S’installer à Antigua-et-Barbuda, c’est souvent combiner soleil, plages et projet d’optimisation fiscale. La petite fédération caribéenne s’est taillé une réputation de destination « friendly » pour les investisseurs et les expatriés, notamment grâce à l’absence d’impôt sur le revenu et à une taxe foncière relativement modérée. Mais derrière le slogan marketing, le cadre juridique et les mécanismes fiscaux sont précis, structurés, et de plus en plus surveillés à l’international.
Cet article couvre les principaux impôts pour les personnes physiques expatriées : l’impôt sur le revenu, le statut de résident fiscal, la taxe foncière et la taxation des transactions immobilières. Il inclut également des informations spécifiques pour les ressortissants américains et européens envisageant de s’installer ou d’investir en France.
Un système fiscal pensé pour attirer les capitaux
Antigua-et-Barbuda a fait le choix d’un modèle fondé sur la fiscalité indirecte et l’attraction de capitaux étrangers. La suppression de l’impôt sur le revenu en 2016 s’inscrit dans une stratégie plus large : absence de taxe sur la fortune, pas d’impôt sur les plus-values ni sur les successions, régime très favorable aux sociétés internationales et programmes de résidence ou de citoyenneté par investissement.
Taux de change fixe du dollar des Caraïbes orientales par rapport au dollar américain, réduisant le risque de change pour les investisseurs.
Parallèlement, Antigua-et-Barbuda a renforcé depuis plusieurs années son alignement sur les standards internationaux : Convention OCDE d’assistance mutuelle en matière fiscale, mise en œuvre de l’échange automatique d’informations (CRS), accords d’échange de renseignements fiscaux (TIEA) avec de nombreux pays, conventions de non double imposition dans la zone CARICOM et avec quelques États européens. L’image de « paradis fiscal opaque » laisse progressivement la place à celle d’une place attractive, mais sous surveillance.
Résidence fiscale des expatriés : 183 jours ou programme dédié
Pour les personnes physiques, tout part du statut de résidence fiscale. Antigua-et-Barbuda retient une approche classique : ce n’est pas la citoyenneté mais la résidence effective et/ou la participation à un programme formel qui déterminent la situation fiscale.
La règle des 183 jours
Un individu est généralement considéré comme résident fiscal s’il réside légalement dans le pays au moins 183 jours au cours d’une année civile. À ce titre, il est en principe imposable sur son revenu mondial… mais l’impôt sur le revenu des personnes physiques ayant été aboli, ce principe reste théorique pour les particuliers, même si la notion reste importante pour d’autres aspects (traités, qualification des flux, etc.).
Au-delà de la durée de présence, les autorités peuvent tenir compte d’éléments complémentaires : adresse enregistrée, centre des intérêts économiques ou sociaux, présence d’activités professionnelles ou culturelles dans le pays.
Le programme de résidence fiscale pour grands patrimoines
Pour les expatriés à fort revenu qui ne souhaitent pas passer plus de six mois sur place, Antigua-et-Barbuda a mis en place un dispositif spécifique souvent appelé « Tax Residency Program » ou « Permanent Residency Program ». Il offre un accès à la résidence fiscale avec une présence physique très limitée.
Les principales conditions sont les suivantes :
| Condition du programme de résidence fiscale | Exigence principale |
|---|---|
| Revenu annuel minimum | 100 000 USD (revenus d’activité ou étrangers) |
| Taxe annuelle forfaitaire | 20 000 USD |
| Présence physique minimale | 30 jours par an à Antigua-et-Barbuda |
| Adresse résidentielle locale | Logement détenu, loué ou pris en bail |
| Statut délivré | Certificat de résidence + numéro fiscal (TIN) |
Tant que le résident continue de remplir ces critères – résidence, présence d’au moins 30 jours, paiement du forfait – il conserve son statut. En pratique, ce forfait remplace toute obligation de déclaration d’impôt sur le revenu et s’accompagne d’une exonération d’impôt sur le revenu, de taxe sur la fortune, de droits de succession et de taxe sur les plus-values, sur l’ensemble des revenus et actifs mondiaux.
Il est important de noter que, au moment de certaines sources, ce programme était en cours de réexamen par le gouvernement, ce qui rappelle qu’il faut toujours vérifier l’état exact du droit au moment de son installation.
