, la Sheikh Jaber Al‑Ahmad Causeway relie la capitale à des zones de développement au nord en franchissant la baie de Koweït sur plus de 30 km au‑dessus de l’eau, pour près de 50 km de longueur totale. Cette autoroute sur pilotis s’inscrit dans une vision plus large de modernisation – nouveaux port en eau profonde, future “Silk City”, lignes ferroviaires régionales – et s’est déjà imposée comme un point de repère touristique en soi.

De nombreux circuits incluent un passage sur ce pont, ne serait‑ce que pour profiter de la vue sur la baie, sur les marais salants ou sur le front de mer de la capitale. En début de soirée, quand les lumières de la ville se reflètent sur la surface du Golfe, l’impression de flotter entre ciel et mer est particulièrement saisissante.

Guide touristique

Culture, musées et mémoire : plonger dans l’histoire koweïtienne

Pour un pays de peu plus d’un million de citoyens, compter 44 musées constitue une densité culturelle remarquable. Les autorités ont clairement misé sur cette offre pour enrichir l’expérience des visiteurs et affirmer une identité nationale complexe, à la fois bédouine, maritime, islamique et pétrolière.

Le Kuwait National Museum et la redécouverte de Failaka

Le Kuwait National Museum, installé non loin des Kuwait Towers, est la porte d’entrée la plus complète sur l’histoire du pays. Conçu dans les années 1980 par l’architecte Michel Ecochard, le complexe s’inspire des maisons traditionnelles en pisé, organisées autour de cours intérieures. Le musée abrite plusieurs pôles : un village koweïtien reconstitué, un hall archéologique, un espace consacré à l’île de Failaka, une section d’art islamique et un planétarium, présenté comme le premier du genre au Moyen‑Orient.

Les collections offrent un voyage de plus de 5 000 ans, depuis les civilisations mésopotamiennes jusqu’à la période contemporaine. On y voit notamment des pièces issues de Failaka, île voisine qui fut tour à tour poste avancé d’Alexandre le Grand, comptoir antique et village de pêcheurs avant d’être abandonnée après la guerre du Golfe. L’invasion irakienne de 1990‑1991 a laissé des cicatrices : le musée a été pillé, nombre d’objets ont disparu ou ont dû être récupérés. Aujourd’hui, les salles ont été restaurées, mais le bâtiment reste en phase de remodélisation, un chantier encore en cours au début 2025.

L’accès est gratuit, avec des horaires classiques à la koweïtienne : ouverture en matinée, fermeture à la mi‑journée, réouverture en fin d’après‑midi. Comme dans d’autres institutions, la journée est structurée autour de cette pause centrale, héritage à la fois du climat et des habitudes locales.

Abdullah Al‑Salem Cultural Centre, la démesure muséale

Si l’on cherche la vitrine la plus spectaculaire de l’investissement culturel récent, c’est à Salmiya qu’il faut aller. L’Abdullah Al‑Salem Cultural Centre (ASCC) est souvent présenté comme le plus grand ensemble muséal au monde construit en une seule fois. Il rassemble 22 galeries et plus de 1 100 expositions permanentes, réparties entre un musée d’Histoire naturelle, un musée de l’Espace, un centre d’arts plastiques, un musée des Sciences et de la Technologie et un musée des sciences arabes et islamiques.

Attention :

Le musée propose un voyage allant des dinosaures aux navettes spatiales et de la robotique aux médecins islamiques, avec de nombreux espaces interactifs et des ateliers conçus pour les familles, dans un esprit proche des centres de sciences occidentaux. Il s’inscrit dans le Kuwait National Cultural District, un programme culturel d’investissement dépassant le milliard de dollars.

Les horaires reflètent cette vocation familiale : ouverture de 9 h à 19 h les lundis, mardis, mercredis et samedis, 15 h à 22 h les jeudis et vendredis, fermeture le dimanche. Certains paiements se font uniquement via une carte koweïtienne, ce qui demande un minimum d’anticipation pour les visiteurs étrangers.

