Gérer le mal du pays au Koweït grâce à un vrai réseau social

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer au Koweït, c’est souvent un mélange d’excitation et de vertige. On débarque dans un pays riche, très différent, où près de 70 % de la population est expatriée, mais où l’on peut malgré tout se sentir terriblement seul. Entre la chaleur écrasante, les codes culturels nouveaux et l’éloignement de la famille, le mal du pays n’est pas un accident de parcours : c’est presque la norme.

Bon à savoir :

Pour transformer l’expatriation au Koweït en une expérience positive et lutter contre le mal du pays, il est essentiel de se construire un réseau social solide, à la fois local et international. Les témoignages d’expats et les recherches en santé mentale s’accordent sur ce point : le soutien des autres constitue la meilleure ‘thérapie’.

Ce guide propose une approche très concrète : comprendre ce qui vous arrive, saisir les particularités de la vie sociale au Koweït, repérer où et comment rencontrer du monde, entretenir vos liens familiaux à distance et, si besoin, savoir à quelle porte frapper en cas de coup dur.

Comprendre le mal du pays au Koweït

Arriver au Koweït peut facilement déclencher un choc culturel intense. Le pays est un État musulman conservateur, marqué par les traditions arabes et bédouines. Les règles de vie quotidienne — des heures de prière à la façon de se saluer — n’ont souvent rien à voir avec ce que connaissent les nouveaux arrivants venus d’Europe, d’Amérique ou d’Asie non arabe.

Exemple :

La plupart des expatriés traversent des phases distinctes : une « lune de miel » initiale où tout est nouveau et excitant, suivie d’une phase de creux où les différences culturelles deviennent pesantes et où le mal du pays s’installe, notamment lorsque l’enthousiasme initial s’essouffle et que les repères familiers manquent. Avec du temps, cette phase évolue généralement vers une forme d’acceptation et d’équilibre.

Les recherches sur l’expatriation et la solitude montrent que : l’expérience d’expatriation peut entraîner un sentiment accru de solitude en raison des changements culturels, du manque de soutien social et de la difficulté à établir de nouvelles relations.

l’isolement social augmente le risque de problèmes de santé mentale à un niveau comparable au tabagisme intensif ;

– la perte de routines quotidiennes (le café du matin avec les collègues, les voisins qu’on croise, la boulangerie du coin) nourrit un sentiment de déracinement ;

– la fatigue cognitive liée au décodage permanent de nouveaux codes sociaux peut conduire à l’épuisement et à une baisse de moral.

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Plus de la moitié des travailleuses domestiques étudiées dans le Golfe font une décompensation psychologique dans les trois premiers mois suivant leur arrivée.

Autrement dit, si vous vous sentez perdu, nostalgique, irritable ou hyper-focalisé sur votre pays d’origine, vous n’êtes ni fragile ni « raté » : vous vivez un processus classique d’adaptation. La question n’est pas de supprimer ces émotions, mais d’apprendre à les traverser en vous entourant.

Décoder la vie sociale au Koweït

Pour que le Koweït commence à ressembler à un « chez-vous » plutôt qu’à une parenthèse hostile, il faut d’abord comprendre comment la société fonctionne. Beaucoup d’expats qualifient le pays de « fermé » ou « ennuyeux » lors des premières semaines, alors que le problème tient surtout au fait qu’ils cherchent les mêmes codes qu’en Europe ou en Amérique… et ne les trouvent pas.

Une société chaleureuse mais structurée différemment

Le Koweït est profondément imprégné de l’islam et de l’héritage bédouin. On y valorise :

la famille et le groupe avant l’individu ;

la loyauté, la générosité, l’hospitalité ;

le respect des aînés et des hiérarchies.