Nomad Digital Residence : vivre sur place sans devenir résident fiscal
Autre outil séduisant pour les télétravailleurs : le Nomad Digital Residence (NDR) Program. Il s’agit d’un permis de séjour temporaire, valable jusqu’à deux ans, destiné aux personnes qui travaillent à distance pour des employeurs ou clients situés hors d’Antigua-et-Barbuda.
Les grands paramètres sont les suivants :
| Caractéristique du programme NDR | Détail |
|---|---|
| Durée maximale de validité | 2 ans, non renouvelables |
| Revenu annuel minimum | 50 000 USD |
| Obligation professionnelle | Ne pas travailler pour une entreprise enregistrée localement |
| Statut fiscal habituel | Le plus souvent résident fiscal du pays d’origine |
Le titulaire d’un visa NDR n’est en général pas considéré comme résident fiscal d’Antigua-et-Barbuda : il reste imposable dans son pays d’origine sur ses revenus et ne bénéficie pas du statut fiscal avantageux lié à la résidence.
Citoyenneté par investissement et résidence fiscale
Antigua-et-Barbuda propose aussi un programme de citoyenneté par investissement (CBI) permettant d’obtenir un passeport en échange d’une contribution financière (donation, investissement immobilier, investissement dans une entreprise ou fonds universitaire).
L’obtention de la citoyenneté – même si elle s’accompagne d’avantages migratoires (voyages sans visa vers le Royaume‑Uni, l’espace Schengen, etc.) – ne confère pas en soi la résidence fiscale. Pour être résident fiscal, il faut soit respecter la règle des 183 jours, soit être admis dans le programme de résidence fiscale avec forfait de 20 000 USD.
Impôt sur le revenu : un taux zéro, mais quelques subtilités
Depuis la suppression de l’impôt sur le revenu des personnes physiques, Antigua-et-Barbuda se distingue par un taux de 0 % sur les revenus des particuliers, résidents comme non‑résidents, pour tout ce qui n’entre pas dans le champ des retenues à la source.
Concrètement, pour un expatrié qui devient résident fiscal, cela signifie :
– aucun impôt sur les salaires,
– aucune taxation des dividendes perçus,
– pas d’impôt sur les intérêts ou les redevances reçus,
– aucune taxation des plus-values mobilières ou immobilières,
– aucun droit de succession,
– pas de taxe sur la fortune.
Cette configuration fait du pays un outil puissant de planification pour les personnes fortunées, à condition d’anticiper les implications dans leur pays d’origine, et d’intégrer les obligations internationales de transparence (CRS, FATCA, etc.).
Retenues à la source sur les non-résidents
En revanche, les non‑résidents restent susceptibles d’être taxés à la source sur certains revenus de source antiguanienne, principalement :
– dividendes,
– intérêts,
– redevances (royalties),
– certains revenus de location.
Les dividendes, intérêts et redevances versés à des non-résidents sont généralement soumis à une retenue à la source de 25 %. Dans certains cas spécifiques, un taux de 12,5 % peut s’appliquer, reflétant des évolutions législatives ou des régimes particuliers. Pour les revenus locatifs, un prélèvement de 25 % sur le revenu net est également applicable aux non-résidents.
Spécificité pour les Américains et certains Européens
Pour les citoyens américains, l’absence d’impôt sur le revenu à Antigua-et-Barbuda ne supprime pas les obligations envers l’IRS : la fiscalité américaine repose sur la citoyenneté, pas sur la résidence. Un Américain installé sur place doit donc continuer à déclarer l’ensemble de ses revenus mondiaux, en pouvant recourir notamment :
Les citoyens américains vivant à l’étranger peuvent réduire leur imposition via trois mécanismes principaux. Le premier est l’exclusion des revenus du travail perçus à l’étranger (Foreign Earned Income Exclusion, déclarée sur le formulaire 2555). Le second est la déduction pour certains frais de logement engagés à l’étranger. Enfin, le crédit d’impôt étranger (Foreign Tax Credit, formulaire 1116) peut être utilisé, bien que son utilité soit limitée dans les pays où il n’y a pas ou peu d’impôt sur le revenu local, car il ne compense que les impôts effectivement payés à l’étranger.
Les obligations de déclaration d’avoirs à l’étranger (FATCA – Form 8938 – et FBAR – FinCEN 114 dès 10 000 USD de soldes cumulés) demeurent également.