Sheikh Jaber Al‑Ahmad Cultural Centre, l’opéra au bord de l’eau

En vis‑à‑vis de l’ASCC, le Sheikh Jaber Al‑Ahmad Cultural Centre, souvent surnommé “opera house du Koweït”, incarne la dimension performative de cette politique culturelle. Ses quatre bâtiments recouverts de titane et de verre, où se dessinent des motifs d’étoiles et d’octogones inspirés de l’art islamique, abritent théâtres, salles de concert, cinémas, bibliothèques et espaces de conférence.

Centre culturel Sheikh Abdullah Al Salem

Inauguré à la fin des années 2010, ce centre culturel est un pilier du Kuwait National Cultural District, proposant une programmation artistique riche et des attractions emblématiques.

Programmation artistique

Programme toute l’année des concerts, pièces de théâtre, spectacles pour enfants, ateliers et rencontres culturelles.

Fontaines musicales

Spectacle prisé des familles et visiteurs, avec des animations tous les soirs par séquences de trente minutes.

District culturel national

Avec l’ASCC et Al Shaheed Park, forme le cœur du Kuwait National Cultural District, vitrine culturelle du pays.

Musées spécialisés : un patchwork de récits

Au‑delà de ces grands équipements, le Koweït a vu émerger depuis plusieurs décennies une constellation de musées privés ou semi‑publics, souvent portés par des passionnés. Ils offrent des approches complémentaires du pays.

Le Tareq Rajab Museum, à Jabriya, est l’un des plus riches. Fondé par un couple koweïto‑britannique, Tareq et Jehan Rajab, il expose plus de 10 000 pièces choisies dans une collection de 30 000 objets islamique : calligraphies, céramiques, bijoux, tissus, manuscrits rares, armes anciennes. À quelques rues de là, le Tareq Rajab Museum of Islamic Calligraphy se concentre sur l’écriture, avec des pièces venues de grands centres savants et même de Chine impériale, où l’art musulman a laissé des traces singulières. Un billet de 2 KD donne accès aux deux adresses.

Autre regard, celui de Dar al Athar al Islamiyyah, hébergé dans l’Amricani Cultural Centre, un ancien hôpital de missionnaires américains transformé en centre culturel. On y découvre une partie de la collection Al‑Sabah, ensemble d’objets islamiques rassemblés par le cheikh Nasser Sabah Al‑Ahmed Al‑Sabah et son épouse. L’entrée y est gratuite, avec un programme d’expositions temporaires qui renouvelle le parcours.

Plus intimiste, Sadu House se consacre au tissage bédouin, le sadu. Dirigé par des femmes, ce lieu préserve une technique passée en 2020 au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO. À travers tapis, tentures, accessoires de campement, on comprend comment un art textile a structuré l’esthétique des campements nomades, puis des maisons de la ville.

Astuce :

Le Bait Al Othman Museum, situé dans une grande maison traditionnelle de Hawalli, offre un aperçu unique de la vie quotidienne au Koweït avant la découverte du pétrole. À travers 157 pièces et 16 cuisines méticuleusement reconstituées, le musée expose, objet par objet, des scènes de la vie d’antan : salles de classe, cabinets de médecins, échoppes et salons. Cette immersion fait revivre une société qui a connu une transformation radicale, passant en quelques décennies seulement d’un mode de vie désertique à celui des tours climatisées.

Les amateurs d’art contemporain trouveront au Museum of Modern Art, dans un bâtiment historique du centre, un panorama de la création locale et régionale, tandis que le Car Museum, dans le quartier industriel de Shuwaikh, rassemble voitures historiques et modèles rares – dont une Rolls‑Royce des années 1950 – qui racontent à leur manière les mutations du pays.

Mémoire de guerre : du Qurain Martyrs Museum aux puits de pétrole

Impossible d’évoquer les sites du Koweït sans aborder l’invasion irakienne de 1990‑1991, événement fondateur pour la mémoire nationale. Deux musées jouent un rôle clé dans ce récit.

L’Al Qurain Martyrs Museum occupe une maison de banlieue où, le 24 février 1991, 19 résistants koweïtiens ont tenu tête à des soldats irakiens. La demeure a été laissée quasiment en l’état, criblée d’impacts de balles, effondrée par endroits. Les visiteurs peuvent circuler dans ces pièces figées, lire les noms des combattants, et mesurer l’extrême proximité de la guerre avec le tissu urbain. L’entrée est gratuite, avec des horaires étendus en après‑midi et soirée.