Les amitiés ne se bâtissent pas à coups de rencontres superficielles ; les cercles sont plutôt restreints et fondés sur la confiance dans la durée. Cela peut donner l’impression, au début, que « tout est fermé ». En réalité, les portes s’ouvrent, mais plus lentement, surtout si vous montrez :

Astuce :

Pour une interaction harmonieuse, il est essentiel d’observer quelques principes clés : faire preuve de politesse en saluant, en prenant des nouvelles et en évitant d’aborder directement des sujets sensibles ; valoriser la ponctualité, qualité très appréciée, notamment en contexte professionnel ; et manifester du respect pour les codes locaux, comme adopter une tenue modeste, une attitude discrète et surveiller ses gestes en public.

Les grandes fêtes comme la Fête Nationale et la Fête de la Libération, ou encore le Hala Festival de février avec ses promotions, ses activités familiales et l’arrivée des oiseaux migrateurs, sont autant de moments où la convivialité s’exprime pleinement.

Mœurs, genre et sujets sensibles

Certains points sont essentiels pour éviter les faux pas qui coupent les liens avant même de les créer :

les tenues très moulantes, transparentes ou trop courtes sont mal vues dans l’espace public ; la modestie vestimentaire est valorisée, même si les femmes n’ont aucune obligation de couvrir leurs cheveux ;

une partie de la vie sociale est genrée : certaines salles de sport sont non mixtes, des foyers traditionnels séparent hommes et femmes après le repas, les interactions homme-femme sont codifiées ;

– les démonstrations d’affection et les flirts publics sont à proscrire (et peuvent entraîner des ennuis judiciaires si elles sont jugées inappropriées) ;

– la mixité « festive » à l’occidentale (danse homme-femme en club, par exemple) reste illégale.

Attention :

L’homosexualité est illégale, et cette interdiction légale, combinée à une norme sociale répressive, crée une situation complexe et dangereuse pour les personnes LGBTQ+. Bien qu’une communauté souterraine existe, elle est contrainte à une extrême discrétion pour assurer la sécurité de ses membres.

Enfin, même avec des interlocuteurs ouverts, deux thèmes restent à manier avec prudence : la politique et la religion. Mieux vaut apprendre d’abord à parler de nourriture, de famille, de voyages, de football ou de travail.

Où se déroule la vie sociale ?

Contrairement à certaines grandes métropoles où tout passe par les bars et les concerts, au Koweït la vie sociale se concentre ailleurs :

– dans les maisons, les cuisines, les jardins : de nombreux rassemblements sont privés ;

– dans les malls et les cafés, surtout à Koweït City : restaurants, coffee-shops, centres commerciaux (The Avenues, 360 Mall, Marina, Arabella…) servent de grandes places publiques climatisées ;

– le long du Gulf Road : promenades, jogging, cafés au bord de mer ;

– dans les souks traditionnels comme Souk Mubarakiya et dans les quartiers plus anciens comme Salmiya ou Old Salmiya Souk ;

– dans les cafés de quartier et les « diwaniyas » (réunions informelles, historiquement masculines, où l’on discute de tout).

Cette structure peut dérouter, mais elle offre aussi une porte d’entrée : accepter les invitations à domicile, fréquenter les mêmes lieux semaine après semaine, adopter les rituels locaux (comme le café ou le thé partagé) permet d’entrer progressivement dans la toile sociale.

Réduire le mal du pays en s’ancrant dans le quotidien

Pour que le mal du pays n’occupe pas tout l’espace mental, il faut rapidement recréer des routines et des repères. Ce n’est pas seulement une question de productivité : la routine rassure le cerveau et diminue la charge de stress liée à l’inconnu.

Plusieurs axes sont particulièrement efficaces au Koweït.

Créer un emploi du temps qui vous ressemble

Les recherches sur la solitude et l’expatriation recommandent de : rester en contact réguliers avec ses proches, s’impliquer dans des activités locales, et chercher des réseaux soutien pour mieux s’adapter à son nouvel environnement.

Stratégies pour améliorer le bien-être

Des actions concrètes pour structurer son quotidien et favoriser la santé mentale et physique.

Structurer son quotidien

Établir des horaires réguliers pour le sommeil, les repas et le travail afin de créer un cadre rassurant et équilibré.