Pour les ressortissants britanniques ou d’autres pays européens, tout dépend de leur statut fiscal dans l’État d’origine (résident, non‑domicilié, expatrié, etc.) et des conventions signées avec Antigua-et-Barbuda. Les conventions de non double imposition avec certains pays CARICOM, la Suède ou la Suisse, par exemple, viennent encadrer la répartition des droits d’imposer, mais ne modifient pas l’absence d’impôt local sur le revenu.
Même sans impôt sur le revenu, travailler sur place n’est pas totalement neutre : Antigua-et-Barbuda dispose d’un système de sécurité sociale financé par des contributions obligatoires.
Les taux varient légèrement selon les sources et les catégories, mais l’ordre de grandeur est le suivant :
| Type de cotisation | Part employé (indicative) | Part employeur (indicative) |
|---|---|---|
| Sécurité sociale – secteur privé | 5,5 % à 6,5 % | 6 % à 8,5 % |
| Sécurité sociale – secteur public | env. 5 % | env. 8,5 % |
| Régime Medical Benefits Scheme (MBS) | 3,5 % (16–59 ans) | 3,5 % (16–59 ans) |
| Travailleur indépendant (sécurité + MBS) | env. 5 % à 10 % | n/a |
Les cotisations sont calculées sur le salaire brut jusqu’à certains plafonds et financent retraites, prestations de santé et autres garanties sociales. Elles ne doivent pas être confondues avec un impôt sur le revenu : elles ouvrent droit à des prestations, mais viennent tout de même amputer le revenu net des expatriés employés sur place.
Taxe foncière : un impôt léger… sauf sur les terrains non bâtis des non-résidents
Pour beaucoup d’expatriés, l’atout majeur d’Antigua-et-Barbuda réside autant dans son cadre fiscal global que dans son marché immobilier : propriété franche (freehold) majoritaire, croissance régulière des prix, rendements locatifs raisonnables et une taxe foncière parmi les plus modérées de la région – sauf pour les terrains non bâtis détenus par des étrangers.
Principe et taux de base
La taxe foncière s’applique à la valeur marchande du bien telle qu’évaluée par les services de valuation. Elle concerne à la fois les terrains et les bâtiments, pour les résidents comme pour les non‑résidents, personnes physiques ou sociétés.
Les taux usuels se situent entre 0,1 % et 0,5 % de la valeur estimée, avec une différenciation selon la nature et l’usage du bien :
| Type de bien | Exemple de taux indicatif sur la valeur |
|---|---|
| Terrain résidentiel (développé) | env. 0,20 % à 0,30 % |
| Bâtiment résidentiel | env. 0,30 % |
| Terrain agricole | env. 0,10 % |
| Propriété commerciale | env. 0,40 % |
Certaines sources précisent que la valeur taxable des résidences occupées par leur propriétaire bénéficie d’un abattement forfaitaire (par exemple 150 000 XCD) et que les nouvelles constructions à usage d’habitation peuvent être exonérées de taxe foncière durant les deux premières années d’occupation.
La taxe foncière est due par le propriétaire au 1er janvier. Elle est payable en deux versements : 50% avant le 31 mars et le solde avant le 30 juin. Le non-respect de ces délais entraîne des pénalités importantes : une majoration de 5%, puis des intérêts de 2% par mois de retard. En cas de non-paiement prolongé, une saisie et une vente forcée du bien sont possibles.
Surimposition des terrains non bâtis détenus par des non-résidents
Le point le plus sensible pour les expatriés investisseurs est la taxation des terrains non développés appartenant à des non‑résidents. Pour ces parcelles, Antigua-et-Barbuda applique un régime dissuasif, avec un taux pouvant atteindre 10 % à 20 % de la valeur du terrain, selon la durée de détention. L’objectif est clair : éviter la rétention spéculative de terres sans développement.
Un propriétaire étranger qui acquiert un terrain pour construire, mais qui laisse le projet en suspens pendant des années, peut se voir appliquer une charge fiscale bien plus lourde que pour une maison déjà construite. Il est donc crucial de planifier précisément le calendrier de construction et de vérifier en détail la catégorie fiscale du terrain avant tout achat.
Particularités de répartition de la taxe entre propriétaire du terrain et du bâtiment
Dans certains cas, le propriétaire du bâtiment n’est pas le même que celui du terrain. La loi prévoit alors que, sauf accord contraire, le propriétaire du terrain supporte la taxe foncière sur le sol et celui du bâtiment la taxe correspondant à la construction. En pratique, les parties peuvent organiser contractuellement une répartition différente, mais, en l’absence de convention, la charge suit la propriété juridique.