Plus au sud, dans la ville pétrolière d’Ahmadi, l’Ahmad Al‑Jaber Oil and Gas Museum raconte à la fois la découverte du pétrole et la catastrophe écologique provoquée par les puits en feu lors de la retraite irakienne. Des dispositifs interactifs détaillent l’extraction, le raffinage et les enjeux énergétiques. Un film reconstitue les incendies de puits et l’immense opération d’extinction, moment traumatique mais central dans la construction d’un récit national de résilience. Le musée est gratuit, avec des guides anglophones, et accessible en semaine.

Mosquées et spiritualité : l’architecture sacrée au cœur de la ville

Pays musulman appliquant la charia, le Koweït veille à encadrer la pratique religieuse mais ouvre également certains lieux à la visite. La plus emblématique de ces ouvertures est celle de la grande mosquée.

La Grand Mosque, vitrine de l’islam koweïtien

Située dans le secteur de Sharq, face au Seif Palace et à deux pas de la mer, la Grand Mosque – Al‑Masjid Al‑Kabir – est la plus imposante mosquée du pays. Son complexe couvre 45 000 m², dont 25 000 bâtis et 20 000 de jardins et cours. La salle de prière principale peut accueillir plus de 11 000 fidèles ; l’ensemble du site dépasse les 20 000 personnes lors des grandes célébrations.

L’architecture mélange références andalouses, levantines et maghrébines : plafonds ornés, marbre poli, immenses lustres, 144 fenêtres qui filtrent la lumière, portes en teck sculptées. Un centre culturel islamique et une bibliothèque complètent l’ensemble.

Particularité notable dans la région, la mosquée propose des visites guidées gratuites en anglais pour les non‑musulmans. Les créneaux habituels sont le matin (vers 9 h) et la fin d’après‑midi en semaine, avec fermeture pendant le Ramadan et le vendredi, jour de grande prière. Un dress‑code strict s’applique, mais des abayas et foulards peuvent être prêtés aux femmes sur place. Avant la visite, des rafraîchissements sont parfois servis, dans une logique d’hospitalité très assumée.

D’autres mosquées remarquées

Au‑delà de ce monument, plusieurs mosquées attirent l’œil du visiteur, même si elles ne sont pas toutes ouvertes aux non‑musulmans. La Fatima Mosque, dans le quartier Abdullah Al‑Salem, est réputée pour son ambiance paisible et la finesse de son décor. Al‑Muzaini Mosque à Koweït City, comme la mosquée Imam Hussein, illustre la diversité des styles, entre courant sunnite majoritaire et minorité chiite significative.

Bon à savoir :

Ces édifices ne sont pas uniquement des sites touristiques. Elles rythment la vie locale par les appels à la prière et les flux de fidèles, et servent de lieux de sociabilité de quartier, donnant un visage concret à la pratique religieuse.

Souks, malls et marchés : du parfum d’oud au shopping climatisé

Le Koweït joue sur deux tableaux distincts mais complémentaires : celui des souks anciens où l’on marchande sous les auvents, et celui des malls géants qui tiennent lieu à la fois de centre commercial, de promenade et de lieu de sortie familiale.

Souk Al‑Mubarakiya, le cœur historique

Au centre de la capitale, Souk Al‑Mubarakiya concentre plus de deux siècles d’histoire commerciale. Né au XIXe siècle, ravagé par un incendie durant l’invasion de 1990 puis reconstruit, ce labyrinthe de passages abrités mêle échoppes d’épices, bijouteries d’or, vendeurs de dattes et de confiseries, boutiques de vêtements traditionnels, ateliers de tailleurs et échoppes d’ustensiles de cuisine.

Exemple :

Dans un souk typique où se mêlent les odeurs de cardamome, de café arabe, de musk et d’oud et où résonnent les cris des marchands, le Souk Al‑Hareem se distingue. Il s’agit d’un espace tenu exclusivement par des femmes, souvent bédouines, qui y vendent des produits artisanaux comme des tissages colorés, des abayas et des vêtements brodés.