Intégrer l’activité physique

Pratiquer régulièrement de la marche, du sport ou du yoga pour bénéficier de leurs effets antidépresseurs, via l’augmentation de la sérotonine et de la dopamine.

Se fixer des objectifs sociaux

Définir des mini-objectifs sociaux concrets et mesurables, comme parler à une nouvelle personne par jour ou participer à un événement hebdomadaire.

Au Koweït, où la chaleur peut être écrasante une bonne partie de l’année, l’organisation doit tenir compte du climat : marche matinale sur Gulf Road, sport en salle, sorties en soirée dans les malls ou cafés climatisés. Les sports collectifs — football et basket notamment — sont très populaires : suivre un match, rejoindre un club ou simplement aller voir une compétition locale peuvent devenir des rendez-vous réguliers.

Faire de son logement un « morceau de chez soi »

Le logement est un excellent antidote au mal du pays lorsqu’il ne ressemble pas à une chambre d’hôtel impersonnelle. Cela peut passer par :

des photos de proches, des objets rapportés de votre pays ;

des textiles, saveurs ou odeurs familiers (café de chez vous, encens, bougie, etc.) ;

un coin lecture ou un espace dédié à votre hobby (peinture, jeux, musique).

Le Koweït facilite aussi la dimension « réconfort par la nourriture ». Le pays dispose d’un énorme choix de supermarchés généralistes et ethniques, de marchés de produits frais et de magasins spécialisés pour quasiment toutes les communautés.

Voici un aperçu comparatif utile pour retrouver des goûts familiers :

Type de magasinExemple de chaînes / lieuxCe que vous y trouverez surtoutIntérêt pour le mal du pays
Coopératives de quartier (co-ops)Salmiya, Rumaithiya, Fahaheel, Mishref…Alimentation de base, produits locaux, ménager, 24h/24 pour beaucoupRecréer un quotidien à la « supermarché du coin »
Hyper/supermarchés généralistesThe Sultan Centre, Carrefour, Lulu, City Centre, Shameer, SelectLarge choix international, produits occidentaux et asiatiques, surgelésRetrouver vos marques habituelles, cuisiner « comme à la maison »
Marchés fraisMarchés de Shuwaikh, Souq Sharq, Fahaheel, farmers’ marketFruits/légumes locaux et importés, poisson frais (Hammour, Zubaidi, crevettes du Golfe)Créer des rituels culinaire et découvrir des produits locaux
Magasins ethniques spécialisésWaleed Pinoy Supermarket, boutiques indiennes, pakistanaises, etc.Produits 100 % orientés vers une diaspora (épicerie, snacks, DVDs, produits de beauté)Retrouver l’ambiance gustative et visuelle de votre pays
Boutiques bio / gourmetLimelight Organic, Pantry Magic, boulangeries type Bread TalkProduits bio, macrobiotiques, pains européens, spécialités sucrées localesComfort food et cuisine « bien-être »

Cette abondance peut sembler anecdotique, pourtant les enquêtes sur le mal du pays montrent que les odeurs et les goûts typiques de l’enfance (un pain précis, une marque de biscuits, un plat traditionnel) ont un pouvoir émotionnel très fort. Cuisiner un « vrai » repas de chez soi à partager avec d’autres expatriés — ou avec des Koweïtiens curieux — est un pont puissant entre vos deux mondes.

Se construire un réseau : où et comment rencontrer du monde

Le cœur de la lutte contre le mal du pays au Koweït reste la création d’un réseau social vivant. Les chercheurs comme les expatriés de terrain le répètent : on ne « tombe » pas sur des amis par hasard, on les construit patiemment, en étant proactif.

On peut distinguer trois grands types de cercles à investir : le travail/études, les communautés expat et mixtes, et les liens avec des Koweïtiens.

1. Le travail, les études et les lieux de proximité

Les statistiques internationales montrent que plus de 70 % des gens ont déjà noué une amitié proche au travail. Au Koweït, où l’on vient souvent principalement pour l’emploi, ce levier est particulièrement crucial.