Enfin, un nouvel acquéreur peut hériter de dettes de taxe foncière non réglées par le précédent propriétaire : bien vérifier l’état de la situation fiscale fait donc partie des vérifications préalables indispensables avant l’achat.
Frais et taxes à l’achat et à la revente : au-delà de la taxe foncière
La fiscalité immobilière à Antigua-et-Barbuda ne se réduit pas à la taxe foncière annuelle. Les expatriés sont aussi concernés par une série de droits et frais lors des transactions d’achat et de vente.
À l’achat : droits de timbre, licence pour étrangers et autres frais
Lorsqu’un expatrié non citoyen acquiert un bien, il doit en principe obtenir une Alien Landholding License (ALHL), aussi appelée Non-Citizens Landholding Licence (NCLL), sauf s’il achète un bien dans le cadre du programme de citoyenneté par investissement, qui prévoit une exemption.
Voici un panorama des principaux coûts d’acquisition :
| Poste de coût à l’achat | Taux indicatif | Observations |
|---|---|---|
| Droit de timbre acquéreur | 2,5 % de la valeur du bien | Payé à l’État |
| Alien Landholding License (licence foncière étranger) | env. 5 % à 7 % de la valeur | Exonérée sous CBI |
| Frais d’assurance à l’enregistrement | env. 0,2 % | Selon la valeur assurée |
| Honoraires juridiques | env. 1 % à 3 % | + éventuelle ABST |
| Commission d’agence immobilière | 5 % à 7 % | Généralement à la charge du vendeur |
| Dépôt de réservation | env. 10 % du prix | Pendant l’instruction de la licence |
À noter : il existe une interdiction actuelle pour les étrangers d’acheter des terrains à bâtir sur l’île de Barbuda, ce qui limite les investissements fonciers étrangers à la principale île d’Antigua et à certains projets agréés.
À la revente : droits de timbre, taxe d’appréciation pour les non-résidents
En cas de vente d’une propriété, c’est cette fois-ci le vendeur qui supporte la majeure partie des droits de transfert :
| Poste de coût à la vente | Taux indicatif | Concerné |
|---|---|---|
| Droit de timbre vendeur (gouvernement transfer tax) | 7,5 % de la valeur du bien | Tous les vendeurs |
| Taxe d’appréciation (Land Value Appreciation Tax) | env. 5 % de la valeur ou de la plus-value | Non‑résidents |
| Honoraires juridiques | 1 % à 2 % | Tous vendeurs |
| Commission d’agence | 5 % | Habituellement vendeur |
Il n’existe pas d’impôt sur les plus-values en tant que tel, mais pour les non‑résidents, cette taxe d’appréciation joue un rôle similaire en captant une partie du gain latent lié à la hausse de valeur. Certaines sources évoquent une fourchette de 5 % à 20 % pour cette taxe selon les circonstances.
La détention longue d’un bien est peu taxée (faible taxe foncière), contrairement à la transaction, souvent coûteuse, surtout pour un non-résident. Une stratégie d’achat pour revente rapide est donc moins attractive qu’un investissement sur le long terme.
Revenus locatifs et fiscalité des loyers pour les expatriés
De nombreux expatriés achètent une villa ou un appartement à Antigua-et-Barbuda pour profiter de la saison touristique tout en générant des revenus locatifs le reste de l’année. La fiscalité de ces loyers dépend principalement du statut résident ou non‑résident.
– Pour les résidents fiscaux, les sources indiquent qu’il n’y a pas d’impôt sur le revenu des personnes physiques, et donc pas d’imposition des revenus locatifs à ce titre. Reste à vérifier l’impact éventuel de certaines retenues dans des cas particuliers, mais, en principe, le revenu locatif net n’est pas imposé.
Taux de retenue à la source appliqué sur le revenu net des loyers perçus par les non-résidents en Antigua-et-Barbuda.
Les frais de gestion locative s’ajoutent aux coûts : ils tournent autour de 10 % des revenus locatifs, tandis que les commissions d’agences pour la mise en location peuvent avoisiner 8,33 % de la valeur annuelle du bail.
Pour un expatrié qui reste non‑résident, la perspective de louer le bien de manière intensive doit donc être comparée au niveau de la retenue à la source et aux coûts d’exploitation, même si l’absence d’impôt sur les plus-values et la dynamique positive du marché (hausse annuelle d’environ 5 % des prix depuis 2019, rendements locatifs de 2 % à 5 % selon le segment) restent attractives.