Le souk abrite aussi deux micro‑musées discrets mais riches de sens : le Sheikh Mubarak Kiosk, ancien pavillon d’observation du souverain au début du XXe siècle, et la première pharmacie du pays. Leur accès est gratuit, ce qui permet, en quelques minutes, de basculer du brouhaha commercial à un récit plus institutionnel de la construction de l’État.

Pour se repérer dans l’offre commerciale multiple du pays, on peut résumer ainsi quelques grandes typologies de lieux de shopping.

Type de lieuExemple emblématiqueParticularités pour le visiteur
Souk traditionnelSouk Al‑MubarakiyaMarchandage, produits locaux, ambiance historique
Marché spécialiséSouk Al‑Watiya (or), Fish MarketOr 21–22 carats, enchères de poissons, forte atmosphère
Marché aux pucesFriday Market (Souq Al‑Juma’a)Produits d’occasion, meubles, vêtements, électronique
Mega‑mallThe Avenues, 360 MallMarques internationales, loisirs, espaces enfants, cinémas
Mall de front de merMarina Mall, Souk SharqShopping + marina, restaurants avec vue sur le Golfe

The Avenues, le “mini‑ville” climatisée

À l’autre extrémité du spectre, The Avenues revendique le statut de plus grand centre commercial du pays et l’un des plus vastes du monde. Situé dans le quartier de Rai, le complexe occupe plus de 360 000 m² et déploie une douzaine de “quartiers” distincts par leur architecture : faubourg pseudo‑européen, souk revisité, boulevard à ciel simulé, secteur luxe “Prestige”, etc.

1000

Le Mall of the Emirates compte plus de 1 000 boutiques, offrant une vaste sélection de marques internationales.

Malls et promenades du front de mer

Le long de Gulf Road, entre Salmiya et le centre, d’autres complexes mélangent shopping et sortie balnéaire. Marina Mall et Marina Crescent, par exemple, combinent galerie marchande, cafés en terrasse et panoramas sur la marina. Souk Sharq, plus proche du centre, s’adosse à un vieux port de pêche où se déroule encore chaque matin un marché aux poissons animé, avec criées publiques.

Plus au sud, Al Kout Mall, à Fahaheel, juxtapose sections couvertes et esplanades extérieures autour d’un bassin où une fontaine musicale s’anime à heures fixes. On peut y enchaîner baignade à Al Kout Beach – au sable doré et aux eaux calmes – et shopping dans le complexe voisin.

Parcs, corniches et îles : la nature apprivoisée

Dans un pays largement désertique, exposé à des températures estivales pouvant dépasser 46 °C, les espaces verts et littoraux jouent un rôle essentiel dans la vie quotidienne. Ils sont aussi devenus des étapes clefs pour les visiteurs.

Al Shaheed Park, le grand parc urbain

Au bord de la rocade qui cerne le centre de la capitale, Al Shaheed Park s’étend sur 200 000 m². Inauguré en plusieurs phases à partir de 2015, ce vaste parc urbain fait figure de poumon vert. On y trouve pelouses, jardins thématiques, bassins, parcours piétons et pistes de jogging, mais aussi deux musées : le Remembrance Museum, consacré aux conflits qui ont marqué le pays, et le Habitat Museum, qui évoque les écosystèmes koweïtiens et les migrations d’oiseaux.

L’entrée est gratuite, et un grand parking souterrain permet de s’y rendre facilement en voiture ou taxi. Le parc accueille régulièrement expositions, concerts et événements sportifs, ce qui en fait autant un lieu de détente qu’un espace de programmation culturelle.

Corniche et Green Island : vivre avec la mer

Le front de mer koweïtien se structure autour d’une corniche longue d’une dizaine de kilomètres, qui relie à peu près le Scientific Center de Salmiya aux Kuwait Towers. Promenade continue de dalles ocres ponctuées de palmiers, bancs, lampadaires et aires de jeux, elle est très fréquentée à la fraîcheur du matin et en soirée pour marcher, courir, faire du vélo ou simplement regarder la mer.