Concrètement :

discutez avec vos collègues à la pause café, intéressez-vous à leurs centres d’intérêt, à leur famille, à leurs week-ends ;

proposez un café ou un déjeuner après quelques jours/semaines de contacts cordiaux ;

impliquez-vous dans les formations internes, projets transverses et événements de votre entreprise.

Si vous êtes étudiant, les clubs et associations universitaires, les équipes sportives et les événements de campus sont des mines d’or. Les universités et écoles internationales organisent régulièrement des activités pour étudiants étrangers, précisément pour lutter contre l’isolement.

Bon à savoir :

Votre voisinage constitue un excellent moyen de rencontrer des gens, souvent par de simples gestes comme aider à porter des cartons, saluer dans l’ascenseur ou partager un dessert lors d’une fête. De nombreux résidents dans les immeubles sont eux-mêmes expatriés ou issus de familles mixtes, et sont donc habitués aux arrivées et départs, ce qui facilite les échanges.

2. S’immerger dans les communautés expat et internationales

Le Koweït compte une myriade d’associations nationales ou thématiques. Elles jouent un rôle énorme dans l’intégration sociale : événements, cafés rencontre, soirées, activités bénévoles, groupes de sport ou de lecture… On y trouve des personnes arrivées depuis des années, prêtes à partager leurs tuyaux, et d’autres fraîchement débarquées, en quête de partenaires de sortie.

Quelques exemples d’organisations et plateformes utiles :

Type de ressourceExemples et utilité principale
Plateformes globales pour expatsInterNations (communauté à Koweït City, événements réguliers, groupes par centres d’intérêt)
Groupes de femmes & réseaux anglophonesAmerican Women’s League, British Ladies Society, clubs de femmes d’autres nationalités
Clubs de prise de parole et leadershipToastmasters Kuwait : idéal pour gagner confiance, pratiquer l’anglais, rencontrer des pros
Blogs & sites d’infos locales248am.com (idées sortie, événements), blogs d’expats (ex. vidéos de Love Fuller)
Groupes Facebook & forumsGroupes d’expats par nationalité ou par thème (parents, sport, sorties, entraide)
Associations culturelles & choralesKuwait Little Theatre, Ahmadi Music Group, Kuwait Singers, Kuwait Textile Arts Association

Une Américaine, Love Fuller, raconte par exemple qu’elle a construit sa vie sociale via des organisations de femmes, en organisant des sorties et même une soirée du Nouvel An avec d’autres couples expats. Elle souligne un point clé : il faut parfois sortir franchement de sa zone de confort, prendre sa voiture, proposer des sorties, accepter les invitations, oser rejoindre un groupe où l’on ne connaît encore personne.

Les événements InterNations, les rencontres d’Internations.org ou de Meetup.com rassemblent souvent entre une dizaine et plusieurs dizaines de participants ; ce sont des contextes propices pour des premières conversations informelles. La règle d’or : y retourner. C’est la répétition, plus que le coup de foudre amical instantané, qui crée des liens durables.

Conseil pour les rencontres expatriées

3. Aller vers les Koweïtiens : lenteur, respect, curiosité

Tisser des liens avec des Koweïtiens demande parfois plus de temps, mais la récompense est grande : vous accédez à une compréhension intime du pays, à des diwaniyas, à des repas de famille, à des fêtes locales.

Pour progresser dans cette direction :

apprenez quelques salutations et formules arabes simples (As-salamu alaykum, shukran, afwan, inshallah) ;

montrez de l’intérêt pour l’histoire, la cuisine, le football local, plutôt que de critiquer ou comparer systématiquement avec votre pays ;

acceptez les invitations à domicile lorsque vous vous sentez en confiance, en vous renseignant sur les règles de politesse (apporter un petit cadeau, ne pas refuser les boissons et mets proposés, respecter la séparation hommes/femmes si elle est en vigueur).