Taxes indirectes : ABST (TVA locale) et charges de consommation
Même si le cœur de l’attractivité fiscale repose sur la non-imposition directe des personnes physiques, Antigua-et-Barbuda dispose d’une taxe sur la consommation, l’Antigua and Barbuda Sales Tax (ABST), qui joue un rôle analogue à une TVA.
Les grandes caractéristiques en sont :
Présentation des différents taux de la Taxe sur la Valeur Ajoutée applicables en Algérie, avec des ajustements possibles selon les sources.
Appliqué à la plupart des biens et services. Généralement fixé à 15 %, certaines sources récentes évoquent un ajustement possible jusqu’à 17 %.
Concernant les services hôteliers et de restauration. Traditionnellement d’environ 14 %, il pourrait être ajusté à 12,5 % selon des sources récentes.
Appliqué aux exportations, à l’approvisionnement en aliments de base, à l’eau, à l’électricité, au carburant domestique, ainsi qu’à certains services médicaux, éducatifs et financiers.
L’enregistrement à l’ABST devient obligatoire dès que le chiffre d’affaires annuel dépasse 300 000 XCD (environ 111 000 USD). Les déclarations sont en principe mensuelles. Pour un expatrié qui exerce une activité indépendante ou gère une petite entreprise locale, la question de l’assujettissement à l’ABST est donc centrale, même si, à titre personnel, il ne paie pas d’impôt sur le revenu.
Combiner statut fiscal antiguanien et obligations dans le pays d’origine
Du point de vue de la planification patrimoniale, Antigua-et-Barbuda offre une combinaison rarement égalée : absence d’impôt sur le revenu, sur la fortune, sur les plus-values et sur les successions, fiscalité immobilière légère (hors cas des terrains non bâtis des non‑résidents) et possibilité, pour les grands patrimoines, de sécuriser un statut de résident fiscal avec une présence physique réduite.
Mais ce tableau doit être mis en perspective avec plusieurs réalités :
– La plupart des grands pays développés (États‑Unis, Royaume‑Uni, France, etc.) disposent de règles anti‑abus, de régimes de contrôle des sociétés étrangères (même si Antigua-et-Barbuda, lui, ne prévoit pas encore de règles CFC), et d’obligations de déclaration de comptes, de trusts ou de structures offshore.
Dans le cadre du CRS et de FATCA, les comptes bancaires, participations dans des sociétés et autres avoirs financiers détenus à Antigua-et-Barbuda sont automatiquement déclarés aux administrations fiscales du pays de résidence ou de citoyenneté des titulaires.
– L’absence de convention de non double imposition avec certains grands pays (notamment les États‑Unis) peut compliquer la planification, puisqu’aucun mécanisme conventionnel ne vient limiter la double imposition potentielle (même si, en pratique, la base imposable antiguanienne est quasi nulle pour les personnes physiques).
Pour un expatrié européen ou nord-américain, Antigua-et-Barbuda peut ainsi constituer le pilier « faible imposition » d’une stratégie multi‑juridictionnelle, mais ne dispense en rien d’une analyse fine de son statut dans son pays d’origine ou dans les autres États où il détient des actifs.
Comment Antigua-et-Barbuda se situe dans la Caraïbe
Comparée à d’autres États caribéens, Antigua-et-Barbuda se distingue par un profil très favorable :
Le pays se distingue par l’absence d’impôt sur le revenu, de taxe sur les successions et de taxe sur la fortune, contrairement à certains voisins comme Grenade, la Dominique ou Sainte‑Lucie qui appliquent encore des barèmes progressifs. Il n’existe pas non plus d’impôt spécifique sur les plus-values immobilières, bien qu’une taxe d’appréciation soit prélevée pour les non‑résidents lors de la cession de biens immobiliers, permettant à l’État de capter une partie du gain.
Sur le plan de la taxe foncière, les taux de 0,1 % à 0,5 % restent dans la moyenne basse de la région. En revanche, la surtaxation des terrains non bâtis détenus par des étrangers (jusqu’à 20 %) est plus singulière et reflète une volonté politique de ne pas laisser les meilleurs emplacements gelés par la spéculation.
Dans la comparaison régionale, Antigua-et-Barbuda se rapproche le plus de Saint‑Kitts‑et‑Nevis, qui a également supprimé l’impôt sur le revenu des personnes physiques, tout en conservant une taxation indirecte et des incitations fortes pour les investisseurs internationaux.