Bon à savoir :

Green Island est la première île artificielle du Golfe, aménagée à la fin des années 1980 sur plus de 780 000 m². Elle est reliée au continent par une digue piétonne d’une centaine de mètres. L’île offre de nombreuses installations : sentiers, belvédères, aires de pique-nique, un amphithéâtre d’inspiration romaine, une tour de 35 mètres, des aires de jeux et des espaces pour activités nautiques. C’est le seul endroit du littoral koweïtien où les barbecues sont officiellement autorisés, en faisant une destination très prisée pour les grillades du week-end.

Plusieurs plages publiques jalonnent également la côte : Belajat Beach, promenade ombragée bordant la mer ; Messilah Beach, près d’un grand complexe hôtelier ; Egaila et Khiran, plus au sud, où la baignade et les sports nautiques complètent les activités de plage. Le long de ces rivages, des parcs comme Al Bidda Park ou Abdullah Al‑Salem Park offrent d’autres cocons de verdure.

Failaka, Kubbar et les îles du large

Au‑delà de la côte, les îles offrent un visage très différent du pays. Failaka Island, à une vingtaine de kilomètres au large, est la plus célèbre. Longtemps habitée, elle abrite des vestiges de colonies de l’âge du Bronze, de fortifications grecques liées aux campagnes d’Alexandre le Grand et des villages traditionnels koweïtiens. Après 1991, ses habitants ne sont pas revenus, laissant maisons et installations figées dans l’état de guerre. Aujourd’hui, Failaka fait office d’île‑musée à ciel ouvert, où l’on voit à la fois des ruines antiques, des carcasses de véhicules militaires, quelques musées locaux, une ferme de chameaux, un petit zoo et des hébergements aménagés dans d’anciens bâtiments.

Attention :

L’île est accessible par ferry depuis Adudhal Harbor ou certains marinas de la corniche, ainsi que par des speed‑boats privés. Les tours organisés proposent généralement la traversée, la visite de sites archéologiques, du temps libre sur la plage et parfois des activités nautiques.

Plus au sud, Kubbar Island ressemble davantage à un décor de carte postale : banc de sable circulaire ceinturé d’eaux turquoise, théâtre de sorties plongée et snorkeling. L’île est réputée pour ses récifs coralliens colorés et sa faune marine. Elle ne dispose pas d’infrastructures, ce qui impose d’embarquer nourriture et eau, mais sa taille modeste permet de l’explorer facilement à pied entre deux sessions de baignade. D’autres îlots, comme Qaruh ou Ouha, intéressent plus particulièrement les amateurs de pêche ou d’écologie marine, mais restent moins accessibles au grand public.

Histoire maritime et pétrole : entre dhows et pipelines

Avant le pétrole, le Koweït était un port de pêche et un centre de commerce perlier. Cette mémoire maritime, aujourd’hui éclipsée par les torchères des champs pétroliers, survit dans plusieurs lieux clés.

Maritime Museum, Scientific Center et Al Hashemi II

À Salmiya, sur Gulf Road, le Maritime Museum présente maquettes de navires, instruments de navigation, outils de plongeurs perliers et témoignages de la vie à bord des dhows. On y découvre comment les familles vivaient des expéditions saisonnières, comment s’organisait la plongée en apnée pour les perles, et de quelle manière ces activités ont structuré l’économie locale jusqu’aux années 1930.

50

La partie ‘Discovery Place’ du Scientific Center propose plus de 50 expériences interactives destinées aux enfants.

Plus singulier encore, le complexe d’Al Hashemi Marine Museum abrite Al Hashemi II, un dhow géant de près de 84 mètres de long, considéré comme le plus grand bateau en bois traditionnel jamais construit. Il n’a jamais servi au commerce – il a été érigé comme un hommage monumental aux anciennes flottes – mais son simple volume, visible depuis la route côtière, impressionne. Le navire sert aujourd’hui de salle de réception, tandis que le musée associé détaille l’art de la construction navale traditionnelle.

Musées du pétrole et ville‑compagnie d’Ahmadi

L’autre versant de l’identité koweïtienne, c’est l’or noir. Découvert à la fin des années 1930, le pétrole transforme en quelques décennies un pays de pêcheurs et de caravaniers en État aux réserves colossales. La Kuwait Oil Company (KOC) fonde alors la ville d’Ahmadi, au sud de la capitale, pour loger ses employés et organiser l’exploitation. Cette “company town” se distingue encore aujourd’hui par ses larges avenues arborées et ses maisons de style occidental.