Évitez de monopoliser la conversation sur la politique régionale, la religion ou les sujets sensibles tant que le lien n’est pas solide. La bienveillance et la discrétion, associées à une réelle curiosité pour la culture locale, sont très appréciées et ouvrent beaucoup de portes.

Miser sur les activités et les passions communes

Les recherches comme les témoignages concordent : les amitiés se tissent plus facilement quand on fait « quelque chose » ensemble plutôt que de simplement « parler ». Au Koweït, la palette d’activités est bien plus large qu’on ne l’imagine en arrivant.

Sports, clubs, ateliers : des liens à faible pression

Les sports collectifs (football, basketball) rassemblent des publics très variés. Rejoindre une équipe, un club ou tout simplement un groupe qui se retrouve pour regarder les matchs est un bon moyen de partager des émotions, de créer des rituels (« on se voit pour la finale samedi ? ») et de se sentir à nouveau « partie prenante » d’un groupe.

Ateliers et Cours Thématiques

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une structure rassurante (vous savez pourquoi vous êtes là) ;

une activité commune qui fait office de brise-glace naturel ;

une régularité (séances hebdomadaires ou mensuelles) qui permet aux liens de se renforcer peu à peu.

Beaucoup d’expats racontent qu’ils ont rencontré leurs amis les plus proches dans un club de sport, un groupe de randonneurs, un cercle de lecture ou un cours de langue.

Événements culturels et fêtes locales

Le Koweït n’est pas qu’un pays de malls climatisés. De nombreuses occasions de sortie peuvent devenir des rituels anti-mal-du-pays :

Exemple :

Le Koweït offre une variété d’activités pour les visiteurs et les résidents, allant de l’éducation au divertissement. On peut notamment visiter le Scientific Center pour ses aquariums et expositions, faire une escapade historique et dépaysante sur l’île de Failaka, ou observer les étoiles à Mutla, un site préservé de la pollution lumineuse urbaine. Le calendrier est ponctué d’événements festifs comme le Hala Festival ou les célébrations nationales avec feux d’artifice. Les moments forts religieux, tels que le Ramadan, sont aussi l’occasion de partager des traditions comme les iftars et ghabgas, même pour les non-musulmans invités.

S’immerger dans ces événements, inviter des compatriotes à y participer, voire proposer ces activités à des collègues ou voisins koweïtiens, permet de vivre le pays « de l’intérieur » au lieu de le subir de loin.

Rester proche des siens sans s’y enfermer

Le lien avec la famille et les amis restés au pays joue un rôle ambivalent dans le mal du pays. Les recherches montrent que :

maintenir des contacts réguliers et chaleureux atténue les risques de dépression et de découragement ;

– se réfugier exclusivement dans ces liens, en restant connecté à longueur de journée à sa vie d’avant, empêche de s’ancrer dans la nouvelle réalité.

L’enjeu, au Koweït, est donc de trouver un équilibre.

Tirer parti des outils numériques

Les appels internationaux classiques coûtent cher et sont devenus marginalisés. La quasi-totalité des expatriés au Koweït s’appuie sur les applications de messagerie :

Type d’outilExemples principauxUsage typique pour atténuer le mal du pays
Messageries & appelsWhatsApp, Viber, Telegram, Facebook Messenger, IMOAppels vidéo réguliers, groupes famille, partage de photos & vocales
Visio & réunionsSkype, Zoom, Google Meet, FaceTimeDîners virtuels, anniversaires à distance, réunions de famille
Réseaux sociauxInstagram, Facebook, Snapchat, TikTokStories du quotidien, lives, suivi des proches
Outils plus « lents »Email, blogs, vlogs, cartes postalesRécits détaillés, photos imprimées, lettres personnelles

Beaucoup de familles créent un groupe WhatsApp dédié aux nouvelles du quotidien, aux photos d’enfants, aux petites vidéos. Certains expats vont plus loin en tenant un blog ou un vlog pour que grands-parents et amis puissent suivre leur vie sans devoir organiser des appels interminables.