Ce qu’un expatrié doit retenir avant de se lancer
Pour un futur expatrié ou investisseur immobilier, Antigua-et-Barbuda offre une équation rare, mais qui exige une bonne préparation :
– Sur le plan de l’impôt sur le revenu, le pays est effectivement un « zéro tax » pour les personnes physiques, tant pour les résidents que pour les non‑résidents, hors retenues à la source sur certains revenus de source locale.
– La résidence fiscale peut être obtenue soit via une présence de 183 jours, soit via le programme de résidence forfaitaire (20 000 USD de taxe annuelle, 100 000 USD de revenu minimum, 30 jours de présence et une adresse locale). La citoyenneté par investissement, en soi, n’est pas suffisante pour devenir résident fiscal.
La taxe foncière ordinaire présente un taux relativement faible, généralement compris entre 0,1 % et 0,5 % de la valeur du bien. Il existe plusieurs dispositifs d’allègement : des abattements sont possibles pour les résidences principales, des exonérations temporaires s’appliquent aux nouvelles constructions, et des régimes préférentiels sont prévus pour certaines catégories, comme les biens à usage agricole ou charitable.
– Les terrains non bâtis détenus par des non‑résidents peuvent au contraire être surimposés (10 % à 20 % de la valeur), ce qui en fait un outil fiscal de pression pour inciter au développement rapide des projets.
– Les transactions immobilières sont lourdes en droits d’enregistrement et de transfert (2,5 % côté acquéreur, 7,5 % côté vendeur, licence foncière pour étrangers allant de 5 % à 7 %, plus une taxe d’appréciation d’au moins 5 % pour les vendeurs non‑résidents).
– Les revenus locatifs des non‑résidents sont frappés d’une retenue à la source (jusqu’à 25 %), ce qui doit être intégré dans les projections de rendement.
– L’environnement international rend désormais difficile toute opacité : les informations bancaires, les participations dans des sociétés internationales et les mouvements de capitaux sont largement échangés avec les administrations fiscales étrangères.
Antigua-et-Barbuda offre l’un des systèmes fiscaux les plus avantageux au monde pour les expatriés fortunés, avec une absence d’impôt sur le revenu, de plus-values et de droits de succession, ainsi qu’une taxe foncière modérée sur les biens développés. Cependant, il est crucial de confronter ce cadre favorable aux règles, souvent plus contraignantes, du pays d’origine ou de résidence fiscale de l’expatrié, et de prendre en compte les nouvelles exigences de transparence internationale.
Pour un projet d’installation ou d’investissement significatif, la voie la plus prudente reste d’articuler une double expertise : un conseil local à Antigua-et-Barbuda, qui maîtrise le détail des régimes (résidence fiscale, CBI, taxe foncière, droits de timbre), et un conseil dans le pays d’origine, pour s’assurer que les gains d’optimisation ne soient pas annulés – voire aggravés – par des redressements à l’étranger.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Antigua-et-Barbuda, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler Antigua-et-Barbuda pour ses régimes favorables aux investisseurs étrangers, l’absence d’impôt sur la fortune et la fiscalité avantageuse sur les revenus et plus-values de source internationale, combinant un coût de vie inférieur à la France et un environnement en dollars US. La mission a inclus : audit fiscal pré-expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence via un programme d’investissement, détachement CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire vers des établissements caribéens, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques…), et intégration patrimoniale. Cet accompagnement permet des économies fiscales majeures tout en maîtrisant les risques (contrôles fiscaux français, double imposition, adaptation culturelle).
Vous souhaitez vous expatrier à l'étranger : contactez-nous pour des offres sur mesure.
Décharge de responsabilité : Les informations fournies sur ce site web sont présentées à titre informatif uniquement et ne constituent en aucun cas des conseils financiers, juridiques ou professionnels. Nous vous encourageons à consulter des experts qualifiés avant de prendre des décisions d'investissement, immobilières ou d'expatriation. Bien que nous nous efforcions de maintenir des informations à jour et précises, nous ne garantissons pas l'exhaustivité, l'exactitude ou l'actualité des contenus proposés. L'investissement et l'expatriation comportant des risques, nous déclinons toute responsabilité pour les pertes ou dommages éventuels découlant de l'utilisation de ce site. Votre utilisation de ce site confirme votre acceptation de ces conditions et votre compréhension des risques associés.
Découvrez mes dernières interventions dans la presse écrite, où j'aborde divers sujets.