Bon à savoir :

Le musée explique la formation des gisements, le forage et le fonctionnement des terminaux. Une section spécifique est consacrée aux centaines de puits incendiés en 1991 lors de la retraite irakienne, illustrant l’ampleur des dégâts et l’opération internationale de maîtrise des flammes à travers des archives et des multimédias.

Ces lieux permettent de mieux comprendre une statistique souvent citée : le pétrole et le gaz représentent environ 90 % des recettes d’exportation du pays, et près de 95 % de sa production industrielle avec les dérivés pétrochimiques. Dans ce contexte, voir coexister, dans un même itinéraire, musées d’art islamique, parcs urbains et infrastructures pétrolières donne un relief particulier au voyage.

Nature protégée et désert : oiseaux, dunes et étoiles

Quand on parle du Koweït, on imagine souvent uniquement l’asphalte et les champs pétroliers. Pourtant, le pays a engagé depuis plusieurs années une politique de protection d’écosystèmes fragiles et développe parallèlement un certain tourisme de nature et de désert.

Réserves naturelles et oiseaux migrateurs

Situé sur de grandes routes migratoires, le Koweït accueille chaque année entre deux et trois millions d’oiseaux en transit. Près de 442 espèces ont été observées, dont 18 nicheuses régulières. Pour préserver ces habitats, l’Environment Public Authority (EPA) pilote, avec d’autres institutions, un réseau de réserves couvrant environ 20 % du territoire.

220

Nombre d’espèces d’oiseaux recensées dans la réserve de La Jahra Pool, sur une superficie de seulement 18 km².

L’accès à ces sites reste pour l’instant assez encadré, souvent réservé aux scientifiques ou aux visites guidées, mais leur existence souligne une orientation plus “écotouristique” que le pays pourrait exploiter davantage à l’avenir.

Désert et crêtes : Mutla Ridge et au‑delà

Sans quitter la sphère du loisir, le désert koweïtien est aussi, de plus en plus, un terrain de jeux. Au nord de Jahra, la crête d’Al‑Mutla’a, seule véritable ligne de relief marquant le plateau, domine la région à plus de 300 mètres d’altitude. Au printemps, quand quelques pluies ont verdi les plaines, le site se couvre de fleurs sauvages et devient un lieu de camping très fréquenté. Quad, buggies, 4×4, sandboard ou simples balades s’y côtoient.

Exemple :

Dans les régions occidentales et méridionales du Koweït, comme les déserts de Kabd, Salmi et Bneider, des camps organisent des circuits touristiques. Les activités proposées incluent des balades à dos de chameau, des séances de dune bashing (conduite sur les dunes), des barbecues au coucher du soleil et des nuits sous la tente. Certains opérateurs enrichissent ces expériences par des activités culturelles, telles que la dégustation de thé à la bédouine, des séances de récits et des performances de musique traditionnelle.

Ces excursions sont généralement recommandées entre octobre et avril, avec un pic de confort entre novembre et mars. En été, les températures, qui peuvent grimper jusqu’à 49‑50 °C, rendent l’exercice plus délicat pour qui n’est pas habitué au climat.

Lieux familiaux et loisirs urbains

Le Koweït, pays où de nombreuses familles expatriées vivent en résidence longue, a développé une offre de loisirs très orientée vers les enfants. C’est un point fort pour les voyageurs en famille.

Centres scientifiques, zoos et parcs d’attractions

Le Scientific Center, déjà évoqué pour son aquarium, est un incontournable avec des enfants : entre bassins géants, expériences ludiques et films IMAX, on peut y passer facilement une demi‑journée. Des événements réguliers – nourrissage des requins, spectacles de planétarium – complètent la visite.

Bon à savoir :

Ce zoo classique présente lions, girafes et éléphants, avec des aires de jeux et des espaces pique-nique. Bien qu’il ne rivalise pas avec les plus grands zoos de la région, il offre une sortie simple à organiser en complément d’autres activités.