Bon à savoir :

Pour maintenir le lien avec ses proches à distance, il est conseillé d’instaurer des rituels sans excès, comme un ou deux créneaux fixes par semaine pour des discussions approfondies, complétés par de brefs messages vocaux ou photos au quotidien. Il faut cependant être vigilant face à une utilisation compulsive des réseaux sociaux, car celle-ci peut alimenter le FOMO (fear of missing out) et accentuer la nostalgie en exposant en boucle à des scènes de la vie sociale au pays.

Créer de nouveaux rituels familiaux

Même à distance, il est possible d’entretenir un sentiment de « faire ensemble » :

regarder le même film en même temps en visio ;

cuisiner simultanément le même plat traditionnel, chacun dans sa cuisine, tout en se parlant ;

– jouer en ligne à un jeu de société ou vidéo ;

– organiser une « soirée diapo » virtuelle après un voyage ou un événement important.

Exemple :

Certains expatriés envoient régulièrement des colis contenant des produits locaux (comme des dattes, du miel ou des snacks) à leurs proches restés au pays. En retour, ils reçoivent des paquets de produits typiques de leur pays d’origine. Cet échange matériel et continu renforce leur sentiment d’appartenir à deux mondes qui restent connectés, plutôt qu’à deux vies complètement séparées.

Prévoir des visites en vrai

Quand c’est possible financièrement et administrativement, organiser des voyages au pays ou inviter ses proches au Koweït est une bouffée d’air énorme pour lutter contre le mal du pays. Les guides de mobilité recommandent :

de planifier longtemps à l’avance (papiers, visas, budget) ;

– de choisir des périodes où la météo koweïtienne est supportable pour des visiteurs peu habitués à la chaleur (plutôt d’octobre à avril) ;

– de prévoir un programme souple, avec des jours « vides » pour simplement être ensemble.

Savoir qu’une visite approche, même dans plusieurs mois, rend le quotidien plus léger : vous n’êtes plus « coincé loin de tout », mais en « mission » jusqu’à la prochaine réunion.

Quand le mal du pays devient trop lourd : ressources de soutien

Malgré tous les efforts, certaines personnes voient leur mal du pays se transformer en véritable souffrance : tristesse persistante, angoisses, troubles du sommeil, isolement croissant, difficultés à travailler ou à étudier. Des études menées sur des expatriés montrent que ces situations peuvent mener à des erreurs professionnelles, une baisse d’engagement, voire des retours prématurés.

Au Koweït, l’accès à la santé mentale progresse, même si le sujet reste chargé de tabous.

Comprendre le contexte local de la santé mentale

Longtemps, les services psychiatriques ont été très centralisés au Koweït. Une loi sur la santé mentale, adoptée en 2019, a posé le principe d’un accès non discriminatoire pour tous les résidents, y compris les non-Koweïtiens. En pratique :

Bon à savoir :

Les citoyens koweïtiens bénéficient de la gratuité des soins dans les établissements publics. Pour les expatriés, les soins en hôpital public sont payants, mais à des frais modérés, avec des tarifs fixés pour les consultations et la pharmacie. Les structures privées offrent des suivis plus rapides, mais à un coût plus élevé.

La stigmatisation reste réelle, ce qui explique que beaucoup de troubles ne sont pas déclarés. Cela vaut aussi pour le suicide, très condamné socialement et religieusement. Pour un expatrié, s’orienter vers de l’aide professionnelle peut donc sembler intimidant, mais des structures adaptées existent, avec des praticiens formés à l’accueil de publics multiculturels.

Où et comment demander de l’aide

Voici un panorama simplifié des principales options, tel qu’il ressort des données disponibles :

Type de ressourceStructures et contacts clésPour quel besoin ?
Urgences générales (tous résidents)Hôpitaux publics (Al-Amiri, Mubarak Al-Kabeer, Adan, Farwaniya, Jahra) – n° d’urgence 112Crises aiguës, détresse psychique majeure, idées suicidaires, besoin de soins 24/24
Hôpital psychiatrique nationalKuwait Center for Mental Health – Tél. +965 2462 2000Troubles psychiatriques modérés à sévères, suivi spécialisé
Cliniques et ONG spécialiséesFawzia Sultan Healthcare Network (FSHN/FSRI), MindWell, Anara Health, Ayadi (en ligne)Thérapie individuelle/couple/famille, TCC, consultation bilingue ou trilingue
Plateformes en ligne régionalesAyadi (thérapie en arabe/anglais), autres services internationaux de téléconsultationSuivi à distance, flexible, parfois en plusieurs langues
Groupes de soutien informelsGroupes d’expats, clubs, forums, réseaux religieux (églises, mosquées)Partage d’expérience, écoute, sensation de ne pas être seul

Des professionnels comme ceux de MindWell ou Fawzia Sultan Healthcare Network ont une formation internationale (Canada, Royaume-Uni, etc.) et proposent des thérapies reconnues scientifiquement comme la thérapie cognitivo-comportementale (TCC), particulièrement efficace pour travailler sur les pensées négatives répétitives, le catastrophisme ou l’anxiété.

Les études sur les migrants suggèrent également que :

la possibilité de parler dans sa langue maternelle, ou dans une langue de grande aisance (anglais, français…), facilite grandement la thérapie ;

– le simple fait de raconter son histoire à quelqu’un qui connaît les enjeux de l’expatriation (perte de repères, isolement, culpabilité vis-à-vis de la famille restée au pays) a déjà un effet apaisant.

Chercher de l’aide n’est donc ni un aveu d’échec ni un signe de faiblesse. C’est un investissement pour que votre expérience au Koweït ne soit pas gâchée par une souffrance silencieuse.

Stratégies psychologiques pour apprivoiser le mal du pays

En parallèle de la création d’un réseau et de l’usage éventuel de ressources professionnelles, certaines approches psychologiques ont montré leur utilité pour mieux vivre la transition.

Repenser son récit intérieur

Les psychologues notent que la majorité de nos pensées quotidiennes sont spontanément négatives. En situation d’expatriation, ce biais peut se transformer en bande-son intérieure incessante : « Je n’aurais jamais dû venir », « Tout le monde est mieux chez moi », « Je n’ai rien à faire ici ».

Les approches comme la TCC ou la pleine conscience recommandent notamment :

d’identifier ces pensées récurrentes (par l’écriture, par exemple) ;

de les remettre en question en les confrontant aux faits (« Est-ce vrai que je n’ai rencontré personne de sympa en deux mois ? ») ;

– de les reformuler de manière plus nuancée (« Pour l’instant je me sens isolé, mais j’ai commencé un cours de sport et un groupe de conversation — c’est un début »).

Bon à savoir :

Cette pratique permet de ne pas s’identifier à ses pensées (comme ‘je suis nul’) et de les considérer plutôt comme des interprétations temporaires, ce qui aide à réduire leur impact émotionnel.

Faire place à la nostalgie sans s’y noy­er

Le mal du pays n’est pas un ennemi à abattre ; c’est souvent la marque d’un attachement fort à ce que l’on a quitté. Plutôt que de le combattre à tout prix :

acceptez qu’il y aura des jours « bas » (anniversaires, fêtes familiales, grandes vacances) ;

autorisez-vous à pleurer, à regarder des photos, à écouter des chansons de chez vous sans culpabilité ;

– transformez cette nostalgie en moteur pour créer de nouveaux rituels (soirée spéciale cuisine du pays, appel vidéo avec la famille, promenade dans un endroit du Koweït qui vous apaise).

Beaucoup d’expats rapportent qu’avec le temps, leur identité devient plus hybride : ils ne se sentent ni complètement « d’ici » ni complètement « de là-bas », mais quelque part entre les deux. Cette position « entre » peut être douloureuse au début, puis se transformer en richesse : double regard, double culture, double réseau.