Les amateurs de glisse aquatique trouveront près des Kuwait Towers Aqua Park, grand parc aquatique avec toboggans, piscines et rivières lentes, ou plus au sud Messilah Water Village, parc d’attractions aquatiques voisin de Messila Beach.

Espaces indoor : trampolines, patinoires et jeux

Pour échapper à la chaleur, de nombreux complexes misent sur des activités en intérieur. Trampo, par exemple, décline ses “Trampoline Arenas” dans plusieurs malls, avec zones de dodgeball et bacs de mousse. Below Zero offre trois patinoires, dont une à The Avenues, avec cours de patinage et vélos de glace pour les plus jeunes. Magic Planet, dans plusieurs centres commerciaux, aligne arcades, attractions, bowling et espaces soft‑play.

Bon à savoir :

Située dans le centre commercial The Avenues, KidZania Kuwait est une ville miniature où les enfants peuvent expérimenter une quarantaine de métiers différents (pompier, médecin, pilote, cuisinier, etc.) dans un environnement scénarisé. L’expérience est immersive, avec sa propre monnaie et ses règles du jeu, ce qui la rend très populaire.

Conseils pratiques et regard d’ensemble

Au final, que retient‑on des sites touristiques incontournables au Koweït ? D’abord, une impression de contraste permanent entre tradition et modernité. Des tours de verre grattent les nuages au‑dessus de souks séculaires ; une économie ultramoderne cohabite avec des tissages bédouins classés à l’UNESCO ; des musées high‑tech consacrés à l’espace sont bâtis à quelques kilomètres de maisons criblées d’impacts de balles transformées en mémorial.

Bon à savoir :

Le Kuwait National Cultural District, incluant Al Shaheed Park et Al Salam Palace, constitue l’un des ensembles culturels les plus ambitieux de la région. Le pays, souvent perçu comme un simple hub pétrolier, se distingue également par un nombre élevé de musées par habitant, affirmant ainsi une identité culturelle riche et diversifiée.

Enfin, un potentiel touristique encore sous‑exploité. Les chiffres montrent que la fréquentation reste modeste comparée à celle de certains voisins, mais le Koweït offre un visage plus “quotidien”, moins formaté. On y croise plus de familles locales que de groupes internationaux, plus de travailleurs expatriés que de vacanciers en goguette. Pour le voyageur curieux, cela signifie une ambiance plus authentique, à condition de respecter quelques règles simples : tenue modeste, sobriété dans les démonstrations d’affection en public, tolérance zéro pour l’alcool, passeport toujours sur soi.

Exemple :

Pour découvrir le Koweït en quelques jours, un itinéraire peut être organisé par thèmes : une journée dédiée aux icônes modernes (comme les Kuwait Towers, Al Hamra, la Liberation Tower et le Sheikh Jaber Causeway), une autre aux grands musées et centres culturels, une troisième aux souks et au front de mer, une journée pour explorer l’île de Failaka ou de Kubbar, et enfin une journée pour le désert et ses crêtes. Cet enchaînement permet de passer des salles de prière en marbre aux dunes balayées par le vent, et des vitrines de haute couture aux marchés de poissons en plein air.

Dans un Moyen‑Orient souvent résumé à quelques destinations phares, le Koweït propose une alternative plus discrète, mais riche : un voyage à échelle humaine, où chaque site – qu’il s’agisse d’un musée privé, d’une île abandonnée ou d’un pont sur la mer – ajoute une pièce au puzzle d’un pays en pleine redéfinition de son image.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Koweït, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler le Koweït pour son régime fiscal très favorable (absence d’impôt sur le revenu des personnes physiques, pas d’impôt sur la fortune), combinant faible pression fiscale, environnement dollarisé et accès facilité aux marchés du Golfe. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention du visa de résidence via investissement/contrat de location, détachement CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques…), mise en relation avec un réseau local (avocat, immigration, interlocuteurs francophones) et intégration patrimoniale (analyse et restructuration si nécessaire). Ce dispositif permet de réaliser économies fiscales substantielles tout en maîtrisant les risques (contrôles fiscaux français, convention fiscale FR–Koweït, adaptation culturelle et juridique).

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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