Prendre soin de son corps pour alléger l’esprit

Les études de santé publique montrent que la solitude chronique augmente le cortisol, favorise l’inflammation et les problèmes cardiovasculaires, dérègle le sommeil. Autrement dit, l’état psychologique finit par s’inscrire dans le corps.

Astuce :

Malgré les défis spécifiques au Koweït comme la chaleur intense, la dépendance à la voiture et des emplois souvent prenants, il est possible d’adopter des gestes bénéfiques. L’astuce consiste à identifier et à intégrer de petites actions adaptées à ce contexte, par exemple en profitant des espaces climatisés pour l’activité physique, en planifiant les déplacements ou en optimisant les pauses au travail.

bouger chaque jour, même 20 minutes, idéalement à la fraîche (tôt le matin ou tard le soir) ;

– préserver un rythme de sommeil stable malgré les tentations nocturnes (écrans, sorties tardives) ;

limiter l’alcool — même si l’alcool est illégal et ne fait pas partie du paysage officiel, certains expats cherchent à en consommer de manière informelle pour « oublier » : c’est rarement un bon compagnon de route ;

– cuisiner un minimum : on peut manger pour pas trop cher dans certains restaurants, mais l’alimentation de type fast-food à répétition accentue la fatigue et la baisse de moral.

Ces aspects peuvent paraître secondaires par rapport à la peine de cœur de laisser sa famille, mais ils fournissent en réalité la base physiologique nécessaire pour affronter les défis psychiques.

Faire du Koweït un chapitre, pas une parenthèse vide

Au bout du compte, gérer le mal du pays au Koweït n’est pas simplement une affaire de « ne plus être triste ». Il s’agit de transformer une période potentiellement solitaire en chapitre construit, plein de rencontres, d’apprentissages et de souvenirs.

Pour y parvenir, plusieurs fils rouges se dégagent des témoignages et des études :

Astuce :

Il est normal de ressentir un isolement initial et un inconfort culturel, qui ne signifient pas que vous n’êtes ‘pas fait pour’ l’expatriation. Pour construire un nouveau réseau, investissez activement les lieux de sociabilité comme le travail, le voisinage, les clubs, les associations et les événements pour expatriés ou locaux. Maintenez un équilibre dans vos liens avec le pays d’origine en utilisant les outils numériques sans y être constamment rivé. N’hésitez pas à demander de l’aide à un ami, un groupe ou un professionnel si le fardeau devient trop lourd, et accordez-vous du temps pour vous adapter progressivement.

Beaucoup d’expatriés racontent qu’au bout de quelques années, les rues qu’ils trouvaient froides et impersonnelles sont devenues des trajets familiers, pleins de repères : cette boulangerie où ils rencontrent toujours quelqu’un, ce café où ils ont préparé un entretien, ce parc où leurs enfants ont appris à faire du vélo.

Le Koweït ne deviendra peut-être jamais « votre » pays au sens identitaire du terme. Mais en cultivant des relations, en vous autorisant à être à la fois ici et là-bas, vous pouvez en faire un endroit où vous vous sentez suffisamment chez vous pour que le mal du pays ne soit plus qu’une vague passagère, et non un océan infranchissable.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaite changer de résidence fiscale vers le Koweït pour optimiser sa charge imposable, profiter d’un environnement sans impôt sur le revenu et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour un accompagnement complet (conseil fiscal international, formalités de résidence, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Bulgarie, Grèce, Chypre, Maurice, Koweït), la stratégie retenue a consisté à cibler le Koweït pour l’absence d’impôt sur le revenu des particuliers, de taxe sur la fortune et sa stabilité financière, combinant coût de vie potentiellement plus élevé mais compensé par la fiscalité, et accès à un écosystème d’investissements régionaux. La mission inclut : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, convention fiscale FR‑KW), obtention de la résidence, plan de rupture maîtrisée des liens fiscaux français, organisation de la protection sociale privée, ouverture de comptes locaux, intégration dans un réseau francophone/bilingue, et restructuration patrimoniale internationale (holding, immobilier, transmission).

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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